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Résultats de recherche pour 'Découpe et colle' (14866)

Quinze ans après
Grasset
Quand Alexandre Jardin avait publié Fanfan, voici quinze ans, il avait mis en scène un héros, Alexandre, qui, craignant d’user son amour pour Fanfan, n’en finissait pas de faire durer les commencements et de prolonger interminablement des marivaudages charmants mais vains. A l’évidence, ce romantisme avait échoué puisque Alexandre et Fanfan s’étaient séparés à la fin du roman… Or, voici l’acte II de leur belle histoire : « quinze ans après », donc, Fanfan et Alexandre se retrouvent, à la suite des manigances de deux personnages secondaires, un éditeur et un producteur, qui ont tout intérêt à exploiter, au cinéma et dans l’édition, les produits de ces retrouvailles. Pourtant, les deux héros ont bien changé : Fanfan, échaudée par deux mariages ratés, ne veut plus s’engager dans quelque aventure conjugale ; à l’inverse, Alexandre s’est converti à l’idée que l’amour – et même le mariage – peut être une exaltation de chaque jour, de chaque heure, à condition d’être doué pour « l’enchantement casanier ». A partir de ce double proramme affectif, Fanfan et Alexandre vont donc réinventer leur couple. Y parviendront-ils ? A quel prix ? Jusqu’à quand ? En tout cas, c’est sur ce thème que brode avec brio un Alexandre Jardin en grande forme. A son couple fétiche, il adjoint des seconds rôles, notamment une certaine Faustine, nymphomane et cruelle. Fanfan, Acte II devrait permettre aux nostalgiques de l’Acte I de retrouver leurs héros – et d’appprendre à mûrir, sinon à vieillir – en leur compagnie.
19,30 €
Gustave Flaubert
Grasset
Qu’est-ce qu’une vie d’écrivain ? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d’argent, des mondanités, des succès, des revers… Mais, au fond, tout cela a-t-il vraiment quelque chose à voir avec ce qui nous intéresse le plus : l’œuvre, l’écriture, le style, le message qui font que cette vie-là, justement, est celle d’un écrivain et ne ressemble pas aux autres ? La question touche naturellement toute entreprise biographique mais elle devient cruciale quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si celui-ci, en effet, a révolutionné le romanesque, c’est au nom de nouvelles exigences - l’impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue – qui installent au cœur de son écriture une figure du vide : « personnalité de l’auteur : absente ». Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l’écrivain sans trahir son projet ? Pour lui, l’œuvre est tout, l’auteur n’est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s’il n’avait amais existé… Le problème s’aggrave encore si l’on considère l’autre côté des choses : le versant « guenilles » de sa vie. Là, c’est bien pire : non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. A l’impersonnalité structurale de l’œuvre répond ici une exceptionnelle réussite de l’écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante…
28,40 €
Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson
Grasset
Non, il ne s’agit pas seulement d’un livre de plus sur Michael Jackson. Oui, c’est un nouveau livre du spécialiste baroque de Claude François (Podium) et du biographe métaphysicien d’Edith Stein…

Car si Yann Moix a voulu réagir à la mort du Peter Pan planétaire, du mutant de Bad, du noir devenu blanc, de l’adulte éternellement enfant de Neverland, c’est parce qu’il y a vu le symbole d’une épopée déréglée : pour lui, l’inventeur du fameux Moonwalk (cette chorégraphie qui permet de reculer en avançant), est en effet, le prototype d’un homme nouveau, d’un « homme à l’envers », dont le destin sublime et tragique en dit long sur nos fantasmes, nos rêves, nos désarrois….

Ecriture pulsée ; poésie Funk – pop - soul ; envolées lyriques et savantes (Moix est un musicologue averti), ce livre est d’abord le livre d’un écrivain obsédé par son temps. Moix y parle, bien sûr, de Michael Jackson. Mais il y parle d’abord de lui. Donc de nous.
15,00 €
Anna la nuit
Grasset
A la fin des années 1960, le narrateur a éprouvé une passion pour une femme sublime que la mort a toujours hantée. Comment vivre un amour quand chaque instant semble menacé ? C’est cette relation tour à tour orageuse et radieuse, traversée de tempêtes et d’aurores, de sexe et d’effroi que décrit ce roman. On y croise les Stones, les Beatles, les Doors, Helmut Newton et bien d’autres encore, personnages élégants, bohèmes et souvent désoeuvrés qui, entre Paris, Londres et Lanzarote, mènent une vie de plaisir, agitée et brillante.
15,30 €
Les sentinelles
Grasset
Bruno Tessarech, né en 1947, a animé un établissement d'enseignement expérimental et enseigné la philosophie avant de se consacrer à l'écriture. Il a publié des romans, parmi lesquels La Machine à écrire, Les Grandes Personnes, La Femme de l'analyste, et des récits littéraires, dont Villa blanche, tous réédités en Folio. Les Sentinelles est son premier roman publié chez Grasset .

Il s'agit ni plus ni moins que de l'ambitieuse mise en fiction de la grande question du " qui savait quoi, et quand? " sur la Shoah durant la Seconde guerre mondiale.

L'auteur mêle les personnages inventés (le narrateur Patrice Orvieto, jeune diplomate, son frère Sergio, Françoise, l'épouse d'un responsable du MI-6 anglais, agent double travaillant pour les Soviétiques) et les personnages historiques. On y suit la tentative désespérée des "sentinelles" au destin tragique pour alerter les opinions occidentales sur les atrocités commises à l'Est: le fameux Kurt Gerstein, Ian Karski, résistant polonais qui a assisté au génocide à Belzec, Samuel Zyghelboïm, témoin impuissant des horreurs dans le ghetto de Varsovie... On y retrouve Hitler concevant l'Holocauste, Eichmann le planifiant, von Braun utilisant ses esclaves des camps dans ses usines de Peenemune et de Dora avant de négocier ses archives et sa collaboration avec les Américains pour finir par triompher en parvenant à envoyer en 1969 des hommes sur la lune... On y assiste aux révélations faites puis tues à Churchill, à Roosevelt, et aux dilemmes de chacun des chefs d'Etat face à l'horreur.

De la conférence d'Evian en 1938 à la mort de Karski en 2000, c'est le demi-siècle le plus noir de notre histoire contemporaine que traverse le narrateur de ce roman vrai, tour à tour jeune stagiaire à la Conférence d'Evian, puis, ayant rejoint la France libre à Londres, devenu intermédiaire entre le MI 6 britannique et le 2e bureau français, de plus en plus troublé par les révélations incroyables qui lui sont faites, de plus en plus désespéré de ne pouvoir relayer la parole des "sentinelles" auprès de ceux qui auraient eu le pouvoir de faire cesser le massacre.
25,90 €
L'énigme du retour
Grasset
« La nouvelle coupe la nuit en deux.

L'appel téléphonique fatal

Que tout homme d'âge mûr

Reçoit un jour.

Mon père vient de mourir. »

A la suite de cette annonce tragique, le narrateur décide de revenir dans son pays natal. Il en avait été exilé, comme son père des années avant lui, par le dictateur du moment.

Et le voilà qui revient sur les traces de son passé, de ses origines, accompagné d'un neveu qui porte le même nom que lui. Un périple doux et grave, rêveur et plein de charme, qui lui fera voir la misère, la faim, la violence mais aussi les artistes, les jeunes filles, l'espoir, peut-être.

Le grand roman du retour d'exil.
19,99 €
Mémoires de Marc-Antoine Muret
Grasset
« J'ai vécu deux vies, deux vies de même durée, mais fort dissemblables, car la seconde fut comme l'antithèse de la première. »

Ainsi parle Marc-Antoine Muret (1526-1585), un des grands humanistes de la Renaissance. Il eut comme élèves Montaigne, Jodelle et quelques autres poètes, et fut l'ami de Ronsard et Baïf. Mais il fut bien plus qu'un simple maître. Muret aimait les livres, la musique, la table, le vin et les beaux jeunes gens. Dans un siècle baroque, lumineux et cruel, quand la morale chrétienne entravait les désirs, il fut surtout un professeur de liberté. Liberté d'aimer et jouissance du savoir. Ses convictions et ses débauches l'ont conduit en prison à Paris. Un contemporain a raillé : « Pour un penchant contre nature Muret fut condamné à Paris, brûlé en effigie à Toulouse, chassé de Venise. Pour le même penchant, Rome lui accorda la citoyenneté. »

Dans une langue chatoyante et charnelle, avec une érudition joyeuse et revigorante, Gérard Oberlé ressuscite le flamboyant Muret et se reflète en lui comme un frère tardif.
18,80 €
La légende de nos pères
Grasset
« J'ai laissé partir mon père sans écouter ce qu'il avait à me dire, le combattant qu'il avait été, le Résistant, le héros. J'ai tardé à le questionner, à moissonner sa mémoire. Il est mort en inconnu dans son coin de silence. Pour retrouver sa trace, j'ai rencontré Beauzaboc, un vieux soldat de l'ombre, lui aussi. J'ai accepté d'écrire son histoire, sans imaginer qu'elle allait nous précipiter lui et moi en enfer... »

S.C.
17,30 €
Solo
Grasset
Quand le passé décide de bousculer une vie, il prend souvent la voix d’une femme – et, dans cette histoire, la femme s’appelle Tatiana… Un jour,

