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Résultats de recherche pour 'Mes fiches pour le bac' (5932)

Le mal des ruines
Grasset
«  Il m’arrive encore de me demander qui je suis, après tant d’années, mais je sais bien d’où je viens. Il me suffit d’attraper un avion à Orly et de retrouver une heure et demie plus tard la Corse pour avoir la certitude de toucher à mes origines. Comme si cette île m’avait défini avant même que je ne me soucie de le faire.  »

Pour beaucoup, «  le pays de l’enfance  » est un monde fait de souvenirs idéalisés. Pour Claude Arnaud, descendant des Zuccarelli, une famille qui tint longtemps la mairie de Bastia et celle de Santa-Lucia-di-Mercurio, petit village niché entre deux lignes crêtes, c’est une terre bien réelle où il passa ses premiers étés et revient dès qu’il peut. Un Eden où la nature déploie encore ses merveilles, hautes montagnes à pic, maquis aux parfums envoûtants, vallées de solitude et villages intouchés. Mais une origine suffit-elle à définir une identité  ? Que faire quand son paradis se change en enfer où les maisons des siens cèdent sous les bombes, où l’un de ses frères va se noyer, et où un corps sans tête est retrouvé dans son village même  ? Qu’est-ce qu’une terre dit de soi  ? Et que faire d’une île aussi belle que mortelle  ?

Dans cet époustouflant road trip à travers les routes sinueuses de la Corse, Claude Arnaud retrace l’histoire de sa famille, revisite les morts et les vivants, revient sur   l’énigme de ce meurtre survenu en 2005 (une partie de poker qui tourne mal, un corps jeté aux cochons, une tête enfouie sous 700 kilos de gravats et les secrets de l’île qui ressurgissent). A jamais marqué par cet ailleurs qui est en lui, il fait le portrait de cette île souvent fantasmée, toujours mystérieuse. Une éblouissante traversée.

Prix du Mémorial d'Ajaccio
15,00 €
Ce qui plaisait à Blanche
Grasset
« Certains êtres sont parfois des virtuoses involontaires de l’instrument que nous sommes. Et ils le sont parce qu’un don mystérieux leur a offert un accès immédiat, presque violent, à ce que, d’ordinaire, nous dissimulons.

Ces êtres, que nous identifions à peine quand le hasard nous met en leur présence, jouent d’instinct de cet instrument, donc de nous-mêmes. Rien, pourtant, ne les a préparés à l’exercice auquel ils vont exceller sans le savoir.

Parfois, ils y prennent du plaisir. Parfois, ils s’en acquittent sans y songer. Comme des despotes qui se sentent obligés d’être despotiques, par conformité à leur nature, et presque à leur insu.

Ces êtres sont redoutables car ils vont nous gouverner avant même d’avoir pris la peine de le vouloir.

Mais nous aimons à la folie l’illusion qu’ils nous procurent d’être compris, ainsi que les doses de ravissement qu'ils ont versées dans notre existence – en même temps qu’ils y ont versé leurs doses de venin.

Blanche était de ces êtres-là…  »

J-P. E
22,00 €
Les lois de l'économie
Grasset
Ce livre est l’histoire d’une erreur. La petite erreur d’un trader, par ailleurs dévoué à sa banque d’affaire, honnête, fiable et performant. Une petite erreur de technique financière, mais surtout de jugement, comme il s’en commet tous les jours dans la finance, et plus encore dans nos vies. Ce livre raconte la banalité, l’universalité même, de cette erreur, et la tragique disproportion de ses effets. Qu’il s’agisse du trader ou de son épouse, du psychanalyste de celle-ci ou du metteur en scène qui aimerait coucher avec elle, tous soupèsent, calculent, anticipent ; et tous se trompent. Il en va de même de Keynes lorsqu’il spécule sur le cours du blé dans les années 1930. Il en va aussi de son amie Virginie Woolf lorsqu’elle raisonne contre sa folie. Il n’y a qu’un terme possible à la spéculation, c’est la mort. Woolf n’a pas commis d’erreur en comptant les cailloux qu’il lui fallait mettre dans ses poches pour couler au fond d’une rivière. Notre trader n’en commettra plus. Ce roman raconte une histoire vraie. L’histoire vraie d’une faillite. Une histoire morale, car l’économie a ses lois, que les lois ignorent. Voici un conte moral : un conte d’automne, qui voit tomber les hommes et les feuilles, les banques et les principes, les têtes, l’argent : mais pas la littérature.
17,90 €
Auteur academy
Grasset
« Dans ce siècle, la télévision était plus puissante que le plus puissant des ministères ». Sélectionné pour participer à une émission de téléréalité qui doit permettre aux spectateurs de suivre étape par étape la fabrication d’une carrière d’écrivain, le narrateur, Pierre, s’installe pour un an sur une île grecque – ou plutôt, il est enfermé dans un monastère vieux de deux mille ans, en compagnie de douze autres candidats à la gloire, et concurrents ipso facto. Dans cette Villa Médicis version « Loft Story », les apprentis écrivains sont filmés 24h sur 24… Le soir, sur les plateaux de « praïme », ils s’entretiennent avec l’auteur controversé Michel Hache, écoutent sa narcissique consoeur Christine Hang faire la lecture de son dernier livre, et prennent, la journée, des cours de « marquetine littéraire » auprès de l’Académicien au teint halé Jeandeau, ou des leçons d’interviou avec le célèbre animateur à la retraite, Bernard Paix. Amitiés de circonstance, amour et jalousies, ambition et mesquineries, cette « île de la création » est un « Koh Lanta » pour aspirants au Goncourt. Avec une ironie lucide et un cynisme plein d’humour, l’auteur ridiculise les travers d’une société du divertissement, où l’on croit qu’il est possible de fabriquer des écrivains. Il croque avec justesse une galerie de fantoches, et fait rire le lecteur aux dépens de ses personnages, le producteur et son assistante, les candidats médiocres et les auteurs médiatiques, dont la seule compétence est de dispenser à leurs cadets des cours de parisianisme…
25,90 €
Une amitié espagnole
Grasset
« Je suis professeur israélien, j’enseigne les sciences politiques dans une grande université israélienne depuis de nombreuses années. Au fil du temps, l’un des sujets qui m’ont le plus fasciné est celui du leadership. Qu’est-ce qui fait un véritable homme d’Etat ? Regardant autour de moi, en Israël comme en France ou en Europe, j’ai vu beaucoup de politiciens, très peu d’hommes d’Etat. Dans mon pays, les seuls qui sont dignes de ce nom ont sans doute été David Ben Gourion, qui a créé l’Etat d’Israël et Itshak Rabin, qui a osé signer les accords d’Oslo. En France, j’avoue avoir été fasciné par deux personnages : Charles de Gaulle et Léon Blum. Blum, surtout, un homme qui, dans sa jeunesse a été un des grands intellectuels, versé dans toutes les littératures, en poésie comme en théâtre, peut-être le plus grand critique littéraire d’avant la première guerre mondiale, l’un des piliers de la célèbre Revue Blanche qui joua un rôle central dans l’évolution des idées et dans le combat pour Dreyfus. Son passage à la politique m’a toujours paru, en soi, quelque chose d’extraordinaire : comment un homme dont toute la vie est centrée sur l’écriture, le roman et le théâtre peut-il se trouver tout-à-coup au cœur des événements, qui sont, avec la montée des fascismes, les évènements les plus dramatiques de l’histoire contemporaine ? Comment cet homme, dont la fidélité en amitié était légendaire, pour qui les relations d’altérité étaient aussi fondamentales, a-t-il vécu son impuissance à agir lors de la Guerre d’Espagne, lorsque ses amis républicains étaient massacrés et qu’il ne pouvait agir pour les sauver ? J’ai voulu écrire un roman autour d’un personnage qui ressemble à Léon Blum. L’intellectuel est-il vraiment fait pour entrer en politique et se salir les mains ? Quel rôle les liens d’amitié personnels, les liens de jeunesse jouent-ils dans la vie de l’homme d’Etat ? Comment rester fidèle à ce que l’on a été ? Une Amitié espagnole raconte l’histoire d’un homme très singulier, qui s’est trouvé confronté à toutes ces questions, au travers de l’amitié intense qu’il a nouée avec une jeune fille de Madrid. Il était socialiste et humaniste, elle était communiste, ils ont vécu quelque chose d’un lien entre amour et amitié, mais la vie les a séparés. »
22,40 €
Les prétendants
Grasset
Ce roman a pour cadre une sublime demeure, « L’Agapanthe », située au cap d’Antibes. Laure, la narratrice et Marie, deux sœurs d’une trentaine d’années, veulent à tout prix empêcher leur père de vendre cette maison où depuis toujours elles passent leurs étés. Elles vont donc organiser un casting de riches prétendants dans l’espoir que l’un d’eux, en épousant l’une des sœurs, sauve « L’Agapanthe ». Ainsi, pendant quatre week-ends du même été, vont défiler les éventuels prétendants. C’est le point de départ d’une comédie de mœurs où Cécile David-Weill décrit un milieu, la très haute bourgeoisie d’affaires, bousculé entre les anciennes élites et les nouvelles. Le trader, l’actrice, le couturier, l’aigrefin, le boute-en-train, le pique-assiette, le mondain, la canaille, se succèdent alors au rythme d’une comédie humaine tendre et acide. Des Russes s’en mêlent, on aperçoit Madonna et Pénélope Cruz, et d’autres, beaucoup d’autres, sont aisément reconnaissables sous leurs patronymes d’emprunt… L’Agapanthe restera-t-elle dans la famille ? Quel « prétendant » l’emportera ? Cela a peu d’importance, au fond. Cécile David-Weill n’a voulu, dans ce livre, que décrire un milieu qu’elle connaît bien. On s’y divertit à chaque page. En s’instruisant, bien sûr, sur les mœurs d’une classe sociale qui, finalement, n’est pas plus à l’abri qu’une autre sous les lambris dorés de ses belles villégiatures…
24,90 €
Le dernier crâne de M. de Sade
Grasset
« Un vieux fou est plus fou qu’un jeune fou, cela est admis, quoi dire alors du fou qui nous intéresse, lorsque l’enfermement comprime sa fureur jusqu’à la faire éclater en scènes sales ? » Quel est l’homme de 74 ans enfermé dans l’hospice de Charenton, au printemps 1814, qui a commis tant de crimes et semble ne se repentir en rien ? Fuyard, brûlé en effigie, rescapé, embastillé, sodomite, blasphémateur, soupçonné d’inceste, et pourtant encore là, bouillant d’idées et d’ulcères, désireux de poursuivre l’œuvre de chair. Quel usage Mademoiselle Madeleine Leclerc fait-elle de ses 16 ans, de son corps efflanqué, vicieux ? D’où viennent ces hurlements ou ces soupirs ? A quoi l’isolement contraint-il ces libertins en chambre ? N’aurait-il pas au moins peur de la mort, où « chacune de ses paroles, chacun de ses actes résonnent plus fort ? » Le forcené a en effet trois mois à vivre. Cet homme se nomme Monsieur de Sade. La figure dont Jacques Chessex tire la matière de son récit, ce n’est pas le Sade en gloire, mais le malade fulgurant, et plus encore ce que le romancier complice à travers les âges raconte ici, ce sont ici les destins successifs de son crâne, comme une extension naturelle du corps sadien. Sade meurt en décembre 1814, sa tombe au cimetière de Charenton sera ouverte en 1818, et son crâne « ornement lui-même, de magie intense, de hantise sonore » passe dans les mains du docteur Ramon, le jeune médecin qui le veilla jusqu’à la mort. Relique, vanité, rire jeté à la face de toutes choses, effroi érotique, le crâne de M. de Sade roule d’un siècle à l’autre, incendiant, révélant et occupant le narrateur de ce livre.
16,90 €
Le monde ÌÊ ses pieds
Grasset
Ruslana est une jeune élève sérieuse et mélancolique. Elle a seize ans quand la plus célèbre agence de mannequins anglaise la découvre par hasard dans une brochure touristique sur le Kazakhstan. Elle quitte son pays natal misérable, sa mère veuve et son frère footballeur amateur pour Londres. Le succès est fulgurant. New York, Paris, Saint-Barth, elle mène le grand train, côtoie les people, défile devant les stars, couvre sa mère de cadeaux, devient la référence... Elle découvre aussi l'amour, les hommes qu'elle subjugue, les rencontres éphémères, le tourbillon de la gloire, l'ivresse, le gâchis, la peur du lendemain... Après trois années sur les podiums du monde entier, son visage slave en couverture des magazines glamours, Ruslana s'achète un studio à Manhattan, où elle se terre. Quelques jours avant son vingt-et-unième anniversaire, elle est adulée mais terriblement seule. Alors que le monde est à ses pieds, elle saute dans le vide.
22,40 €
Gustave Flaubert
Grasset
Qu’est-ce qu’une vie d’écrivain ? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d’argent, des mondanités, des succès, des revers… Mais, au fond, tout cela a-t-il vraiment quelque chose à voir avec ce qui nous intéresse le plus : l’œuvre, l’écriture, le style, le message qui font que cette vie-là, justement, est celle d’un écrivain et ne ressemble pas aux autres ? La question touche naturellement toute entreprise biographique mais elle devient cruciale quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si celui-ci, en effet, a révolutionné le romanesque, c’est au nom de nouvelles exigences - l’impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue – qui installent au cœur de son écriture une figure du vide : « personnalité de l’auteur : absente ». Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l’écrivain sans trahir son projet ? Pour lui, l’œuvre est tout, l’auteur n’est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s’il n’avait amais existé… Le problème s’aggrave encore si l’on considère l’autre côté des choses : le versant « guenilles » de sa vie. Là, c’est bien pire : non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. A l’impersonnalité structurale de l’œuvre répond ici une exceptionnelle réussite de l’écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante…
28,40 €
Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson
Grasset
Non, il ne s’agit pas seulement d’un livre de plus sur Michael Jackson. Oui, c’est un nouveau livre du spécialiste baroque de Claude François (Podium) et du biographe métaphysicien d’Edith Stein…

