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Résultats de recherche pour 'Mes fiches pour le bac' (5932)

Fellini Blues
Grasset
"Tout a été dit et l’on vient trop tard, a dit un auteur mais je croirai plutôt que l’on vient toujours à l’heure où personne ne nous attend à part nos parents ébahis et une vieille sage-femme. Cela s’appelle la vie. On débarque sur un seuil où des gens s’amusent ou se font la gueule, on se mêle à eux un moment, puis l’on se détache du groupe, on cherche ses clés de voiture et l’on part se fracasser loin des regards."

Valentin, 50 ans, vit avec sa mère. Il a peu lu, alors qu'il travaille comme magasinier dans une bibliothèque, et nourrit un complexe d'infériorité intellectuelle. Il est fin cuisinier et amateur de bons vins. A l'orée du texte, il rencontre par hasard Marc Chalinski, chirurgien ORL. Les deux hommes ont le sentiment d'avoir été condisciples, mais ils ne sauraient dire où… Avant que Chalinski ne meure dans un accident, ils auront eu le temps de nouer un curieux rapport, Chalinski faisant appel à Valentin pour organiser chez lui des repas de fête ou garder sa luxueuse villa en son absence.

La "timidité sociale" de Valentin n'empêche pas certains succès. Des femmes se succéderont dans sa vie. Outre Rose sa mère très aimée et très encombrante, et sa patronne, la tyrannique Mme Angin, il y aura Linda Lopez, étudiante en Lettres, intéressée et perfide  ; Gaétane, névrosée  ; Manon qui ne songe qu'à "réussir"  ; Bettina, ex-femme battue  ; et enfin Tancrelle, prof de français dont Fellini est le cinéaste préféré, qui l'aidera à surmonter ses complexes...

Mais le bonheur d’un Valentin métamorphosé peut-il durer  ?

Un roman "humain", chaleureux, nostalgique, aussi imprévisible que l’est la vie, aussi guetté par la fin que nous le sommes tous  : comme un blues de nos existences trop brèves…
18,00 €
Un certain art de vivre
Grasset
Voici l'art de vivre de Dany Laferrière. Sous forme de maximes, de réflexions commentées, de rêveries, cent pages pour devenir soi-même un peu japonais.

«  J’ai voulu savoir comment les choses s’étaient passées dans cette vie où je n’ai pas cessé de bouger, souvent malgré moi. Toutes ces villes où j’ai vécu (Port-au-Prince, Petit-Goâve, Montréal, New-York, Miami, Paris, Tokyo), assez pour les intégrer en moi sans devenir sédentaire pour autant. Je suis passé, à peine étonné, du sud au nord, du rhum au vin, de l’été à l’hiver, jusqu’à devenir un cerisier en fleurs. J’ai franchi clandestinement les frontières de classes, de races ou encore celles qui séparent un pays d’un autre. J’ai accumulé diverses expériences au fil des jours ensoleillés ou pluvieux, mais je n’avais pas encoreévalué ce parcours.

L’été dernier, j’ai découvert sous forme de réflexions fulgurantes, de haïkus langoureux, de descriptions hâtives d’un lieu, d’une situation ou d’un état d’esprit, ce qui s’était passé dans ma vie durant ce dernier demi-siècle. Lecteur horizontal, j’ai choisi de vivre dans ma baignoire ou dans mon lit sans quitter l’espoir qu’une inconnue frappe à ma porte. Je note que la plupart des gens veulent savoir ce que l’écrivain cache alors que je me contente de ce qu’il tente de me faire voir.

Pour rester dans cette simplicité proche de l’enfance, j’ajouterai que je lis une page les yeux ouverts, pour la repasser dans ma tête les yeux fermés. L’eau chaude de la baignoire me permet de fuguer en regrettant de ne pas l’avoir fait à certains moments comme la fois où j'ai manqué de prendre cette petite route de terre qui m’appelle depuis si longtemps, et cela même si j’ignore où elle me mènera. J’ajouterai que c’est quand on n'a rien à faire que le temps devient précieux. Mais pensant que la vie est linéaire, je tente vainement d’en sortir en prenant le bon chemin au mauvais moment. Pour finalement comprendre que ces petites notes, comme des touches de couleur, me dessinent un portrait naïf. Ce mince livre m’aura pris plus de temps qu’aucun autre.  »

D.L
15,00 €
Les injusticiers
Grasset
Ce roman vrai gravite autour de deux personnages principaux  : Andreï Vychinski d’une part, procureur général des procès de Moscou organisés par Staline et John Parnell Thomas d’autre part, procureur de la Liste Noire à Hollywood à l’époque de la «  chasse aux sorcières  » engagée par la Commission des activités anti-américaines créée et dirigée par J. Parnell Thomas avec l’appui du sénateur Mac Carthy et du chef du FBI Edgar Hoover.

Au nom d’une justice dévoyée, tous deux ont trahi les devoirs de leur charge, traqué des innocents et déchainé la haine.

Mensonges, menaces, fausses accusations, dénonciations en rafale  : la férocité, la lâcheté et le cynisme sont communs à la Russie stalinienne de longue date et l’Amérique à l’aube de la guerre froide, les grandes figures de la littérature soviétique appelant à la mise à mort des traitres supposés comme les acteurs, scénaristes et réalisateurs américains dénoncent leurs amis pour sauver leur peau ou leur gagne-pain.

Notables soviétiques, mafieux américains, scénaristes et acteurs hollywoodiens, espions et truands sont les «  héros  » de cette épopée de l’abjection que le scénariste Dalton Trumbo a appelée l’ «  ère du crapaud  ».

L’infâmie du grand nombre ne fait apparaitre que plus héroïque la résistance de quelques-uns (réunis au «  Comittee for the First Amendment  » qui comprend notamment Brecht, John Huston, Billy Wilder, Gene Kelly, Rita Hayworth, Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Bette Davis, Henry Fonda…)

Le destin des deux anciens procureurs converge lorsque Vychinski, nommé représentant permanent de l’Union soviétique au Conseil de sécurité de l’ONU après la mort de Staline et menacé par la haine vigilante de Malenkov, prépare sa défection à l’Ouest en écrivant ses Mémoires qu’il s’apprête à remettre à… J. Thomas Parnell, devenu éditeur après s’être retrouvé emprisonné en compagnie de deux scénaristes qu’il avait fait condamner… Mais ils ne se rencontreront jamais, Vychinski mourant brutalement à New York en 1954 avant de mettre son projet à exécution.

Fondé sur des archives retrouvées et des rencontres personnelles, ce roman raconte une tragédie humaine hantée par la question  : qu’est-ce que la justice  ? Et que devient la Loi quand elle est aux mains des injusticiers  ?
20,90 €
Sensibilités
Grasset
Il était une fois une femme qui avait décidé de faire le BIEN. Et c'est toujours bien de faire le BIEN, n'est-ce pas ? Cette femme travaillait dans une prestigieuse maison d'édition cotée en bourse, Feel Good était son nom. Chez Feel Good, on tenait par-dessus tout à ce que les actionnaires et les lecteurs soient heureux et calmes. Oui, on y mettait un point d'honneur. Mais, après tout, être heureux et calmes n'est-ce pas ce que nous voulons tous ? Cette femme, celle qui voulait faire le BIEN, se disait que les livres devaient être la première étape du chemin qui mènerait au bonheur. Déterminée, méthodique, rigoureuse, elle avait décidé que sa mission serait de nettoyer chaque mot de chaque texte pour que plus jamais personne ne soit heurté dans sa sensibilité. Corriger, à la source, chaque manuscrit dans un esprit Feel Good afin que tout le monde se sente bien, confortable. Se sentir bien, c'est important, n'est-ce pas ? Désormais, la seule et unique question qui la guiderait serait : est-ce que ce texte, cette phrase, ce mot peut être source d'inconfort ? Car l'inconfort n'était pas bon pour les lecteurs, pas bon pour les actionnaires, pas bon pour la vie sociale, il n'était pas Feel Good. Et être Feel Good c’est ce que nous voulons tous, n’est-ce pas? Mais on n’efface pas les maux de la société comme on efface les mots des manuscrits. Dehors, le monde est en colère, chaque jour apporte son nouveau lot de violence, de haine, de racisme… Être Feel Good ? Quitte à se laisser aveugler par le soleil du Bien et retirer des rayons les livres qui dérangent ? Quel en sera le prix  ?

Dialogues hilarants. Situations justes et si souvent vraies, où l’ironie se mêle à la tendresse moqueuse. Une fable sur notre temps.
18,00 €
L'Arrestation
Grasset
«  A neuf heures, je suis descendu de chez moi. Un soleil pâle égayait les trottoirs. J’ai repéré une voiture blanche sur le trottoir d’en face. Quatre hommes en sont sortis. J’ai pensé  : «  On dirait des flics  ». C’étaient des flics.  Ils m’ont entouré, ont exhibé des cartes barrées tricolore. L’un d’eux a dit  : «  Brigade criminelle.  »

Filé et écouté par la police d’août 1983 à mars 1984 après avoir été dénoncé par lettre anonyme dans le cadre de l’enquête sur le groupe Action Directe, Dan Franck est incarcéré à la prison de la Santé le 17 octobre 1984, date anniversaire de ses 32 ans.

Depuis, il n’a cessé d’interroger cet événement qui a matraqué sa vie. Pourquoi cette arrestation  ?  Croisant  les rapports de filatures, les interrogatoires de la Brigade criminelle, ses carnets de prison, ses souvenirs d’enfant de mai 68, il achève son enquête sur un ultime témoignage  : celui du policier qui l’a arrêté et interrogé quarante ans plus tôt.

Dès lors, la boucle est bouclée  : il peut enfin écrire, sous toutes ces facettes, cette aventure qui bat comme le cœur secret de son existence.
20,00 €
Plaidoyer pour le rêve
Grasset
«  Je n’ai jamais su guérir de mon penchant pour le rêve. Peut-être y étais-je prédestiné.  Fagus, le mot latin à l’origine de mon nom, ne veut pas seulement dire  hêtre, mais aussi  fées.  Le rêve a toujours demandé un effort, un arrachement à la crudité des choses. De nos jours, à l’heure des pandémies, des catastrophes naturelles et de l’intelligence artificielle, cette activité en deviendrait presque héroïque…  »

A la recherche de son père, homme de papier et de mots disparu trop tôt, Samuel Dufay puise dans ses souvenirs réels ou fantasmés, et nous conduit dans un Paris secret, loin de la vie numérique, où les cabines téléphoniques jouxtent les kiosques à journaux. Jeune hussard du «  futur bon vieux temps  », mélancolique et souriant, il emprunte les chemins d’Antoine Doinel, de Nestor Burma et les couloirs des rédactions qu’il imagine encore enfiévrées. Il y cherche l’aventure, la fulgurance, le coup de foudre, mais aussi l’appartement de la rue Lamarck où a grandi son père, la maison de vacances du Pays basque et, désormais, le cimetière… Les êtres partent mais il nous reste les mots, pour ne jamais dire adieu tout à fait. Des pages douces et tristes, comme un dessin de Sempé.
14,00 €
Le jour des caméléons
Grasset
Une île  : Maurice, la narratrice du roman. Quatre personnages  : un oncle las de la vie, sa nièce, unique lumière pour lui, une femme qui vient de quitter son mari, un chef de bande assoiffé de vengeance.

Une journée où tout va exploser  : la cité, les haines, peut-être l’île. Enfin, d’étranges animaux qui attendent patiemment que les humains finissent de détruire ce qui leur reste  – leur humanité, leur foyer  – pour vivre seuls, en paix  : les caméléons. Unité de lieu, de temps, d’action. Le compte à rebours est lancé, le drame peut commencer.

Mais reprenons. Le roman s’ouvre, la ville est à feu et à sang. Zigzig, le caïd meneur, tient dans ses bras une fillette ensanglantée. Les plus pauvres viennent de s’attaquer aux plus riches dans le centre névralgique de l’île  : le shopping center, désormais en ruines. Au loin, un volcan gronde. Comment en sommes-nous arrivés là  ? Quelques heures plus tôt, Zigzig partait avec les siens attaquer ses rivaux tandis que Sara regardait danser une femme libérée sur une plage abandonnée. L’île rembobine et nous raconte. On suivra tour à tour chacun des personnages jusqu’à ce que leur destin se mêle. On remontera aussi le cours de l’Histoire pour comprendre comment les peuples, les servitudes et les logiques du monde moderne ont saccagé cette terre de merveilles et divisé ses habitants.

Avec sa langue tour à tour tendre et ironique, tranchante et poétique, Ananda Devi nous emporte dans un roman impossible à lâcher pour nous plonger dans le chaos des hommes. Le destin est en marche. Mais dans cette histoire-là, ceux qu’on croit les plus féroces seront peut-être les seuls héros.
20,90 €
De la main d'une femme
Grasset
Il y a 230 ans, le 13 juillet 1793, Marie Anne Charlotte de Corday d’Armont, 24 ans, assassinait l’ami du peuple Jean-Paul Marat. Quatre jours plus tard, elle était guillotinée.