Denis, une petite gloire de la culture rock, trouve en effet un étrange message sur la boîte vocale de son téléphone : c’est Tatiana, une fille avec qui “ ça s’était mal terminé ” trois ans plus tôt, qui révèle qu’elle a été enceinte de lui, qu’elle a avorté sans qu’il le sache, et qu’il doit maintenant payer. Il va ainsi dresser le bilan d’une génération immature, la sienne : celle des quarantenaires qui n’ont jamais voulu grandir et qui laissent en héritage, sinon des mythes et des légendes urbaines, le culte de l’argent et de la célébrité, et le mépris pour ceux qui n’ont ni l’un ni l’autre.
18,80 €
Le cœur en dehors
Grasset
Ce roman, c’est l’histoire de Charlie Traoré, un gamin (dix ans), black d’origine malienne, adorable, vivant en banlieue, entre la Tour Rimbaud et la Tour Simone de Beauvoir, et dont tout l’univers se résume aux copains, à une amoureuse prénommée Mélanie, à son frère drogué, et à sa mère surtout - qui, au début du livre, est « appréhendée » par la police car ses papiers ne sont pas en règle. Pendant toute cette journée (les chapitres du livre, d’ailleurs, se contentent d’être titrés par l’heure qui tourne), Charlie va errer dans sa cité. Il va chercher son frère Henry, rendre viste à des braves gens, frôler des voyous, jouer au foot, sécher l’école, rêver, suivre ses folles associations d’idées, ses digressions d’enfant-adulte, attendre sa mère, si douce, si aimante… Mais ce roman, c’est surtout une langue, un style, une vision innocente du monde. Ici, c’est Charlie qui parle, pense, regarde – et il est alors difficile de ne pas évoquer à son sujet le légendaire Attrape-cœur de Salinger. Car le petit Charlie est vraiment attachant et le regard qu’il pose sur sa « cité » sordide et magnifiée est, à chaque ligne, rempli de drôlerie et d’éblouissement. Au début du livre, il croit que Rimbaud n’est qu’une Tour. A la fin du roman, il saura que c’était un poète qui dit des choses qui lui semblent vraies et proches. Son Odyssée de l’aube jusqu’au soir, est de celles qui ne s’oublient pas. Pas l’ombre d’un misérabilisme ici : un enchantement de tendresse et d’humour.
18,30 €
Fragments d'une femme perdue
Grasset
Cette femme « perdue » - pour elle-même ? Pour l'homme qui l'aime, et qu'elle ne cesse de quitter ? - est ce qu'on appelle une femme fatale : singulièrement belle, vénéneuse, fragile, cruelle, insaisissable...

Ici, elle se prénomme Violette, comme l'illustre « Traviata » de Verdi. Et ceux qui prennent le risque de l'adorer sont en danger - après avoir été en extase.

Faut-il alors plaindre Alexis, la victime qu'elle choisit dans ce roman ?

