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Résultats de recherche pour 'M PLUS' (8367)

Les Anges sans visage
Points
Minuit : l’heure du crime. En plein réveillon, personne n’entend les hurlements de la famille Wood. Père, mère et enfants sont massacrés avec un pistolet d’abattage. Comme du bétail. Tous, sauf Bradley, quatre ans, disparu sans laisser de traces. Le détective Max Wolfe, père célibataire, se lance désespérément à sa recherche. Seule piste : trente ans plus tôt, un homme a éliminé un père et ses trois fils de la même façon. Mais l’« Exécuteur » est mourant…

Après Des garçons bien élevés, Tony Parsons nous offre une nouvelle enquête de Max Wolfe.

« Une intrigue aux multiples rebondissements qui file à travers les pages et étend ses tentacules dans les recoins les plus sombres. »

The Times

Traduit de l’anglais par Pierre Brévignon
7,50 €
Mon vieux
Points
Alain, scénariste à succès, déchante lorsque sa fille sort défigurée d’un accident de scooter. Il se ruine pour lui rendre un visage. Alors son propre père réapparaît… Atteint d’Alzheimer, il végète dans un hôpital et Alain doit payer les frais. Dans le même temps, la canicule s’abat sur Paris et décime les personnes les plus âgées. Des pensées criminelles germent dans l’esprit du scénariste acculé…

Thierry Jonquet (1954-2009) est un maître du roman noir. Il est notamment l’auteur de Rouge, c’est la vie, Ad vitam aeternam, Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte et Vampires, disponibles en Points.

« Comme toujours, on en sort ébloui par le talent de Jonquet et vaguement mal à l’aise tant est fidèle le miroir qu’il nous tend. »

Le Monde
9,30 €
Une enquête de l'inspecteur Chen Il était une fois l'inspecteur Chen
Points
De son enfance en pleine Révolution culturelle, Chen Cao garde en mémoire les dénonciations et les quolibets dont son père a été l'une des victimes humiliées. Quelques années plus tard, jeune policier, Chen se charge d'une affaire aux relents de corruption : l'assassinat d'un commerçant spolié puis réhabilité. Cette première enquête le ramène aux heures sombres de la Chine de Mao et réveille un douloureux passé. Poète de cœur et policier de métier, il dénoue cette énigme de main de maître et devient l'incorruptible inspecteur Chen. Qiu Xiaolong est né à Shanghai en 1953. Il s’est installé aux États-Unis après les événements de Tian’anmen. Toutes les enquêtes de l’inspecteur Chen sont disponibles en Points. « Le roman le plus émouvant de Qiu Xiaolong. » Les Échos Traduit de l’anglais (États-Unis) par Adélaïde Pralon
7,90 €
Mauvais Coûts
Points
Un regard acerbe sur le monde de l’entreprise et les relations humaines. Gaby Aspinall n’attend plus grand-chose de la vie. C’est un salaud. Acheteur dans une multinationale, à l’amoralité crasse, il y est comme un poisson dans l’eau. Il déteste, en vrac, les syndicats, Nespresso, Souchon, le rugby, ce sport de gros cons... Seuls les cinq à sept bâclés et les cuites au Get27 trouvent vaguement grâce à ses yeux. Alors si le passé s’invite dans sa petite vie bien réglée… « Une savoureuse tranche d'humour noir» L’Express Jacky Schwartzman est né à Besançon en 1972. Il a été libraire, barman et chef de rang dans divers restaurants. Il travaille désormais à Lyon dans une multinationale. Il a reçu le prix de la Page 111.
7,90 €
Une enquête du commissaire Fredrik Beier Les Adeptes
Points
Une mère et son fils qui disparaissent suite à une brouille familiale, rien de bien original pour le commissaire Beier. Sauf que la femme en question était adepte d’une secte d’extrême droite, dont plusieurs membres ont été massacrés dans une ferme de l’arrière-pays norvégien. Foulards à arabesques, appels anonymes : tout converge vers les islamistes. Mais les ficelles sont bien trop grosses. Beier va suivre une piste dont les racines remontent aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale…

Best-seller en Norvège, à la croisée de Millénium et de la série Borgen, Les Adeptes a paru dans 20 pays en 2016.

« Tout bonnement impressionnant ! »

Verdens Gang, Norvège

« La nouvelle étoile du noir. »

Il Corriere della Sera, Italie

Traduit du norvégien par Hélène Hervieu
10,20 €
Betty
Points
Quand j’ai rencontré Bettý, j’ai su que ma vie allait basculer. Elle était magnétique et fatale. J’aurais tout donné pour elle. J’ai même accepté de travailler pour son mari. Mais maintenant c’est moi qui suis derrière les barreaux. Aux yeux de tous, je suis coupable de meurtre. Parce que, si l’amour se joue à trois, il y en a toujours un de trop.

Arnaldur Indridason est le plus grand auteur de polars islandais contemporains. Il est le créateur du commissaire Erlendur. Tous ses romans sont disponibles en Points.

« Virtuose et pimenté, au moment où on s’y attend le moins (mais chut !), d’une incroyable surprise. »

Le Figaro

Traduit de l’islandais par Patrick Guelpa
7,90 €
Une enquête du commandant Avraham Avraham Les Doutes d'Avraham
Points
Le monde de Maly s’effrite. Traumatisée par un viol, elle est déstabilisée par le comportement étrange de son mari, Koby. Alors que la pluie noie Tel-Aviv, il découche, ne travaille plus, fuit ses questions. Que lui arrive-t-il ? Dans le même temps, l’inspecteur Avraham, promu à la tête de la section des homicides, dirige sa première enquête. Il reconnaît la victime, violée quelques années plus tôt. Un policier aurait quitté son domicile peu avant qu’elle y soit retrouvée étranglée…

Dror Mishani enseigne la littérature israélienne et l’histoire du roman policier à l’université de Tel-Aviv et collabore occasionnellement au quotidien Haaretz. La première enquête d’Avraham Avraham, Une disparition inquiétante, a reçu le prix du Meilleur Polar des lecteurs de Points.

« Ce qui intéresse Dror Mishani, ce sont les gens. Leur vie, leurs émotions, leurs ambitions petites ou grandes, leur regard sur les autres, leurs semblables si dissemblables. »

Le Point

Traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz
8,95 €
Une enquête de Claire DeWitt La Ville des brumes
Points
« Suivez les indices. Ne croyez rien. Doutez de tout. »

Quand Paul Casablancas, l’ex-petit ami musicien de Claire, est retrouvé mort dans sa maison de San Francisco, la police est convaincue qu’il s’agit d’un simple cambriolage. Mais Claire sait que rien n’est jamais simple. Avec l’aide de son nouvel assistant, elle suit les indices, trouvant notamment un nouvel éclairage sur le destin de sa sœur de sang Tracy, évaporée dans le métro de New York dans les années 1980. Alors que les visions du passé lèvent le voile sur les secrets du présent, Claire commence à saisir les mots de l’énigmatique Jacques Silette : « Le détective ne saura pas de quoi il est capable avant de se heurter à un mystère qui lui transperce le cœur. »

Ex-libraire de Brooklyn, Sara Gran vit à Los Angeles. Elle est l’auteur de Viens plus près, Dope et La Ville des morts, disponibles en Points.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire Breton
7,80 €
Sur les hauteurs du mont Crève-Cœur
Points
Qui Kelli a-t-elle retrouvé sur le mont Crève-Cœur, ce jour fatal de 1962 ? Trente ans après, personne n’a compris. Pas même moi. Car il n’y en avait pas deux comme elle : fervente avocate de la cause des Noirs, belle et passionnée. Son souvenir hante notre petite communauté blanche et conservatrice, ici à Choctaw, Alabama. Je dois parler. Je dois raconter ce rêve d’amour devenu cauchemar qui a distillé le poison.

Thomas H. Cook est salué comme l’un des plus grands auteurs de polars américains.

« Un très grand roman qui déroule sa spirale infernale au cœur de l'âme humaine. Magnifique ! »

Le Télégramme

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc
7,50 €
L'Affaire Léon Sadorski
Points
Depuis que les nazis occupent Paris, l’inspecteur Léon Sadorski coffre les Juifs pour les expédier à Drancy tout en empochant des pots-de-vin. La Gestapo l’arrête et le transfère à Berlin pour une série d’interrogatoires dignes de Kafka. Le but des Allemands en le terrorisant : en faire leur agent et lui confier une mission « spéciale ». Mais à son retour en France, quand une jeune femme est assassinée et que la police SS confisque l’enquête, Sadorski décide de faire justice lui-même, en dépit de tous les dangers…

« C'est bien plus qu'une enquête policière pendant l'Occupation. C'est un vrai roman historique, puissant, passionnant, ultra-documenté. »

