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In violentia veritas
Grasset
Lorsqu’elle découvre à quatorze ans qu’on la surnomme « la fille de l’assassin », Catherine Girard interroge son père Henri Girard – plus connu sous son nom de plume, Georges Arnaud, auteur notamment du célèbre roman *Le Salaire de la peur*. L’horreur de ce que le vieil homme lui apprend plonge l’adolescente dans le déni. Un demi-siècle plus tard, dans un geste d’amour, elle se confronte à ce passé abyssal.

Le matin du 24 octobre 1941, au château d’Escoire, le père d’Henri Girard, sa tante et leur servante sont retrouvés morts, atrocement massacrés à la serpe. Seul survivant, Henri est inculpé, emprisonné dix-neuf mois dans l’un des

cachots les plus insalubres de France et promis à la guillotine. Il est finalement acquitté. L’énigme du triple assassinat d’Escoire, tant de fois revisitée, ne fut jamais élucidée.

Dans ce magnifique récit littéraire d’investigation familiale, Catherine Girard nous offre enfin sa  vérité. D’une puissance exceptionnelle, *In violentia veritas* marque la naissance d’une écrivaine.
22,00 €
Quand viendra l'aube
Grasset
«  Mon père est mort deux fois. La première, il avait douze ans. C’est à ce moment qu’il a perdu son propre père, disparu à l’aube de la cinquantaine des suites d’un infarctus foudroyant. Pendant toute ma jeunesse, il m’a répété, sur un ton accusateur : "J’étais orphelin, moi ", ce qui sous-entendait une double injustice : il avait été privé de père, alors qu’à moi il était donné d’en avoir un.  »

Lorsqu’il meurt, une seconde fois, vraiment alors, Dominique Fortier n’est plus une enfant. Elle est mère, écrivaine, épouse. Mais fille encore. Dans ce récit intime, écrit l’été suivant le décès de son père, elle mêle les souvenirs de cet homme taiseux, dédié aux livres, ayant pourtant choisi de ne jamais écrire, à ses propres réflexions sur la création, l’écriture et le pouvoir des mots pour prolonger la vie.

Des rives du fleuve Saint-Laurent où elle dit adieu à son père, jusqu’au bord d’une plage balayée par l’écume dans le Maine, elle nous emmène avec elle dans ses marches et confie, par fragments, avec l’extrême précision d’une dentellière et la parole d’une poète, ses pensées qui lient entre elles images (coquillages, couleurs indéfinissables du cie ou de la mer), questions (écrit-on pour guérir nos blessures ou pour les partager  ? le bonheur existe-t-il  ? ), voix d’autres auteurs (de Leonard Cohen, Emily Dickinson, Fernando Pessoa), confessions, et le portrait d’un père qui, dans la poésie, aimait surtout « ce qui nous met en garde que la vie est brève et la mort longue  ».

Un texte étincelant de grâce et de finesse qu’on ouvre comme une boite aux trésors et dans lequel on puise savoir, beauté et espoir.
16,00 €
Dernière lutte avant l'aube
Grasset
Toute course en avant vers des buts trop élevés mène à l'abîme. Les mystificateurs qui affirment l'inverse en falsifiant le réel sont nombreux ; aussi, quand débute cette histoire, on ne sait trop si l'on entre dans un conte fantastique ou dans la plus cruelle des réalités.

Jean et Sarah n'ont pas encore vingt ans.  Quelque part aux îles Moluques, ils rencontrent  Mathilde,  une vieille dame étrange, perdue dans le labyrinthe d'une quête impossible ; depuis sa jeunesse, elle parcourt le monde à la poursuite d'un mythe qui s'évanouit sans cesse : une mer inconnue que le poète Grec Pindare aurait atteinte il y a vingt-cinq siècles, pour y découvrir  qu'elle seule permettait aux hommes  d’« épuiser le champ du possible », comme il le chantait dans ses vers. Nul ne sait où se trouve cette mer, mais certaines légendent la situent  aux confins des territoires glacés du Grand Nord, dans un pays qu’aucune carte ne mentionne…

Jean et Sarah décident de suivre Mathilde dans sa quête.  Aux îles de l’Amirauté, ils croisent la route du capitaine  *Ha Ha* et de son équipage embarqués sur le cargo *Hourra* dans une aventure aussi folle que la leur.Commence alors le plus singulier des voyages. Roman philosophique sur l'absurde, *Dernière lutte avant l'aube*  est une interrogation sur l'espoir et les illusions qui ne cessent de hanter notre imaginaire en dépit de la précarité des entreprises humaines.
17,00 €
Dans le ventre des filles
Grasset
« Vous voyez ce que je vois ? » Lors de sa première échographie, la narratrice découvre qu’elle attend des jumeaux. Mais un fœtus est plus petit que l’autre et semble présenter plusieurs anomalies. Une question se pose immédiatement, qui l’accompagnera tout au long de sa grossesse : pourra-t-elle garder ses deux bébés  ?

L’équipe médicale se lance alors dans une véritable enquête au sein de l’unité de diagnostic prénatal d’un hôpital parisien. A mesure que la tension monte et que les examens se multiplient, la narratrice doit accepter de ne plus rien comprendre. Mais par sa vitalité, son regard aiguisé et plein d’humour, elle parvient à saisir le grotesque au cœur d'une insoutenable attente faite de dilemmes, d’angoisses et de culpabilité.

Page après page, c’est aussi tout un univers qui se déploie : l’hôpital et son personnel, tantôt à l’écoute et bienveillant, tantôt brutal ou indifférent, face auquel notre héroïne se révèle à elle-même – forte et courageuse.

Servi par une écriture délicate et lumineuse, ce texte d’inspiration autobiographique où l’on retrouve l’influence d’autrices telles que Déborah Levy, Sinead Gleeson, ou encore Annie Ernaux, se lit d’une traite. Ode féminine et féministe, intelligent, drôle et d’une émouvante sincérité, *Dans le ventre des filles* s’offre à lire comme la réconciliation entre un destin d’écrivaine et de mère.
22,00 €
Cézembre
Grasset
Après son divorce et la mort de son père, Yann de Kérambrun décide de quitter son poste de professeur d’histoire à Paris pour retourner à Saint-Malo, où il a passé les étés de son enfance. Épuisé, il n’a plus qu’un désir  : retrouver la mer et la contempler depuis la maison dont il a hérité, le long de la plage, face à l’île de Cézembre.

Mais très vite, Yann observe avec intérêt les impressionnantes archives de sa famille dans l’ancien bureau d’Octave, son arrière-grand-père. Irrésistiblement attiré par ces carnets, véritables journaux de bord, il se plonge dans leur lecture. Octave, qui rêvait de dompter la mer en concevant de nouveaux bateaux à moteurs, a fondé au début du XXe siècle une illustre compagnie maritime, Kérambrun & Fils. L’entreprise a contribué à la fortune de la ville et son fondateur en est devenu un des principaux notables. Pourtant, derrière l’image brillante de grand capitaine d’industrie s’esquisse rapidement un autre visage  : le patron génial, visionnaire était un père et un époux inquiet, un homme qui a traversé des drames et dont les doutes et les blessures semblent faire écho à celles de son arrière-petit-fils. Pourquoi  ? Quelles douleurs, quels secrets taisent les carnets d’Octave  ?

En plongeant dans la vie de son aïeul, son arrière-petit-fils va tenter de comprendre les failles qui lézardent la légende familiale. Ce faisant, il découvrira l’histoire tourmentée de Cézembre, une île microscopique mais à la position stratégique face à la ville. En éclairant le passé, en apprivoisant les éléments maritimes, le solitaire Yann de Kérambrun parviendra à adoucir le présent et, peut-être, à vivre à nouveau les sentiments qu’il fuyait.

Au fil de pages magnifiques qui sont autant de tableaux de cette côte bretonne à la beauté aussi envoûtante qu’inquiétante, l’époustouflante saga d’une famille malouine  dont la mer a fait la fortune et le malheur.
24,00 €
Un irrésistible penchant
Grasset
Quels liens improbables unissent une petite culotte et une partie d’échecs sur un toit de New York ?

En vingt chapitres aussi vifs que décalés, Hubert Antoine retrace les tribulations de Kitano, étudiant en histoire de l’art au talent de portraitiste rare dont l’imagination débordante l’entraîne sur des terrains périlleux. Un moment sensuel avec Enea — brillante camarade de classe et compagne de son meilleur ami— suffira à fissurer l’équilibre jusque-là parfait du trio. Faut-il avouer ce dérapage à Max-Igor  ? Comment préserver la complicité avec Enea sans trahir son presque frère ? La situation se corse lorsque les deux étudiants sont envoyés par leur professeur à New York pour participer à une vente aux enchères aux allures d’opération clandestine. Entre malentendus, désirs esquivés et blizzard, l’ambiguïté entre les condisciples atteint son sommet après un incident révélateur. Il reviendra finalement à Max-Igor de dénouer la crise, en exigeant la plus provocante des réparations. Gauguin,Tom Waits, Marcel Duchamp, Pandora Groovesnore… mais aussi les grands piliers de l’histoire de l’art deviennent les pièces d’un vaste jeu d’échecs avec lesquelles les amis d’enfance se défient, se cherchent et se mettent en danger.

Avec une virtuosité réjouissante, Hubert Antoine explore les frontières mouvantes du désir et de la fidélité. On referme ce roman, épris d’une question essentielle : pourquoi cette histoire se raconte-t-elle au présent ?
17,00 €
Chemin des falaises
Grasset
Comment Marie, qui a toujours détesté la campagne et n’a jamais tellement aimé les chiens, se retrouve-t-elle à vivre seule dans un hameau normand avec un malinois de vingt-cinq kilos ? Il a suffi d’une seconde. Une seconde d’inattention, un camion dans un virage, et tout a basculé. Alex n’est plus là et Marie se retrouve veuve, avec pour seul compagnon le chien qu’il avait recueilli.

Un long voyage commence pour elle. De Berlin, où ils vivaient leur vie rêvée et cosmopolite, elle part s’installer aux abords de Fécamp, où Alex avait ses racines, et où il espérait finir ses jours. Là, dans la maison du chemin des Falaises, qu’un escalier construit par des prisonniers de guerre allemands relie à la mer, elle affrontera l’épreuve du deuil. Ici, elle survivra ou elle sombrera avec la ville. Car comme elle, Fécamp a connu des jours meilleurs - les années fastes ne sont plus qu'un lointain souvenir pour un peuple de héros déchus, rudoyés par les vagues et lancés à marche forcée vers la modernité.

*Chemin des Falaises* est l’odyssée d’une femme qui navigue sur l'étroite ligne de démarcation entre la solitude et la folie, et que la vie embarque en des contrées inattendues. Marie, qui croyait pouvoir tout maîtriser, doit lâcher prise et se laisser porter... Elle croisera des voisins indiscrets, des femmes bavardes, des lamas, un clown, une veuve ukrainienne, un pêcheur intolérant, des Parisiens plus fermés encore, des jeunes désœuvrés, un loup de mer renfrogné. Grâce à son chien, elle apprendra à les connaître et à les apprécier, de la même manière qu’elle finira par tomber amoureuse de son nouveau port d’attache. Pour Marie comme pour Fécamp,  *Chemin des Falaises*  est une histoire de naufrage et de résurrection.
20,00 €
La vraie vie de Sawsan
Grasset
Mais qui est réellement Sawsan  ? Professeure de danse, amante discrète et amie évanescente, elle a surgi un soir dans la vie de la narratrice alors que celle-ci travaillait derrière le comptoir d’un bar parisien. La jeune femme est immédiatement fascinée par l’aura de la danseuse, une obsession qui ne va cesser de se nourrir de la curiosité et du désir qui croît en elle. Elles se revoient après cette soirée, se rapprochent, mais derrière l’énergie hypnotique de Sawsan semble se dissimuler un soleil noir difficile à déchiffrer.

La barmaid a du mal à trouver sa place dans cette relation, et cela la renvoie à ses propres angoisses sociales  : on lui reproche de trop s’effacer, de ne pas imposer ses choix, de plier face à la violence masculine qui régit son groupe d’amis. Mais alors que l’arrivée de Sawsan bouscule entièrement sa vie, elle ne réalise pas encore que certaines histoires d’amour sont bien différentes de celles auxquelles on aimerait croire…

Après le succès d’*Adieu Tanger*, Salma El Moumni continue d’explorer la complexité des relations humaines en nous plongeant dans une enquête intime jusqu’à sa déflagration finale. Car pour comprendre la vraie vie de Sawsan, elle transforme ses lecteurs en voyeurs. Mais aussi en complices.
18,00 €
Le système de l'argent
Grasset
«  J’ai besoin d’un vieux, pour inspirer confiance. Des vieux, on en trouve partout. Mais des vieux comme toi, je n’en connais qu’un. Pendant toute ta vie, tu as réussi à oublier le petit garde rouge que tu étais dans ta jeunesse, le justicier des usines, le casseur de flics, le voleur de bibliothèques, l’ami des pauvres. Et tu as réussi à ne plus croire en rien. C’est très fort. Tu es un monstre, Lux. Quelqu’un qui ne croit en rien est capable de tout.  »  : ainsi s’adresse Christian Alexander Smith à Luc/ Lux Desanges.