Figure aujourd’hui figée des manuels scolaires, «  ange de l’assassinat  » pour Lamartine, qui était vraiment Charlotte Corday  ? Jeune femme fragile instrumentalisée par les forces de la réaction  ou héroïne en quête de liberté  ? Criminelle aveugle ou redresseuse des torts de la Révolution  ? Martyre,   bourreau, féministe avant la lettre  ?

Lointaine cousine fascinée par cette parente, Astrid de Laage s’est plongée dans l’histoire. Elle interroge son propre rapport à la noblesse, au lignage, aux contraintes sociales si oppressantes pour une jeune femme du XVIIIe siècle. Et elle retrace le chemin qui aura mené Charlotte de Caen jusqu’à Paris, ce fatal soir de juillet. Imprégnée de littérature antique et d’idéal romantique, républicaine proche des Girondins, révulsée par la tyrannie sanguinaire qu’illustre Marat, Charlotte passe à l’action. Elle assumera totalement son geste, affrontera sur l’échafaud la haine populaire, persuadée de sauver son pays.

Astrid de Laage donne une présence sensible à Charlotte mais aussi à Marat et aux femmes qui l’entourent. Elle raconte une journée comme les autres du Paris révolutionnaire, la frénésie urbaine, la tension brûlante qui anime Charlotte au fil de son périple, les souffrances d’un Marat éreinté par la maladie, les craintes de ses proches, les violentes critiques dont il est l’objet. Elle rend aussi à la jeune femme le mystère qui est le sien. Car de ce choix ultime, suicide pour la cause, volonté sans faille, nul ne peut mesurer la profondeur et l’enjeu personnel. Pour sa cousine contemporaine, mesurant les forteresses qui enfermaient les femmes de l’époque, Charlotte n’a pas le choix. Seule possibilité pour sortir de sa condition  : la violence. Se perdre pour exister. Ou faute de ne pouvoir exister autrement.
19,50 €
Le choix du roi
Grasset
Jusqu’ici Maxime était le fils parfait. Aîné brillant, garçon sportif, à 20 ans il s’apprête quitter le foyer toulonnais pour intégrer Polytechnique quand sa cadette, Lisa, enchaîne les colorations capillaires, les piercings et les affronts, au point de décourager sa mère. "Le choix du roi" se vantait jusqu’ici Fabien, leur père. "Un fils en or" clamait Karine. Jusqu’à cette nuit de juillet.

Le 8 au petit matin, Maxime réveille sa mère. Il sent l’alcool, sa chemise est pleine de sang. Il vient de renverser une fille en rentrant d'une soirée. Il l’a laissée sur le chemin où le choc l’a tuée. Avant que le jour vienne, Maxime demande à Karine de se débarrasser de la chemise et de garder entre eux leur macabre secret.

Avant, pendant, après, Laurence Lieutaud rembobine puis accélère le temps en nous faisant vivre les jours qui ont précédé et qui suivent l’accident, du point de vue de différents personnages  : la mère de Maxime, la soeur de Maxime, la mère de la victime. A mesure que les policiers mènent l’enquête, Karine découvre son fils sous les traits d’un monstre froid plus occupé à jouer et tuer des soldats sur son ordinateur qu’à penser aux familles qu’il a brisées.

De la première ligne à la dernière, Laurence Lieutaud nous fait traverser les enfers de ses personnages. Certains se débattent dans les filets de la culpabilité et de la peine, d'autres essaient de percer la vérité. Un tel secret peut-il être ainsi enfoui ?
20,00 €
Qui a tué Spinoza ?
Grasset
Et si derrière la mort de Spinoza se cachait, non une santé fragile, mais un assassinat ? Quand Baruch Spinoza s’éteint à seulement 44 ans, en 1677, à La Haye, il laisse dernière lui une œuvre philosophique révolutionnaire mais aussi des énigmes. Qui est cette mystérieuse personne qui lui a rendu visite le jour de sa mort ? Et pourquoi des lettres et des manuscrits inédits ont-ils disparu de son secrétaire ? A qui donc profite le crime de cette mort étrange ? Catholiques, protestants, monarchistes, juifs, adversaires théoriques, Français, Hollandais… de son vivant, le philosophe ne manquait pas d’ennemis.

Nous voici plongés dans la Hollande du XVIIe siècle, carrefour de tous les savoirs et du commerce, terre de paix et de tolérance où Juifs, catholiques et protestants pratiquent librement leur culte. Mais l’équilibre est fragile et les passions nombreuses. On se méfie de Spinoza, trop libre, inclassable. Sa philosophie dérange autant qu’elle fascine, en cette époque où les guerres de religion déchirent l’Europe : Dieu n’est pas une personne mais la Nature. Il n’y a ni providence, ni miracles, ni paradis, ni enfer, ni immortalité de l’âme. Autant de propositions qui défient l’ordre social et céleste. Du sommet de l’État au presbytère en passant par la Synagogue et les cercles de pensée concurrents, tout conspire, en secret, pour faire taire ce génie séditieux.

Dans ce thriller philosophique et historique d’une grande exactitude, Jean-François Bensahel nous fait marcher dans les traces de Spinoza, à travers les complots et les mystères d’une Europe à feu et à sang, où les querelles d’idées sont souvent les plus meurtrières. Un roman incisif et haletant.
20,00 €
Un été chez Umberto Eco
Grasset
Apostille au livre d’entretiens entre Umberto Eco et Jean-Claude Carrière dont Jean-Philippe de Tonnac avait été l’initiateur obstiné et l’accoucheur inspiré, publié en 2009 sous le titre N’espérez pas vous débarrasser des livres et traduit depuis dans vingt-six langues, Un été chez Umberto Eco nous fait pénétrer dans les coulisses des rencontres, nous livrant à la fois le portrait des protagonistes, la description des lieux, la nature des conversations - bref, tout le « hors champ » de ce que le premier ouvrage ne pouvait révéler, et les perles de conversation qui n’avaient pu y être retenues.

Nous assistons ici à la danse de séduction de l’auteur auprès des deux monstres sacrés pour les convaincre de dialoguer sur les cinq mille ans d’histoire du livre, du papyrus au fichier électronique ; la visite initiatique à Milan où le «  Professore » ouvre au profane sa « salle des coffres », collection de livres rares consacrés aux sciences occultes, fausses, farfelues, et aux langues imaginaires ; les premières journées de travail chez Jean-Claude Carrière à Paris ; et enfin cet été à Monte Cerignone, la maison de vacances d’Umberto Eco, où tout crépite et étincelle, du salon des joutes oratoires à la piscine et des promenades aux repas.

Quel est le plus beau livre du monde ? Pourquoi un livre est-il un incunable avant le 31 décembre 1500, un « simple » livre après ? Le collectionneur passionné est-il davantage guidé par la quête ou par la possession ? En quoi la bêtise est-elle fascinante et quelles en sont les différentes formes ? Pourquoi le livre va survivre à toutes les métamorphoses induites par la technique et en quoi est-il, pour l’éternité, un vecteur de liberté ?

Voici quelques-unes des questions qui parcourent cet ouvrage où deux puits de culture et d’esprit rivalisent de gai savoir, d’érudition joyeuse, de plaisirs des sens et de l’esprit. Un vade mecum délicieux par nos temps d’obscurantisme galopant.
18,50 €
Intrigue à Brégançon
Grasset
Pénélope, la fameuse enquêtrice-conservatrice du Mobilier national, reçoit pour mission de moderniser le fort de Brégançon. Elle y est rejointe par son éternel amoureux, Wandrille, le pigiste qu’elle entraîne dans le plus improbable rôle d’adjoint au cours de ses enquêtes. On leur annonce l’arrivée d’un chef d’État étranger, opéré à l’hôpital de Nice, qui doit passer une semaine de convalescence. Ce qui s’annonçait comme un séjour paisible se transforme en une rocambolesque aventure. Quel mystérieux lien peut-t-il y avoir entre le paisible fort servant de résidence d’été aux présidents de la République française et la Résistance  ?

Une guide-conférencière amie de la mère de Pénélope passionne les visiteurs en racontant les parties de pétanque qui s’y jouaient entre le couple Pompidou et Françoise Sagan, mais aussi comment, à la fin de la guerre, un certain capitaine de Leusse, résistant à la tête d’un petit groupe d’hommes, a pris ce bastion aux Allemands. Et c’est cette inoffensive savante que l’on retrouve poignardée dans la cour intérieure d’un lieu parfaitement clos relié à la côte par une digue très surveillée  ! Le suspect  ? Wandrille, qu’un détail stupide semble accuser. Pour le défendre, Pénélope va s’intéresser aux secrets du fort. De quelle infirmation cruciale la guide était-elle la dépositaire  ? Pourquoi le général de Gaulle a-t-il voulu doter la présidence de cette résidence balnéaire - où il était impossible de se baigner  - et où lui-même ne résida qu’une nuit ? A quoi sert réellement le fort de Brégançon  ?

Pour écrire ce roman, Adrien Goetz a reçu l’autorisation exceptionnelle de visiter l’intégralité du fort, des appartements privés du président aux caves creusées dans le rocher. Il a eu accès aux très discrets entrepôts où, aux environs de Paris, sont conservées les pièces du Mobilier national qui en proviennent. Il a parlé aux descendants du capitaine de Leusse. Une aventure de Pénélope où se mêlent histoire de l’art et grande Histoire.
19,50 €
Le diable bat sa femme
Grasset
Maximilien Zorn, avocat parisien, est convoqué par Jupiter, son ami d’enfance et son ex beau-frère, devenu président de la République.

A quelques mois de la campagne en vue de sa réélection, Jupiter a reçu de Bébé, un amour d’adolescence, un message menaçant  : elle prétend avoir été violée par lui à l’époque, ce qui pourrait lui valoir une convocation par la Haute Cour de la République et anéantir sa réputation comme sa carrière.

Il ne peut mettre dans la confidence aucun service de l’Etat et compte sur Zorn, qui fut lui aussi l’amant de Bébé dans leurs années étudiantes,   pour résoudre une énigme  : pourquoi Bébé le menace-t-elle de révéler un crime qu’il n’a jamais commis  ?

Bébé est-elle vraiment à l’initiative de cette menace  ? Est-elle l’instrument d’une déstabilisation politique venue de l’Est, puisqu’elle vit désormais avec un oligarque russe  ?

Sursauts, rebondissements et coup de théâtre final  : ce court roman haletant, mené tambour battant, nous plonge à la fois dans les coulisses du pouvoir et les travers d’une époque où tout soupçon vaut preuve.

Avec humour et légèreté, Stéphane Denis nous livre une satire politique acerbe et interroge les valeurs de notre société.
17,00 €
Le bâtard de Nazareth
Grasset
Quelle a été la vraie vie de Jésus  ?

À Nazareth, au début de notre ère, deux très jeunes enfants jouent dans la rue. «  Mamzer  !  » lance l’un à son camarade. «  Bâtard  !  ». Personne, dans le petit village de Nazareth, n’ignore que Marie a fauté avec un légionnaire romain. Elle est une fille-mère, rejetée et méprisée. Jésus comprend pourquoi, tout autant qu’elle, il sera à jamais exclu de sa communauté  : telle est l’exigence de la loi juive à l’égard des bâtards.

Grandissant, Jésus n’a d’autre entreprise que de réformer cette règle d’exclusion. Jusqu’au jour où il rencontre un autre mamzer. Outre d’être un bâtard, Judas est laid, brillant, et révolutionnaire. Il a un plan. S’appuyant sur le beau, non moins brillant, et réformateur Jésus, il met en marche sa vengeance. Quelle est la part de sincérité, quelle est la part de calcul de ces deux jeunes hommes parcourant la Palestine avec un message d’inclusion  ?