Bernard Poirette, « C’est à lire », RTL

Premier volet de la série Sadorski
9,90 €
L'Empoisonneuse d'Istanbul
Points
Istanbul : destination de vacances idéale pour le commissaire Charitos et sa chère épouse Adriani. Mais le séjour est bientôt troublé par Maria, une nonagénaire qui aurait empoisonné son frère en Grèce avant de filer à Istanbul. Afin d'éviter l'incident diplomatique, Charitos est chargé d'enquêter aux côtés d'un jeune collègue turc : méfiance ancestrale au programme. Multiplication de cadavres, indices minces. La vieille Maria se déplace comme un fantôme et a toujours une longueur d'avance sur la police… Petros Markaris est né en 1937 à Istanbul d'un père grec et d'une mère arménienne. Romancier, dramaturge, traducteur et scénariste, il se fait la voix de la Grèce d'aujourd'hui. « Un des livres les plus réussis de Petros Markaris. » Libération
8,95 €
Le Lagon noir
Points
Il est des disparitions qui hantent un homme, des enquêtes qui forgent un policier. Le lagon bleu était un petit paradis avant qu’on y trouve un cadavre. Un ingénieur de la base américaine qui serait tombé d’un avion. Dans l’atmosphère de la guerre froide, la police s’intéresse à de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l’Islande. En parallèle, l’inspecteur Erlendur enquête sur une jeune fille disparue sur le chemin de l’école quarante ans plus tôt, à l’époque où la modernité arrivait clandestinement en Islande, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine… Traduit de l’islandais par Éric Boury
8,95 €
Des petits os si propres
Points
Il fait bon vivre à Cheviot Hills, quartier huppé de Los Angeles. Quand, en une semaine, deux squelettes de bébés sont déterrés de leurs paisibles jardins, la coïncidence semble impossible. Pourtant les premiers ossements ont soixante ans et les seconds, bien plus récents, ont été méticuleusement polis... Le mystère s'épaissit lorsqu'une jeune nourrice est assassinée. Milo Sturgis et Alex Delaware remontent les pistes : crime passionnel, drame familial ou rituels macabres ? « La violence affecte les victimes les plus innocentes. » The Washington Post Traduit de l'anglais (États-Unis) par Frédéric Grellier
8,30 €
L'Innocence pervertie
Points
Angelica, 18 ans, était la plus jolie fille d'Atlanta. Maintenant, elle gît dans un terrain vague et Frank Clemons, inspecteur alcoolique et divorcé, pense en voyant son corps à celui de sa propre fille, suicidée trois ans plut tôt. Cette enquête sera sa rédemption. Mais très vite, les questions surgissent : de quoi Angelica est-elle morte ? De qui était-elle enceinte ? Que cherchait-elle dans les galeries d'art un peu louches de la ville ? Et pour Frank, le mystère Angelica devient une obsession…
7,40 €
L'Archange du chaos
Points
Une des plus talentueuses voix féminines du polar français Dans la cave d'un chantier désert, pas d'empreintes, ni d'ADN. Seul un corps en décomposition, disposé selon un étrange schéma. La victime a été torturée puis soignée. Incompréhensible pour le commandant Carat et le lieutenant Kehlmann. Y a-t-il un lien entre cet étrange rituel et l'ordalie, un jugement de Dieu pratiqué au Moyen Age ? La justice des hommes rattrapera-t-elle la justice « divine » ? « Tout chez Dominique Sylvain est savamment dosé, autant le gore que l'humain ou le psychologique. Épatant ! » Marie-France
7,80 €
Evangile pour un gueux
Points
Entrailles de Paris, camps de fortune, bouches de métro fumantes. L'hiver est mortel pour les miséreux. À la veille de Noël, dix clochards se barricadent dans Notre-Dame. Mouss, leader proclamé par la presse « messie des gueux », revendique leur droit au logement et déchaîne les médias. Des mois plus tard, le corps de Mouss est repêché dans la Seine, pieds et mains percés. Une blessure sur le flanc. Qui a été son Judas ? Nouvelle plongée dans les bas-fonds de Paris pour le père Kern et la juge Claire Kauffmann « Alexis Ragougneau nous donne ici son meilleur en réinventant la Cour des miracles. » Le Point
7,70 €
Dodgers
Points
À quinze ans, East est déjà un petit caïd : devant la taule où on vend et consomme de la dope, il est le chef de l'équipe de guet. Le jour où les flics débarquent, c'en est fini de son job. Pour conserver sa place dans le gang, East doit se racheter. Quitter L.A., récupérer des armes et éliminer un juge à l'autre bout du pays, là où il neige. Le tout dans un monospace pourri et avec une équipe de bras cassés. Une équipée sauvage… « Un des plus grands polars littéraires que vous lirez jamais. » Donald Ray Pollock « Équipée (presque) sauvage à travers les États-Unis. Aussi réaliste qu'imagé, un premier roman bien trempé. » L'Express Traduit de l'anglais (États-Unis) par Samuel Todd
7,80 €
Suburra
Points
Samouraï n'est pas un mafieux comme les autres. Sans passions et sans vices, ce monstre froid n'a qu'une obsession : bétonner le littoral romain pour son plus grand profit. Pas facile avec tous ces Napolitains, Gitans et Calabrais qui s'entre-tuent. D'autant que le carabinier Malatesta a compris ce qui se trame derrière ce foutoir de politiciens corrompus, d'évêques défroqués et de journalistes véreux… Carlo Bonini est journaliste d'investigation à La Repubblica, et grand connaisseur des dessous politiques et policiers italiens. Giancarlo De Cataldo, juge au tribunal de Rome, est notamment l'auteur de Romanzo Criminale, La Saison des massacres et Je suis le Libanais. « De Cataldo et Bonini excellent dans les dialogues, brossent des portraits denses et formidablement vivants. Et démythifient la mafia. » Télérama Traduit de l'italien par Serge Quadruppani
10,20 €
Islander - Tome 01
Glénat BD
Futur proche

Le continent européen est victime de catastrophes multiples, des réfugiés de tous les pays s'amassent au port du Havre, lieu de transit vers un hypothétique salut. L'Islande est encore épargnée, mais pour combien de temps ? Liam, qui a déjà tout perdu, va tenter sa chance en subtilisant le pass d'une migrante, sans savoir que l'Islande aussi se déchire à leur sujet. Ballotté dans le chaos du monde, Liam découvrira qu'il a pris la place d'une femme impliquée dans un mystérieux projet, "Islander" ; sa rédemption, si Liam et ses nouveaux compagnons parviennent à survivre.

Après *Sangoma,*le duo explosif formé par Caryl Férey et Corentin Rouge est de retour avec une trilogie sous haute tension. Un récit d’anticipation plus réaliste que jamais, qui nous emporte vers des terres gelées où espoir, conscience politique et drames intimes se côtoient. Les auteurs inversent l’ordre du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui dans un premier tome aussi haletant que prémonitoire.
26,00 €
Madeleine, résistante - Tome 4 - L'ange exterminateur
Dupuis
24 août 1944. Madeleine – alias Rainer – et ses camarades FFI de la Saint-Just sont brutalement tirés de leur sommeil par un milicien lâchement embusqué sur les toits parisiens. Une fillette innocente tombe sous ses balles. Folle de rage, Madeleine se lance alors elle-même sur les toits pour rendre justice… Elle reçoit ensuite une mission inattendue : éliminer un traître dont la réputation de résistant est pourtant intacte au sein des FFI. Une mission d'« ange exterminateur » si délicate que Madeleine Riffaud, disparue en 2024, gardera jusqu'au bout le secret de l'identité du traître, même face à Jean-David Morvan et Dominique Bertail. Avec *Madeleine, résistante* tome 4, vivez la libération de Paris à hauteur de combattante, puis les douloureux constats qui en découlèrent.

La disparition de Madeleine Riffaud, en 2024, rend encore plus précieux ses souvenirs de témoin privilégié du XXe siècle. Mission que relèvent avec force et inspiration Bertail et Morvan !
25,00 €
Biguden Folklor
Paquet
Une nuit, en Bretagne sud... Le Wig-a-wag glaçant du charriot de triste augure rompt le silence... Quand le temps est venu, la mort ne connaît ni détour, ni retard... Lankou fauche toujours à l'heure ! Heu... Enfin, presque toujours, ça dépend si le cheval qui tire la carriole veut bien faire ce qu'on lui dit... Car cette fois, il semblerait que l'affaire s'annonce plus compliquée que simplement aller ramasser une âmer perdue... Un autre spectre s'est invité, et c'est pas une bonne nouvelle !
12,90 €
Ulysse & Cyrano
Casterman
Ulysse Ducerf va passer le bac. Les maths ne le passionnent guère, mais impossible de se défiler quand on est promis à un brillant avenir : l'École polytechnique puis la reprise, un jour, des cimenteries familiales. Telle est la volonté du père d'Ulysse, mais ce dernier est rattrapé par de graves accusations : 10 ans plus tôt, son entreprise aurait participé à l'effort de guerre allemand. La famille s'installe en Bourgogne, où Ulysse fait la connaissance d'un homme bourru et secret. Le choc est immédiat : Cyrano et la grande cuisine vont bouleverser à jamais la vie d'Ulysse... Ce récit culinaire dans la France des Trente Glorieuses mettra en appétit ses lecteurs tout en posant des questions aussi nécessaires qu'universelles : qu'est-ce que le plaisir ? Où se trouve l'épanouissement... et comment l'atteindre ?
34,90 €
Le Duel
Soleil
Strasbourg, 19ème siècle. Deux lieutenants de l'armée de Napoléon 1er s'opposent dans un duel qui sera le premier d'une longue série. À chaque rencontre, lors de campagnes militaires, les deux hommes s'opposeront sans raison apparente...

À Strasbourg, en 1800, alors que Bonaparte est sur le point de s'engager dans la seconde campagne d'Italie, les troupes du général Treillard chassent l'ennui en se battant en duel. Après une vive altercation entre Armand d'Hubert et Gabriel Féraud, une lutte de dix années va mettre aux prises deux des plus valeureux soldats. Les deux hommes chercheront à venger leur honneur bafoué.
16,50 €
Léonarde - vol. 03
Drakoo
Les épidémies de malchance, ça n'existe pas... les créatures magiques susceptibles, si !

À Ptiorupt, chacun s'accorde à dire que Curienne, la nouvelle gouvernante, est exceptionnelle. Depuis son arrivée, tout le monde vit dans le luxe ! Mais le repos est de courte durée : le prince Pippin semble victime d'un sortilège de malchance qui se transmet peu à peu aux habitants du château... alors que des émissaires sont attendus d'un jour à l'autre ! Face à cette nouvelle menace, Léonarde et ses amis vont devoir enquêter et faire preuve d'une vigilance sans faille. D'autant plus que le danger ne se terre pas toujours où l'on s'y attend...
16,90 €
Yoko Tsuno - Tome 32 - L’intelligence intemporelle
Dupuis
Alors qu'Émilia est partie avec son père observer le déplacement des icebergs en Arctique, Yoko reçoit la visite de Khâny qui lui explique qu'un vaisseau fantôme revient tous moteurs coupés vers la Terre et qu'elle aimerait avoir l'assistance de son amie pour l'explorer et... neutraliser d'éventuels ennemis ! Car la navette en perdition porte sur son dos un engin pour le moins inquiétant : un désintégrateur géant qui peut éliminer les astéroïdes... ou avoir une mission bien plus inquiétante.
12,95 €
Le Réseau Papillon - Tome 12 Victoire !
Jungle
Mars 1945 – François, qui a repris la boucherie de son père et commence une relation avec Giselle, croise Gaston. Ce dernier doit monter à Paris pour traquer Bernard Jardin, un gestapiste. Inquiet, François décide de le suivre. L'occasion aussi de revoir Élise, qui a entamé des études de droit à la capitale. Mais les retrouvailles ne se passent pas comme prévu et Gaston est plus que jamais décidé à continuer sa traque, quitte à se mettre en danger. De son côté, Edmond n'a jamais été aussi près de retrouver sa famille déportée...