Car si Yann Moix a voulu réagir à la mort du Peter Pan planétaire, du mutant de Bad, du noir devenu blanc, de l’adulte éternellement enfant de Neverland, c’est parce qu’il y a vu le symbole d’une épopée déréglée : pour lui, l’inventeur du fameux Moonwalk (cette chorégraphie qui permet de reculer en avançant), est en effet, le prototype d’un homme nouveau, d’un « homme à l’envers », dont le destin sublime et tragique en dit long sur nos fantasmes, nos rêves, nos désarrois….

Ecriture pulsée ; poésie Funk – pop - soul ; envolées lyriques et savantes (Moix est un musicologue averti), ce livre est d’abord le livre d’un écrivain obsédé par son temps. Moix y parle, bien sûr, de Michael Jackson. Mais il y parle d’abord de lui. Donc de nous.
15,00 €
Anna la nuit
Grasset
A la fin des années 1960, le narrateur a éprouvé une passion pour une femme sublime que la mort a toujours hantée. Comment vivre un amour quand chaque instant semble menacé ? C’est cette relation tour à tour orageuse et radieuse, traversée de tempêtes et d’aurores, de sexe et d’effroi que décrit ce roman. On y croise les Stones, les Beatles, les Doors, Helmut Newton et bien d’autres encore, personnages élégants, bohèmes et souvent désoeuvrés qui, entre Paris, Londres et Lanzarote, mènent une vie de plaisir, agitée et brillante.
15,30 €
Les sentinelles
Grasset
Bruno Tessarech, né en 1947, a animé un établissement d'enseignement expérimental et enseigné la philosophie avant de se consacrer à l'écriture. Il a publié des romans, parmi lesquels La Machine à écrire, Les Grandes Personnes, La Femme de l'analyste, et des récits littéraires, dont Villa blanche, tous réédités en Folio. Les Sentinelles est son premier roman publié chez Grasset .

Il s'agit ni plus ni moins que de l'ambitieuse mise en fiction de la grande question du " qui savait quoi, et quand? " sur la Shoah durant la Seconde guerre mondiale.

L'auteur mêle les personnages inventés (le narrateur Patrice Orvieto, jeune diplomate, son frère Sergio, Françoise, l'épouse d'un responsable du MI-6 anglais, agent double travaillant pour les Soviétiques) et les personnages historiques. On y suit la tentative désespérée des "sentinelles" au destin tragique pour alerter les opinions occidentales sur les atrocités commises à l'Est: le fameux Kurt Gerstein, Ian Karski, résistant polonais qui a assisté au génocide à Belzec, Samuel Zyghelboïm, témoin impuissant des horreurs dans le ghetto de Varsovie... On y retrouve Hitler concevant l'Holocauste, Eichmann le planifiant, von Braun utilisant ses esclaves des camps dans ses usines de Peenemune et de Dora avant de négocier ses archives et sa collaboration avec les Américains pour finir par triompher en parvenant à envoyer en 1969 des hommes sur la lune... On y assiste aux révélations faites puis tues à Churchill, à Roosevelt, et aux dilemmes de chacun des chefs d'Etat face à l'horreur.

De la conférence d'Evian en 1938 à la mort de Karski en 2000, c'est le demi-siècle le plus noir de notre histoire contemporaine que traverse le narrateur de ce roman vrai, tour à tour jeune stagiaire à la Conférence d'Evian, puis, ayant rejoint la France libre à Londres, devenu intermédiaire entre le MI 6 britannique et le 2e bureau français, de plus en plus troublé par les révélations incroyables qui lui sont faites, de plus en plus désespéré de ne pouvoir relayer la parole des "sentinelles" auprès de ceux qui auraient eu le pouvoir de faire cesser le massacre.
25,90 €
Solo
Grasset
Quand le passé décide de bousculer une vie, il prend souvent la voix d’une femme – et, dans cette histoire, la femme s’appelle Tatiana… Un jour,

Denis, une petite gloire de la culture rock, trouve en effet un étrange message sur la boîte vocale de son téléphone : c’est Tatiana, une fille avec qui “ ça s’était mal terminé ” trois ans plus tôt, qui révèle qu’elle a été enceinte de lui, qu’elle a avorté sans qu’il le sache, et qu’il doit maintenant payer. Il va ainsi dresser le bilan d’une génération immature, la sienne : celle des quarantenaires qui n’ont jamais voulu grandir et qui laissent en héritage, sinon des mythes et des légendes urbaines, le culte de l’argent et de la célébrité, et le mépris pour ceux qui n’ont ni l’un ni l’autre.
18,80 €
Un roman français
Grasset
« C’est l’histoire d’une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C’est l’histoire d’un homme devenu un jouisseur pour se venger d’être quitté, d’un père cynique parce que son cœur était brisé. C’est l’histoire d’un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d’un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C’est l’histoire d’un garçon mélancolique parce qu’il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l’échec de leur mariage. C’est l’histoire d’un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu’il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C’est l’histoire d’une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j’ai vécue : un roman français. » F.B.
18,30 €
Trois coupes de champagne
Grasset
En 1923, un jeune homme aux cheveux bruns et aux yeux noirs quitte sa province et débarque à Paris. Il y trouve les lumières des salons, l’ambiance des cocktails et des bals, le sourire des femmes. Trois d’entre elles l’attirent, l’entraînent, le protègent : Bettina, une belle américaine, manequin chez Schiaparelli, Lili de Chambure et Josée Laval. Réceptions, champs de courses, défilés de mode, dîners dans des hôtels particuliers, nuits interminables. L’hiver, il skie à Saint Moritz et séjourne l’été à Deauville, à Cannes ou à Antibes. Chez les Bourdet, les Faucigny-Lucinge, les José Maria Sert, Lucien rêve face à la mer et navigue sur les yachts des Rothschild et de Daisy Fellowes. Les robes ont pris les couleurs des fleurs, Lelong, Chanel, Balenciaga, les ont dessinées. Lucien travaille pour le magazine Vogue. Les années filent, oisives, douces. Chaque soir, l’orchestre joue : Jazz, tangos, valses, les têtes tournent. Soudain, l’histoire s’accélère. Lucien entre au service de celui que Bettina a épousé : Gaston B., député, chef de parti, personnalité ambiguë qui oscille entre la gauche et la droite et, pour finir, passe au fascisme. Il connaît aussi un journaliste, agent secret, Jean Fontenoy, mari de la belle aviatrice, Madeleine Charnaux. Avec lui, il fume l’opium. Les lumières des années trente s’éteignent. Dernière soirée à l’ambassade de Pologne, bal rose de Philippe de Rothschild, l’été 1939 s’achève. La guerre éclate. Paris est occupé. Pétain et Laval s’installent à Vichy. Lucien court après les lumières de la collaboration et le champagne coule encore. Sacha Guitry et Serge Lifar paradent, Cocteau passe et salue le sculpteur d’Hitler, Arno Breker. Lucien suit Gaston B., nommé ambassadeur à Moscou puis à Ankara. Il fréquente l’ambassadeur d’Allemagne, Von Papen, s’installe à Therapia, au bord du Bosphore. L’Histoire hésite : victoire ou défaite allemande ? Stalingrad retentit comme un cri. Les cartes ont changé de mains. De retour à Paris, Gaston B. est arrêté. Lili de Chambure est morte à Ravensbrück. José de Chambrun s’enferme dans son appartement de la place du Palais Bourbon. Mais le pire reste à venir : les regrets, ceux d’une vie gâchée et de l’insupportable lâcheté. Tout, désormais, paraît faux, vide, inutile. La vie n’a plus aucun sens.
17,90 €
La coquetterie du malheur
Grasset
La narratrice, une femme âgée, se promène dans un cimetière. Elle se remémore son enfance à Rome, à Paris, avec un père adoré et une mère ukrainienne un peu folle que des infirmiers sont venus chercher un jour pour l’interner. Passent aussi, dans cette valse lente de souvenirs, une grand-mère lettrée, la maîtresse du père, la crainte de la Russie soviétique, qui paraît menacer les émigrés de ses espions trop courtois. Dans le cimetière, la narratrice rencontre une femme fantasque qui lui remet un manuscrit en cyrillique… Cette promenade dans le passé, on y entre peu à peu, comme dans un paysage sous la brume. Celle-ci s’éloigne à mesure que la réalité se précise, sous forme de souvenirs rapportés du passé par la conscience de la narratrice. On découvre par bribes la vie de cette femme qui, petite fille, aimait les parfums Guerlain et qu’on menaçait d’une vie frivole. C’est aussi, dans le style nostalgique et plein de charme de Nata Minor, un livre sur la difficulté de communiquer entre les êtres.
13,90 €
Plage de Manaccora 16 h 30
Grasset
Tout avait si bien commencé : en vacances un 24 juillet, au bord de l'Adriatique (à Peschici exactement), Voltaire le père, quadragénaire glissant sur ses tongs ; Oum sa femme, dont on sait depuis plusieurs livres la passion pour le ménage et l'ordre : Géo, leur petit garçon. Ils n'ont pas d'autre motif d'inquiétude que la perte de leurs chaussures japonaises. Le soleil chauffe. Trop. Ça grésille, les pommes de pins éclatent. Puis les flammes apparaissent, les visages bronzés blanchissent d'effroi, on commence à refluer depuis le camping voisin vers la plage, au pas de course. C'est le feu. Il faut gagner la mer, se croire sain et sauf, regarder derrière soi, laisser un chien au regard aveugle, une aïeule en robe noire, le feu progresse en un tumulte d'arbres arrachés, de rafales de vent, les visages noircissent, et puis c'est la fin de l'errance, le bout de la plage, la mort inéluctable. Les familles s'agenouillent au pied d'une Vierge absurdement posée là. Un miracle peut-il encore advenir ?

