Se rendre au contenu

Résultats de recherche pour 'NOUS LES ENFANTS DE' (4157)

Impardonnable
Grasset
Deux récits, deux voix, deux ennemis a priori.

Lui s’appelle Paul Dufourcq. Jusqu’à peu, il avait une situation, une famille, un grand appartement dans le XVIème arrondissement de Paris, une vie. Mais un soir, il rentre en voiture après avoir bu, renverse un jeune homme à scooter et prend la fuite. L’accident tue l’adolescent et envoie Paul derrière les barreaux d’une prison. Elle s’appelle Anna. Elle a perdu sa fille, Lucie, dans des circonstances similaires, mais son coupable à elle s’en est sorti avec un bracelet électronique. Depuis, Anna va de rage en peine. La justice les a broyés tous deux, murant l’une dans la colère et l’autre dans la culpabilité. Pour les aider, on leur propose de participer à une autre forme de justice, dite restaurative. Anna devra rencontrer Paul, l’écouter, lui parler. De son côté, Paul pourra enfin s’excuser. Mais peut-on accorder son pardon à celui qu’on ne hait que par procuration  ? Et peut-il affranchir de la culpabilité  ?

On suit d’abord à tour de rôle les récits séparés d’Anna et Paul, revivant avec eux leur histoire, du procès aux murs de béton ou de rage entre lesquels ils vivent depuis deux ans. Jusqu’à leur rencontre, point d’acmé de ce roman tendu comme une corde sur laquelle Mathieu Menegaux, funambule attentif, évolue pour nous faire éprouver les sentiments qui rongent ses personnages, honte, rage, peur et désir de vengeance, et éclairer aussi bien les impasses d’une justice qui punit, que les espoirs d’une autre appelant au pardon. Un roman poignant que la tendresse habite.
20,00 €
1984
Grasset
1984, le chef-d’œuvre de George Orwell, fait partie des plus grands textes du XXème siècle. Les lecteurs de tous âges connaissent Big Brother et Winston Smith, car plus qu’un roman politique et dystopique, 1984 a nourri notre imaginaire sans jamais perdre de son actualité. L’atmosphère envoûtante et le dessin aux teintes fantastiques de l’illustrateur brésilien Fido Nesti, alliés à la modernité de la traduction de Josée Kamoun, nous offrent aujourd’hui une somptueuse édition de 1984, la première version graphique du texte mythique d’Orwell.

Il s'agit d’un des événements éditoriaux les plus attendus de l’année à travers le monde.

Traduit l'anglais par Josée Kamoun
27,00 €
Mon traître
Grasset
Mon Traître est l’histoire d’Antoine, luthier parisien qui découvre l’Irlande des violons. Il ne sait rien du Nord. Peu lui importe. Ses héros sont archetiers, grands luthiers de légende. La guerre n’est pas encore passée par lui puis, un jour, elle s’impose. Antoine va devenir Tony, pour les gens de Belfast, parce qu’il les verra vivre et souffrir et se battre. Et qu’ils l’aimeront en retour comme un fils. Et puis il y a Tyrone Meehan. L’Irlande est sa bataille. Il boit, il chante, il vous enlace, il vous prend le bras pour parler en secret. Il est engagé à jamais, sans que jamais rien ne le trahisse. Il est l’insoupçonnable. Tyrone donc, l’ami d’Antoine, son frère, son traître à lui. Tyrone n’est pas Denis (le personnage réel qui a inspiré Tyrone). Leurs regards se ressemblent pourtant. Sorj Chalandon n’est pas Antoine, leur douleur est pourtant la même. Denis Donaldson a été exécuté le 4 avril 2006, alors que Sorj Chalandon écrivait l’histoire de Tyrone Meehan. Il a été tué par une arme de chasse, dans le petit cottage familial qui le cachait. Nous ne savons pas qui tenait le fusil. Personne n’a été accusé ce jour.
18,20 €
La vraie vie de Sawsan
Grasset
Mais qui est réellement Sawsan  ? Professeure de danse, amante discrète et amie évanescente, elle a surgi un soir dans la vie de la narratrice alors que celle-ci travaillait derrière le comptoir d’un bar parisien. La jeune femme est immédiatement fascinée par l’aura de la danseuse, une obsession qui ne va cesser de se nourrir de la curiosité et du désir qui croît en elle. Elles se revoient après cette soirée, se rapprochent, mais derrière l’énergie hypnotique de Sawsan semble se dissimuler un soleil noir difficile à déchiffrer.

La barmaid a du mal à trouver sa place dans cette relation, et cela la renvoie à ses propres angoisses sociales  : on lui reproche de trop s’effacer, de ne pas imposer ses choix, de plier face à la violence masculine qui régit son groupe d’amis. Mais alors que l’arrivée de Sawsan bouscule entièrement sa vie, elle ne réalise pas encore que certaines histoires d’amour sont bien différentes de celles auxquelles on aimerait croire…

Après le succès d’*Adieu Tanger*, Salma El Moumni continue d’explorer la complexité des relations humaines en nous plongeant dans une enquête intime jusqu’à sa déflagration finale. Car pour comprendre la vraie vie de Sawsan, elle transforme ses lecteurs en voyeurs. Mais aussi en complices.
18,00 €
Le système de l'argent
Grasset
«  J’ai besoin d’un vieux, pour inspirer confiance. Des vieux, on en trouve partout. Mais des vieux comme toi, je n’en connais qu’un. Pendant toute ta vie, tu as réussi à oublier le petit garde rouge que tu étais dans ta jeunesse, le justicier des usines, le casseur de flics, le voleur de bibliothèques, l’ami des pauvres. Et tu as réussi à ne plus croire en rien. C’est très fort. Tu es un monstre, Lux. Quelqu’un qui ne croit en rien est capable de tout.  »  : ainsi s’adresse Christian Alexander Smith à Luc/ Lux Desanges.

Le premier, la trentaine, est un jeune self made man d’origine européenne, startupper richissime sans autre patrie que celle du profit, ami de tous les milliardaires libertariens de la tech, qui entreprend avec sa folie visionnaire apocalyptique d’acheter à prix d’or de gigantesques zones franches pour la survie des plus nantis, hors du contrôle des Etats impuissants (la Ligue des Territoires de demain), maniant avec dextérité la novlangue cynique d’un discours progressiste (écologie, expérimentation sociale, etc.) pour mieux camoufler ses intentions totalitaires et mercantiles.

Le second, 73 ans, est un ancien militant révolutionnaire établi en usine dans les Vosges. Ses rêves fracassés à 23 ans, il traine le cadavre de sa jeunesse pendant la Révolution des Œillets au Portugal, où il pille les riches bibliothèques privées pour faire commerce de livres anciens au point de devenir bibliophile (il fournit à ce titre un certain… François Mitterrand, qui le prend en affection et se confie à lui lors de ses déambulations parisiennes clandestines). Devenu riche, il se retire en ermite contemplatif et romantique dans une petite île bénie de l’archipel de Malte d’où va l’extirper Smith afin qu’il pilote le commando d’experts embauchés pour   faire main basse sur les médias influents, puis sur les vastes territoires (France, Europe, Afrique) des futures zones franches.

Ce roman-monde nous fait passer sans transition du monde d’en haut où voyagent sans frontière les tycoon de la finance dérégulée (Washington, Moscou, Tripoli, Benghazi, Beyrouth, Bruxelles, La Valette, Gozo, Kigali,   Malte, Lisbonne…) au monde d’en bas (les Vosges, la Lorraine… ) où s’agitent les petits insectes humains que les premiers tentent d’écraser  ; du plan large des kleptocrates idéologues au plan serré des femmes et des hommes encore porteurs d’un idéal  ; du point de vue panoramique des drones tueurs sans âme au point de vue subjectif des individus de chair et d’os (il en reste…).

Ce «  système de l’argent  » au plus haut niveau est-il assez huilé pour broyer les citoyens ordinaires et les déraciner de toutes leurs traditions, ou quelques grains de sable obstinés finiront-ils, dans l’arrière-pays du Mont Tomis (sud de la France), par enrayer la mécanique terrifiante de déshumanisation  ? Luc se réveillera-t-il de sa longue léthargie dépressive  ?
24,00 €
A vous, troupe légère
Grasset
«  Ce ne sont pas des biographies d’écrivaines et d’écrivains que je propose ici, ni même des portraits-souvenirs, mais ce que j’ai pu comprendre de leur personne et de leur œuvre à travers un commerce suivi. Pas de vivants dans cette galerie. Je n’évoquerai que celles et ceux qui nous ont quittés  ; plus deux personnages qui n’ont rien écrit mais ont occupé le devant de la scène littéraire  ; enfin un grand compositeur de musique, familier d’écrivains et féru de littérature. L’autre condition pour faire partie de cette galerie est que nous ayons échangé de longues années, dix ans au moins, de rencontres, de discussions, d’émotions  ; partagé des valeurs essentielles  ; parfois voyagé ensemble  ; que soit née entre nous une amitié forte et durable, au-delà de la simple camaraderie littéraire.  »

D.F.

Vingt chapitres, par ordre d’apparition chronologique dans la vie de l’auteur  : Marguerite Duras, Darius Milhaud, François Mauriac, Le cercle de la NRF (Jean Paulhan, Georges Lambrichs, André Pieyre de Mandiargues, Marcel Jouhandeau, Eugène Ionesco, Robert Abirached, Pierre Oster, Marcel Arland, Dominique Aury, France Ermin), Alberto Moravia, Yves Berger, Jean-Claude Fasquelle, Le cercle des écrivains romains (Carlo Levi, Giorgio Bassani, Mario Praz), Ungaretti et Pasolini, Leonardo Sciascia, Gala Barbisan, Angelo Rinaldi, Frédéric Mitterrand, Milan Kundera, Michel Tournier, Edmonde Charles-Roux, Jorge Amado, Anne Wiazemsky, Hélène Carrère d’Encausse, Yves Pouliquen.
22,00 €
Les Recyclés
Grasset
Bienvenue dans une société qui n'est pas encore la nôtre, où chaque personne insatisfaite de son prochain dispose du droit d’engager contre lui, au sein d'un couple ou d’une famille, une procédure légale de recyclage à laquelle la personne rejetée n’a aucun moyen de s’opposer.

Dépossédé(e) de tout, encaserné(e) dans un centre spécialisé (une manière de SPA pour humains), le ou la recyclé(e) se voit proposé(e) publiquement à l'adoption, chaque week-end, sous un hall. Etant entendu que la personne adoptante a la faculté, si la greffe ne prend pas, de procéder à un "rendu", comme dans un magasin, en restituant l’adopté(e) au Centre.

Cette mise à disposition par voie de recyclage, le plus souvent subie, peut être volontaire. Nivôse, jeune retraité las de lui-même et de sa vie mais répugnant au suicide, a choisi cette échappatoire.

C’est à travers ses yeux que nous découvrons les rituels et la faune du Centre. L'une après l'autre, deux femmes en jachère affective se portent adoptantes du désenchanté et échouent à le réconcilier avec la vie. Peut-être la résurgence d'un épisode oublié de sa jeunesse y parviendra-t-elle ?
19,00 €
La Petite sauvage
Grasset
«  Car la haine est partout qui désarticule notre langue, et le diable lui-même se déplace dans le monde en voiture diplomatique. Je n’ai pas retrouvé la parole perdue, et il n’y aura donc rien d’autre pour nous hisser jusqu’à la haute tendresse que la  parole  présente, peu importe la vérité, désormais…  »

Ainsi se livre la «  Petite sauvage  », l’héroïne, le double d’enfance de Laurence Nobécourt, prise dans une des grandes guerres des familles : la succession.

Après le père, c’est la mère qui est morte, laissant trois sœurs blessées, peut-être aussi soulagées  : Stella, l’aînée  ; Petra, et puis la Petite sauvage elle-même, celle qui depuis toujours écrit, et vers qui tout converge, l’amour, la jalousie, la dépossession. Car il n’y a pas d’équilibre ou de justice, quand il faut répartir les biens, les séparer à jamais - maisons, tableaux, photos, menus papiers,  vaisselles  : dans ce combat dérisoire et violent, il n’y a plus d’adultes, seulement des histoires d’enfance  passionnelles. Stella était la préférée du père, l’adorée-adorée. Petra fut tant aimée de la Petite sauvage, telle une soeur tchekhovienne, vitale et chérie. Et la Petite sauvage, c’est simple  : la mère n’en voulait pas.