La victoire est proche, mais la guerre ne s'arrête pas à une date...
13,50 €
Transformers Tome 5
Urban comics
La guerre qui oppose Decepticons et Autobots fait rage. Au milieu des tôles froissées et des fracas de métal, Optimus Prime et les siens perdent du terrain. Pour protéger leur planète d’adoption, ces derniers n’ont d’autre choix que de s’associer à des alliés des plus surprenants. Mais cette alliance suffira-t-elle pour leur assurer la victoire ?
18,50 €
Rook Exodus Tome 1
Urban comics
Au 24e siècle, Rook est un homme piégé sur une planète artificielle qui a sombré dans le chaos. Sa population animale, autrefois contrôlée par les autorités, est désormais régulée par des hors-la-loi. Les plus riches se sont échappés tandis que les autres doivent chercher un moyen de fuir. Mais Rook s'interroge : Ce monde vaut-il la peine qu'on se batte pour lui ?
25,00 €
L'Homme qui rit - Quatrevingt-treize et autres romans
Gallimard
Deux volumes de romans de Hugo figurent déjà au catalogue de la Pléiade : Les Misérables depuis 1951, aujourd'hui disponible dans une nouvelle édition (2018), et depuis 1975 un volume réunissant Notre-Dame de Paris (la fatalité des dogmes) et Les Travailleurs de la mer (la fatalité des choses). Le présent ouvrage vient compléter ce pan de l'oeuvre de Hugo en rassemblant ses romans les plus politiques : les deux versions (1820 et 1826) de Bug-Jargal, le récit que le très jeune écrivain a consacré à la question de l'esclavage ; Le Dernier Jour d'un condamné (1829) et Claude Gueux (1834), deux variations sur le thème de la peine de mort ; et les deux romans majeurs, L'Homme qui rit (1869) et Quatrevingt-treize (1874), qui s'inscrivent dans un projet de triptyque - "Espérance / Liberté / Progrès" - évoqué dans la Préface de L'Homme qui rit : "Le vrai titre de ce livre serait L'Aristocratie. Un autre livre, qui suivra, pourra être intitulé La Monarchie. Et ces deux livres [...] en précéderont et en amèneront un autre qui sera intitulé : Quatre-vingt-treize." Comme on le sait, La Monarchie ne sera jamais écrit. Mais "l'immensité de cette minute épouvantable, 93" conduira Hugo à achever sa trajectoire romanesque avec un chef-d'oeuvre, Quatrevingt-treize, où sont célébrés "les idéaux d'une démocratie révolutionnaire qui indique la voie de l'avenir" (Umberto Eco). Tous ces romans peuvent être lus comme des aventures de la pensée. On y a joint, sous le titre Interventions, différentes réflexions et prises de parole de Hugo sur la peine de mort, la misère, le droit et la loi, l'exil.
76,00 €
L'Amant et autres écrits
Gallimard
Indochine, fin des années 1920. Une mère lutte contre l'océan qui rend incultivable sa concession. Sa fille est courtisée par un homme riche, mais l'affaire n'aboutit pas. Son fils cède à la violence. En 1950, Un barrage contre le Pacifique est l'un des premiers sommets de l'oeuvre de Marguerite Duras. Bien que le roman soit autobiographique, l'histoire intime de la jeune fille, rebaptisée Suzanne, y est comme tenue à distance. Le temps n'est pas encore venu. L'Éden Cinéma de 1977, pièce "à lire autant qu'à entendre", est la réécriture du roman pour la scène. Le Barrage était l'histoire d'un héroïsme ; Duras tient sa pièce pour l'histoire d'une femme "comme les autres". Un premier verrou a sauté ; la relation entre la jeune fille et le "petit frère" se fait plus explicite, au point que le metteur en scène Claude Régy voit dans l'inceste un motif essentiel de l'ouvrage. Quoi qu'il en soit, il existe à présent un "cycle indochinois" dans l'oeuvre de Duras. Le livre qui en sera la clé de voûte paraît en 1984 et obtient le prix Goncourt. Tout va changer pour Marguerite. Et dans L'Amant tout a déjà changé. Le ton, le style ni la narration ne sont plus ceux du Barrage. La célèbre "écriture courante" durassienne est à l'oeuvre. Les images mentales se mêlent à la description de photos absentes : un album photographique sans photographies, dira Sylvie Loignon. Et le récit de l'éveil des sens. Duras a gagné sa "bataille avec le silence", elle dit ce qu'elle avait tu jusqu'alors, "la défloration de l'enfant blanche" par l'amant chinois : déshonneur, transgression, scandale. Le cinéma s'en mêle. Elle veut écrire l'adaptation, mais son scénario est mis de côté. On connaît la suite. L'Amant de la Chine du Nord est en 1991 le livre né du projet de film lui-même né du livre qui a porté à son point d'ébullition l'histoire racontée dans un premier livre puis sur scène. Les éléments constitutifs du cycle indochinois restent en place, mais ils portent, profondément gravée, la marque du film qui n'a pas eu lieu et à quoi Duras songe encore, au conditionnel ("en cas de film..."). "C'est un livre. / C'est un film." Le texte tire de cette hybridité une force unique. Essentiels dans l'oeuvre de Marguerite Duras, ces quatre livres, enrichis de documents qui en éclairent la conception, l'écriture et la réception, se trouvent réunis dans ce Tirage spécial, qui comporte en outre - hors texte - les photos "absentes".
64,00 €
Alice / La Chasse au Snark
Gallimard
Alice a eu trois vies sous la plume de Lewis Carroll. Ses premières aventures sont souterraines, confiées par l'auteur à un manuscrit (enluminé par lui-même) qu'il adressera en cadeau de Noël à l'"enfant-chérie", Alice Liddell, en 1864. Un an plus tard, curieuse et réfléchie, gourmande de gâteaux et de conversations, Alice affirme au grand jour un scepticisme tempéré dans le récit d'un rêve cruel de rencontres merveilleuses où elle ne cesse de changer désespérément de taille. Triomphante, enfin, en 1871, elle traverse un miroir enchanté pour s'assurer sur un échiquier de fantaisie un trône de Reine. John Tenniel a donné aux membres de ces cours loufoques des traits inoubliables. Carroll, de son côté, après s'être amusé avec Alice à écouter des leçons de morale absurdes et des poèmes farfelus, s'est lancé seul, en 1876, à bord d'une nef des fous victorienne où l'on s'exprime en vers rimés, dans une chasse au Snark - créature indéfinissable, fabuleuse et fatale, que l'on poursuit, un dé à coudre au doigt et l'espoir au coeur. Ph. J. Les illustrations des éditions originales sont intégralement reproduites. Le manuscrit calligraphié et illustré par Carroll d'Alice sous terre est proposé en fac-similé et accompagné de sa traduction française. Le dossier iconographique rassemble des images réinventant, édition après édition, les scènes et personnages des aventures d'Alice.
64,00 €
Dracula et autres écrits vampiriques
Gallimard
Au cours de l'été 1816 à la villa Diodati, au bord du Léman, Mary Shelley n'est pas la seule à engendrer une créature de papier monstrueuse. Le médecin de Lord Byron, Polidori, qui participe également au concours d'histoires macabres organisé par son employeur, fait entrer le vampire en littérature. Le Vampire est un texte fondateur qui apporte l'impulsion décisive permettant au genre gothique de donner naissance à l'une de ses modalités les plus spectaculaires : la littérature vampirique. Avant Polidori, le vampire était un vuIgaire revenant cantonné à la tradition folklorique et aux récits légendaires. En faisant de lui un personnage éminemment byronien - aristocratique, désenchanté, séduisant ténébreux -, il invente une figure canonique qui continue d'essaimer aujourd'hui. Depuis le début du XIXᵉ siècle, la littérature britannique palpitait au rythme de pulsions sanguinaires. Avec la relation ambiguë mais cruellement prédatrice qui unit la très destructrice Géraldine à l'héroïne éponyme de Christabel (1797 et 1800), Coleridge a préparé les sensibilités à une mise en discours explicite de la morsure infligée par un revenant. Robert Southey, dans un épisode de Thalaba (1801), puis Byron, à la faveur d'un passage du Giaour (1813), ont l'un et l'autre franchi un pas symbolique crucial en utilisant non seulement le concept mais le terme de "vampire". Christabel fait l'ouverture de ce volume, où l'on trouvera en appendice des extraits des deux poèmes séminaux de Southey et Byron. Un autre jalon est posé par Sheridan Le Fanu et Carmilla (1872). Ouvertement saphique, cette nouvelle met en scène un vampire femelle qui envoûte sa proie. La séduction est, littéralement, effrayante, et la prédation létale fait écho aux pulsions sexuelles refoulées de la victime. Un autre écrivain irlandais, Bram Stoker, saura s'en souvenir vingt-cinq ans plus tard. On ne présente plus sa création, le comte Dracula, ce grand saigneur. Reste que les adaptations cinématographiques se sont par trop éloignées de l'oeuvre originelle, et qu'il est bon de revenir au texte de Stoker pour saisir tout ce que son roman a de subversif. Dans Dracula (1897), projection des ténèbres de notre propre nature, la vie et la mort tissent un entrelacs lugubre, et la répulsion et le désir s'entremêlent. Quelques mois plus tard, Florence Marryat publie Le Sang du vampire et propose une variante féminine et insolite du mythe. Née sous le coup d'une malédiction héréditaire, Harriet Brandt, métisse originaire des AntiIles, est douée d'une propension fatale à faire du mal à ceux dont elle s'entiche, et c'est avec gourmandise qu'elle apprécie ses semblables. Autour d'elle, les êtres qui succombent à son charme exotique finissent par succomber tout court, tant ses cajoleries ou ses étreintes épuisent leur vitalité et se révèlent mortelles. Par un glissement sémantique, la jeune fille innocente en mal d'affection vampirise ses proches, et pour ce faire n'a même pas besoin de faire couler le sang.
69,00 €
Manifestes du surréalisme
Gallimard
Défini par André Breton comme "un certain automatisme psychique qui correspond assez bien à l'état de rêve, état qu'il est aujourd'hui fort difficile de limiter", le surréalisme aurait aujourd'hui cent ans. À la vérité, il peut passer pour beaucoup plus vieux. Il a en effet sa généalogie, dans laquelle Breton enrôle les plus illustres et les plus inattendus des esprits d'autrefois, "à commencer par Dante et, dans ses meilleurs jours, Shakespeare", sans oublier Sade, Chateaubriand, Hugo et d'autres : l'histoire du surréalisme se confond avec celle de l'esprit dans ce qu'il eut toujours de meilleur, de plus inventif et de plus ambitieux. Mais il est aussi plus jeune : Breton ne veut pas se détourner du présent, et il entend façonner le futur. Textes de combat, les Manifestes constituent pour lui l'oeuvre d'une vie, une sorte de work in progress, tentative à jamais inachevable de définir et de redéfinir le surréalisme dont il avait, avec d'autres, inventé la formule et initié le mouvement. L'édition la plus complète des Manifestes paraît en 1962. Toutes ses composantes ont été reprises dans ce "Tirage spécial", et l'on y a joint quelques-uns des écrits qui les éclairent et les prolongent. Ainsi construit, l'ensemble fait apparaître à la fois la formidable cohérence et l'extraordinaire mobilité de la pensée de Breton, la perpétuelle diversité des objets qu'elle se donne et le caractère constant des convictions qu'elle exprime.
72,00 €
Œuvres complètes
Gallimard
En 1931, c'est avec les oeuvres de Baudelaire - choix alors peu conformiste - que Jacques Schiffrin inaugure la Bibliothèque de la Pléiade. Édition après édition, la collection ne cessera d'accompagner le poète et de contribuer à l'évolution du regard porté sur son oeuvre. Les volumes qui paraissent aujourd'hui constituent à cet égard un tournant décisif. On dit de Baudelaire qu'il est, pour la poésie en vers, l'homme d'un recueil unique. Il serait au moins aussi significatif de souligner que Les Fleurs du Mal sont l'oeuvre d'une vie, prépubliée à partir de 1845, publiée et condamnée en 1857, reprise et augmentée en 1861, prolongée jusqu'à la fin, ou presque. Or l'édition de 1857, qui n'est pas le fruit des circonstances, mais celui de la volonté de Baudelaire, n'est pas accessible à un large public. Dans le même ordre d'idées, on néglige de rééditer pour lui-même le recueil des Épaves de 1866, préférant l'annexer aux Fleurs du Mal de 1861 au motif qu'il procure les six pièces condamnées. La présentation habituelle du Spleen de Paris ne se distingue en rien de celle des livres publiés par Baudelaire, bien que ce recueil de cinquante "Petits poèmes en prose" n'ait jamais paru de son vivant et pose plusieurs des problèmes inhérents aux ouvrages posthumes. Bien des textes moins célèbres sont fréquemment regroupés au sein de recueils factices qui les coupent du contexte de leur rédaction. Les nouvelles Œuvres complètes de Baudelaire rompent avec ces usages. Pour la première fois, l'oeuvre n'est plus partagée entre poésie et critique. Le sommaire est désormais chronologique. Des Fleurs du Mal on propose les deux éditions, 1857 et 1861, dans leur intégralité. Elles sont précédées de toutes les prépublications de poèmes dans la presse, parfois réunies par Baudelaire en de petits recueils transitoires, tel Les Limbes en 1851. Les Épaves retrouvent leur autonomie et leur date. L'édition du Spleen de Paris ne dissimule plus la diversité des origines des poèmes en prose qui s'y trouvent rassemblés et fait entrer le lecteur dans l'atelier du poète : quand deux versions sensiblement différentes existent pour un même texte, toutes deux sont publiées. À leurs dates respectives, les différents Salons dialoguent avec les autres écrits. Les poèmes envoyés à Théophile Gautier dans l'espoir (en partie déçu) qu'il les publie en revue retrouvent leurs liasses originelles. Les féroces manuscrits "belges", enfin, font l'objet d'un nouvel établissement du texte et d'une présentation plus conforme à leur matérialité. L'oeuvre, en somme - "l'oeuvre qui a déterminé les voies de la poésie future"