C'est ici Philippe Jaenada à son meilleur : l'unité de temps et de lieu, la progression dramatique, les incises comiques sur un célibataire d'autrefois en berne dans Paris, les portraits d'humains pleutres ou bravaches. Tout ce théâtre est un prétexte à digression sur la vanité de la vie, et, en même temps, sa beauté fragile. Un roman désespéré et drôle.
17,90 €
L'irrégulière Le film
Grasset
Mystérieuse pour les intimes, acharnée à effacer toute trace de son passé, de ses origines, de sa famille même, Gabrielle Chanel aura été tout au long de son existence une « irrégulière » dans une société conformiste, et peut-être ne faut-il pas chercher ailleurs le secret de sa prodigieuse réussite. Suivant l’itinéraire inverse de celui qui l’avait menée à Elle, Adrienne, roman dont la célèbre couturière était l’inspiratrice et non le modèle, Edmonde Charles-Roux a dû déblayer une vie entière de mensonges ou d’aveux subtilement travestis pour nous montrer la fillette de forains cévenols, née par hasard à Saumur, l’orpheline oubliée dans un couvent de Corrèze, la petite pensionnaire des chanoinesses de Moulins, qui n’allait pas tarder à devenir « poseuse » dans un beuglant de la garnison, où elle chantait « Qui qu’a vu Coco dans l’Trocadéro ? ». « Gomeuse » à Vichy, et même donneuse d’eau, celle à qui ses nombreux amis donnaient dès vingt ans son surnom devait faire son chemin. « Irrégulière », certes – au sens équivoque et proustien du terme – mais toujours marginale, indépendante, ambitieuse, et déjà sûre de son destin d’exception. Il n’est guère d’hommes et de femmes célèbres qui ne l’aient approchée, si bien que sa vie se confond avec l’histoire de l’entre-deux-guerres. Cocteau, Picasso, Max Jacob, Reverdy, Misia Sert, son amie de toujours, Diaghilev, Stravinski, ils apparaissent tous ici car ils furent les intimes témoins de cette aventure extraordinaire. A travers cette carrière mouvementée, Edmonde Charles-Roux raconte une femme unique, en même temps qu’elle trace la chronique de soixante-dix années du xxe siècle. Ce portrait d’une célèbre inconnue est beaucoup plus qu’un portrait : l’épopée d’un roman vécu, et vécu comme un roman par son héroïne.
21,25 €
J'aimais déjà les étrangères
Grasset
« Quelques passades, un travail où il essaie de passer inaperçu, des amis qui ne répondent plus au téléphone : un Parisien fête sans fracas sa trentième année. Il s’abandonne au culte de la régression, tenant la médiocrité pour le dernier refuge de la morale. Une femme mariée, originaire des pays de l’Est, s’invite sans frapper dans cette existence minuscule. Elle est aussi fragile et snob que son parfum, Scent of Peace de Bond n°9. Elle porte des bottes orange et tous les stigmates des anciennes républiques soviétiques. Supérieurement cultivée, cruelle, elle entraîne le narrateur dans les arcanes de la capitale. Vernissages d’art contemporain, grandes marques, notoriétés factices. Notre héros découvre enfin la vie, et la tentation du bonheur. Mais après l’avoir converti au cynisme, cette apparition l’abandonne : rupture sans préavis. Le narrateur s’enferme dans une tristesse hautaine. Incapable de conjurer son obsession, refusant de mendier l’affection de celle qui est partie, il survit dans un quotidien hypothétique. Au cœur de l’hiver, enfin décidé à lui parler, il s’embarque dans le métro parisien, emportant avec lui une mystérieuse boîte enveloppée de papier kraft. D’une station à l’autre, des hommes le prennent en filature, prêts à tout pour l’empêcher d’atteindre son but. » Alexandre Kauffmann
17,90 €
Il faut laisser maisons et jardins
Grasset
A lire la dernière strophe du poème de Ronsard, dont Marcel Schneider s'est ici inspiré, " Adieu chers compagnons, adieu mes chers amis, je m'en vais le premier vous préparer la place ", on devine avec mélancolie que ce livre est aussi un Adieu. Un testament. Nulle amertume chez cet humaniste misanthrope, cet érudit indifférent à son temps, pour qui 1936 ne signifie pas l'invention des congés payés mais l'obtention avec brio de son agrégation de latin-grec ! Qui, à l'heure du politiquement correct, reprend à son compte la définition de la démocratie par Baudelaire : " La démocratie est le plus énergique dissolvant de toute vertu que le monde ait connu jusqu'ici ".

Dans le lignée de L'Eternité fragile, cette fragile architecture du temps recomposé qui sont ses mémoires, Marcel Schneider se souvient, et les figures amies ou admirées sont évoquées ici avec précision : Lise Deharme et André Breton, un Julien Gracq muet qui aime les mondanités, un Lord Byron musical, Nijinski érotico-mystique, Denise Bourdet en Panthéon des gloires défuntes, ainsi qu'un long essai sur Proust et le faubourg Saint-Germain.
17,90 €
Pour Mon Plaisir Et Ma Delectation Charnelle
Grasset
Nous sommes au début du XVème siècle. Une guerre qu'on nommera de Cent ans oppose Anglais et Français. Le royaume de France est affaibli par la démence de Charles VI et par la lutte à mort entre armagnacs et bourguignons. Les princes trahissent et s'assassinent ; la peste et la famine déciment la population ; on pend et on brûle sorciers et jeteuses de sorts. On est égaux devant la mort, dirait-on. C'est au milieu de ce tumulte, en 1404, que naît Gilles de Rais. " Cependant l'âpreté de cet âge gothique n'explique pas entièrement la rage meurtrière qui déjà l'habite… "

Orphelin à dix ans et héritier d'une fortune considérable, il est élevé par son grand-père maternel, Jean de Craon, violent et prodigue. Dès cette époque, il connaît ses premiers émois avec de jeunes hommes - bientôt ses premiers meurtres ? A 15 ans, il s'illustre en tous cas par ses exploits militaires et lève ses propres troupes pour faire la guerre aux Anglais aux côtés de Jeanne d'Arc, qu'il révère. Bravoure. Fidélité. Férocité sanguinaire…

Maréchal de France à 24 ans, il est au sommet de la gloire et, avec son faste, l'un des hommes les plus riches du royaume. Mais la mort cruelle de Jeanne et l'arrêt des hostilités le laissent libre et désœuvré. Mélancolique ? Il se retire en ses terres, pratique la magie noire, entretient dans le luxe chapelains, enfants de chœur, musiciens, pages et serviteurs, également agents ou complices de sa débauche, et bientôt de ses crimes… Pourtant sorcier, assassin, " pédophile ", il demeure profondément croyant.

Ses dettes le perdront. Son procès fut avant tout politique et religieux. Et quand la sainte Jeanne avait été brulée pour sorcellerie, le guerrier furieux devenu monstre sodomite égorgeur d'enfants fut, quoique pendu, dignement enterré dans l'Eglise des Carmes de Nantes, accompagné par les chants des familles de ses 140 victimes, priant pour le salut de son âme…
18,90 €
Mezzanine
Grasset
Comme Les pays immobiles ou Haut fonctionnaire, Mezzanine est le roman d'un homme secret, inclassable : " J'exposais à ma femme d'amour M. que c'est pour protéger l'entourage - la préserver elle par exemple, en même temps que moi, et notre amour - que cette pratique sexuelle maniaque qu'est l'écriture (littéraire), doit rester au secret, à jamais obscure. "

Sur ce principe, Bayon raconte, révèle, enlace, cèle et transcrit " le désir qui fascine et le plaisir qui tue ". Il y a vingt-cinq ans, un homme qui pourrait être Bayon louait dans le nord de Paris un appartement comme dominé par une mezzanine. Dans cette cage sensuelle de draps, de ressorts et de rêve, notre héros vivait sa vie. Tel Barbe-bleue au programme clairement établi, presque puritain, de jeune homme à femmes prises puis déprises, Bayon note ses aventures. Il préserve le secret. Et il transcende l'humaine pratique sexuelle par l'inhumaine pratique d'écriture. Chaque femme s'invitant en sa mezzanine, déshabillée, aimée, rêvée, finit couchée sur une page. C'est bien le désir qui est au cœur de cette vie, au cœur de cette époque, les années 1970-1980, qui se voulaient libres, mais jamais libérées de la norme….

Après des années, Bayon nous livre non pas des carnets, mais un entrelacs énigmatique qui fait un roman extraordinaire et provocant : portrait de femmes, autoportrait de l'artiste, traversée d'une époque, désirs abolis, impuissance, effets d'annonce, passions accessoires - dans cette mezzanine où passent les années, tout se résout en livres.
22,40 €
Transformations D'Une Femme
Grasset
" Elle a commencé très tôt, l'impression de jouer la comédie. Ce n'est pas désagréable, de jouer la fille. Se préparer pour un rendez-vous, souligner l'œil, mettre du rouge à lèvres, j'aime bien. A vingt ans, je disais facilement, je t'aime, si tu veux, moi aussi, et encore je t'aime. Ce n'était pas grave, les mots venaient tous seuls, moue étonnée, soupirs, j'avais l'impression que c'était ça que les femmes faisaient depuis des siècles, pour qu'on les désire. Une sorte de grand rôle classique, dans lequel vous vous glissez. La petite, par exemple, la fille, la femme-enfant, celle à qui l'homme indique son chemin dans la rue. Et puis vers trente ans, la comédie a commencé à devenir douloureuse, tout simplement, je n'y croyais plus. Perdue la foi, épuisé le rôle. Peut-être avais-je eu trop d'aventures, peut-être que la liberté use certains fantasmes, je n'avais pas d'explication, en tout cas, je voyais les fils, sourire, soupirer, minauder. Comédie. Cette fille que j'étais, je n'y croyais plus. Et je n'avais aucune idée de celle que j'étais en train de devenir.

Et lui, me désirerait-il encore ? Je regardais autour de moi, interrogeais mes amies. Chacune à sa manière traversait un changement. L'une appelait ça, désir d'enfant, l'autre bisexualité, et une autre, créativité. Tantôt c'était une bonne nouvelle, tantôt une malédiction. Mais ce qui reliait ces transformations les unes aux autres, ce qui reliait aussi les femmes entre elles, demeurait un tabou, un secret bien gardé. Un pouvoir, peut-être. "
19,90 €
Un juif pour l'exemple
Grasset
Né à Payerne, gros bourg vaudois, Jacques Chessex avait huit ans quand les faits relatés dans ce livre ont eu lieu. Les faits ? Nous sommes en 1942, l'Europe est à feu et à sang, la Suisse quoique neutre et sanctuarisée, est travaillée de sombres influences. A Payerne, rurale, cossue, ville de charcutiers " confite dans la vanité et le saindoux ", le chômage aiguise les rancœurs et la haine ancestrale du Juif. Autour d'un " gauleiter " local, la garagiste Fernand Ischi, sorti d'une opérette rhénane, et d'un pasteur sans paroisse, proche de la légation nazie à Berne, le pasteur Lugrin, s'organise un complot de revanchards au front bas, d'oisifs que fascine la virilité germanique. Ils veulent du sang, du sang juif de préférence, et une victime expiatoire. Ce sera Arthur Bloch, marchand de bestiaux, homme pieux et père de famille, qui visite la foire au bétail de Payerne le 16 avril 1942.

A deux pas de l'abbatiale, dans l'ombre odorante d'une étable, Rue-à-Thomas, il tombe dans le piège. On l'assomme, on l'achève et on le découpe en morceaux, dans une scène d'anthologie décrite par Chessex. Bien sûr, les coupables, dont un semi-débile apprenti-tueur, seront vite retrouvés. Mais le crime, dans toute sa sombre gloire, son dégoûtant théâtre, aura délivré les uns et les autres, qui ne plaignent pas la mort du Juif pour l'exemple.

