Se rendre au contenu

Résultats de recherche pour 'Je lis pas à pas' (9885)

Le Petit ami
Gallimard
«J'ignore si le lecteur s'amusera beaucoup des souvenirs d'enfance que je vais raconter. Il y a bien cinq ans que je me demande si je dois les écrire, moi, et je viens seulement de m'y décider ! Qui sait aussi si cet enfant que j'ai été et que je revois en ce moment avec une netteté qui touche au prodige ne me reprochera pas, quand j'aurai achevé, d'avoir été, à son sujet, si loin dans ce livre. Pauvre chéri ! comme disent si tendrement mes amies, quand je leur en parle. Enfin, ça fera peut-être quelques bonnes pages.»
9,50 €
Lettres à quelques-uns
Gallimard
Voici, réunies dans ce volume, quelques-unes des lettres essentielles de Paul Valéry. La première est datée de 1889, la dernière de 1943. C'est dire que le lecteur trouvera ici le reflet d'une vie entière, dans sa diversité et son éclectisme : les aspirations du jeune écrivain en pleine période symboliste, avec des lettres à son ami Pierre Louÿs ; l'intérêt qu'il manifeste à toutes les formes d'art ; correspondance avec Huysmans ou Valery Larbaud, avec Claude Debussy et le peintre Maurice Denis.Dans ce livre apparaissent aux côtés de Paul Valéry bien d'autres personnalités dont les activités ont illustré toutes les tendances de la vie intellectuelle française.
10,00 €
Monsieur Godeau intime
Gallimard
«Aucune des femmes qui l'avaient tenu dans leurs bras ne lui avait donné plus douce et plus violente, plus entière jouissance de soi-même que celle-ci agenouillée toujours à la même distance, ou assise à deux pas de lui sur sa chaise légère de roseau. M. Godeau qui avait toujours eu peur de perdre son temps auprès de Véronique, parce qu'il ne soupçonnait pas le plaisir qu'elle lui donnerait avant le soir, finissait toujours par reconnaître qu'elle lui avait donné à la fin un plaisir aigu, vif, rare et qu'il n'y avait qu'avec elle que le temps ne fût pas perdu, puisqu'elle en faisait une sorte d'éternité.»
11,00 €
Les Épées
Gallimard
«... tous les soirs, cette banquette grise où je me retrouve moi-même, la traversée de Paris, les agents en pèlerine, les phares qui glissent mais ne coupent pas. Je monterai au troisième étage. Elle m'ouvrira dans un peignoir rouge et des mules de cuir rouge. Nous entrerons dans le salon. Je prendrai son visage entre mes mains et je l'embrasserai sur les joues. Visage obstinément retiré - la sagesse d'un monde moins avide, une conscience embarrassée d'ailes, une vision mystérieuse faite d'épées rentrées au fourreau et qui brillent à l'intérieur de l'ombre. Elle se laissera tomber devant la cheminée, je m'allongerai à côté d'elle.»
9,50 €
L'Arche de Noé
Gallimard
«Noé n'avait pas attendu le déluge pour construire son arche ; il l'établit avec tant de soin et de ruses que la pluie évitait son voisinage comme si contre elle il n'y avait absolument rien à faire ni même à tenter.Les bêtes désignées pour figurer dans le vaisseau de Noé arrivaient deux à deux et parfois de très loin. Et les couples heureux d'avoir évité la grande mouillure se disaient en montant les degrés de l'Arche : "Et maintenant, vive l'Inconnu"»
8,50 €
L'Amour en visites
Gallimard
«"Madame, j'oubliais de vous avouer que..."Elle rit, muettement ; ses prunelles bleu d'acier le guettent, en dessous. Il a envie de crier, de rugir, il est hypnotisé par ce regard de volonté féroce. Il y va, traîné comme par une poigne ; il tombe à genoux, il se cache le visage, il pleurerait s'il n'avait pas la terreur d'être à jamais ridicule. Sa pauvre face toute convulsée s'enfouit dans le mouchoir, le petit mouchoir, blanc et nu comme la chair."... Que je vous aime !" balbutie-t-il, lâchant ce mensonge pour expier la sauvagerie de son attaque. Et il sent les bras de la duchesse qui se lient nerveusement autour de ses épaules, deux souples tentacules de pieuvre, pendant qu'elle murmure, les lèvres sur son oreille, puis sur sa bouche, afin de la clore : "L'impertinence, mon cher, ce n'est pas de le prouver, c'est d'oser le dire !"»

Avertissement de Michel Arrivé
8,00 €
La Comédie de Charleroi
Gallimard
«Je me rappelle deux ans plus tard, en face de moi, ce grand diable d'officier allemand debout dans la tourmente, à Verdun, Fritz von X..., qui était debout, et appelait, et m'appelait. Et je ne lui répondais pas, je le canardais de loin.Dans cette guerre, on s'appelait, on ne se répondait pas. J'ai senti cela, au bout d'un siècle de course. On a senti cela. Je ne faisais plus que gesticulailler, criailler.Je n'avançais plus guère. Je trébuchais, je tombais.Ils trébuchaient, ils tombaient.Je sentais cela. Je sentais l'Homme mourir en moi.»
10,00 €
Déjeuners de soleil
Gallimard
Le ton des textes de Fargue est à la fois intemporel et délicieusement désuet. Comment ne pas sourire devant ses réflexions sur les automobiles qui crachotent, sur la naissance du métro à laquelle il assista, sur les cadeaux de Noël des enfants où il n'est question que de trains électriques et de jeux de patience ? En ces années de guerre (ces textes ont paru en 1942), il s'attache au difficile quotidien des Parisiens, aux bouleversements que connaît la capitale. Mais l'écrivain évoque aussi des thèmes intemporels comme le bavardage, le printemps, la neige... Et dans ces pages le chroniqueur rejoint souvent le poète.