(A. Compagnon) -, s'écrit et se déploie sous les yeux du lecteur.
82,00 €
Œuvres complètes
Gallimard
Faire d'une « œuvre petite et fermée comme un poing » (Pierre Michon dixit) quelque chose qui ressemble à un livre : délicate entreprise. Car il faut aussi que le livre ressemble à l'œuvre et ne tire pas sa forme de vieilles routines. Rimbaud a fait imprimer Une saison en enfer et à peu près rien d'autre. L'invention éditoriale est donc permise. Subdivisions, périodisations, classifications et déclassements ont parfois fait de l'éditeur un biographe déguisé ou un commissaire-priseur. Or, s'il s'est lui-même essayé à des regroupements, Rimbaud n'a jamais fini le travail. L'achever pour lui – distribuer ses œuvres dans des cases entérinées par l'usage ou imaginées pour l'occasion –, c'est plaquer des catégories posthumes sur une énigme vivante.

Sous l'intitulé Œuvres et lettres – mais À la recherche d'une voix aurait été un titre acceptable –, cette édition présente l'œuvre (en prose et en vers) dans sa continuité (et ses ruptures), selon une chronologie avérée ou conjecturale. De chaque poème on offre, successivement, les différentes versions connues, y compris celles que Rimbaud a insérées dans ses lettres. La typographie varie selon qu'on donne à lire un manuscrit autographe ou une copie, voire une publication non autorisée par l'auteur. Puis viennent les lettres écrites par Rimbaud entre 1870 et 1875 (dont les lettres du « voyant », bien sûr), avec à nouveau, le cas échéant, les poèmes qui y sont inclus et qui peuvent donc être lus, cette fois, dans leur contexte.

Tout ce qui suit est hors d'œuvre. Sous l'intitulé Vie et documents paraît la « Chronologie », qui est habituellement placée en tête des volumes de la Pléiade. On y glisse, à leur date, les lettres écrites par Rimbaud de 1878 (« J'arrive ce matin à Gênes... ») à sa mort. On propose en outre un choix de documents ; ils ne dissipent pas le mystère, tout au plus en dessinent-ils les contours. Mais qu'y a-t-il de plus énigmatique chez Rimbaud ? Son silence ? ou bien plutôt sa voix ?
64,50 €
Romans
Gallimard
Ce volume propose la "trilogie du travail" formée par En un combat douteux (1936), Des souris et des hommes (1937) et Les Raisins de la colère (1939), ainsi qu'À l'est d'Éden (1952), roman de la maturité.

Le fil conducteur des trois premiers livres, c'est la réaction de l'individu à la pression du groupe. En un combat douteux, qui prône l'action collective, revêt une dimension épique. Des souris et des hommes traduit, par la simplicité de son intrigue et ses ressorts dramatiques, la dimension tragique d'une humanité abandonnée à la fragilité de ses rêves. Les Raisins de la colère, grand roman de la route, entremêle le destin de la famille Joad et des chapitres "collectifs" qui élargissent la perspective à l'ensemble du "peuple". À l'est d'Éden enfin donne corps à l'imaginaire familial de Steinbeck et illustre la faculté de l'homme à choisir son destin. S'y mêlent souvenirs intimes et éléments allégoriques et historiques ; le bien et le mal s'y livrent une lutte placée sous le signe de Caïn.