A la suite du Vampire de Ropraz, c'est un autre chef-d'œuvre, le mot n'est pas trop fort, d'exactitude et de description, d'atmosphère et de secret, que Jacques Chessex nous donne.
13,90 €
Omnia
Grasset
Barbey d’Aurevilly est surtout connu pour ses romans. C’était aussi un essayiste de premier plan. Il a laissé une vingtaine de volumes de critique (Les Œuvres et les Hommes) et a fait connaître le dandysme en France grâce à son Du dandysme et de Georges Brummel. Moraliste, penseur, pamphlétaire, Barbey a toute sa vie tenu des carnets de notes et de réflexions, dont les fameux Memoranda. On croyait connaître l’intégralité de ces ouvrages jusqu’à la découverte récente de deux cahiers, intitulés Omnia (« tout », en latin) par Barbey lui-même. Commencés en 1855, ils permettent de mieux cerner l’imaginaire de l’auteur des Diaboliques. Suite de réflexions, d’observations, de notes de lectures, ils comprennent des clefs pour la compréhension de ses romans, mais aussi des remarques sans illusions (« Les enfants nous consolent de tous les chagrins, en attendant les épouvantables qu’ils ne manqueront pas de nous donner »), sarcastiques (« Quand on a des opinions courantes, je les laisse courir »), ainsi qu’un grand nombre de remarques éblouissantes sur ses contemporains, d’Henri Heine à Chateaubriand. Le livre est présenté et annoté par Joël Dupont, spécialiste de l’œuvre de Barbey d’Aurevilly.
13,10 €
L'empreinte des choses cassées
Grasset
Ce roman est un Discours de réception à l’Académie Française, mais un discours d’un genre bien particulier. Insolent. Brusque. Emouvant. Féroce. Au dénouement inattendu. La narratrice, reçue sous la Coupole en sa qualité d’écrivain de sexe féminin, en profite pour passer en revue les épisodes d’une vie. C’est l’heure du bilan, celui de régler les comptes, celui des révisions déchirantes, le moment où l’on se fiche de l’impudeur. Claire Gallois ne rate pas ses cibles. Les hommes ? « Plus on avance en âge et plus le lit devient un endroit très dangereux…J’ai toujours apprécié de dormir seule et ces temps-ci, je suis comblée. » Sa place légitime dans le monde ? « Depuis que dans un passé qui remonte à l’enfance, ma mère m’a demandé : « pourquoi n’es-tu pas morte à la place de ta sœur ? », j’ai toujours eu un doute. » L’institution ? « Les femmes que vous consentez à accueillir sous la Coupole sont choisies à une première condition : à savoir ne pas afficher leur sexe davantage que les anges. » S’il y a de l’autobiographique ici, la mort d’une sœur à dix-huit ans dans la chaleur d’un jour d’été, un grand-père rescapé de la première guerre, un voyage d’initiation en Europe de l’Est, un amant erratique et bohème, tout le talent de Claire Gallois tient à la liberté cinglante avec laquelle elle assemble le réel et l’imaginaire, le grave et le frivole ; le discours devient une méditation sur le temps et la vanité, qui commence comme une blague et s’achève la larme à l’œil.
13,10 €
Le voyage du fils
Grasset
Au départ de ce roman, un fait divers bien réel : une Chinoise s’est défenestrée pour échapper à une descente de police – qui, d’ailleurs, ne la visait en rien… De cette tragédie, Olivier Poivre d’Arvor a tiré un roman très original, émouvant, plein de rebondissements et de surprises… En effet, devant ce drame de la Chinoise défenestrée, l’opinion s’est émue et a organisé le voyage à Paris de Fan Wen Dong, son propre fils âgé d’une vingtaine d’années. Ce garçon sensible et poétique, à peine débarqué de sa ville de Fushun, va donc passer quelques jours à Paris avant de repartir en Chine avec les cendres de sa mère… Le roman que nous lisons s’inscrit, très exactement, dans cette semaine où s’entremêlent plusieurs trames de destins. Il y a là une femme – qui, précisément, réalise un film sur Marguerite Duras et qui, elle aussi, veut rencontrer « l’amant » chinois qu’elle rencontre, par hasard, à la faveur d’un accident de voiture. Il y a aussi un militant des droits de l’homme, un certain Schwartz, qui semble considérer Fan Wen Dong comme son fils… Ce Voyage du fils tisse, en brefs chapitres, une étrange histoire d’amours, de solitudes, de rencontres intenses. Olivier Poivre d’Arvor y raconte l’impossible face-à-face de la Chine et de l’Occident, du nanti et du démuni, de l’exilé et de son hôte…
17,30 €
Terre sans maître
Grasset
Ilya est un jeune homme qui cherche à atteindre un mur au sommet d’une montagne. Ce Mur est moins un objet qu’une présence, intacte depuis l’époque immémoriale de sa construction. On prétend au village que le Mur attire les fous. Cela se passe juste avant la deuxième guerre mondiale en Germanie. Ilya avance à tâtons et, peu à peu, se souvient d’où il est venu, ce qui l’a conduit à entreprendre son voyage et à quel traumatisme il doit d’avoir perdu la mémoire. Sur le versant creusé d’ornières, il semble mener une partie de cache-cache avec lui-même. La voix d’une enfant le hante qui chante sous son crâne une comptine. Une fois le Mur franchi, Ilya poursuit son chemin, rêveur lucide, aux abois. Un homme en effet veut sa peau et le traque sans relâche. Obligé de fuir, Ilya arrive à la porte d’un manoir où les dignitaires du régime célèbrent l’avènement d’une ère nouvelle. Il y retrouve la jeune femme dont le souvenir le poursuit, et dans le grand salon illuminé où se déroule la fête, son passé tout entier se dévoile. Se révèle aussi l’autre raison de son voyage : Ilya est un messager, il porte une parole folle, et dans le cercle hostile des convives, il s’en délivre. Mais on ne l’entend pas, et, à nouveau en danger de mort, il lui faut reprendre sa route au petit jour, descendre dans la vallée, de plus en plus loin…
16,80 €
Les graffitis de Chambord
Grasset
Trois hommes. Trois époques. Trois histoires. 2006 – Trevor est banquier d’affaires. Homme sans passé ni passion, il vit dans un grand appartement à Paris. Il ne connaît pas l’amour, ne cherche pas d’amitiés. Depuis que ses parents sont morts, il est seul et pleure parfois sans aucune raison. Un matin, il reçoit une grande enveloppe qui va bouleverser sa vie. 1945 – Simon est écrivain. Il est juif. Caché pendant la guerre dans un village près de Mâcon, il gagne Paris à la Libération. Ses parents ont disparu. Il les cherchera en vain, et n’aura de cesse de fouiller son passé pour fixer leurs visages et ses rares souvenirs. 1940 – Isaac est résistant. Il a abandonné sa famille pour suivre Dora, une femme libre et énigmatique, qu’il aime passionnément et qui rend les hommes fous de désespoir. Ils font partie du réseau « Chambord ». Ils partagent le quotidien de leurs frères d’armes, leurs peurs et leurs joies. Enfermés dans le château, ils errent dans les galeries, dans ses pièces froides et obscures aux murs maculés de graffitis, comme en des catacombes. Ce sont ces graffitis, dont certains datent du XVIIè siècle, qui vont mystérieusement rapprocher Isaac, Simon et Trevor. Quel est le lien souterrain, plus fort que la mort, qui unit ces trois destins ?
19,90 €
Le rÌâåve de Machiavel
Grasset
Quelques semaines avant sa mort, à Florence, Machiavel est surpris par la peste. La ville est comme son tombeau. Derrière les palissades, on vit dans la peur, on abandonne ses enfants, on vole du pain gris, on se lave au vinaigre. En quelques heures, l’humanité s’effondre. Sur les bords du fleuve, un prophète réclame des bûchers. Une sorcière tombe en transe. Etrange enfer que cette ville somptueuse, encerclée par les soldats, où se multiplient les meurtres et les viols… Tel est le piège dans lequel se trouve pris le grand penseur politique, l’homme parfaitement civilisé, le voyageur, l’intriguant, l’écrivain. Mis à nu par la maladie, seul, Machiavel garde les yeux ouverts. Sans trop savoir pourquoi, il sauve du bûcher une jeune femme malade…. « Et voici ce que je raconte, après dix années de doute et d’esquisses : le dernier amour de Machiavel. Comment le penseur tombe amoureux au milieu des corps et des mauvais rêves. Le prince qu’il n’est pas décide de soigner cette femme, il la lave, la dévêt, lui parle, l’embrasse, s’allonge contre elle, contre elle et contre tout, jusqu’au dernier instant…. Je prends Machiavel à son histoire. J’en fais un homme. Pour Machiavel, il a fallu ce long chemin. Il a fallu les voyages, l’exil, il a fallu les livres, les traités, les grandes découvertes, les femmes, la bizarre course du temps pour qu’il ne reste rien : rien du grand esprit, rien de la gloire. Car la peste renverse tout. » Christophe Bataille nous donne un magnifique roman sur la maladie et le néant, qui sonne comme un avertissement : le mal ne se dit pas, et ses formes sont légion. Mais c’est aussi un roman d’amour, car c’est un geste d’amour qui renverse Machiavel et le monde.
16,20 €
Ce que nous avons eu de meilleur
Grasset
Peut-on, comme Josué, arrêter la course du soleil ? Les morts sont-ils encore jaloux ? Pourquoi Marlon Brando écrivait-il des cartes postales qu’il n’envoyait à personne ? En quelle circonstance un débauché peut-il s’abandonner au fanatisme religieux ? Quels rapports y a-t-il entre Churchill, Alain Delon et un jeune berbère qui voudrait apprendre à nager ? Qui a inventé le monothéisme amoureux ? Et à quel instant, au juste, franchit-on la ligne de démarcation qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ? Telles sont, entre beaucoup d’autres, quelques unes des questions que se posent les héros de ce roman dont l’intrigue éclatée va et vient autour d’un lieu unique : le Palais de la Zahia (ce mot, en arabe, désigne la joie), situé quelque part, au sud, près d’un désert… Dans ce Palais – splendide, nécrosé, envahi par la végétation et les souvenirs – quelques amis, plutôt bien traités par l’existence, ont pris l’habitude de se retrouver dans une ambiance rieuse. Il y a là, parmi des créatures sexuellement très diversifiées, deux amis : un narrateur (très influencé par les livres de Stendhal et les films de Maurice Ronet ) et un certain Lewis, riche, célèbre, philosophe et épris d’ Ariane, son épouse rêveuse. Est-il nécessaire d’en dire davantage ? Ce roman – rythmé par une série d’interrogatoires confiés à un enquêteur énigmatique – revisite ainsi, dans un grand désordre de sensations et de péripéties: 1/ l’histoire d’une amitié 2/ La mémoire d’un Palais trop fréquenté par ses propres fantômes 3/ La chronique d’une passion clandestine avec une jeune veuve qui n’a pas froid aux yeux 4/ la lutte des uns et des autres contre le temps et ses alliés (haine, tempêtes de sable, solitude, vanité, peur, envie…) Bien entendu, il s’agit d’un roman. Et il va de soi que toute ressemblance avec des personnes existantes, etc, etc…
16,20 €
Crépuscule ville / roman
Grasset
« La solitude de Colin Parler. Souvent Colin Parker composait de sa propre initiative la touche C pour confessionnal et pendant des heures, il répétait qu’il était seul. Et son assistant lui répondant : « Cher abonné, vous n’êtes pas seul puisque nous sommes là pour vous écouter… » Finalement, quand Colin Parker se donna la mort, le soir du grand black-out, il commençait tout juste à aller mieux. » Bienvenue à Clair-Monde ! Ici, quelque part dans un futur proche, sous une épaisse couche de nuages et de brumes, vivent les citoyens d’une cité idéale où l’on vous interdit pour votre bien tout ce qui pourrait vous faire du mal : des implants bancaires sous l’épiderme contrôlent vos dépenses, une brigade d’intervention contre le suicide surveille vos accès dépressifs, les êtres qui vous plaisent sexuellement apparaissent sur un écran-traceur à portée de main, les drogues sont en vente libre, on a le droit au lifting et à la quasi-éternité. Si vous ne voulez pas être heureux, alors vous avez le choix : vivre aux confins de la cité, morts bancaires, junkies, obèses, détraqués. « Avec Clair-Monde le bonheur n’est plus une utopie ». Sauf qu’il y Syd Paradine… Un flic brillant, cabochard, en instance de divorce, et qui refuse de se plier aux législations du bonheur obligé, aux oukases du S.P.S (service de protection contre soi-même). C’est en enquêtant sur un suicide collectif d’obèses (double aberration !) qu’il comprend les mensonges et les trahisons de Clair-Monde. De la guerre narcotique aux couloirs des laboratoires, de la tyrannie cosmétique à la pédophilie érigée au rang des beaux-arts, de l’utopie démocratique aux opiacés, Syd flanqué d’une étrangement belle créature du nom de Blue vont mettre un sacré désordre. Résoudre le mystère. Sauver leur peau sur fond d’apocalypse. Entre la satire d’une société utopique reposant sur l’axe d’un bonheur obligé et le polar chandlerien, entre l’emprunt au cinéma et à la littérature de genre, Lolita Pille change ici du tout au tout. Crépuscule Ville est un roman ambitieux, ample, qui se joue des conventions, et nous montre le destin d’êtres du futur qui nous ressemblent terriblement.
25,90 €
Je dois tout à ton oubli
Grasset
« La main de la mère qui saisit un oreiller blanc et l’applique sur le visage du nourrisson… » Cette scène d’une violence absolue obsède la narratrice, le docteur Selma Moufid, sans qu’elle comprenne si c’est un fantasme ou si cela a eu lieu. Cette image occultée depuis l’enfance va entraîner Selma dans son désert natal et lui faire revivre des moments qu’elle voulait oublier. C’est avant tout la relation à sa mère que ce roman met en question. Il s’agit de combattre de vieux fantômes et de comprendre pourquoi la culpabilité a inhibé le souvenir pendant tant d’années. Selma raconte les voyages qu’elle a entrepris pour enfin parler avec sa mère, pour tenter de briser le silence. Cette confrontation la renvoie à une réalité cruelle : si sa génitrice n’est qu’une pâle figure de Médée, d’autres femmes l’ont précédée dans ce rôle qu’elles s’évertuent à perpétrer pour ne pas enfreindre les tabous qui les ligotent… Un roman très fort de Malika Mokeddem où, pour la première fois, elle analyse la relation avec sa mère dont elle fait un ressort romanesque extrêmement émouvant.
16,90 €
L'armoire aux poisons
Grasset
Des drames semblables à ceux qui se succèdent dans la famille du colonel Brazier et dans celle de son gendre, le pharmacien Bauvrain, se sont peut-être produits dans votre famille. Nul doute que quelques-unes de vos proches relations en aient connu d’analogues. Qu’il s’agisse de brouilles pour des questions d’argent et de captation d’héritages, ou bien de coups de folie et de morts mystérieuses, les situations qu’expose ce roman peuvent s’observer dans toute la société. Elles sont la banalité même, mais l’auteur de L’Armoire aux poisons les a liées dans une intrigue qui vous retient jusqu’au dénouement. Sur un thème qui se prêtait à des développements mélodramatiques, Jacques Brenner a composé un récit insolite, sobre et dépouillé. On est peu à peu envoûté par ce monde d’étouffement et de noirceur. Jacques Brenner est l’auteur d’un journal de la vie littéraire et de plusieurs romans où l’on retrouvera le mode de narration très personnel qu’il utilise ici. Citons, entre autres, La Tour Saint-André, Une femme d’aujourd’hui et L’Inconnue de la Seine.
17,90 €
Emily ou la déraison
Grasset
La santé d’Emily à toujours été fragile, déjà petite tout l’effrayait : « la nuit, le vent, les passants, les sentiers déserts, les inconnus au téléphone, les chauves-souris, les couloirs d’hôtel, le grelot au cou des chats, la crème du lait ». Ces épouvantes vont s’étendre à tout ce qui l’entoure. Sa naissance même baigne dans la tragédie : sa mère meurt en la mettant au monde. Marquée par ce lourd passé, la petite grandit entourée par l’amour de son frère, son « bouclier », auprès d’une étrange tante revenue d’Asie, d’une grand-mère retranchée dans les souvenirs d’une vie rêvée, et d’un père sculpteur de proue. La disparition brutale et rapprochée des membres de sa famille va entraîner Emily plus loin dans les méandres de la folie. Ce sont les voix des morts qu’elle entend… Désormais seuls au monde, le frère et la sœur quittent Nîmes pour Paris. Emily se laisse peu à peu séduire par un voisin, Ivan Skobline, fils d’émigré russe jovial, son contraire parfait. Leur histoire d’amour s’achèvera par la mort du jeune homme. Ce coup du sort précipitera son repli dans un monde hanté par les images du passé, dont rien ne parviendra à la faire sortir, pas même les tentatives désespérées de son frère. C’est lui le narrateur, qui nous raconte cette destinée bouleversante. Emily, née dans un monde d’ombres, n’aura pas réussi, malgré les éclaircies de l’amour, à échapper à ses fantômes.
15,90 €
Trop bien élevé
Grasset
« Je vais tenter, dans ce bref récit, de parler de mon enfance. Au fil des ans me sont souvent revenus des visages, des gestes, des scènes, parfois même des mots que je souhaiterais avoir assemblés avant que vienne la nuit. Ce n’est pas que mon aventure humaine, ma personne de petit bonhomme dans les immenses fourmilières de tous les temps me semble mériter intérêt ; j’ai l’impression de me divertir d’un sujet secondaire : nulle modestie dans cette indifférence, peut-être de l’ogueil d’abord déçu puis dispersé. Mais cet enfant triste, ce figurant pétri de bonnes manières, cet adolescent tourmenté, cet éternel patient sous toutes ses identités, ils ne me quittent guère. Peut-être les ai-je trop remués ? Peut-être m’a-t-on trop longtemps laissé seul avec moi ? Ce que je voudrais ici, c’est décrire les premières années d’un enfant trop éduqué, et, à travers lui, si je le puis, les sentiments, les mentalités, les rites qui dominaient encore une part de la bourgeoisie quand vint la guerre de 1939. Je voudrais tâcher de retrouver ceux que j’ai connus, aimés, et chez eux, toute la peine qu’ils se donnaient pour fabriquer des enfants très solitaires et parfaitement bien élevés […]. Excusez-moi, oui, excusez-moi, si je suis là, car je vous gêne. Si vous m’avez bousculé, c’est que je n’aurais pas dû me trouver sur votre chemin. Si vous êtes de mauvaise humeur, je dois y être pour quelque chose. Comment vivre, marcher, respirer, sans déranger ? Frapper avant d’entrer, s’effacer dans les portes, sourire, toujours sourire … Il ne suffira pas d’une vie entière pour se faire pardonner d’exister. » J-D. Bredin
12,90 €
Mon petit mari
Grasset
On connaît la chanson populaire : « Mon père m’a donné un mari, Mon Dieu, quel homme, quel petit homme, qu’il est petit… », mais sait-on que la plaisante ritournelle pourrait devenir réalité ; au moins chez Pascal Bruckner, amateur de conte cruel, où l’enfance perverse voisine avec l’âge adulte… Le jour de son mariage, Léon doit se hisser sur les pieds pour embrasser son épouse, la plantureuse Solange. Quoique de gabarits différents, ce couple idéal donne naissance à de robustes enfants. Etrange ! A chaque naissance, Léon perd quelques centimètres : cet avorton de la toise rapetisse inexorablement, et il a beau consulter le corps médical, rien n’y fait. Avec sa taille, ses responsabilités diminuent, son autorité s’émousse. C’est bientôt Liliput, Léon le moucheron, un corpuscule, et de père idéal il s’inverse en victime des appétits familiaux... Le microbe survit en se cachant dans la bibliothèque, bivouaquant dans de la mie de pain : la description de son calvaire permet à l’auteur des pages drôlissimes, grinçantes et cruelles à la fois ! On ne vous dira pas la fin. Tout conte a une morale.
18,00 €
La grammaire en s'amusant
Grasset
« Ce projet a une histoire. Tout a commencé à Rennes en novembre 1997, devant un amphithéâtre bondé : venus de toute la France, des élèves de cinquante lycées avaient désigné le Goncourt des lycéens. Sur la scène on avait planté deux Goncourt officiels, Erik Orsenna et moi, pour débattre sur la grammaire et son enseignement. Pourquoi les manuels scolaires dégoûtaient les jeunes ? Pourquoi cette langue affectée, pourquoi tant de préciosité et de graphiques idiots pour énoncer des principes simples ? On avait l’impression que les nouveaux grammairiens cherchaient à se valoriser au détriment des élèves, de leurs parents et de leurs maîtres consternés. Ce jour-là, donc, deux écrivains qui vivaient et travaillaient avec les mots ont lancé aux lycéens rassemblées : « Nous allons vous écrire une grammaire lisible ! C’est juré. » Erik et moi sommes ensuite retournés à nos travaux, nous croisant de loin en loin. Il a tenu parole le premier, et traité le sujet sous forme de contes. Je lambinais. Dans mes déplacements de Perpignan à Lille, Dreux, Amiens, Besançon, j’ai bavardé avec des lectrices et des lecteurs, des profs de français, des lycéens, des parents. Ils me poussaient : - Vous vous y mettez quand ? - Revenez nous voir avec votre grammaire ! Je devais tenir à mon tour la promesse de Rennes. Nous pouvons déchiffrer, gribouiller, ânonner, nous suffire d’un langage pénible et hésitant, mais dans la vie moderne, même pour se promener sur Internet, mieux vaut lire, écrire et parler clair. La grammaire n’est qu’un mode d’emploi qui évolue avec l’usage et le temps. Ce n’est pas une punition mais une nécessité, un droit, une chance et un jeu. » P.R.
12,10 €
L'autre rive
Grasset
Georges-Olivier Châteaureynaud a écrit ici un roman-monde. Entre fresque populaire dans la tradition du feuilleton et fable empruntant à la mythologie, entre l’ici et l’ailleurs, le familier et le surprenant, l’auteur dresse la carte d’un univers qui nous est parallèle. Nous sommes à Ecorcheville, face à L’autre rive, celle du Styx, mieux connu pour être le fleuve des morts. Ecorcheville, la cité des secrets et des mensonges, hérissée de tourelles gothiques telle une réplique de Gotham City sur une Riviera désolée ou un Monaco loufoque, dresse ses palais, ses gratte-ciels aux deux tiers vides, son orphelinat sinistre, sa cathédrale désaffectée qui abrite les monstres, sirène, centaure, satyre, que les eaux du fleuve déposent sur la berge. A Ecorcheville, il pleut des salamandres, l’esclavage n’a pas été aboli, une machine à s’auto-suicider permet d’en finir avec les états d’âme, les fils de famille rivalisent de vitesse sur la corniche comme s’ils jouaient La fureur de vivre, les enfants du Styx tutoient Charon, le passeur des morts, bref tout y est presque normal… C’est donc aussi un destin singulier que nous suivrons : fils adoptif d’une chirurgienne devenue embaumeuse, Benoît Brisé, quand il ne fréquente pas sa bande de copains, Onagre, Cambouis et l’orpheline Fille-de-Personne tente de percer le mystère de ses origines… On n’en dira pas plus, sinon qu’au cours de quelque 700 pages, on découvre avec jubilation, suspense, drôlerie, tendresse, tragédie, tous les ressorts de l’âme humaine.
23,30 €
La passion selon Juette
Grasset
Juette est née en 1158 à Huy, une petite ville de l’actuelle Belgique. C’est à travers un texte de Georges Duby (Dames du XIIè siècle, Gallimard), où Juette se trouve entre Aliénor d’Aquitaine et Iseut, que l’auteur rencontre cette figure singulière : enfant solitaire dans la demeure de ses riches parents créanciers de l’évêque, pucelle mariée malgré elle à treize ans, veuve à dix-huit, elle refuse toutes les autorités de son temps. Pour éviter un remariage, Juette entre dans l’ordre des veuves, regroupe quelques irréductibles, se retranche dans une léproserie, et finit sa vie en béguine silencieuse pendant 37 années de réclusion volontaire. Mélange de bravoure et d’insoumission, de tourment moral et d’hystérie du corps, Juette est une sainte laïque. Elle a des visions, le diable lui apparaît, la Vierge en dame blanche fait reculer les prétendants au mariage. Si l’on pouvait parler avant l’heure de féminisme, on dirait que la quête de Juette est aussi une guerre des sexes, une guerre contre le pouvoir de l’Eglise, alors que montent en Flandre, en Champagne, en Rhénanie, les premières clameurs des hérésies cathares. Juette meurt en 1228, respectée, en quasi sainte. Clara Dupont-Monod en fait ici une figure de roman, tour à tour passionnée, véhémente, amoureuse sans autre objet qu’un prêtre de l’Abbaye de Floreffe, Hughes, son confident, son seul ami. Roman à deux voix, ce livre de grand talent nous fait découvrir de l’intérieur le Moyen Age des mystiques et des guerriers.
19,00 €
Au secours pardon
Grasset
Au secours pardon raconte l?histoire d?un homme qui se croit libre comme la Russie, et qui va s?apercevoir que la liberté n?existe pas. « C?est l?année de mes quarante ans que je suis devenu complètement fou. »