Ou faut-il l'envier ?
18,30 €
Un roman français
Grasset
« C’est l’histoire d’une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C’est l’histoire d’un homme devenu un jouisseur pour se venger d’être quitté, d’un père cynique parce que son cœur était brisé. C’est l’histoire d’un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d’un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C’est l’histoire d’un garçon mélancolique parce qu’il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l’échec de leur mariage. C’est l’histoire d’un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu’il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C’est l’histoire d’une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j’ai vécue : un roman français. » F.B.
18,30 €
Seule la mer s'en souviendra
Grasset
En 1969, Peter March, bon marin, père de famille, amateur de défis, se lance dans l’aventure : participer à la première course en solitaire, autour du monde et sans escale. Pas seulement pour y inscrire le nom de Sailahead, le trimaran révolutionnaire que cet électronicien fantasque a construit de ses mains. Mais pour revenir en pleine gloire. S’inventer un destin. « Ici, je suis libre, personne pour me contrarier, pour exiger quoi que ce soit. C’est comme si je n’existais plus puisque personne ne se soucie de moi. » De déception en accident, seul face à la mer, sans autre repère qu’une conscience de plus en plus chancelante, Peter March fabrique le plus fascinant des mensonges jamais commis sur un voilier : il invente sa position. Le roman d’un tricheur ? S’inspirant de son expérience de navigatrice en solitaire autant que d’un célèbre fait divers, Isabelle Autissier raconte avec fascination l’affrontement entre un homme et l’océan, entre la raison et la folie.
20,90 €
L'art d'être pauvre
Grasset
S’agit-il d’un roman très autobiographique ? De Mémoires piégés par l’imagination ? D’une fresque drolatique et tendue entre les derniers feux d’un monde proustien et les ambiances métalliques du Palace ou de la Factory ? En vérité, il y a un peu de tout cela dans cet étrange Art d’être pauvre (titre emprunté au dandy Boni de Castellane), où François Baudot revisite, retouche et augmente sa Grande Vie parmi les esthètes du baby-boom. On y rencontre Iggy Pop, Andy Warhol et le Pop Art, le Velvet Underground, des Argentins excentriques aussi bien qu’une foule anonyme de tapins, de travestis ou de voyous. On y prend le thé avec des baronnes avant de traîner dans les mauvais lieux avec des créatures noctambules et transgressives. Dans cette sarabande bientôt dévastée par les années-sida, snobs, milliardaires, artistes ou gigolos se relaient au fil d’un sabbat qui explore une joie de vivre, à en mourir. Difficulté d’être d’enfants trop gâtés, jeunesses désordonnées, on croise là les gauchistes, la révolution gay, l’explosion du disco, la cocaïne, le Saint-Germain existentialiste, les derniers bals du XXe siècle, la jet-set et, surtout, le désespoir joyeux d’une génération qui aura préféré gâcher sa jeunesse plutôt que de n’en rien faire.
28,40 €
Les fables de sang
Grasset
Un tueur en série dans les jardins de Versailles. Une jeune reine menacée. Un agent secret vénitien. Des fables au goût de sang. Des espions anglais, des inventions diaboliques, des secrets d'alcôve, des crimes énigmatiques, des fables que vous n'oublierez jamais.
19,80 €
Nous Ne Sommes Pas D'Ici
Grasset
Nous ne sommes pas d’ici est une autobiographie singulière. Et aussi le récit d’une pensée en mouvement. Celle qui permet à Michel Le Bris de créer le festival « Etonnants Voyageurs » à Saint-Malo et de le projeter aux Etats-Unis, en Haïti, à Sarajevo, à Dublin, à Bamako, à Haïfa, d’écrire essais, récits de voyages et romans, d’avoir été à la fois ancien élève d’HEC et directeur de La Cause du Peuple (ce qui devait lui coûter huit mois de prison), créateur avec Jean-Paul Sartre de la collection « La France Sauvage », cofondateur de Libération et grand amateur de jazz, d’arpenter les paysages et les pages de Stevenson, de proposer une théorie nouvelle du romantisme allemand, en goûtant la contradiction qu’il y aurait à aimer tout ensemble Novalis et Chandler, Jack London et Jean-Paul Sartre, Philip K. Dick et Nicolas Bouvier (dont il aura été l’éditeur), Malraux et Chester Himes, le grand large et l’asphalte, la Bretagne granitique et le New York des époux Johnson dans La Beauté du monde. D’où vient son énergie ? D’être né en Bretagne, répond-il, dans l’émerveillement du poème du monde – et d’y avoir été, aussi, cet enfant pauvre d’une mère employée chez le châtelain local, qui rêvait de l’ailleurs et allait prendre sa revanche. Mais une revanche littéraire. Ce qui anime chaque page ici, c’est l’amour fou de la littérature.
28,40 €
Rue des Martyrs
Grasset
En 1966, la pop française explose : Jérôme, minet de 17 ans, fils de concierge et le rock dans la peau, rêve de gloire. Il traîne au Drugstore en attendant d’y voir ses disques. Mais quand il signe son premier contrat chez Vogue, c’est une reprise qu’on lui impose, une soupe mièvre et commerciale . Pas le choix ? Jérôme n’est pas Chouraqui, son double, son frère, né la cuiller en argent dans la bouche ; ni Gudule, amie bientôt amante, grandie à l’Ecole Alsacienne entre la fille Picasso et la petite Filipacchi, et dont le père, sociétaire du Français, peut ouvrir toutes les portes. Des seventies à l’an 2000, des Champs-Élysées à Saint-Germain, de la Loco au Palace, du Fanta à la vodka et à l’héro, des premières amours au troisième sexe, du jerk au punk, des Beatles à Bowie, de Gainsbourg à Bashung, les trois gamins grandissent. Gudule ne vieillira pas : après une apparition remarquée dans un film de Rohmer, l’égérie de chez Castel se noie dans la drogue et le sexe – hard… Jérôme, miracle en devenir, dévale le temps, et perd tout. Icône des sixties kitschisé avant l’heure, petite idole disco rêvant d’underground, produit périmé du show-biz, RMiste en voie de clochardisation, il s’éclipse sans laisser d’adresse. Et Chouraqui, qui aurait tout donné pour l’une et pour l’autre, devenu producteur indépendant dans la seule idée de faire de Jérôme une rock star, reste riche et seul dans son XVIème. Quinqua divorcé, rentier bedonnant, triste, il rumine ses chers souvenirs en compagnie d’une poupée siliconée, et mange du Nutella en surfant sur Internet. Et puis un jour d’octobre 2008, Jérôme revient…
22,40 €
L'écorchée vive
Grasset
Barbara est une jeune fille d’aujourd’hui, froide, un peu lisse. Graphiste dans une petite entreprise, elle vit avec un jeune homme qui lui ressemble, François. Barbara est sportive et mince, presque belle, mais comme absente de la vie. Elle ne connaît ni la joie ni le désir. Un matin, elle reçoit une enveloppe anonyme : pas une lettre, mais une vieille photographie de classe, une vingtaine d’enfants qui sourient, debout sur des chaises. Le visage de Barbara a été découpé. Cette photo la tétanise. Quelqu’un lui adresse du passé son visage d’enfant découpé ? Menace ? Provocation ? Attentat. Barbara veut comprendre. Elle questionne sa mère, qu’elle ne voyait presque plus. Elle pense au psychiatre qui l’a longtemps suivie. Elle essaie de jouer le jeu, de continuer d’aller au travail, de faire l’amour à son compagnon, mais elle ne dort plus. C’est que la jeune fille au visage lisse, enfermée dans son joli corps, a un secret. Faut-il le révéler ici ? Disons que Barbara a croisé, pendant des années, un bébé, puis une petite fille, puis une très jeune enfant au visage atrocement défiguré. Un monstre qui ne peut pas jouer au bac à sable, qui fait fuir les enfants, les parents, les maîtres, les petits amis. Un monstre à cœur blessé que nul ne peut supporter. Et si la science a permis l’effacement de ces traits, l’horreur est toujours là, invisible, fondatrice, dans la chair, dans ce cerveau blessé…
18,30 €
Trois coupes de champagne
Grasset
En 1923, un jeune homme aux cheveux bruns et aux yeux noirs quitte sa province et débarque à Paris. Il y trouve les lumières des salons, l’ambiance des cocktails et des bals, le sourire des femmes. Trois d’entre elles l’attirent, l’entraînent, le protègent : Bettina, une belle américaine, manequin chez Schiaparelli, Lili de Chambure et Josée Laval. Réceptions, champs de courses, défilés de mode, dîners dans des hôtels particuliers, nuits interminables. L’hiver, il skie à Saint Moritz et séjourne l’été à Deauville, à Cannes ou à Antibes. Chez les Bourdet, les Faucigny-Lucinge, les José Maria Sert, Lucien rêve face à la mer et navigue sur les yachts des Rothschild et de Daisy Fellowes. Les robes ont pris les couleurs des fleurs, Lelong, Chanel, Balenciaga, les ont dessinées. Lucien travaille pour le magazine Vogue. Les années filent, oisives, douces. Chaque soir, l’orchestre joue : Jazz, tangos, valses, les têtes tournent. Soudain, l’histoire s’accélère. Lucien entre au service de celui que Bettina a épousé : Gaston B., député, chef de parti, personnalité ambiguë qui oscille entre la gauche et la droite et, pour finir, passe au fascisme. Il connaît aussi un journaliste, agent secret, Jean Fontenoy, mari de la belle aviatrice, Madeleine Charnaux. Avec lui, il fume l’opium. Les lumières des années trente s’éteignent. Dernière soirée à l’ambassade de Pologne, bal rose de Philippe de Rothschild, l’été 1939 s’achève. La guerre éclate. Paris est occupé. Pétain et Laval s’installent à Vichy. Lucien court après les lumières de la collaboration et le champagne coule encore. Sacha Guitry et Serge Lifar paradent, Cocteau passe et salue le sculpteur d’Hitler, Arno Breker. Lucien suit Gaston B., nommé ambassadeur à Moscou puis à Ankara. Il fréquente l’ambassadeur d’Allemagne, Von Papen, s’installe à Therapia, au bord du Bosphore. L’Histoire hésite : victoire ou défaite allemande ? Stalingrad retentit comme un cri. Les cartes ont changé de mains. De retour à Paris, Gaston B. est arrêté. Lili de Chambure est morte à Ravensbrück. José de Chambrun s’enferme dans son appartement de la place du Palais Bourbon. Mais le pire reste à venir : les regrets, ceux d’une vie gâchée et de l’insupportable lâcheté. Tout, désormais, paraît faux, vide, inutile. La vie n’a plus aucun sens.
17,90 €
La coquetterie du malheur
Grasset
La narratrice, une femme âgée, se promène dans un cimetière. Elle se remémore son enfance à Rome, à Paris, avec un père adoré et une mère ukrainienne un peu folle que des infirmiers sont venus chercher un jour pour l’interner. Passent aussi, dans cette valse lente de souvenirs, une grand-mère lettrée, la maîtresse du père, la crainte de la Russie soviétique, qui paraît menacer les émigrés de ses espions trop courtois. Dans le cimetière, la narratrice rencontre une femme fantasque qui lui remet un manuscrit en cyrillique… Cette promenade dans le passé, on y entre peu à peu, comme dans un paysage sous la brume. Celle-ci s’éloigne à mesure que la réalité se précise, sous forme de souvenirs rapportés du passé par la conscience de la narratrice. On découvre par bribes la vie de cette femme qui, petite fille, aimait les parfums Guerlain et qu’on menaçait d’une vie frivole. C’est aussi, dans le style nostalgique et plein de charme de Nata Minor, un livre sur la difficulté de communiquer entre les êtres.
13,90 €
La mauvaise rencontre
Grasset
Dans la vie de Loup, le narrateur, trois personnages comptent plus que tout : Nina, la mère qu’il s’est choisie, Gaby, amie de Nina, fantasque et rebelle et Mando, avec lequel, depuis la petite enfance, s’est nouée une amitié indestructible. Les deux garçons se complètent, Loup est indécis, Mando plus entier. Aux jeux d’enfants succèdent les premières conquêtes. Mando note tous les événements de « leur » vie dans un carnet, inscrivant, au fil des mois et des années leur histoire commune, telle qu’il la perçoit. Etudiants, ils vont choisir des voies différentes. Loup découvre la psychanalyse et se trouve un mentor en la personne du Professeur, personnage qui ressemble beaucoup à Lacan. Mando vit cela comme une trahison. C’est seulement à la fin de cette histoire, au moment où tout basculera dans une conclusion tragique, que Loup en comprendra les ressorts cachés. Quels abîmes cette amitié à la vie à la mort recouvrait-elle ? Loup, peu à peu, le découvrira et cette révélation fera vaciller son existence. Il connaîtra la blessure inguérissable des promesses non tenues, cette lorude chaîne qui, à jamais, nous attache à nos fantômes.
16,30 €
Journal, 1940-1950
Grasset
Romancier, essayiste, pasticheur, mais aussi dessinateur et homme d’esprit, Philippe Jullian (1919-1977) a laissé plusieurs œuvres qui font les délices des connaisseurs, comme son Dictionnaire du snobisme ou sa biographie d’Oscar Wilde. Ce que l’on ignorait, c’est qu’il avait tenu un journal intime. De sa jeunesse à Bordeaux durant la Deuxième Guerre mondiale aux brillantes années parisiennes de ses débuts, voici un document essentiel : autobiographie, recueil de mots d’esprit, galerie de portraits… Des gens du monde aux gens de ballet, des Anglais de Paris aux Parisiens anglophiles, c’est le tableau d’une époque.
28,40 €
Ballets roses
Grasset
« En me penchant sur cet épisode des “ballets roses”, j’ai suivi un itinéraire à la fois historique, anecdotique et personnel, jusqu’à ce moment du XXe siècle où se croisent trois figures : le héros légendaire (Charles de Gaulle), le bourgeois modéré (René Coty) et l’ambitieux humilié (André Le Troquer). J’ai ainsi plongé dans ces “années cinquante” qui précèdèrent ma naissance et qui me fascinent comme l’ultime parade d’une France disparue. Sur les pas d’André Le Troquer, j’ai rencontré des starlettes et des modistes devenues reines de Paris, une fausse comtesse roumaine, des politiciens grivois traînant dans les coulisses de l’Opéra, une République encore accrochée à son Empire, une justice paternaliste, des rues sombres et des maisons closes, des music-halls rive-droite où Maurice Chevalier et Damia chantaient encore, des cabarets rive-gauche où Brassens et Ferré chantaient déjà ; bref, ce monde en noir et blanc, si proche et si lointain, juste avant les bouleversements de notre modernité. »
20,00 €
Les encombrants
Grasset
«Un petit village du nord de la France. Tout le monde se connaît. Tout le monde feint d’ignorer ce qu’il sait des autres. Jean l’orphelin a grandi dans les bois voisins. Devenu adulte, il est l’idiot, qu’on injurie ou qu’on bénit. Il est un peu comme ces encombrants dont on se débarrasse sur le trottoir, une fois par an, le jour des monstres, et dont il meuble sa baraque perchée sur la fourche d’un arbre… au pied duquel, un matin, on retrouve le corps sans vie d’une jeune fille.
15,90 €
Plage de Manaccora 16 h 30
Grasset
Tout avait si bien commencé : en vacances un 24 juillet, au bord de l'Adriatique (à Peschici exactement), Voltaire le père, quadragénaire glissant sur ses tongs ; Oum sa femme, dont on sait depuis plusieurs livres la passion pour le ménage et l'ordre : Géo, leur petit garçon. Ils n'ont pas d'autre motif d'inquiétude que la perte de leurs chaussures japonaises. Le soleil chauffe. Trop. Ça grésille, les pommes de pins éclatent. Puis les flammes apparaissent, les visages bronzés blanchissent d'effroi, on commence à refluer depuis le camping voisin vers la plage, au pas de course. C'est le feu. Il faut gagner la mer, se croire sain et sauf, regarder derrière soi, laisser un chien au regard aveugle, une aïeule en robe noire, le feu progresse en un tumulte d'arbres arrachés, de rafales de vent, les visages noircissent, et puis c'est la fin de l'errance, le bout de la plage, la mort inéluctable. Les familles s'agenouillent au pied d'une Vierge absurdement posée là. Un miracle peut-il encore advenir ?