9,50 €
L'Arbre à soie et autres Échos du Mercure de France
Gallimard
«Il y a en ce moment en Angleterre un engin qui rappelle certains passages du Surmâle d'Alfred Jarry, notamment le chapitre de la course cycliste.C'est au Collège royal pour les aveugles d'Upper Norwood, près de Londres, que l'on voit un cycle unique au monde et tel que, seul, semble-t-il, l'auteur d'Ubu roi aurait pu l'imaginer.Cet instrument se compose de six paires de roues accouplées et permet à onze aveugles de se livrer à leur sport favori. Le cycle est monté par douze cyclistes, il s'y trouve un guide possédant une vue excellente. Il ne se tient pas en tête, comme on pourrait le croire, mais vient le second. En tête se trouve un aveugle qui, naturellement, ne dirige pas cet appareil humanitaire et singulier.»(La double sextuplette)
7,80 €
Amours
Gallimard
«Mes souvenirs, en effet, s'arrêtent là, de ce grand jour où je fis avec Jeanne, et pour la première fois, l'amour pour de bon. Ce n'est même pas la peine que je me fatigue à chercher. Je revois ce corps d'un rose pâle, ces seins pleins et durs, ce visage brillant d'ardeur, d'autres beautés encore plus intéressantes...»
8,15 €
Au-delà de l'absence
Gallimard
Voici la suite de La mort de la bien-aimée. Marc Bernard, marié à Else depuis trente et un ans, l'avait vue tomber malade et puis mourir. Chacun d'eux savait que la mort ne laissait à leur couple, extraordinairement uni, qu'un mince délai durant lequel l'auteur devait se consacrer à l'apprentissage de la séparation sans recours et de la solitude.«Depuis la mort d'Else je n'ai pas touché une femme.» Ainsi commence le présent livre au cours duquel Marc Bernard, mutilé par le départ de celle qu'il aimait, essaie de continuer à vivre seul, à Cala d'Or, dans l'île de Majorque. Il y entretient avec la disparue un merveilleux rapport de passion. Il retrouve Else partout et toujours, brassant leur passé de bonheur, leur entente, les silences qui les rapprochaient dans la vie et que la mort a pu transfigurer.
7,50 €
Langage Tangage ou Ce que les mots me disent
Gallimard
Des jeux de mots en forme de définitions de dictionnaire (un mot suivi de ce que suggèrent, par-delà son sens admis, les éléments sonores ou parfois visuels dont il se compose et qui le relient à d'autres mots), voilà ce à quoi Michel Leiris n'a pas cessé de procéder depuis l'époque de jeunesse où, surréaliste, il publiait son Glossaire...C'est un supplément à celui-ci qu'il propose aujourd'hui, augmenté d'un essai dans lequel il s'explique sur ce qui pourrait être pris pour une manie, mais n'est que la pratique d'un genre particulier de poésie : échauffourée - chaude affaire de chats fous et de rats effarrouchés.écho, ô hoquet !éléphant - elfe enflé.élixir, luxe exquis !
9,50 €
Les Lois de l'hospitalité
Gallimard
«Au sortir d'une période où je fus ramené trois fois de suite au même thème dont résultèrent trois variations, le phénomène de la pensée me revient, tel qu'il s'était produit, avec ses hausses, ses chutes et ses absences, lorsqu'un jour, ayant cherché à relater quelques circonstances de ma vie, il m'arriva d'être bientôt réduit à un signe.La persistance d'un nom qui en forme le prétexte rend compte à elle seule d'un fond de pensée monotone. [...]Fasciné par le nom de Roberte en tant que signe, alors que j'étais dans le jardin sans plus rien voir de l'ensoleillée verdure autour de moi, n'ayant d'autre vision que la pénombre insituable où se jouait la lueur de sa main dégantée - je me décide à décrire ce qui doit se passer dans cette pénombre, ici illusoire. Je réfère au nom de Roberte ce que je vois et que je ne verrais point à défaut de ce nom.»Avant de donner lieu à une méditation, le signe unique est pour Pierre Klossowski une révélation expérimentale.Ce prénom, sans lequel il ne pourrait ni voir ni écrire, présente une absolue qui s'appelle la pensée.Maurice Blanchot commente ainsi Les lois de l'hospitalité : «Les pages les plus dramatiques qu'une écriture abstraite puisse nous donner à lire aujourd'hui.»
12,50 €
Le Parjure
Gallimard
"Il s'agit d'un fragment de la vie d'un homme [...] qui n'est pas sans ressembler à l'Ulrich de Musil, d'abord parce qu'il a, comme celui-ci, un père chargé d'années, d'honneurs, de sciences, un professeur qui a réussi sa carrière et qui reproche, au contraire, à son fils, de n'être qu'un "petit romantique" et de "n'avoir pas trouvé sa voie" : encore l'"homme sans qualités" opposé à l'"homme à qualités", c'est-à-dire à ce malheureux héros moderne qui ne peut suivre la voie tracée par son père parce que celle-ci est devenue purement formelle, vide, et qu'aucune autre voie ne semble se présenter à lui. Ulrich, ici, s'appelle Stéphane Chalier ; il est professeur de littérature ; il a décidé, un beau jour, d'aller en Amérique écrire une thèse sur Hölderlin. [...] S'agit-il donc d'une variation sur le thème de Robinson, ou de la révolte contre la Société organisée, ou sur la déchéance de l'individu à la Beckett ? Il y a bien quelque chose de tout cela, mais l'essentiel est ailleurs, et se dérobe. Comment le faire sentir ? L'essentiel est peut-être une lumière à la fois mystérieuse et certaine projetée sur les choses les plus réelles et les plus quotidiennes (villages, feux de bois, montagnes, animaux, corps et pensées), sur la détresse, sur l'égarement, sur l'angoisse, sur l'horreur même ; une lumière qui les transfigure sans les arracher au monde, qui les rend inoubliables." Philippe Jaccottet.
8,00 €
Voyages de l'autre côté
Gallimard
Watasenia qui forme l'ouverture de ce roman-voyage est une exploration géologique et moléculaire de l'Eau où mers et pluies, chutes et fleuves, torrents et rivières se font et se défont dans un cycle d'éternel retour. Une fois traversée, l'Eau nous fait découvrir alors une des plus singulières figures de femme jamais conçue par un écrivain : Naja Naja, rassemblant sur elle les tissus intemporels du Mythe, est une éblouissante Lilith moderne capable d'atteindre l'autre côté de toutes les parois, concrètes ou non. On la suit, cette fille qui est tour à tour flamme, flèche, fumée, vent. Elle est dure et douce à ceux qui, l'ayant entrevue une seule fois, ne peuvent que se soumettre à son itinéraire fou «à travers les pays où l'on ne parle pas».Alligator Barks, Louise, Sursum Corda, Gin-Fizz, Yamaha, Léon, ses compagnons, sont ancrés dans le monde occidental d'aujourd'hui avec ses réseaux routiers, ses villes, ses paysages : ils pressentent que Naja Naja, comme le fruit d'un rêve vécu, les mène en silence et minutieusement vers la liberté.