Le premier, la trentaine, est un jeune self made man d’origine européenne, startupper richissime sans autre patrie que celle du profit, ami de tous les milliardaires libertariens de la tech, qui entreprend avec sa folie visionnaire apocalyptique d’acheter à prix d’or de gigantesques zones franches pour la survie des plus nantis, hors du contrôle des Etats impuissants (la Ligue des Territoires de demain), maniant avec dextérité la novlangue cynique d’un discours progressiste (écologie, expérimentation sociale, etc.) pour mieux camoufler ses intentions totalitaires et mercantiles.

Le second, 73 ans, est un ancien militant révolutionnaire établi en usine dans les Vosges. Ses rêves fracassés à 23 ans, il traine le cadavre de sa jeunesse pendant la Révolution des Œillets au Portugal, où il pille les riches bibliothèques privées pour faire commerce de livres anciens au point de devenir bibliophile (il fournit à ce titre un certain… François Mitterrand, qui le prend en affection et se confie à lui lors de ses déambulations parisiennes clandestines). Devenu riche, il se retire en ermite contemplatif et romantique dans une petite île bénie de l’archipel de Malte d’où va l’extirper Smith afin qu’il pilote le commando d’experts embauchés pour   faire main basse sur les médias influents, puis sur les vastes territoires (France, Europe, Afrique) des futures zones franches.

Ce roman-monde nous fait passer sans transition du monde d’en haut où voyagent sans frontière les tycoon de la finance dérégulée (Washington, Moscou, Tripoli, Benghazi, Beyrouth, Bruxelles, La Valette, Gozo, Kigali,   Malte, Lisbonne…) au monde d’en bas (les Vosges, la Lorraine… ) où s’agitent les petits insectes humains que les premiers tentent d’écraser  ; du plan large des kleptocrates idéologues au plan serré des femmes et des hommes encore porteurs d’un idéal  ; du point de vue panoramique des drones tueurs sans âme au point de vue subjectif des individus de chair et d’os (il en reste…).

Ce «  système de l’argent  » au plus haut niveau est-il assez huilé pour broyer les citoyens ordinaires et les déraciner de toutes leurs traditions, ou quelques grains de sable obstinés finiront-ils, dans l’arrière-pays du Mont Tomis (sud de la France), par enrayer la mécanique terrifiante de déshumanisation  ? Luc se réveillera-t-il de sa longue léthargie dépressive  ?
24,00 €
La Petite sauvage
Grasset
«  Car la haine est partout qui désarticule notre langue, et le diable lui-même se déplace dans le monde en voiture diplomatique. Je n’ai pas retrouvé la parole perdue, et il n’y aura donc rien d’autre pour nous hisser jusqu’à la haute tendresse que la  parole  présente, peu importe la vérité, désormais…  »

Ainsi se livre la «  Petite sauvage  », l’héroïne, le double d’enfance de Laurence Nobécourt, prise dans une des grandes guerres des familles : la succession.

Après le père, c’est la mère qui est morte, laissant trois sœurs blessées, peut-être aussi soulagées  : Stella, l’aînée  ; Petra, et puis la Petite sauvage elle-même, celle qui depuis toujours écrit, et vers qui tout converge, l’amour, la jalousie, la dépossession. Car il n’y a pas d’équilibre ou de justice, quand il faut répartir les biens, les séparer à jamais - maisons, tableaux, photos, menus papiers,  vaisselles  : dans ce combat dérisoire et violent, il n’y a plus d’adultes, seulement des histoires d’enfance  passionnelles. Stella était la préférée du père, l’adorée-adorée. Petra fut tant aimée de la Petite sauvage, telle une soeur tchekhovienne, vitale et chérie. Et la Petite sauvage, c’est simple  : la mère n’en voulait pas.

Alors, elle nous raconte  : son père, dans les dédales de l’argent et de l’extrême-droite, son oncle, qui l'aima comme il ne faut pas, et tout l’arbre familial, de blessure et de répétition, dans les branches duquel se vivent les souffrances, les rôles, et si peu la joie.

Le roman de Laurence Nobécourt nous montre comment la haine des familles, se charriant sur des générations, induit certains paysages politiques. En  mêlant histoire intime et  sociale, elle  clôt, après des années, le cycle familial initié avec *La  Démangeaison* et nous emmène vers la possibilité d’une vie nouvelle.
22,00 €
Bocuse
Grasset
De la cuisine il a fait un art, de son nom, une légende, et de sa vie, un roman.

Gautier Battistella nous plonge dans la fascinante histoire de Paul Bocuse, figure emblématique de la gastronomie française du xxe siècle. De ses racines familiales sur les rives de la Saône aux trois étoiles Michelin tant convoitées (il les conservera 53 ans, de 1965 à sa mort en 2018), ce roman biographique retrace le parcours d’un génie de la cuisine – et des affaires.

Le livre s’ouvre sur les années de formation de « Paulo » dans le village de Collonges-au-Mont-d'Or, où la nature et les traditions d’une dynastie d’aubergistes ont façonné ses premiers souvenirs. S’ensuit son apprentissage dans les cuisines de la grande Eugénie Brazier puis du célèbre Fernand Point, dont la philosophie et la rigueur vont laisser sur lui une empreinte indélébile. Après la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle le soldat Bocuse est grièvement blessé, l’esprit frondeur du jeune chef accompagne le réveil de la société française. De la Libération à la naissance du Concorde, c’est tout un siècle qui défile sous ses yeux et les nôtres. Création de ses plats signatures, amitiés indéfectibles avec Michel Guérard et les frères Troisgros, rivalités avec Gault et Millau, aventures féminines, rencontres avec Romain Gary ou encore Charles de Gaulle, ces décennies vont forger le mythe Bocuse. Paul comprend très tôt les ficelles de la communication et du capitalisme : il ne lui reste plus qu’à partir à la conquête du monde…

Avec humour, tendresse et un sens aigu du détail, *Bocuse* révèle la complexité d’un homme traditionnel et révolutionnaire, bon vivant et perfectionniste, délicat et ogre à la fois. On y découvre les coulisses de la « Nouvelle Cuisine », l’invention du chef médiatique, les aventures de Paul Bocuse en Amérique et au Japon, ainsi que ses doutes et la difficile question de son héritage. L’histoire d’un chef légendaire qui a transformé un métier en art national.
22,00 €
J'ai perdu un bédouin dans Paris
Grasset
Je m’appelle Arthur Essebag.

Depuis toujours, je vous divertis à la télévision. Je ne vous ai jamais parlé d’autre chose, car j’ai toujours considéré que ce n’était pas mon rôle.

Jusqu’à ce matin où l’impensable a surgi. Des milliers de terroristes. Des villages anéantis.

En quelques heures : 1 200 vies sauvagement brisées. D’autres traînées dans des tunnels, en otages.

Si le monde allait bien, il aurait pleuré. Comme moi j’ai souvent pleuré pour le monde. Mais ce jour-là, une partie de la planète s’est tue.

C’était le 7 octobre 2023. Le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah.

Ce fut une bascule, une descente aux enfers où j’ai entraîné ma famille, mes proches, dans une apnée interminable. Je voyais dans leurs yeux ma peur reflétée, ma colère, mon impuissance. Alors j’ai pensé à ma mère. À mes racines. À cette Histoire tatouée dans mon sang. Et mon ADN s’est mis à hurler : j’ai dit “Je” et j’ai dit “juif” .

Presque malgré moi. Je suis devenu une voix, dans le vacarme et le mensonge.

Et j’ai écrit. Parce que je n’avais plus d’air. Pour survivre. Pour transformer la douleur en action.

De mes voyages en Israël, sous les missiles du Hamas, de mes amis perdus et de ceux retrouvés, entre les larmes et les rires, est né ce livre. Un cri qui traverse les frontières. De Tel-Aviv à Gaza. Un cri qui nous demande : où est passée notre humanité ?

*J’ai perdu un Bédouin dans Paris* est mon premier livre.

Et ce Bédouin, finalement… c’est moi.
22,00 €
Ibn
Grasset
Le grand maigre allongé sur le corps de sa mère s’appelle Issa et se surnomme *Ibn*, *le fils de* en arabe. Et depuis ce soir, *Ibn* est orphelin. Lorsqu’il est rentré de l’école, il a trouvé Leïla, inanimée, sur son tapis de prière. Après avoir essayé de la réveiller, il a compris. Et le souvenir du décès de son père neuf ans plus tôt l’a saisi  ; le corps de Youssef avait dû être rapatrié «  au pays  ». Plus que tout, il craint qu’on veuille de nouveau lui voler le corps de son parent. Alors, comme Antigone, Ibn va se dresser contre la raison, la loi et la morale, et décider de n’avertir personne, de veiller seul sa mère et de l’enterrer lui-même, ici, à Montreuil, selon le rite musulman. Il connait peu la religion, Dieu, le sens des prières, mais sa mère y tenait. Il va devoir apprendre en un instant. Grandir en un éclair.

Du mardi au vendredi, de la découverte de sa mère sans vie à sa mise en terre, on va et vient avec lui du huis-clos troublant de leur appartement, où *Ibn* veille le corps de Leïla qui peu à peu se délite, au monde dehors, la Mosquée de Paris, les forums dédiés aux pratiquants ou chez Leroy Merlin, où il ira chercher conseils pour construire le mausolée qu’il rêve naïvement d’ériger pour elle. Chaque chapitre, écrit à l’os, s’ouvre par l’une des cinq prières quotidiennes qu’Ibn fait plus consciemment à mesure qu’il trouve en lui ce Dieu qu’il invective, craint, appelle,  et va bâtir à sa manière pour combler le vide laissé par le décès de ses parents.

Un deuxième roman aussi troublant qu’inoubliable.
20,90 €
Je me retournerai souvent
Grasset
Cet ouvrage (qui doit son titre à un poème de Guillaume Apollinaire  : «  Passons, passons, puisque tout passe / Je me retournerai souvent...) emprunte à plusieurs genres littéraires  : l’autofiction, l’essai critique, les mémoires, le roman... L’ensemble compose une mosaïque, une «  marquèterie disjointe  » - l’auteur emprunte cette expression à Montaigne, qui alterne les rythmes et les intrigues.

On y retrouve des rêves, des fantômes, des êtres aimés et disparus, des paysages, des bonheurs fragiles, des mélancolies de passage, des souvenirs, des rendez-vous réussis ou manqués... On y retrouve surtout la collection d’affinités et de sensations qui résument une «  vision du monde  » à travers des écrivains que l’auteur a, pour certains, connus et fréquentés, et qui ont largement infléchi sa vie : Cioran, Barthes, Sollers, Pérec, Camus, Romain Gary, Paul Morand, Jacques Rigaut, André Gide, le Prince de Ligne et quelques autres…

On y retrouve aussi des lieux et des êtres qui ont beaucoup compté pour lui  : Key West, la Toscane, une bien-aimée, un ami très cher – ainsi qu’un ensemble de méditations et de considérations intempestives sur l’époque. En chemin, Jean-Paul Enthoven se souvient et jette un œil par-dessus son épaule. *Il se retournera souvent...*
22,00 €
Tout contre elles
Grasset
«  On raconte que le bonheur c'est le génie de l'enfance retrouvé à volonté. Pour moi, l'enfance est un territoire perdu et sauvage jalonné çà et là de fiévreuses expériences. J’ai vécu cette époque de ma vie comme une très longue agression. Dans l’incompréhension absolue du droit des adultes à disposer de nos corps et de notre temps. Très vite, j’ai vu les femmes se taire derrière leurs cris. Les secrets, les silences. Très vite, j’ai compris les règles du jeu. La puissance qu’il fallait enfouir. Le regard des hommes. Longtemps je n’ai rien pu en faire. À part espérer grandir le plus vite possible, quitte à en payer le prix fort. »

Marie Chiabrero

Dans ce récit d'apprentissage aux accents de révolte, Marie Chiabrero raconte son histoire, celle d'une jeune fille qui a grandi dans les années 2000. Des premiers émois de la cour de maternelle à l’entrée inquiète au collège, elle traque chaque sensation, chaque expérience qui la rapproche un peu plus de ce qu’elle perçoit être la liberté ultime : devenir grande et voler de ses propres ailes. L’année de ses treize ans, tout bascule lorsque Marie découvre qu’elle est enceinte… Il faut alors avorter, seule à l’hôpital, en secret de tous, à commencer de ses parents. Car quelque chose de plus se joue dans sa relation avec sa mère : des non-dits qui dévorent et un passé qui ne passe pas. Reste l’écriture pour exprimer l’innommable, conjurer la violence et interroger cette cicatrice invisible que se transmettent les femmes à travers les générations.