C'est ici Philippe Jaenada à son meilleur : l'unité de temps et de lieu, la progression dramatique, les incises comiques sur un célibataire d'autrefois en berne dans Paris, les portraits d'humains pleutres ou bravaches. Tout ce théâtre est un prétexte à digression sur la vanité de la vie, et, en même temps, sa beauté fragile. Un roman désespéré et drôle.
17,90 €
Les enquêtes de Pénélope Intrigue à Versailles
Grasset
Revoici Pénélope, la jeune conservatrice du patrimoine, toujours amoureuse de Wandrille, journaliste dandy et rieur. Après avoir résolu l’énigme de la tapisserie de Bayeux dans Intrigue à l’anglaise, elle est nommée au château de Versailles. Dès son arrivée, elle découvre un cadavre, un Chinois et un meuble en trop. C’est effrayant, c’est étrange, c’est beaucoup. Dans ce temple de la perfection et de la majesté vont s’affronter les bourrasques de la mafia chinoise et d’une société secrète qui se perpétue depuis le XVIIe siècle. Des salons aux arrière-cabinets du château, des bosquets du parc aux hôtels particuliers de la ville, Pénélope, bondissante et perspicace, va percer les mystères de Versailles.
18,30 €
L'irrégulière Le film
Grasset
Mystérieuse pour les intimes, acharnée à effacer toute trace de son passé, de ses origines, de sa famille même, Gabrielle Chanel aura été tout au long de son existence une « irrégulière » dans une société conformiste, et peut-être ne faut-il pas chercher ailleurs le secret de sa prodigieuse réussite. Suivant l’itinéraire inverse de celui qui l’avait menée à Elle, Adrienne, roman dont la célèbre couturière était l’inspiratrice et non le modèle, Edmonde Charles-Roux a dû déblayer une vie entière de mensonges ou d’aveux subtilement travestis pour nous montrer la fillette de forains cévenols, née par hasard à Saumur, l’orpheline oubliée dans un couvent de Corrèze, la petite pensionnaire des chanoinesses de Moulins, qui n’allait pas tarder à devenir « poseuse » dans un beuglant de la garnison, où elle chantait « Qui qu’a vu Coco dans l’Trocadéro ? ». « Gomeuse » à Vichy, et même donneuse d’eau, celle à qui ses nombreux amis donnaient dès vingt ans son surnom devait faire son chemin. « Irrégulière », certes – au sens équivoque et proustien du terme – mais toujours marginale, indépendante, ambitieuse, et déjà sûre de son destin d’exception. Il n’est guère d’hommes et de femmes célèbres qui ne l’aient approchée, si bien que sa vie se confond avec l’histoire de l’entre-deux-guerres. Cocteau, Picasso, Max Jacob, Reverdy, Misia Sert, son amie de toujours, Diaghilev, Stravinski, ils apparaissent tous ici car ils furent les intimes témoins de cette aventure extraordinaire. A travers cette carrière mouvementée, Edmonde Charles-Roux raconte une femme unique, en même temps qu’elle trace la chronique de soixante-dix années du xxe siècle. Ce portrait d’une célèbre inconnue est beaucoup plus qu’un portrait : l’épopée d’un roman vécu, et vécu comme un roman par son héroïne.
21,25 €
20.000 euros sur Ségo !
Grasset
Henri Norden est de retour. Il a besoin d’argent. Le congrès du PS s’offre à lui comme une possibilité d’enrichissement : pour peu qu’il devine avant tout le monde le nom du prochain Premier secrétaire du Parti, sa fortune est faite. Son bookmaker anglais est prêt à prendre son pari, rien moins que 20 000 Livres… L’enquête commence à l’intérieur du Parti, elle n’est pas journalistique, pas non plus sociologique, elle est à la fois ludique et littéraire. « Tuyauté » par la jeune et jolie Alice, sa nièce militante, qu’il pousse sans vergogne jusqu’aux frontières du délit d’initié, Henri Norden, double cynique de Donner, assiste aux réunions, aux meetings populaires, aux rencontres des sections. Amusé, agacé, révolté, parfois ému, il reste tendu par son projet de pari. Sur quel candidat doit-il placer ses pions dans ce grand casino politique du congrès ? En pleine tourmente de la crise financière, il observe l’ascension du jeune Benoît Hamon, l’élévation mystique de Ségolène Royal, la mécanique implacable de Martine Aubry, le dévissage complet du favori de la première heure : Bertrand Delanoë. Il les suit jusqu’à Reims, là où va se jouer l’une des plus grandes valses politiques de ces dernières années. Dans ce bal des fous furieux, l’ivresse du joueur se mêle à l’incertitude du sport politique. Donner n’épargne personne, pas même les militants. C’est pour rire, et tant pis s’il en ressort quelques vérités glaçantes.
12,20 €
J'aimais déjà les étrangères
Grasset
« Quelques passades, un travail où il essaie de passer inaperçu, des amis qui ne répondent plus au téléphone : un Parisien fête sans fracas sa trentième année. Il s’abandonne au culte de la régression, tenant la médiocrité pour le dernier refuge de la morale. Une femme mariée, originaire des pays de l’Est, s’invite sans frapper dans cette existence minuscule. Elle est aussi fragile et snob que son parfum, Scent of Peace de Bond n°9. Elle porte des bottes orange et tous les stigmates des anciennes républiques soviétiques. Supérieurement cultivée, cruelle, elle entraîne le narrateur dans les arcanes de la capitale. Vernissages d’art contemporain, grandes marques, notoriétés factices. Notre héros découvre enfin la vie, et la tentation du bonheur. Mais après l’avoir converti au cynisme, cette apparition l’abandonne : rupture sans préavis. Le narrateur s’enferme dans une tristesse hautaine. Incapable de conjurer son obsession, refusant de mendier l’affection de celle qui est partie, il survit dans un quotidien hypothétique. Au cœur de l’hiver, enfin décidé à lui parler, il s’embarque dans le métro parisien, emportant avec lui une mystérieuse boîte enveloppée de papier kraft. D’une station à l’autre, des hommes le prennent en filature, prêts à tout pour l’empêcher d’atteindre son but. » Alexandre Kauffmann
17,90 €
La chanson de Nell
Grasset
Scène inaugurale : le 8 janvier 1959, serrés à l’arrière d’une traction-avant bleue-marine, les enfants emmitouflés, à l’avant le père et la mère. Un camion surgit de nulle part, le père a le thorax enfoncé et meurt des suites de l’accident, la mère a le visage blessé, les paupières arrachées. La vie bascule. La mère, devenue l’axe central d’une famille bohème et rêveuse, doit subvenir aux besoins de tous. Sous le nom mystérieux de Nell Pierlain, elle écrit des romans populaires, où s’inventent des destins qui peuplent sa vie. Puis un jour, Nell s’effondre, « restent les mots de la mort que l’on compose et décompose au pied du lit, reliés au corps et au nom de famille par des liens invisibles, des prières, une adresse : Souchon, née Pourchot Marie-Madeleine, hôpital Sainte-Perrine, Paris ». Alors, Patrick Souchon, dans ce bouleversant roman familial, bat les cartes du passé, mêlant les détails d’une époque (le théâtre, les romans, les amis, les enfants) aux émotions d’un fils. Portrait d’une mère.
17,90 €
Juste avant l'hiver
Grasset
Prague, 1969. Dans un café, la patronne acariâtre et jalouse épie sa jeune serveuse. Elle assiste en voyeuse à l’éclosion et au massacre d’un amour pur, qui lui rappelle une blessure de jeunesse. A travers ce huis-clos et une poignée de personnages, c’est tout le cauchemar d’un régime politique qui nous est restitué.
14,70 €
Il faut laisser maisons et jardins
Grasset
A lire la dernière strophe du poème de Ronsard, dont Marcel Schneider s'est ici inspiré, " Adieu chers compagnons, adieu mes chers amis, je m'en vais le premier vous préparer la place ", on devine avec mélancolie que ce livre est aussi un Adieu. Un testament. Nulle amertume chez cet humaniste misanthrope, cet érudit indifférent à son temps, pour qui 1936 ne signifie pas l'invention des congés payés mais l'obtention avec brio de son agrégation de latin-grec ! Qui, à l'heure du politiquement correct, reprend à son compte la définition de la démocratie par Baudelaire : " La démocratie est le plus énergique dissolvant de toute vertu que le monde ait connu jusqu'ici ".

Dans le lignée de L'Eternité fragile, cette fragile architecture du temps recomposé qui sont ses mémoires, Marcel Schneider se souvient, et les figures amies ou admirées sont évoquées ici avec précision : Lise Deharme et André Breton, un Julien Gracq muet qui aime les mondanités, un Lord Byron musical, Nijinski érotico-mystique, Denise Bourdet en Panthéon des gloires défuntes, ainsi qu'un long essai sur Proust et le faubourg Saint-Germain.
17,90 €
Pour Mon Plaisir Et Ma Delectation Charnelle
Grasset
Nous sommes au début du XVème siècle. Une guerre qu'on nommera de Cent ans oppose Anglais et Français. Le royaume de France est affaibli par la démence de Charles VI et par la lutte à mort entre armagnacs et bourguignons. Les princes trahissent et s'assassinent ; la peste et la famine déciment la population ; on pend et on brûle sorciers et jeteuses de sorts. On est égaux devant la mort, dirait-on. C'est au milieu de ce tumulte, en 1404, que naît Gilles de Rais. " Cependant l'âpreté de cet âge gothique n'explique pas entièrement la rage meurtrière qui déjà l'habite… "

Orphelin à dix ans et héritier d'une fortune considérable, il est élevé par son grand-père maternel, Jean de Craon, violent et prodigue. Dès cette époque, il connaît ses premiers émois avec de jeunes hommes - bientôt ses premiers meurtres ? A 15 ans, il s'illustre en tous cas par ses exploits militaires et lève ses propres troupes pour faire la guerre aux Anglais aux côtés de Jeanne d'Arc, qu'il révère. Bravoure. Fidélité. Férocité sanguinaire…

Maréchal de France à 24 ans, il est au sommet de la gloire et, avec son faste, l'un des hommes les plus riches du royaume. Mais la mort cruelle de Jeanne et l'arrêt des hostilités le laissent libre et désœuvré. Mélancolique ? Il se retire en ses terres, pratique la magie noire, entretient dans le luxe chapelains, enfants de chœur, musiciens, pages et serviteurs, également agents ou complices de sa débauche, et bientôt de ses crimes… Pourtant sorcier, assassin, " pédophile ", il demeure profondément croyant.

Ses dettes le perdront. Son procès fut avant tout politique et religieux. Et quand la sainte Jeanne avait été brulée pour sorcellerie, le guerrier furieux devenu monstre sodomite égorgeur d'enfants fut, quoique pendu, dignement enterré dans l'Eglise des Carmes de Nantes, accompagné par les chants des familles de ses 140 victimes, priant pour le salut de son âme…
18,90 €
La démangeaison
Grasset
Longtemps, Lorette Nobécourt a brûlé ses textes. Mais en 1994, un court récit échappe au feu : c'est La démangeaison, que publient alors les éditions Sortilèges. Confession, monologue, carnet d'une souffrance ou d'un mauvais rêve, ces cent pages marquent la naissance d'un écrivain et apparaissent très vite comme un talisman noir qu'on se transmet.