Alors, elle nous raconte  : son père, dans les dédales de l’argent et de l’extrême-droite, son oncle, qui l'aima comme il ne faut pas, et tout l’arbre familial, de blessure et de répétition, dans les branches duquel se vivent les souffrances, les rôles, et si peu la joie.

Le roman de Laurence Nobécourt nous montre comment la haine des familles, se charriant sur des générations, induit certains paysages politiques. En  mêlant histoire intime et  sociale, elle  clôt, après des années, le cycle familial initié avec *La  Démangeaison* et nous emmène vers la possibilité d’une vie nouvelle.
22,00 €
Bocuse
Grasset
De la cuisine il a fait un art, de son nom, une légende, et de sa vie, un roman.

Gautier Battistella nous plonge dans la fascinante histoire de Paul Bocuse, figure emblématique de la gastronomie française du xxe siècle. De ses racines familiales sur les rives de la Saône aux trois étoiles Michelin tant convoitées (il les conservera 53 ans, de 1965 à sa mort en 2018), ce roman biographique retrace le parcours d’un génie de la cuisine – et des affaires.

Le livre s’ouvre sur les années de formation de « Paulo » dans le village de Collonges-au-Mont-d'Or, où la nature et les traditions d’une dynastie d’aubergistes ont façonné ses premiers souvenirs. S’ensuit son apprentissage dans les cuisines de la grande Eugénie Brazier puis du célèbre Fernand Point, dont la philosophie et la rigueur vont laisser sur lui une empreinte indélébile. Après la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle le soldat Bocuse est grièvement blessé, l’esprit frondeur du jeune chef accompagne le réveil de la société française. De la Libération à la naissance du Concorde, c’est tout un siècle qui défile sous ses yeux et les nôtres. Création de ses plats signatures, amitiés indéfectibles avec Michel Guérard et les frères Troisgros, rivalités avec Gault et Millau, aventures féminines, rencontres avec Romain Gary ou encore Charles de Gaulle, ces décennies vont forger le mythe Bocuse. Paul comprend très tôt les ficelles de la communication et du capitalisme : il ne lui reste plus qu’à partir à la conquête du monde…

Avec humour, tendresse et un sens aigu du détail, *Bocuse* révèle la complexité d’un homme traditionnel et révolutionnaire, bon vivant et perfectionniste, délicat et ogre à la fois. On y découvre les coulisses de la « Nouvelle Cuisine », l’invention du chef médiatique, les aventures de Paul Bocuse en Amérique et au Japon, ainsi que ses doutes et la difficile question de son héritage. L’histoire d’un chef légendaire qui a transformé un métier en art national.
22,00 €
ROTOTO Ier
Grasset
ROTOTO Ier a pris le pouvoir aux ROTOTOS-UNIS. Il l’exerce de la manière la plus odieuse, se prétendant un génie, terrorisant son chambellan, révélant aux enfants que le Père Noël n’existe pas, écrivant des traités où il tranche d’économie et de science, provoquant un scandale après l’autre, rotant. Le roi *est* le bouffon.

ROTOTO Ier n’a qu’un désir, la guerre. Il vient en visite officielle en France où il compte acheter le château de Versailles pour le transformer en ROTOTOGOLF. La jeune Charlotte, étudiante exaltée, a le projet de l’assassiner. Pareils à des consciences, Winston Churchill et Eleanor Roosevelt interviennent en personne tout au long de l’histoire.

Depuis son premier roman, *Confitures de crimes*, où un poète hystérique prend le pouvoir en France, à *Dans un avion pour Caracas* où c’est Hugo Chávez qui menace, Charles Dantzig s’intéresse à la question de la tyrannie. Donald Trump la pose chaque jour de manière plus insistante.
12,00 €
Une mère en fuite
Grasset
«  Ma mère a toujours été un mystère. Sa vie, sa façon d’être, son histoire. D’origine hongroise, mariée en premières noces à un grand aristocrate de son pays, réfugiée en France après la Seconde Guerre Mondiale, naturalisée après son remariage avec mon père, elle m’a toujours donné l’impression que l’essentiel de sa vie s’était déroulé avant ma naissance. La suite m’a toujours semblé à distance de mon enfance et de ma jeunesse.

J’habitais dans un hameau de la vallée de Chevreuse avec mon père. Ma mère, elle, vivait à Paris. Elle venait régulièrement nous rendre visite. Je savais peu de chose de la vie qu’elle menait. Dessinatrice de mode, créatrice de la première collection de prêt-à-porter pour la maison Hermès, elle a été pour moi un personnage insaisissable à la présence  intermittente. Capable d’une vraie tendresse comme d’une grande froideur, elle m’a transmis le goût de la féérie et du merveilleux. Une exigence terrible. Et de nombreuses fragilités aussi.

J’ai tenté de relier tous les fils qui m’ont attaché à elle, en particulier celui d’une sensualité aussi intense que réprimée, dont les sources viennent sans doute en partie du protestantisme calviniste dont elle était l’héritière. Le regard qui est le mien est celui d’un enfant à la fois déconcerté  et émerveillé. La découverte tardive de son journal intime, dans laquelle elle a fait le récit d’une grande passion malheureuse pour André Malraux, m’a permis de mieux comprendre ses zones d’ombre. Ma mère aura a été avant tout une grande amoureuse d’un autre temps, rêveuse, romanesque, assez seule, et vers qui aujourd’hui encore, et par les mots, j’essaie de tendre la main.  »
18,00 €
Le roman des artistes T2
Grasset
Voici le deuxième volume de la tétralogie, *Le roman des Artistes*, qui raconte, de 1820 à 1885, la vie de tous les grands créateurs depuis la révolution romantique jusqu’aux pastels de l’impressionnisme.

Le cadre historique de ce deuxième volume, qui court de 1847 à 1860, est rythmé par les révolutions de 1848 et les changements de régimes politiques qui déterminent la vie des artistes engagés, condamnés pour les uns à l’exil (Hugo réfugié à Bruxelles puis à Jersey, enfin à Guernesey), pour les autres à la censure (le procès de Flaubert pour *Madame Bovary* et de Baudelaire pour *Les Fleurs du mal*), tandis que d’autres encore jouent un rôle historique de premier plan (Lamartine proclame la Deuxième République en 1848, Tocqueville siège à l’Assemblée, Dumas, Balzac et Eugène Sue se présentent aux élections…)

Les querelles esthétiques redoublent ici les révolutions politiques. On retrouve dans cette décennie les écrivains du premier tome (Dumas, Hugo, Balzac, Lamartine, Musset, Vigny, Mérimée, Nerval, George Sand, Théophile Gautier, Chateaubriand, Baudelaire, auxquels s’ajoutent Flaubert, les frères Goncourt, Louise Colet…).  Côté peinture, Delacroix et Ingres sont rejoints par Corot, Millet, Courbet… Nadar incarne les débuts de la photographie…

Autant de personnages de chair et de sang dont nous partageons les combats, les amitiés, les amours passionnées, les querelles, les brouilles et les réconciliations, le génie et les bassesses.

Et voici que tous ces artistes qui sont devenus pour nous des « classiques » quittent la poussière des étagères et des bancs d’école pour s’ébrouer au grand vent de l’Histoire, dans un tourbillon palpitant où ils inventent la presse et la littérature modernes, se battent sur les barricades, publient des pamphlets dévastateurs…
24,00 €
C
Grasset
Depuis le massacre du 7 octobre 2023, Gilles ne reconnaît plus sa femme Rébecca, une éditrice parisienne dont l’identité juive ressurgit obsessionnellement en même temps qu’apparait au plafond de leur chambre à coucher  un champignon mystérieux impossible à éradiquer.

Tout ce qui lui était familier lui devenant étranger, Gilles se réfugie dans un adultère clandestin avec la belle Capucine, avec laquelle il se sent «  à la maison  » et qui va l’encourager à découvrir les meetings de Jordan et Marine. Passion sexuelle bientôt mêlée de passion politique, dans un monde où tout se défait.

Autour de ce trio, un rabbin séduisant, un avocat provocateur, une écrivaine intersectionnelle qui rêve d’un prix littéraire, un ami fasciste, une influenceuse pro-israélienne, des dîners pleins de vie et d’engueulades, les grands mots, la folie de tous dans une France obsédée par les questions identitaires ( religion, communautés, genres, sexes…) qui semble elle aussi recouverte de moisissure.

20 après le succès de son mythique   *Vieux juif blonde* sur scène, Amanda Sthers, nous offre un roman vif, drôle, implacable, une variation contemporaine sur *La Métamorphose* de Kafka sous forme de fable politique aux dialogues ciselés dont nul ne sort indemne et qui fait du bien dans un monde où la nuance, le recul et l’humour se font rares.
20,00 €
J'ai perdu un bédouin dans Paris
Grasset
Je m’appelle Arthur Essebag.

Depuis toujours, je vous divertis à la télévision. Je ne vous ai jamais parlé d’autre chose, car j’ai toujours considéré que ce n’était pas mon rôle.

Jusqu’à ce matin où l’impensable a surgi. Des milliers de terroristes. Des villages anéantis.

En quelques heures : 1 200 vies sauvagement brisées. D’autres traînées dans des tunnels, en otages.

Si le monde allait bien, il aurait pleuré. Comme moi j’ai souvent pleuré pour le monde. Mais ce jour-là, une partie de la planète s’est tue.

C’était le 7 octobre 2023. Le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah.

Ce fut une bascule, une descente aux enfers où j’ai entraîné ma famille, mes proches, dans une apnée interminable. Je voyais dans leurs yeux ma peur reflétée, ma colère, mon impuissance. Alors j’ai pensé à ma mère. À mes racines. À cette Histoire tatouée dans mon sang. Et mon ADN s’est mis à hurler : j’ai dit “Je” et j’ai dit “juif” .

Presque malgré moi. Je suis devenu une voix, dans le vacarme et le mensonge.

Et j’ai écrit. Parce que je n’avais plus d’air. Pour survivre. Pour transformer la douleur en action.

De mes voyages en Israël, sous les missiles du Hamas, de mes amis perdus et de ceux retrouvés, entre les larmes et les rires, est né ce livre. Un cri qui traverse les frontières. De Tel-Aviv à Gaza. Un cri qui nous demande : où est passée notre humanité ?

*J’ai perdu un Bédouin dans Paris* est mon premier livre.

Et ce Bédouin, finalement… c’est moi.
22,00 €
Les Gréveuses
Grasset
Rita est femme de chambre à l’Inside, hôtel parisien de six cents chambres. Une employée happée par un système : sous-payée, sans protection sociale ni contrat à plein temps, elle est soumise à une entreprise de sous-traitance. A la cité, ses fils l’attendent et trompent l’ennui. Comme elle, Aminata, Diva, Mariama sont payées à la tâche. Une violence de trop sera l’étincelle qui fera débuter la lutte, et embrasera leur été.

Sur le piquet de grève, elles sont dix-sept travailleuses à réclamer leurs droits. Elles ne parlent pas les mêmes langues, ne croient pas aux mêmes dieux, mais ensemble surpassent les douleurs et les humiliations. Leurs corps et leurs rêves abîmés. La grève devient alors une épopée où les femmes de chambre affrontent les grands patrons, invisibles, qui souhaitent que leur mouvement s’essouffle. À la fin, elles seront plus de cent-cinquante.

Dans une langue incandescente, Romuald Gadegbeku nous raconte la vie de ces travailleuses qui, par leurs efforts répétés, tentent d’arracher leur dignité autant qu’une juste place dans ce pays : que leur est-il arrivé ? Un premier roman politique où la grâce répond à la douleur.
22,00 €
Un pont sur la Seine
Grasset
D’un côté de la Seine, le village de Champagne. De l’autre, celui de Saint-Amand. Un pont est construit à la fin du XIXe siècle pour les relier.