En s'inspirant de thèmes et de figures bibliques, Steinbeck participe à l'écriture du mythe américain, y compris dans ses aspects les plus désespérés. Marqués au fer rouge par la Grande Dépression, ses personnages, laissés-pour-compte du rêve américain, sont des victimes de la modernité en marche. Dans des dialogues d'une grande virtuosité, le romancier fait entendre la crudité de leur langue (ce qui choqua ses contemporains) et leur confère une présence véritablement poétique. Quant aux analyses écologiques, économiques et sociales qui sous-tendent ses livres, elles demeurent troublantes d'actualité.
72,00 €
Peter Pan
Gallimard
Les mythes ne sont la propriété de personne. Tout le monde connaît Peter Pan, mais rares sont les lecteurs qui, aujourd'hui, se souviennent du nom de son créateur, J. M. Barrie. Le personnage apparaît au sein d'une sorte de conte pour enfants inséré au coeur d'un roman pour adultes, Le Petit Oiseau blanc (1902). Dès 1904, Peter fait ses débuts sur les planches, en compagnie de la fée Clochette, du capitaine Crochet et des autres figures d'un pays imaginaire, le Neverland. La pièce s'intitule Peter Pan ou le Petit Garçon qui ne voulait pas grandir. Deux ans plus tard, les chapitres du roman de 1902 où figure ce jeune héros sont repris sous le titre Peter Pan dans les jardins de Kensington en un volume orné de planches d'Arthur Rackham. En 1911, un nouveau roman, Peter et Wendy, réorganise et complète l'histoire portée à la scène et restée inédite. Barrie ne publia qu'en 1928 sa pièce, dont il a retouché le texte pendant plus de vingt ans. Toujours jouée avec succès sur les scènes anglophones, elle restait jusqu'ici confidentielle en français. Ce volume présente dans des traductions nouvelles les textes participant du mythe de Peter Pan - dont certains étaient restés inédits du vivant de l'auteur - et les accompagne d'importants dossiers iconographiques.
67,00 €
Œuvres complètes I, II
Gallimard
Verlaine a modifié notre rapport à la littérature. La fluidité de ses vers, faits d'"un métal vierge et neuf" (Mallarmé), a renouvelé la poésie. Ce qu'il nous dit du réel passe par la suggestion, la sensation, l'impression. "Parfois peut-être, lui écrivait Banville, vous côtoyez de si près le rivage de la poésie que vous risquez de tomber dans la musique." L'"Art poétique" de 1874 allait devenir le credo des symbolistes et de toute une école pour qui la nuance et, en effet, la musique répondaient à une nouvelle sensibilité. À l'origine de ce renouvellement, Verlaine, créateur de rythmes neufs et précurseur d'une prosodie assouplie, a traversé toutes les étapes de la modernité. D'expérimentation en expérimentation, il fut l'un des principaux acteurs de la vie littéraire de son temps. Non l'un des mieux reconnus. Il s'est fait l'interprète de la malédiction poétique (Les Poètes maudits, 1884, 1888), ce qui lui a permis de révéler, mettre en lumière ou sauver de l'oubli des poètes tels que Corbière, Mallarmé ou Rimbaud. Mais de cette malédiction il fut lui-même la victime : "Ce Maudit-ci aura bien eu la destinée la plus mélancolique..." ("Pauvre Lelian", 1886). L'image du "clochard céleste" a recouvert en partie celle de l'innovateur, tandis que la poétique de la "chanson grise" reléguait dans l'ombre un vaste pan de l'oeuvre, vers et prose. Verlaine a pourtant été un prosateur sensible, un critique aiguisé, un maître du croquis et un novateur encore dans l'écriture de soi, via des livres et des textes dans lesquels il se soucie peu de garder ses distances - et cela aussi serait retenu contre lui. L'usage a longtemps été de séparer ses volumes de vers de ses ouvrages de prose. Il reposait sur l'idée que la prose d'un poète a moins de valeur que ses poèmes, et revenait à présenter comme secondaires des textes qui illustrent la nature même de l'oeuvre, conçue dès l'origine en fonction des "parallélismes" qu'elle entendait développer. De cette oeuvre la présente édition suit l'évolution dans une perspective chronologique, sans a priori de genre ou de valeur, en plaçant côte à côte des textes que la tradition éditoriale maintenait séparés, quand elle ne les ignorait pas. Lire les Poèmes saturniens (1866) à la lumière de l'article de 1865 sur Baudelaire, c'est en quelque sorte les redécouvrir. Considérer l'évolution des poétiques de Verlaine sous l'éclairage des conférences sur la poésie contemporaine données en 1892 et 1893, c'est restaurer la cohérence de son parcours et lui rendre la place qui lui revient dans l'histoire littéraire. Verlaine a ouvert et suivi des voies diverses. "Mais le bonhomme, le monsieur, est toujours le même au fond."
148,00 €
Romans
Gallimard
Ce volume propose, dans des traductions révisées, les romans publiés par Roth entre 1993 et 2007, à l'exception des trois composantes de la "Trilogie américaine", qui seront réunies dans le quatrième volume de la série. Dans Opération Shylock (1993), Roth cesse de se costumer en écrivain de fiction (Kepesh ou Zuckerman) : il se déguise en Philip Roth. Le roman est sous-titré "Une confession", mais qui, chez Roth, est en mesure de juger de la véracité d'un récit ? Deux ans plus tard, Le Théâtre de Sabbath dresse le portrait d'un Caliban superlatif, Mickey Sabbath, qui tient trois rôles : Artiste, Juif, Américain. Roth fait jouer les allégories classiques d'Éros et de Thanatos avec une liberté qui ne se satisfait que de l'excès. Il complète le tableau de la condition juive américaine après 1945 dans Le Complot contre l'Amérique (2004), une uchronie (à l'élection présidentielle de 1940, Charles Lindbergh bat le président Roosevelt) dans laquelle la famille Roth est confrontée à une menace de persécution qui rappelle au lecteur celle qu'ont subie les Juifs allemands des années 1930. Retour à Nathan Zuckerman, enfin, dans Exit le fantôme (2007). Roth prend congé de celui qui fut à la fois son double et le héros ou le narrateur de neuf de ses romans. Qu'advient-il d'un écrivain célèbre après sa mort ?que connaît-on, en vérité, d'un écrivain ?
76,00 €
Sherlock Holmes
Gallimard
Une adresse londonienne, 221B Baker Street, louée à une certaine Mrs. Hudson et dotée d'un bow-window par lequel observer la rue et méditer sur l'existence en attendant que frappe à la porte la nouvelle aventure ; un narrateur, le docteur Watson, colocataire du 221B et qui consacre ses loisirs à mettre en forme les notes qu'il a prises au moment où les enquêtes dont il était le témoin ou l'auxiliaire battaient leur plein ; un ennemi juré, le professeur Moriarty, véritable génie du mal, également appelé le "Napoléon du crime" (ce qui n'est pas peu dire, pour des Britanniques), qui ne l'emportera pas au paradis et dont la chute fera couler beaucoup d'encre ; et comme il se doit un héros, Sherlock Holmes, "détective consultant" de son état, alternativement muni d'une canne, d'une loupe, d'une pipe ou d'un violon, et équipé par ses illustrateurs d'une casquette de chasse qui deviendra son emblème. Non content de posséder une mémoire prodigieuse, Holmes a une autre particularité remarquable. Aux yeux de cet authentique sémiologue, la réalité est un réseau de signes qui ne demandent qu'à être déchiffrés. Dans d'autres circonstances, il eût reconstitué tout un dinosaure à partir d'un osselet. Dans les situations désespérées qu'il affronte, il se révèle l'ultime recours des victimes. Le chevalier Dupin de Poe ou l'inspecteur Lecoq de Gaboriau n'ont qu'à bien se tenir. Holmes a d'ailleurs peu d'estime pour ces collègues. Au reste, il n'est pas toujours commode, et c'est sans doute ce qui fait son charme, et une partie de celui des récits dont il est le protagoniste. D'humeur variable, probablement bipolaire, phobique, mégalomane, parfois hautain, plus ou moins sociopathe, plutôt misogyne (il ne faudra pas moins qu'une Américaine, Irene Adler, pour lui faire manger son chapeau), il moque volontiers son ami Watson, dont le dévouement est pourtant sans faille et qui est pour lui ce que fut Boswell pour Samuel Johnson. C'est que Holmes est aussi troublé que troublant. Il eût été étonnant qu'il n'y eût pas un prix à payer pour détenir un talent tel que le sien. Mais lorsqu'il est sur une piste, on le suit où qu'il aille. Car sans rien abdiquer de son propre mystère, il fait du monde un espace intelligible. Quatre romans, cinquante-six récits réunis en cinq recueils - le tout formant le canon holmésien -, sans oublier quatre histoires dites extracanoniques parce que leur auteur n'a pas souhaité les faire figurer au nombre de celles qu'il revendique, tel est le corpus intégralement retraduit pour cette édition en deux volumes.
68,00 €
Les Trois Villes
Gallimard
Septembre 1891. Zola cherche à échapper au naturalisme, il rêve d'une "peinture de la vérité plus large et plus complexe", ancrée dans la réalité contemporaine. C'est à Lourdes que va naître le renouvellement d'inspiration qu'il attendait. Saisi par ce qu'il voit, il rédige le plan d'un roman sur le pèlerinage et la cité des miracles. Le spectacle de cette foule, dans laquelle se joignent le besoin de surnaturel et la misère physique et sociale, va le hanter durablement. En septembre 1892, il a l'idée des Trois Villes, trilogie romanesque dont le héros est un prêtre, Pierre Froment. Son trajet le conduira de l'espoir d'un christianisme régénéré à l'acceptation d'une autre religion, celle de la science. À la peinture d'une cour des miracles modernes (Lourdes, 1894, qui sera mis à l'index) succèdent des intrigues vaticanes entrelacées à l'histoire d'une passion dévorante (Rome, 1896), puis les scandales politiques, les attentats anarchistes, la finance, la prostitution, l'art, la "cohue" parlementaire (Paris, 1898). Outre le texte des Trois Villes, la présente édition donne à lire des transcriptions des manuscrits préparatoires, dont plusieurs sont inédites, ainsi que les Journaux que Zola tint lors de ses voyages à Lourdes et à Rome, et qui sont des chefs-d'oeuvre de reportage.
79,00 €
Mrs. Dalloway et autres écrits
Gallimard
1925, 1928, 1929. Mrs. Dalloway, Orlando, Une pièce à soi. Un roman ; une biographie, autre forme de roman, surtout quand le personnage biographé est imaginaire ; un essai enfin, qui expose en particulier les raisons pour lesquelles la soeur de Shakespeare n'a pu écrire les pièces de son frère (ce n'est pas seulement parce qu'elle n'a pas existé), et, plus généralement, les conditions matérielles qui doivent être réunies pour qu'une femme puisse se consacrer à l'écriture. Mrs. Dalloway et Orlando sont deux romans aussi différents que complémentaires. Le premier, que Woolf pensa longtemps intituler Les Heures, se déroule à Londres en un jour, qui est la grande journée de Clarissa Dalloway, et le dernier jour de Septimus Warren Smith. Le second, qui aurait pu s'intituler Les Siècles, court sur 350 ans, et jusqu'en Turquie. D'abord appelé à la cour d'Elizabeth Ire, un jeune aristocrate se réveille un jour femme, au siècle suivant ; à la fin du livre - en octobre 1928 -, elle est trentenaire, mariée, et elle a fait paraître "Le Chêne", un poème auquel elle - ou plutôt il puis elle - travaillait depuis 1586. "Dans chaque être humain se produit une oscillation d'un sexe à l'autre..." Très vite, la France s'intéresse à ces romans. Louis Gillet prend prétexte d'Orlando pour consacrer à Woolf une étude dans la Revue des Deux Mondes. Il a compris à quel point la question de la création féminine lui importe, mais l'éloge a ses épines : le grand livre, selon lui, c'est Ulysse. (Woolf allait longtemps être comparée à Joyce, et plus encore à Proust, que le mari de Vita Sackville-West tenait d'ailleurs pour le plus grand des romanciers anglais.) "Orlando est un ravissant bibelot d'étagère, et jolies choses ou jolies femmes sont à leur place dans un salon." Le hasard des dates est cruel : nous sommes en 1929, Gillet ignore encore qu'Une pièce à soi (une pièce qui n'est pas le salon) apporte une réponse cinglante à son appréciation. Mais cet essai est un manifeste littéraire aussi bien que social, et une composante essentielle de l'art poétique que Virginia Woolf construit texte après texte. Quant à Mrs. Dalloway, elle aurait donc cent ans. On a peine à le croire. Le livre, lui, est toujours aussi neuf, ce qui n'est pas le cas de tous les romans "expérimentaux". Il est vrai qu'il ne se résume pas à l'usage virtuose d'une technique narrative, si nouvelle soit-elle. Y coexistent la vie et la mort, la raison et la folie, la durée et les instants, "le temps qui se marque sur l'horloge et le temps qui réside dans l'esprit" (Orlando). La lumineuse préface de Gilles Philippe éclaire les ouvrages ici réunis, trois moments forts dans une période d'écriture décisive pour Virginia Woolf. Une pièce à soi entre au catalogue de la Pléiade dans une traduction inédite de Laurent Bury.
62,00 €
Histoire de ma vie I, II, III et Album Casanova
Gallimard
Respecter une oeuvre longtemps malmenée, et par là renouveler l'image de Casanova ; faire en sorte que l'on considère l'écrivain et non plus seulement l'aventurier, et pour cela établir enfin une édition respectueuse du manuscrit avec lequel se confond l'Histoire de ma vie : tel est le projet de cette entreprise, aujourd'hui achevée. Le texte est scrupuleusement transcrit ; la langue propre à Casanova, respectée en tout point ; les repentirs de l'écrivain, lisibles au bas des pages, comme les notes qui fournissent la "traduction" des mots ou des passages susceptibles de faire difficulté. Au texte d'Histoire de ma vie s'ajoutent d'importants appendices, qui proposent pour l'essentiel des écrits de l'auteur, mais aussi le témoignage de quelques-uns de ses contemporains, qui l'ont connu, lu, aimé, ou qu'il a marqués, durablement.
202,00 €
L'Amant de Lady Chatterley et autres romans
Gallimard
Le plus célèbre des couples nés de l'imagination de D. H. Lawrence est celui que forment Constance, une aristocrate, et Mellors, un garde-chasse. Publié à compte d'auteur en 1928, circulant sous le manteau jusqu'en 1959, encore objet d'un procès pour obscénité en 1960, L'Amant de Lady Chatterley fit scandale, en raison notamment de sa description de la sexualité féminine. Mais il devrait rester dans les mémoires à un autre titre : c'est un très grand livre. Joyce, Woolf, T. S. Eliot ont été sensibles à la guerre que mena Lawrence contre le roman réaliste "à l'ancienne", en faveur de l'effacement de la frontière entre roman et poésie. "Ne me donnez rien de fixe, rien de figé, rien de statique", disait-il. Femmes amoureuses est un roman "jamais contenu, jamais confiné, jamais dominé de l'extérieur". Le réel y est fractal. Lawrence écrit vite puis il reprend ses manuscrits, les révisions sont incessantes, il faut épouser la vérité changeante de l'instant. L'expression doit privilégier non l'achèvement, mais le processus, non la stabilité, mais le vacillement. Toile de fond du recueil de novelettes (La Coccinelle, Le Renard, La Poupée du capitaine) ici joint aux deux grands romans, la guerre de 14 est passée par là, marquant l'écriture de Lawrence. Le soufre des adultères victoriens paraît éventé ? Le romanesque selon Lawrence reste une "bombe". S'engouffrent par la brèche ainsi ouverte "des sentiments nouveaux, vraiment nouveaux, une lignée entière de nouvelles émotions".
76,00 €
Œuvres complètes
Gallimard
En 1931, c'est avec les oeuvres de Baudelaire - choix alors peu conformiste - que Jacques Schiffrin inaugure la Bibliothèque de la Pléiade. Édition après édition, la collection ne cessera d'accompagner le poète et de contribuer à l'évolution du regard porté sur son oeuvre. Les volumes qui paraissent aujourd'hui constituent à cet égard un tournant décisif. On dit de Baudelaire qu'il est, pour la poésie en vers, l'homme d'un recueil unique. Il serait au moins aussi significatif de souligner que Les Fleurs du Mal sont l'oeuvre d'une vie, prépubliée à partir de 1845, publiée et condamnée en 1857, reprise et augmentée en 1861, prolongée jusqu'à la fin, ou presque. Or l'édition de 1857, qui n'est pas le fruit des circonstances, mais celui de la volonté de Baudelaire, n'est pas accessible à un large public. Dans le même ordre d'idées, on néglige de rééditer pour lui-même le recueil des Épaves de 1866, préférant l'annexer aux Fleurs du Mal de 1861 au motif qu'il procure les six pièces condamnées. La présentation habituelle du Spleen de Paris ne se distingue en rien de celle des livres publiés par Baudelaire, bien que ce recueil de cinquante "Petits poèmes en prose" n'ait jamais paru de son vivant et pose plusieurs des problèmes inhérents aux ouvrages posthumes. Bien des textes moins célèbres sont fréquemment regroupés au sein de recueils factices qui les coupent du contexte de leur rédaction. Les nouvelles Œuvres complètes de Baudelaire rompent avec ces usages. Pour la première fois, l'oeuvre n'est plus partagée entre poésie et critique. Le sommaire est désormais chronologique. Des Fleurs du Mal on propose les deux éditions, 1857 et 1861, dans leur intégralité. Elles sont précédées de toutes les prépublications de poèmes dans la presse, parfois réunies par Baudelaire en de petits recueils transitoires, tel Les Limbes en 1851. Les Épaves retrouvent leur autonomie et leur date. L'édition du Spleen de Paris ne dissimule plus la diversité des origines des poèmes en prose qui s'y trouvent rassemblés et fait entrer le lecteur dans l'atelier du poète : quand deux versions sensiblement différentes existent pour un même texte, toutes deux sont publiées. À leurs dates respectives, les différents Salons dialoguent avec les autres écrits. Les poèmes envoyés à Théophile Gautier dans l'espoir (en partie déçu) qu'il les publie en revue retrouvent leurs liasses originelles. Les féroces manuscrits "belges", enfin, font l'objet d'un nouvel établissement du texte et d'une présentation plus conforme à leur matérialité. L'oeuvre, en somme - "l'oeuvre qui a déterminé les voies de la poésie future"