11,00 €
Lourdes, lentes...
Gallimard
«Lourdes, et lentes. Prenant bien leur temps pour reluire et faire reluire. Nourrices, mères, sœurs. Pleines de lait, de sécrétions, d'organes mous. Les autres, les maigres, les rapides, retournez à vos enfers étroits.Germaine était lourde, lente.Je vais employer des mots sales. Il le faut. Il faut que je vous tire de votre sommeil et de votre hypocrisie, que je vous explique comment ça se passe.Gueulez au charron, ameutez les pouvoirs publics tant que vous voudrez, mais accordez-moi ceci ; je reste encore bien en deçà de vos divertissements cachés, de vos ballets oniriques.»André Hardellet.
8,50 €
Les Écarts amoureux
Gallimard
"Seule la torture morale convient aux délicats... Il faut faire saigner, mais sans effusion de sang", déclarait Néron, qui s'y connaissait. Paul Morand l'a d'ailleurs choisi pour héros de la première de ces trois nouvelles, placées sous le signe du bizarre, quand ce n'est pas de la monstruosité. C'est le duel subtil entre l'empereur histrion et son vieux maître fatigué, Sénèque, stoïcien pas très stoïque, qui a fasciné Paul Morand. Un mot, une intonation, un silence, et Sénèque sait que c'en est fait de sa vie. Mais si sa jeune épouse Paulina veut l'accompagner dans la mort, Néron le prend pour une nouvelle offense, et fait refermer les veines de la femme trop fidèle. "Je la condamne à vivre !" s'écrie-t-il. Les Compagnons de la Femme, tel fut le nom que prirent les saint-simoniens qui partirent, à la suite du Père Enfantin, à la découverte de l'Orient, symbole de la Mère. Ayant tout quitté, y compris leurs épouses, au nom de l'amour, ils ont voulu percer le canal de Suez trente ans avant de Lesseps. Dans leur folie généreuse, ils croyaient régénérer l'humanité.... Le château aventureux est l'histoire d'une malédiction qui se répète dans une famille italienne à travers les siècles. Deux fois, il naît une naine. Et l'on fait tout pour la préserver du contact des gens de taille normale. Mais les deux fois, l'amour vient brouiller les plans les mieux faits, et apporter une tragédie, qui, pour être naine, n'en est pas moins une tragédie.
8,50 €
L'eau vive. L'eau vive, I : Rondeur des jours
Gallimard
"La civilisation a voulu nous persuader que nous allons vers quelque chose, un but lointain. Nous avons oublié que notre seul but, c'est vivre et que vivre nous le faisons chaque jour et tous les jours et qu'à toutes les heures de la journée nous atteignons notre but véritable si nous vivons. Tous les gens civilisés se représentent le jour comme commençant à l'aube ou un peu après, ou longtemps après, enfin à une heure fixée par le début de leur travail ; qu'il s'allonge à travers leur travail, pendant ce qu'ils appellent "toute la journée" ; puis qu'il finit quand ils ferment les paupières. Ce sont ceux-là qui disent : les jours sont longs. Non, les jours sont ronds." Pour beaucoup, le jour trace une ligne droite, pareil à un trajet à parcourir. Jean Giono, lui, nous invite à y trouver de doux et éternels ronds, miroirs de l'infini. Ainsi, et avec lui, nous goûtons chaque instant : les lueurs d'une aube provençale, le lent ballet des moutons menés par un berger, l'émotion du fruit cueilli. Grands textes de l'attachement viscéral d'un homme à sa terre, ces Jours sont faits de tendresse et de révolte, de poésie et de drôlerie.
10,50 €
L'Homme couvert de femmes
Gallimard
Un jeune homme, Gille, est invité à la campagne par une veuve assez libre, Finette. Il veut se lier avec elle, mais d'abord il joue avec ses amies ; ensuite il sent de la répugnance pour son entourage et les maximes qu'elle affecte. Il s'éloigne, mais il revient bientôt, après une débauche à Paris. Alors, comme elle lui fait des avances et qu'il songe à y répondre, il se montre médiocre et galant.Cette déconvenue l'engage dans des confidences égarées. Mais rien ne décourage Finette qui devient amoureuse. L'arrivée de Jacqueline, qu'il a aimée autrefois, apporte à Gille de nouvelles raisons de se détourner de son hôtesse. Pourtant il devient son amant et le prestige d'un amour ancien est bientôt détruit.Mais Finette ne parvient pas à prendre place dans le cœur de Gille. Rebelle dès le début à tout ce qui lui paraît stérile au fond d'une telle liaison, ce débauché s'enfonce dans une méditation sur l'amour où se joignent la raison et la mystique, qui à la fin l'entraînent, vers le mariage peut-être, loin de cette maison où l'opprimait un des trop nombreux exemples de la misère sexuelle de ce temps.
9,50 €
Journal d'un génie
Gallimard
Ce livre nous dévoile un Dali quotidien. Pour Dali, son propre génie ne fait pas de doute. Il ne le répète pas pour s'en convaincre, mais pour convaincre ses contemporains. Dans le Journal d'un génie Dali se contemple, mais va en même temps plus loin et, au-delà de son image, retrouve les ambitions métaphysiques de la peinture. Au-delà de cette publicité dont il s'inonde, Dali nous révèle aussi son caractère : celui d'un peintre qui pousse la conscience de son art jusqu'à la minutie exaspérante qui le conduit au bord de la folie.