Depuis son enfance, Irène souffre de psoriasis. Maladie chronique et sans cause. La peau s'enflamme, les doigts s'agitent, le cœur s'affole. Il n'y a plus de pensée vagabonde. Il n'y a plus que ça, cette monstruosité. Le corps est une plaie. Toute pensée est une plaie. Bien sûr on vous regarde. Enfant, gamine, adolescente : la pauvre.

Mais Irène ne se plaint jamais. La chair est malade ? Alors Irène se fait le verbe. Sa langue est dure. Magnifique. Ses mots sont une écharde qui irrite le monde, qui saisit le regard du père, le geste des amants. Qui caresse la quenotte enfantine, un peu apaisée.

La démangeaison porte en soi tous les thèmes de l'oeuvre de Nobécourt : l'enfant silencieuse ; le corps blessé ; le désir sans fin ; l'impossibilité de vivre dans ce monde - et c'est l'écriture qui frappe, d'emblée, chez cette jeune femme. Pas de psychologie. Pas de papa-maman. Pas de causes. Osons le mot : pas de société. Il n'y a que la contamination des mots : et on finit sa lecture, gêné, transpercé, en se frottant l'avant-bras, la paume, le poignet, la cuisse : c'est que la littérature a gagné, en sa peau de chagrin.
13,00 €
Mezzanine
Grasset
Comme Les pays immobiles ou Haut fonctionnaire, Mezzanine est le roman d'un homme secret, inclassable : " J'exposais à ma femme d'amour M. que c'est pour protéger l'entourage - la préserver elle par exemple, en même temps que moi, et notre amour - que cette pratique sexuelle maniaque qu'est l'écriture (littéraire), doit rester au secret, à jamais obscure. "

Sur ce principe, Bayon raconte, révèle, enlace, cèle et transcrit " le désir qui fascine et le plaisir qui tue ". Il y a vingt-cinq ans, un homme qui pourrait être Bayon louait dans le nord de Paris un appartement comme dominé par une mezzanine. Dans cette cage sensuelle de draps, de ressorts et de rêve, notre héros vivait sa vie. Tel Barbe-bleue au programme clairement établi, presque puritain, de jeune homme à femmes prises puis déprises, Bayon note ses aventures. Il préserve le secret. Et il transcende l'humaine pratique sexuelle par l'inhumaine pratique d'écriture. Chaque femme s'invitant en sa mezzanine, déshabillée, aimée, rêvée, finit couchée sur une page. C'est bien le désir qui est au cœur de cette vie, au cœur de cette époque, les années 1970-1980, qui se voulaient libres, mais jamais libérées de la norme….

Après des années, Bayon nous livre non pas des carnets, mais un entrelacs énigmatique qui fait un roman extraordinaire et provocant : portrait de femmes, autoportrait de l'artiste, traversée d'une époque, désirs abolis, impuissance, effets d'annonce, passions accessoires - dans cette mezzanine où passent les années, tout se résout en livres.
22,40 €
Transformations D'Une Femme
Grasset
" Elle a commencé très tôt, l'impression de jouer la comédie. Ce n'est pas désagréable, de jouer la fille. Se préparer pour un rendez-vous, souligner l'œil, mettre du rouge à lèvres, j'aime bien. A vingt ans, je disais facilement, je t'aime, si tu veux, moi aussi, et encore je t'aime. Ce n'était pas grave, les mots venaient tous seuls, moue étonnée, soupirs, j'avais l'impression que c'était ça que les femmes faisaient depuis des siècles, pour qu'on les désire. Une sorte de grand rôle classique, dans lequel vous vous glissez. La petite, par exemple, la fille, la femme-enfant, celle à qui l'homme indique son chemin dans la rue. Et puis vers trente ans, la comédie a commencé à devenir douloureuse, tout simplement, je n'y croyais plus. Perdue la foi, épuisé le rôle. Peut-être avais-je eu trop d'aventures, peut-être que la liberté use certains fantasmes, je n'avais pas d'explication, en tout cas, je voyais les fils, sourire, soupirer, minauder. Comédie. Cette fille que j'étais, je n'y croyais plus. Et je n'avais aucune idée de celle que j'étais en train de devenir.

Et lui, me désirerait-il encore ? Je regardais autour de moi, interrogeais mes amies. Chacune à sa manière traversait un changement. L'une appelait ça, désir d'enfant, l'autre bisexualité, et une autre, créativité. Tantôt c'était une bonne nouvelle, tantôt une malédiction. Mais ce qui reliait ces transformations les unes aux autres, ce qui reliait aussi les femmes entre elles, demeurait un tabou, un secret bien gardé. Un pouvoir, peut-être. "
19,90 €
Eros mélancolique
Grasset
Par une nuit d'hiver, au hasard de ses pérégrinations sur internet, Jacques Roubaud tombe sur une page étrange qui l'invite à télécharger un texte. Anne Garréta, appelée à la rescousse, recueille sur son ordinateur le document… dont le lien disparaît instantanément de la toile.

A la lecture, il s'agit d'un récit intitulé Eros mélancolique. Tapé à la machine, puis microfilmé, oublié et plus tard scanné et numérisé avant d'échouer sur le web, il est, par endroits, lacunaire, mangé de blanc, comme si les supports successifs avaient été endommagés. Il est signé d'un(e) certain(e) AD Clifford et raconte l'histoire d'un jeune chimiste écossais, Goodman, étudiant solitaire, à Paris, dans les années soixante.

Chargé pour six mois de garder l'appartement d'un voisin, Goodman s'apprête à mener une vie contrainte et méditative. Il devrait rédiger sa thèse sur la photographie comme écriture de la lumière. Mais il en est bientôt détourné par une série d'événements incontrôlables, tantôt prosaïquement comiques, tantôt oniriques et graves, depuis les persécutions de la vieille voisine, folle et méchante, jusqu'aux chimères qui l'habitent.

Car Goodman est obsédé par la voix d'une jeune femme, entendue lors d'une fête ; obsédé aussi par la rencontre, dans la rue, d'une autre (la même?), qui accepte de le revoir mais reste muette et disparaît lorsqu'il la prend en photo ; obsédé par l'apparition d'une troisième (ou est-ce encore la première?) qu'il observe en voyeur la nuit, nue, dans l'immeuble d'en face, pourtant désaffecté.

Désaffecté, au fond, Goodman l'est lui-même, hanté par un souvenir d'enfance, une disparition, une photographie : pièces manquantes au puzzle de sa mémoire…
18,80 €
Ramon
Grasset
Ce livre n'est ni à proprement parler une biographie de Ràmon Fernandez, mon père (1894-1944), ni un essai sur son œuvre, mais une sorte d'enquête sur sa destinée, qui reste en partie énigmatique. Je cherche à m'expliquer, en me mettant moi-même en scène, comment cet homme, un des plus brillants intellectuels de son temps, a pu être socialiste à 31 ans (1925), critique littéraire d'un journal de gauche à 38 ans (1932), communiste à 40 ans (1934), fasciste à 43 ans (1937), enfin collabo à 46 ans (1940).

Le livre a trois centres d'intérêt.

1 - Histoire littéraire de la France : Ràmon Fernandez jeune a été ami intime de Proust et, à la fin de sa vie, de Marguerite Duras. Il a croisé de près tous les grands acteurs de la vie littéraire : Gide, Mauriac, Paulhan, Céline, Bernanos, Saint-Exupéry, Malraux, etc. Lui-même, membre du comité de lecture des éditions Gallimard de 1925 à 1944, et critique attitré de La Nouvelle Revue Française, a été au centre de la vie intellectuelle française. Il est l'auteur d'études devenues classiques (dont Messages, Molière, Proust en Cahiers rouges) et de deux romans (prix Femina 1932).

2 - Histoire politique de la France et de l'Europe, avec les grands événements auxquels Ràmon Fernandez a été mêlé de près : 6 février 34, Front Populaire, guerre d'Ethiopie, guerre d'Espagne, guerre de 40, Occupation.

3 - Histoire d'un couple. Ràmon Fernandez d'origine mexicaine, play-boy, dépensier, coureur, amateur de tango et de Bugatti, épouse en 1926 une brillante sévrienne, fille d'instituteurs pauvres. Ils s'aiment, mais la mésentente culturelle entre les époux fait très vite naufrager leur mariage. Les carnets intimes de ma mère documentent pas à pas ce parcours intime.C'est sans doute ce fiasco conjugal qui a poussé Ràmon Fernandez vers " l'ordre " fasciste.

L'interaction du privé, du littéraire et du politique donne au livre la dimension romanesque d'une grande fresque de la France entre les deux guerres et sous l'Occupation. " D.F.
30,00 €
Encyclopí©die capricieuse du tout et du rien
Grasset
Avec le Dictionnaire égoïste de la littérature française, dont on sait le succès en librairie, Charles Dantzig parvenait à concilier l'érudition et l'amusement, la distraction et l'enseignement. De ce gai savoir, infiniment subjectif, parfaitement inattendu, L'Encyclopédie est la continuation. Définir le projet ? C'est presque impossible. Un coup d'œil sur la table des matières, qui va de la liste des lieux à la liste autobiographique par effleurements d'écrivains, en passant par la liste de Venise ou la liste du sexy, montre assez ce que ce livre a de fou : le monde du dehors et le monde intérieur découpés, classés, listés, selon un ordre qui n'obéit qu'au caprice de Charles Dantzig ! On y apprend beaucoup, de New York comme on ne l'avait jamais lu au salaire d'un professeur de poésie à l'Université de Belfast. On rit presque en permanence. On est caressé ou griffé, selon l'humeur ou la rubrique. On y parle avec passion de littérature, d'art, de géographie, de futilités, de mode, de cinéma, d'histoire grecque ancienne. Dantzig, c'est l'anti-beaucoup de monde, dans ce livre jubilatoire sans équivalent, et dont on n'a pas fini de parler.
25,25 €
Un juif pour l'exemple
Grasset
Né à Payerne, gros bourg vaudois, Jacques Chessex avait huit ans quand les faits relatés dans ce livre ont eu lieu. Les faits ? Nous sommes en 1942, l'Europe est à feu et à sang, la Suisse quoique neutre et sanctuarisée, est travaillée de sombres influences. A Payerne, rurale, cossue, ville de charcutiers " confite dans la vanité et le saindoux ", le chômage aiguise les rancœurs et la haine ancestrale du Juif. Autour d'un " gauleiter " local, la garagiste Fernand Ischi, sorti d'une opérette rhénane, et d'un pasteur sans paroisse, proche de la légation nazie à Berne, le pasteur Lugrin, s'organise un complot de revanchards au front bas, d'oisifs que fascine la virilité germanique. Ils veulent du sang, du sang juif de préférence, et une victime expiatoire. Ce sera Arthur Bloch, marchand de bestiaux, homme pieux et père de famille, qui visite la foire au bétail de Payerne le 16 avril 1942.