Un roman audacieux, étonnant, passionnant, qui réinterprète la vie de Jésus dans ses plus grands épisodes. Sa présentation aux docteurs de la loi, son sermon sur la Montagne, la multiplication des pains, les quarante jours dans le désert, tant d’autres moments de la culture religieuse universelle sont revisités à l’aune de l’inguérissable blessure d’enfance de Jésus et de sa relation aussi fructueuse que dangereuse avec Judas.
19,00 €
Mensonges au paradis
Grasset
« De l’âge de 6 ans à celui de 20 ans, j’ai passé toutes mes vacances dans un Home d’enfants situé dans une vallée paradisiaque, en Suisse. Une vie à la dure, des heures de marche dans la montagne, des punitions, des frites : tout me plaisait. Le chalet était tenu par Karl et Anne-Marie Ammann, avec leurs enfants Patou et Vava. Ils ont été ma famille d’adoption alors que mes parents étaient absents. Trente ans après, je suis retournée dans la vallée. Je l’ai retrouvée intacte. J’ai commencé à écrire un livre, je souhaitais qu’il soit tendre et pur comme ce passé. Et voilà que commençant ce livre, j’ai appris qu’il y avait eu mensonge au paradis.  Patou était en prison pour escroquerie, il avait passé sa vie à mentir et à voler. Sa sœur Vava, mon amie d’enfance, souffre de délires paranoïaques. Elle est schizophrène, ne sort plus de chez elle, passe ses journées sur les réseaux sociaux. Sidérée, j’ai enquêté de manière obsessionnelle. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi ont-ils renoncé à la réalité pour vivre au pays du mensonge ? Mais répondre à ces questions n’était pas suffisant. Pour écrire enfin la vérité, avoir la force de l’accepter, il fallait que je me regarde en face. Pourquoi, alors que j’avais été si heureuse dans cette vallée, n’y étais-je jamais retournée ? Il a fallu que je termine une première fois ce livre pour admettre mon aveuglement. Moi aussi je mentais. En enquêtant sur le passé des autres, j’ai pu ouvrir les yeux sur le mien. Je devais tout réécrire, en acceptant la face triste de ma propre enfance, la face violente de ma vie d’adulte. Est-ce que mes livres précédents n’étaient pas des fictions alors que j’avais l’ambition d’écrire la vérité ? S’il faut « un cœur d’airain » pour accepter la réalité, j’étais enfin prête à le faire. »

Colombe Schneck
18,50 €
Retrouver Fiona
Grasset
«  Le 12 mai 2013, Fiona, 5 ans, disparaît à Clermont-Ferrand, juste à côté de chez moi. Quatre mois plus tard, sa mère, Cécile Bourgeon, avoue en garde à vue que l’enfant est enterré près d’un lac de la région. Elle accuse son compagnon, Berkane Makhlouf, d'avoir frappé sa fille. Le corps ne sera jamais retrouvé.

L’affaire Fiona commence là, suit un procès, puis un autre, un autre et encore un autre. La presse s’en est emparée, la vox populi aussi  : le mal accompli n’a pas de sens, on en cherche quand même. Les derniers jours de Fiona font l’objet d’enquêtes, de fantasmes, d’interrogations sans fin.

L’affaire m’intrigue d’abord comme n’importe quel Clermontois. Quand l’aveu vient briser l’image de la mère éplorée et la remplace par celle d’une mère soupçonnée de coups et de meurtre, je me sens touchée de façon singulière. Ces vies résonnent avec la mienne. Fascinée, j’assiste aux procès, je prends des notes, puis au fil des séances, je me rends compte que je fais partie de cette histoire. Depuis ma propre survie aux coups que j’ai reçus, depuis mes embarras à être mère, je perçois le processus qui mène à la mort de Fiona.

Depuis neuf ans je vis avec ce drame. J’essaie de comprendre les mères, comprendre la violence, comprendre l’enfance vulnérable et le huis clos de vies qui semblent condamnées à souffrir ou à faire souffrir si personne ne vient rompre cette fatalité. Car l’affaire révèle aussi comment le mal échappe autant à ceux qui le jugent qu’à ceux qui le commettent.  »

Dalie Farah

Autour d’un des pires faits-divers de ces dernières années, une enquête littéraire et personnelle qui plonge aux racines de la violence. On ne pourra pas Retrouver Fiona, mais on ne pourra jamais l’oublier.
20,90 €
Picasso tout contre Cocteau
Grasset
Mon premier est espagnol : trapu comme un taureau, peintre précoce et surdoué, il arrive à Paris en 1900. Il y travaille d'arrache-pied, invente des formes nouvelles, s’en lasse vite aussi. Charismatique, il s'entoure de rapins fascinés et de poètes qui chantent ses louanges et font de lui le prophète du mouvement moderne. Il n’a en apparence besoin de personne et impressionne tout le monde. Mon second est français : silhouette d'elfe et talents multiples, il écrit, dessine, coud des costumes et fabrique des décors dès l'enfance. Lui évolue plus lentement et fréquente les salons pour trouver les modèles qui l'aident à s’inventer par imitation. Survient la guerre de 14. Le caméléon de 26 ans comprend que plus rien ne sera comme avant et fait tout pour approcher l'Espagnol de dix ans son aîné. Ainsi Cocteau rencontra Picasso. Ce livre est l'histoire de leur longue amitié.

De leur premier rendez-vous en 1915 à la publication de Picasso de 1916 à 1961, l'un des tous derniers livres de l'écrivain, de leur première dispute qui leur servira de schéma directeur (Picasso blesse un Cocteau incapable de ne pas lui pardonner) à la mort de ce dernier en 1963, et de Paris à Vallauris en passant par Rome et la villa Santo-Sospir, Claude Arnaud survole cinquante ans de leurs vies en éclairant les liens intimes qui les unirent. Deux créateurs peuvent-ils œuvrer ensemble en s'aimant ? Comment un être aussi laconique et cruel que Picasso aurait-il gardé près de lui Cocteau s'il n'avait été ébloui par son intelligence ? En 10 chapitres serrés, menés tambour battant, Claude Arnaud répond avec virtuosité, intelligence et affection, et montre comment l’un l’autre se sont soutenus, nourris, aimés et détestés, avec sincérité.

Prix André Malraux 2023 de l'essai d'art et prix Khöra de l'Institut
20,90 €
Les quatre vies d'un amour
Grasset
Voici le roman vécu d’une communion des âmes et des corps, d’un amour clandestin, insulaire, cérébral et tragique puisqu’il s’interrompt brutalement par la mort de la femme aimée, sur une plage, après qu’elle a porté secours à un enfant qui se noyait.

Une brûlante et poignante valse à quatre temps, ou une symphonie en quatre saisons : l’idylle, l’amour, les retrouvailles, puis l’absence. Une passion de sept années, saisie sur le vif de quatre carnets de voyages effectués sur les pas de Lou Andréas Salomé. Avec Nietzsche à Sils Maria, avec Rilke à Duino, avec Dostoievski à Saint Petersbourg, puis dans le brutal désert des années de deuil, quand le narrateur tente de comprendre la tragédie qu’il vit, ce « Nous » qu’elle et lui furent, et comment tout ce à quoi ils ont voulu échapper a fini par les rattraper.

Le narrateur déchiffre l’énigme de ce qui l’attache à cette femme déjà plusieurs fois mariée, déjà plusieurs fois mère, lourde de ses secrets et de ceux des patients qu’elle analyse ; de ce qui l’en a détaché ; de ce qui les a fait se retrouver. L’énigme d’une femme complexe, aux prises avec ses contradictions, ambivalente quant à son époque si peu freudienne ou le milieu intellectuel qui est le sien, une femme éperdue de liberté qui pressentait sa fin prochaine.

Le narrateur ne s’épargne pas et traque les signes qu’il n’a pas su lire, les indices de la mort qui la travaillait avant de l’emporter. La vie qui se prolonge après qu’elle s’est éteinte. La clandestinité qui se retourne en occultation quand personne ne veut plus vous savoir veuf, puisque c’est à la famille officielle que va la compassion.

Point de pensée magique ici : dans un style étincelant, une tentative d’élucidation au scalpel du mystère d’une relation magnifique, de l’amour buissonnier, d’une longue conversation que la mort interrompt mais que la littérature poursuit à l’infini.
22,00 €
Une nuit particulière
Grasset
«  J’avais envie d’amour. Envie d’une grande nuit d’amour. D’une rencontre. De ce moment étrange, poétique parfois, qui change le cours de l’eau d’une vie.

Je voulais comprendre jusqu’où l’on peut aimer, jusqu’où l’on peut aller vers l’autre et ressentir que chaque pas est un choix. Je rêvais d’entendre à nouveau quelques airs d’opéra, des arias de douleur et de beauté, et retrouver ces hommes et femmes capables de se jeter dans le vide par amour. Parce que c’est vivre sans amour qui est l’enfer.  »

G.D.

Elle s’appelle Aurore. Et pourtant c’est au crépuscule qu’elle rencontre Simeone, un soir d’automne, à Paris, aux abords du local d’un groupe de parole. Elle quitte une réunion, lui arrive pour la suivante. Il attend, l’observe, intrigué, mais c’est elle qui s’adresse à lui. Le temps d’une cigarette, la conversation s’engage.

Après trente ans d’amour fou, Aurore sait qu’elle va être quittée par son mari. Simeone a la gorge mangée par un crabe, il lui reste peu de temps à vivre, il refuse de lutter et sa femme a peur. Alors les deux inconnus s’avancent ensemble dans une nuit qui ne ressemblera à nulle autre, des rues de Paris à un bar de nuit, d’une chambre d’hôtel à un aller-retour en taxi vers Roissy et une évasion vers les rivages de l’aube. Première ou dernière nuit, tous deux l’ignorent. Ils ne sont sûrs que d’une chose  : au matin, après cette bouleversante nuit d’amour, rien ne sera plus jamais comme avant. Car l’amour ne s’écrit jamais à l’avance.

Romanesque, poétique, fulgurant  : un magnifique roman d’amour.
19,00 €
Femmes sur fond blanc
Grasset
Le narrateur de ce roman s'appelle Paul Gauguin. Comme celui qu’on connaît, il est peintre et décrié. Mais à la différence du chef de file de l’école de Pont-Aven, il naît le 7 juin 1968, et s’envole vers la Thaïlande au début des années 1990, à Bangkok précisément, pour créer et se refaire une vie loin des Beaux-Arts d’Occident. Comme le postimpressionniste toutefois, ce sont des femmes qu'il peindra, et certaines sont très jeunes. Pour cela, bientôt, on le vouera aux gémonies. En attendant, il nous raconte son histoire.

Son histoire, c’est d’abord celle d’un enfant, fils d'un père animal et d'une mère plus tendre, qui grandit à Noisy dans la banlieue est de Paris, étudie, se met à peindre, se creuse une place dans l’art jusqu’à son premier voyage vers l’Asie du Sud-Est dont il ne reviendra jamais. Son histoire se mêle alors à celle de Bangkok, ville aux mille récits que ses habitants, locaux, prostituées, touristes ou artistes réfugiés, écrivent jour et nuit. Celles de ses quartiers, ses  districts, et que Paul nous rapporte comme des contes urbains, fables parfois mystiques. Mais son histoire, surtout, c’est celle de Tip, prostituée royale dont il tombe amoureux et dont la peau semble faite d’une lumière qu’il lui faudra rendre sur la toile et le film - ou bien crever à jamais. C’est celle des femmes d’après, qu’il croquera sans cesse  pour traduire, par les pigments, les vidéos, les gestes, les regards et les airs, l’Art qu’elles incarnent - et qui ailleurs est mort.

De 1990 à nos jours, on le suit, dans les ruelles de cette ville violente et sensuelle, les récits de ses anonymes ou ses stars de bars, ses œuvres et ses passions. C'est un voyage lointain, le récit d’un Ulysse singulier, exilé en terre thaïlandaise, dont les pinceaux sont les armes, comme les mots celles de Jean-Noël Orengo. Réflexions sur la culture de l'effacement, tentative d'épuisement d'un lieu mythique, roman intime et chef d’œuvre de style,  Femmes sur fond blanc  signe son grand retour. Après  La Fleur du Capital, il revient en Asie pour peindre avec minutie la fresque flamboyante d'un peintre admiré puis maudit.
24,00 €
Le monde d'avant
Grasset
«  Je paie ma dette. Le petit garçon qui regardait est devenu l’homme qui se souvient. J’ai désormais atteint l’âge de mon grand-père lorsque je le côtoyais dans mon enfance. On croit parfois conquérir avant de comprendre que l’on retrouve. J’écris ici comme un être de la mémoire secondaire qui a vécu quelques étés d’avant dans un monde finissant. Sans ces fantômes, la main qui paraphe ne grifferait qu’une page blanche. Ces pauvres m’ont fait riche. J’ai le souci de ne pas décevoir leur digne passé.  »

A partir de la figure de son grand-père, Marc Lambron revisite une France perdue dans un texte bref qui a la densité d’un tombeau et la beauté d’une élégie.

Pierre Denis nait en 1902 à Imphy, sur les bords de la Loire, dans la grande campagne nivernaise. La région, à la pointe du manufacturage des aciers spéciaux, est un des fleurons de la métallurgie française (un pied de la Tour Eiffel y sera forgé…).

Orphelin de mère à 6 ans, placé dans la fermette de sa tante, alphabétisé à la communale, Pierre devient à 16 ans Compagnon du devoir, apprenti maçon et tailleur de pierre. A son retour de l’Algérie coloniale, il est embauché aux aciéries d’Imphy. C’est en 1929 qu’il épousera Léonie Lagarde, née quatre ans après lui à Imphy dans une famille nombreuse (6 frères et sœurs), vendeuse de vêtements, garde d’enfants et ménagère. De leur union naitra en 1931 la mère de l’auteur, Jacqueline, à laquelle ses mérites scolaires vaudront une bourse d’Etat pour aller étudier dans un collège à Nevers. Militant «  rouge  » en 1936 («  on a bien le temps de pâlir  » disait-il…), Pierre sera Résistant dans la Nièvre pendant la deuxième guerre mondiale.