11,00 €
Le déluge
Gallimard
Le 25 janvier à 15 h 30, François Besson, le narrateur, est frappé par une vision qui prend valeur de symbole : au moment où s'élance vers le ciel le hurlement de la sirène, une jeune fille apparaît sur un vélomoteur. Elle disparaît entre les maisons en même temps que cesse le bruit. Cet instant provoque chez le narrateur un basculement intérieur. «Depuis ce jour, tout a pourri. Je, François Besson, vois la mort partout.»Depuis ce jour François Besson vit les treize journées essentielles de sa vie.Le premier jour il écoute la confidence d'une amie, Anna, enregistrée sur bande magnétique. Il écoute ce qu'elle espérait, ce qui la passionnait, sa lassitude et ses raisons d'en finir.Le treizième jour, après avoir renoncé à l'argent, à l'amour, au travail et au bonheur, après avoir offert, en guise de sacrifice expiatoire, ses deux yeux à la brûlure du soleil, Besson fait passer l'envers de la bande. Anna raconte qu'elle a menti, que ses raisons de se suicider sont difficiles à dire mais qu'elle va mourir ; elle a absorbé le gardénal et il entendra ses dernières paroles. On assiste à la mort d'Anna. Elle dit : «C'est comme s'il y avait le déluge.»Le livre se termine sur l'abandon de François Besson. Le 22 mars 1963, il cède : la barrière de sa volonté n'est plus. Il a voulu le déchaînement, et ce déchaînement s'accomplit.
11,00 €
Le Flâneur des deux rives / Contemporains pittoresques
Gallimard
«Les hommes ne se séparent de rien sans regret, et même les lieux, les choses et les gens qui les rendirent les plus malheureux, ils ne les abandonnent point sans douleur.C'est ainsi qu'en 1912, je ne vous quittai pas sans amertume, lointain Auteuil, quartier charmant de mes grandes tristesses. Je n'y devais revenir qu'en l'an 1916 pour être trépané à la Villa Molière.»Le flâneur des deux rives a paru en 1918, l'année de la mort de Guillaume Apollinaire. Le texte qui annonce le surréalisme a exercé une influence profonde.Contemporains pittoresques, recueil d'articles dispersés et introuvables, est un ouvrage posthume.
9,00 €
Aimée
Gallimard
«Je revois chaque minute de cette journée extraordinaire, l'instant où nous sortîmes de la maison dans la rue vivante, illuminée, pleine de promeneurs et de toute la brillante animation du printemps, l'instant où dans l'auto découverte qui filait doucement, et comme enchantée, au ras des trottoirs, au milieu de la foule et parmi le flot des visages qui me paraissaient tous joyeux, m'étant tourné timidement vers Aimée, je vis qu'elle était sur le point de sourire. Sourire léger, à peine formé sur ces lèvres, mais que son regard fit épanouir. Et à cet instant, comme pour prolonger le miracle, Aimée se mit à parler (...) : - J'ai peur, dit-elle, que vous ne me connaissiez pas bien. Je suis si peu intéressante ! Il y a en moi quelque chose de si brutal ! Je vous sens si tendre à côté de moi, si dévoué, si hors de vous-même. Moi, au fond, je n'aime que moi, que mon plaisir...»
9,00 €
Olga ma vache - Les Campements - Confessions d'un fumeur de tabac français
Gallimard
Roland Dubillard, de son inimitable démarche d'humoriste lugubre, de funambule métaphysique, explore, dans ce livre, le domaine de la nouvelle.Olga ma vache est l'histoire de la violente passion qu'un ruminant inspire à son propriétaire. Cet étrange amour plonge cet homme dans les situations les plus invraisemblables qui sont vécues avec une intensité et une fantaisie désespérées.Un long monologue poétique, Les Campements, célèbre l'instable, les harmonies passagères, la destruction permanente, l'absurde.Enfin Confessions d'un fumeur de tabac français, journal de la dérision d'une désintoxication ratée, sert de prétexte à parler avec légèreté de l'écriture, de l'amour qui se consume, de l'inconsistance de la vie qui passe.Dans ces nouvelles, comme dans son œuvre théâtrale, on entend la voix de Dubillard, une voix comique, au sens le plus fort.
9,00 €
Feux
Gallimard
Feux est une suite de nouvelles, de proses lyriques, presque de poèmes, inspirés par une certaine notion de l'amour. Alternant avec des notes sur la passion amoureuse, on y trouve les histoires de Phèdre, d'Achille, de Patrocle, d'Antigone, de Léna, de Marie-Madeleine, de Phédon, de Clytemnestre, de Sappho.«Dans Feux, où je croyais ne faire que glorifier un amour très concret, ou peut-être exorciser celui-ci, écrit l'auteur, l'idôlatrie de l'être aimé s'associe très visiblement à des passions plus abstraites, mais non moins intenses, qui prévalent parfois sur l'obsession sentimentale et charnelle : dans Antigone ou Le choix, le choix d'Antigone est la justice ; dans Phédon ou Le vertige, le vertige est celui de la connaissance ; dans Marie-Madeleine ou Le salut, le salut est Dieu. Il n'y a pas là sublimation, comme le veut une formule décidément malheureuse et insultante pour la chair elle-même, mais perception obscure que l'amour pour une personne donnée, si poignant, n'est souvent qu'un bel accident passager, moins réel en un sens que des prédispositions et les choix qui l'antidatent et qui lui survivront.»
10,00 €
Le précepteur
Gallimard
"J'ai beaucoup de mal à me revoir dans cet emploi de précepteur, fort précaire, au foyer d'un marchand de voitures, boulevard Jourdan, vers 1938. Peu d'argent, peu d'amis dans Paris, et l'instabilité générale (qui n'épargnait pas le marché automobile), la glissade vers la guerre. Cela encore - l'inquiétude, un certain comique des mauvaises surprises - je parviens à le ressaisir. Ce que je retrouve très difficilement, par contre, c'est l'essentiel du Précepteur : la joie qui m'a permis d'écrire ce livre, l'élan qui me faisait alors traverser les difficultés comme des cerceaux de papier. Un clown ? Quelqu'un d'assez risible par moments, un étourdi, un rêveur éveillé, horriblement craintif et avide à la fois. Il est naturel que l'un des trois récits dont se compose le livre ait trait aux années de collège. Le précepteur des enfants Chavanet est resté, par bien des traits, l'adolescent exalté qu'il était dans mon premier livre (Le seau à charbon). Les notes éparses sur lesquelles s'achève Le précepteur sont les témoins d'une joie, d'une légèreté, par moments intenable : il fallait l'user, la malmener, la perdre, arriver enfin au désert." Henri Thomas.