A deux pas de l'abbatiale, dans l'ombre odorante d'une étable, Rue-à-Thomas, il tombe dans le piège. On l'assomme, on l'achève et on le découpe en morceaux, dans une scène d'anthologie décrite par Chessex. Bien sûr, les coupables, dont un semi-débile apprenti-tueur, seront vite retrouvés. Mais le crime, dans toute sa sombre gloire, son dégoûtant théâtre, aura délivré les uns et les autres, qui ne plaignent pas la mort du Juif pour l'exemple.

A la suite du Vampire de Ropraz, c'est un autre chef-d'œuvre, le mot n'est pas trop fort, d'exactitude et de description, d'atmosphère et de secret, que Jacques Chessex nous donne.
13,90 €
Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier
Grasset
Notre Précieux Souverain a-t-il changé ? C'est ce qu'affirment les gazettes, épuisées ou adoucies par un début de règne fort en gueule. Le sacre paraît loin, et son cortège de festivités, de yachts luxueux, de résidences très surveillées. L'impératrice Cécilia a refait sa vie. Certains courtisans ont été relégués dans des ailes lointaines de la République, bannis à Los Angeles ou dans le 92. Effacité, tempérance, froideur, et même sagesse, tels seraient les nouveaux habits de Nicolas Ier. Le Prince Merveilleux n'est plus le même. Ses cravates ont changé. Ses vestes sont mieux coupées. Et il a épousé " Carlita ", une comtesse italienne très en vue, qui semble avoir grande influence.

Mais Patrick Rambaud ne s'en laisse pas compter. La légende officielle, les tableaux dorés, les communications princières ne sont pas pour lui. Il a donc choisi de continuer sa cruelle et désopilante chronique, dressant ainsi le véritable tableau du règne...

Rien n'échappe à la plume de notre chroniqueur, costumé pour l'occasion. Les traders et les courtisans changent. Les écrivains restent.
13,70 €
Plus tard, tu comprendras suivi de Maintenant je sais Le film
Grasset
« “Plus tard, tu comprendras”, me disait ma mère. Je m’étais toujours demandé ce qu’il y avait à comprendre. Je croyais, orgueilleux, avoir déjà tout compris. Il me restait pourtant l’essentiel : tenter de répondre à la question “Qui est cette femme qui m’a aimé et que j’aime et qui m’a donné la vie ?”. Vivante, c’était ma mère. La source et la clé de ma vie. Morte, c’est une femme qui a vécu, avant moi, une autre vie. Une Parisienne, juive, pharmacienne née de parents russes et qui a traversé douloureusement la guerre. Une jeune fille amoureuse, une femme blessée, une mère. Et bien d’autres personnages dont j’ai découvert, ces derniers mois, les multiples facettes… Deux ans après la publication de mon livre, j’ai pu rencontrer Amos Gitaï, réalisateur israélien. Le livre est devenu un film, ma mère s’est incarnée en Jeanne Moreau et moi-même en Hippolyte Girardot. Comment ai-je vécu ce passage du texte à l’image ? Qu’ai-je appris de cette aventure cinématographique ? Quelles conséquences cette entreprise terriblement perturbante a-t-elle eues sur ma propre vie ? » J. C.
19,20 €
L'usure des jours
Grasset
Lorette Nobécourt est l'une de nos plus talentueuses écrivaines. Elle est l'auteur de plusieurs romans, parmi lesquels : La conversation, Horsita et En nous la vie des morts, tous publiés chez Grasset.

En 2007, Lorette Nobécourt quitte Paris et s'installe dans un village du sud. Pendant l'hiver qui suit, elle comprend qu'elle ne peut plus continuer. Ses repères se sont effondrés. Le froid est venu jusque dans sa maison. Dans le creux de ses mains qui tremblent. Dans ses os. Le miroir ne lui renvoie plus son visage, mais des éclats de tôle. Le monde se tord. La jeune femme dérive vers la prochaine station. Son monde est un crâne. Dans ce crâne, il y a ses enfants qu'elle aime sans plus pouvoir les rejoindre, un compagnon désemparé, des pages blanchies par le néant, une tornade de souvenirs, de peurs, de voyages, de voyants, de livres.

Lorette Nobécourt traverse cette saison effrayante. Remise au monde, elle fait son travail : écrire. D'où ces cent pages arrachées à la nuit. Bien sûr, on ne peut plus écrire " d'âge d'homme ", car notre temps n'a rien d'humain. Le temps nous use mais l'écrivain le lui rend bien. Quinze ans après La démangeaison, Nobécourt poursuit sa quête. Elle se livre au fil des pages. Analyse. Révèle. Qui es-tu, petite fille qui voit approcher une main d'ogre jusqu'à tes cuisses ? Es-tu celle qui écrit ? Es-tu l'héroïne d'un conte ? As-tu jamais grandi ?

Vous n'oublierez jamais ce livre, qui est comme un carnet posé sur une table de nuit. Sur ce carnet, une main fébrile cherche l'élucidation. Sur cette table, la littérature s'écrit. Dans la nuit, une femme ressuscite.