Les maisons, les mœurs, la subsistance en autarcie, la vêture, la pêche, le patois, la parentèle éloignée  : «  tout cela peut paraître aussi lointain que la description d’un shtetl dans la Pologne d’antan. Et pourtant j’ai encore connu ce monde  ».

Un monde dont Jacqueline,«  enfant du savoir  »,  s’éloigne en devenant institutrice à Nevers et en faisant la connaissance de Paul, fringuant élève de l’Ecole militaire qu’elle rejoindra à Lyon. De leur union naîtra en février 1957 le petit Marc, quatre ans avant la mort de sa grand-mère Léonie et vingt ans avant celle de son grand-père Pierre.
14,00 €
Madjik ou l'incertitude
Grasset
Livreurs à vélo, Diesel, Madjik et Lo sillonnent la ville à un rythme effréné, prêts à tout risquer pour quelques points sur l’appli, quelques courses supplémentaires, quelques euros gagnés. L’un a failli devenir cycliste professionnel, l’autre est un étudiant en rupture de ban, le troisième a le flow dans le sang… Trois surnoms, trois copains qui tentent de conjurer leur précarité en jouant chaque jour un peu plus avec la vitesse, tandis que se tisse entre eux une amitié improbable et profonde.

Leurs courses inlassables dessinent un étrange ballet urbain où d’autres personnages évoluent selon leur propre urgence. Kristell, quadragénaire empêtrée entre ses sentiments amoureux et l’ombre pesante de son père, descend d’avion et passe commande sur l’appli avant de sauter dans un taxi pour rejoindre la ville. A l’aéroport, son chemin croise celui d’un autre éclopé, Bassem, homme de ménage écrasé par la désolation laissée au pays. Lui attrape le RER où un individu inquiétant le ramène aux souvenirs qui le hantent.

Tous tournent, tournent et tournent à travers la ville. Si différents soient-ils, tous sont fragiles, partagent une profonde incertitude sur eux-mêmes et sur le monde comme il va. Tous étouffent et aspirent à se libérer. La mécanique de la cité toujours plus folle va-t-elle les rapprocher ou les broyer  ?

Une ronde urbaine pleine d’humanité qui nous entraîne dans un vertige étourdissant.
18,00 €
Les ombres blanches
Grasset
Emily Dickinson aurait pu ne jamais être pour nous qu’un nom étranger. Celui d’une femme, américaine, moins connue pour son talent littéraire que pour avoir passé la majeure partie de sa vie confinée chez elle. Puisqu’elle s’était toujours farouchement refusée à voir ses écrits publiés, rares sont ceux qui savaient, de son vivant (1830-1886), qu’Emily était aussi une formidable poète. Peu avant son décès, elle demande à sa sœur Lavinia de brûler tous ses papiers personnels. Mais lorsque cette dernière découvre dans sa chambre des centaines de poèmes renversant de beauté, griffonnés sur des morceaux d’enveloppes ou d’emballages, elle est à la fois sidérée et incapable de lui obéir. Jusqu’où la volonté des morts peut-elle changer l’existence des vivants  ?   Ne pas les suivre, est-ce les trahir  ? Et si les mots pouvaient faire revivre les disparus  – et celles et ceux qui leur survivent  ? Lavinia choisit la vie. Et décide de confier ces poèmes à deux femmes autrement endeuillées, d’abord sa belle-sœur, Susan, épouse de son frère, puis Mabel, maîtresse de ce dernier, pour qu’elles l’aident à les faire publier. Une ultime complice leur prêtera main-forte : Millicent, fille de Mabel, qui grâce à sa malice se révélera la plus juste lectrice de la «  dame en blanc  ». Tour à tour on les suit, Lavinia, Susan, Mabel et Millicent, dans une narration où surgit par endroits le je de l’auteure se joignant à elle pour les accompagner.

Dans ce roman profond et envoûtant, Dominique Fortier prolonge la vie d’Emily Dickinson en racontant la grande aventure qui mènera ces héroïnes anonymes à faire paraître ses poèmes pour la première fois. Texte lumineux sur le deuil, l’absence, la poésie, le pouvoir des mots et l’importance de la littérature, Les ombres blanches nous fait assister à la naissance d’une œuvre qui aurait pu ne jamais voir le jour, et à la renaissance de trois femmes. On le lit comme on observe, au printemps, le retour de la vie. Ou comme on lit la poésie d’Emily Dickinson  : avec bonheur et ravissement.
20,90 €
La mémoire de nos rêves
Grasset
Simon, la trentaine, prof en banlieue parisienne, reçoit un appel de la morgue. Franck Aubert est mort, il faut identifier le corps. Vingt ans d’une amitié étrange défilent soudain  : celle qui, depuis l’enfance, l’aura tenu lié à ce gamin frondeur, demi-gitan et orphelin de père devenu délinquant puis caïd. Franck, auquel tout l’opposait, lui, le fils de médecin à l’avenir serein. En même temps que remontent les souvenirs, reviennent les sentiments. Notamment ceux qu’il garde pour Clarisse, son premier amour et ultime pièce de cet impossible trio amical. Les funérailles de Franck lui permettent de la revoir. Ensemble, ils partent dans le centre de la France prévenir la fille et l’ex-compagne de leur ami. Un voyage au cœur de leur mémoire et des rêves qu’ils avaient.

Admirablement construit, ce premier roman nous emporte dans les couloirs du temps. Dès l’ouverture, le récit au présent alterne avec des scènes du passé, rendues, comme la mémoire le fait, de manière aléatoire. Les chapitres nous font aller et venir d’une époque à une autre et de leurs souvenirs communs et ceux propres à chacun. On traverse ainsi vingt ans d’une amitié faite de loyautés secrètes, d’espoirs et de malentendus. Et trois destins que seul l’amour pouvait lier. Avec un réalisme, une maîtrise et un style stupéfiants de maturité, Quentin Charrier déroule leurs vies pour montrer à la fois la force des déterminismes sociaux et celle des sentiments puissants. Un texte d’une justesse et d’un talent rares.
22,00 €
L'ancien calendrier d'un amour
Grasset
«  Qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance.  » (Baudelaire)

Tel serait l’esprit de cette saga lapidaire – un siècle de fureur et de sang que va traverser Valdas Bataeff en affrontant, tout jeune, les événements tragiques de son époque.

Au plus fort de la tempête, il parvient à s’arracher à la cruauté du monde  : un amour clandestin dans une parenthèse enchantée, entre l’ancien calendrier de la Russie impériale et la nouvelle chronologie imposée par les «  constructeurs de l’avenir radieux  ».

Chef-d’œuvre de concision, ce roman sur la trahison, le sacrifice et la rédemption nous fait revivre, à hauteur d’homme, les drames de la grande Histoire  : révolutions, conflits mondiaux, déchirements de l’après-guerre. Pourtant, une trame secrète, au-delà des atroces comédies humaines, nous libère de leur emprise et rend infinie la fragile brièveté d’un amour blessé.
19,50 €
La gloire des petites choses
Grasset
Comment les marchands, les industriels et les technocrates du temps présent en sont-ils venus à s’imaginer que nous pouvions nous passer de poésie ? Sans poètes, pas de mythes et sans mythes pas de société humaine digne de ce nom.

Il ne s’agit pas tant, en l’occurrence, de poésie littéraire que d’une attitude vis-à-vis de l’existence. A cette aune, il est probable, nous assure Grozdanovitch, que nombre de grands poètes n’ont jamais écrit une ligne. Pour tenter de renouer avec cette attitude, celle que nous éprouvions dans l’enfance à contempler les moindres choses du quotidien, il importe de nous déconnecter quelque peu des modes virtuels de la fausse communication.

A sa manière habituelle, vagabonde et érudite, l’auteur nous fait pénétrer dans l’univers enchanté de son anthologie poétique personnelle, fustigeant au passage avec humour les impostures de la poésie fabriquée qui occupe trop souvent le devant de la scène.

Dans le courant de pensée du *Small is Beautiful*, ce manifeste, en faveur d’une poésie qui donne un sens à l’existence et qui soude les âmes, se veut grain de sable tentant d’enrayer la marche vers l’abîme où nous entraîne un monde gravement menacé par la maladie de l’expansionnisme et l’oubli de la beauté.
20,00 €
Ce parc dont nous sommes les statues
Grasset
Les héros de ces dix nouvelles sont tous, d’une manière ou une autre, arrachés à leur vie tristement prévisible pour être soudain propulsés dans l’ailleurs.

Le mari adultère de « C’était écrit » est kidnappé lors d’un braquage dans la bijouterie où il était en train d’acheter un cadeau à sa femme pour se faire pardonner son infidélité.

Dans « Photo-mystère », un veuf gagne un soir dans un stand forain une carte postale "de charme" qui s'avère représenter son épouse morte vingt ans auparavant.

Le marchand de chaussures désabusé de« Oh Bigdata! » se voit assigner par une base de données omnipotente une  nouvelle destinée.

Avec le protagoniste d'« Ego, Ariel et moi », on découvre qu'il est possible de se procurer un double de soi-même, avec qui il faudra composer.

Dans « Résidence dernière », deux jeunes écrivains idéalistes sont confrontés au mystère effrayant de la postérité littéraire.

D’une inquiétante étrangeté et d’une formidable inventivité, ces histoires d’évasion tour à tour féériques et magiques nous transportent dans d’autres vies que les nôtres.
19,00 €
Scènes de ma vie privée
Grasset
Le roman de la femme quittée est un topos de la littérature française, plus rares sont les romans de l’homme quitté dans sa vieillesse par une femme jeune.

« Le bonheur ancien m’étouffe. Il me chasse du présent, m’interdit l’avenir » : Lucien, un romancier français de mère turque, âgé de 68 ans, est dans un état de douleur hébétée depuis qu’il a été abandonné par sa femme Zoé, éditrice romancière d’origine italienne de 33 ans.

La tristesse brouille la chronologie du passé. En chapitres brefs, Lucien reconstitue la ronde de sa petite « bande de Saint-Germain des Prés », composée de trois amis sexagénaires en couple avec de jeunes trentenaires qui se trouvent être toutes écrivaines : l’ami de jeunesse Bob, chanteur célèbre, partage la vie de la jeune russe Natacha ; les deux éditeurs de Lucien, Eric et Guillaume, vivent respectivement avec Gwendoline, slovaque d’origine congolaise et Maria, grecque.

La solitude, l’abandon, la mort qui rôde, l’écriture pour survivre, les jeux de l’amour et du hasard, les combinaisons et combinatoires possibles entre écrivain(e)s et éditeurs/trices, la folie des prix littéraires, le caractère incestueux du petit monde des lettres parisien : autant de thèmes abordés ici sur un registre tour à tour désespéré et comique par un Besson à la dévastation tonique, particulièrement en verve dans l’autodérision et le lâcher-prise, et qui garde intact son sens de la formule (« l’italienne a été mon ambulance avant d’être mon corbillard »… « la vieillesse est une adolescence sans avenir »… « la passion : comédie pas intelligente qui tourne mal »…)
19,00 €
Il n'y a pas de Ajar
Grasset
L’étau des obsessions identitaires, des tribalismes d’exclusion et des compétitions victimaires se resserre autour de nous. Il est vissé chaque jour par tous ceux qui défendent l’idée d’un «  purement soi  », et d’une affiliation «  authentique  » à la nation, l’ethnie ou la religion. Nous étouffons et pourtant, depuis des années, un homme détient, d’après l’auteure, une clé d’émancipation  : Emile Ajar.

Cet homme n’existe pas… Il est une entourloupe littéraire, le nom que Romain Gary utilisait pour démontrer qu’on n’est pas que ce que l’on dit qu’on est, qu’il existe toujours une possibilité de se réinventer par la force de la fiction et la possibilité qu’offre le texte de se glisser dans la peau d’un autre. J’ai imaginé à partir de lui un monologue contre l’identité, un seul-en-scène qui s’en prend violemment à toutes les obsessions identitaires du moment.

Dans le texte, un homme (joué sur scène par une femme…) affirme qu’il est Abraham Ajar, le fils d’Emile, rejeton d’une entourloupe littéraire. Il demande ainsi au lecteur/spectateur qui lui rend visite dans une cave, le célèbre «  trou juif  » de La Vie devant soi  : Es-tu l’enfant de ta lignée ou celui des livres que tu as lus ?  Es-tu sûr de l’identité que tu prétends incarner  ?

En s’adressant directement à un mystérieux interlocuteur, Abraham Ajar revisite l’univers de Romain Gary, mais aussi celui de la kabbale, de la Bible, de l’humour juif… ou encore les débats politiques d’aujourd’hui (nationalisme, transidentité, antisionisme, obsession du genre ou politique des identités, appropriation culturelle…).