7,50 €
Au moment voulu
Gallimard
«La nuit, dans le Sud, quand je me lève, je sais qu'il ne s'agit ni du proche, ni du lointain, ni d'un événement m'appartenant, ni d'une vérité capable de parler, ce n'est pas une scène, ni le commencement de quelque chose. Une image, mais vaine, un instant, mais stérile, quelqu'un pour qui je ne suis rien et qui ne m'est rien - sans lien, sans début, sans but -, un point, et hors de ce point, rien, dans le monde, qui ne me soit étranger. Une figure ? mais privée de nom, sans biographie, que refuse la mémoire, qui ne désire pas être racontée, qui ne veut pas survivre ; présente, mais elle n'est pas là ; absente, et cependant nullement ailleurs, ici ; vraie ? tout à fait en dehors du véritable. Si l'on dit : elle est liée à la nuit, je le nie ; la nuit ne la connaît pas. Si l'on me demande : mais de quoi parlez-vous ? je réponds : alors, il n'y a personne pour me le demander.»
9,00 €
Le Seuil du jardin
Gallimard
"Il travaillait alors à une toile intitulée Le seuil du jardin. Son sujet lui avait été fourni par un rêve dont l'insistance à se reproduire lui semblait un avertissement. D'une nuit à l'autre, le décor variait légèrement, mais la même impression de joie incommunicable s'en dégageait. Masson approchait d'un jardin à l'abandon, désert, touché par la lumière d'été. Sa porte vermoulue était ouverte, mais il n'éprouvait pas l'envie d'y pénétrer ; il lui suffisait de savoir que ce jardin existait." Masson, peintre hanté par un bonheur enfoui, rencontre Swaine, porteur d'un secret extraordinaire : il aurait trouvé un moyen de revivre les moments heureux du passé. L'écriture poétique et envoûtante d'Hardellet nous transporte dans un univers onirique où les frontières entre réalité et imaginaire s'estompent. Dans les méandres de la mémoire et du rêve, le livre interroge la nature du bonheur et des paradis perdus.
12,00 €
Le Château de Cène / Le Château de Hors /L' Outrage aux mots /La Pornographie
Gallimard
«Être inacceptable... Il ne s'agissait pas de faire scandale ni violence, mais de céder à l'emportement d'une révolte qui, en soulevant l'imagination, combattait la censure intérieure et la réserve timide. L'écriture fut en touts cas un moment de jubilation et de liberté intenses, car être inacceptable conduit simplement à ne pas accepter les oppressions de l'ordre moral et de sa propre soumission. Ce livre, poursuivi pour outrage aux mœurs, est-il devenu inoffensif ? Ou bien la censure s'est-elle faite plus subtile en privant de sens - donc de plaisir - aussi bien les excès imaginaires que les valeurs raisonnables ?»Bernard Noël.
9,70 €
Milady / Monsieur Zéro
Gallimard
Deux destins brisés, deux mondes qui s'entrechoquent. Dans ces deux nouvelles poignantes, Paul Morand explore les ravages de passions tristes. À Saumur, un commandant à la retraite trouve en sa jument Milady l'ultime accomplissement de sa vie. À New York, un banquier flamboyant, Silas Cursitor, voit son empire s'écrouler. Ces deux hommes, figures de la finitude humaine, sont les témoins d'une époque en mutation. L'un semble nostalgique d'un monde disparu, l'autre est emporté par une frénésie moderne, tous deux immensément perdus.
10,00 €
Pastiches et mélanges
Gallimard
«Il n'y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. Tout ce qui, semblait-il, les remplissait pour les autres, et que nous écartions comme un obstacle vulgaire à un plaisir divin : le jeu pour lequel un ami venait nous chercher au passage le plus intéressant, l'abeille ou le rayon de soleil gênants qui nous forçaient à lever les yeux de la page ou à changer de place, les provisions de goûter qu'on nous avait fait emporter et que nous laissions à côté de nous sur le banc, sans y toucher, tandis que, au-dessus de notre tête, le soleil diminuait de force dans le ciel bleu, le dîner pour lequel il avait fallu rentrer et pendant lequel nous ne pensions qu'à monter finir, tout de suite après, le chapitre interrompu, tout cela, dont la lecture aurait dû nous empêcher de percevoir autre chose que l'importunité, elle en gravait au contraire en nous un souvenir tellement doux (tellement plus précieux à notre jugement actuel que ce que nous lisions alors avec amour) que, s'il nous arrive encore aujourd'hui de feuilleter ces livres d'autrefois, ce n'est plus que comme les seuls calendriers que nous ayons gardés des jours enfuis, et avec l'espoir de voir reflétés sur leurs pages les demeures et les étangs qui n'existent plus.»
11,00 €
Le Savon
Gallimard
Un savon glisse entre les doigts, mousse, jubile, écume, s'efface - et Francis Ponge en fait un poème. Dans ce texte insolite et brillant, l'auteur s'empare d'un objet banal pour mener une expérience littéraire déroutante : dire la chose, la cerner, la raconter jusqu'à sa disparition complète. Le savon n'est ni un poème au sens classique, ni un essai, ni tout à fait un récit. C'est une exploration ludique du langage lui-même, de sa capacité à caresser les contours du réel, à échouer magnifiquement à le saisir, puis à recommencer. À travers jeux de mots, détours rhétoriques, glissements de sens, Ponge transforme l'objet le plus humble en matière à penser.
10,00 €
La règle du jeu. La règle du jeu, IV : Frêle bruit
Gallimard
Avec Frêle bruit, Michel Leiris clôt La Règle du jeu. Dans ce dernier tome, construit presque musicalement, se mêlent à des souvenirs proches ou lointains et à des idées soit anciennes, soit venues chemin faisant, des tentatives plus ou moins expresses d'arriver à des moments de transparence. Aspiration au merveilleux, volonté d'engagement social, désir d'universalisme, telles sont les couleurs qui semblent dominer dans le jeu de l'écrivain.
12,50 €
L'Adoration
Gallimard
Ce n'est pas seulement sa vie propre que relate ici le narrateur, mais, mêlée à elle, l'une de l'autre dépendante, celle de sa mère. Confession d'un fils, sans doute, mais aussi et surtout recherche constante d'un être en quête de lui-même et de ses sources profondes, et qui se cherche à la fois dans son propre passé et dans le passé même de cette mère accablée et démesurément aimée. D'où, sans cesse, ces remontées dans le temps, ces allers et retours qui viennent bien moins rompre la chronologie du récit que l'éclairer au contraire, l'étayer, l'approfondir.