Avec *Tout contre elles*, Marie Chiabrero signe un premier texte bouleversant sur la jeunesse, l’IVG et le corps des femmes.
20,00 €
Le cercle des obligés
Grasset
Automne 1968, dans une décharge des Yvelines, Stefan Markovic, homme à tout faire et doublure d’Alain Delon, est retrouvé mort, ligoté dans une housse de matelas, le visage détruit et une balle dans la nuque. Automne 1993, sur le parking d’une résidence, le long des marais salants de la presqu’île de Giens, Henri Diana, grande figure du Milieu varois, est assassiné.

Vingt-cinq années, deux morts, et un peu de sable blanc de la côte d’Azur comme piste oubliée.

Ainsi commence Le cercle des obligés, le roman vrai de Philippe Brunel. Son héros, un jeune journaliste sans pratique mais avide de s'élever, suit les pas d’un reporter de légende, Pierre Salberg, qui enquête sur la plus sulfureuse des affaires des années 70. Simple règlement de compte, crime d’honneur, vendetta personnelle, complot politique, le meurtre de Markovic soulève autant de fantasmes que d’énigmes. Et maintient, égare, blesse les êtres dans une connaissance impossible.

On croise ici des ombres, le réalisateur Jean-Pierre Melville, dont le studio-maison s’enflamme ; Alain Delon, magnifique et provocateur ; Markovic, garde du corps, ami, amant de l'épouse de l'acteur ; des femmes de grande vie, des hommes de basse vertu, des chefs d’Etat ; et une France cinématographique, violente et trouble, entre Série noire et le Café de la jeunesse perdue.

A coup d’hypothèses, de rencontres et de choses vues, Philippe Brunel reconstitue l’histoire perdue derrière l’affaire Marcovic.
20,90 €
Nuit blanche
Grasset
«  On se souvient de la légende de la gravure de Goya, «  le sommeil de la raison engendre des monstres  ». Bienvenue chez les monstres  !

Au fil de cinq chapitres entrecoupés eux-mêmes de fragments, comme autant d’éclats d’un temps suspendu, circulaire, où se perd la notion même du temps, voici le bestiaire de la nuit d’un insomniaque qui laisse s’écouler, à ciel ouvert, le flux de conscience de ses pensées, rêveries, souvenirs, portraits, cauchemars éveillés, associations d’idées cocasses, poétiques ou graves.

L’homme ne parvient plus à dormir  : parce qu’il «  en a trop vu  »  ? Parce qu’il hait le sommeil ou le redoute comme la mort ? Parce qu’il ne supporte pas de ne plus être en contrôle  ? Parce que ce temps perdu pourrait mieux être mis à profit pour d’autres «  recherches  »  ? Parce qu’il est devenu l’esclave d’un cocktail de somnifères qui tue en lui la faculté du rêve  ?

Ceux qui croient connaitre la caricature publique du personnage «  BHL  » seront surpris par cet autoportrait d’une vie intérieure en ébullition où se consigne méticuleusement le jaillissement d’un inconscient qui ne tarit jamais.

L’humour succède à l’intensité, la gravité à la dérision, le sens du tragique à la légèreté et la rage à l’auto-ironie. Jamais l’auteur n’avait fait preuve d’un tel «  lâcher-prise  », matière et manière confondues, ni n’avait livré autant de détails intimes sur ce qui a fait de lui ce qu’il est devenu. Enfance, amis, amours, présence des morts, obsession du Livre et des livres, échos du passé qui ne passe pas dans le présent le plus brûlant, tels sont les thèmes qui traversent ce récit.

Qui n’a rêvé de se retrouver «  dans la tête  » d’un autre – qui plus est écrivain, philosophe ? Entrez dans Nuit blanche  : vous y êtes  !  »

O.N.
18,50 €
Patronyme
Grasset
Attendue sur le plateau de La Grande Librairie pour parler de son livre, Le Consentement, l’autrice est appelée par la police pour venir reconnaître le corps sans vie de son père, qu’elle n’a pas revu depuis dix ans. Dans l’appartement de banlieue parisienne où il vivait, et qui fut jadis celui de ses grands-parents, elle est confrontée à la matérialisation de la folie de cet homme toxique, mythomane et misanthrope, devenu pour elle un étranger. Tandis qu’elle s’interroge, tout en vidant les lieux, sur sa personnalité énigmatique, elle tombe avec effroi sur deux photos de jeunesse de son grand-père paternel, portant les insignes nazis. La version familiale d’un citoyen tchèque enrôlé de force dans l’armée allemande après l’invasion de son pays par le Reich, puis déserteur caché en France par celle qui allait devenir sa femme, et travaillant pour les Américains à la Libération avant de devenir «  réfugié privilégié  » en tant que dissident du régime communiste, serait-elle mensongère  ?

C’est le début d’une traque obsessionnelle pour comprendre qui était ce grand-père dont elle porte le nom d’emprunt, quelle était sa véritable identité, et de quelle manière il a pu, ou non, «  consentir  », voire collaborer activement, à la barbarie. Au fil de recherches qui s’étendront sur deux années, s’appuyant sur les documents familiaux et les archives tchèques, allemandes et françaises, elle part en quête de témoins, qu’elle retrouvera en Moravie, pour recomposer le puzzle d’un itinéraire plausible, auquel il manquera toujours des pièces. Comment en serait-il autrement dans une Tchécoslovaquie qui a changé cinq fois de frontières, de nationalité, de régime, prise en tenaille entre les deux totalitarismes du XXème siècle  ? À travers le parcours accidenté d’un jeune homme pris dans la tourmente de l’Histoire, c’est toute la tragédie du XXème siècle qui ressurgit, au moment où la guerre qui fait rage sur notre continent ravive à la fois la mémoire du passé et la crainte d’un avenir de sauvagerie.

Dans ce texte kaléidoscopique, alternant fiction et analyse, récit de voyage, légendes familiales, versions alternatives et compagnonnage avec Kafka, Gombrowicz, Zweig et Kundera, Vanessa Springora questionne le roman de ses origines, les péripéties de son nom de famille et la mythologie des figures masculines de son enfance, dans une tentative d’élucidation de leurs destins contrariés. Éclairant l’existence de son père, et la sienne, à l’aune de ses découvertes, elle livre une réflexion sur le caractère implacable de la généalogie et la puissance dévastatrice du non-dit.
22,00 €
Prisonnier du rêve écarlate
Grasset
Ce grand roman-destin retrace  un demi-siècle d'histoire de l'Union soviétique et de la France à travers l'intense aventure humaine de Lucien Baert, jeune communiste français "prisonnier du rêve écarlate".

Arrivé à Moscou en 1939 pour découvrir la promesse d'un paradis sur terre, il connaîtra l'envers du décor : l'extrême cruauté du régime, les tortures dans les camps du Goulag, la sauvagerie de la guerre. Mais aussi la communion des âmes meurtries et l'amour d'une femme, Daria, avec qui il saura reconstruire leurs vies brisées.

Près de trois décennies plus tard, Lucien parvient à traverser le rideau de fer pour tenter de retrouver les siens. Mais ce revenant du grand Nord ne reconnait plus sa patrie.   Comment pourrait-t-il se fondre dans le confort d'une "société d'estomacs heureux" et prendre au sérieux la révolution d'opérette de 1968 ? Lui faudra-t-il se renier, en effaçant son passé ? Ou bien tenter l'impensable retour à Tourok pour reconquérir son rêve de fraternité et son amour perdu  ?

Un puissant roman sur la barbarie stalinienne et le rejet de l'hypocrisie occidentale, où s’ exprime la foi dans une humanité digne de ce nom.
23,00 €
Giulietta Shakespeare
Grasset
Benjamin, universitaire, tente de soigner sa mélancolie depuis que Juliet, son amoureuse danoise, l’a quitté sans explication. C’est le moment que choisit Andrea, son vieil ami italien, pour resurgir dans sa vie et lui faire part d’une étonnante découverte  : le journal de Scopritori, un spécialiste de Shakespeare, écrit à Turin pendant les années du fascisme. Fascinés par cette lecture, les deux chercheurs se rendent en Italie où le journal les conduit jusqu’à un livre unique, victime d’un autodafé et miraculeusement sauvé. Qui est donc ce Scopritori expert en littérature anglaise  ? Qu’a-t-il à nous révéler  ? Et qui est cette Giulietta dont les apparitions dans ses rêves troublent Benjamin ?

Il est aujourd’hui communément admis que le «  Barde  » de Stratford-upon-Avon n’avait ni le talent ni les connaissances nécessaires pour devenir le dramaturge génial qui nous bouleverse encore aujourd’hui. Depuis des siècles, de grands auteurs, des amateurs éclairés, des comédiens de renom ont questionné l’identité réelle de William Shakespeare. Parmi eux, l’essayiste italo-canadien Lamberto Tassinari, dont la thèse invitait à chercher le dramaturge du côté de l’Italie. Sous forme romanesque, Patricia Reznikov suit ses traces et nous convie à un périple éblouissant qui entremêle trois récits, à trois époques différentes  : celui de Benjamin et Andrea, nos contemporains, embarqués dans une quête inattendue  ; celui du mystérieux Scopritori, à Turin, dans les années 30  ; celui, enfin, de William Shakespeare et ses doubles dans le monde élisabéthain. Avec eux, nous vivons le quotidien d’un homme de la Renaissance, dans un Londres effervescent, à la fois trivial et raffiné, où la foi, le théâtre, l’amour de l’Italie et la peste se partagent les premiers rôles, parmi ses chevaliers-poètes, les questions de religion et de pouvoir qui hantent la cour, et la naissance de cet extraordinaire théâtre de l’humain dont Shakespeare reste le maître incontesté et le symbole.

Questionnement sur l’amour, hommage aux femmes, amantes ou poétesses, ode à l’Italie, si présente dans l’œuvre shakespearienne, aux vertiges du langage, en un temps où la langue anglaise s’invente littéralement, réflexions sur les souffrances et les bonheurs de l’exil, Giulietta Shakespeare envoûte par ses jeux de miroirs et ses mises en abîmes. Et si l’œuvre de William Shakespeare avait été écrite par deux personnes  ? Un homme et une femme  ?
22,00 €
Le roman des artistes
Grasset
Voici le premier volume d’une tétralogie, Le roman des Artistes, qui racontera, de 1820 à 1885, la vie de tous les grands créateurs aux prises avec le temps des Révolutions (1830, 1848, La Commune…). On retrouve ici tout le talent addictif dont l’auteur a déjà fait preuve dans sa fameuse trilogie Le temps des Bohèmes (Bohèmes, Libertad et Minuit).

Le cadre historique de ce premier volume va des Cent jours du « Vol de l’aigle » (le retour de Napoléon en 1815) à la veille de la Révolution de 1848 en passant par les Trois glorieuses.

« Je m’en vais, Monsieur, et vous venez » dit Chateaubriand à Hugo, marquant la bascule vers le romantisme triomphant au terme de batailles homériques qui scandent cette vaste fresque dont les querelles esthétiques redoublent les révolutions politiques.

Dumas, Hugo, Balzac, Marie d’Agoult, Lamartine, Musset, Sainte-Beuve, Vigny, Mérimée, Nerval, George Sand, Théophile Gautier, Chateaubriand, Marceline Desbordes, Baudelaire, Delphine Gay pour la plume ; Beethoven, Berlioz, Liszt, Chopin, Marie Pleyel pour la musique ; Gericault, Delacroix, Ingres pour le pinceau ; Mlle Mars, Marie Dorval, Juliette Drouet pour la scène : autant de personnages de chair et de sang dont nous partageons les combats, les engagements, les amitiés, les amours passionnées, les coucheries d’un soir (« J’ai eu Mérimée cette nuit, ce n’était pas grand-chose » dit George Sand…), les querelles, les brouilles et les réconciliations, le génie et les bassesses.