Le texte de la pièce est précédé d'une préface Delphine Horvilleur sur Romain Gary et son œuvre. Dans chacun des livres de Gary se cachent des «  dibbouks  », des fantômes qui semblent s’échapper de vieux contes yiddish, ceux d’une mère dont les rêves l’ont construit, ceux d’un père dont il invente l’identité, les revenants d’une Europe détruite et des cendres de la Shoah, ou l’injonction d’être un «  mentsch  », un homme à la hauteur de l’Histoire.

«  J’avais 6 ans lorsque Gary s’est suicidé, l’âge où j’apprenais à lire et à écrire. Il m’a souvent semblé, dans ma vie de lectrice puis d’écrivaine que Gary était un de mes «  dibbouks  » personnels… Et que je ne cessais de redécouvrir ce qu’il a su magistralement démontrer  : l’écriture est une stratégie de survie. Seule la fiction de soi, la réinvention permanente de notre identité est capable de nous sauver. L’identité figée, celle de ceux qui ont fini de dire qui ils sont, est la mort de notre humanité.  »
14,00 €
Paris
Grasset
« La province fournit Paris en combustibles : je décidai donc de m’y brûler, et pas simplement les ailes. Je n’avais pas d’ailes de toute façon. Je n’avais rien, à part cent francs en poche et la chance, grâce à un gardien de nuit complaisant, de pouvoir dormir dans les travées de la bibliothèque du centre Beaubourg, parmi les livres. Du coup j’ai lu. A l’aube, je quittais les lieux, allant traîner mes drôles de guêtres dans les rues. Je n’avais aucune connaissance, pas vraiment d’amis, zéro petite amie. Je n’avais que moi, la solitude qui pesait sur moi, et ce ciel grand cendre au-dessus de ma tête. Je me nourrissais de grec-frites. J’ai fini par rencontrer des gens. Roger Knobelspiess, ex-lieutenant de Mesrine, m’a prêté un minuscule gourbi. J’ai vécu dans un squat. J’allais bien, je ne me plaignais jamais : j’étais heureux car je savais que vingt-cinq ans était un âge inventé pour cette misère marrante, cette mélancolie spéciale, cette errance pathétique. Je me regardais en train d’être ce que je voulais devenir, ou plutôt, je m’observais en train de devenir ce que je voulais être. Paris, c’était l’édition : j’allais donc tout donner pour faire mon trou, me faire un nom, devenir célèbre – ou finir dans le caniveau, sous la pluie battante, m’enrhumer, et mourir. J’ai surjoué tout ça, avec un zest de romantisme béat, assez content de ma condition, fier de n’être rien et de vouloir beaucoup. J’ai tapé à des portes. Des gens ont été méchants. J’ai insisté. D’autres ont été gentils.

Paris est une galerie de leurs portraits, mâtinée d’épisodes de galériens. J’ai beaucoup arpenté, beaucoup marché, beaucoup espéré, énormément souffert mais je dois dire que jamais je ne me suis ennuyé. Des instants de tragédie ? Il y en eut ; des scènes de comédie : plus encore. Vous allez me suivre ici en train de réussir et de rater, en train de séduire et d’échouer, en train de m’introduire dans cocktails et de m’y faire éjecter, en train de gagner un peu d’argent et d’en perdre beaucoup, en train de me faire quelques amis et de me fâcher avec eux, en train de rire souvent et de pleurer parfois. En train, surtout, d’oublier en moi le provincial, ce qui est toujours une erreur et mène droit au ridicule. Un Rastignac de plus parmi les pots d’échappements. Des débuts dans la vie ? Non : un commencement dans la carrière. Sauf que je n’ai jamais fait carrière dans quoi que ce soit. Voilà en tout cas, chers amis, comment tout a commencé. »

Y.M
20,50 €
Assemblées
Grasset
Lila, Estelle, Jeanne  : trois femmes dans la vie d’Antoine Polin, député quadragénaire brillant et pressé, figure médiatique du parti qui gouverne.

Après vingt ans de vie commune, Estelle, la femme d’Antoine, ne sait plus si elle a encore envie de la folle quête du pouvoir qui obsède son mari. Jeune assistante parlementaire, Jeanne s’interroge sur son désir pour cet homme qui l’attire comme une drogue et dont elle n’est que la maîtresse occasionnelle. Économiste atterrée, mère célibataire, Lila rencontre cet ambitieux  et c’est le coup de foudre. Aveuglée par la passion, elle refuse de se demander pourquoi elle a succombé à ce technocrate en costume cravate, si peu son genre.

Pendant ce temps, l’Assemblée est confrontée au cas d’un député accusé de harcèlement conjugal. Sa femme, à qui la justice a mis à disposition un téléphone grand danger, est menacée mais la loi du silence l’emporte. Jusqu’à quand  ?

Par la voix de ces femmes, et d’autres encore, le pouvoir politique apparaît comme un révélateur des mécanismes de séduction et un terreau de violences sexistes et sexuelles. Mais à l’heure de #MeeToo, les codes anciens comme les vieilles routines sontébranlés.

Amoureuses d’un même homme, parfait mâle alpha, trois femmes libres et entreprenantes font face à leurs contradictions en évoluant avec la société, ses pesanteurs et ses changements. Une comédie des sentiments aiguisée et tendre, par une observatrice sagace des mœurs politiques. Vif, réjouissant, engagé, étonnant  : un premier roman qui est une réussite.
20,00 €
Romance
Grasset
Après la naissance de son fils Simon, Jeanne comprend peu à peu que son mari s’éloigne, ne l’aime plus tout à fait. Ils décident ensemble d’une vie amicale. La géographie de ce pacte est à la lisière de la comédie  : un seul palier, deux appartements, une vie amoureuse libre, faste pour Pierre, que la narratrice surveille et jalouse. Une façon d’être ensemble, longtemps, jusqu’à ce que Simon grandisse. Comme il s’apprête à quitter la maison, la narratrice voit son monde chamboulé.

Jeanne parvient à s’arracher à cette promiscuité toxique en louant un appartement meublé dans une vieille bâtisse au charme mystérieux, située dans un quartier étrangement familier, où l’accueille une petite fille, Romance.

C’est là que vont lui revenir les souvenirs de sa propre enfance cassée  : la mort brusque, soudaine et insupportable de son père, la terrible maladie qui la cloue à l’hôpital à l’âge de 10 ans avec une armée d’enfants menacés mais surtout la passion dévorante et chimérique qu’elle projette sur le médecin qui la soigne. La voici incarcérée durant plus de sept ans dans un amour obsessionnel et inavouable pour un homme quatre fois plus âgé qu’elle, le poids du secret alourdissant son corps de toutes les larmes qu’elle ne verse pas…

A l’âge où les sentiments se mêlent, dans la pureté et parfois la confusion, Romance se blesse, aime, découvre. Où donc sont passés Pierre et leur fils  ? Et cette maison ancienne, faut-il vraiment y vivre, ou simplement la traverser  ? Entre Marcel Aymé et Henry James, Anne Goscinny, dont les mots parfois crépitent, nous font rire, hésiter, ou pleurer, nous livre ici son roman le plus accompli.
17,50 €
Sans départir
Grasset
« J’avais 21 ans, j’étais seule avec Andy Warhol à la Factory. Il me lance : ''Diane, tu dois te mettre à écrire ton journal'', je le regarde  : ''Je n’ai que 21 ans, j’ai déjà un pied dans la tombe, tu veux que j’y mette les deux  ?'' Réponse de Andy : ''Just do it.'' »

Quitter le luxe de l’avenue Foch, les dorures des châteaux lorrain et portugais, les jardins à l’anglaise, les dizaines de domestiques, les robes à smocks et autres excentricités aristocratiques familiales  ? Il en faudrait plus pour effrayer Diane, la petite dernière des princesses Beauvau-Craon, qui débarque dans un New-York en pleine effervescence artistique.

Bien décidée à mener une existence hors du commun, elle devient à 18 ans, en 1973, l’apprentie de Roy Halston, le Yves Saint Laurent américain, avant de créer elle-même sa collection de vêtements. Très vite, elle est l’une des plus étonnantes figures du milieu underground new-yorkais. Ivre de vin blanc et de cocaïne, elle écume les boîtes de nuit en compagnie de Warhol et Mapplethorpe, avec qui elle se lie d’amitié. De la Factory au Studio 54, en passant par les grands défilés de mode, elle côtoie tous les artistes mythiques des années 1970-1980  : Mick Jagger, John Lennon et Yoko Ono, Margaux Hemingway, Diana Vreeland, Timothy Leary... Dans cet univers de paillettes et d’acide, Diane vit à cent à l’heure.

De rencontres exceptionnelles en péripéties romanesques, des affres de la dépendance aux années sida, Diane de Beauvau-Craon dresse le portrait d’une époque libre. Sans départir sont des mémoires généreux où le faste ne va pas sans légèreté. Une ode à la vie, pleine d’humour et de tendresse pour un monde aujourd’hui disparu.
22,00 €
Tu seras mon père
Grasset
Vérone, 1978. Renato, sept ans, entretient avec son père une relation merveilleuse, que bouleverse l’enlèvement de l’homme d’affaires par un commando des Brigades rouges. Lorsqu’elles le relâchent après paiement d’une rançon, il n’est plus qu’une ombre. Laminé, honteux, il met fin à ses jours. Renato et sa mère s’exilent en Suisse. Le jeune garçon y développe le goût des hautes cimes et celui du théâtre, où il excelle. Mal entendant, il se sent à l’aise dans cet univers où les mots sont connus par avance et où son handicap peut être caché. Dix ans plus tard, pour sa dernière année de scolarité, il est inscrit dans un internat de Lausanne. Il y vit des moments difficiles, croise le professeur Paolo Mantegazza, un Italien, responsable des activités théâtrales, comme lui passionné de haute montagne. Une amitié elle aussi merveilleuse s’établit entre les deux, faite d’admiration réciproque et de grande estime.  Renato voit en lui un père de substitution. Très vite, pourtant, on apprend que Paolo Mantegazza n’est nul autre que Paolo Rivolta, un ancien des Brigades rouges dont il était le principal théoricien. Onze ans plus tôt, c’était lui qui avait machiné l’enlèvement du père de Renato.

Que va faire le maître ? Comment va réagir l’élève ? Qu’adviendra-t-il de cette amitié foudroyée ? Quel jeu jouera la belle Josy, maîtresse de l’Italien, qui enseigne le hip-hop à l’Institut ? Une paternité peut-elle se reconstruire ?
21,50 €
La fille de Deauville
Grasset
Une poignée de femmes et d’hommes radicalisés a décidé de mettre la France à feu et à sang. Pour détruire le capitalisme et les classes dirigeantes qui l’incarnent, elle a opté pour la lutte armée. Braquages, attentats à la bombe, et bientôt assassinats, les terroristes frappent puis disparaissent, dans un souffle âcre de tracts, d’explosifs et de terreur. Leur nom de guerre : Action directe.

En ce mitan des années 1980, la police a placardé leurs visages flous sur les murs de France. Commence alors une traque intense et chaotique menée par des équipes aguerries qui suivent leurs traces du bitume lyonnais aux fermes les plus reculées, des HLM de banlieue aux librairies de la gauche radicale. Luigi Pareno, solitaire et douloureux, méthodique et taciturne, y consacre toute son énergie, sa rage et ses obsessions.

Une jeune femme à l’air presque sage, toujours vêtue de jeans, occupe particulièrement ses pensées. La police la surnomme « la fille de Deauville » en attendant de mettre un nom sur son visage. Née dans les beaux quartiers, Joëlle Aubron deviendra l’une deux meurtrières d’Action directe. Pareno l’observe à distance, des rues de Paris à la cellule de Fleury Mérogis où elle est un temps incarcérée, d’une planque en Belgique au Loiret enneigé où elle se cache avec ses amis Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon. Elle l’intrigue, il la hait autant qu’il s’attache.

La fille de Deauville est le roman de la colère et du feu, d’une folie révolutionnaire qui sème des cadavres sur sa route, et des rêves d’absolu. Traqués, reclus, les membres du dernier carré d’Action directe s’aiment, se désirent, se déchirent, comme dans l’attente d’une fin inéluctable. La vie de Luigi Pareno semble suspendue à leur capture : même sa douce Chantal finit par s’écarter de lui, tant la violence emporte tous ceux qui l’approchent.

Vanessa Schneider nous propose aujourd’hui le roman de l’impossible révolution, traversé d’espoir et de cris, mais aussi de mélancolie et de douceur. Paysages et silences, lits tièdes ou pavés brûlants, elle nous embarque avec ces femmes et ces hommes qui se croyaient libres.
20,00 €
19h59
Grasset
Encore quelques secondes et les Français sauront qui les dirigera pour cinq ans.

Neuf jours avant le second tour, Philippe Rex, un magnat multimilliardaire, propriétaire de la chaîne Rex News, est kidnappé au cœur même de son empire.

Sur Twitter surgit une photo de l’otage, menacé au bord d’une rivière. L’exigence du ravisseur, un survivaliste aux motivations troubles  ? Un débat en direct avec le président de la République, pour faire entendre la voix des sans-voix.