A Moscou, Octave Parango est chargé par une marque de cosmétiques de trouver la plus jolie femme du monde. Lena a la détermination boudeuse des jeunes filles et la beauté d?un ange démoniaque. On se damnerait pour la sauver ou se perdre avec elle. A Moscou, puis à Saint-Petersbourg, Octave fera les deux. Dans la cathédrale récemment reconstruite, il confesse ses turpitudes à un pope qui hoche la tête avec compassion. Lequel des deux sauvera l?autre ? Lequel des deux périra le premier ?
20,20 €
Bel de nuit Gerald Nanty
Grasset
Peu nombreux sont ceux qui connaissent le nom de Gérald Nanty, et pourtant celui-ci est une véritable légende de la nuit, des noctambules, voire des « snobnambules »? En effet, entre les illustres Castel et Régine, il est le troisième roi des nuits parisiennes, et ce depuis près d'un demi-siècle. C'est cette époque, précisément, entre le milieu des sixties et aujourd'hui, qui revit dans le livre que lui consacre Elisabeth Quin? Il ne s'agit pas d'un livre de souvenirs, ni d'une biographie : Gérald Nanty et sa mémoire sont pris comme fils conducteurs d'une longue promenade à travers les êtres et les lieux les plus mythologiques de la vie nocturne.