(A. Compagnon) -, s'écrit et se déploie sous les yeux du lecteur.
82,00 €
Le Vicomte de Bragelonne
Gallimard
Le volet central de la trilogie des Mousquetaires était intitulé Vingt ans après. Le Vicomte de Bragelonne est sous-titré "Dix ans plus tard". Alexandre Dumas est un romancier du temps. Du temps historique : l'un des sujets du roman, le principal peut-être, est la prise du pouvoir par Louis XIV et la consolidation de son règne personnel. La disgrâce de Fouquet et l'ascension de Colbert, sur lesquelles se greffe la romanesque affaire du Masque de fer, sont au coeur du livre. Du temps individuel aussi : les mousquetaires ont pris de l'âge. Dumas peint leur vieillissement et leurs déchirements. Car leurs routes divergent, et le "tous pour un" prononcé trente ans plus tôt n'est plus qu'un souvenir. Le romancier de l'avenir et du présent devient celui du passé et de la mémoire. "Ce que je cherche, surtout, ce que je regrette avant tout, ce que mon regard rétrospectif cherche dans le passé, c'est la société qui s'en va, qui s'évapore, qui disparaît." Le charme puissant qui émane de Bragelonne confirme que cette évaporation est un très grand sujet romanesque. Ce qui est vrai des sociétés l'est aussi des hommes : il ne fait pas bon vieillir. Les héros ne sont plus ce qu'ils étaient. Mais le souvenir de ce qu'ils furent nous rend sensibles à ce qu'ils deviennent. Aramis est désormais évêque de Vannes. Un secret découvert, celui du Masque de fer, fait de lui le général des jésuites, fonction dans laquelle il redouble d'intrigues. Il y survivra, ce qui n'est pas le cas de ses compagnons. Enrichi, entiché de noblesse, Porthos se laisse berner et entraîner par son prélat d'ami ; sa mort dans l'effondrement de la grotte de Locmaria - "Trop lourd !" - est celle d'un titan. Athos, comte de La Fère, le plus âgé des quatre, jouit du bonheur d'être père puis meurt de la mort de son fils. Quant à d'Artagnan, resté mousquetaire, il a pris du galon, est devenu plus politique, mais songe parfois à tout quitter. Un boulet le renverse sous les murs d'une ville assiégée au moment où on lui apporte le bâton de maréchal de France. "Des quatre vaillants hommes dont nous avons conté l'histoire, il ne restait plus qu'un seul corps. Dieu avait repris les âmes." Et Bragelonne ? Le jeune Raoul, qui est le fils naturel d'Athos, tient le rôle-titre. Mais il arrive, dans les romans, que les amoureux soient fades. Mlle de La Vallière, dont le jeune homme est épris, est désirée en plus haut lieu ; la faveur du roi lui fait oublier l'amour de son ami d'enfance. La mort de Raoul, qui ressemble à un suicide, n'a pas la dimension mythologique de celle de Porthos. Disparaître dans une guerre lointaine, d'un point de vue romanesque, c'était sans doute simplement ce qu'il avait de mieux à faire. Mélancolique roman des générations, de l'échec et du souvenir, Le Vicomte de Bragelonne est l'un des grands livres du XIXᵉ siècle et le chef-d'oeuvre de Dumas. Non pas, comme on le dit souvent, son Temps retrouvé. Mais son Temps disparu.
75,00 €
Œuvres
Gallimard
Ce volume contient plusieurs oeuvres majeures. Initialement, le projet d'Ainsi parlait Zarathoustra, livre ici retraduit, était d'exposer la notion d'éternel retour sur laquelle se concluait Le Gai Savoir. Non seulement Nietzsche y rompt avec le genre aphoristique (auquel il reviendra), mais il y nourrit une ambition plus profonde que ne l'indiquent le lyrisme et le symbolisme de ce poème philosophique. Il espérait en effet y faire entendre la lutte des instincts à l'oeuvre dans sa propre pensée, et faire coexister le pathos musical et l'acuité de la réflexion lorsqu'elle parvient à d'irréductibles contradictions, comme celle de l'éternel retour, notion qu'il nomme aussi "midi et éternité", cette heure illusoirement immobile et sans ombre, éternellement vouée à n'être que fugitive. Le succès dont Zarathoustra a joui après la mort de Nietzsche a parfois occulté le reste de son oeuvre. Or Par-delà bien et mal et Pour la généalogie de la morale offrent un exposé plus abouti de sa pensée. À commencer par sa conception de la "volonté de puissance", sur laquelle il annonce alors préparer un ouvrage. Il abandonnera ce projet, utilisant ce qu'il en avait écrit dans Crépuscule des idoles et dans L'Antéchrist. Le livre publié en 1901 sous le titre La Volonté de puissance par sa soeur est un montage posthume qui falsifi e le projet originel. Chez Nietzsche, "volonté de puissance" désigne un projet et un concept, non un livre. Le volume se clôt sur Ecce homo, qui inaugure une nouvelle forme d'exposition de la pensée philosophique et propose un panorama de l'oeuvre de Nietzsche.
76,00 €
Œuvres I, II
Gallimard
L'oeuvre de Mikhaïl Boulgakov (1891-1940) est un chant né du silence. Médecin de l'armée blanche pendant la Guerre civile, Boulgakov fut condamné à écrire pour son tiroir. Isolé, muselé, invectivé, traité de "bourgeois" pour avoir pris la défense de Pouchkine, il travailla à se construire posthume. Les conditions étaient réunies pour que naisse un mythe : peu à peu (vingt-six ans après sa mort dans le cas du Maître et Marguerite) sortirent de l'ombre des ouvrages - récits, romans, théâtre - dont la somme constitue un acte de foi dans les plus hautes valeurs humaines.
165,00 €
Les Trois Mousquetaires - Vingt ans après
Gallimard
Dumas découvrit tôt à travers Walter Scott, Shakespeare, Schiller, puis les mémorialistes du passé et enfin Augustin Thierry, que l'histoire pouvait inspirer de grandes oeuvres littéraires. Il fut le romancier de l'histoire. C'est d'abord sous cet angle qu'il est présenté et étudié dans cette édition. Les notes qui accompagnent le texte des deux romans éclairent non seulement les personnages et les allusions historiques de Dumas, mais aussi les sources qui sont nombreuses et variées. Plus d'un lecteur découvrira avec surprise que si Dumas était un merveilleux conteur, il connaissait aussi fort bien l'histoire et que le fond de tableau des Trois Mousquetaires et de Vingt ans après n'est pas une brillante improvisation mais le résultat d'une mise au point sérieuse. Cette édition, présentée et annotée par Gilbert Sigaux, réunit autour des deux célèbres romans de Dumas, une préface où le " cas" Maquet est étudié, une chronologie détaillée de la vie et des oeuvres de Dumas, des notes nombreuses et une bibliographie.
76,00 €
Le Blé en herbe et autres écrits
Gallimard
Claudine à l'école est le grand succès de mars 1900. Le livre est signé Willy. On sait généralement qu'il s'agit du pseudonyme d'Henry Gauthier-Villars, qui l'utilise pour signer les productions de l'atelier qui lui écrit ses ouvrages. Cette fois, pourtant, le texte sort du lot. Il ne ressemble à rien de connu, la langue est nouvelle, le ton insolent, le propos scandaleux. C'est qu'il n'est pas de la plume d'un des scribes habituels de Willy : il est de sa jeune femme, Sidonie-Gabrielle, née Colette. Colette : il faudra attendre 1923 et Le Blé en herbe pour que ce nom apparaisse seul sur la couverture d'un livre. Avant cela, il y aura eu d'autres "Willy", des "Colette Willy" et même des "Colette (Colette Willy)". Mais on a vite compris. Catulle Mendès écrit à Colette : "vous avez créé un type". Claudine en effet est un type, et elle deviendra un mythe. Colette en créera d'autres : celui de Sido, sa mère, "le personnage principal de toute [s]a vie" ; celui de Gigi, jeune fille élevée pour devenir une femme entretenue et qui échappe à ce destin ; et celui de Colette elle-même, qui se construit au fil de plusieurs vies - elle fut danseuse, mime, actrice, journaliste, directrice d'un institut de beauté, publicitaire... comme si la littérature ne pouvait suffire à lui assurer l'indépendance et la liberté qui sont, avec l'aptitude au plaisir, ses valeurs les plus hautes. Des tenues succinctes portées sur la scène du Moulin Rouge à la croix de grand-officier de la Légion d'honneur reçue en 1953, la ligne droite n'est pas le chemin le plus court. Mais l'oeuvre de Colette s'est nourrie de ce sinueux parcours. Colette appelle "littérature" tout ce qu'elle n'ai me pas : l'emphase, la "ciselure" et les idées générales, qui lui vont aussi mal, dit-elle, que les chapeaux empanachés. L'année du Blé en herbe, elle déclare à Simenon : "Supprimez toute la littérature, et ça ira." "C'est le conseil qui m'a le plus servi dans ma vie", dira le romancier. C'est aussi ce qui préserve l'oeuvre de Colette du vieillissement. L'ouverture de Chéri, en 1920, a époustouflé les lecteurs. Cent ans plus tard, on l'admire toujours. Mais le style ne serait rien s'il n'était au service d'un regard d'une extraordinaire sensibilité. Colette, nous dit Antoine Compagnon, rend présents "le monde de l'enfance, l'étoffe de la sensation, l'émotion de la mémoire". On la crédite aussi d'avoir été "la première femme qui ait vraiment écrit en femme" (A. Maurois), la première à explorer ainsi les amours adolescentes (Le Blé en herbe), à entretenir une réelle connivence avec la nature et "les bêtes", à poser ce qu'on appellera la question du "genre" (dans Le Pur et l'Impur, en 1941), etc. Mais ce sont ces trois domaines - l'enfance, la sensation, la mémoire - qu'il faut retenir si l'on veut lui rendre justice. Elle les partage avec Proust, dont elle admira
71,00 €
Romans (Tome 1)
Gallimard
1839. "Le roi des romanciers modernes, c'est une femme", déclare Jules Janin, prince des critiques. Certes, il s'agit pour lui d'ôter sa couronne à Balzac, dont il n'a pas aimé Illusions perdues. Mais son admiration pour George Sand (car c'est elle, "le roi") est sincère, et partagée : par Balzac lui-même, puis par Flaubert, qui comparera son amie à un grand fleuve d'Amérique : "Énormité et Douceur." Voilà ce que fut la romancière pour ses contemporains. On est loin de la considération réticente dont se contentera longtemps la postérité, avant que le vent ne tourne de nouveau, en faveur cette fois de l'oeuvre, soutenue par une personnalité qui rayonna sur plusieurs scènes littéraire, politique, sociale. Sand a publié plus de soixante-dix romans. Les quinze que voici ont été choisis pour leurs qualités propres et parce qu'ils illustrent ses différentes manières. Indiana, immense succès, est le premier qu'elle signe de son nom de plume. Le roman-poème de Lélia - révolte métaphysique et sexualité féminine en 1833 - fait scandale. Mauprat échappe aux qualificatifs ou les mérite tous : roman historique, familial, d'amour, d'aventures, noir, humanitaire, social... Pauline est un "roman de l'artiste", veine à laquelle appartient aussi, le diptyque constitué de Lucrezia Floriani et du Château des Désertes. Isidora surprend par sa modernité, forme et fond. Le triptyque champêtre, La Mare au Diable, François le Champi, La Petite Fadette, fait de Sand une pionnière de l'ethnographie et de l'ethnolinguistique, et de l'ethnomusicologie si l'on y ajoute Les Maîtres sonneurs. Dans Elle et lui passe l'ombre de Musset. (Pour celle de Chopin, voyez Lucrezia.) La Ville noire est un roman "industriel" à la fois réaliste et utopiste. Juste avant Voyage au centre de la Terre, Laura, voyage dans le cristal débusque le fantastique au coeur de la science. Nanon enfin récrit l'histoire de la Révolution en donnant la parole à une paysanne. "Je fais des romans, parce que c'est une manière de vivre hors de moi", dit Sand, prompte à se glisser "dans la peau de [s]es bonshommes", comme elle appelle ses personnages. L'essentiel pour elle est dans le mouvement vers l'autre, quête inquiète et patiente ; ce qu'avait bien senti Janin, qui voyait en elle l'"un de ces grands esprits plein d'inquiétudes qui cherchent leur voie". Quadriller le monde social est nécessaire, non suffisant. Si le roman est un plaidoyer (pour les femmes, contre les lois du mariage, pour la justice...), le bon roman exige que soient mêlés "le réel et le poétique". Ainsi naît le romanesque, principe de liberté : c'est l'artiste qui crée le réel, "son réel à lui". Le roman chez Sand a un effet sur "l'emploi de la vie". De lumineuses figures de femmes y mènent un combat pour l'idéal. Vaste dessein. Flaubert (comme toujours) avait raison : énormité et douceur.