A Saint-Amand, chez les Vernet, on est viticulteur de toute éternité. Le patriarche compte sur ses deux fils pour poursuivre l’exploitation de son fameux chasselas. Mais voilà qu’advient une nouveauté incroyable  : le XXe siècle. Il ne sera pas comme le précédent, lequel avait été comme tous les autres, rural. En 1902, une usine ouvre à Champagne. En 1914, c’est la guerre et sa prodigieuse mécanisation. Georges Vernet prend un emploi à l’usine, son frère Lucien est tué au front. Et voici l’évolution dramatique des Vernet, à cause de ce pont qui a rattaché deux villages, deux temps, deux France. Les femmes s’en mêlent. Le jour où une fille de Saint-Amand tombe amoureuse d’un ingénieur de Champagne, l’indignation explose. Et puis l’autre guerre, et puis la mondialisation, et, à chaque fois, conflits et trahisons.

Les ponts ne permettent pas toujours de relier, Champagne n’est pas toujours synonyme de fête. Dickens a écrit *Un conte de deux villes* pour montrer une partie de l’histoire de la révolution politique ; voici un conte de deux villages qui nous raconte l’histoire d’une révolution sociale à travers les inoubliables figures de la famille Vernet. Un roman familial de la France.
19,50 €
Soleil invaincu
Grasset
Le jour où elle apprend qu’il lui reste quelques mois à vivre, Jeanne réalise qu’elle a échoué à transmettre l’essentiel à son fils, Quentin, adolescent privilégié, fils d’un producteur télé dont la devise «  more trash more cash  » a fait le succès.

Elle kidnappe Quentin pour le ramener dans la forêt où son propre père lui avait appris, au même âge, à vivre dans la nature, en respecter les règles, en savoir les dangers, en chérir la beauté. Aidée par son ami d’enfance et sa femme, Jeanne devra redevenir celle qu’elle était jadis pour montrer à son fils les secrets de cette forêt millénaire encore hantée par le souvenir de son père. Mais aura-t-elle assez de temps  ?

Haletant, profond et habité, *Soleil Invaincu* nous entraine dans la dernière course d’une mère pour offrir à son fils la possibilité d’habiter autrement le monde qu’elle va quitter.

Un bouleversant roman sur le courage, l’amour, l’humilité et la solidarité.
22,50 €
Un choix impossible
Grasset
6 mars 1953, siège de l’Union des compositeurs soviétiques à Moscou  : décédé la veille dans l’indifférence générale, quelques minutes avant Joseph Staline, Sergueï Prokofiev est conspué par ses pairs. Traître à la Nation, ennemi du peuple soviétique et serviteur de la musique occidentale  : méprisé jusque dans sa tombe, Prokofiev n’est plus, aux yeux du régime, le grand compositeur célébré dans le monde entier qui avait fait sa fierté.

Dans ce roman qui pourrait être l’argument d’une symphonie pathétique, Igor, secrétaire personnel du compositeur, nous raconte sa vie. Son enfance choyée et sa passion pour la musique du temps des tsars, ses séjours en Europe autorisés par le nouveau régime, sa rencontre avec Diaghilev puis avec sa première épouse Lina. Les quinze années passées en Amérique et en Europe, malgré ses succès, le laissent désabusé  ; taraudé par le conflit entre la musique soviétique supposée ouvriériste et la musique occidentale supposée bourgeoise, déçu par un Occident qui se croit libre mais ne l’est pas autant qu’il le croit, Prokofiev retourne à Moscou en 1936. Et le voici l’objet de la cruauté la plus raffinée de Staline. Gratifié d’un appartement luxueux, il doit composer une Ode à Staline. Epousant une nouvelle femme, il voit Lina envoyée dans un camp de travail forcé. Ces balancements de fortune l’épuisent d’autant plus qu’il doit subir la «  campagne de redressement idéologique  » de Jdanov. Tout en étant presque le musicien officiel du régime, il est aussi l’un de ceux qui est le plus méticuleusement harcelé. Peut-on dire, avec Igor  : «  l’artiste n’est jamais libre, il ne le sera jamais  »  ?
25,00 €
Apnée
Grasset
Traverser le XXème siècle, sous l’eau et en alexandrin – telle est l’ébouriffante expérience poétique à laquelle nous invite Yann Moix dans *Apnée*. Accompagné d’Emmanuelle, comme Dante avant lui de Béatrice, le narrateur retient son souffle et plonge en eau trouble où un siècle d’histoire bouillonnante, terrible et éclatante s’anime sous ses yeux. La Grande guerre, 39-45, le débarquement en Normandie, l’Indochine, la guerre froide…  dans cet univers liquide où tout n’est que courant, vortex, lumière et tourbillon, hommes et créatures sous-marines se mêlent et se métamorphosent. On y croise d’illustres figures qui ont marqué leur époque- soldats, artistes, écrivains, danseurs, sportifs, acteurs, chefs d’Etat, des héros magnifiques et d'inquiétants personnages – mais aussi des poissons, cétacés, coraux, algues, fleurs qui luisent, teintent et éclairent les tréfonds.  Ballotés au gré des caprices de l’océan, le narrateur et Emmanuelle dérivent, main dans la main, au cœur de ce singulier théâtre parmi les ombres d’hier qui ont fait et défait le XXème.

Renouant avec l’antique tradition de l’épopée en vers, Yann Moix se fait aède et nous propose avec *Apnée* un texte inclassable, parfaitement classique et résolument moderne. Une entreprise littéraire complète où la langue, l’Histoire, les Hommes, la matière et le sensible se déclinent en douze pieds pour redonner vie aux morts.
20,90 €
Un Arabe
Grasset
Dans le sud de la France, une vieille dame se fait voler trente-cinq euros et sa carte bleue, chez elle, alors qu’elle prépare son déjeuner. Les hommes du village viennent à son secours. Puisqu’ils doivent réparer l’injustice, défendre la société, ils désignent un coupable. Ce sera l’étranger du village, «  La Casquette  », «  L’Autre  » ou encore «  L’Arabe  », bouc-émissaire implacablement désigné. La traque peut commencer.

La narration alterne entre deux mouvements principaux. D’un côté, la chasse, la horde qui se forme et la tentative de fuite du présumé coupable. De l’autre, les portraits de tous les hommes qui participent à l’expédition punitive, vingt-et-un personnages dont on découvre les vies, les désirs et les frustrations, les hontes ou les colères. La masse a ses secrets. Ils nous sont exposés ici en galerie, comme autant d’individualités propres qui s’agrègent pourtant autour d’une haine commune, d’une violence qui les unit. Racisme, instinct grégaire, rumeur, voilà le cœur de ce récit haletant.

Écrit comme dans un souffle court, celui de l’homme traqué dont on sent la panique et qui jamais ne sera directement nommé, *Un arabe* regarde au microscope les rancœurs et les peurs qui crèvent le cœur de notre société.
18,50 €
Le vieux juif blonde
Grasset
Sophie, une jeune fille blonde de vingt ans, issue d’une famille catholique et bourgeoise affirme être Joseph Rosenblath, un vieux juif rescapé d’Auschwitz, enfermé dans un corps qui n'est pas le sien.

Dans le magnifique monologue d' Amanda Sthers, l’émotion contamine chaque réplique, et nous interroge sur notre propre identité.Tout semble lapsus, allusion, révélation. A l’ère des chocs et des confusions, un texte troublant et tendre sur le genre et les croyances.

«  Quand j’ai écrit  Le vieux juif blonde, j’avais vingt-six ans. J’étais enceinte de mon second fils, donc femme et homme à la fois, et prisonnière d’un corps qui ne me ressemblait plus. J'ai grandi entre plusieurs religions et cultures, et mon étrangeté est tricotée partout dans ce texte si personnel,  comment imaginer alors qu'il puisse devenir universel? Une multitude de thèmes se bousculent mais le propos central est de savoir si nous sommes obligés de ressembler à ce que notre enveloppe corporelle nous impose, si notre psyché est forcément en accord avec notre âge, nos traits, et notre sexe, si une jolie jeune fille blonde a le droit d’être profondément triste.  Ce monologue de théâtre dont le succès m'a dépassée a bouleversé ma trajectoire et ma vie. »
13,50 €
Mes musées en liberté
Grasset
«  Il n’y a pas que le Louvre dans la vie.  » Voici ce que nous dit Adrien Goetz dans ces Promenades dans les musées de France. Les musées, il les connaît si bien que, dès son enfance, il participait aux ateliers de son collège au musée de Caen. Depuis, il parcourt la France pour les visiter, y organiser des expositions, en rendre compte, mais aussi pour son plaisir.

Il nous le fait partager dans ce livre où il se promène avec nous dans cent vingt musées français dans un récit à la première personne. Non seulement il nous décrit les lieux et les œuvres, mais il nous fait part d’une multitude d’anecdotes aussi savantes que pétillantes.

Du plus petit musée (le musée baron Martin de Grey dans le Doubs) aux plus grands (Lille, Lyon, Rouen),

Du plus ancien (le musée de la BNF, qui vient du cabinet du roi) au plus récent (le Louvre Lens),

De la France métropolitaine à la Réunion (le musée Léon Dierx),

De six pages à six lignes pour chacun, avec une œuvre méconnue qu’il nous recommande,

Bien plus qu’un guide, un compagnon.
23,00 €
Mille façons d'aimer
Grasset
C’est l’histoire d’un garçon et d’une fille qui s’aiment depuis toujours.

Jeanne et Raphaël se sont connus enfants, visages ronds, fossettes, pères absents. Et tout de suite ils se sont adoptés.

Frères et sœurs, âmes sœurs, amis amoureux ? Peu importe. C’est autour d’un jeu de société, sur fond de Dalida et Barbara, qu’ils jurent fidélité et vérité, jusqu’à ce que la mort les sépare.

Ils ont ensemble quinze ans, dix-huit, les jeux d’école laissent place aux lectures, à la découverte de la sexualité, aux conflits ou au trouble. Et le monde continue lui aussi de tourner : le sida fait des ravages.

C’est cette histoire que nous raconte Jeanne, lors d’une première promenade sans Raphaël à travers les rues ensoleillées de Paris. Ce jour de printemps, elle se rend au cimetière, assister à l’enterrement de celui qui lui est essentiel. Hier encore, ils avaient vingt-cinq ans tous les deux. Et aujourd’hui, Raphaël n’est plus là. Jeanne nous raconte les histoires d’amour impossibles, la maladie, le père disparu, et la passion des mots. Parfois l’amour ne dit pas son nom. Au pays de la mélancolie et du bonheur partagé, Anne Goscinny écrit la plus belle des lettres à Raphaël.
17,00 €
Giulietta Shakespeare
Grasset
Benjamin, universitaire, tente de soigner sa mélancolie depuis que Juliet, son amoureuse danoise, l’a quitté sans explication. C’est le moment que choisit Andrea, son vieil ami italien, pour resurgir dans sa vie et lui faire part d’une étonnante découverte  : le journal de Scopritori, un spécialiste de Shakespeare, écrit à Turin pendant les années du fascisme. Fascinés par cette lecture, les deux chercheurs se rendent en Italie où le journal les conduit jusqu’à un livre unique, victime d’un autodafé et miraculeusement sauvé. Qui est donc ce Scopritori expert en littérature anglaise  ? Qu’a-t-il à nous révéler  ? Et qui est cette Giulietta dont les apparitions dans ses rêves troublent Benjamin ?

Il est aujourd’hui communément admis que le «  Barde  » de Stratford-upon-Avon n’avait ni le talent ni les connaissances nécessaires pour devenir le dramaturge génial qui nous bouleverse encore aujourd’hui. Depuis des siècles, de grands auteurs, des amateurs éclairés, des comédiens de renom ont questionné l’identité réelle de William Shakespeare. Parmi eux, l’essayiste italo-canadien Lamberto Tassinari, dont la thèse invitait à chercher le dramaturge du côté de l’Italie. Sous forme romanesque, Patricia Reznikov suit ses traces et nous convie à un périple éblouissant qui entremêle trois récits, à trois époques différentes  : celui de Benjamin et Andrea, nos contemporains, embarqués dans une quête inattendue  ; celui du mystérieux Scopritori, à Turin, dans les années 30  ; celui, enfin, de William Shakespeare et ses doubles dans le monde élisabéthain. Avec eux, nous vivons le quotidien d’un homme de la Renaissance, dans un Londres effervescent, à la fois trivial et raffiné, où la foi, le théâtre, l’amour de l’Italie et la peste se partagent les premiers rôles, parmi ses chevaliers-poètes, les questions de religion et de pouvoir qui hantent la cour, et la naissance de cet extraordinaire théâtre de l’humain dont Shakespeare reste le maître incontesté et le symbole.