Et voici que tous ces artistes qui sont devenus pour nous des « classiques » quittent la poussière des étagères et des bancs d’école pour s’ébrouer au grand vent de l’Histoire, dans un tourbillon palpitant où ils inventent à la fois la presse moderne, la littérature moderne et les lieux de la sociabilité littéraire (salons, etc).
24,00 €
Nuits
Grasset
«  J’avais vingt ans, le jour me rebutait. Je n’aimais pas le sort qu’il me réservait et moins encore l’avenir qu’il me promettait. Alors, à l’heure où d’autres regagnaient leurs lits, je sortais du mien et trouvais refuge dans la nuit. De couchers en réveils tardifs, je me trouvai bientôt en parfait décalage avec le reste du monde : dormant le jour, vivant la nuit. Combien de temps dura cette période ? Un an, deux ans ? En suis-je jamais sorti ?  »

Dans Nuits, son deuxième roman, Pierre Deram se remémore ses nuits d’errance et tout ce qui le torturait alors : d’un côté le dégoût, l’alcool, une sexualité effrénée avec des prostituées et l’envie de se perdre dans l’obscurité, de l’autre la grâce, la recherche de la tendresse et de l’amitié, l’espoir d’un bonheur possible en compagnie d’une jeune femme qu’il ne parvient pourtant pas à aimer. Des bars de Belleville aux saunas libertins de Nice en passant par des moments paroxystiques d’enivrement à Toulouse, un homme se perd en cherchant à se trouver.

«  Longtemps je n'allais rien demander d'autre à la vie que de me permettre d'errer pour toujours dans ce pays de brume et de tendresse, à mi-chemin de la perdition et de la grâce  », écrit Pierre Deram. Il a trouvé la lumière grâce à ces bouleversantes Nuits.
19,00 €
De vive voix
Grasset
Au fil des années, en parallèle avec essais, journaux ou romans, Marc Lambron a réalisé de nombreux entretiens avec écrivains, acteurs, chanteurs, créateurs de mode, artistes en général. Pour la première fois, il rassemble les transcriptions d’une soixantaine de ces rencontres selon le verbatim alors enregistré puis transcrit par ses soins.

On y trouvera de grands disparus, Jeanne Moreau, Juliette Gréco, Charles Aznavour, Raymond Devos, Françoise Gilot, Johnny Hallyday, Karl Lagerfeld, Jane Birkin, et du côté des écrivains Alberto Moravia, Tom Wolfe ou Martin Amis.

Beaucoup de cinéma : les actrices françaises les plus en vue, de Catherine Deneuve à Isabelle Adjani, d’Isabelle Huppert à Fanny Ardant, y apparaissent, tout autant que des Anglo-Saxons tels Robert Redford, Faye Dunaway, Woody Allen, Charlotte Rampling ou John Malkovich.

La réputation de mutisme d’un Sami Frey ou d’un Hedi Slimane s’y trouve démentie, tandis que Patti Smith, Gérard Garouste ou Philippe Starck, parmi beaucoup d’autres, y revisitent leur carrière.

Au fil de ces entretiens, l’auteur cultive continument une même approche : proposer à ses interlocuteurs, regardés comme des personnages de roman, de se livrer à une sorte d’autobiographie parlée, de la naissance d’une vocation à ses accomplissements majeurs. Pour la plupart conduites en longueur, ces rencontres offrent comme la photographie verbale d’un parcours restitué par le locuteur lui-même. L’ensemble constitue une archive unique mise en perspective, de vive voix, sur le mode de la confidence et de la remémoration.
26,00 €
Cendrillon est en prison
Grasset
États-Unis, aujourd’hui. Cindy est en prison, accusée du meurtre de sa mère, Angela. Un podcasteur qui suit l’affaire depuis ses débuts nous raconte l’histoire, devenue un événement médiatique colossal, au point qu'un grand studio de production  a acheté les droits du podcast pour en faire un film.

Enfant, Cindy a été instrumentalisée par sa mère, qui l’a bourrée de médicaments et rendue intentionnellement malade afin de publier sur les réseaux sociaux des photos d’elle décharnée et défigurée, qui lui ont permis de soutirer des centaines de milliers de dollars aux internautes attendris. Seulement voilà, la fille n’est pas moins manipulatrice que la mère  : Cindy échafaude un stratagème qui lui permettrait de s’enfuir avec cet argent si vicieusement gagné. Il tourne mal, Angela est tuée par un garçon naïf que Cindy avait attiré dans sa machination. Cindy est-elle coupable  ?

Fondée sur un fait-divers authentique, un roman captivant qui dresse le portrait impitoyable de l’inculture et de la dégénérescence d’une certaine classe moyenne américaine.
19,00 €
Carat
Grasset
De sa mère, Agathe pensait tout connaitre. Notamment qu’elle était une femme excentrique et belle, adorée et courtisée. Elle sait qu’elle a collectionné les amants, elle les a vus défiler chez elles sans pour autant qu’Aimée ait jamais pu lui dire lequel aurait pu être son père. Elle sait aussi combien elle aimait l’art, leur unique point commun puisqu’Agathe en a fait son métier, commissaire-priseur chargée d’organiser les ventes d’œuvres rares. Pour le reste, elle est son opposée. Toujours de noir vêtue, elle est discrète et solitaire, n’a aimé qu’un homme, a une amie, et concentre ses efforts sur son travail et son projet  : ouvrir sa propre étude. Aussi, lorsqu’en vidant l’appartement d’Aimée après son décès elle découvre, dans un coffre, une dizaine de bijoux frappés du poinçon du joailler Van Cleef & Arpels, elle décide de les envoyer à la maison mère pour en connaitre la valeur. Elle ne se doute pas que deux d’entre eux dont elle ne connait pas l’origine, ainsi qu’un paquet de lettres cachées, vont changer sa vie et lui donner la chance de découvrir la vérité sur sa mère, et peut-être l’identité de son père. Mais le veut-elle vraiment  ? Est-elle prête à laisser les carats raconter leur histoire ?

Après L’âme du violon, Marie Charvet revient et signe un deuxième roman aussi brillant que les carats qu’elle fait scintiller sous nos yeux. Avec Agathe, elle nous emporte dans l’univers de la joaillerie et les coulisses de la Maison Van Cleef & Arpels pour laquelle elle travaille depuis des années. C’est là qu’elle fera basculer le destin de son héroïne en lui offrant la possibilité de changer pour apprendre à aimer, sa mère, elle-même, et peut-être ce client indien, qui sait  ? Vibrant, battant, sensible et passionnant, Carat nous rappelle que le plus précieux n’est pas toujours fait de pierres, mais de sentiments.
22,00 €
L'invention de la famille
Grasset
Prémenry est une vaste propriété en bord de Loire où les grands-parents maternels de Sonia David, Lili et Ruben, ont fait le choix de s’installer dans les années 50 alors que rien ne les liait à la région. Le couple y accueillera jusqu’à leur mort leurs cinq enfants et treize petits-enfants.

Si les robinets dans chaque chambre alimentaient ses rêves de petite fille, Sonia David en retient surtout un lieu ouvert aux arts et au débat, lieu mouvant où les meubles allaient et venaient sans attache particulière. Car jamais le passé n’y était célébré, au contraire : Lili et Ruben n’ont eu de cesse d’y transmettre l’esprit critique, le goût de l’altérité, le sens des responsabilités, le devoir de se modeler son propre destin, et de partir. La mère de l’autrice, tout comme ses quatre oncles ont pris la route, et d’autres nationalités. Ses douze cousines et cousins également, éparpillés à travers le monde, qui parfois même ne se connaissent plus les uns les autres. Peut-on encore parler de famille, et à quoi tient-elle précisément ? Et pourquoi cette injonction au départ ? Celle-ci trouve évidemment ses raisons dans l’histoire de Lili et Ruben : elle, issue de la grande bourgeoisie catholique marseillaise, lui, juif russe émigré et ancien déporté.

Dans ce livre bouleversant d’humanité et de sincérité, Sonia David sonde les secrets, déroule un XXe siècle cosmopolite au fil des choix et parcours de chacun, et de chapitre en chapitre, explore cet héritage commun : le devoir de s’inventer.
24,00 €
Bobby Nazebroque
Grasset
Que feriez-vous si, chaque fois que vous buvez pour oublier vos problèmes, l’enfant que vous étiez à 10 ans vous apparaissait pour vous demander des comptes  ? C’est ce qui arrive au narrateur de ce roman, Robert, jeune homme de 29 ans, alcoolique solitaire, Brautigan citadin et sorte de Werther contemporain (le lyrisme en moins et la picole en plus), dont la vie se résume à une longue suite de cuites. Sans emploi, désœuvré, ultrasensible et isolé, ils ne parlent à ses parents que pour apprendre qu’ils divorcent ou se sont réconciliés, fuit ses amis pour éviter leur jugement. Et maintenant celui de Bobby, l’enfant qu’il était, qui ne lui apparaît que dans l’ivresse et le supplie chaque fois de se rappeler leurs rêves pour les réaliser. Peut-être pas certains, être archéologue ou rockeur. Mais au moins ces deux-ci  : être amoureux et heureux. Après avoir essayé de s’en débarrasser, Robert va peu à peu l’écouter. Et accepter de se souvenir de l’homme qu’il voulait devenir.

Des rues de Paris où ils vont cheminer ensemble pour retrouver une femme, aperçue dans un bar, mais dont le narrateur pressent qu’elle pourrait être l’amour de sa vie, au centre de désintoxication où Robert tentera, cette fois, de retrouver sa santé, on les suit dans ce bildungsroman à l’envers, où l’enfant devient le guide. Mordant et tendre, grave et léger, drôle ou grinçant, Paul Cluzet use de toutes nos émotions pour peindre avec honnêteté et talent la difficulté de grandir et l’espoir que l’enfance abritait, et qui parfois nous revient. Un premier roman qui parlera à tous et toutes, puisque nous avons tous été enfants avant que d’être adultes.
18,50 €
Si le soleil s'en souvient
Grasset
Le livre s’ouvre en 1960, à Mascara, petite ville des hauts-plateaux de l’Algérie française, avec l’inauguration d’un cinéma trop luxueux pour ce monde en sursis. Ce cinéma, le Vox, c’est le père du narrateur, Edmond, qui l’a bâti à grands renforts d’enthousiasme, de naïveté et d’illusion. On doit y projeter  «  Moby Dick  », le film de John Huston – mais comment montrer la beauté sous un ciel voluptueux, quand la violence, la haine et la folie des hommes se déchaînent  ? Ce soir de juin, qui devait être joyeux, a lieu un affreux massacre…

À partir de cette scène primitive, tout se tisse dans ces pages d’allers-retours entre hier et aujourd’hui. Le narrateur nous guide dans son adolescence éperdue, dans un enfer ensoleillé, concentré d’aveuglements, d’injustice, de fausses allégresses et d’exil. Le père, magnifique et désespéré. La mère, silencieuse et protectrice. Le grand-père, légendaire légionnaire d’origine hollandaise. Tous prêts au départ vers la métropole. On croise aussi Camus, un certain Omar-Le-Fou, un pêcheur anti-franquiste. Sans oublier les photos du studio Harcourt, le bordel caché, et la guerre, toujours, partout….

Si le soleil s’en souvient  n’est pas  l’évocation du «  paradis perdu  », mais le roman de la jeunesse et de la nostalgie, entre bonheurs défunts, jouissances sensuelles, et découverte de la vie tragique. Jean-Paul Enthoven nous offre l’éducation sentimentale, érotique, littéraire, politique, d’un adolescent qui s’égare et se retrouve en parcourant le chemin qui le sépare de l’âge adulte...
19,00 €
Un jeune homme simple
Grasset
Et si les règles qui président à la vie en société dans notre capitale, et dont les journaux se font les propagandistes zélés, ne concernaient en rien le pays profond ?

"Un jeune homme simple", c'est "L'ingénu" de Voltaire "montant" aujourd'hui à Paris...

Jeune Auvergnat élevé dans les idées traditionnelles et complètement ignorant de la modernité, Arthur, dix-neuf ans, débarque dans la capitale pour y terminer ses études.

Tout l’étonne, le choque, l’effraie : la vie trépidante bien sûr, le cynisme et le mensonge érigés en art de vie, mais surtout les nouvelles libertés et l’affranchissement de tous les tabous pour les uns (LGBT...), les nouveaux interdits et l'édiction de tabous inédits pour les autres (woke...).

Arthur est en colocation avec Stanislas, brillant jeune professeur de vingt-quatre ans qui est une énigme pour lui :  il ne comprend pas que son aîné essaie de le séduire... mais finit par y renoncer devant tant de candeur. Sylviane, sa camarade d'enfance de passage à Paris, lui déclare sa flamme, mais pourquoi se contenterait-il de Bécassine quand tant de fleurs plus vénéneuses parmi les jeunes filles de sa faculté lui semblent à portée de main ? Encore faudrait-il que le pauvre Arthur comprenne les codes : le voilà tout à tour rabroué par une féministe radicale qui le terrorise, par une végane qui lui fait la morale, et par une fanatique du climat qui lui promet l'Apocalypse.

Naïf idéaliste, il essaie de faire publier un roman, que sa saveur trop provinciale et sa simplicité trop naturelle discréditent auprès des  éditeurs .

Stanislas, son colocataire gay, se dégoûte lui-même peu à peu des facilités que l’époque lui permet et décide de changer de vie par un revirement surprenant.