Les êtres ? Gérald Nanty a fréquenté « tout le monde », des couturiers (Valentino, Saint-Laurent, Gaultier?) aux écrivains (Sagan), des artistes (Bernard Buffet?) aux maffieux, des mondains aux drogués. A travers lui, défile ainsi toute une faune aux m'urs libres pour laquelle la nuit est un refuge. De Amanda Lear à Manouche, de Roger Peyrefitte à Thierry le Luron, d'un caïd à une galerie de michetons ou de « belles de nuit », les anecdotes et les portraits se succèdent sur des rythmes divers. Car la nuit, qui sait offrir sa légèreté, peut ausssi être tragique.

Les lieux ? Ce sont, pour l'essentiel, les « boîtes » crées par Gérald Nanty du « Club 65 » au « Bronx », du « Colony » jusqu'à l'actuel « Mathi s », ce bar restaurant de la rue de Ponthieu où l'on retrouve, à chaque aube, tous ceux qui « font » Paris.

Bien sûr, le destin personnel de Gérald Nanty, son goût de l'excès et de la liberté, sont ici explorés dans leurs détails les plus croustillants. Mais, par delà l'histoire subjective d'un individu drôle et artiste, c'est toute une génération de noceurs et de fêtards qui ressuscite dans ces pages émouvantes, brillantes, pétillantes?
16,20 €
Victor
Grasset
Victor est un charmant octogénaire, ancien libraire qui cite volontiers Victor Hugo et raconte à qui veut l'entendre un passé étourdissant. Alice, sa voisine de palier, jolie stagiaire à Global, le trouve un soir d'hiver dans un état de grand désespoir. Usé, catarrheux, ruiné, Victor va être expulsé d'ici peu de son réduit mangé par les livres et les journaux. Comment le sauver de la rue ? L'ambitieuse stagiaire a une idée. En organisant une chaîne de générosité, qui puisse satisfaire à la fois le voyeurisme compassionnel du magazine à gros tirage Global et garantir à Victor une fin de vie heureuse.

Adopter un vieillard ? Les lecteurs s'enthousiasment pour son sort. C'est à la famille parisienne Saillard que revient le privilège de recueillir un grand-père adoptif, malicieux, érudit. Ah ! tout avait l'air si facile, et même les enfants du couple Saillard, le père opticien à la bonhomie toute en rondeurs, la mère adepte des régimes minceur, se réjouissent.

Mais Victor n'est pas celui qu'on croit? Crises conjugales, méchancetés, escroqueries, petits arrangements avec la vérité, manipulations, tromperies : tous ceux qui ont approché ce vif exemple de la malignité humaine en seront pour leurs frais. Ils en sortiront changés, marqués, certains pour le pire, d'autres pour le meilleur. Victor ou la grande illusion?
24,90 €
La biographe
Grasset
« J'ai eu envie de revoir La Passante du sans-souci. L'intrigue, les noms de personnages, les visages s'effacèrent, mais certaines images de ce film un peu convenu se gravèrent dans ma mémoire, éveillant un sentiment confus et pénible.

Et puis un jour, j'ai compris : ces visions me hantaient parce qu'elles prenaient leur source en moi. Des pans entiers d'une histoire oubliée, que j'avais VOULU oublier avant même de la connaître. Celle de ma mère, juive allemande, et de toute sa famille. La passante que Romy Schneider avait incarnée surgissait d'un monde enfoui, mais étrangement familier.

Ma mère Romy. Dos à dos, tendues dans le même effort pour surmonter le passé. Rien ne justifie ce rapprochement, tout le légitime. A la question que Romy Schneider s'est posée toute sa vie : « Comment peut-on être allemande ? » répond l'écho : « Comment peut-on être juive allemande ? »

Et si chacune d'elle possédait un fragment de la vérité de l'autre ? Elles sont les deux faces d'une même mémoire, la mienne, celle de la biographe que je suis. »

E.B.-D.

S emparant de l'histoire de Rosemarie Albach, alias Romy Schneider, Evelyne Bloch-Dano tente d y lire l'histoire en miroir de sa propre famille : « la biographe » passe de l'une à l'autre, tressant, pour les entrelacer et les éclairer, ces vies à priori si différentes, l'une, exemplaire parce que célèbre, l'autre, anonyme et pour cela universelle.

Au-delà de la figure irradiante de Romy Schneider dont il fait le portrait, ce livre est aussi une histoire d'amour et de haine de la mère-patrie, l'Allemagne, et plus simplement : le livre des mères, comme on sait sujet de prédilection de l'auteur celle, entre autres, de Romy, Magda la Bavaroise, elle-même actrice populaire de l'époque, dont Hitler fut un fervent admirateur et peut-être l'amant, Magda, terrible Pygmalion pour sa fille, et qui fut, finalement, effacée dans les mémoires par sa créature?
17,30 €
Le vampire de Ropraz / roman
Grasset
« Dans ces campagnes perdues une jeune fille est une étoile qui aimante les folies. Inceste et rumination, dans l'ombre célibataire, de la part charnelle à jamais convoitée et interdite. Sans répit déchiffrer la menace venue du fond de soi et du dehors, de la forêt, du toit qui craque, du vent qui pleure ; de l'au-delà, d'en haut, de dessous, d'en bas : la menace venue d'ailleurs. »

En 1903 à Ropraz, dans le Haut Jorat vaudois, la fille du juge de paix, la virginale Rosa, meurt à vingt ans d'une méningite. Dans l'hiver qui souffle, un promeneur trouve le couvercle du cercueil soulevé, le cadavre violé, la main gauche coupée net, le sexe mastiqué, le coeur disparu. Profanation. Horreur. Stupéfaction villageoise, crainte du diable, soupçons de vampirisme, ail et crucifix accrochés aux maisons pourtant protestantes?

En avril de la même année, deux autres profanations atroces sont exécutées de manière semblable : à Carrouge, des gamins jouent à la balle avec la tête scalpée de Nadine ; à Ferlens, c'est la blanche Justine qu'on profane. Monte la rumeur, comme une houle : il faut un coupable pour des crimes qui rappellent à chacun la « crasse primitive », les vices cachés, les étreintes contre-nature. Favez, un garçon de ferme un peu idiot aux yeux rougis, à l'épaule saillante, aux longues canines, qu'on a surpris à l'étable abusant des génisses, sera le coupable idéal. Il sera jugé et condamné, puis on perd sa trace après 1915.

Sur un fait-divers réel, et si proche de l'auteur dont le jardin jouxte le cimetière de Ropraz, Jacques Chessex romance : qui mieux que lui sait dire les crimes impunis, les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque ?
13,90 €
Kung fu
Grasset
La première scène rappelle le narrateur à son impuissance : il assiste au tabassage en règle d'un passager dans le métro. En d'autres temps, il aurait réagi, implacable, corps délié, volonté de fer, mais il ne bouge pas, la peur au ventre. La mémoire réveillée tisse les liens entre les époques : hier, dans la mouvance de la Gauche Prolétarienne, l'ex-minet du Drugstore aux pulls shetland et aux boots glacées, s'inscrit virilement aux cours du Vô-Vietnam ; dans l'odeur âcre de la salle de boxe parisienne, il apprend à souffrir, découvrant les dures leçons de la sagesse orientale. Hier, pour échapper à l'amour fou qu'incarne Ursula, beauté androgyne, hussarde des seventies condamnée par une overdose, il suit son meilleur ami jusque dans la cité interdite, le légendaire monastère kung-fu de Shaolin dont il sera le premier disciple blanc. Aujourd'hui, aguerri par les coups qu'il a reçus plus que par ceux qu'il a donnés, le narrateur retrouve en Louise la force d'aimer, les larmes enfouies, la fragilité du jeune tigre qu'il fut. L'amour est un combat. Passion et révolution, d'un visage féminin l'autre, en frôlant les dangers.

C'est toute une époque que François Armanet convoque, avec la grâce et la précision qu'on lui sait, une époque qui va des dandys de la nébuleuse gauchiste aux rivages de l'Asie, de l'herbe fumée aux cendres amères des camarades perdus en route, des maîtres du Tao à la rédemption des combattants de l'ombre.
15,90 €
Faut-il brûler la Galigaï ?
Grasset
Léonora Galigaï est florentine. Elle se nomme en vérité Dianora Dosi. Elle est la fille d'un menuisier et d'une blanchisseuse que leur travail mène souvent au palais Grand-Ducal (palais Pitti). Léonora y est appelée pour distraire la jeune princesse de Toscane, Marie de Médicis. Elle devient sa coiffeuse. Elle s'insinue, fait rire cette enfant capricieuse et balourde. Bien vite l'astucieuce Léonora sort de son modeste rôle d'amuseuse pour s'installer dans l'intimité de la petite princesse. Son empire devient immense. C'est une manipulatrice née. Chacun, au palais, s'interroge sur sa fulgurante ascension. Elle serait, dit-on, la soeur de lait de Marie de Médicis, c'est faux, cependant la légende de la Galigaï a déjà commencé, elle rachète ce nom au dernier de cette illustre famille avant de suivre Marie en France.