Questionnement sur l’amour, hommage aux femmes, amantes ou poétesses, ode à l’Italie, si présente dans l’œuvre shakespearienne, aux vertiges du langage, en un temps où la langue anglaise s’invente littéralement, réflexions sur les souffrances et les bonheurs de l’exil, Giulietta Shakespeare envoûte par ses jeux de miroirs et ses mises en abîmes. Et si l’œuvre de William Shakespeare avait été écrite par deux personnes  ? Un homme et une femme  ?
22,00 €
Le roman des artistes
Grasset
Voici le premier volume d’une tétralogie, Le roman des Artistes, qui racontera, de 1820 à 1885, la vie de tous les grands créateurs aux prises avec le temps des Révolutions (1830, 1848, La Commune…). On retrouve ici tout le talent addictif dont l’auteur a déjà fait preuve dans sa fameuse trilogie Le temps des Bohèmes (Bohèmes, Libertad et Minuit).

Le cadre historique de ce premier volume va des Cent jours du « Vol de l’aigle » (le retour de Napoléon en 1815) à la veille de la Révolution de 1848 en passant par les Trois glorieuses.

« Je m’en vais, Monsieur, et vous venez » dit Chateaubriand à Hugo, marquant la bascule vers le romantisme triomphant au terme de batailles homériques qui scandent cette vaste fresque dont les querelles esthétiques redoublent les révolutions politiques.

Dumas, Hugo, Balzac, Marie d’Agoult, Lamartine, Musset, Sainte-Beuve, Vigny, Mérimée, Nerval, George Sand, Théophile Gautier, Chateaubriand, Marceline Desbordes, Baudelaire, Delphine Gay pour la plume ; Beethoven, Berlioz, Liszt, Chopin, Marie Pleyel pour la musique ; Gericault, Delacroix, Ingres pour le pinceau ; Mlle Mars, Marie Dorval, Juliette Drouet pour la scène : autant de personnages de chair et de sang dont nous partageons les combats, les engagements, les amitiés, les amours passionnées, les coucheries d’un soir (« J’ai eu Mérimée cette nuit, ce n’était pas grand-chose » dit George Sand…), les querelles, les brouilles et les réconciliations, le génie et les bassesses.

Et voici que tous ces artistes qui sont devenus pour nous des « classiques » quittent la poussière des étagères et des bancs d’école pour s’ébrouer au grand vent de l’Histoire, dans un tourbillon palpitant où ils inventent à la fois la presse moderne, la littérature moderne et les lieux de la sociabilité littéraire (salons, etc).
24,00 €
La taille de nos seins
Grasset
«  Nous étions trois amies, venues d’horizons complètement différents. Je débarquais de Sarcelles, Isabelle d’Amérique, et Cécile de la rue Poliveau. Nous avions sept ans quand nous nous sommes rencontrées à l’école de la rue Buffon, et nous avons découvert ensemble les garçons, la transformation de nos corps, le point de vue de l’autre, et l’infini réconfort de l’amitié.

C’est cette histoire que j’ai voulu raconter, avec les dessins de Cécile, peintre que j’admire et qui, comme Isabelle, est toujours mon amie chérie, plus de cinquante ans après notre rencontre. »

A. J.

Où l’on rencontre Mademoiselle Sahoute, la maîtresse-juge suprême, Couik, le caniche sans poils, des parents en plein apprentissage de la liberté des années 70, l’exhibitionniste du Jardin des Plantes, les poupées Barbie et les Claudette, le premier amoureux (sur une balançoire), les enfants tyranniques… Autant de personnages qui façonnent le quotidien de «  Mademoiselle Chichi  », surnom donné par une maîtresse à la petite Agnès.

Pour la première fois, Agnès Jaoui prend la plume et raconte  : l’amitié, d’abord, indéfectible mais aussi faite de rivalités, d’étonnements, de trahisons. L’apprentissage de son genre, joyeux ou angoissant, empreint de doutes et d’injonctions parfois douloureuses. Et les humiliations scolaires, les codes sociaux, le mépris de classe, tout ce qui a forgé sa personnalité convaincue et déterminée. Tendre, cocasse, absolument personnel, l’ouvrage prend vie avec les illustrations de Cécile Partouche, pleines d’esprit et de sensibilité.
19,00 €
Echappées
Grasset
Sur une île, dans une châtaigneraie coupée du monde, vivent sept femmes et leurs enfants. Elles se nomment Sophie, Miriam, Azalée, Caroline, Livia, Paola, Cléo. Le jour, sous l’égide d’Anita, la matriarche, elles travaillent au rythme des saisons, récoltent les châtaignes, s’occupent de leurs petits. La nuit, les langues se délient, les corps se relâchent. Elles dansent, boivent, se disputent. Dans ce décor aussi idyllique qu’étouffant où corps, faune et flore forment une même chair vibrante, elles tentent de cohabiter les unes avec les autres.

La châtaigneraie est un refuge. Depuis huit ans, Anita y recueille des femmes qui ont fui leurs compagnons. Loin de la peur et de la violence qui guette au dehors, elle leur offre un cocon protecteur où voir grandir leurs enfants.  Élevés en meute, ceux-ci s’aventurent chaque jour dans la forêt. Aux confins de leur royaume, à distance des yeux maternels, les vestiges de la brutalité familiale refont surface. Les poings se ferment et les jeux dégénèrent.

Sophie et sa fille vivent ici depuis la création du refuge. Rien ne semble pouvoir changer le cours de leurs existences, mais l’adolescente grandit et commence à poser des questions. Quelles histoires cache cette vie isolée ? Pourquoi est-il interdit aux enfants de franchir l’enceinte de la châtaigneraie ? Entre ce que sa mère voudra bien lui confier et ce qu’elle découvrira au-delà de leur forêt, les masques tomberont. Jusqu’à menacer la châtaigneraie et ses habitantes.

Charnel, puissant, onirique, singulier, un premier roman au style envoûtant.
20,00 €
Le Pays de Nulle part
Grasset
«  Je vous parle d’un endroit secret où les enfants perdus ne grandiront jamais  : le Pays de Nulle part.

Je vous parle de l’une d’entre eux, petite fille morte à quinze jours.

Je vous parle d’une mère qui veut “réussir son deuil”, à défaut d’avoir “réussi son enfant”.

Je vous parle de toutes ces mères au ventre vide.

Je vous parle de la mère de Peter Pan, qui un jour ferma sa fenêtre, le condamnant à rester dans Neverland, et de Stéphanie Verlaine, qui conserva chez elle ses fœtus dans des bocaux de verre.

Je vous parle de la honte et de la douleur des mères.

Je vous parle de l’une d’entre elles.  Parce que c’est apaisant, la fiction d’une autre.

Et pour me convaincre que je ne suis pas elle.  » D.B

Déclaration d’amour et anti-manuel de deuil, Le Pays de Nulle part est un texte très personnel dont Doan Bui entama l’écriture il y a plus de dix ans. Un roman bouleversant où le tragique côtoie le rire, où l’intime dit l’universel. Un magnifique hommage à la ténacité des mères, et aux enfants trop tôt disparus.
20,00 €
Il neige sur le pianiste
Grasset
«  J’ignorais que le musicien venait de tomber dans le cercle magique annoncé quelques minutes plus tôt par le renard, qu’il s’agirait d’un bizarre roman d’amour, qu’il en serait le personnage, et qu’avec le renard ça m’en ferait deux, et que jusqu’à la fin je ne saurais pas lequel des deux j’allais aimer le plus.  »

Un soir de première neige, loin de tout, une vieille romancière enracinée dans sa forêt reçoit la visite d'un pianiste, voyageur planétaire, connu pour ses interprétations de Jean-Sébastien Bach. Ils ne s'étaient jamais vus. Il était prévu qu'il ne resterait qu'un soir, mais la romancière n'a pas du tout envie de le laisser repartir. Comme la neige n'en finit pas de tomber et qu'il y a un Steinway sur place, elle va le séquestrer dix jours et onze nuits. Captivée par ce personnage, et même troublée, le soir du troisième jour, elle ajoute quelques gouttes de plus au somnifère qu'il lui demande pour se remettre de son décalage horaire.

On n'est pas loin du roman de Kawabata, Les belles endormies. Le thème du désir et de la viellesse est ici abordé, mais de façon inversée, et c'est sans doute un peu plus dérangeant : il ne s'agit pas d'un vieil homme qui entre dans le lit de jeunes beautés endormies, mais d'une femme vieille qui s'assoit au bord du lit d'un homme qu'elle a endormi, plus jeune qu'elle, et très beau.

Le même soir que le pianiste était arrivé un petit renard en très mauvaise forme. La romancière le soigne. Elle le sauve. Observer chaque soir cet extraordinaire petit renard devient une sorte de rite, et les rites, se dit-elle, sont là pour remetter de l'ordre dans le monde.

Il est donc question de soigner le monde, grâce à un pianiste et grâce à un renard. Et il est aussi question de deux amours. Un du jour, un de la nuit. L’un venu du dehors, apportant sa vie concrète, terrestre et menacée. L’autre, on dirait, venu de derrière la mort, nous assurant que tout a déjà eu lieu. Les horreurs ont été lavées à grande eau. Le monde resplendit.
20,00 €
Le rôle du père
Grasset
Tout le monde se souvient de Bruno Cremer, un des plus célèbres acteurs du cinéma français du XXe  siècle. Du  Bon et les méchants  de Claude Lelouch à  Une histoire simple  de Claude Sautet et Noces blanche de Jean-Claude. Brisseau, en passant par sa célèbre interprétation du commissaire Maigret à la télévision, il est resté dans la mémoire collective comme l’incarnation de la virilité bienveillante.

Dans ce récit, son fils Stéphane nous raconte tout autre chose. «  Qu’est-ce que ça te ferait si ta mère se prostituait  ?  ». Telle est la question que son père lui a posée, alors qu’il avait treize ans. Et ce n’est là qu’une des multiples cruautés qu’il a eu à subir. «  Je ne veux pas tenir le rôle du père  », lui a dit l’acteur. Là, il n’a pas menti. L’envers d’une légende.

D’une écriture précise, qui mêle force et humour, lucidité et ironie, sans s’épargner lui-même, Stéphane Cremer nous fait vivre la duplicité d’un homme qui en était un autre, jusque contre son fils.
17,50 €
Visa
Grasset
« J’aimerais connaître vos motivations pour ce voyage chez nous, M. Yann. Nous serions ravis de vous accueillir, mais nous voudrions accueillir, en même temps que nous vous accueillons, l’ensemble de vos motivations. Car on ne voyage jamais seul, vous le savez bien. On voyage toujours accompagné. On voyage accompagné de ses motivations. Pourquoi voulez-vous aller chez nous, M. Yann ?»

Quand un écrivain français se rend à la délégation de Corée du Nord pour obtenir le précieux document qui lui ouvrira les portes d’un pays bouclé à triple tour, c’est bien plus qu’un simple rendez-vous administratif qui s’engage…

Yann Moix restitue la joute verbale qui l'oppose au très redoutable préposé à la délivrance des visas pour la RPDC - République populaire démocratique de Corée. Méprise, quiproquo, ironie, double langage, terreur douce et mensonge déconcertant : jamais on n'a mobilisé avec autant de talent les ressorts du dialogue pour produire de la force comique. Non pour le seul plaisir de rire, pour tourner en ridicule l’une des dernières bureaucraties communistes de la planète ou pour dénoncer en creux la bonne conscience hypocrite des démocraties occidentales, mais pour tenter de saisir un non-lieu : la rencontre insoluble entre deux mondes, deux métaphysiques qui ne se comprennent pas et ne se comprendront jamais.

Un texte jubilatoire.
13,00 €
Le Chant des livres
Grasset
«  Dans ma famille, père chômeur depuis la fin de la guerre et mère brodeuse à domicile, les livres étaient rares…  »

Dans les années 50, Gérard Guégan, lycéen fou de littérature, s’identifie à Rimbaud au point de prétendre se prénommer Arthur. Paulhan le sauvera plus tard d’une identification stérilisante en lui conseillant  : «  N’imitez que ce que vous croyez détester.  »

Militant communiste, journaliste encarté puis désencarté mais toujours engagé, romancier, essayiste, critique, éditeur (Champ Libre, Le Sagittaire), Guégan a écumé plus d’un demi-siècle de vie littéraire française.