Ainsi déraille la politique, emportée par les extrêmes, les mensonges d’estrades, la manipulation. Et la passion cynique de notre époque.

Huit, sept, six, cinq… Le compte à rebours est enclenché. Jour après jour, au rythme trépidant de ce suspense politique, médiatique et policier, nous voilà emportés dans les coulisses de l’État d’urgence et de la société du spectacle, dans le repaire de l’éminence grise des présidents, maître secret de la République  ; au bureau de la coordinatrice des services intérieurs  ; sur le plateau des rois du prime time  ; au cabinet de l’avocat de Rex News, homme d’influence à son tour licencié  ; et au sein de l’équipe d’une candidate d’extrême droite débordée sur sa droite…

Et si le slogan de Rex News, «  La Révolution, c’est l’information  », disait vrai  ?
18,00 €
Au pays de l'enfance immobile Verdun
Grasset
« Alors, comme le font tous les ratés, tous les aigris, tous les éconduits, je m’étais vengé sur des innocents  ; j’avais puni un lit défait, un froc souillé, pour oublier les sales météos de mon cœur… L’avenir était le pays des autres. Je n’y étais pas convié. »

Après Orléans, qui racontait l'enfance martyrisée du narrateur, puis Reims, où l'on suivait ses pérégrinations lamentables en école de commerce dans la ville des sacres, voici Verdun. Car c'est à Verdun que nous retrouvons cet "immobile enfant" de vingt-cinq ans, cette fois comme aspirant dans l'armée de terre.

Après des classes à Angers puis à Draguignan où on lui enseigne le métier des armes, le jeune Moix, désormais officier d'artillerie, va connaître, parfois pour le meilleur et très souvent pour le pire, l'épreuve des responsabilités, de la promiscuité et du commandement.

Nous le suivons ici avec sa section, par monts et par vaux, en campagne ou en caserne, de jour comme de nuit.

Une fois encore, c'est une galerie de personnages aussi ordinaires qu'extraordinaires qui se déploie  sous nos yeux.

Avec humanité, humour, humilité et la tendresse habituelle que nous lui connaissons pour les déclassés, Yann Moix, plus dur avec lui-même qu'avec quiconque, nous émeut et nous fait rire. C'est sa  griffe. Entre manoeuvres  et marches de nuit, tirs au Famas et feux de camps,  inspection des chambres et chants militaires, nous la retrouvons ici intacte.
19,50 €
L'enfant qui regarde
Grasset
M. Gérard séduit les femmes. Pourtant, il ne sort déjà presque plus de chez lui quand le narrateur, son voisin, un enfant d’un quartier pauvre de Port-au-Prince, se découvre une fascination pour cette figure mystérieuse, au savoir-vivre exquis et au rare bon goût. Cet ancien professeur congédié d’une école pour jeunes filles l’initie à Baudelaire, Keats et Wagner.

Les ragots fusent. Pour le Pr. Désir, il aurait aimé une belle jeune femme, ou il aurait été épris de la mère d’une élève, à moins qu’il ne soit impuissant. Selon le Dr Hyppolite, un homme l’aurait giflé dans un bar, sans que lui, digne, ne réplique. Tout est énigmatique chez cet homme qui semble vivre dans le malheur. Qu’en est-il réellement de son mystère et de son charme  ?

Nous l’apprendrons en suivant le regard du narrateur, cet enfant sensible et intelligent, dans cette nouvelle écrite de main de maître.
7,50 €
Chef
Grasset
Les Promesses, trois étoiles au Guide et une clientèle venue de Singapour, Dubaï ou San Francisco. Un succès retentissant confirmé par le sacre du patron, Paul Renoir, 62 ans, tout juste élu « meilleur chef du monde » par ses pairs. Jusqu’à ce lundi matin, où l’on découvre son corps et le fusil de chasse avec lequel il a mis fin à ses jours. Stupeur. Le monde de la gastronomie est en deuil. Pourquoi ce cuisinier exceptionnel a-t-il choisi d’en finir ?

Juste avant sa mort, une équipe de Netflix était venue tourner un portrait de Renoir. Souvenirs de famille, origine de sa vocation, étapes de son ascension : son récit cache peut-être le secret de son suicide. A moins qu’il ne faille le chercher dans la bataille qui fait rage autour de son héritage. Entre sa veuve, Natalia, le sous-chef Christophe, son fils Mathias et Albinoni, le concurrent sans scrupule, les tensions s’exacerbent. Confrontés au décès soudain de l’ogre, prétendants au trône, conspirations et joute des egos vont se révéler.

*Chef*, c’est aussi l’histoire de la cuisine française depuis la Seconde Guerre mondiale. Paul a tout appris de sa grand-mère, une amie d’Eugénie Brazier, l’emblématique « mère lyonnaise ». Les femmes ont inventé la gastronomie, avant que les hommes ne se l’approprient et ne la rendent célèbre. Aux côtés des Bocuse, Loiseau ou Ducasse, Paul Renoir accompagne la naissance de la Nouvelle Cuisine dans les années 1970, prémisses à la starisation actuelle des chefs.

Premier grand roman consacré à la cuisine française, *Chef* peint l’exigence d’un monde macho, violent, où la drogue, l’alcool et le sexe sont souvent les seuls moyens de tenir. En contrepoint, il donne à voir la complicité des brigades et la conscience d’exercer un métier d’artisan et de passion. Un livre de chair et de sang et le portrait d’hommes simples, acharnés à réinventer la magie, la beauté, l’excellence.
22,00 €
Tournevis
Grasset
D’un côté, un jeune homme, seul, raconte sa vie et son ultime tentative pour s’en tirer. Enfant placé de foyer en foyer, désormais orphelin, majeur et libre, il veut partir. Avec ses maigres économies, il s’inscrit dans une auto-école pour passer son permis et trouve une voiture abandonnée où vivre provisoirement.

De l’autre côté, trois individus, une femme, deux hommes, attendent dans une maison du Sud de la France. Ils ne se connaissent pas, travaillent pour une organisation, sont chargés de trouver un homme pour l’accueillir, prendre soin de lui, et enfin le livrer. Mais à qui et pourquoi  ?

Les deux récits se déroulent en alternance. D’un paragraphe à l’autre, on suit le jeune homme (qui parle à la première personne) et les trois inconnus (observés par un narrateur omniscient). Fatalement, comme dans une tragédie grecque, leurs destins finissent par se croiser et les deux narrations par se réunir pour signer la fin du roman, brutale et sèche, comme un coup de tournevis dans la tête.
16,00 €
L'homme de trop, II
Grasset
Voici le deuxième volet du diptyque *L’homme de trop* dont le premier opus a été publié en mars 2021.

L’auteur poursuit l'exploration de la question gay aujourd'hui, aussi bien dans ses aspects extrêmes et périlleux que dans sa progressive normalisation. On suit les péripéties et les polémiques suscitées par le mariage pour tous, à travers deux des principaux personnages du premier tome, Gaël et Morgan. On assiste à leur mariage, aux réactions qu'il provoque, en particulier chez un gay de la génération précédente, Lucas. Celui-ci est partagé entre le bonheur de constater le considérable progrès des mœurs, et le regret et la mélancolie de voir comment les gays, autrefois force vive de contestation dans la société, s'embourgeoisent peu à peu dans le confort que procure la liberté.
24,00 €
Meta Carpenter
Grasset
Meta Carpenter est  *camgirl*. Assouvir les fantasmes d’hommes cachés derrière leurs écrans, c’est sa façon d’exister. Et si le plus souvent ses clients la dégoutent, c’est autant par la médiocrité de leurs requêtes sexuelles que pour leur misogynie idiote. Heureusement, les mercredis, elle officie avec Hafsia Dinur. Les deux jeunes femmes filment leurs ébats amoureux avec l’aide d’un drone domestique. A l’heure de la pornographie planétaire, leurs vidéos deviennent culte jusqu’au cauchemar.

Un seul homme trouve grâce aux yeux de Meta. Sous le pseudonyme de Corsaire-Satan, il observe la jeune fille et échange avec elle images et récits enragés sur la violence faite aux femmes. Une étrange relation amoureuse se noue, à laquelle se joint bientôt Hafsia. Tous trois ont en commun de savoir que le monde n’a jamais voulu d’eux, comme il n’a jamais voulu des femmes libres. Leurs conversations engagent Corsaire-Satan à dépeindre son enfance  : il évoque ses deux mères, la biologique, fantôme obsédant, et l’adoptive, femme-bouclier avec laquelle il a partagé joies et complicité. Mais il se souvient aussi de son père d’accueil, haineux envers l’enfant parce qu’il n’avait pas la bonne couleur de peau, et d’un voisinage empreint de violence sociale et de racisme ordinaire…

A travers le portrait de ses mères, Corsaire-Satan se fait porteur d’un chant sacré d’amour aux femmes. Sa confession d’un lyrisme à l’os ravive le feu d’une lutte intérieure qu’il partage avec Meta et Hafsia, et tous trois vont alors prendre la route à la recherche d’une possible délivrance. Et avant que n’éclose un nouveau monde, c’est une enfant qui va naître. L’hommage aux mortes va se faire hymne à la vie.

Dans une langue ciselée, nerveuse et foisonnante, John Jefferson Selve explore avec ce trio magnifique une utopie amoureuse parfaite, il sonde aussi notre époque, et l’urgence à ne plus vivre sous le regard technique de l’autre. Seule solution pour s’extraire de l’aveuglement et voir à nouveau.

"J'aime ce livre radical, incandescent, d'un lyrisme inouï" Yannick Haenel.
17,50 €
Comme des dieux
Grasset
Une émission de téléréalité pour se choisir un dieu ? C’est l’idée folle et géniale lancée par une église évangélique américaine. Le principe en est simple : après un gigantesque casting mené dans le monde entier, treize candidats choisis pour leurs aptitudes extraordinaires, réelles ou prétendues, concourent dans l’émission He is alive ! et c’est au peuple – nous, les millions de téléspectateurs – de voter pour le messie des temps modernes. Notre messie.

Qui éliront-ils ? Martin Schnapper dont le tatouage en forme de cœur saigne comme un stigmate ? Lei qui affirme n’avoir jamais dormi de sa vie et qui considère, étant asiatique, que ses chances d’être choisi par la providence sont supérieures statistiquement ? Ou encore la belle Dorothy Olsen, fille d’agriculteurs du Colorado, qui ressuscite des animaux et n’a pas de mère connue sur Terre ?

Ce projet fantasque ne peut manquer d’attirer l’attention de Jeff Jefferson, un universitaire franco-américain qui, il y a une vingtaine d’années, a écrit sa thèse sur le groupe sectaire qui donne lieu aujourd’hui à cette révolution évangélique. Le voici arraché à son chemin mélancolique, et plongé dans un phénomène télévisuel au cœur de l’Amérique  : entre cynisme et grâce….

Ce roman aux allures de quête métaphysique est à la fois drôle, puissant, essentiel : et si Jésus revenait réellement, combien de temps la société du spectacle s’y intéresserait-elle  ?

Gérald Bronner, romancier, sociologue, passionné de raison, nous offre un texte jubilatoire et sombre, analysant avec finesse nos comportements humains tout en interrogeant la possibilité du sublime dans un monde désenchanté.
20,90 €
Blanc résine
Grasset
Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs

Elle s’appelle Daã. Née dans un couvent niché au cœur de la forêt boréale et construit par des femmes, elle grandit libre, loin du monde des hommes, parmi vingt-quatre religieuses. Elles règnent sur Cusoke, pays de roches et de glace où les codes sociaux sont réinventés. Enfant sauvage, Daã parle la langue d’Ina Maka, la Terre-Mère, dont elle apprend les cycles, les ordres et les lois.

Lui se prénomme Laure. Enfant albinos rejeté par les autres, fils d’ouvrier de la mine Khole Co, il voudrait se fondre parmi les visages noirs des mineurs. Mais après la mort de sa mère, son père lui rêve un destin meilleur que le sien, loin des galeries et de la misère assassine. Envoyé à la ville, il deviendra médecin malgré lui.

Tout oppose cette femme-forêt et ce garçon-translucide, deux marginaux qui aspirent, l’un à se faire accepter, l’autre à s’émanciper. Mais un jour leurs destins se croisent et l’amour les lie. Blanc Résine raconte leur histoire. Avec Laure, Daã ira vivre en ville, fera trois enfants. Mais jamais elle n'acceptera de se plier aux lois des hommes. Et cela a un prix.