Arthur finit par retourner au pays et y retrouver Sylviane, aussi peu faite que lui pour ce nouveau monde.
23,00 €
Le Carnaval sauvage
Grasset
Chaque année à Cambaron, petit village du Sud de la France, le carnaval sauvage vient clore les vendanges. Le temps d’une journée, la population s'adonne à un rituel païen et orgiaque où les hommes, masqués et habillés comme des bêtes, chassent les femmes vêtues de blanc, victimes consentantes bientôt traînées dans la lie de vin et les excréments.

Maria n’y a pas assisté depuis qu’elle a intégré l’Ecole Normale Supérieure et enfin pu quitter son «  village d’arriérés  » où la jeunesse croupie et les femmes comme elle, les homosexuelles, sont moquées ou rejetées. Ce jour-là, elle a laissé son père, veuf taciturne et mutique, en se disant qu’elle devait vivre. Et Agnès, son premier amour, pensant qu’elle pourrait l’oublier. Elle n’a pas pu. Elle revient trois ans plus tard, à l’occasion des vendanges, pour, pense-t-elle, la sauver en la tirant de là. Tandis que la fête sauvage se prépare, son retour ravive les tensions et les haines, prêtes à exploser le jour du carnaval…

Construit comme une bombe à retardement, le roman s’ouvre en pleine bataille, au milieu du carnaval dans lequel Maria cherche Agnès. Il revient ensuite en arrière, au jour de son retour, et avance ainsi jusqu’à rejoindre les festivités et se clore dans le bain de sang de leurs dernières heures. Pierre de Cabissole s’y révèle maître du suspens, aussi fin observateur des nobles sentiments que des ressorts de la rage et de la jalousie. Un livre palpitant, contemporain, une héroïne complexe, et la découverte d’un romancier de talent..
20,00 €
Adikou
Grasset
Elle sait à peine prononcer son nom, Adikou, que la narratrice décrit tour à tour comme un lézard et comme un vautour, un double et une étrangère. Sa lignée est floue, son histoire familiale trouble. Pourtant le monde entier voudrait qu’elle donne son origine, coche noire, ou blanche, ou bien fifty-fifty. Qu’elle accepte de se ranger.

Alors, un lourd jour d’été, Adikou n’y tient plus. Elle s’échappe, prend la route du Togo, pays du père dont elle sait si peu de choses, et la narratrice n’a d’autre choix que de la suivre. C’est un départ qui fait écho à d’autres  : une dégringolade du Nord vers le Sud des Etats-Unis lors d’un séjour d’étude, une tentative de retour à la source avec une ONG humanitaire. Mais cette fois-ci, elle est décidée à y séjourner aussi longtemps qu’il faudra pour trouver quelque chose d’elle-même. Un nom, une famille, une trace, une présence. Ou peut-être simplement un air plus respirable.

Lomé ne sera qu’un début, un avant-goût moite et poussiéreux d’avancées vers des zones toujours plus mouvantes. Territoires intérieurs, qui la renvoient vers son insoluble lien au métissage. Territoires familiaux et géographiques, en quête des origines d’un père qui a depuis longtemps fui son pays. Territoires historiques marqués par l’esclavage puis la colonisation.

Dans ce road trip initiatique, l’identité est une affaire d’interstices, de miroirs brisés et de parentés inventées —  et la littérature son territoire d’affirmation. Un premier roman dans lequel l’appartenance s’exprime dans sa complexité et à travers une langue puissante, charnelle, à la fois âpre et douce, intérieure et comme à distance d’un «  soi  » introuvable. Une voix qui va compter.
19,50 €
Eve Melville, Cantique
Grasset
«  Et la voici, Eve Melville, sculptée d’un seul pan de glaise, pas un pli, pas une ride, pas un mot plus haut que l’autre, qui se redresse au milieu de Halsey Street, au milieu des voisins à leurs fenêtres et des enfants réunis sur la route vide, qui nous regarde un à un et qui murmure

ma maison est noire  »

Un matin d’août 2016, un cri déchire le cœur de Brooklyn  : la maison d’Eve Melville a été peinte en noir pendant la nuit. Eve la tient de son arrière-grand-père, Solomon Melville, né esclave en Géorgie. Ce stigmate sur sa façade avive le souvenir. L’héroïne tranquille devient inquiétante, s’accroche à sa propriété comme à sa mémoire et se révolte contre les promoteurs qui défigurent le paysage de son enfance.

Entre l’affranchissement de Solomon et la furie d’Eve, ce roman entrechoque les mythologies américaines : la torture dans les plantations d’indigo, les spectres du Vietnam, l'apparition du sida et les émeutes qui secouèrent Brooklyn à l'aube des années 1990.

Dans une langue incantatoire, magnifique, puissante, ce cantique pour Eve Melville remonte aux racines d’un pays qui rejoue sans cesse ses batailles.
20,00 €
Paris dans tous ses siècles
Grasset
Que peuvent avoir en commun Victor, écrivain vieillissant qui ne publie plus et devient un commentateur d’actualité grincheux, son amie Gabrielle, galeriste quinquagénaire éprise d’un homme beaucoup plus jeune, le fils de Victor, la mère et la fille de Gabrielle, des étudiants qui tentent de devenir artistes, des provinciaux qui rêvent de se faire une place, un escort brésilien, le chat Xanax et le teckel Guillaume, un cadavre qui disparaît, un éléphant qui s’échappe et tant d’autres personnages de cette ronde qui efface les frontières entre les espèces, les espaces et les temps  ?

Tous vivent à Paris, cette scène du jugement perpétuel. Or, «  Paris est un combat ». Certains cherchent la clef pour conquérir la capitale, d’autres croient l’avoir, d’autres l’espèrent, d’autres pensent qu’elle n’existe pas. Qu’adviendra-t-il des ambitions de chacun  ?

Parmi les mille inventions de ce roman qui fourmille de trouvailles, de traits d’esprit, de brio et de profondeur, soulignons quelques surprises  :

Au début de chaque chapitre, un animal parle, animal domestique ou symbolique du personnage qui va suivre, et traité à égalité avec lui. De temps à autre, les rues de Paris se complètent de «  déroulés historiques  » : leur bitume est retiré, des rambardes s’élèvent et les passants assistent, comme du balcon d’un théâtre, à des scènes du passé, celles de la Libération aussi bien que des conversations des «  précieuses  » de l’hôtel de Rambouillet.

En bas de page, quand les personnages se trouvent dans la rue, sont notées des bribes de phrases qui forment la bande passante de conversations saisies au vol en marchant. On n’est pas plus obligé de les lire que de les écouter, mais elles contribuent à donner sa tonalité à la capitale.

Une façon nouvelle de raconter des vies nouvelles, dans un Paris désordonné, vivace, imprévisible, créatif. Sous les auspices de l'Ulysse  de Joyce, du Berlin Alexanderplatz de Döblin et du Petersbourg de Biély, une histoire à la fois contemporaine et mythologique, un grand roman de la ville.
22,00 €
Les corps hostiles
Grasset
« J’avais envie que ce corps-là, ce corps inouï, me terrasse et m’étreigne, me fragilise, m’amplifie. Ça n’arrive pas si souvent, un désir qui vous foudroie la moelle et s’impose avec une telle puissance. Je suis fatiguée, si fatiguée d’être, parfois… »

Ainsi parle Maude, hostile, puissante et fragile, en lutte contre les images ou les stéréotypes de son époque. Parolière réputée, elle a accepté de travailler à un album avec Loïc Quemener, ancien délinquant fiscal reconverti dans le pop-rock et le développement personnel, corps instagramé et un peu en déclin. Tout au centre, Maude aime les marges. La moto, sur route ou sur circuit. Les mots, s’ils ne sont pas surgelés ou en boîte. Un homme, Franck, qui documente l’économie du déchet, et que Maude quitte pour Loïc, pourtant pas son genre…

Loïc est une légende à sa façon, et un homme d’aujourd’hui : sculptural, mécanique, travaillé par l’impuissance et l’angoisse – une virilité déchue en quête de force. Maude lui donnera des mots pour sa musique, un désir nouveau et…. l’occasion d’un combat.

Dans ce roman magnifique, et dans une écriture libre, scandée, profonde, Stéphanie Polack nous fait vivre, aimer et rire, combattre parfois. Transmutée en Maude, elle documente ce que signifie être une femme dans un temps où chacun doit se définir. Elle réactive les figures masculines d'un Jean Genet, queer avant la lettre. Maude dérange. Cabosse. Frôle. Esquive. Et traverse avec nous une époque où il faut à tout instant choisir l’hostilité, tendre façon d’être avec l’autre.
20,90 €
Vies électriques
Grasset
Début du XXe siècle, l’électricité est synonyme de progrès. Elle permet d’illuminer la nuit, de dialoguer à distance grâce au téléphone, bientôt d’effectuer des transmissions radiophoniques. Fascinés, scientifiques et ingénieurs se bousculent dans la course aux découvertes. Vies électriques est le roman de deux destins croisés, emportés par la science.

Le jeune Allemand Hans Berger se consacre ainsi à la recherche médicale avec l’idée folle de détecter les ondes d’une mystérieuse « énergie psychique », qui expliquerait les expériences de télépathie qu’il a connues avec sa sœur aînée. Psychiatre méprisé pour sa quête quasi mystique, il poursuit des expérimentations d’abord rudimentaires sur des crânes trépanés, puis plus élaborées avec les gueules cassées de la Grande guerre. Enfin, au cours des années 1920, dans une Allemagne qui sombre dans le bruit et la fureur, l’obscur chercheur identifie les ondes alpha et devient le père de l’électroencéphalogramme.

D’autres vont plus loin : si elle explique le fonctionnement du cerveau, l’électricité doit aussi pouvoir le guérir. Poursuivant les recherches de Berger, le neuropsychiatre juif polonais Zenon Drohocki travaille au Collège de France jusqu’à son arrestation par la Gestapo en 1943. Déporté avec sa femme, il bricole un appareil à électrochocs dans l’hôpital de fortune d’Auschwitz-Monowitz. Son but : guérir de la mélancolie des détenus promis à la mort, avec l’accord ambigu des médecins SS. Car la curiosité d’un certain Josef Mengele donne à son travail une orientation glaçante. La fée électricité serait-elle devenue démon ?

Entre progrès scientifique pour le bien de l’humanité et outils de destruction totalitaire, la frontière est étroite. Hans Berger et Zénon Drohocki font de leurs recherches une question de vie ou de mort, au point d’en perdre de vue les fins et les risques ultimes. Ont-ils été dévorés par une époque elle-même dépassée par ses créations ? Dans le roman de leurs deux vies en miroir, Dalibor Frioux nous emmène dans un voyage vertigineux au cœur de la science prise dans la tourmente de l’Histoire.
23,00 €
Mon oncle d'Australie
Grasset
« Que serait une famille sans secret de famille ? » : voici la question qui hante ce livre.

Dans la famille Garde se murmure à voix très basse l’histoire de l’oncle Marcel, exilé à vingt ans par son père en Australie en 1900. Désireux de rendre justice à cet inconnu, l’auteur commence par inventer le roman d’aventures du banni : son arrivée à Sydney, sa résolution de devenir un autre dans cette Terre promise.

Mais en enquêtant sur cette vie effacée, l’auteur s’avise que le récit familial n’est pas fiable. Si Marcel n’a pas disparu en Australie, il faut remonter de branche en branche dans un arbre généalogique troué de silences et de morts pour retrouver la trace de ce jeune homme au destin tragique.

Comment approche-t-on au plus près la vérité d’un être  ? Par les lacunes de la mémoire transmise, par les archives, par la fiction  ? Les légendes, les omissions ou les dissimulations vieilles de plus d’un siècle se transmettent de génération en génération, en sorte que les fantômes déterminent parfois le destin de leurs descendants…
20,00 €
L'homme aux mille visages
Grasset
« Il se fait appeler Ricardo, Alexandre, Daniel ou Richard. Il est argentin, brésilien ou portugais. Il se prétend chirurgien, ingénieur, photographe ou policier, sans qu’aucune femme ne doute de la réalité de ses activités. Car ce menteur de haut vol parvient à mener en parallèle quatre vies conjugales dans plusieurs pays et sous différentes personnalités imaginaires, toutes plus séduisantes les unes que les autres.

Lorsqu’une de ses compagnes m’a contactée et que j’ai découvert l’histoire de celui que je nommerai Ricardo, elle s’est immédiatement imposée. Les hommes que j’ai aimés étaient souvent malhonnêtes et menteurs. Et dans mon travail, je me suis beaucoup intéressée aux baratineurs, bonimenteurs, vendeurs de bobards de tout acabit.