Il nous fait revivre par petite touches ce temps où l’on prenait la lecture pour l’argument décisif, où l’on s’aimait, où l’on se brouillait, autour des livres, mais où l’on existait en faisant partager ses découvertes, grâce à quoi les affinités électives décidaient de tout.

À sauts et gambades, ce livre-vitrail fait miroiter les facettes d’une légende littéraire  toute subjective.

L’auteur y raconte sa rencontre avec des écrivains (Giono, Mohrt, Miller, Sollers, Bukowski, Boudard…).

Se côtoient ici des ténors et des «  subjectivistes  », talents souvent moins célébrés mais plus électifs (Béatrix Beck, Bernard Frank, Jean-Pierre Martinet, Armand Robin, Jean-Pierre Enard, Alain Chany, Hervé Prudon et tant d’autres).

En sorte que cet autoportrait constitue une sorte d’arche de Noë dans laquelle Guégan entend sauver les siens.
16,00 €
Cendrillon est en prison
Grasset
États-Unis, aujourd’hui. Cindy est en prison, accusée du meurtre de sa mère, Angela. Un podcasteur qui suit l’affaire depuis ses débuts nous raconte l’histoire, devenue un événement médiatique colossal, au point qu'un grand studio de production  a acheté les droits du podcast pour en faire un film.

Enfant, Cindy a été instrumentalisée par sa mère, qui l’a bourrée de médicaments et rendue intentionnellement malade afin de publier sur les réseaux sociaux des photos d’elle décharnée et défigurée, qui lui ont permis de soutirer des centaines de milliers de dollars aux internautes attendris. Seulement voilà, la fille n’est pas moins manipulatrice que la mère  : Cindy échafaude un stratagème qui lui permettrait de s’enfuir avec cet argent si vicieusement gagné. Il tourne mal, Angela est tuée par un garçon naïf que Cindy avait attiré dans sa machination. Cindy est-elle coupable  ?

Fondée sur un fait-divers authentique, un roman captivant qui dresse le portrait impitoyable de l’inculture et de la dégénérescence d’une certaine classe moyenne américaine.
19,00 €
Carat
Grasset
De sa mère, Agathe pensait tout connaitre. Notamment qu’elle était une femme excentrique et belle, adorée et courtisée. Elle sait qu’elle a collectionné les amants, elle les a vus défiler chez elles sans pour autant qu’Aimée ait jamais pu lui dire lequel aurait pu être son père. Elle sait aussi combien elle aimait l’art, leur unique point commun puisqu’Agathe en a fait son métier, commissaire-priseur chargée d’organiser les ventes d’œuvres rares. Pour le reste, elle est son opposée. Toujours de noir vêtue, elle est discrète et solitaire, n’a aimé qu’un homme, a une amie, et concentre ses efforts sur son travail et son projet  : ouvrir sa propre étude. Aussi, lorsqu’en vidant l’appartement d’Aimée après son décès elle découvre, dans un coffre, une dizaine de bijoux frappés du poinçon du joailler Van Cleef & Arpels, elle décide de les envoyer à la maison mère pour en connaitre la valeur. Elle ne se doute pas que deux d’entre eux dont elle ne connait pas l’origine, ainsi qu’un paquet de lettres cachées, vont changer sa vie et lui donner la chance de découvrir la vérité sur sa mère, et peut-être l’identité de son père. Mais le veut-elle vraiment  ? Est-elle prête à laisser les carats raconter leur histoire ?

Après L’âme du violon, Marie Charvet revient et signe un deuxième roman aussi brillant que les carats qu’elle fait scintiller sous nos yeux. Avec Agathe, elle nous emporte dans l’univers de la joaillerie et les coulisses de la Maison Van Cleef & Arpels pour laquelle elle travaille depuis des années. C’est là qu’elle fera basculer le destin de son héroïne en lui offrant la possibilité de changer pour apprendre à aimer, sa mère, elle-même, et peut-être ce client indien, qui sait  ? Vibrant, battant, sensible et passionnant, Carat nous rappelle que le plus précieux n’est pas toujours fait de pierres, mais de sentiments.
22,00 €
L'invention de la famille
Grasset
Prémenry est une vaste propriété en bord de Loire où les grands-parents maternels de Sonia David, Lili et Ruben, ont fait le choix de s’installer dans les années 50 alors que rien ne les liait à la région. Le couple y accueillera jusqu’à leur mort leurs cinq enfants et treize petits-enfants.

Si les robinets dans chaque chambre alimentaient ses rêves de petite fille, Sonia David en retient surtout un lieu ouvert aux arts et au débat, lieu mouvant où les meubles allaient et venaient sans attache particulière. Car jamais le passé n’y était célébré, au contraire : Lili et Ruben n’ont eu de cesse d’y transmettre l’esprit critique, le goût de l’altérité, le sens des responsabilités, le devoir de se modeler son propre destin, et de partir. La mère de l’autrice, tout comme ses quatre oncles ont pris la route, et d’autres nationalités. Ses douze cousines et cousins également, éparpillés à travers le monde, qui parfois même ne se connaissent plus les uns les autres. Peut-on encore parler de famille, et à quoi tient-elle précisément ? Et pourquoi cette injonction au départ ? Celle-ci trouve évidemment ses raisons dans l’histoire de Lili et Ruben : elle, issue de la grande bourgeoisie catholique marseillaise, lui, juif russe émigré et ancien déporté.

Dans ce livre bouleversant d’humanité et de sincérité, Sonia David sonde les secrets, déroule un XXe siècle cosmopolite au fil des choix et parcours de chacun, et de chapitre en chapitre, explore cet héritage commun : le devoir de s’inventer.
24,00 €
Bobby Nazebroque
Grasset
Que feriez-vous si, chaque fois que vous buvez pour oublier vos problèmes, l’enfant que vous étiez à 10 ans vous apparaissait pour vous demander des comptes  ? C’est ce qui arrive au narrateur de ce roman, Robert, jeune homme de 29 ans, alcoolique solitaire, Brautigan citadin et sorte de Werther contemporain (le lyrisme en moins et la picole en plus), dont la vie se résume à une longue suite de cuites. Sans emploi, désœuvré, ultrasensible et isolé, ils ne parlent à ses parents que pour apprendre qu’ils divorcent ou se sont réconciliés, fuit ses amis pour éviter leur jugement. Et maintenant celui de Bobby, l’enfant qu’il était, qui ne lui apparaît que dans l’ivresse et le supplie chaque fois de se rappeler leurs rêves pour les réaliser. Peut-être pas certains, être archéologue ou rockeur. Mais au moins ces deux-ci  : être amoureux et heureux. Après avoir essayé de s’en débarrasser, Robert va peu à peu l’écouter. Et accepter de se souvenir de l’homme qu’il voulait devenir.

Des rues de Paris où ils vont cheminer ensemble pour retrouver une femme, aperçue dans un bar, mais dont le narrateur pressent qu’elle pourrait être l’amour de sa vie, au centre de désintoxication où Robert tentera, cette fois, de retrouver sa santé, on les suit dans ce bildungsroman à l’envers, où l’enfant devient le guide. Mordant et tendre, grave et léger, drôle ou grinçant, Paul Cluzet use de toutes nos émotions pour peindre avec honnêteté et talent la difficulté de grandir et l’espoir que l’enfance abritait, et qui parfois nous revient. Un premier roman qui parlera à tous et toutes, puisque nous avons tous été enfants avant que d’être adultes.
18,50 €
Si le soleil s'en souvient
Grasset
Le livre s’ouvre en 1960, à Mascara, petite ville des hauts-plateaux de l’Algérie française, avec l’inauguration d’un cinéma trop luxueux pour ce monde en sursis. Ce cinéma, le Vox, c’est le père du narrateur, Edmond, qui l’a bâti à grands renforts d’enthousiasme, de naïveté et d’illusion. On doit y projeter  «  Moby Dick  », le film de John Huston – mais comment montrer la beauté sous un ciel voluptueux, quand la violence, la haine et la folie des hommes se déchaînent  ? Ce soir de juin, qui devait être joyeux, a lieu un affreux massacre…

À partir de cette scène primitive, tout se tisse dans ces pages d’allers-retours entre hier et aujourd’hui. Le narrateur nous guide dans son adolescence éperdue, dans un enfer ensoleillé, concentré d’aveuglements, d’injustice, de fausses allégresses et d’exil. Le père, magnifique et désespéré. La mère, silencieuse et protectrice. Le grand-père, légendaire légionnaire d’origine hollandaise. Tous prêts au départ vers la métropole. On croise aussi Camus, un certain Omar-Le-Fou, un pêcheur anti-franquiste. Sans oublier les photos du studio Harcourt, le bordel caché, et la guerre, toujours, partout….

Si le soleil s’en souvient  n’est pas  l’évocation du «  paradis perdu  », mais le roman de la jeunesse et de la nostalgie, entre bonheurs défunts, jouissances sensuelles, et découverte de la vie tragique. Jean-Paul Enthoven nous offre l’éducation sentimentale, érotique, littéraire, politique, d’un adolescent qui s’égare et se retrouve en parcourant le chemin qui le sépare de l’âge adulte...
19,00 €
La voix des Saules
Grasset
Contactée pour animer des ateliers d’écriture en milieu psychiatrique, Nathalie Skowronek, qui n’en a jamais dispensé, se demande bien ce qu’elle pourrait apporter à des gens atteints de troubles psychiques. Pourtant, sans en comprendre les raisons, elle accepte. Autour de la table, entre exercices d’écriture et confidences lâchées avec une sincérité qui la désarme, elle découvre une humanité en souffrance, digne, sans fard, sans complaisance sur son état de perte, prompte à rire d’elle-même. Elle y reconnaît cette éternelle difficulté de vivre qui attend consolation et reconnaissance. De quoi se poser la question  : et elle, où en est-elle dans sa vie, qu’en attend-elle  ?

Au fil des séances, de plus en plus confuse et vulnérable, elle voit la distance s’amenuiser entre les participants et elle. Basile qui fuit l’atelier car il lui cause trop d’hallucinations, Pierrot qui déconstruit les phrases des uns et des autres par des jeux de mots vertigineux, Lina, la fine mouche, qui se demande si leur animatrice va aussi bien qu’elle le dit. Sans nier le gouffre de souffrance qui les sépare, elle lit ses angoisses dans le regard de ceux à qui elle est censée apporter son soutien. Le vrai et le faux, l’art et la vie, le contrôle et le lâcher-prise, le dedans et le dehors, tout s’entremêle dans ce chemin qu’elle parcourt avec ses compagnons de détresse, où l’on croise aussi Virginia Woolf, Ionesco, Prévert, Stevenson. Jusqu’à avoir le sentiment de basculer de l’autre côté du miroir. C’est un nouveau monde qui se dévoile alors, où les faux-semblants, les conventions sociales, les zones de confort s’évanouissent.

Dans ce remarquable récit, aussi puissant que ses personnages sont fragiles, émouvant mais dépourvu de pathos, Nathalie Skowronek nous fait remettre en question une certaine idée de la normalité.
17,00 €
Fantasia
Grasset
L'intelligence artificielle. Elle lutte contre la fraude et détruit des emplois, promeut l'éducation et favorise la triche, donne accès au savoir et propage les fake news. Elle nous obsède et nous effraie, mais qui est-elle réellement  ? Grâce à une série d’anecdotes, d’épisodes méconnus, de contes et de micro-récits, Laura Sibony dresse un état des lieux. Elle raconte sans les juger les principaux concepts de l'I.A., ses enjeux et ses conséquences.

Au lieu de s’appuyer sur un discours théorique, c'est à travers des dizaines d’histoires qu’elle nous permet de saisir au mieux ce qu'est l’intelligence artificielle – et ce qu’elle n’est pas. Ce qu’elle peut changer – et ce qu’elle ne pourra jamais changer. Ce qu’elle promet – et les promesses qu’elle n’arrivera pas à tenir. Une partie d’échecs entre Napoléon et le Turc mécanique, un algorithme pour reconnaître les fromages, la voix artificielle des patients atteints de la maladie de Charcot ou encore Poutine en décolleté : le machine learning, les deepfakes ou le tagging se pensent en images.