" L'usure des jours est aussi l'histoire du passage de la jeunesse à l'âge adulte, de la névrose à l'amour. Une mue qui a presque l'allure d'une récompense. "
13,10 €
L'ami posthume / Gérard Philipe, 1922-1959 : récit
Grasset
Cet essai biographique est né le jour où Olivier Barrot a découvert une photographie sur laquelle on voyait son propre père, un technicien de cinéma, sur un tournage aux côtés de Gérard Philipe, alors au sommet de sa gloire… Ce visage, à côté de celui de son père, lui a inspiré aussitôt une sorte de « fraternité » insaisissable – qui est devenue le fil conducteur de ce livre… C’est à un véritable « exercice d’admiration » que se livre l’auteur. Et à une enquête sur l’époque, ainsi que sur les milieux du théâtre et du cinéma… Car Gérard Philipe n’était pas seulement un comédien, mais aussi, dans une France meurtrie par la guerre, le symbole d’une renaissance juvénile et humaine. Olivier Barrot entreprend de suivre son ami posthume, de film en film, du Festival d’Avignon au théâtre de Chaillot, du « Cid » au « Prince de Hambourg ». Au passage, il se glisse dans toutes les coulisses, y compris celles de la politique et de l’Histoire (puisque Gérard Philipe était également le porte-drapeau d’un certain communisme porteur d’avenir radieux). Les années 1950-60 sont ainsi ressuscitées avec tendresse et lucidité. On s’y plonge comme dans un monde d’autrefois, rempli d’espérances et d’illusions…
18,90 €
Omnia
Grasset
Barbey d’Aurevilly est surtout connu pour ses romans. C’était aussi un essayiste de premier plan. Il a laissé une vingtaine de volumes de critique (Les Œuvres et les Hommes) et a fait connaître le dandysme en France grâce à son Du dandysme et de Georges Brummel. Moraliste, penseur, pamphlétaire, Barbey a toute sa vie tenu des carnets de notes et de réflexions, dont les fameux Memoranda. On croyait connaître l’intégralité de ces ouvrages jusqu’à la découverte récente de deux cahiers, intitulés Omnia (« tout », en latin) par Barbey lui-même. Commencés en 1855, ils permettent de mieux cerner l’imaginaire de l’auteur des Diaboliques. Suite de réflexions, d’observations, de notes de lectures, ils comprennent des clefs pour la compréhension de ses romans, mais aussi des remarques sans illusions (« Les enfants nous consolent de tous les chagrins, en attendant les épouvantables qu’ils ne manqueront pas de nous donner »), sarcastiques (« Quand on a des opinions courantes, je les laisse courir »), ainsi qu’un grand nombre de remarques éblouissantes sur ses contemporains, d’Henri Heine à Chateaubriand. Le livre est présenté et annoté par Joël Dupont, spécialiste de l’œuvre de Barbey d’Aurevilly.
13,10 €
Lettres à une jeune fille
Grasset
C’est en janvier 1946, alors qu’il est reclus depuis 28 ans dans sa chambre, que Joë Bousquet fait la connaissance d’une jeune étudiante prénommée Linette – qui le trouble par son charme, son intelligence, sa fraîcheur. Pendant quatre années, il va ainsi la rencontrer, lui parler – et, surtout, lui écrire des lettres admirables qui étaient restées inédites jusqu’à ce jour. A Linette, Bousquet veut tout enseigner, tout transmettre. Il veut, lui le paralytique, l’immobile « momie », lui dire combien la vie est immense, ainsi que la littérature, l’amour, le bonheur. Etait-il amoureux de Linette ? A coup sûr. L’aimait-elle en retour ? Oui, d’une certaine façon… Toujours est-il que ces lettres, outre leur charge poétique exceptionnelle, offrent un formidable panorama de la vie littéraire de l’immédiat après-guerre. D’où leur importance… Il se trouve que ladite « Linette », en 1949, rencontra son futur époux, le juriste Albert Brimo, et qu’elle préféra oublier pudiquement les traces de son impossible amour de jeunesse. C’est après la mort de Linette Brimo que ses enfants – Isabelle et Nicolas, actuel directeur du Canard Enchaîné et préfacier de ce volume – décidèrent de porter à la connaissance du public ce document majeur. Un cahier-photo, augmenté de fac-similes et de documents inédits, complète ce volume qui, à n’en pas douter, sera un événement pour les inconditionnels de Joë Bousquet.
23,90 €
L'empreinte des choses cassées
Grasset
Ce roman est un Discours de réception à l’Académie Française, mais un discours d’un genre bien particulier. Insolent. Brusque. Emouvant. Féroce. Au dénouement inattendu. La narratrice, reçue sous la Coupole en sa qualité d’écrivain de sexe féminin, en profite pour passer en revue les épisodes d’une vie. C’est l’heure du bilan, celui de régler les comptes, celui des révisions déchirantes, le moment où l’on se fiche de l’impudeur. Claire Gallois ne rate pas ses cibles. Les hommes ? « Plus on avance en âge et plus le lit devient un endroit très dangereux…J’ai toujours apprécié de dormir seule et ces temps-ci, je suis comblée. » Sa place légitime dans le monde ? « Depuis que dans un passé qui remonte à l’enfance, ma mère m’a demandé : « pourquoi n’es-tu pas morte à la place de ta sœur ? », j’ai toujours eu un doute. » L’institution ? « Les femmes que vous consentez à accueillir sous la Coupole sont choisies à une première condition : à savoir ne pas afficher leur sexe davantage que les anges. » S’il y a de l’autobiographique ici, la mort d’une sœur à dix-huit ans dans la chaleur d’un jour d’été, un grand-père rescapé de la première guerre, un voyage d’initiation en Europe de l’Est, un amant erratique et bohème, tout le talent de Claire Gallois tient à la liberté cinglante avec laquelle elle assemble le réel et l’imaginaire, le grave et le frivole ; le discours devient une méditation sur le temps et la vanité, qui commence comme une blague et s’achève la larme à l’œil.
13,10 €
Fenêtre mon navire
Grasset
Dans la continuité d’Images, mes catins, Le tremble et l’acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, Oboles, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, « définitions imagées », selon leur auteur, nous touchent d’autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare. Retouches à la bourrasque devant les fleurs du paravent blessées de jeux autrement traîtres dans le blanc lit de la fenêtre les arbres font l’amour au vent
12,90 €
Le voyage du fils
Grasset
Au départ de ce roman, un fait divers bien réel : une Chinoise s’est défenestrée pour échapper à une descente de police – qui, d’ailleurs, ne la visait en rien… De cette tragédie, Olivier Poivre d’Arvor a tiré un roman très original, émouvant, plein de rebondissements et de surprises… En effet, devant ce drame de la Chinoise défenestrée, l’opinion s’est émue et a organisé le voyage à Paris de Fan Wen Dong, son propre fils âgé d’une vingtaine d’années. Ce garçon sensible et poétique, à peine débarqué de sa ville de Fushun, va donc passer quelques jours à Paris avant de repartir en Chine avec les cendres de sa mère… Le roman que nous lisons s’inscrit, très exactement, dans cette semaine où s’entremêlent plusieurs trames de destins. Il y a là une femme – qui, précisément, réalise un film sur Marguerite Duras et qui, elle aussi, veut rencontrer « l’amant » chinois qu’elle rencontre, par hasard, à la faveur d’un accident de voiture. Il y a aussi un militant des droits de l’homme, un certain Schwartz, qui semble considérer Fan Wen Dong comme son fils… Ce Voyage du fils tisse, en brefs chapitres, une étrange histoire d’amours, de solitudes, de rencontres intenses. Olivier Poivre d’Arvor y raconte l’impossible face-à-face de la Chine et de l’Occident, du nanti et du démuni, de l’exilé et de son hôte…
17,30 €
Promenades sous la lune
Grasset
Le titre de Promenades sous la lune dit tout de ce livre. Tiré d’une lettre de Madame de Sévigné, il nous fait musarder de manière lunatique à travers les sujets les plus divers. De Stendhal aux potages, de Venise à la fatigue, de la ponctuation à Marcel Proust, il nous fait découvrir de la manière la plus inattendue la grande culture aussi bien que les plaisirs de la vie. Cette météorologie littéraire capricieuse révèle une personnalité lettrée, curieuse, paradoxale, rapide. Le livre commence par sa table des matières, car l’auteur souhaite qu’on le lise « comme au restaurant » : le lecteur lui aussi peut être capricieux, choisir, abandonner, revenir… Un livre où l’on apprend, un livre où l’on s’étonne, un livre où l’on se régale, par un enfant de Jorge Luis Borges, et, plus encore, du grand écrivain italien Mario Praz. Un style personnel et plein de charme. La découverte d’un écrivain.
18,80 €
Terre sans maître
Grasset
Ilya est un jeune homme qui cherche à atteindre un mur au sommet d’une montagne. Ce Mur est moins un objet qu’une présence, intacte depuis l’époque immémoriale de sa construction. On prétend au village que le Mur attire les fous. Cela se passe juste avant la deuxième guerre mondiale en Germanie. Ilya avance à tâtons et, peu à peu, se souvient d’où il est venu, ce qui l’a conduit à entreprendre son voyage et à quel traumatisme il doit d’avoir perdu la mémoire. Sur le versant creusé d’ornières, il semble mener une partie de cache-cache avec lui-même. La voix d’une enfant le hante qui chante sous son crâne une comptine. Une fois le Mur franchi, Ilya poursuit son chemin, rêveur lucide, aux abois. Un homme en effet veut sa peau et le traque sans relâche. Obligé de fuir, Ilya arrive à la porte d’un manoir où les dignitaires du régime célèbrent l’avènement d’une ère nouvelle. Il y retrouve la jeune femme dont le souvenir le poursuit, et dans le grand salon illuminé où se déroule la fête, son passé tout entier se dévoile. Se révèle aussi l’autre raison de son voyage : Ilya est un messager, il porte une parole folle, et dans le cercle hostile des convives, il s’en délivre. Mais on ne l’entend pas, et, à nouveau en danger de mort, il lui faut reprendre sa route au petit jour, descendre dans la vallée, de plus en plus loin…
16,80 €
L'inachevée
Grasset
Alors qu'elle n'est encore qu'une petite fille, Hannah est ballottée entre la folie destructrice de sa mère, la perversité des innombrables amants de celle-ci, et les caquetages insensés des autres membres de sa drôle de famille. Et puis, il y a son père, mort d'un cancer foudroyant alors que la gamine n'avait pas deux ans. Entre lui et Hannah, un rendez-vous manqué, un inachevé dont elle ne peut faire le deuil. Mais l'inachevée, c'est aussi Hannah elle-même, petit clown triste qui n'arrive pas à trouver sa place dans une vie qu'elle conjugue au passé décomposé. Comment sauver sa peau quand le roman familial prend toute la place et que les mots des autres dévorent l'espace du rêve ? Croyant fuir son destin, Hannah se promènera de corps en corps et choisira les mirages d'un exil doré en Asie, avant de sombrer dans la mélancolie. Quand elle renaîtra à la vie, elle comprendra que pardonner l'innommable est peut-être la seule voie possible pour pouvoir prendre son envol et enfin tourner la page.
15,90 €
L'ami de jeunesse
Grasset