Tout à la fois conte réaliste, drame romantique et fable féministe, Blanc Résine nous transporte dans un univers rude et troublant, au cœur de la nature, pour fouiller nos plus extrêmes sentiments  : l’amour, le désir, la colère. Audrée Wilhelmy y déploie son lyrisme sauvage et son imaginaire avec une maturité et une maîtrise rares. Elle signe ainsi un livre inclassable, spectaculaire.
22,00 €
Et même l'enfer c'est pas grand-chose
Grasset
La sonnerie du collège retentit. Lucie, 13 ans, arrache d’un coup de dents un bout de l’oreille d’Enzo, un camarade de classe qui a posté sur Facebook un répugnant montage d’elle. Le sang coule. Et la sentence tombe  : elle est exclue de l’école. Ça ne suffit pas pour le père d’Enzo qui se présente au HLM de Lucie et de sa mère célibataire Juliette. Il leur réclame 1 000 euros, sinon il portera plainte pour agression.

Lucie veut régler sa dette. Le temps d’un été fiévreux, elle erre dans sa banlieue et cherche les moyens d’y parvenir. Autour d’elle, personne ne semble pouvoir l’aider : ni sa mère qui ne rêve que de chanteurs de variété et de jeux télévisés, ni son frère parti faire ses études à Paris, ni son petit copain Jordy qui ne pense qu’au sexe. Et encore moins Esther, la SDF fumeuse de crack, ou Dzaz, l’inquiétant vendeur de kebabs… Lucie ne peut compter que sur elle-même.

Bruno Lus nous offre un roman poétique et brutal, où violence physique et sociale se télescopent, sur l’horizon bouché de ceux qui ne sont pas nés où il faudrait. Porté par une oralité cinglante et une bande-son pop, ce texte résolument moderne met en scène des jeunes adolescents livrés à eux-mêmes dans un monde qui ne cherche plus à les comprendre. À un âge où l’existence numérique prend le pas sur la vie réelle, dans un milieu où la drogue apparaît comme la seule échappatoire, Lucie cherche la lumière.
19,00 €
Sur la route avec Bashô
Grasset
Voici le troisième roman dessiné de Dany Laferrière chez Grasset. Après «  Autoportrait de Paris avec chat  » et «  L’exil vaut le voyage  », «  Sur la route avec Bashô  » suit la méthode nonchalante et néanmoins réfléchie de Bashô, le moine-poète japonais du XVIIe siècle, une des inspirations constantes de l’auteur (qui comme on sait est un écrivain japonais). Le narrateur de cette histoire parcourt le monde d'aujourd'hui, de l’Amérique au Japon en le prenant par surprise. Qui se méfierait d’un rêveur ? Il ne rêve pas du tout. Il admire (les femmes écrivains qu’il lit, de Jean Rhys à Zora Neale Hurston). Il se remémore (les divinités vaudoues). Il éprouve de l’affection (envers une de ses voisines alors qu’il séjourne à New York). Des dessins stylisés parcourent le texte, qui sont peut-être la rêverie de ce narrateur « dans ce monde sans pitié ». Voyageant dans le monde contemporain, il ne peut que constater que la menace est partout. Dessinant ce qu’il voit, le narrateur écrit aussi des mots. Et par exemple ceux-ci : « Black lives matter ». « Un nègre est un homme et tout homme est un nègre », a-t-il dit au début de sa pérégrination. Nègres sont donc les manifestants de Hong Kong qu’il voit réclamer la liberté. Pourtant, son intention n’est pas de changer le monde, nous dit-il, « simplement d’y vivre ». Et l’on comprend alors que, comme le disait Pavese, c’est un métier de vivre.

Heureusement, il y a la littérature, le jazz, les femmes élégantes, les cafés et les fleurs. Il y a encore des rayons de soleil.
22,00 €
Maman
Grasset
Une nuit, une femme ferme son magasin de vêtements pour femmes enceintes.

Elle porte un manteau de fourrure, attend un taxi.

Un jeune homme l’aborde, la prenant pour ce qu’elle n’est pas.

Elle va le prendre pour ce qu’il est…
14,00 €
La France goy
Grasset
« Trente ans après L’Esprit de vengeance, qui évoquait mes sentiments envers mon grand-père, Jean Gosset, le temps était venu de chercher à savoir pourquoi cet homme s’était engagé dans la Résistance, qui le conduirait au camp de concentration de Neuengamme où il allait mourir. Les réponses, c’était son père qui allait me les fournir. »

C.D.

L’enquête s’emballe quand un trésor est découvert dans les archives familiales : lettres, journaux intimes, articles de presse, manuel d'escrime, de la main d'Henri Gosset, le père de Jean. C’est l'étincelle qui fait exploser le réel, et le romanesque s'impose autour du personnage de Henri et de sa correspondance, qui nous font remonter à la fin du XIXème siècle, jusqu’aux racines de l’antisémitisme français et à son «  patient zéro  », Edouard Drumont. Si Henri Gosset, en arrivant à Paris, en 1892, à seize ans et demi, n’a pas rencontré l’auteur du best-seller haineux La France juive, il a en revanche très bien connu son disciple et successeur, Léon Daudet, le fils du célèbre écrivain. Léon initie Henri à l’antisémitisme et lui présente le professeur Bérillon, praticien réputé de l’hypnose, fondateur de l’Ecole de psychologie dont Henri devient un des professeurs et son trésorier.  Mais les mauvaises fréquentations d’Henri ne l’empêchent pas de tomber follement amoureux d’une jeune institutrice anarchiste, Marcelle Bernard. De l’union de ces extrêmes naîtra Jean Gosset...

Léon Daudet, Edouard Drumont, Charles Maurras, les leaders anarchistes Gustave Hervé et Almeyreda, Clemenceau, Caillaux, le directeur du Figaro Calmette, Dreyfus, Zola, Jules Bonnot, Jean Jaurès et tant d'autres, c'est une humanité grouillante et furieusement vivante qui habite La France goy. La fresque couvre les deux décennies qui précédent la première guerre mondiale. L'époque est féroce, avec ses scandales (Panama), ses campagnes de diffamation contre les Juifs, les capitalistes dénoncés comme espions par L’Action Française, les procès, les grèves, les attentats anarchistes, et les duels au petit matin blême… Au carrefour de tous ces complots, la presse, corrompue par la politique et inversement, la littérature, le théâtre, et même du cinéma puisque c’est de cette tourbe que naîtra le cinéaste Jean Vigo. Avec ce roman, Christophe Donner suggère une histoire de France hantée par une « question juive  » qui déterminerait plus que ce qui a été dit. Il découvre à travers la saga familiale une haine des Juifs, ancestrale, qui se réinvente en antisémitisme, se déchaîne, et participe à l’inexorable montée des nationalismes qui entraîneront l’Europe dans la Grande Guerre.
24,00 €
Le dernier tribun
Grasset
Nous sommes à Rome, juste à l’heure où elle va dominer le monde, au septième siècle, au temps de César.

C’est la capitale du monde, une ville immense et monstrueuse où s’observent et se haïssent Crassus, Cicéron, Catulle, Pompée, César ou Caton.

Spartacus vient d’être tué, Cléopâtre est en ville, l’ambition et la violence sont en ménage, l’art et le sexe s’entendent comme la vis et l’écrou.

Tous les vices qui rendent la vie irrésistible s’épanouissent quand les vertus qui la rendent pénible s’évanouissent.

Cicéron a fait de la morale son fonds de commerce, se présentant comme la voix du peuple alors qu’il est un défenseur acharné du Sénat et des intérêts de l’aristocratie.

Publius Claudius Pulcher, héritier de la famille la plus noble de Rome, se fait adopter par un esclave, change son nom en Clodius, se fait élire tribun de la plèbe et chasse Cicéron de Rome.

Cicéron prend le parti de Pompée, Clodius celui de César. La guerre entre eux dura dix ans et la République n’y survécut pas.

Leur lutte est racontée ici par un philosophe grec, Metaxas, l’ami le plus brillant et le plus sarcastique de Clodius qui le fait venir d’Athènes à Rome pour lui écrire les discours qui lui permettront d’affronter Cicéron à armes égales dans des joutes oratoires où il oppose la démocratie réelle de Clodius à la démocratie formelle de son adversaire.

Metaxas tombe sous le charme de cette ville merveilleuse, accueillante, féminine et effrayante. Puis il va découvrir le sort des capitales qui règnent sur le monde  : quand elles n’ont plus d’ennemis étrangers à leur mesure, elles se suicident.

Voici ses Mémoires, qui racontent la chute de la République romaine et la mort de Cicéron.
20,90 €
Le rire des déesses
Grasset
Au Nord de l’Inde, dans une ville pauvre de l'Uttar Pradesh, se trouve La Ruelle où travaillent les prostituées. Y vivent Gowri, Kavita, Bholi, ainsi que Veena, et Chinti, sa fille de dix ans. Si Veena ne parvient pas à l'aimer, les femmes du quartier l'ont prise sous leur aile, surtout  Sadhana. Elle ne se prostitue pas et habite à l’écart, dans une maison qu’occupent les hijras, ces femmes que la société craint et rejette parce qu’elles sont nées dans des corps d’hommes. Ayant changé de sexe et devenue Guru dans sa communauté, Sadhana veille sur Chinti.

Leurs destins se renversent le jour où l’un des clients de Veena, Shivnath, un swami, un homme de Dieu qui dans son temple aime se faire aduler, tombe amoureux de Chinti et la kidnappe. Persuadé d’avoir trouvé la fille de Kali capable de le rendre divin, il l’emmène en pèlerinage à Bénarès. Comment se douterait-il que sur ses pas, deux représentantes des castes les plus basses, une pute et une hijra, Veena et Sadhana, sont parties pour retrouver Chinti, et le tuer ?

Des bas-fonds de l’Inde où les couleurs des saris trempent dans la misère à sa capitale spirituelle, Ananda Devi nous entraîne dans un roman haletant et riche pour fouiller, à sa manière, les questions brûlantes de notre époque : la place des femmes et des transsexuels, le règne des hommes et la sororité  ; les folies de la foi, la pédophilie  ; la religion, la colère et l’amour. Avec son style incisif et poétique, elle brise le silence des dieux pour faire entendre et résonner le cri de guerre des femmes – le rire des déesses.
19,50 €
Revenir à toi
Grasset
Lorsqu’elle reçoit un message lui annonçant qu’on a retrouvé sa mère, disparue trente ans plus tôt, Magdalena n’hésite pas. Elle prend la route pour le Sud-Ouest, vers la maison éclusière dont on lui a donné l’adresse, en bordure de canal.

Comédienne réputée, elle a vécu toutes ces années sans rien savoir d’Apollonia. Magdalena a incarné des personnages afin de ne pas sombrer, de survivre à l’absence. Dès lors que les retrouvailles avec sa mère approchent, elle est à nu, dépouillée, ouverte à tous les possibles.

Revenir à toi, c’est son voyage vers Apollonia. Un voyage intérieur aussi, vers son enfance, son père, ses grands-parents, ses amours. Un voyage charnel, parenthèse furtive et tendre avec un jeune homme de la région. Lentement se dévoile un secret ancien et douloureux, une omission tacitement transmise.

Revenir à toi, c’est aussi un hommage à Antigone et aux grands mythes littéraires qui nous façonnent. Magdalena a donné vie à des personnages, elle est devenue leur porte-voix. Devant Apollonia, si lointaine et si fragile, sa voix intérieure se fait enfin entendre, inquiète mais déterminée à percer l’énigme de son existence.

En l’espace de quelques jours, dans cette maison délaissée, Magdalena suit un magnifique chemin de réconciliation avec l’autre et avec elle-même. Vie rêvée et vie vécue ne font désormais qu’une.
18,00 €
L'homme qui peignait les âmes
Grasset
Acre, quartier juif, 1078. Avner, qui a quatorze ans, pêche avec son père. À l’occasion d’une livraison à un monastère, son regard tombe sur une icône. C’est l’éblouissement. «  Il ne s’agit pas d’un portrait mais d’un objet sacré, lui dit le supérieur du monastère. On ne peint pas une icône, on l’écrit, et on ne peut le faire qu’en ayant une foi profonde  ».

Avner n’aura de cesse de pouvoir «  écrire  ». Et tant pis s’il n’a pas la foi, il fait comme si, acquiert les techniques, apprend les textes sacrés, se fait baptiser, quitte les siens. Mansour, un marchand ambulant musulman, le prend sous son aile. C’est l’occasion d’un merveilleux voyage initiatique d’Acre à Nazareth, de Césarée à Jérusalem, puis à Bethlehem, jusqu’au monastère de Mar Saba, en plein désert de Judée, où Avner reste dix années où il devient l’un des plus grands iconographes de Palestine.

Refusant de s’astreindre aux canons rigides de l’Eglise qui obligent à ne représenter que Dieu et les saints, il ose reproduire des visages de gens de la vie ordinaire, cherchant dans chaque être sa part de divin, sa beauté. C’est un triomphe, c’est un scandale. Se prend-il pour un prophète  ? Il est chassé, son œuvre est brûlée. Quel sera le destin final d’un homme qui a osé défier l’ordre établi ?