12,50 €
Thomas l'obscur
Gallimard
«Thomas demeura à lire dans sa chambre. Il était assis sur une chaise de velours, les mains jointes au-dessus de son front, les pouces appuyés contre la racine des cheveux, si absorbé qu'il ne faisait pas un mouvement lorsqu'on ouvrait la porte. Ceux qui entraient se penchaient sur son épaule et lisaient ces phrases : "Il descendit sur la plage : il voulait marcher. L'engourdissement gagnait après les parties superficielles les régions profondes du cœur. Encore quelques heures et il savait qu'il s'en irait doucement à un état incompréhensible sans jamais connaître le secret de sa métamorphose. Encore quelques instants et il éprouverait cette paix que donne la vie en se retirant, cette tranquillité de l'abandon au crime et à la mort. Il eut envie de s'étendre sur le sable : las et informe, il épiait le moment où allait paraître la première agonie de sa vie, un sentiment merveilleux qui doucement le délierait de ce qu'il y avait de raidi dans ses articulations et ses pensées. Il vit que tout en lui préparait le consentement : son corps commençait à se détendre ; ses mains ouvertes s'offraient au malheur ; ses yeux mi-fermés faisaient signe au destin."»

Nouvelle version
9,00 €
Mobile
Gallimard
«Respirez l'air de 50 États !De ville en ville, de frontière en frontière, de la côte Atlantique à la côte Pacifique !Des centaines de fleuves, des centaines d'oiseaux, des centaines de voix !Les Européens, les Noirs, les Indiens !Vivez aujourd'hui avec votre famille la rigolade, l'aventure, le drame du passé, du présent et du futur de l'Amérique ! [...]Mobile !Une orgie de surprise et de frissons !».

Avec une carte sur dépliant
15,00 €
Le Piège
Gallimard
«Bridet se laissa tomber sur le tabouret. Au moment où on l'avait poussé dans la cellule, il avait crié, esquissé un mouvement de recul, si grande était son excitation. Et maintenant, quelques minutes plus tard, il était là, subitement retranché du monde, sans savoir ni pourquoi ni pour combien de temps. Il pensait à l'histoire des tracts. On avait voulu certainement aggraver son cas. Mais qui ? Puisqu'il suffisait d'un ordre de ministre pour arrêter les gens, pourquoi cette comédie ? Il avait peut-être pris de trop haut ces inspecteurs. Ils s'étaient vengés. Yolande aussi avait été maladroite. Quel besoin avait-elle eu de parler à des gens qui, du point de vue patriotique, ne devaient pas avoir la conscience bien tranquille, des qualités du général Stulpnagel ?»
10,50 €
Beloukia
Gallimard
«Depuis qu'il connaissait Beloukia, il ne s'était pas détourné tout à fait de la politique bien qu'on ne le vît plus jamais pérorer dans les cours du Palais. Même son jeu, pour être devenu moins apparent, y avait pris de l'acuité. Il était entré dans les conseils d'Abdul. Et il s'était trouvé dans des engagements bien plus définitifs qu'il n'aurait pu supporter quelques années auparavant. Or, ces engagements n'allaient pas dans le sens des intérêts de Mansour et de Beloukia.».
7,80 €
Le Parricide imaginaire
Gallimard
Longtemps après le meurtre, Juste commença de se parler à lui-même : «Ai-je voulu tuer ? Qui ai-je tué ? Qui ai-je voulu tuer ? » se demandait-il et il se répondait : «Peut-être n'ai-je voulu que disperser un cauchemar, en faisant du bruit ? [...] C'est le visage le plus aimé de moi, le seul visage de ma mère que j'ai cru atteindre. Je ne pouvais plus voir ma mère Agnès, contrefaite ainsi par le mal et par le malheur, sans la tuer ou mourir, et comme je savais que je lui aurais fait plus de mal en me tuant qu'en la tuant, en ne me tuant pas et en la tuant [...], n'était-ce qu'à elle que je songeais ?».
7,80 €
La règle du jeu. La règle du jeu, II : Fourbis
Gallimard
Apprivoiser la mort, agir authentiquement, rompre le cercle du moi, tels sont les thèmes majeurs de Fourbis.Paris et ses environs, divers points du sud de la France, l'Afrique, les Antilles, tels sont les lieux où s'agite le meneur de ce jeu. Par échappées, on le voit à son retour des îles s'émouvoir du malaise de notre civilisation occidentale, puis s'unir à ceux qui s'efforcent d'instaurer un ordre plus équitable, mais en définitive n'en pas rabattre d'une exigence à laquelle ne pourrait satisfaire un pragmatisme ennemi de tout abandon à la gratuité de ce qui est pure séduction.
11,00 €
Je m'appelle Anna Livia
Gallimard
Le retentissement de certains mots en nous longtemps après, quand justement on ne les entend plus, on les entend autrement, on les entend mieux. Histoire simple et pourtant indicible d'un amour interdit qui brille d'un éclat sombre : l'amour fou d'Anna Livia et de son père. Passion hors du temps, de nulle part, aride comme le désert évoqué si souvent par le père, là où Anna Livia, dépouillée de tout, viendra abolir jusqu'à sa mémoire.
7,50 €
Un mariage en province
Gallimard
«Un jeune homme riche et beau comme Onorato ne pouvait être intimidé par personne. Il voulait dire qu'elles ne lui plaisaient pas ; qu'il aimait les jeunes filles simples et modestes. Et personne ne l'était plus que moi.Depuis que je savais que c'était cela qu'il aimait, j'oubliais tous mes vieux griefs contre les habitudes patriarcales de notre maison ; j'avais l'impression d'avoir choisi moi-même ce genre de vie, de l'aimer.»
7,00 €
La Fièvre
Gallimard
Ces neuf histoires de petite folie sont des fictions ; et pourtant, elles n'ont pas été inventées. Leur matière est puisée dans une expérience familière. Tous les jours, nous perdons la tête à cause d'un peu de température, d'une rage de dents, d'un vertige passager. Nous nous mettons en colère. Nous jouissons. Nous sommes ivres. Cela ne dure pas longtemps, mais cela suffit. Nos peaux, nos yeux, nos oreilles, nos nez, nos langues emmagasinent tous les jours des millions de sensations dont pas une n'est oubliée. Voilà le danger. Nous sommes de vrais volcans. J.M.G. L.C.
10,00 €
Mémoire de la ville
Gallimard
«La ville où le moindre passant est un centaure, toute ombre une sirène et le plus banal amour celui de la hautaine licorne n'est pas facile à trouver sur la carte. Elle date pour chacun de nous de la naissance du monde. Ses pierres connaissent la défaite, mais ses hommes non. Ils ont la fraîcheur de l'herbe.» D. B.
