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Résultats de recherche pour 'Not so classic' (1084)

L'ours et le philosophe
Grasset
L’ours, c’est le sculpteur Etienne Maurice Falconet, auteur de la statue équestre de Pierre Le Grand à Saint-Pétersbourg.

Le philosophe, c’est Diderot qui intervint avec empressement auprès de Catherine II pour que son ami bénéficiât de cette commande qui allait assurer sa célébrité dans toute l’Europe.

A travers leur amitié, leur correspondance et leur longue querelle épistolaire autour de la notion de postérité, Frédéric Vitoux restitue ici une époque et des hommes essentiels de l’histoire des idées (L’Encyclopédie et ses artisans, Diderot, d’Alembert, Rousseau, Voltaire, ou le trop méconnu chevalier de Jaucourt). A la faveur de rapprochements et de digressions (cet art dans lequel excella Diderot qui se comparait lui-même à un chien de chasse mal dressé), ce sont des moments de sa propre vie qu’il mêle à la matière de son essai , ce qui lui permet de s’exprimer mezza voce sur le débat qui, en son temps, nourrit l’amitié des deux hommes et aboutit à leur rupture.

Falconet ne croyait pas à la postérité tandis que Diderot plaçait en elle tous ses espoirs. Ces options antagonistes trahissent le caractère des deux hommes  : Falconet misanthrope, farouche, pessimiste, d’une probité artistique sans faille, mais volontiers brutal (on l’accusera, à tort du reste, d’avoir poussé l’un de ses élèves au suicide par ses jugements intransigeants à son égard), s’aliénant en Russie tous ses interlocuteurs, et pour finir ingrat. Diderot infatigablement dévoué à ses amis, affectif, optimisme et altruiste.

Leur fervente amitié se dissipa donc dans la rancune et la défiance en raison de plusieurs maladresses du sculpteur, son refus de tenir sa promesse de recevoir Diderot sous son toit, à Saint-Pétersbourg, quand le philosophe se décida enfin à entreprendre ce long voyage qu’espérait et attendait l’impératrice Catherine II depuis si longtemps mais aussi parce que   Falconet laissa publier, sans l’aval de Diderot, leur correspondance.

De Russie, Diderot rentre désabusé de son rêve philosophique consistant à convertir Catherine II aux Lumières  ; Falconet, lui, claquera la porte et n’assistera même pas à l’inauguration de son chef d’œuvre.

Rien de désincarné dans cet essai. Le récit de l’amitié des deux hommes donne matière à des retours sur soi de l’auteur  : l’île Saint-Louis qui lui est si chère, où vécurent aussi ses deux personnages  ; des rencontres (Le Marchand  ; Jorge Amado  ; la création du Périscope de l’île Saint-Louis, qui fut l’occasion de la rencontre essentielle avec son épouse Nicole  ; le beau portrait de l’ours Bernard Frank et du non moins ours Céline, plus amer et véhément à son retour d’URSS en 1936 que ne le fut Diderot en 1774  ; la découverte de la divagation d’un Laurence Sterne libérateur, l’auteur de Tristram Shandy dont l’influence fit déterminante pour l’auteur de Jacques le Fataliste…)
22,90 €
Christian Millau, une vie au galop
Éditions du Rocher
Christian Millau eut plusieurs vies : journaliste au *Monde*, à *L' Express*, au *Point*, mais aussi à la revue *Opéra* que dirigeait Roger Nimier. Chroniqueur gastronomique, il créa avec son complice Henri Gault sa revue puis son guide. Ensemble, ils contribuèrent au renouveau de la cuisine française, à sa renommée internationale, et à la découverte de ses nouveaux chefs, Paul Bocuse en tête. Enfin, Christian Millau se consacra à l'écriture. Il publia notamment aux éditions de Fallois *Au galop des Hussards*, témoignage de l'aventure littéraire de ce mouvement ; et plusieurs ouvrages dont *Journal impoli*, *Journald'un mauvais Français* ou encore *Dictionnaire d'un peu tout et n'importequoi* aux éditions du Rocher.

Sous la direction de François Jonquères, les textes inédits de Gilles Martin-Chauffier, Thomas Morales, Stéphanie des Horts, Philippe Bilger, Bruno de Cessole, François Cérésa, Guy Martin, Marc Veyrat, Yves Thréard, Marc Lambron... lui rendent hommage. S'y mêlent des lettres, des mots de Michel Déon, Antoine Blondin, Roger Nimier, Blaise Cendrars, Paul Morand, Jacques Chardonne, Marcel Aymé...

Des portraits croisés qui nous replongent dans le tourbillon littéraire des années 1950 aux côtés de ces impertinents.
21,90 €
Ce cher et vieux pays...
Gallimard
"L'histoire politique de ce pays est, depuis soixante-cinq ans, à contre-courant de la tendance générale de son époque. Il n'est pas sûr que la plupart des Français aient pris conscience de cette originalité." Pascal Ory Ces Français sont bien étranges. Comparons le " cher et vieux pays " du général de Gaulle à tous les pays voisins ; que voyons-nous ? L'infinie variété de la démocratie libérale, avec ses régimes foncièrement parlementaires, gagés sur un pouvoir exécutif limité. En face de ce peuple de roseaux, un seul chêne : la France de la Vᵉ République. Parlons démocratie représentative, démocratie participative : nous sommes en Suisse. Parlons démocratie autoritaire : nous sommes chez nous. De ce constat peuvent découler deux hypothèses opposées, selon que l'on considère ce particularisme comme un atout précieux ou comme un mauvais présage. Affaire d'institutions, assurément, mais qui ne voit que ce centralisme, cette verticalité, ce présidentialisme viennent de loin ? Qui peut prédire que cela changera bientôt, voire jamais ? Et qui peut affirmer que, quelque part, nous n'y trouvions pas notre compte ?
3,90 €
Langues d'ici et d'ailleurs
Bouquins
Ce volume rend hommage à l'œuvre d'une déchiffreuse et d'une pédagogue hors pair dans la connaissance des langues universelles.

Ce volume rend hommage à l'œuvre d'une exploratrice passionnée et d'une pédagogue hors pair

de la connaissance des langues universelles.

Le premier ouvrage de ce triptyque offre un véritable voyage dans le temps et l'espace, commencé avec la rencontre, il y a plus de sept mille ans, des habitants de la " vieille Europe " et de populations venues de la mer Noire, porteuses de langues indo-européennes d'où sont nées la plupart de celles qui sont parlées dans l'ouest de notre continent. On y découvre, dans son étonnante pluralité, le paysage actuel de cette centaine de langues, qu'elles soient officielles ou plus marginales.

Le deuxième ouvrage évoque l'histoire peu commune du français et de l'anglais, deux langues voisines et néanmoins amies, qu'Henriette Walter nous fait revivre à la manière d'une aventure sentimentale au pays des mots. En s'appuyant sur une foule d'exemples, de jeux insolites et de piquantes anecdotes, elle montre que l'érudition n'est pas forcément ennuyeuse et que l'on peut apprendre tout en s'amusant.

Le dernier ouvrage est consacré aux relations entre l'arabe et le français, langues lointaines et distinctes par leurs origines, mais qui n'ont pourtant cessé de s'influencer depuis près d'un millénaire. C'est un peu la longue histoire des relations entre l'Orient et l'Occident que ce texte retrace en filigrane et par touches successives. Henriette Walter, en démontrant la vitalité de tels échanges, bouscule autant d'idées toutes faites qu'elle apporte d'utiles éclaircissements.
30,00 €