Loin de se limiter aux aspects techniques, Laura Sibony nous emmène dans les coulisses de la Silicon Valley et nous transporte au Kenya, chez les éboueurs de l’IA.  Fantasia, ce sont des textes aussi drôles que pédagogiques, un voyage pour comprendre l’objet de nos fantasmes et de nos craintes les plus profondes  : l’intelligence artificielle.
22,00 €
Eve Melville, Cantique
Grasset
«  Et la voici, Eve Melville, sculptée d’un seul pan de glaise, pas un pli, pas une ride, pas un mot plus haut que l’autre, qui se redresse au milieu de Halsey Street, au milieu des voisins à leurs fenêtres et des enfants réunis sur la route vide, qui nous regarde un à un et qui murmure

ma maison est noire  »

Un matin d’août 2016, un cri déchire le cœur de Brooklyn  : la maison d’Eve Melville a été peinte en noir pendant la nuit. Eve la tient de son arrière-grand-père, Solomon Melville, né esclave en Géorgie. Ce stigmate sur sa façade avive le souvenir. L’héroïne tranquille devient inquiétante, s’accroche à sa propriété comme à sa mémoire et se révolte contre les promoteurs qui défigurent le paysage de son enfance.

Entre l’affranchissement de Solomon et la furie d’Eve, ce roman entrechoque les mythologies américaines : la torture dans les plantations d’indigo, les spectres du Vietnam, l'apparition du sida et les émeutes qui secouèrent Brooklyn à l'aube des années 1990.

Dans une langue incantatoire, magnifique, puissante, ce cantique pour Eve Melville remonte aux racines d’un pays qui rejoue sans cesse ses batailles.
20,00 €
J'ai péché, péché dans le plaisir
Grasset
Téhéran, 1955. A la suite d’une lecture de ses poèmes, le regard de Forough Farrokhzad (1934-1967), égérie des milieux littéraires iraniens qui n’a que vingt ans, est accroché par celui d’un jeune homme. Elle s’apprête à repousser les avances de Cyrus, ou la Tortue, comme elle le surnomme, et ignore qu’il va bouleverser son existence. Erudit, francophile, Cyrus lui traduit en persan les poèmes de Pierre Louÿs tout en lui racontant la vie du poète et celle de son grand amour, Marie de Régnier.

A travers celle de Marie, Forough entrevoit la vie dont elle aurait rêvé. Grâcieuse, intelligente, perverse, la fille du grand poète José-Maria de Heredia est une des reines de la très libre Belle Epoque, tout Paris se l’arrache. Elle collectionne amants et maîtresses, publie sans cesse et s’amuse dans les salons les plus prestigieux. La poétesse iranienne, elle, mariée à 16 ans à un artiste sans fantaisie, est bridée par sa famille, son militaire de père et les mœurs de son pays. Tout le monde s’épie, tout se sait. Mais Forough ne sait qu’être libre et provoque scandale sur scandale au fil de la parution de ses recueils. Elle célèbre la chair, la vie, l’émancipation et ne se renie pas. Toute son existence, Forough cheminera avec l’histoire de Marie de Régnier et de Pierre Louÿs au cœur, au point de venir à Paris avec Cyrus, sur les traces des deux amants et de leur cohorte d’amis, Claude Debussy, Marcel Proust, Léon Blum, Liane de Pougy et Nathalie Clifford-Barney. Sa mort tragique, à 32 ans, mettra un terme à son œuvre d’une immense intensité, qui en fait sans aucun doute la plus grande poétesse de l’Iran contemporain.

Dans ce roman puissant et subtil, au rythme effréné, Abnousse Shalmani met en regard les vies extraordinaires de ces deux écrivaines qui firent toujours le choix de la passion, amoureuse, poétique ou purement sensuelle, au risque de s’en brûler les doigts. Une ode très contemporaine à la liberté artistique et à celles qui ne renoncent jamais, en Occident comme en Orient.
19,50 €
Le Jardin des Plantes
Grasset
En créant en 1635 un jardin des plantes médicinales à Paris, directement placé sous son autorité, Louis XIII fonde non seulement l’une des plus anciennes institutions scientifiques de France avant l’Académie des Sciences (1666) et l’Observatoire de Paris (1667), mais aussi l’une des plus modernes. Des cours gratuits, donnés en français et non plus en latin au tout-venant  : du jamais vu, qui fait froncer les sourcils à la Sorbonne  !   Car le succès est immédiat, les carabins s’en donnent à cœur-joie de disséquer des cadavres, de ridiculiser les Diafoirus, de découvrir une sexualité aux plantes  : médecine et botanique ne font qu’un au XVIIème siècle et c’est le premier médecin du roi, Guy-Crescent Fagon, qui administre le jardin jusqu’à la fin du règne de Louis XIV.  Au XVIIIème siècle, c’est la surproduction de tout  : des espèces végétales, animales et minérales rapportées par ces missions scientifiques qui sillonnent l’univers, des cabinets de curiosité des grands de ce monde, des touristes qui affluent de toute l’Europe au jardin des Plantes pour rencontrer Buffon, l’auteur d’un des best-sellers de son temps, une Histoire naturelle en 36 volumes qui ignore sèchement son contemporain, le savant suédois Carl von Linné dont la classification fait encore autorité.  Nationalisé à la révolution, sauvé par Lakanal qui voit surtout son aspect éducatif, voici le jardin Royal transformé en muséum. Douze professeurs vont chacun occuper une chaire et administrer l’institution pendant deux cents ans et aucun des promeneurs, peintres ou écrivains qui découvrent avec délices au XIXème siècle la ménagerie, les grandes galeries, le jardin d’Acclimatation (1860), au bois de Boulogne, le musée d’Ethnographie, ancêtre du musée de l’Homme, au Trocadéro (1878) ou le zoo de Vincennes (1934) ne se doute des querelles qui agitent les coulisses de l’établissement et se nomment fixisme, transformisme, Darwinisme, colonialisme, adaptation ou refus de la révolution industrielle, déclin scientifique. L’homme est-il un singe  ? La France apporte-t-elle aux peuples colonisés l’ombre ou la lumière  ? A quoi sert le muséum  ? Comme la pluie qui tombe dans les grandes galeries, faute de crédits, après la Seconde Guerre mondiale et surtout après les Trente Glorieuses, l’histoire naturelle est-elle en train de tomber dans l’oubli  ?

L’ADN découvert en 1953, qui révèle tout de vous, de votre passé et de celui du vieux renard empaillé ou de la roche emprisonnée, fait-il encore de nous des être humains  ? La numérisation viendra-t-elle à bout du trop plein des musées  ? Va-t-elle rendre à leurs pays d’origine tout ce qui en a été emporté  ? Et la terre qui se décroche par mottes entières sous nos yeux, où va-t-elle  ? C’est dire qu’au XXIème siècle, le muséum a encore devant lui de beaux jours et de belles promenades parmi les dangers de la terre. «  [Celle-ci] peut bien disparaître, disait August Strinberg en 1894, si le jardin des Plantes est épargné, la création sera sauvée.  » Puisse l’avenir lui donner raison  !
22,00 €
Les corps hostiles
Grasset
« J’avais envie que ce corps-là, ce corps inouï, me terrasse et m’étreigne, me fragilise, m’amplifie. Ça n’arrive pas si souvent, un désir qui vous foudroie la moelle et s’impose avec une telle puissance. Je suis fatiguée, si fatiguée d’être, parfois… »

Ainsi parle Maude, hostile, puissante et fragile, en lutte contre les images ou les stéréotypes de son époque. Parolière réputée, elle a accepté de travailler à un album avec Loïc Quemener, ancien délinquant fiscal reconverti dans le pop-rock et le développement personnel, corps instagramé et un peu en déclin. Tout au centre, Maude aime les marges. La moto, sur route ou sur circuit. Les mots, s’ils ne sont pas surgelés ou en boîte. Un homme, Franck, qui documente l’économie du déchet, et que Maude quitte pour Loïc, pourtant pas son genre…

Loïc est une légende à sa façon, et un homme d’aujourd’hui : sculptural, mécanique, travaillé par l’impuissance et l’angoisse – une virilité déchue en quête de force. Maude lui donnera des mots pour sa musique, un désir nouveau et…. l’occasion d’un combat.

Dans ce roman magnifique, et dans une écriture libre, scandée, profonde, Stéphanie Polack nous fait vivre, aimer et rire, combattre parfois. Transmutée en Maude, elle documente ce que signifie être une femme dans un temps où chacun doit se définir. Elle réactive les figures masculines d'un Jean Genet, queer avant la lettre. Maude dérange. Cabosse. Frôle. Esquive. Et traverse avec nous une époque où il faut à tout instant choisir l’hostilité, tendre façon d’être avec l’autre.
20,90 €
Vies électriques
Grasset
Début du XXe siècle, l’électricité est synonyme de progrès. Elle permet d’illuminer la nuit, de dialoguer à distance grâce au téléphone, bientôt d’effectuer des transmissions radiophoniques. Fascinés, scientifiques et ingénieurs se bousculent dans la course aux découvertes. Vies électriques est le roman de deux destins croisés, emportés par la science.

Le jeune Allemand Hans Berger se consacre ainsi à la recherche médicale avec l’idée folle de détecter les ondes d’une mystérieuse « énergie psychique », qui expliquerait les expériences de télépathie qu’il a connues avec sa sœur aînée. Psychiatre méprisé pour sa quête quasi mystique, il poursuit des expérimentations d’abord rudimentaires sur des crânes trépanés, puis plus élaborées avec les gueules cassées de la Grande guerre. Enfin, au cours des années 1920, dans une Allemagne qui sombre dans le bruit et la fureur, l’obscur chercheur identifie les ondes alpha et devient le père de l’électroencéphalogramme.

D’autres vont plus loin : si elle explique le fonctionnement du cerveau, l’électricité doit aussi pouvoir le guérir. Poursuivant les recherches de Berger, le neuropsychiatre juif polonais Zenon Drohocki travaille au Collège de France jusqu’à son arrestation par la Gestapo en 1943. Déporté avec sa femme, il bricole un appareil à électrochocs dans l’hôpital de fortune d’Auschwitz-Monowitz. Son but : guérir de la mélancolie des détenus promis à la mort, avec l’accord ambigu des médecins SS. Car la curiosité d’un certain Josef Mengele donne à son travail une orientation glaçante. La fée électricité serait-elle devenue démon ?

Entre progrès scientifique pour le bien de l’humanité et outils de destruction totalitaire, la frontière est étroite. Hans Berger et Zénon Drohocki font de leurs recherches une question de vie ou de mort, au point d’en perdre de vue les fins et les risques ultimes. Ont-ils été dévorés par une époque elle-même dépassée par ses créations ? Dans le roman de leurs deux vies en miroir, Dalibor Frioux nous emmène dans un voyage vertigineux au cœur de la science prise dans la tourmente de l’Histoire.
23,00 €
Fellini Blues
Grasset
"Tout a été dit et l’on vient trop tard, a dit un auteur mais je croirai plutôt que l’on vient toujours à l’heure où personne ne nous attend à part nos parents ébahis et une vieille sage-femme. Cela s’appelle la vie. On débarque sur un seuil où des gens s’amusent ou se font la gueule, on se mêle à eux un moment, puis l’on se détache du groupe, on cherche ses clés de voiture et l’on part se fracasser loin des regards."

Valentin, 50 ans, vit avec sa mère. Il a peu lu, alors qu'il travaille comme magasinier dans une bibliothèque, et nourrit un complexe d'infériorité intellectuelle. Il est fin cuisinier et amateur de bons vins. A l'orée du texte, il rencontre par hasard Marc Chalinski, chirurgien ORL. Les deux hommes ont le sentiment d'avoir été condisciples, mais ils ne sauraient dire où… Avant que Chalinski ne meure dans un accident, ils auront eu le temps de nouer un curieux rapport, Chalinski faisant appel à Valentin pour organiser chez lui des repas de fête ou garder sa luxueuse villa en son absence.