78,50 €
Histoire Auguste et autres historiens païens
Gallimard
En 313, Constantin, empereur chrétien, accorde la liberté de culte à toutes les religions ; nul ne sera plus contraint de vénérer l'empereur à l'égal d'un dieu. En 391-392, Théodose, empereur très chrétien, interdit les cultes païens. Le monde a basculé. Ce qui est en cause, ce ne sont pas seulement des croyances et des cultes, mais toute une civilisation fondée sur la paideia - la culture, les moeurs et les pratiques de la Rome éternelle. C'est en ce sens que les historiens réunis dans ce volume peuvent être dits païens : nourris à l'antique paideia, ils en partagent toujours les valeurs. Ils écrivent entre 360 et 394 (avant 408 pour l'auteur des Vies et moeurs des empereurs) sous les règnes de princes chrétiens, occupent des postes importants, proches du pouvoir, et, par force, s'avancent masqués. De belles carrières restent ouvertes à ces lettrés, émules de Tite-Live, de Suétone ou de Tacite ; les empereurs chrétiens ne peuvent se passer d'eux. Les lois de 391-392 ne les réduisent pas au silence, mais ils sont assez lucides pour comprendre jusqu'où ils peuvent aller dans leur éloge du passé. La plupart évitent prudemment de parler du christianisme. L'Histoire Auguste, elle, s'autorise des moqueries, des parodies des Évangiles ou des Pères de l'Église, des allusions plus ou moins voilées. Le livre - trente vies d'empereurs, à partir d'Hadrien - est truffé d'indices révélant à des lecteurs choisis le fond de la pensée de son auteur, écrivain dissimulé, semet ridente, "souriant dans son for intérieur". Cet auteur pourrait passer pour le digne successeur du Suétone des Douze Césars. Il a du goût pour les frivolités d'alcôve, les anecdotes à portée moralisante, les prodiges et les oracles. Mais il se révèle en outre particulièrement imaginatif. L'Histoire Auguste n'est pas une oeuvre historique au sens moderne du terme : elle enrichit son récit par tous les moyens qu'offre l'écriture romanesque, jusqu'à effacer les frontières entre histoire et fiction. C'est l'occasion de savoureux morceaux de bravoure, d'autant plus soignés littérairement qu'ils sont historiquement douteux. Histoire sans autorité donc, mais pleine de vie et finalement de vérité : une oeuvre personnelle et sensible sur l'âge d'or du paganisme et sur son déclin. "Une effroyable odeur d'humanité monte de ce livre", disait Marguerite Yourcenar, qui y avait trouvé la matière des Mémoires d'Hadrien. Cette humanité en désarroi, c'est celle des païens qui assistent impuissants à la dissolution du monde auquel ils tiennent et appartiennent. À la bataille de la Rivière froide, en 394, les armées de Théodose affrontent l'usurpateur Eugène et le général Arbogast, soutenus par le parti païen. Théodose vainqueur, certains vaincus se donnent la mort. Parmi eux, Nicomaque Flavien senior, aristocrate, préfet du prétoire d'Italie, probable auteur de l'énigmatique Histoire Auguste.
70,00 €
Philosophes taoïstes
Gallimard
La légende rapporte qu'au retour d'une rencontre avec Lao zi, Confucius le décrivit à ses disciples comme aussi insaisissable qu'un dragon, "chevauchant les vents et les nuées". On pourrait en dire autant du dao, "la voie" : l'impossibilité à l'appréhender est le gage de sa toute-puissance. Si Confucius employait déjà ce terme, c'est avec Lao zi, Zhuang zi et Lie zi (autrement dit : Lao tseu, Tchouang tseu et Lie tseu) que le dao prend une signification beaucoup plus large pour devenir à la fois un principe et un moteur. Avec eux naît "l'école du dao". La primauté doctrinale de leurs trois textes ne s'est jamais démentie jusqu'à nos jours. Tandis que le Lao zi peut presque être considéré comme un traité prescriptif, le Zhuang zi propose une oeuvre riche en couleurs et en figures fantasques, et le Lie zi un ensemble de récits où le merveilleux côtoie le quotidien. L'influence de ces trois oeuvres est immense, y compris en Occident.Cette nouvelle édition, qui propose des traductions nouvelles ou récentes, se compose de la première version connue à ce jour du Lao zi - elle était jusqu'à présent inédite en français - et de sa version canonique, de la version classique du Zhuang zi en trente-trois chapitres, et du Lie zi intégral en huit chapitres. Ce volume forme désormais un diptyque avec le Huainan zi (tome II des Philosophes taoïstes dans la Pléiade), établi selon les mêmes principes en 2003.
69,00 €
Romans et récits
Gallimard
"Tu tires des récits de tes vices, tu rêves des doubles pour tes démons" : c'est ainsi que Nathan Zuckerman, la créature de papier de Philip Roth, décrit son entreprise d'écriture dans La Leçon d'anatomie. Apparu sous la plume de l'écrivain Peter Tarnopol dans Ma vie d'homme (1974), ce double assumé du fictif Tarnopol et de Roth, lequel les invente tous deux en vertu d'un processus de création fait de reflets et de répliques, prend pour ainsi dire vie dans le premier cycle romanesque qui lui est consacré, Zuckerman enchaîné. Cette série de romans - une trilogie et son épilogue - offre à Roth l'occasion d'exposer les métamorphoses de la subjectivité. Elle met en scène quatre moments-clefs de la carrière de Zuckerman : la relation de l'aspirant écrivain avec son mentor (L'Écrivain fantôme, 1979) ; le romancier devenu une célébrité et la victime de son succès (Zuckerman délivré, 1981) ; l'homme souffrant de douleurs mystérieuses en pleine crise de la quarantaine, rattrapé à la fois par la complexité de sa vie amoureuse et sexuelle et par la mort de ses parents (La Leçon d'anatomie, 1983) ; l'homme de lettres privilégié face aux intellectuels de l'Europe de l'Est communiste (L'Orgie de Prague, 1985). On retrouvera Zuckerman dans La Contrevie (1986), un "labyrinthe de miroirs" (Philippe Jaworski), et un chef-d'oeuvre de virtuosité, qui est en quelque sorte la réponse de Roth au postmodernisme américain incarné notamment par Thomas Pynchon. Un brouillon donne à penser que le roman aurait pu être intitulé Tu dois changer ta vie ; "Tout peut arriver, et c'est précisément ce qui arrive : tout." Pendant la période de création couverte par ce volume, Roth explore la frontière poreuse entre réalité et fiction. S'il occupe le devant de la scène jusqu'en 1986, Zuckerman n'est pas l'unique alter ego de l'auteur. Émerge en effet un nouveau personnage (de fiction ?) nommé Philip ou Philip Roth. Il dialogue avec Zuckerman dans Les Faits (1988), sous-titré "Autobiographie d'un romancier" ; avec des femmes dans Tromperie (1990), roman tout entier construit en dialogues - "la bande-son d'un roman sans images", selon Ph. Jaworski -, tandis que Patrimoine (1991), récit de la maladie et de la mort du père (non plus celui de Zuckerman, celui de Roth), est présenté comme "Une histoire vraie". Les faits seraient-ils enfin débarrassés de leur gangue de fiction ? À la fin de la lettre que le Roth des Faits écrit à son lecteur Zuckerman, il admet que les "faits" sont en réalité des souvenirs déjà retravaillés. Ses expériences personnelles et son passé ne prennent forme et sens qu'une fois racontés. Et c'est à un personnage de fiction, l'inévitable Zuckerman donc, que Roth confie le soin de porter un jugement sur son manuscrit "autobiographique". L'autobiographie est sans doute "le genre le plus manipulateur dans toute la littérature", estime Zuckerman. C'est le moins que l'on puisse dire. Toute tentative de figer la frontière entre
73,00 €
Les Misérables (Bibliothèque de la Pléiade)
Gallimard
Faut-il, peut-on résumer Les Misérables ? Ce qu’en dit Hugo a de quoi intimider : «La destinée et en particulier la vie, le temps et en particulier ce siècle, l’homme et en particulier le peuple, Dieu et en particulier le monde, voilà ce que j’ai tâché de mettre dans ce livre, espèce d’essai sur l’infini.» Un essai ? et sur l’infini ? Infini et roman ne font pas toujours bon ménage. Mais ce roman-là, Baudelaire l’a bien vu, est «construit en manière de poème». Même idée chez Rimbaud : «un vrai poème». Et chez Hugo déjà : «le poème de la conscience humaine», «une épopée supérieure et définitive». Un livre à part, bien sûr. Une somme, à la fois montagne et océan. Commencé par un pair de France en 1845, interrompu «pour cause de révolution» en 1848, repris par un proscrit en 1860, c’est un roman de l’exil. «Parole enchaînée, c’est parole terrible.» Mme Rimbaud mère s’inquiète du pouvoir de cette parole devenue action. Elle reproche à Izambard de l’avoir mise sous les yeux de son fils. Ce faisant, elle rejoint Lamartine, qui jugeait le livre faux et dangereux. En 1862, il n’était pas le seul. Mais la ferveur des lecteurs ne cessera de croître et donnera aux Misérables un statut d’œuvre populaire, «au sens où Homère est de la littérature populaire : une littérature qui s’adresse aux hommes de tous les temps et de toutes les cultures» (Simon Leys). Trop tard pour Mme Rimbaud : Arthur admire le «forçat intraitable», dont Une saison en enfer se souviendra. Un siècle et des poussières plus tard, le rimbaldo-hugolien Pierre Michon enfonce le clou : «Méfiez-vous des types bien. Fiez-vous aveuglément à tout forçat évadé.» Entré au catalogue de la Pléiade en 1951, le roman du forçat évadé se joue du temps. Il est ici proposé dans une présentation toute nouvelle. Nouveau texte : bien que le livre ait été publié du vivant de Hugo, il est difficile (et passionnant) à éditer. Nouvel appareil critique : il fallait tisser des liens avec le reste de l’œuvre, et rendre le lecteur du XXIᵉ siècle sensible à l’image du XIXᵉ qui, du 18 juin 1815 (Waterloo) à l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, se dégage de la narration. Un appendice offre des ébauches, des pages écartées, des projets de préface : c’est l’atelier de l’œuvre. Une Note sur la scène et l’image retrace l’histoire de l’illustration et des adaptations. Elle s’adosse à un dossier iconographique : dessins de Hugo, portraits des protagonistes par Brion, caricatures de presse, éditions illustrées… Mais peut-être les images les plus authentiques sont-elles celles que se forme le lecteur. «Des buissons chétifs et difformes» : le bois de Montfermeil. Une fillette soulevant à deux mains un seau plein d’eau, tandis que «le tragique masque de l’ombre semblait se pencher vaguement sur cet enfant» : Cosette. Tout à coup, le seau ne pèse plus rien.