Antoine Saint Bernard est psychiatre. Il a quarante-huit ans et, comme on dit, une situation enviable. Une épouse obsessionnelle qui ne laisse rien au hasard. Des jumeaux de dix ans qu’il confond encore. Une belle-mère antipathique et omniprésente. Un frère aîné qui vit à ses crochets, c’est-à-dire chez lui, et l’abreuve de conseils. Une secrétaire hypocondriaque choisie par son épouse. Des patients angoissés ou mélancoliques mais fidèles, quand sa femme ne l’est plus. Et surtout, Félix, l’ami de jeunesse, restaurateur, coureur, menteur, et dont l’insouciance heureuse le désespère. Car Antoine, lui, a des tendances dépressives – de nature plus que par les circonstances de l’âge. Dominé, par les autres, et par ses propres doutes. Indécis, tant le courage lui fait défaut face aux conséquences de ses choix : comme la vie est risquée, Antoine ne vit pas. Pourtant, parvenu au mitan de l’existence, Antoine décide soudain d’en changer. Incapable de franchir seul le pas, en solitaire qu’il est, il convainc Félix de le suivre : le psychiatre et le restaurateur iront donc apprendre l’histoire à la Sorbonne. Et tandis que le neurasthénique est englouti par l’univers kafkaïen de l’université et l’absence de son propre désir, l’ami de jeunesse fait des prodiges en matière d’examens et de conquêtes féminines. Il faudra qu’Antoine rencontre Charlotte pour que le doute s’efface… et laisse place au dilemme. L’ami de jeunesse est le roman drôle et tendre d’une crise existentielle et d’une résurrection sentimentale, l’histoire d’un homme réanimé par l’urgence de vivre.
18,20 €
Faux-père
Grasset
Turin, début du XXIe siècle. Un Français d’une trentaine d’années mène avec une Italienne de son âge la vie des jeunes couples d’aujourd’hui. Ils se voient irrégulièrement, ils font l’amour régulièrement, ils s’aiment. Un jour (peut-on dire un beau jour ?) Stefania annonce à son ami qu’elle est enceinte. Pour lui, c’est un choc. Car cet enfant, elle se l’est fait faire sans lui demander son avis. Il considère cela comme une forme de vol – sinon de viol. Il hésite à le dire à Stefania. Dans les paniques inavouées de la paternité qui s’approche, nous assistons aux intermittences du cœur de ce narrateur qui ne sait pas s’il le veut, cet enfant, ou non. Ce qui arrive est-il nécessairement naturel ? Est-ce parce qu’une femme est enceinte que son amant doit l’admettre ? L’indécision (typiquement masculine ?) du narrateur en fera-t-elle un faux-père, comme on dit faux-frère ? On retrouve ici les personnages typiques de Philippe Vilain : une héroïne belle, décidée, quasi divine, et un narrateur amoureux que son amour encombre aussi et qui hésite, hésite, jusqu’à prendre une décision qui n’est peut-être pas la bonne… Faux-père s’inscrit dans la lignée des précédents romans de Philippe Vilain, après la jalousie de L’Etreinte, l’amour filial de La dernière année, la différence d’âge et la séparation du Renoncement, le mariage de L’Eté à Dresde et l’adultère de Paris l’après-midi. A sa manière délicate et toute en finesse, Philippe Vilain y aborde un sujet rarement traité par les écrivains, la paternité. Serait-ce un des derniers tabous ?
15,00 €
Les graffitis de Chambord
Grasset
Trois hommes. Trois époques. Trois histoires. 2006 – Trevor est banquier d’affaires. Homme sans passé ni passion, il vit dans un grand appartement à Paris. Il ne connaît pas l’amour, ne cherche pas d’amitiés. Depuis que ses parents sont morts, il est seul et pleure parfois sans aucune raison. Un matin, il reçoit une grande enveloppe qui va bouleverser sa vie. 1945 – Simon est écrivain. Il est juif. Caché pendant la guerre dans un village près de Mâcon, il gagne Paris à la Libération. Ses parents ont disparu. Il les cherchera en vain, et n’aura de cesse de fouiller son passé pour fixer leurs visages et ses rares souvenirs. 1940 – Isaac est résistant. Il a abandonné sa famille pour suivre Dora, une femme libre et énigmatique, qu’il aime passionnément et qui rend les hommes fous de désespoir. Ils font partie du réseau « Chambord ». Ils partagent le quotidien de leurs frères d’armes, leurs peurs et leurs joies. Enfermés dans le château, ils errent dans les galeries, dans ses pièces froides et obscures aux murs maculés de graffitis, comme en des catacombes. Ce sont ces graffitis, dont certains datent du XVIIè siècle, qui vont mystérieusement rapprocher Isaac, Simon et Trevor. Quel est le lien souterrain, plus fort que la mort, qui unit ces trois destins ?
19,90 €
Le rÌâåve de Machiavel
Grasset
Quelques semaines avant sa mort, à Florence, Machiavel est surpris par la peste. La ville est comme son tombeau. Derrière les palissades, on vit dans la peur, on abandonne ses enfants, on vole du pain gris, on se lave au vinaigre. En quelques heures, l’humanité s’effondre. Sur les bords du fleuve, un prophète réclame des bûchers. Une sorcière tombe en transe. Etrange enfer que cette ville somptueuse, encerclée par les soldats, où se multiplient les meurtres et les viols… Tel est le piège dans lequel se trouve pris le grand penseur politique, l’homme parfaitement civilisé, le voyageur, l’intriguant, l’écrivain. Mis à nu par la maladie, seul, Machiavel garde les yeux ouverts. Sans trop savoir pourquoi, il sauve du bûcher une jeune femme malade…. « Et voici ce que je raconte, après dix années de doute et d’esquisses : le dernier amour de Machiavel. Comment le penseur tombe amoureux au milieu des corps et des mauvais rêves. Le prince qu’il n’est pas décide de soigner cette femme, il la lave, la dévêt, lui parle, l’embrasse, s’allonge contre elle, contre elle et contre tout, jusqu’au dernier instant…. Je prends Machiavel à son histoire. J’en fais un homme. Pour Machiavel, il a fallu ce long chemin. Il a fallu les voyages, l’exil, il a fallu les livres, les traités, les grandes découvertes, les femmes, la bizarre course du temps pour qu’il ne reste rien : rien du grand esprit, rien de la gloire. Car la peste renverse tout. » Christophe Bataille nous donne un magnifique roman sur la maladie et le néant, qui sonne comme un avertissement : le mal ne se dit pas, et ses formes sont légion. Mais c’est aussi un roman d’amour, car c’est un geste d’amour qui renverse Machiavel et le monde.
16,20 €
Ce que nous avons eu de meilleur
Grasset
Peut-on, comme Josué, arrêter la course du soleil ? Les morts sont-ils encore jaloux ? Pourquoi Marlon Brando écrivait-il des cartes postales qu’il n’envoyait à personne ? En quelle circonstance un débauché peut-il s’abandonner au fanatisme religieux ? Quels rapports y a-t-il entre Churchill, Alain Delon et un jeune berbère qui voudrait apprendre à nager ? Qui a inventé le monothéisme amoureux ? Et à quel instant, au juste, franchit-on la ligne de démarcation qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ? Telles sont, entre beaucoup d’autres, quelques unes des questions que se posent les héros de ce roman dont l’intrigue éclatée va et vient autour d’un lieu unique : le Palais de la Zahia (ce mot, en arabe, désigne la joie), situé quelque part, au sud, près d’un désert… Dans ce Palais – splendide, nécrosé, envahi par la végétation et les souvenirs – quelques amis, plutôt bien traités par l’existence, ont pris l’habitude de se retrouver dans une ambiance rieuse. Il y a là, parmi des créatures sexuellement très diversifiées, deux amis : un narrateur (très influencé par les livres de Stendhal et les films de Maurice Ronet ) et un certain Lewis, riche, célèbre, philosophe et épris d’ Ariane, son épouse rêveuse. Est-il nécessaire d’en dire davantage ? Ce roman – rythmé par une série d’interrogatoires confiés à un enquêteur énigmatique – revisite ainsi, dans un grand désordre de sensations et de péripéties: 1/ l’histoire d’une amitié 2/ La mémoire d’un Palais trop fréquenté par ses propres fantômes 3/ La chronique d’une passion clandestine avec une jeune veuve qui n’a pas froid aux yeux 4/ la lutte des uns et des autres contre le temps et ses alliés (haine, tempêtes de sable, solitude, vanité, peur, envie…) Bien entendu, il s’agit d’un roman. Et il va de soi que toute ressemblance avec des personnes existantes, etc, etc…
16,20 €
La beauté du monde
Grasset
Sur les photos de Martin et Osa Johnson, on voit ce couple vedette, ces amants de l’aventure, tels qu’ils prêtent à rêver, tels qu’ils inspirent à Michel le Bris ce roman-vrai du Continent noir : Osa, sensuelle, rayonnante, la carabine à l’épaule ou le viseur sur l’œil, saluant ici un chasseur au teint d’ébène, serrant ailleurs la main fripée d’un chimpanzé. Martin, l’ancien cuisinier de la croisière du Snark avec Jack London, l’ingénieux caméraman qui filma les réducteurs de têtes des Nouvelles Hébrides et les Big Nambas, maintenant commandant à une armée de porteurs, à l’assaut des territoires encore inviolés du Kenya. Martin et Osa Johnson, dans les années 1920, furent les grandes stars de l’aventure. Une certaine Winnie est chargée en 1938 d’écrire les mémoires d’Osa, veuve désormais, beauté flétrie réfugiée dans l’alcool. Commence un troublant face à face, où la jeune Winnie, outrepassant son rôle, prend peu à peu possession de son modèle, menant une enquête presque policière, traquant les zones d’ombres du couple qui révéla l’Afrique sauvage, mais paradisiaque, mais vierge, à l’Amérique. Mais il se pourrait bien que ce soit Osa, qui mène en fait le jeu, à travers ses confidences – Osa hantée par le mystère de la beauté du monde… Du New York des « Roaring twenties » à la jungle kenyane, de la « table ronde » de l’Algonquin, où Dorothy Parker et Zelda Fitzgerald furent les marraines new-yorkaises d’Osa, à la jungle étouffante du pays des Pygmées, des clubs de Jazz de Harlem où l’on ignorait résolument la prohibition tandis que s’inventait le style « jungle », au spectacle du monde primitif encore préservé : c’est toute une époque que Michel Le Bris nous fait revivre. Duke Ellington et King Kong, le Muséum d’histoire naturelle et les grands singes abattus, Hollywood et la fin du cinéma muet, les dernières heures de l’ « heureuse » colonisation, les couleurs fauves d’une ferme en Afrique : un roman en technicolor.
26,00 €
Crépuscule ville / roman
Grasset
« La solitude de Colin Parler. Souvent Colin Parker composait de sa propre initiative la touche C pour confessionnal et pendant des heures, il répétait qu’il était seul. Et son assistant lui répondant : « Cher abonné, vous n’êtes pas seul puisque nous sommes là pour vous écouter… » Finalement, quand Colin Parker se donna la mort, le soir du grand black-out, il commençait tout juste à aller mieux. » Bienvenue à Clair-Monde ! Ici, quelque part dans un futur proche, sous une épaisse couche de nuages et de brumes, vivent les citoyens d’une cité idéale où l’on vous interdit pour votre bien tout ce qui pourrait vous faire du mal : des implants bancaires sous l’épiderme contrôlent vos dépenses, une brigade d’intervention contre le suicide surveille vos accès dépressifs, les êtres qui vous plaisent sexuellement apparaissent sur un écran-traceur à portée de main, les drogues sont en vente libre, on a le droit au lifting et à la quasi-éternité. Si vous ne voulez pas être heureux, alors vous avez le choix : vivre aux confins de la cité, morts bancaires, junkies, obèses, détraqués. « Avec Clair-Monde le bonheur n’est plus une utopie ». Sauf qu’il y Syd Paradine… Un flic brillant, cabochard, en instance de divorce, et qui refuse de se plier aux législations du bonheur obligé, aux oukases du S.P.S (service de protection contre soi-même). C’est en enquêtant sur un suicide collectif d’obèses (double aberration !) qu’il comprend les mensonges et les trahisons de Clair-Monde. De la guerre narcotique aux couloirs des laboratoires, de la tyrannie cosmétique à la pédophilie érigée au rang des beaux-arts, de l’utopie démocratique aux opiacés, Syd flanqué d’une étrangement belle créature du nom de Blue vont mettre un sacré désordre. Résoudre le mystère. Sauver leur peau sur fond d’apocalypse. Entre la satire d’une société utopique reposant sur l’axe d’un bonheur obligé et le polar chandlerien, entre l’emprunt au cinéma et à la littérature de genre, Lolita Pille change ici du tout au tout. Crépuscule Ville est un roman ambitieux, ample, qui se joue des conventions, et nous montre le destin d’êtres du futur qui nous ressemblent terriblement.
25,90 €