8,00 €
Auto-da-fé
Gallimard
"Le professeur Peter Kien, un homme long et maigre, savant sinologue [...], avait l'habitude de jeter un coup d'oeil aux devantures de toutes les librairies devant lesquelles il passait. Il trouvait presque plaisant de constater que la mauvaise graine et l'ivraie gagnaient chaque jour du terrain. Lui-même possédait la plus importante bibliothèque privée de cette grande ville. Et il en emportait toujours une parcelle sur lui. La passion qu'il éprouvait pour elle, la seule qu'il se permît dans sa vie sévère et studieuse, le contraignait à des mesures de prudence.". Un vieux savant sinologue, Peter Kien, vit retranché dans le silence de sa maison. Son unique compagnie est une immense bibliothèque composée de 25000 livres, dont il maîtrise chaque page, chaque ligne et chaque mot. Emmuré dans sa science et ses souvenirs, il vit ainsi, satisfait, loin de la réalité. Cet équilibre bascule cependant lorsqu'il se marie : le début d'une descente aux enfers, où se croisent des personnages plus incroyables les uns que les autres. Publié à l'aube du nazisme, ce premier roman sert de terrible parabole au combat entre individu et masse, esprit et existence. Tous les personnages qui s'y côtoient vivent reclus dans de folles chimères, dans leurs ritournelles intimes, qui les empêchent de se rencontrer. Elias Canetti manie dans ces pages un humour tragique évoquant le génie de Kafka.
16,50 €
Descends, Moïse
Gallimard
«Il avait seize ans. Pendant six ans, il avait écouté parler les hommes. Depuis six ans, il avait entendu la fine fleur de tout ce qu'ils disaient [...] de la brousse, des grands bois, plus vastes et plus anciens qu'aucun titre enregistré [...].Ce qu'ils disaient des hommes, ni blancs, ni noirs, ni rouges, mais des hommes, des chasseurs [...] et des chiens, de l'ours et du cerf [...] le plus beau de tout ce qu'on entendait, les voix que l'évocation du passé, le souvenir, le souci d'exactitude rendaient contenues, graves, circonspectes...Puis il eut vingt et un ans.»
12,00 €
La Vocation suspendue
Gallimard
«D'après quoi établissez-vous qu'une vocation est authentique, puisqu'il n'y a pas, selon vous, si j'ai bien saisi votre pensée, il n'y a pas de voix qui, de là-haut, appelle celui qui croit entendre cette voix assez fortement pour lui obéir ? et comment l'Église qui, tout entière, s'est levée à l'appel de cette voix, et qui reçoit ceux qui obéissent à cet appel, peut-elle songer venir consulter un esprit qui estime que cet appel est illusoire, parce que cette voix jamais n'aurait appelé ? - Je ne discute pas la réalité du phénomène [...])"".
7,50 €
Les Pas perdus
Gallimard
«Dieu merci, notre époque est moins avilie qu'on veut le dire : Picabia, Duchamp, Picasso nous restent. Je vous serre les mains, Louis Aragon, Paul Éluard, Philippe Soupault, mes chers amis de toujours. Vous souvenez-vous de Guillaume Apollinaire et de Pierre Reverdy ? [...] Il ne sera pas dit que le dadaïsme aura servi à autre chose qu'à nous maintenir dans cet état de disponibilité parfaite où nous sommes et dont maintenant nous allons nous éloigner avec lucidité vers ce qui nous réclame.».

Nouvelle édition revue et corrigée
10,00 €
Walden ou la vie dans les bois
Gallimard
En plein XIXe siècle, dans le pays qui est en passe de devenir le plus industrialisé du monde, Thoreau tourne le dos à la civilisation et s'installe dans les bois, dans une cabane construite par ses soins au bord d'un l'étang...
10,50 €
Milieu de siècle
Gallimard
Des personnages historiques, des Américains célèbres et des personnages imaginaires se croisent ou se suivent ici, et le récit de toutes ces vies finit par composer, suivant un procédé dans lequel Dos Passos excelle, le roman du milieu de siècle. Manchettes, entrefilets de journaux, extraits d'articles et slogans restituent le bruit de fond de l'époque. Les souvenirs de Blackie Bowman, vieil anarchiste agonisant, rappelle les illusions de la jeunesse. Le leitmotiv des Notes de l'enquêteur suggère enfin cette «morale» de l'histoire : les lois faites pour assurer le bien-être matériel diminuent à tel point la liberté qu'elles vont jusqu'à réduire les plus doués à la pire des misères.
15,00 €
Le chant du coq
Gallimard
Dès le chant du coq, Daniel Boulanger se met au travail, en artisan heureux. Les seize nouvelles qu'il nous donne aujourd'hui sont toutes éclairées par le reflet de ce bonheur fait d'angoisse, de lucidité, d'observations minutieuses. Ainsi se fait-il le porte-parole ou le témoin des vies les plus singulières : celle d'un humble et tendre ventriloque, d'un commissaire de police douloureux, d'une vieille fille hors du commun, d'une veuve, les uns et les autres toujours situés en porte à faux. S'il nous fait rire par ses étincelants traits d'écriture et son féroce humour, par la cocasserie des situations, il nous branche également - et dans le présent ouvrage plus encore que dans les précédents - sur les vertigineux à-pic de la psychologie des humbles, là où l'on finit par toucher les limites du néant, du meurtre, de la folie. Et n'oublions pas la guerre pleine de noires merveilles où seul se sauve du désastre celui qui ne possède que les routes.
9,00 €
Conversions
Gallimard
Au cours d'une soirée donnée par un Américain millionnaire et érudit, le narrateur des Conversions gagne une herminette. («Erminette ou herminette, s.f. Espèce de hache à tranchant lunaire pour planer et doler le bois. Étym. Hermine, parce qu'on a comparé la partie recourbée de l'erminette au museau de l'hermine.» Littré.) Détenteur de cet objet insolite, le narrateur se découvrira un jour légataire d'une fortune fabuleuse... Mais il lui faut au préalable élucider trois énigmes gravées sur le manche de la hache. D'un mot à l'autre sa quête le conduit à travers le monde. Elle se solde par un échec, mais elle se matérialise en un livre d'une rare allégresse où Harry Mathews déploie un humour vertigineux.