Ce livre nous fait revivre tous les crimes de la cour des Médicis. Les passions dévorantes aussi, comme celle du grand duc François-Marie pour sa seconde femme, la vénitienne Bianca Capello. On assiste à la dernière rencontre de Catherine de Médicis et de Henri de Navarre, aux exécutions du duc de Guise et de son frère, le cardinal, au château de Blois, puis à la réconciliation de Henri de Navarre avec son cousin Henri III et à l'assassinat de ce dernier. Léonora imagine les complots, se fait raconter les maîtresses du roi Henri IV. Son amie Marie est devenue reine, quant à elle, elle est tombée amoureuse de Concino Concini, un garnement qui vit d'expédients. Tous deux feront équipe en louvoyant dans cette cour de France où les florentins sont suspects, puis, après l'assassinat d'Henri IV, en gouvernant dans l'ombre. Leur étrange association conjugale mettra en coupe réglée les finances du royaume. La Galigaï devient marquise d'Ancre puis Maréchale. Eh oui ! Puisque la reine a donné un bâton de maréchal à Concini.

Noiraude, maigre et sans beauté, elle tient la reine Marie sous sa coupe. Elle gouverne son mari. Elle est une véritable tête politique. Une découvreuse de talents comme ce petit évêque qui deviendra le puissant cardinal de Richelieu. Elle rêve en plein jour. Elle porte un voile, de peur qu'on lui jette un sort. Elle court les couvents de Paris, la nuit, pour se faire exorciser.

Son unique faute est de ne pas avoir su deviner le caractère dissimulé de Louis XIII. Son côté Médicis. Il fera tuer Concini aux portes du Louvre. Elle sera brûlée en place de Grève. Destin étrange qui court sur cinquante ans. Alcôves, complots, prévarications, meurtres.
22,40 €
Douce France
Grasset
« Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie en situation irrégulière. Il me semblait qu'à tout moment quelqu'un pouvait surgir chez moi en hurlant : Police ! Contrôle d'identité ! Et me contraindre à le suivre. C'était absurde, personne n'avait songé à me mettre à la porte, mon casier judiciaire était vierge et je n'envisageais aucune action terroriste ».

La narratrice, un écrivain français de trente ans, est arrêtée par erreur avec des immigrés clandestins lors d'un contrôle d'identité sauvage. Mi-fascinée, mi-voyeuse, elle décide de se faire passer pour une immigrée roumaine et devient malgré elle victime de la machinerie bureaucratique. Placée dans un centre de rétention administrative de la région parisienne, elle découvre ces immigrés séquestrés qui tournoient dans l'attente hébétée d'une décision du juge : libération ou renvoi au pays, la tour de Babel des langues et des codes, le racisme entre noirs et arabes, la course à l'identité, n'importe laquelle, pourvu qu'on vous laisse en paix. Là-bas, elle va connaître des sentiments contradictoires, entre amour et crainte, pour un clandestin séducteur et manipulateur? Mais ces exilés la ramènent à son propre statut : fille d'immigrés juifs, née en France, elle s'est toujours sentie en situation irrégulière.

Sur ce sujet ô combien d'actualité ! Karine Tuil pose les bonnes questions : pourquoi cherchons-nous à être aimés quand il suffirait qu'on nous tolère ? Quel prix à payer pour avoir la certitude d être français ? Sommes-nous tous des immigrés ? L'auteur, qui a eu exceptionnellement accès au centre de Roissy, a écrit ici un roman coup de poing, bouleversant d'inquiétude, à mi-chemin entre le pamphlet et la lettre d'amour aux siens. Un livre où Karine Tuil s'obsède à traquer l'assimilation impossible à la Douce France.
16,50 €
Le Silence
Grasset
Depuis 1944, l'écrivain Simon Leibowitz n'a plus prononcé un mot : il avait alors 10 ans. Fascinée par ce mutisme et le mystère qui entoure l'homme, Livia, une jeune française orpheline, étudiant l'histoire à Rome, décide de lui écrire. Ils échangent quelques lettres avant que Simon ne mette brutalement fin à leur correspondance. Dans son dernier courrier, quelques vieilles photographies : une église de campagne ; un portrait d'enfant aux côtés d'un chien avec en arrière-plan, un homme au sourire figé ; un groupe de jeunes gens armés, à la lisière d'une forêt?

Dès lors, Livia n'aura de cesse de comprendre. Le mutisme de Simon est-il un refus du monde ou au contraire la décision d'un sage ? Où ont été prises ces photographies ? Pour quelle raison Simon s'enferme-t-il dans son silence ? Pourquoi quelques années auparavant a-t-il tiré en pleine rue sur un ancien officier allemand ? Avec l'aide de son ami Ignatio et des souvenirs de son père Giorgio, ancien résistant italien dans les Appenins, qui a connu le père de Simon, Livia plonge dans le passé de l'écrivain, au coeur des Alpes et de la seconde guerre mondiale. Ce faisant, c'est, à son insu, son propre passé qu'elle explore?
19,90 €
Oboles
Grasset
Dans la continuité d?Images, mes catins, Le tremble et l?acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, « définitions imagées », selon leur auteur, nous touchent d?autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare.

?

?Retouches à la compréhension

?

?Ta voix de tout s?irrite

?Qui tant aimait m?entendre

?Ton oeil même m?évite

?Dès que je deviens tendre

?Tu ne veux plus répondre

?Et vrai le pourrais-tu

?Un oeuf n?est pas à tondre

?Déjà me disais-tu
15,90 €
Moi qui suis né trop tard
Grasset
Dans ce recueil d?essais et de réflexions, Marcel Schneider revient sur un certain nombre de thèmes qui lui sont chers.

? « J?ai toujours su, écrit-il, que je ne trouverai pas ma place dans ce qu?on appelle le monde réel, parce que pour y tenir une place, si humble soit-elle, il faut y croire. Je n?y crois pas. Je fais semblant d?y croire, je porte un masque pour me rendre pareil à mes concitoyens. J?ai été professeur, chroniqueur musical, journaliste littéraire et écrivain. Cela me tient lieu de pièces d?identité, mais cela n?a rien à voir avec la vérité de mon être. La mondanité m?a servi d?écran protecteur. » Cet autoportrait dit en quelques mots la vérité d?une âme.

? Viennent ensuite, dans un désordre qui n?est qu?apparent, des souvenirs sur le prince Pierre de Monaco ou sur Marie-Laure de Noailles, Malaparte à Royaumont, Liliane de Rotschild, mais aussi de courts essais et méditations, sur la musique, Racine, Schubert, le fantastique, la Foi, la peinture des Vanités, la mort et le memento mori. Le tout est tissé d?anecdotes, de traits tantôt plaisants et tantôt graves. Dans le registre plaisant, le mot de la grand-mère de Marie-Laure de Noailles, la comtesse de Chevigné, qui n?aimait pas l?auteur de la Recherche, sur « les dindonnades de Proust » - elle se servait de ses lettres pour estimer la température de son fer à friser. Il y a même, dans ces pages, mai 68, ce qui nous vaut l?habituel numéro du cher Marcel, réactionnaire et fier de l?être : « N?oubliez pas que je suis d?Ancien régime. »

? On voit aussi passer la silhouette d?Yves Berger évoquant dans les jardins de la Villa Médicis l?âge des pins parasols. Marcel Schneider termine par une méditation sur « la mort inéluctable », qui débouche sur cette prière et sur une inquiétude déjà démentie par le courage qu?elle recèle : « Pourvu que je ne tremble pas trop, que les affres de l?agonie ne tirent pas de moi plus de râles et de cris qu?il est permis ! »

?

?
19,90 €
Mémoire tu l'appelleras Les vignes de Berlin
Grasset
« Devenu un enfant coureur de prés et de bois, c?est à Congy, dans le village de mes grands-parents maternels, que je découvre les chiffres secrets de nos destinées. J?interroge les silences et les rares confidences des hommes de ma famille. Mon grand-père, vigneron, ancien combattant de 1914, injustement arrêté comme collaborateur en 1944. Mon père, instituteur idéaliste, a peine débourbé de sa forêt, prisonnier dans un stalag pendant plus de trois ans, résistant. Ils me cèdent presque malgré eux quelques bribes sorties de la nuit des humbles. Les guerres ont laissé trop de cicatrices sur leurs coeurs fermés ou trop transparents. Le silence et la résignation sont leur pain quotidien. Ce sont des gens sans aïeux et sans papiers de famille. Je comprends leur laconisme, et je ne peux m?empêcher de penser que leur pauvreté appartient de plein droit à la poésie du monde. Mais il n?y a pas que le monde d?hier qui fasse tourner mon âme de derviche champenois. J?ai comme un sismographe branché sur les tempes et qui me transmet les prouesses d?une époque où le pas du temps s?accélère comme jamais.

?Ainsi furent mon enfance et ma jeunesse, souvent solitaires, dilatées dans un temps qui n?était pas seulement celui de l?instant présent. J?avais la terre pour miel et j?étais impatient de prendre ma place dans une longue patience. La révolution et l?amour remplissent l?été de mes vingt ans. Le grand imprévu de 1968 décide de beaucoup de choses. Je quitte Paris (déjà) pour plus de dix années, dont quelques une passées comme ouvrier dans des usines des bords de la Moselle. Chaque homme avance dans sa propre vie avec à ses côtés cette servante évoquée dans une chronique ancienne, et dont le visage est tourné vers l?arrière : « mémoire tu l?appelleras ». J?ai l?impression d?avoir toujours connu cette femme à mes côtés. Comme j?ai toujours su qu?un jour, j?écrirai ce livre pour dire ma découverte du monde et le besoin que j?ai très tôt ressenti de le raconter ».

? D.R.

?

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18,00 €
Itinéraire spiritueux
Grasset
« Spirituel et sipritueux dérivent de la même racine. Enfant, c'est à l'église et au bistrot que le narrateur d'Itinéraire spiritueux a appris la musique, par des cantiques et des chansons à boire. Il a poussé comme un lys des champs entre eau bénite et eau-de-vie, à une époque et dans un milieu où la mode était aux bons maris, bons pères, bons ouvriers et bons chrétiens. La pratique quotidienne de ces vertus demandait des compensations. C'est dans la bouteille qu'on allait les chercher le plus souvent.

Trajets toujours arrosés, itinéraire romanesque débordant, avec bacchanales et gueules de bois domestiques ou exotiques, roulis et tangages, voies solennelles et culs-de-sac, beaux accords et lourdes factures, blandices et brouillards, soixante années de croisières où les vents ont soufflé comme des désirs en fête, avec des récifs où chantent les sirènes, des ports sans angoisse, des cabarets de la dernières chance et, toujours, de nouveaux appareillages.

L'ancien mot ivrongne est l'anagramme de vigneron. J'ai voulu célébrer les deux dans un récit familier et burlesque où croisent aussi des poètes et des paysans, des bonnes filles et des vilains garçons, des chanoines et des chiens, des barmen, toutes sortes de paroissiens... et mon père. Le cul des bouteilles m'a servi de lorgnette et les verres à cocktails de kaléidoscopes. Disons que ma vision du monde est un peu trouble. Une chance ! Quand je verrai les choses comme elles sont réellement, il sera temps de fermer boutique. »

G.O.
19,00 €
Arthur Cravan n'est pas mort noyé
Grasset
Supposons un poète moderne, boxeur, critique d'art, neveu d'Oscar Wilde, personnage illustre et inconnu à la fois, qui a hanté les mémoires des dadaïstes et des surréalistes sans jamais toutefois laisser comprendre sa nature véritable. Imaginons-le sous l'un des noms qu'il s'est donné, Arthur Cravan. On date sa mort approximativement de la fin de 1918. Se serait-il noyé dans le Rio Grande, à la frontière du Mexique et du Texas ? Poignardé, évaporé, englouti ? Mystificateur de lui-même, marchand d'art bonimenteur, artiste génial ? Nul ne le sait.