La "timidité sociale" de Valentin n'empêche pas certains succès. Des femmes se succéderont dans sa vie. Outre Rose sa mère très aimée et très encombrante, et sa patronne, la tyrannique Mme Angin, il y aura Linda Lopez, étudiante en Lettres, intéressée et perfide  ; Gaétane, névrosée  ; Manon qui ne songe qu'à "réussir"  ; Bettina, ex-femme battue  ; et enfin Tancrelle, prof de français dont Fellini est le cinéaste préféré, qui l'aidera à surmonter ses complexes...

Mais le bonheur d’un Valentin métamorphosé peut-il durer  ?

Un roman "humain", chaleureux, nostalgique, aussi imprévisible que l’est la vie, aussi guetté par la fin que nous le sommes tous  : comme un blues de nos existences trop brèves…
18,00 €
Sensibilités
Grasset
Il était une fois une femme qui avait décidé de faire le BIEN. Et c'est toujours bien de faire le BIEN, n'est-ce pas ? Cette femme travaillait dans une prestigieuse maison d'édition cotée en bourse, Feel Good était son nom. Chez Feel Good, on tenait par-dessus tout à ce que les actionnaires et les lecteurs soient heureux et calmes. Oui, on y mettait un point d'honneur. Mais, après tout, être heureux et calmes n'est-ce pas ce que nous voulons tous ? Cette femme, celle qui voulait faire le BIEN, se disait que les livres devaient être la première étape du chemin qui mènerait au bonheur. Déterminée, méthodique, rigoureuse, elle avait décidé que sa mission serait de nettoyer chaque mot de chaque texte pour que plus jamais personne ne soit heurté dans sa sensibilité. Corriger, à la source, chaque manuscrit dans un esprit Feel Good afin que tout le monde se sente bien, confortable. Se sentir bien, c'est important, n'est-ce pas ? Désormais, la seule et unique question qui la guiderait serait : est-ce que ce texte, cette phrase, ce mot peut être source d'inconfort ? Car l'inconfort n'était pas bon pour les lecteurs, pas bon pour les actionnaires, pas bon pour la vie sociale, il n'était pas Feel Good. Et être Feel Good c’est ce que nous voulons tous, n’est-ce pas? Mais on n’efface pas les maux de la société comme on efface les mots des manuscrits. Dehors, le monde est en colère, chaque jour apporte son nouveau lot de violence, de haine, de racisme… Être Feel Good ? Quitte à se laisser aveugler par le soleil du Bien et retirer des rayons les livres qui dérangent ? Quel en sera le prix  ?

Dialogues hilarants. Situations justes et si souvent vraies, où l’ironie se mêle à la tendresse moqueuse. Une fable sur notre temps.
18,00 €
Plaidoyer pour le rêve
Grasset
«  Je n’ai jamais su guérir de mon penchant pour le rêve. Peut-être y étais-je prédestiné.  Fagus, le mot latin à l’origine de mon nom, ne veut pas seulement dire  hêtre, mais aussi  fées.  Le rêve a toujours demandé un effort, un arrachement à la crudité des choses. De nos jours, à l’heure des pandémies, des catastrophes naturelles et de l’intelligence artificielle, cette activité en deviendrait presque héroïque…  »

A la recherche de son père, homme de papier et de mots disparu trop tôt, Samuel Dufay puise dans ses souvenirs réels ou fantasmés, et nous conduit dans un Paris secret, loin de la vie numérique, où les cabines téléphoniques jouxtent les kiosques à journaux. Jeune hussard du «  futur bon vieux temps  », mélancolique et souriant, il emprunte les chemins d’Antoine Doinel, de Nestor Burma et les couloirs des rédactions qu’il imagine encore enfiévrées. Il y cherche l’aventure, la fulgurance, le coup de foudre, mais aussi l’appartement de la rue Lamarck où a grandi son père, la maison de vacances du Pays basque et, désormais, le cimetière… Les êtres partent mais il nous reste les mots, pour ne jamais dire adieu tout à fait. Des pages douces et tristes, comme un dessin de Sempé.
14,00 €
Le grand feu
Grasset
«  Le grand feu, c’est celui qui m’anime, et me consume, lorsque je joue du violon et lorsque j’écris.  »

Léonor de Récondo

En 1699, Ilaria Tagianotte naît dans une famille de marchands d’étoffes, à Venise. La ville a perdu de sa puissance, mais lui reste ses palais, ses nombreux théâtres, son carnaval qui dure six mois. C’est une période faste pour l’art et la musique, le violon en particulier.

À peine âgée de quelques semaines, sa mère place la petite Ilaria à la Pietà. Cette institution publique a ouvert ses portes en 1345 pour offrir une chance de survie aux enfants abandonnées en leur épargnant infanticides ou prostitution. On y enseigne la musique au plus haut niveau et les Vénitiens se pressent aux concerts organisés dans l’église attenante. Cachées derrière des grilles ouvragées, les jeunes interprètes jouent et chantent des pièces composées exclusivement pour elles.

Ilaria apprend le violon et devient la copiste du maestro Antonio Vivaldi. Elle se lie avec Prudenza, une fillette de son âge. Leur amitié indéfectible la renforce et lui donne une ouverture vers le monde extérieur.

Le grand feu, c’est celui de l’amour qui foudroie Ilaria à l’aube de ses quinze ans, abattant les murs qui l’ont à la fois protégée et enfermée, l’éloignant des tendresses connues jusqu’alors. C’est surtout celui qui mêle le désir charnel à la musique si étroitement dans son cœur qu’elle les confond et s’y perd.

Le murmure de Venise et sa beauté sont un écrin à la quête de la jeune fille : éprouver l’amour et s’élever par la musique, comme un grand feu.
19,50 €
Le jour des caméléons
Grasset
Une île  : Maurice, la narratrice du roman. Quatre personnages  : un oncle las de la vie, sa nièce, unique lumière pour lui, une femme qui vient de quitter son mari, un chef de bande assoiffé de vengeance.

Une journée où tout va exploser  : la cité, les haines, peut-être l’île. Enfin, d’étranges animaux qui attendent patiemment que les humains finissent de détruire ce qui leur reste  – leur humanité, leur foyer  – pour vivre seuls, en paix  : les caméléons. Unité de lieu, de temps, d’action. Le compte à rebours est lancé, le drame peut commencer.

Mais reprenons. Le roman s’ouvre, la ville est à feu et à sang. Zigzig, le caïd meneur, tient dans ses bras une fillette ensanglantée. Les plus pauvres viennent de s’attaquer aux plus riches dans le centre névralgique de l’île  : le shopping center, désormais en ruines. Au loin, un volcan gronde. Comment en sommes-nous arrivés là  ? Quelques heures plus tôt, Zigzig partait avec les siens attaquer ses rivaux tandis que Sara regardait danser une femme libérée sur une plage abandonnée. L’île rembobine et nous raconte. On suivra tour à tour chacun des personnages jusqu’à ce que leur destin se mêle. On remontera aussi le cours de l’Histoire pour comprendre comment les peuples, les servitudes et les logiques du monde moderne ont saccagé cette terre de merveilles et divisé ses habitants.

Avec sa langue tour à tour tendre et ironique, tranchante et poétique, Ananda Devi nous emporte dans un roman impossible à lâcher pour nous plonger dans le chaos des hommes. Le destin est en marche. Mais dans cette histoire-là, ceux qu’on croit les plus féroces seront peut-être les seuls héros.
20,90 €
Drag
Grasset
Tony / Nita. Le jour / la nuit. Noisy / Paris. L’un est un jeune type de cité, il vit encore chez ses parents et rêve de devenir comédien mais passe des castings sans succès. L’autre est une drag-queen adulée. Elle illumine les soirées de la capitale, mais, comme Cendrillon, doit, à l’aube, quitter ses beaux atours pour disparaitre sous les traits de Tony.

Pile et face d’une même médaille, l’un vit en jogging et parle en argot quand l’autre est une diva qui soigne autant son maquillage que son langage. On les suit à tour de rôle dans la narration comme deux personnages différents. Mais le destin va bientôt les obliger à se réunir.

Des tours grises de la cité où le masque de caïd permet à Tony de s’en sortir à l’univers scintillant des drag-queens où la vie semble une fête, Johann Zarca nous fait passer d’un monde à l’autre jusqu’à les faire se rencontrer pour confronter son personnage au seul choix qui lui reste  : s’unir ou mourir.
20,00 €
Le choix du roi
Grasset
Jusqu’ici Maxime était le fils parfait. Aîné brillant, garçon sportif, à 20 ans il s’apprête quitter le foyer toulonnais pour intégrer Polytechnique quand sa cadette, Lisa, enchaîne les colorations capillaires, les piercings et les affronts, au point de décourager sa mère. "Le choix du roi" se vantait jusqu’ici Fabien, leur père. "Un fils en or" clamait Karine. Jusqu’à cette nuit de juillet.

Le 8 au petit matin, Maxime réveille sa mère. Il sent l’alcool, sa chemise est pleine de sang. Il vient de renverser une fille en rentrant d'une soirée. Il l’a laissée sur le chemin où le choc l’a tuée. Avant que le jour vienne, Maxime demande à Karine de se débarrasser de la chemise et de garder entre eux leur macabre secret.

Avant, pendant, après, Laurence Lieutaud rembobine puis accélère le temps en nous faisant vivre les jours qui ont précédé et qui suivent l’accident, du point de vue de différents personnages  : la mère de Maxime, la soeur de Maxime, la mère de la victime. A mesure que les policiers mènent l’enquête, Karine découvre son fils sous les traits d’un monstre froid plus occupé à jouer et tuer des soldats sur son ordinateur qu’à penser aux familles qu’il a brisées.

De la première ligne à la dernière, Laurence Lieutaud nous fait traverser les enfers de ses personnages. Certains se débattent dans les filets de la culpabilité et de la peine, d'autres essaient de percer la vérité. Un tel secret peut-il être ainsi enfoui ?
20,00 €
Qui a tué Spinoza ?
Grasset
Et si derrière la mort de Spinoza se cachait, non une santé fragile, mais un assassinat ? Quand Baruch Spinoza s’éteint à seulement 44 ans, en 1677, à La Haye, il laisse dernière lui une œuvre philosophique révolutionnaire mais aussi des énigmes. Qui est cette mystérieuse personne qui lui a rendu visite le jour de sa mort ? Et pourquoi des lettres et des manuscrits inédits ont-ils disparu de son secrétaire ? A qui donc profite le crime de cette mort étrange ? Catholiques, protestants, monarchistes, juifs, adversaires théoriques, Français, Hollandais… de son vivant, le philosophe ne manquait pas d’ennemis.

Nous voici plongés dans la Hollande du XVIIe siècle, carrefour de tous les savoirs et du commerce, terre de paix et de tolérance où Juifs, catholiques et protestants pratiquent librement leur culte. Mais l’équilibre est fragile et les passions nombreuses. On se méfie de Spinoza, trop libre, inclassable. Sa philosophie dérange autant qu’elle fascine, en cette époque où les guerres de religion déchirent l’Europe : Dieu n’est pas une personne mais la Nature. Il n’y a ni providence, ni miracles, ni paradis, ni enfer, ni immortalité de l’âme. Autant de propositions qui défient l’ordre social et céleste. Du sommet de l’État au presbytère en passant par la Synagogue et les cercles de pensée concurrents, tout conspire, en secret, pour faire taire ce génie séditieux.

Dans ce thriller philosophique et historique d’une grande exactitude, Jean-François Bensahel nous fait marcher dans les traces de Spinoza, à travers les complots et les mystères d’une Europe à feu et à sang, où les querelles d’idées sont souvent les plus meurtrières. Un roman incisif et haletant.
20,00 €
Un été chez Umberto Eco
Grasset
Apostille au livre d’entretiens entre Umberto Eco et Jean-Claude Carrière dont Jean-Philippe de Tonnac avait été l’initiateur obstiné et l’accoucheur inspiré, publié en 2009 sous le titre N’espérez pas vous débarrasser des livres et traduit depuis dans vingt-six langues, Un été chez Umberto Eco nous fait pénétrer dans les coulisses des rencontres, nous livrant à la fois le portrait des protagonistes, la description des lieux, la nature des conversations - bref, tout le « hors champ » de ce que le premier ouvrage ne pouvait révéler, et les perles de conversation qui n’avaient pu y être retenues.