Nouvelle édition revue par l'auteur en 1989
7,80 €
Au bal avec Marcel Proust
Gallimard
«Marcel Proust vint s'asseoir au bal en face de moi, sur une petite chaise dorée, livide et barbu, avec sa pelisse de fourrure, son visage de douleur et ses yeux qui voyaient la nuit. Il a essayé de me parler, j'ai tâché de ne pas l'entendre, je l'ai fui. Pouvait-il comprendre pourquoi je voulais m'éloigner de lui à toute force ? C'était parce qu'il réveillait en moi la peur de l'indicible. Il avait les clés du monde où je ne voulais pas le suivre ce soir-là, où il m'a entraînée depuis.» De tous les livres écrits par les amis de Proust, celui-ci est sans doute le plus joli, le plus sensible. À côté de l'écrivain revivent Emmanuel et Antoine Bibesco, ainsi que Bertrand de Fénelon, auxquels il était lié par une indestructible amitié.
8,50 €
Le sentiment géographique
Gallimard
«Écrire comme on tâtonne, frissonne, entrer par effraction dans la nuit de la langue, pressentir un espace, des sites à reconnaître de mémoire, c'est cela le sentiment géographique, sentiment que toute rêverie apporte sa terre, ici celle du Forez, basse plaine entre Roanne et Saint-Étienne, basse prose qui s'élabore à partir des trois premières pages de L'Astrée, roman dix-septième siècle d'Honoré d'Urfé, premier berger (j'allais dire écrivain) à s'engourdir de son troupeau (ne compte-t-on pas les moutons pour s'endormir ?), à se couvrir de sa laine pour accéder au sommeil levant d'une fable dont l'herbe pousse, l'eau déborde (le rut des ruisseaux qui s'accélèrent),

histoire de nous-même lisant, marchant, ruminant notre lecture dans un pays aussi un livre, région intime qu'écornent les pierres, le soupçon divagant d'un horizon reporté perpétuel à la phrase prochaine.» Michel Chaillou.
7,80 €
Les tablettes de buis d'Apronenia Avitia
Gallimard
À la fin du IVᵉ siècle de notre ère, une patricienne romaine âgée de cinquante et un ans tient son journal, ou plutôt une sorte d'agenda. Elle consigne sur des tablettes de buis des achats qu'elle projette, des rentrées d'argent, des plaisanteries, des scènes qui l'ont touchée. Pendant vingt ans Apronenia Avitia se consacre à cette tâche méticuleuse, dédaignant de voir la mort de l'Empire, le pouvoir chrétien qui s'étend, les troupes gothiques qui investissent à trois reprises la Ville.
8,50 €
Perturbation
Gallimard
"Chaque jour, je me construisais totalement puis me détruisais totalement." Le narrateur, un adolescent, accompagne son père, médecin de campagne des Alpes autrichiennes, dans ses visites aux malades. Très vite, il se rend compte que dans la plupart des cas les problèmes véritables commencent bien au-delà des possibilités de la médecine. De visite en visite, d'observations en conversations, c'est moins le monde de la souffrance physiologique qu'il découvre que celui de la solitude, du désarroi et du tourment. Les divers drames, où le milieu, le climat, le passé collectif jouent un rôle déterminant, apparaissent bientôt comme autant de signes d'une perturbation générale qui n'épargne nulle vie.
10,50 €
Sauf-conduit
Gallimard
Sauf-conduit a été conçu comme un livre sur Rilke : c'est pour parler du poète qui lui a révélé la poésie que Pasternak a entrepris ce qui est devenu une «suite de fragments autobiographiques sur la manière dont s'est constituée sa conception de l'art et sur ses racines». En cours de route, Sauf-conduit change de héros sans changer de sujet : la troisième et dernière partie est tout entière consacrée à Maïakovski.

Première édition
10,00 €
Trois tristes tigres
Gallimard
"Elle m'a demandé une cigarette. Je la lui ai donnée, mais je n'en ai pas pris pour moi. Quand je lui ai offert du feu elle a frôlé à peine ma main, sauf les fois où le tremblement de sa main se communiquait à la mienne par les doigts crispés et humides de sueur. Ses lèvres tremblaient aussi." Somme culturelle qui rassemble tous les types urbains de La Havane nocturne et dépravée, ce livre est le roman du langage. Les trois tigres des Tropiques sont, en fait, quatre : un écrivain, un acteur, un photographe et un joueur de bongo, qui gravitent autour d'un personnage emblématique, Bustrófedon. Leurs voix mêlées forment une histoire, ou plutôt un tissu d'histoires. Les débuts dans la vie de chacun des principaux personnages sont présentés comme autant de nouvelles indépendantes, mais tous évoluent dans La Havane d'avant la Révolution, monde trouble, humide, torride, déliquescent, clos sur lui-même, avec ses bars, ses night-clubs et leur faune telle l'énorme et géniale Estrella... A. B.
13,00 €
Le rêve d'une chose
Gallimard
Nini Infant, Eligio Pereisson et Milio Bortolus se lient d'amitié pendant la fête du lundi de Pâques 1948, dans un village du Frioul. Ils se sont rencontrés sous le signe de l'ivresse, ils se retrouveront plus tard sous celui des illusions perdues : Nini et Eligio reviennent de Yougoslavie, Milio de Suisse. La nostalgie de l'Italie et la faim les ont fait rentrer au pays. Ils participent aux manifestations organisées par les communistes contre les grands propriétaires terriens, remportent une victoire provisoire et vivent ainsi une alternance de moments de joie et de drame. Avec eux et la famille Faedis, avec les histoires d'amour et les deuils, c'est une double chronique que Pasolini nous livre - celle des petites gens du Frioul, celle de la jeunesse, habitée par un rêve imprécis : le rêve d'une chose.
10,50 €
Petit-Louis
Gallimard
«Nous vivions tranquilles, sans gros soucis. Mon père ne votait pas, ne lisait pas le journal. Le Monde ? Une catastrophe ou un grand crime nous y faisaient penser. Puis nous n'y songions plus.» Ainsi parle Louis Decamp, dit Petit-Louis. En toile de fond de ce roman d'apprentissage, Eugène Dabit décrit la vie à Paris pendant la guerre, la vie au front ensuite. Sa plume est toujours allusive, économe, d'une extrême pudeur.
11,00 €