Admettons maintenant l'hypothèse de Philippe Dagen : Arthur Cravan n'est pas mort noyé, on l'a vu régisseur de plantations à Java et retraité anonyme sur les rives du Léman, à Genève, amant d'une très jeune femme. Et il a disparu comme il a vécu : en homme du secret. Si l'on suit l'hypothèse du romancier, se déroule ici une vie désordonnée, magique, accidentée, où les combats de boxe s'enchaînent aux femmes aimées, les échappées à New York aux parties fines avec Marcel Duchamp et Henri-Pierre Roché, les amitiés avec Francis Picabia et Félix Fénéon aux fâcheries brutales avec Robert Delaunay et Marie Laurencin. Les villes se succèdent, la vieille Europe, Paris, Berlin, Lausanne, mais aussi Djakarta, Sydney, New Delhi, Chicago. On le croirait diplomate, capitaine de cargo, agent de renseignement. Et pourquoi pas ?

A la vraie vie d'Arthur Cravan, Philippe Dagen en a joint plusieurs autres. Elles sont toutes également romanesques et fascinantes. Quelle fut la logique d'un pareil homme, à éclipses ? L'ennui, le goût de la tromperie, le désir d'échapper à soi et à l'identité fixe, un gag issu du dadaïsme mais incarné dans la folie singulière d'un transfuge de l'art ? Le livre serait celui qu'Arthur Cravan se laisserait aller à écrire dans les dernières années de sa vie, quelque chose comme ses mémoires - le journal d'un fantôme.
22,40 €
Quartier général du bruit
Grasset
Janvier 1934. Un homme dans la trentaine, élégant, décidé, range sa voiture devant une belle demeure où l'on choque les grands dépressifs, avant de les installer, tels des azalées, des hellébores, dans une verrière qui domine Paris.

Kobald, c'est son nom, rend visite à son ami, son patron, son maître, un homme à moustache, qui somnole devant une gouache : Berrnard Grasset. L'éditeur génial a déjà publié Radiguet, Cocteau, Kafka. Mais aussi Hitler et Trotski. Il s'est disputé avec Malraux. Dans Paris-papier, on dit qu'il est fou. Chaque année, le Patron reste de longs mois vides à Meudon, dormant parmi les manuscrits et les lettres, hébété. Puis, en tweed et cravate, il reconquiert Saint-Germain des prés : le centre du monde.

Kobald n'a qu'une idée en tête, s'assurer que le roi est mort. Que le Patron, lessivé par la lecture sans fin, par son métier, par les auteurs, leurs caprices, leur génie parfois, lessivé par ses amours, lui laissera sous peu les clefs de la maison des livres, sise depuis vingt ans au 61 rue des Saints-Pères.

Ce roman étonnant nous conte six mois de passions chez les « gens du papier ». Six mois de lutte entre ces deux hommes qui s'aiment fraternellement, s'épient, se mentent, mentent à tous les autres, surtout, en souvenir du temps où, venus de province, ils n'avaient qu'un costume pour deux et pour les soirs de fête. Six mois qui s'achèvent par la remise du prix Goncourt 1934.

Quartier général du bruit est donc un roman sur la littérature, et la passion absolue de la littérature. Dans cette secte un peu à part, on croise peu de notaires. Les éditeurs jettent les manuscrits par les fenêtres, lisent jour et nuit, se baignent, une page à la main, et récitent la Chanson du mal-aimé à celle qu'ils aiment. On croise aussi des romanciers, des révolutionnaires, des poètes, quelques industriels, des femmes de haute tenue ou de basse volée, des joueurs de pokers - rois secrets de notre époque.
13,50 €
Panthéon
Grasset
Panthéon est ce qu'il est convenu d'appeler un « roman d'apprentissage » et, de ce fait, il respecte les lois du genre : le narrateur n'y est autre que Yann Moix lui-même, et son enfance à Orléans, dans une famille de petits bourgeois réactionnaires. Mais le « réalisme » de ce roman s'arrête là. Car, avec Yann Moix, le réalisme ne dure jamais bien longtemps. Ce livre raconte ainsi l'histoire du petit Yann qui, pour ne pas passer à côté de son destin, et pour échapper à son sort d'enfant martyr battu par ses parents, va s'inventer le « Panthéon » qui lui permettra de survivre dans son cloaque provincial. Dans ce « Panthéon » très spécial, on retrouve, en vrac, tous les vrais héros de ce livre : Péguy (orléanais comme Moix), mais aussi Sacha Guitry, Roberto Rossellini, Edith Stein, Thérèse de Lisieux, Jean-Paul Marat (bref locataire du vrai Panthéon) et un certain François Mitterrand. Ce dernier occcupe une place particulière dans le panthéon moixien car il symbolise le destin accompli, le héros nietszchéen par excellence, celui qui « a décidé de ne plus souffrir à cause des femmes » et qui, de fait, dirigea la France pendant toute la période où notre pauvre petit orléanais tentait vainement de diriger ses propres incohérences d'adolescent...

Du coup, chacun de ces « panthéonisés » devient le prétexte de « petits romans » incrustés dans le roman, où le style vertigineusement célinien de Yann Moix fait merveille. A chaque page, le lecteur est ému et diverti. Il rit et pleure avec une égale bonne humeur. Et voyage, au gré d'un capitaine romancier très facétieux, entre des trouvailles, des digressions, des doses de vitriol, des « scènes de genre », qui font de ce livre un roman inclassable.

Le récit se termine avec l'arrivée à Paris du jeune Yann. La littérature et le cinéma attendent de pied ferme ce Rubempré issu des classes moyennes et bien décidé à prendre sa revanche sur son « début dans la vie ». La suite au prochain roman ?
19,20 €
L'atlantique sud
Grasset
Après le suicide d'Arnaud Tonnerre, administrateur du Musée de l'Homme, sa femme Anna sombre dans la dépression. La fille aînée du couple, Laurence, élève ses deux frères, Bertrand et Jérôme.

Bertrand, le fils préféré, connaîtra une belle réussite sociale et épousera Marie-Caroline, une précieuse ridicule. Jérôme, le mal-aimé, passera son enfance en pension et en gardera une névrose carabinée. Adolescent dans les annés 70, il rêve de « faire la route » mais ne parviendra jamais à décider d'une destination. Il deviendra Jérôme Tonnerre, le narrateur de ce roman.

Le ton est celui de l'humour noir, que l'auteur manie en virtuose. Sur son lit d'agonie, la mère de Jérôme a griffonné un message demandant que ses cendres soient dispersées dans l'Atlantique Sud. Mais où exactement dans l'Atlantique sud, et qui va satisfaire ces dernières volontés ? Tout le texte repose sur cette double interrogation qui fabrique deux ressorts romanesques. Une impossibilité comique d'une part, puisque Jérôme, qui se trouve en charge de l'urne et pour lequel aucune carte de géographie ou livre d'aventures n'a plus de secret, a une phobie extrême de toute forme de voyage autre qu'imaginaire. Une enquête biographique et psychanalytique d'autre part, qui conduit progressivement aux secrets intimes de la vie d'une mère « amoureuse de la mer et des marins » et aux origines occultées de la famille...
19,90 €
Une promesse
Grasset
Nous sommes en Mayenne, une maison à l'orée d'un village. Dans cette maison, voici Etienne et Fauvette, un vieux couple qui n'a jamais cessé de s'aimer. La maison est silencieuse. Les volets fermés et la porte close.

Nuit et jour pourtant, ils sont sept qui en franchissent le seuil. Sept amis, les uns après les autres, du dimanche au lundi, chacun son tour et chacun sa tâche. Il y a le bosco, ancien marin qui tient le bar du village, il y a Madeleine qui, chaque semaine, fleurit la maison, il y a Berthevin qui allume et éteint toutes ses lumières, il y a le professeur qui dit des poèmes à voix haute, il y a Ivan, l'ancien cheminot, ui ouvre les fenêtres, il y a Léo qui traverse le village à vélo, puis Paradis enfin, qui remonte la petite horloge.

Au grenier, comme une sentinelle, une lampe ancienne veille au cérémonial.

Voici l'histoire d'une promesse. La promesse faite à Etienne et Fauvette. Une promesse d'enfance, tenue par sept amis, pour déjouer le plus grand des périls. Ces hommes ont juré de tromper la mort. Et voici qu'un jour, ils renoncent. Ils cessent leurs visites à la vieille maison. Parce que le temps passe. Parce que la lassitude. Parce qu'au grenier, la veilleuse attend que deux âmes lui cèdent.

Voici l'histoire d'une fraternité.
18,90 €
Le chat botté
Grasset
Ce roman raconte l'ascension d'un homme. Général en disgrâce, à vingt-cinq ans, il monte de Marseille à Paris au printemps de 1795. Il n'est rien et il veut tout. Comment va-t-il se débrouiller, dans ce pays livré au chaos après la chute de Robespierre ? C'est le temps de Barras, de Madame Tallien, des muscadins qui font la loi dans les rues avec leurs gourdins plombés. Les ouvriers de faubourgs meurent de faim et se soulèvent, mais les Parisiens dansent, il y a des bals aux carrefours, dans les salons, dans les églises et même dans les cimetières. Les femmes portent des toges transparentes, les salles de jeux et les restaurants (qu'on vient d'inventer) se multiplient autour du Palais-Royal. Les plus habiles s'enrichissent.

A force d'intrigues, notre général va réussir. En une saison il écrase une émeute royaliste au canon sur les marches de l'église Saint-Roch, épouse la vicomtesse de Beauharnais et se retrouve à la tête de l'armée d'Italie. Sur la route de Nice où il part rejoindre ses troupes pour les lancer en Lombardie dans une guerre de pillage, il francise son nom italien. Désormais il va s'appeler Bonaparte....

Ce titre n'est pas tiré au hasard d'un conte de Perrault, mais des Mémoires de la duchesse d'Abrantès. Celle-ci, Laure Permon, était la fille d'une amie d'enfance de Laetitia Bonaparte. Petite fille, quand elle a vu pour la première fois le jeune Napoléon en uniforme, avec ses jambes maigres dans de trop grandes bottes, elle a éclaté de rire en s'écriant : « Le Chat botté ! » Le surnom est resté.
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En nous la vie des morts
Grasset
Nortatem, un trentenaire américain, est complètement seul. Fred, son double, son ami de toujours, vient de se jeter par la fenêtre. Nortatem, lui, a quitté sa maîtresse, Georgia. Et sa proche amie est partie en France pour l'été. Alors il se retire dans le Vermont, où il fait son travail de deuil.

Dans la ferme qu'il a louée, loin de tout, il fume, il boit, il lit. Il marche. Il suffoque. Il enterre la vie et s'ouvre au monde sensible. Nortatem rencontre des êtres qu'il ne voyait pas, jusqu'alors. Une vieille indienne lui prête une moto, fait l'amour avec lui, s'endort comme une enfant dans un hamac. Un voisin rustre et souriant l'invite avec ses filles à des soirs de fête. La ville d'à-côté, personnage en soi, l'accueille dans ses bars, son café internet, dans sa tranquille inhumanité.

Dans une société qui marche vers l'ouest éternellement lointain, sauvage, nouveau, dans une société efficace et rude, Nortatem fait l'ours, un ours à qui l'on raconte des histoires d'enfant. Car il lit chaque soir un livre sans nom, un livre de contes tour à tour légendaires ou prosaïques, où les personnages se transmettent des symboles comme autant de talismans. Il lit des pages qui l'aident à comprendre, qui disent la passion du frère et de la soeur ; la séparation ; la cruauté des hommes ; la naissance d'un enfant ; l'amour...

Lorette Nobécourt mêle habilement la trame des jours ordinaires, dans un décor de primitivité, et les contes magnifiques qui font rendre gorge, et redonnent sens à ces mêmes jours. « Finalement, écrit l'auteur, cela commence de bonne heure un miracle. Il faut des années pour lui donner une forme, il faut d'immenses peines et d'immenses chagrins, il faut des morceaux de foi arrachés au désastre, jusqu'au moment où la vie vous prend tout entier. »
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