Nous assistons ici à la danse de séduction de l’auteur auprès des deux monstres sacrés pour les convaincre de dialoguer sur les cinq mille ans d’histoire du livre, du papyrus au fichier électronique ; la visite initiatique à Milan où le «  Professore » ouvre au profane sa « salle des coffres », collection de livres rares consacrés aux sciences occultes, fausses, farfelues, et aux langues imaginaires ; les premières journées de travail chez Jean-Claude Carrière à Paris ; et enfin cet été à Monte Cerignone, la maison de vacances d’Umberto Eco, où tout crépite et étincelle, du salon des joutes oratoires à la piscine et des promenades aux repas.

Quel est le plus beau livre du monde ? Pourquoi un livre est-il un incunable avant le 31 décembre 1500, un « simple » livre après ? Le collectionneur passionné est-il davantage guidé par la quête ou par la possession ? En quoi la bêtise est-elle fascinante et quelles en sont les différentes formes ? Pourquoi le livre va survivre à toutes les métamorphoses induites par la technique et en quoi est-il, pour l’éternité, un vecteur de liberté ?

Voici quelques-unes des questions qui parcourent cet ouvrage où deux puits de culture et d’esprit rivalisent de gai savoir, d’érudition joyeuse, de plaisirs des sens et de l’esprit. Un vade mecum délicieux par nos temps d’obscurantisme galopant.
18,50 €
La prophétie de Dali
Grasset
Balla voit son monde s'effondrer lorsque son père abandonne subitement la concession familiale. Jusqu’alors, lui et ses amis jouaient, insouciants, dans la brousse de l’Ouest malien. Souhaitant garantir un avenir à ses enfants, sa mère quitte le village et emmène sa progéniture de Kayes à Bamako et de Bamako à Paris. Arrivé dans une France froide et inhospitalière, Balla ne connaît rien des codes de ce nouveau pays et devient, à six ans, la risée de son école et bientôt de toute sa famille. Squattant chez les uns chez les autres, l’enfant nomade se plonge dans le mutisme et rêve secrètement de revoir son père. Dali, une griotte qui pratique l’art de la divination, prédit un avenir radieux à l'élève parqué dans une classe destinée “aux enfants arriérés". Depuis, le petit garçon est obsédé par l’intelligence et l’acquisition de la connaissance. Mettra-t-il fin au désespoir de sa mère qui l’emmène de force dans ses cours d’alphabétisation pour essayer de le sortir d'affaire ? Parviendra-t-il à se faire une place dans sa fratrie qui ne croit pas en lui ? La prophétie de Dali se révélera bien plus qu’une simple chimère…

Dans une langue aussi imagée qu’enjouée, Balla Fofana nous livre un très beau premier roman, largement inspiré de sa propre histoire. Il y raconte l’exil à hauteur d’enfant, la violence sourde qu’il engendre, mais surtout la force d’une femme, sa mère, à laquelle il rend un magnifique hommage.
19,50 €
Le diable bat sa femme
Grasset
Maximilien Zorn, avocat parisien, est convoqué par Jupiter, son ami d’enfance et son ex beau-frère, devenu président de la République.

A quelques mois de la campagne en vue de sa réélection, Jupiter a reçu de Bébé, un amour d’adolescence, un message menaçant  : elle prétend avoir été violée par lui à l’époque, ce qui pourrait lui valoir une convocation par la Haute Cour de la République et anéantir sa réputation comme sa carrière.

Il ne peut mettre dans la confidence aucun service de l’Etat et compte sur Zorn, qui fut lui aussi l’amant de Bébé dans leurs années étudiantes,   pour résoudre une énigme  : pourquoi Bébé le menace-t-elle de révéler un crime qu’il n’a jamais commis  ?

Bébé est-elle vraiment à l’initiative de cette menace  ? Est-elle l’instrument d’une déstabilisation politique venue de l’Est, puisqu’elle vit désormais avec un oligarque russe  ?

Sursauts, rebondissements et coup de théâtre final  : ce court roman haletant, mené tambour battant, nous plonge à la fois dans les coulisses du pouvoir et les travers d’une époque où tout soupçon vaut preuve.

Avec humour et légèreté, Stéphane Denis nous livre une satire politique acerbe et interroge les valeurs de notre société.
17,00 €
Un couple
Grasset
Un couple qui dure serait-il la plus grande aventure des temps modernes  ?

Alice et Jules vivent ensemble depuis soixante ans.

Par un tour de force littéraire, Eliette Abécassis remonte le cours de leur relation amoureuse, étape par étape, pour nous en révéler les nuances, les rêves, les désirs, les trahisons et les regrets.

Vieillesse, routine, retrouvailles, désamour, haine, jalousie, enfants, mariage, passion : le film défile à l’envers, par une série de rebondissements, passant de l’ère des réseaux sociaux à la chute du mur de Berlin, Mai 68, la guerre d’Algérie…

Voici le roman de l’amour pérenne, envers et contre tout : Un remède au cynisme et à la solitude de notre époque.
19,00 €
Le bâtard de Nazareth
Grasset
Quelle a été la vraie vie de Jésus  ?

À Nazareth, au début de notre ère, deux très jeunes enfants jouent dans la rue. «  Mamzer  !  » lance l’un à son camarade. «  Bâtard  !  ». Personne, dans le petit village de Nazareth, n’ignore que Marie a fauté avec un légionnaire romain. Elle est une fille-mère, rejetée et méprisée. Jésus comprend pourquoi, tout autant qu’elle, il sera à jamais exclu de sa communauté  : telle est l’exigence de la loi juive à l’égard des bâtards.

Grandissant, Jésus n’a d’autre entreprise que de réformer cette règle d’exclusion. Jusqu’au jour où il rencontre un autre mamzer. Outre d’être un bâtard, Judas est laid, brillant, et révolutionnaire. Il a un plan. S’appuyant sur le beau, non moins brillant, et réformateur Jésus, il met en marche sa vengeance. Quelle est la part de sincérité, quelle est la part de calcul de ces deux jeunes hommes parcourant la Palestine avec un message d’inclusion  ?

Un roman audacieux, étonnant, passionnant, qui réinterprète la vie de Jésus dans ses plus grands épisodes. Sa présentation aux docteurs de la loi, son sermon sur la Montagne, la multiplication des pains, les quarante jours dans le désert, tant d’autres moments de la culture religieuse universelle sont revisités à l’aune de l’inguérissable blessure d’enfance de Jésus et de sa relation aussi fructueuse que dangereuse avec Judas.
19,00 €
Un chat à trois pattes
Grasset
À l’hôpital où sa mère vit ses dernières heures, Eva, la trentaine, assiste à l’improbable cérémonie d’adieu organisée par son frère. L’aîné monologue, solennel, tandis que ses enfants massacrent des chants en hébreu. Consternée, Eva songe à ce qu’elle a observé la veille : un rire incroyablement potache chez Marianne, cette mère depuis toujours sévère et réfractaire à l’humour.

Les heures sont comptées, et Eva comprend enfin qu’elle ne connaissait pas sa mère. Déterminée à en savoir plus, elle fouille son appartement et découvre un mystérieux dossier rempli de photos : là se trouve forcément le secret maternel. Les images défilent, l’histoire de Marianne se dessine et Eva se remémore son propre parcours, ses doutes et ses peurs, l’émergence du désir, sa rencontre passionnée avec Natalia, son éducation féministe dans la librairie d’Amanda… Et si, de génération en génération, il ne s’agissait que de bricoler, d’essayer, de rater encore, de rater juste un peu mieux ?

À la recherche d’une clé fondatrice, Eva se casse les dents sur le caractère fragmenté, contradictoire, souvent inutile ou secondaire des existences. L’intrigue explore cet éclatement, vogue du grave au trivial, du sérieux au ridicule, fouille les terrains de ce qui ne se dit pas, depuis les pensées impudiques jusqu’aux événements traumatiques qui échappent au langage.

Parfaite anti-héroïne d’aujourd’hui, maladroite et cocasse comme son Chat à trois pattes, Eva ne ressemble à personne mais tous et toutes s’y reconnaîtront. Un regard brillant, incisif, décalé sur l’apprentissage forcé de la féminité, le mutisme des mères qui ne savent pas transmettre et l’importance des mythologies familiales.
20,90 €
Mensonges au paradis
Grasset
« De l’âge de 6 ans à celui de 20 ans, j’ai passé toutes mes vacances dans un Home d’enfants situé dans une vallée paradisiaque, en Suisse. Une vie à la dure, des heures de marche dans la montagne, des punitions, des frites : tout me plaisait. Le chalet était tenu par Karl et Anne-Marie Ammann, avec leurs enfants Patou et Vava. Ils ont été ma famille d’adoption alors que mes parents étaient absents. Trente ans après, je suis retournée dans la vallée. Je l’ai retrouvée intacte. J’ai commencé à écrire un livre, je souhaitais qu’il soit tendre et pur comme ce passé. Et voilà que commençant ce livre, j’ai appris qu’il y avait eu mensonge au paradis.  Patou était en prison pour escroquerie, il avait passé sa vie à mentir et à voler. Sa sœur Vava, mon amie d’enfance, souffre de délires paranoïaques. Elle est schizophrène, ne sort plus de chez elle, passe ses journées sur les réseaux sociaux. Sidérée, j’ai enquêté de manière obsessionnelle. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi ont-ils renoncé à la réalité pour vivre au pays du mensonge ? Mais répondre à ces questions n’était pas suffisant. Pour écrire enfin la vérité, avoir la force de l’accepter, il fallait que je me regarde en face. Pourquoi, alors que j’avais été si heureuse dans cette vallée, n’y étais-je jamais retournée ? Il a fallu que je termine une première fois ce livre pour admettre mon aveuglement. Moi aussi je mentais. En enquêtant sur le passé des autres, j’ai pu ouvrir les yeux sur le mien. Je devais tout réécrire, en acceptant la face triste de ma propre enfance, la face violente de ma vie d’adulte. Est-ce que mes livres précédents n’étaient pas des fictions alors que j’avais l’ambition d’écrire la vérité ? S’il faut « un cœur d’airain » pour accepter la réalité, j’étais enfin prête à le faire. »

Colombe Schneck
18,50 €
Les quatre vies d'un amour
Grasset
Voici le roman vécu d’une communion des âmes et des corps, d’un amour clandestin, insulaire, cérébral et tragique puisqu’il s’interrompt brutalement par la mort de la femme aimée, sur une plage, après qu’elle a porté secours à un enfant qui se noyait.

Une brûlante et poignante valse à quatre temps, ou une symphonie en quatre saisons : l’idylle, l’amour, les retrouvailles, puis l’absence. Une passion de sept années, saisie sur le vif de quatre carnets de voyages effectués sur les pas de Lou Andréas Salomé. Avec Nietzsche à Sils Maria, avec Rilke à Duino, avec Dostoievski à Saint Petersbourg, puis dans le brutal désert des années de deuil, quand le narrateur tente de comprendre la tragédie qu’il vit, ce « Nous » qu’elle et lui furent, et comment tout ce à quoi ils ont voulu échapper a fini par les rattraper.

Le narrateur déchiffre l’énigme de ce qui l’attache à cette femme déjà plusieurs fois mariée, déjà plusieurs fois mère, lourde de ses secrets et de ceux des patients qu’elle analyse ; de ce qui l’en a détaché ; de ce qui les a fait se retrouver. L’énigme d’une femme complexe, aux prises avec ses contradictions, ambivalente quant à son époque si peu freudienne ou le milieu intellectuel qui est le sien, une femme éperdue de liberté qui pressentait sa fin prochaine.

Le narrateur ne s’épargne pas et traque les signes qu’il n’a pas su lire, les indices de la mort qui la travaillait avant de l’emporter. La vie qui se prolonge après qu’elle s’est éteinte. La clandestinité qui se retourne en occultation quand personne ne veut plus vous savoir veuf, puisque c’est à la famille officielle que va la compassion.

Point de pensée magique ici : dans un style étincelant, une tentative d’élucidation au scalpel du mystère d’une relation magnifique, de l’amour buissonnier, d’une longue conversation que la mort interrompt mais que la littérature poursuit à l’infini.
22,00 €