Ricardo, c’était le niveau supérieur. Il est devenu un nouvel objet à l’intérieur d’une quête personnelle sans fin ni vérité, mais dont le chemin me passionne. Quels invraisemblables stratagèmes utilise-t-il  ? Pourquoi  vivre sur un fil, de légende en légende? Dangereux manipulateur, grand malade, amoureux compulsif  ? J’ai décidé d’enquêter, persuadée que si je n’avais pas croisé sa route, si je ne figurais pas sur la liste de ses victimes, c’était une simple coïncidence. Il m’a fascinée, terrifiée, amusée aussi.

Ce livre raconte un imposteur extraordinaire, à travers les témoignages des femmes qui l’ont aimé, un détective privé qui l’a suivi, les policières qui l’ont attrapé. De Paris à Varsovie en passant par les favelas du Brésil, un incroyable voyage à la recherche d’un caméléon de génie. Elles cherchaient l’homme idéal, il composait l’amoureux de leurs rêves. Au risque de tout perdre, et de se trouver pris à son propre piège  : le nôtre, celui du livre et de la fiction ».

Sonia Kronlund.
19,00 €
Fellini Blues
Grasset
"Tout a été dit et l’on vient trop tard, a dit un auteur mais je croirai plutôt que l’on vient toujours à l’heure où personne ne nous attend à part nos parents ébahis et une vieille sage-femme. Cela s’appelle la vie. On débarque sur un seuil où des gens s’amusent ou se font la gueule, on se mêle à eux un moment, puis l’on se détache du groupe, on cherche ses clés de voiture et l’on part se fracasser loin des regards."

Valentin, 50 ans, vit avec sa mère. Il a peu lu, alors qu'il travaille comme magasinier dans une bibliothèque, et nourrit un complexe d'infériorité intellectuelle. Il est fin cuisinier et amateur de bons vins. A l'orée du texte, il rencontre par hasard Marc Chalinski, chirurgien ORL. Les deux hommes ont le sentiment d'avoir été condisciples, mais ils ne sauraient dire où… Avant que Chalinski ne meure dans un accident, ils auront eu le temps de nouer un curieux rapport, Chalinski faisant appel à Valentin pour organiser chez lui des repas de fête ou garder sa luxueuse villa en son absence.

La "timidité sociale" de Valentin n'empêche pas certains succès. Des femmes se succéderont dans sa vie. Outre Rose sa mère très aimée et très encombrante, et sa patronne, la tyrannique Mme Angin, il y aura Linda Lopez, étudiante en Lettres, intéressée et perfide  ; Gaétane, névrosée  ; Manon qui ne songe qu'à "réussir"  ; Bettina, ex-femme battue  ; et enfin Tancrelle, prof de français dont Fellini est le cinéaste préféré, qui l'aidera à surmonter ses complexes...

Mais le bonheur d’un Valentin métamorphosé peut-il durer  ?

Un roman "humain", chaleureux, nostalgique, aussi imprévisible que l’est la vie, aussi guetté par la fin que nous le sommes tous  : comme un blues de nos existences trop brèves…
18,00 €
Les injusticiers
Grasset
Ce roman vrai gravite autour de deux personnages principaux  : Andreï Vychinski d’une part, procureur général des procès de Moscou organisés par Staline et John Parnell Thomas d’autre part, procureur de la Liste Noire à Hollywood à l’époque de la «  chasse aux sorcières  » engagée par la Commission des activités anti-américaines créée et dirigée par J. Parnell Thomas avec l’appui du sénateur Mac Carthy et du chef du FBI Edgar Hoover.

Au nom d’une justice dévoyée, tous deux ont trahi les devoirs de leur charge, traqué des innocents et déchainé la haine.

Mensonges, menaces, fausses accusations, dénonciations en rafale  : la férocité, la lâcheté et le cynisme sont communs à la Russie stalinienne de longue date et l’Amérique à l’aube de la guerre froide, les grandes figures de la littérature soviétique appelant à la mise à mort des traitres supposés comme les acteurs, scénaristes et réalisateurs américains dénoncent leurs amis pour sauver leur peau ou leur gagne-pain.

Notables soviétiques, mafieux américains, scénaristes et acteurs hollywoodiens, espions et truands sont les «  héros  » de cette épopée de l’abjection que le scénariste Dalton Trumbo a appelée l’ «  ère du crapaud  ».

L’infâmie du grand nombre ne fait apparaitre que plus héroïque la résistance de quelques-uns (réunis au «  Comittee for the First Amendment  » qui comprend notamment Brecht, John Huston, Billy Wilder, Gene Kelly, Rita Hayworth, Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Bette Davis, Henry Fonda…)

Le destin des deux anciens procureurs converge lorsque Vychinski, nommé représentant permanent de l’Union soviétique au Conseil de sécurité de l’ONU après la mort de Staline et menacé par la haine vigilante de Malenkov, prépare sa défection à l’Ouest en écrivant ses Mémoires qu’il s’apprête à remettre à… J. Thomas Parnell, devenu éditeur après s’être retrouvé emprisonné en compagnie de deux scénaristes qu’il avait fait condamner… Mais ils ne se rencontreront jamais, Vychinski mourant brutalement à New York en 1954 avant de mettre son projet à exécution.

Fondé sur des archives retrouvées et des rencontres personnelles, ce roman raconte une tragédie humaine hantée par la question  : qu’est-ce que la justice  ? Et que devient la Loi quand elle est aux mains des injusticiers  ?
20,90 €
Plaidoyer pour le rêve
Grasset
«  Je n’ai jamais su guérir de mon penchant pour le rêve. Peut-être y étais-je prédestiné.  Fagus, le mot latin à l’origine de mon nom, ne veut pas seulement dire  hêtre, mais aussi  fées.  Le rêve a toujours demandé un effort, un arrachement à la crudité des choses. De nos jours, à l’heure des pandémies, des catastrophes naturelles et de l’intelligence artificielle, cette activité en deviendrait presque héroïque…  »

A la recherche de son père, homme de papier et de mots disparu trop tôt, Samuel Dufay puise dans ses souvenirs réels ou fantasmés, et nous conduit dans un Paris secret, loin de la vie numérique, où les cabines téléphoniques jouxtent les kiosques à journaux. Jeune hussard du «  futur bon vieux temps  », mélancolique et souriant, il emprunte les chemins d’Antoine Doinel, de Nestor Burma et les couloirs des rédactions qu’il imagine encore enfiévrées. Il y cherche l’aventure, la fulgurance, le coup de foudre, mais aussi l’appartement de la rue Lamarck où a grandi son père, la maison de vacances du Pays basque et, désormais, le cimetière… Les êtres partent mais il nous reste les mots, pour ne jamais dire adieu tout à fait. Des pages douces et tristes, comme un dessin de Sempé.
14,00 €
Croix de cendre
Grasset
1348. La peste noire déferle sur l’Europe

1367. Deux jeunes frères dominicains se rendent à Toulouse pour trouver le précieux papier sur lequel leur prieur entend écrire le récit de sa vie. Et sa confession risque de faire basculer l’Eglise en révélant la vérité sur les origines de la Peste et la façon dont elle fut liée au destin de son maître, Eckhart de Hochheim, dit Maître Eckhart, théologien mystique et prêcheur le plus admiré de la chrétienté. Puis maudit.

Guerres, inquisition, persécution et trahisons  ; des bancs de la Sorbonne aux plaines reculées d’Asie centrale, Antoine Sénanque mêle les destins de personnages historiques et de fiction, marie petite et grande Histoire, et signe un texte exceptionnel, tout à la fois roman d’aventures, fresque historique, étude théologique et policier médiéval. Un page-turner spirituel et dramatique dans lequel les paroles d’Eckhart et les choix de nos héros font sonner autrement le beau nom grave de fraternité. Un coup de maître.
22,50 €
Perspective(s)
Grasset
Florence, 1557. Le peintre Pontormo est retrouvé assassiné au pied des fresques auxquelles il travaillait depuis onze ans. Un tableau a été maquillé. Un crime de lèse-majesté a été commis. Vasari, l’homme à tout faire du duc de Florence, est chargé de l’enquête. Pour l’assister à distance, il se tourne vers le vieux Michel-Ange exilé à Rome.

La situation exige discrétion, loyauté, sensibilité artistique et sens politique. L’Europe est une poudrière. Cosimo de Médicis doit faire face aux convoitises de sa cousine Catherine, reine de France, alliée à son vieil ennemi, le républicain Piero Strozzi. Les couvents de la ville pullulent de nostalgiques de Savonarole tandis qu'à Rome, le pape condamne les nudités de le chapelle Sixtine.

Perspective(s) est un polar historique épistolaire. Du broyeur de couleurs à la reine de France en passant par les meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, chacun des correspondants joue sa carte. Tout le monde est suspect.
21,50 €
Qui a tué Spinoza ?
Grasset
Et si derrière la mort de Spinoza se cachait, non une santé fragile, mais un assassinat ? Quand Baruch Spinoza s’éteint à seulement 44 ans, en 1677, à La Haye, il laisse dernière lui une œuvre philosophique révolutionnaire mais aussi des énigmes. Qui est cette mystérieuse personne qui lui a rendu visite le jour de sa mort ? Et pourquoi des lettres et des manuscrits inédits ont-ils disparu de son secrétaire ? A qui donc profite le crime de cette mort étrange ? Catholiques, protestants, monarchistes, juifs, adversaires théoriques, Français, Hollandais… de son vivant, le philosophe ne manquait pas d’ennemis.

Nous voici plongés dans la Hollande du XVIIe siècle, carrefour de tous les savoirs et du commerce, terre de paix et de tolérance où Juifs, catholiques et protestants pratiquent librement leur culte. Mais l’équilibre est fragile et les passions nombreuses. On se méfie de Spinoza, trop libre, inclassable. Sa philosophie dérange autant qu’elle fascine, en cette époque où les guerres de religion déchirent l’Europe : Dieu n’est pas une personne mais la Nature. Il n’y a ni providence, ni miracles, ni paradis, ni enfer, ni immortalité de l’âme. Autant de propositions qui défient l’ordre social et céleste. Du sommet de l’État au presbytère en passant par la Synagogue et les cercles de pensée concurrents, tout conspire, en secret, pour faire taire ce génie séditieux.

Dans ce thriller philosophique et historique d’une grande exactitude, Jean-François Bensahel nous fait marcher dans les traces de Spinoza, à travers les complots et les mystères d’une Europe à feu et à sang, où les querelles d’idées sont souvent les plus meurtrières. Un roman incisif et haletant.
20,00 €
Intrigue à Brégançon
Grasset
Pénélope, la fameuse enquêtrice-conservatrice du Mobilier national, reçoit pour mission de moderniser le fort de Brégançon. Elle y est rejointe par son éternel amoureux, Wandrille, le pigiste qu’elle entraîne dans le plus improbable rôle d’adjoint au cours de ses enquêtes. On leur annonce l’arrivée d’un chef d’État étranger, opéré à l’hôpital de Nice, qui doit passer une semaine de convalescence. Ce qui s’annonçait comme un séjour paisible se transforme en une rocambolesque aventure. Quel mystérieux lien peut-t-il y avoir entre le paisible fort servant de résidence d’été aux présidents de la République française et la Résistance  ?

Une guide-conférencière amie de la mère de Pénélope passionne les visiteurs en racontant les parties de pétanque qui s’y jouaient entre le couple Pompidou et Françoise Sagan, mais aussi comment, à la fin de la guerre, un certain capitaine de Leusse, résistant à la tête d’un petit groupe d’hommes, a pris ce bastion aux Allemands. Et c’est cette inoffensive savante que l’on retrouve poignardée dans la cour intérieure d’un lieu parfaitement clos relié à la côte par une digue très surveillée  ! Le suspect  ? Wandrille, qu’un détail stupide semble accuser. Pour le défendre, Pénélope va s’intéresser aux secrets du fort. De quelle infirmation cruciale la guide était-elle la dépositaire  ? Pourquoi le général de Gaulle a-t-il voulu doter la présidence de cette résidence balnéaire - où il était impossible de se baigner  - et où lui-même ne résida qu’une nuit ? A quoi sert réellement le fort de Brégançon  ?

Pour écrire ce roman, Adrien Goetz a reçu l’autorisation exceptionnelle de visiter l’intégralité du fort, des appartements privés du président aux caves creusées dans le rocher. Il a eu accès aux très discrets entrepôts où, aux environs de Paris, sont conservées les pièces du Mobilier national qui en proviennent. Il a parlé aux descendants du capitaine de Leusse. Une aventure de Pénélope où se mêlent histoire de l’art et grande Histoire.
19,50 €
Un couple
Grasset
Un couple qui dure serait-il la plus grande aventure des temps modernes  ?

Alice et Jules vivent ensemble depuis soixante ans.

Par un tour de force littéraire, Eliette Abécassis remonte le cours de leur relation amoureuse, étape par étape, pour nous en révéler les nuances, les rêves, les désirs, les trahisons et les regrets.