Le roman de l’artiste qui, envers et contre tous les ordres établis, tente d’apporter de la grâce au monde.
20,00 €
Les douces
Grasset
Ils étaient quatre, trois filles et un garçon  : Dolorès, Zineb, Bianca et Hannibal. Quatre meilleurs amis devenus comme frère et sœurs, ayant grandi ensemble, connu les joies de l’enfance et les tourments des premiers sentiments, se jurant de ne jamais se séparer. La vie s’ouvrait à eux  ; le lycée terminé, ils quitteraient leur village du Sud, découvriraient Paris. Mais le soir du bal de fin d’année, Hannibal disparaît et laisse celles qu’il appelait mes douces, seules et interdites.

Huit ans plus tard, son corps est retrouvé, enterré dans la propriété d’Auguste Meyer, sculpteur célèbre de la région et professeur de poterie des quatre enfants qui, jusqu’à sa mort, a nourri pour Dolorès, sa beauté, une étrange fascination. L’Officier Casez est chargé d’enquêter, il convoque les trois jeunes femmes  ; l’une est devenue célèbre sur les réseaux sociaux, l’autre étudiante, la dernière travaille dans un cinéma. Elles ne se parlent plus mais continuent de recevoir d’énigmatiques emails signés Hannibal. L’une le croit vivant, les autres pas.

A mesure qu’il essaie de percer le mystère de leur amitié, Léo Casez bute sur les interrogations  : quel pacte les liait  ? Qui était vraiment Auguste Meyer et pourquoi la mère de Dolorès le protégeait-elle ? En rouvrant les archives du passé, il force les secrets et nous entraîne dans les souvenirs de cet été brûlant, les joies et les tourments de quatre adolescents devenus si tôt adultes.

Un premier roman haletant, envoûtant comme un tour de magie.
20,90 €
Les Jours heureux
Grasset
«  Edouard Vian et Laure Brankovic ont formé puis déformé pendant trente ans le couple le plus terrible et le plus célèbre du cinéma européen. Ils se sont mariés trois mois avant ma naissance. Ils ont divorcé quand j’avais un an. Se sont remariés quand j’en avais cinq et se sont à nouveau séparés pour mes quinze ans. Ils ont signé leur dernier divorce la veille de mes vingt-cinq ans. Entre temps ils ont fait une trentaine de film ensemble et un seul enfant  : moi. A eux deux ils ont créé une sorte de légende, lui à la réalisation, elle au scénario. Moi… c’est une autre histoire.  »

Oscar, un jeune homme talentueux tente d’échapper à l’amour écrasant de ses parents, couple infernal et merveilleux qui ne sait vivre que dans l’urgence et la passion. Les tenir à distance est pour lui la meilleure manière de les aimer, jusqu’à ce matin de février où, dans le bureau glacial d’un hôpital, il apprend que sa mère est condamnée. Un secret qu’elle tient farouchement à garder. Naît alors en Oscar une idée absurde et obsédante  : inciter ses parents à se retrouver une dernière fois, avec l’espoir secret que sa mère en sera sauvée.

La difficulté  ? Edouard Vian s’affiche depuis deux ans avec Natalya, une jeune franco-russe, influenceuse dans le milieu de la mode. Si, au départ, Oscar a le plus grand mal à supporter cette évaporée, Natalya va se révéler beaucoup plus complexe qu’il ne l’imaginait…

Ainsi commence une ronde, entre Fitzgerald et Schnitzler, où ces héros fantasques et attachants jouent, se cachent, s’aiment, des marches de Cannes aux studios hollywoodiens, de Paris à New York et de la Grèce au Mexique, avant d’être percutés par les secousses de la grande histoire qui font peu à peu basculer le monde dans une ère nouvelle. A leur côté, dans les rues de Paris, sur un plateau de tournage, ou au sommet des Alpes, des amis, des amants, des femmes venues du passé.   Mais aussi des disparus, des êtres de cruauté, et bien des énigmes. Tout mot est réplique. Tout personnage porte un masque. Connaître est impossible sans se départir d’un secret. Et tous aiment la vie, imparfaite mais follement vécue.

Un talent romanesque magnifique et tendre, qui voit Oscar grandir, se débattre, oser, écrire, dissimuler avant de comprendre enfin ce qui l’affranchira de ses démons.
22,00 €
Les hyènes
Grasset
L’hyène est un animal perfide dont le cri est un rire qui laisse imaginer sa cruauté. Les plus retorses sont les femelles qui dominent les mâles, les matent, les dévorent. Elles ne s’accouplent que pour se reproduire. Terrorisent ceux qui les défient. Et enseignent méticuleusement à leur descendance à faire de même. Sur ce point néanmoins, les femmes de la famille de Blanche, qu’on surnomme les hyènes parce qu’elles ont tous leurs traits, ont failli. Preuve en est, ce matin, Blanche, 44 ans, s’apprête à annoncer à sa mère qu’elle sera la dernière hyène de sa lignée puisqu’elle a décidé d’avorter.

Le temps d’un déjeuner, la narratrice déroule ses souvenirs et convoque à la table ses ancêtres, Clara, Louise-Huguette, Georgette, pour raconter l’histoire de sa famille, et expliquer son geste. Surgit un monde ancien où les femmes se transmettent, non l’amour et la tendresse, mais la rage, la haine des hommes et la soif de vengeance. Un cycle de violence auquel Blanche n’échappera pas tant elle sait que les traumas de nos aînés informent jusqu’à nos gènes, mais auquel elle met fin. A travers ce récit familial sur cinq générations, Annie Ferret remonte le cours du temps pour montrer comment le legs familial ne se résume pas à l’ADN et retrouver la source de cette colère, le premier acte qui fit un jour d’une femme, une hyène.
19,00 €
Le Cuisinier
Points
« Je n’ai qu’une chose à dire : encore plus excitant. Mes félicitations au cuisinier. » Maravan, jeune réfugié tamoul, coupe les légumes et fait la vaisselle dans un restaurant suisse fréquenté par le monde de la finance. Au Sri Lanka, il était un cuisinier prometteur, spécialiste des préparations ayurvédiques. Lorsqu’il est licencié, Andrea, son ancienne collègue, s’associe avec lui pour servir des dîners aphrodisiaques à domicile. Malgré la crainte de corrompre sa passion, Maravan se lance dans l’aventure. Qui le précipitera dans un écheveau d'expérimentations culinaires, de tractations avec des Tigres tamouls suspects, le tout sur fond de crise financière mondiale.

Martin Suter est né à Zurich en 1948. Ancien publicitaire, il est aussi journaliste et scénariste. Il vit entre la Suisse, l’Espagne et le Guatemala. Ses romans sont disponibles en Points.

« Un polar culinaire à base de miel et de fiel. Succulent. »

L’Express

Préface inédite de Serge Joncour

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni
10,20 €
Femmes en colère
Grasset
Cour d’assises de Rennes, juin 2020, fin des débats  : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Elle est accusée d’un crime barbare, qu’elle a avoué, et pourtant c’est elle qui réclame justice. Dans cette affaire de vengeance, médiatisée à outrance, trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher  : avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau  ?

Neuf hommes et femmes en colère doivent choisir entre punition et pardon.

Au cœur des questions de société contemporaines, un suspense haletant porté par une écriture au scalpel.
18,00 €
Derniers jours
Grasset
Sept nouvelles admirables qui déclinent le thème des derniers jours  : ce qui se défait, se brise, s’achève dans la vie des êtres, dans leurs amours, dans leurs rêves, dans la transmission, dans notre monde…

Dans «  Sous la mer  », une jeune mathématicienne qui n’a pu donner la vie se tourne vers les «  sciences du vivant  » et, consciente du péril qui nous guette, choisit de fusionner avec le monde sous-marin lors d’une ultime plongée en mer d’Oman.

Dans «  Toussaint  », un vieux garçon vierge et sensible, chef de bureau de la préfecture de Bastia, se blesse en rentrant chez lui. Une jeune gitane lui porte secours. C’est la seule fois de sa vie qu’il tiendra, fugitivement, une femme dans ses bras. Un geste maladroit et l’oiseau s’envolera…

Dans «  Un fait divers  », une vieille dame qui toute sa vie fut enseignante de français en Belgique est agressée dans la banlieue de Lille. A l’hôpital, elle est gagnée par le ressac des émotions littéraires de sa vie. Son esprit s’y abandonne avant de s’éteindre dans le magnétisme heureux de ce monde intérieur.

A «  Hosterre  », dans les années 20 du siècle dernier,  le gardien solitaire d’un domaine abandonné dans les brumes de l’Atlantique, veuf sans enfant, se prend de tendresse pour la fille du Marquis d’A+++. L’enfant se noie par accident, un jour où il est absent. Le retour sur les lieux de la mère de la petite noyée mettra à nu son obsession, et le conduira à une issue tragique.

Dans «  Armal  », un diplomate   part dans les Asturies pour y revoir l’ancien maître d’hôtel de la femme qu’il a aimée, qui lui a écrit pour lui demander d’aider sa fille après sa mort, toute proche. Il arrive trop tard, tombe amoureux de la jeune femme dans les jours de deuil et de trouble qui suivent les obsèques. Avant d’être rendu à sa solitude …

Dans «  Samedi saint  », le curé d’une paroisse romaine qui a perdu la foi erre dans l’attente de Pâques au fil des rencontres prévues ou imprévues d’une longue journée. Le handicap profond du fils d’un ami très proche le hante et il songe, tandis qu’approche la nuit pascale,   à quitter l’Eglise, sans en attendre de remède.

Dans «  Le dernier élève  », une ancienne cantatrice, devenue professeur de chant, n’a plus qu’un élève, un jeune ténor japonais, qui observe avec affection cette femme qui enveloppe ses regrets d’un halo de grandeur rêvée. Lors d’une de leurs leçons, son mari, auquel le jeune homme porte un attachement discret,  meurt d’une attaque. C’est leur ultime rencontre…

Une écriture somptueuse, une sensibilité extrême domptée par le classicisme de la langue  : un bijou de littérature  !
16,00 €
Laura Antonelli n'existe plus
Grasset
A la suite du coup de fil énigmatique d’un producteur, le narrateur embarque pour Rome investi d’une obscure mission  : retrouver Laura Antonelli, l’actrice oubliée dont Visconti disait qu’elle fut «  la plus belle femme du monde  ». Il erre dans une Rome caniculaire, traversant les décors mythiques qu’on connaît, à la rencontre des témoins de sa vie tragique. Il épluche les vieux tabloïds et les interviews pour tenter de raconter, sans la trahir, cette femme insaisissable.

Splendide et sensuelle, Laura Antonelli est tout d’abord le sex-symbol populaire de l’Italie catholique des années 1960. Avec la sortie en salle de L’Innocent, elle devient une de ces beautés solaires de l’âge d’or du cinéma italien. Dès lors, elle tourne  avec les plus grands et découvre un succès poudré de cocaïne, de soirées hollywoodiennes, d’amours compliquées et de journaux à scandales, jusqu’au jour où la police trouve dans sa villa de Cerveteri 36 grammes de drogue. S’ensuit une série de démêlés judiciaires qui l’éloigne peu à peu des paillettes de Cinecittà. Ainsi commence pour elle une lente descente aux enfers.

A la demande d’un producteur, elle se soumet à une opération de chirurgie esthétique qui la défigure. La star vit désormais recluse dans une chambre misérable et déclare aux rares curieux qui parviennent à retrouver sa trace  : «  Laura Antonelli n’existe plus  ».

Qu’est-ce que la gloire sinon, comme le disait Pasolini, l’autre face de la persécution  ? De Sunset Boulevard à la Dolce Vita romaine, Philippe Brunel livre ici un roman plein de grâce et d’ombre, dans la lignée de Patrick Modiano, sur l’histoire légendaire de la femme la plus belle du monde devenue un monstre.
18,00 €
L'enfant des camps
Grasset
Arrêtée en Juillet 1942 avec sa mère sur la ligne de démarcation, Francine Christophe est encore une enfant. Elle a presque neuf ans, l’âge des jours heureux quand elle est rattrapée par la folie nazie. Interrogée par la Gestapo, enfermée de prison en prison, ballotée de camp en camp, en France d’abord, elle est déportée en mai 1944 au camp de concentration de Bergen-Belsen. A son retour, quand elle essaye d’expliquer à ses camarades de classe ce que la guerre lui a fait, celles-ci la regardent, gentiment, mais tournent l’index sur la tempe, l’air de dire  : elle est folle. La jeune Francine ne parle plus du cauchemar qui a duré trois ans.

Aujourd’hui, les mots refont surface. Francine Christophe raconte ce qu’elle vu et connu. Les coups, le froid, la faim. Les familles qu’on sépare. Les enfants qu’on entasse dans des wagons à bestiaux. La maladie et la mort. Les travées boueuses où les cadavres pourrissent. La cruauté. Mais aussi l’amour, celui d’une mère et de sa fille, indéfectible, qui résiste à la guerre. Et des miracles, comme ce bébé qui voit le jour dans l’enfer de Bergen-Belsen et survit grâce à l’entraide et la fraternité des femmes.

Pour que tous nous sachions et n’oublions pas ce que fut la Shoah.
12,90 €