Nouvelle édition

Nouvelle édition.
79,00 €
Love, Freddie
J'ai Lu
Quelques jours après m'avoir dit être mourant, mon père m'a remis ses journaux intimes. Trois mois après, il m'a annoncé qu'il avait le sida. Quatre semaines plus tard, il était mort. " Alors que Queen est au sommet de la gloire, Freddie Mercury commence à rédiger un journal intime. À sa mort, en 1991, il laisse derrière lui 17 carnets manuscrits, retraçant ses pensées et sa vie, qu'il n'a jamais fait lire à personne. Il y raconte absolument tout, sans peur du jugement : son enfance et les abus dont il a été victime, ses relations amoureuses, son rapport au succès. Mais, surtout, il dévoile son grand secret : sa fille cachée, qu'il adore, et dont l'identité n'est connue que de quelques proches. L'auteure s'est plongée dans les journaux intimes de Freddie pour offrir un récit qui bouleverse tout ce que nous pensions savoir de la star. Loin des paillettes et des scandales, c'est l'autoportrait fascinant d'un homme secret, génial et profondément humain. Voici les confessions intimes inédites de Freddie Mercury.
10,00 €
La Philosophie dans le boudoir - Edition collector
La Musardine
Ne pourrait-on, ne devrait-on lire qu'un seul texte de Sade, c'est incontestablement La Philosophie dans le boudoir qu'il faudrait choisir. " En premier lieu ", a écrit André Pieyre de Mandiargues, " parce qu'il me semble que celui-là est aussi superbement que joliment rédigé ". Il règne en effet d'un bout à l'autre de ce livre un bonheur d'expression, une allégresse, un humour capable de plonger le lecteur dans une jouissance pareille à celle qui, manifestement, a transporté l'auteur pendant qu'il l'écrivait.

Mais aussi, cette Philosophie dans le boudoir présente la particularité de concentrer en un seul volume ce que Sade a produit de plus brillant, en même temps que de plus profond. Jamais son étonnante façon de penser ne s'est exprimée plus nettement, plus hautement. Lecture brûlante ? " Je ne m'adresse qu'à des gens capables de m'entendre ", écrit-il, " et ceux-là me liront sans danger ".

Cette édition s'ouvre sur la préface de Jean-Jacques Pauvert à l'édition de 1997, suivie de celle qu'écrivit Apollinaire en 1909 pour L'Œuvre du marquis de Sade qu'il dirigea pour la Bibliothèque des curieux. Des pages dans lesquelles ces autres monstres sacrés de la littérature disent leur fascination pour l'écrivain et le citoyen Sade et s'interrogent sur sa portée politique et morale.
12,00 €
L'Abbaye de Northanger
Gallimard
«Alors que vers la fin du XVIIᵉ siècle le roman noir semait ses naïves terreurs dans les foyers anglais, Jane Austen, née en 1775 et qui écrit depuis l'âge de douze ans, ne s'intéresse ni à l'histoire ni à la politique ni aux fantômes. Elle n'a de goût que pour la vie - la vie telle qu'un œil acéré peut en surprendre les manèges dans un salon, voire une salle de bal où les jeunes gens dansent, tandis que leurs parents évaluent rentes et dots. [...]Dans ce chef-d'œuvre, qu'elle a remanié en 1815, Jane Austen, sans doute l'un des esprits les plus implacablement satiriques de toute la littérature, traite sa protagoniste non comme une créature de chair et d'os, à l'instar de tous les romanciers, mais bel et bien comme une héroïne de roman égarée au milieu de conjonctures qui, par rapport aux habitudes du genre, la rabaissent aux yeux du lecteur.Et c'est avec une allégresse féroce que Jane Austen nous la montre se comportant, à la moindre occasion, en référence à son livre de chevet, Les Mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe, publiés en 1794, juste avant qu'elle ne commence elle-même L'Abbaye de Northanger.Ainsi parodiait-elle le roman gothique et ses candides lecteurs, promis aux mêmes déboires que Don Quichotte intoxiqué par les ouvrages à la gloire de la chevalerie. Et ainsi, du même coup, annonçait-elle et énonçait-elle l'idée qui serait plus tard au cœur de la modernité, et selon laquelle la vie finit toujours par imiter l'art.»Hector Bianciotti.

Présenté et annoté par le traducteur

«À voir Catherine Morland telle qu'elle était dans son enfance, personne n'eût imaginé qu'elle fût destinée à être une héroïne...»
11,50 €
Le pauvre cœur des hommes
Gallimard
Quelle vie plus calme en apparence, plus unie, plus heureuse que celle de Natsume Sôseki ? Il naît en 1867 à Edo, l'ancienne Tokyo, étudie l'anglais, enseigne dans les écoles secondaires de 1893 à 1900 et passe en Angleterre trois années à l'issue desquelles on le nomme chargé de cours à l'Université impériale de Tokyo. Son premier roman, Je suis un chat, d'emblée le rend célèbre et lui permet d'entrer au grand quotidien Asahi. Après une existence discrète et retirée, il meurt en 1916. Le pauvre coeur des hommes est le plus représentatif sans doute des romans du Meiji. De tous les écrivains qu'a produits cette ère, nul n'exerça une influence aussi prestigieuse que Sôseki. C'est que cet ami de l'Occident ne s'était pas coupé de sa propre culture : il s'était nourri des lettres chinoises et formé à la méditation qu'enseigne le bouddhisme zen. Sa vie tout unie cachait une âme douloureuse : obsédé par l'inéluctable "péché qui est sur l'homme", ce solitaire analyse et absout le coeur humain, mais non sans avoir pris sur soi, comme pour l'expier, ce qu'il tient pour l'irrémédiable misère de la condition humaine.
14,10 €
L'année de la pensée magique
Grasset
Une soirée ordinaire, fin décembre à New York. Joan Didion s'apprête à dîner avec son mari, l'écrivain John Gregory Dunne - quand ce dernier s’écroule sur la table de la salle à manger, victime d'une crise cardiaque foudroyante. Pendant une année entière, Didion essaiera de se résoudre à la mort du compagnon de toute sa vie, tout en s'occupant de leur fille, plongée dans le coma suite à une grave pneumonie. La souffrance, l'incompréhension, l'incrédulité, la méditation obsessionnelle autour de cet événement si commun et pourtant inconcevable : dans un récit impressionnant de sobriété et d'implacable honnêteté, Didion raconte la folie du deuil et dissèque, entre sécheresse clinique et monologue intérieur, la plus indicible expérience - et sa rédemption par la littérature. « Quintessence du style, son écriture est la fusion du feu et de la glace. Laconique, tenue, sèche, cruelle et lyrique à la fois. (…) Disons que ce serait la version féminine de Samuel Beckett, en lunettes noires, qui siroterait un cocktail au bord d’une piscine californienne. Disons que s’il y avait des “premières dames” de la littérature américaine, Joan Didion serait sa Jackie Kennedy. » (Myriam Anderson, Le Figaro Magazine, 9 septembre 2006)
19,20 €