Vieillesse, routine, retrouvailles, désamour, haine, jalousie, enfants, mariage, passion : le film défile à l’envers, par une série de rebondissements, passant de l’ère des réseaux sociaux à la chute du mur de Berlin, Mai 68, la guerre d’Algérie…

Voici le roman de l’amour pérenne, envers et contre tout : Un remède au cynisme et à la solitude de notre époque.
19,00 €
Un chat à trois pattes
Grasset
À l’hôpital où sa mère vit ses dernières heures, Eva, la trentaine, assiste à l’improbable cérémonie d’adieu organisée par son frère. L’aîné monologue, solennel, tandis que ses enfants massacrent des chants en hébreu. Consternée, Eva songe à ce qu’elle a observé la veille : un rire incroyablement potache chez Marianne, cette mère depuis toujours sévère et réfractaire à l’humour.

Les heures sont comptées, et Eva comprend enfin qu’elle ne connaissait pas sa mère. Déterminée à en savoir plus, elle fouille son appartement et découvre un mystérieux dossier rempli de photos : là se trouve forcément le secret maternel. Les images défilent, l’histoire de Marianne se dessine et Eva se remémore son propre parcours, ses doutes et ses peurs, l’émergence du désir, sa rencontre passionnée avec Natalia, son éducation féministe dans la librairie d’Amanda… Et si, de génération en génération, il ne s’agissait que de bricoler, d’essayer, de rater encore, de rater juste un peu mieux ?

À la recherche d’une clé fondatrice, Eva se casse les dents sur le caractère fragmenté, contradictoire, souvent inutile ou secondaire des existences. L’intrigue explore cet éclatement, vogue du grave au trivial, du sérieux au ridicule, fouille les terrains de ce qui ne se dit pas, depuis les pensées impudiques jusqu’aux événements traumatiques qui échappent au langage.

Parfaite anti-héroïne d’aujourd’hui, maladroite et cocasse comme son Chat à trois pattes, Eva ne ressemble à personne mais tous et toutes s’y reconnaîtront. Un regard brillant, incisif, décalé sur l’apprentissage forcé de la féminité, le mutisme des mères qui ne savent pas transmettre et l’importance des mythologies familiales.
20,90 €
Mensonges au paradis
Grasset
« De l’âge de 6 ans à celui de 20 ans, j’ai passé toutes mes vacances dans un Home d’enfants situé dans une vallée paradisiaque, en Suisse. Une vie à la dure, des heures de marche dans la montagne, des punitions, des frites : tout me plaisait. Le chalet était tenu par Karl et Anne-Marie Ammann, avec leurs enfants Patou et Vava. Ils ont été ma famille d’adoption alors que mes parents étaient absents. Trente ans après, je suis retournée dans la vallée. Je l’ai retrouvée intacte. J’ai commencé à écrire un livre, je souhaitais qu’il soit tendre et pur comme ce passé. Et voilà que commençant ce livre, j’ai appris qu’il y avait eu mensonge au paradis.  Patou était en prison pour escroquerie, il avait passé sa vie à mentir et à voler. Sa sœur Vava, mon amie d’enfance, souffre de délires paranoïaques. Elle est schizophrène, ne sort plus de chez elle, passe ses journées sur les réseaux sociaux. Sidérée, j’ai enquêté de manière obsessionnelle. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi ont-ils renoncé à la réalité pour vivre au pays du mensonge ? Mais répondre à ces questions n’était pas suffisant. Pour écrire enfin la vérité, avoir la force de l’accepter, il fallait que je me regarde en face. Pourquoi, alors que j’avais été si heureuse dans cette vallée, n’y étais-je jamais retournée ? Il a fallu que je termine une première fois ce livre pour admettre mon aveuglement. Moi aussi je mentais. En enquêtant sur le passé des autres, j’ai pu ouvrir les yeux sur le mien. Je devais tout réécrire, en acceptant la face triste de ma propre enfance, la face violente de ma vie d’adulte. Est-ce que mes livres précédents n’étaient pas des fictions alors que j’avais l’ambition d’écrire la vérité ? S’il faut « un cœur d’airain » pour accepter la réalité, j’étais enfin prête à le faire. »

Colombe Schneck
18,50 €
Retrouver Fiona
Grasset
«  Le 12 mai 2013, Fiona, 5 ans, disparaît à Clermont-Ferrand, juste à côté de chez moi. Quatre mois plus tard, sa mère, Cécile Bourgeon, avoue en garde à vue que l’enfant est enterré près d’un lac de la région. Elle accuse son compagnon, Berkane Makhlouf, d'avoir frappé sa fille. Le corps ne sera jamais retrouvé.

L’affaire Fiona commence là, suit un procès, puis un autre, un autre et encore un autre. La presse s’en est emparée, la vox populi aussi  : le mal accompli n’a pas de sens, on en cherche quand même. Les derniers jours de Fiona font l’objet d’enquêtes, de fantasmes, d’interrogations sans fin.

L’affaire m’intrigue d’abord comme n’importe quel Clermontois. Quand l’aveu vient briser l’image de la mère éplorée et la remplace par celle d’une mère soupçonnée de coups et de meurtre, je me sens touchée de façon singulière. Ces vies résonnent avec la mienne. Fascinée, j’assiste aux procès, je prends des notes, puis au fil des séances, je me rends compte que je fais partie de cette histoire. Depuis ma propre survie aux coups que j’ai reçus, depuis mes embarras à être mère, je perçois le processus qui mène à la mort de Fiona.

Depuis neuf ans je vis avec ce drame. J’essaie de comprendre les mères, comprendre la violence, comprendre l’enfance vulnérable et le huis clos de vies qui semblent condamnées à souffrir ou à faire souffrir si personne ne vient rompre cette fatalité. Car l’affaire révèle aussi comment le mal échappe autant à ceux qui le jugent qu’à ceux qui le commettent.  »

Dalie Farah

Autour d’un des pires faits-divers de ces dernières années, une enquête littéraire et personnelle qui plonge aux racines de la violence. On ne pourra pas Retrouver Fiona, mais on ne pourra jamais l’oublier.
20,90 €
Picasso tout contre Cocteau
Grasset
Mon premier est espagnol : trapu comme un taureau, peintre précoce et surdoué, il arrive à Paris en 1900. Il y travaille d'arrache-pied, invente des formes nouvelles, s’en lasse vite aussi. Charismatique, il s'entoure de rapins fascinés et de poètes qui chantent ses louanges et font de lui le prophète du mouvement moderne. Il n’a en apparence besoin de personne et impressionne tout le monde. Mon second est français : silhouette d'elfe et talents multiples, il écrit, dessine, coud des costumes et fabrique des décors dès l'enfance. Lui évolue plus lentement et fréquente les salons pour trouver les modèles qui l'aident à s’inventer par imitation. Survient la guerre de 14. Le caméléon de 26 ans comprend que plus rien ne sera comme avant et fait tout pour approcher l'Espagnol de dix ans son aîné. Ainsi Cocteau rencontra Picasso. Ce livre est l'histoire de leur longue amitié.

De leur premier rendez-vous en 1915 à la publication de Picasso de 1916 à 1961, l'un des tous derniers livres de l'écrivain, de leur première dispute qui leur servira de schéma directeur (Picasso blesse un Cocteau incapable de ne pas lui pardonner) à la mort de ce dernier en 1963, et de Paris à Vallauris en passant par Rome et la villa Santo-Sospir, Claude Arnaud survole cinquante ans de leurs vies en éclairant les liens intimes qui les unirent. Deux créateurs peuvent-ils œuvrer ensemble en s'aimant ? Comment un être aussi laconique et cruel que Picasso aurait-il gardé près de lui Cocteau s'il n'avait été ébloui par son intelligence ? En 10 chapitres serrés, menés tambour battant, Claude Arnaud répond avec virtuosité, intelligence et affection, et montre comment l’un l’autre se sont soutenus, nourris, aimés et détestés, avec sincérité.

Prix André Malraux 2023 de l'essai d'art et prix Khöra de l'Institut
20,90 €
L'Inaccompli
Grasset
Pierre et Gabriel deviennent amis sur les bancs de la faculté de droit, dans les années quatre-vingt.

Tout semble les séparer  : le premier est né dans une famille bourgeoise, son père a fait la guerre d’Algérie, son grand-père une inavouable Seconde Guerre mondiale  ; le second est issu d’un milieu modeste, fils d’un père juif qui, seul des siens à avoir échappé à la déportation, a fini par se suicider.

En vacances en Normandie, ils font la connaissance d’un couple de dissidents russes immigrés et de leur fille Sveta  : irruption brutale du réel dans leur bulle estudiantine, qui leur fait entrevoir en même temps la tentation de l’engagement et la possibilité d’un amour.

Les trajectoires des deux garçons se séparent là.

L’un restera inaccompli pour avoir choisi de mener une vie retirée, tenant de son histoire familiale que les héros sacrifient ceux qu’ils aiment à leurs idéaux.

L’autre commettra l’irréparable en Russie, au nom de la justice.

Lorsqu’ils se retrouvent quarante ans plus tard à Villerville, la vie a passé sur eux, qui ont tenté de conjurer la violence d’un monde dont ils ont cru être les acteurs alors qu’ils n’en étaient que les héritiers.
19,00 €
Une nuit particulière
Grasset
«  J’avais envie d’amour. Envie d’une grande nuit d’amour. D’une rencontre. De ce moment étrange, poétique parfois, qui change le cours de l’eau d’une vie.

Je voulais comprendre jusqu’où l’on peut aimer, jusqu’où l’on peut aller vers l’autre et ressentir que chaque pas est un choix. Je rêvais d’entendre à nouveau quelques airs d’opéra, des arias de douleur et de beauté, et retrouver ces hommes et femmes capables de se jeter dans le vide par amour. Parce que c’est vivre sans amour qui est l’enfer.  »

G.D.

Elle s’appelle Aurore. Et pourtant c’est au crépuscule qu’elle rencontre Simeone, un soir d’automne, à Paris, aux abords du local d’un groupe de parole. Elle quitte une réunion, lui arrive pour la suivante. Il attend, l’observe, intrigué, mais c’est elle qui s’adresse à lui. Le temps d’une cigarette, la conversation s’engage.

Après trente ans d’amour fou, Aurore sait qu’elle va être quittée par son mari. Simeone a la gorge mangée par un crabe, il lui reste peu de temps à vivre, il refuse de lutter et sa femme a peur. Alors les deux inconnus s’avancent ensemble dans une nuit qui ne ressemblera à nulle autre, des rues de Paris à un bar de nuit, d’une chambre d’hôtel à un aller-retour en taxi vers Roissy et une évasion vers les rivages de l’aube. Première ou dernière nuit, tous deux l’ignorent. Ils ne sont sûrs que d’une chose  : au matin, après cette bouleversante nuit d’amour, rien ne sera plus jamais comme avant. Car l’amour ne s’écrit jamais à l’avance.

Romanesque, poétique, fulgurant  : un magnifique roman d’amour.
19,00 €
Quatre-vingt-quinze
Grasset
1995. Il n’existe aucun traitement efficace contre le sida. Les malades tombent les uns après les autres dans l’indifférence générale. Parmi ceux qui sont touchés, donc condamnés, certains n’ont plus la force d’attendre le remède qui pourrait les sauver. Plutôt que de crever comme des chiens dans un lit d’hôpital, ils optent pour une solution radicale  : ils préfèrent partir en beauté. Le cocktail est toujours le même, encore plus de fête, plus de drogue et plus de sexe. L’apothéose, et puis la chute finale.

Un dimanche midi, après une nouvelle nuit infernale, Alex et Lucien rentrent et s’endorment sur le canapé. Cette fois, Alex ne se réveille pas, il fait un arrêt cardiaque dans son sommeil. La semaine qui suit, Philippe, Willy, Léon, Hervé, Adam et Denis, les copains défilent auprès de Lucien. Le temps est suspendu par la mort d’Alex, et pourtant la vie suit son cours, imperturbable, Philippe fête son anniversaire, il prend un nouvel appartement… Le samedi, toute la bande part enterrer Alex en Normandie. Ils se chauffent avant le départ pour se donner du courage, et débarquent à l’église fin saouls. Quand ils découvrent ce que la famille a fait des obsèques de leur fils, le choc est brutal. La cérémonie vire au supplice.

Cinq ans plus tard, Philippe s’adresse à ses amis. Willy, Léon, Hervé, Adam, Denis… à chacun, il pose deux questions  : Comment as-tu connu Alex  ? Quels souvenirs as-tu gardés de cette semaine  ? Entremêlé de leurs paroles, Quatre-vingt-quinze est le récit de ces folles journées, mélange d’euphorie et de désespoir. C’est l’histoire d’une fin de partie qui fut aussi une fête permanente, une célébration de l’amitié, une philosophie de l’urgence vitale. Un tombeau poignant et sublime pour tous les disparus, pour un quartier, une culture, une époque révolue.
19,00 €
Le monde d'avant
Grasset
«  Je paie ma dette. Le petit garçon qui regardait est devenu l’homme qui se souvient. J’ai désormais atteint l’âge de mon grand-père lorsque je le côtoyais dans mon enfance. On croit parfois conquérir avant de comprendre que l’on retrouve. J’écris ici comme un être de la mémoire secondaire qui a vécu quelques étés d’avant dans un monde finissant. Sans ces fantômes, la main qui paraphe ne grifferait qu’une page blanche. Ces pauvres m’ont fait riche. J’ai le souci de ne pas décevoir leur digne passé.  »

A partir de la figure de son grand-père, Marc Lambron revisite une France perdue dans un texte bref qui a la densité d’un tombeau et la beauté d’une élégie.

Pierre Denis nait en 1902 à Imphy, sur les bords de la Loire, dans la grande campagne nivernaise. La région, à la pointe du manufacturage des aciers spéciaux, est un des fleurons de la métallurgie française (un pied de la Tour Eiffel y sera forgé…).

Orphelin de mère à 6 ans, placé dans la fermette de sa tante, alphabétisé à la communale, Pierre devient à 16 ans Compagnon du devoir, apprenti maçon et tailleur de pierre. A son retour de l’Algérie coloniale, il est embauché aux aciéries d’Imphy. C’est en 1929 qu’il épousera Léonie Lagarde, née quatre ans après lui à Imphy dans une famille nombreuse (6 frères et sœurs), vendeuse de vêtements, garde d’enfants et ménagère. De leur union naitra en 1931 la mère de l’auteur, Jacqueline, à laquelle ses mérites scolaires vaudront une bourse d’Etat pour aller étudier dans un collège à Nevers. Militant «  rouge  » en 1936 («  on a bien le temps de pâlir  » disait-il…), Pierre sera Résistant dans la Nièvre pendant la deuxième guerre mondiale.

Les maisons, les mœurs, la subsistance en autarcie, la vêture, la pêche, le patois, la parentèle éloignée  : «  tout cela peut paraître aussi lointain que la description d’un shtetl dans la Pologne d’antan. Et pourtant j’ai encore connu ce monde  ».

Un monde dont Jacqueline,«  enfant du savoir  »,  s’éloigne en devenant institutrice à Nevers et en faisant la connaissance de Paul, fringuant élève de l’Ecole militaire qu’elle rejoindra à Lyon. De leur union naîtra en février 1957 le petit Marc, quatre ans avant la mort de sa grand-mère Léonie et vingt ans avant celle de son grand-père Pierre.
14,00 €
Djinns
Grasset
Ce jour-là, Penda aurait préféré ne pas décrocher le téléphone et éviter les mauvaises nouvelles. Trop tard, elle apprend que son copain Jimmy est hospitalisé après une garde à vue. Sa mère est introuvable, alors le médecin cherche à contacter Mami Pirate, grand-mère de Penda et voisine bienveillante du malheureux Jimmy.

Rien ne va plus. Penda elle-même vient de se faire virer de la supérette du coin où elle était caissière depuis la fin de ses études. Elle pense à rejoindre le cabinet de guérisseuse de Mami Pirate. Pour cela, il faut que sa grand-mère l’initie au Bwiti, cérémonie traditionnelle gabonaise consistant à entrer dans un autre état de conscience, afin de se laver des maladies de l’âme et des pathologies psychiques. Dans l’espoir de sauver Jimmy, Penda se lance mais son apprentissage est compromis par un être qu’elle a la faculté de ressentir depuis l’enfance, quand d’autres ne peuvent ni le voir ni l’entendre : son djinn.

A cheval entre deux cultures et deux visions du monde, Penda s’interroge sur ses propres croyances, ainsi que sur la maladie mentale dont Jimmy est atteint.

Heureusement, au quartier, il y a les autres, Chico le dealer attachant avec lequel Penda a grandi, Shango la grande sœur protectrice, Sally l’amie dont elle s’est éloignée. Chacun à sa manière va contribuer à révéler ce qu’il y a de plus cher aux yeux de Penda, la liberté.

Sorcellerie versus psychiatrie  ? Djinn blanc contre djinn noir ? Langue de la rue, langue de l’école  ? Retour au pays ou cheminement vaille que vaille dans une société peu accueillante  ? Dans une langue hybride et teintée d’oralité, Djinns est tissé d’élans de tendresse, de colères tues, et met au centre le pouvoir de l’imaginaire.
18,50 €
La mémoire de nos rêves
Grasset
Simon, la trentaine, prof en banlieue parisienne, reçoit un appel de la morgue. Franck Aubert est mort, il faut identifier le corps. Vingt ans d’une amitié étrange défilent soudain  : celle qui, depuis l’enfance, l’aura tenu lié à ce gamin frondeur, demi-gitan et orphelin de père devenu délinquant puis caïd. Franck, auquel tout l’opposait, lui, le fils de médecin à l’avenir serein. En même temps que remontent les souvenirs, reviennent les sentiments. Notamment ceux qu’il garde pour Clarisse, son premier amour et ultime pièce de cet impossible trio amical. Les funérailles de Franck lui permettent de la revoir. Ensemble, ils partent dans le centre de la France prévenir la fille et l’ex-compagne de leur ami. Un voyage au cœur de leur mémoire et des rêves qu’ils avaient.

Admirablement construit, ce premier roman nous emporte dans les couloirs du temps. Dès l’ouverture, le récit au présent alterne avec des scènes du passé, rendues, comme la mémoire le fait, de manière aléatoire. Les chapitres nous font aller et venir d’une époque à une autre et de leurs souvenirs communs et ceux propres à chacun. On traverse ainsi vingt ans d’une amitié faite de loyautés secrètes, d’espoirs et de malentendus. Et trois destins que seul l’amour pouvait lier. Avec un réalisme, une maîtrise et un style stupéfiants de maturité, Quentin Charrier déroule leurs vies pour montrer à la fois la force des déterminismes sociaux et celle des sentiments puissants. Un texte d’une justesse et d’un talent rares.
22,00 €
L'ancien calendrier d'un amour
Grasset
«  Qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance.  » (Baudelaire)

Tel serait l’esprit de cette saga lapidaire – un siècle de fureur et de sang que va traverser Valdas Bataeff en affrontant, tout jeune, les événements tragiques de son époque.

Au plus fort de la tempête, il parvient à s’arracher à la cruauté du monde  : un amour clandestin dans une parenthèse enchantée, entre l’ancien calendrier de la Russie impériale et la nouvelle chronologie imposée par les «  constructeurs de l’avenir radieux  ».

Chef-d’œuvre de concision, ce roman sur la trahison, le sacrifice et la rédemption nous fait revivre, à hauteur d’homme, les drames de la grande Histoire  : révolutions, conflits mondiaux, déchirements de l’après-guerre. Pourtant, une trame secrète, au-delà des atroces comédies humaines, nous libère de leur emprise et rend infinie la fragile brièveté d’un amour blessé.
19,50 €
Le Bureau d'éclaircissement des destins
Grasset
Au cœur de l’Allemagne, l’International Tracing Service est le plus grand centre de documentation sur les persécutions nazies. La jeune Irène y trouve un emploi en 1990 et se découvre une vocation pour le travail d’investigation. Méticuleuse, obsessionnelle, elle se laisse happer par ses dossiers, au regret de son fils qu’elle élève seule depuis son divorce d’avec son mari allemand.

A l'automne 2016, Irène se voit confier une mission inédite : restituer les milliers d’objets dont le centre a hérité à la libération des camps. Un Pierrot de tissu terni, un médaillon, un mouchoir brodé… Chaque objet, même modeste, renferme ses secrets. Il faut retrouver la trace de son propriétaire déporté, afin de remettre à ses descendants le souvenir de leur parent. Au fil de ses enquêtes, Irène se heurte aux mystères du Centre et à son propre passé. Cherchant les disparus, elle rencontre ses contemporains qui la bouleversent et la guident, de Varsovie à Paris et Berlin, en passant par Thessalonique ou l’Argentine. Au bout du chemin, comment les vivants recevront-ils ces objets hantés ?

Le bureau d’éclaircissement des destins, c’est le fil qui unit ces trajectoires individuelles à la mémoire collective de l’Europe. Une fresque brillamment composée, d’une grande intensité émotionnelle, où Gaëlle Nohant donne toute la puissance de son talent.
23,00 €
Noël à Versailles
Grasset
« Regarde, Christophe, il a neigé… Ma sœur a pris ma main et l’a gardée dans la sienne. Nous sommes restés collés à la vitre, ivres de surprise, riant de retenir notre respiration. Nous étions frissonnants, les flocons voletaient de tous côtés, couvrant les toits et les mansardes, les arbres du square… »

C’est Noël et il neige à Versailles, comme chaque année. Le jeune garçon marche rue de la Paroisse avec sa sœur et ses parents enlacés, à la recherche de cadeaux et sous les lumières vives. Plus tard, il frôlera les grilles dorées, cherchant aux vitres du château la silhouette d’un petit roi. La neige fait de nous des enfants. Place Hoche, un général mal-aimé tourne le dos à l’église. Du Trianon couvert de neige, en pleine nuit, semble s’échapper une musique lancinante qui effraie la sœur et le frère. Et qui est cette patineuse rouge et élancée, sur la glace, qui fait des signes au jeune homme ? Ainsi vont les souvenirs, féériques et tendres, jusqu’aux premières soirées dans les demeures de la ville…

Dans la tradition des plus  beaux contes de Noël, Christophe Bataille nous offre un court paradis, qui semble s’échapper aussi vite que la neige fond entre nos mains. Après La Brûlure, où la chaleur de l’été défiait la vie, Noël à Versailles éveille en tout lecteur les charmes de l’enfance, au pied du sapin ou dans les allées blanchies du parc. Et si la neige s’était réfugiée en ce conte inoubliable ?
10,00 €
Oligarque
Grasset
Thriller politico-financier et roman d’apprentissage, cette vaste fresque raconte l’ascension prodigieuse de Grigori Yurdine, jeune orphelin de la Russie soviétique en pleine décomposition, jusqu’aux plus hautes sphères de la finance internationale.

Un demi-siècle de la vie d’un homme décrit la chute d’un monde ancien et la naissance d’un monde nouveau, de la sombre ville sibérienne de Perm en 1975 à la Russie poutinienne de 2020 en passant par Londres, Paris, Moscou, New York ou les rives du lac de Côme ; de l’effondrement du communisme à la pandémie du Covid en passant par la crise des subprimes ; de la puissance économique des Etats à la puissance financière des grandes banques d’affaires en passant par les officines politiques et les services secrets.

La profusion et la richesse des personnages, la multiplication des intrigues et sous-intrigues, les rebondissements et les coups de théâtre font de ce page turner à l’américaine - où l’on retrouve avec bonheur le rythme trépidant des meilleures séries contemporaines -  le grand roman que l’on attendait sur la transformation du socialisme soviétique en capitalisme oligarchique.

Une plongée vertigineuse au cœur des vrais univers du pouvoir.
23,00 €
Scènes de ma vie privée
Grasset
Le roman de la femme quittée est un topos de la littérature française, plus rares sont les romans de l’homme quitté dans sa vieillesse par une femme jeune.

« Le bonheur ancien m’étouffe. Il me chasse du présent, m’interdit l’avenir » : Lucien, un romancier français de mère turque, âgé de 68 ans, est dans un état de douleur hébétée depuis qu’il a été abandonné par sa femme Zoé, éditrice romancière d’origine italienne de 33 ans.

La tristesse brouille la chronologie du passé. En chapitres brefs, Lucien reconstitue la ronde de sa petite « bande de Saint-Germain des Prés », composée de trois amis sexagénaires en couple avec de jeunes trentenaires qui se trouvent être toutes écrivaines : l’ami de jeunesse Bob, chanteur célèbre, partage la vie de la jeune russe Natacha ; les deux éditeurs de Lucien, Eric et Guillaume, vivent respectivement avec Gwendoline, slovaque d’origine congolaise et Maria, grecque.

La solitude, l’abandon, la mort qui rôde, l’écriture pour survivre, les jeux de l’amour et du hasard, les combinaisons et combinatoires possibles entre écrivain(e)s et éditeurs/trices, la folie des prix littéraires, le caractère incestueux du petit monde des lettres parisien : autant de thèmes abordés ici sur un registre tour à tour désespéré et comique par un Besson à la dévastation tonique, particulièrement en verve dans l’autodérision et le lâcher-prise, et qui garde intact son sens de la formule (« l’italienne a été mon ambulance avant d’être mon corbillard »… « la vieillesse est une adolescence sans avenir »… « la passion : comédie pas intelligente qui tourne mal »…)
19,00 €