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Résultats de recherche pour 'Je lis pas à pas' (9885)

Aminadab
Gallimard
«Il faisait grand jour. Thomas qui jusque-là avait été seul vit avec plaisir un homme d'aspect robuste, tranquillement occupé à balayer devant sa porte. Le rideau de fer du magasin était à demi levé. Thomas se pencha un peu et aperçut à l'intérieur une femme couchée dans un lit qui tenait toute la place laissée libre par les autres meubles. Le visage de la femme, quoique tourné vers le mur, n'échappait pas à la vue : doux et fiévreux, tourmenté et pourtant déjà gagné par le repos, voilà ce qu'il était. Thomas se redressa. Il n'avait qu'à continuer sa route. Mais l'homme qui balayait l'interpella : - Entrez, dit-il tandis que son bras se tendait vers la porte et indiquait le chemin à suivre.»

Maurice Blanchot (1907-2003) fut romancier et critique. Sa vie fut entièrement vouée à la littérature et au silence qui lui est propre.
11,00 €
Vacances
Gallimard
«Je n'ai jamais connu personne qui, autant que Marc Bernard, eût le travail en horreur. Il suffisait que l'on en proposât un à cet homme si bon pour qu'une lueur mauvaise s'allumât dans ses yeux bleus. Une fois pour toutes, entre le travail et la pauvreté, il avait choisi. C'est pourquoi le lecteur qui ouvre le présent recueil, Vacances, ne doit pas se laisser abuser par le titre. Venant de celui qui tenait si farouchement le travail à distance, il n'est pas possible qu'il s'agisse de congés payés, et pas davantage de Club Méditerranée. Vacances, malgré son titre, n'est pas fait de pages heureuses, de souvenirs ensoleillés. Marc appelle vacances les moments privilégiés où il s'est vraiment senti libre.»Roger Grenier.

Nouvelle édition

«Vacances, malgré son titre, n'est pas fait de pages heureuses, de souvenirs ensoleillés. Marc Bernard appelle vacances les moments privilégiés où il s'est senti vraiment libre.» Roger Grenier.
8,05 €
Tous les feux le feu
Gallimard
Qui de nous ne s'est jamais trouvé pris dans un embouteillage ? Qui n'a tenté de tuer le temps en observant les passagers des voitures voisines, en essayant de gagner quelques mètres sur eux et en échangeant des pronostics, bons ou mauvais, sur le développement de la situation ? Mais que se passe-t-il si l'embouteillage dure des jours, des semaines, des saisons ? C'est ce que Cortázar imagine dans L'autoroute du Sud, la première des huit nouvelles de ce recueil. En décrivant les rapports de solidarité et de peur, de tendresse et de hargne qui s'établissent entre les victimes de cet «état de siège» moderne, c'est toute une nouvelle sociologie - tantôt drôle ou tendre, tantôt tragique - qu'il invente au cours des péripéties.Ainsi, dans l'admirable Autre ciel, l'on voit le protagoniste circuler avec la plus grande aisance entre le passage Güemès à Buenos Aires, où il laisse sa fiancée Irma à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et la galerie Vivienne à Paris, où il retrouve la prostituée Josiane à la fin de la guerre de 70... Dans la nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage, le parallélisme de deux séries temporelles nettement distinctes brise résolument la succession linéaire du temps, comme la structure euclidienne de l'espace, pour atteindre à une vérité plus humaine...Pour Julio Cortázar, rien, en effet, n'est plus inquiétant que la plus banale des réalités, et la trame du quotidien est tissée de signes insolites, pour qui sait les lire.

Pour Julio Cortázar, rien n'est plus inquiétant que la plus banale des réalités...
10,00 €
Nioque de l'Avant-Printemps
Gallimard
«NIOQUE est l'écriture phonétique (comme on pourrait écrire inivrant) de GNOQUE, mot forgé par moi à partir de la racine grecque signifiant connaissance, et pour ne pas reprendre le GNOSSIENNE de Satie ni le CONNAISSANCE (de l'Est) de Claudel.»Francis Ponge.

«Je ne puis rien dire, écrire (ni penser) d'autre que ce que la saison m'inspire», avoue Francis Ponge. Impressions de vie à la campagne, paysages mouillés, poiriers... et textes politiques ou moraux.
6,00 €
La Pierre et l'oreiller
Gallimard
«J'avais dormi à l'hôtel du Chemin de Fer. J'avais fait ce que j'avais pu, j'avais couru et marché, j'avais dormi, j'avais écrit et lu, j'avais eu des contacts avec les femmes, l'histoire, j'avais même été communiste, l'art, la culture. Tout ça pour en arriver à se coucher. [...]Je comprenais ainsi pourquoi elle s'était finalement attachée à moi : parce que je lui offrais et l'aventure et l'organisation, et l'instabilité et la stabilité, la stabilité du mari et l'instabilité de l'amour, l'oreiller et la pierre.»

Poète, essayiste, romancier, critique d'art, Christian Dotremont (1922-1979) a tenu une place importante dans le surréalisme sous l'Occupation et après la guerre, et dans les mouvements artistiques.
7,80 €
Façons d'endormi Façons d'éveillé
Gallimard
«Rêves : amas de faits-divers, des petits faits-divers de la personne répétés en vrac en vitesse, faits-divers qui renvoient à d'autres faits de toute date, de faits passés où l'on trouva à redire, par quoi on fut attaqué, troublé. Rêve-réponse qui renvoie la balle. Alors pourquoi vouloir à tout prix interpréter ? Un sage arabe répond : "Un rêve non interprété ressemble à un oiseau qui plane au-dessus de la maison, sans se poser".»

«Rêver étant endormi, est-ce avant tout voir des images et des scènes, est-ce avoir affaire à du visible, de l'audible ?»
9,50 €
Béton
Gallimard
Pour écrire son étude sur Mendelssohn-Bartholdy, Rudolf a besoin d'être seul chez lui, à la campagne. Il a attendu avec impatience le départ de sa sœur qui était venue passer quelques jours avec lui. Mais n'est-ce pas lui qui l'avait invitée, justement parce qu'il n'arrivait pas à se mettre au travail ? Après son départ, il ne parvient pas davantage à écrire. Il sent partout sa présence, envahissante, il entend son discours, protecteur, ironique, provocant. Pour s'échapper, il part à Palma où il retrouve le souvenir atroce d'un drame qu'il a connu quelques années auparavant ; un suicide, un fait divers d'une banalité navrante.Thomas Bernhard construit une machine qui fonctionne à la perfection et se resserre comme un garrot : impossibilité d'être seul ou de ne pas l'être, impossibilité d'écrire et de renoncer à écrire...

Thomas Bernhard a construit une machine qui fonctionne à la perfection et se resserre comme un garrot : impossibilité d'être seul ou de ne pas l'être, impossibilité d'écrire et de renoncer à écrire...
9,50 €
Histoire d'un Blanc
Gallimard
«J'étais décidé à tout écrire mais voici qu'au seuil d'un passé qui forme mon présent, je n'ose avouer. Ce n'est pas par pudeur, ce n'est pas par peur de souffrir. Je crois qu'au contraire, en expliquant certains de mes gestes, certaines de mes cruautés, certaines de mes indifférences, je me rendrais justice et l'on comprendrait mieux ce qui m'a fait reculer. C'est que je ne veux pas que ma vie puisse être changée et bouleversée par un aveu. Je suis infiniment curieux de savoir ce que je vais devenir, je ne veux pas aiguiller sur une autre voie cette locomotive qui est le symbole de ma vie.»

«Je décidai d'écrire ces souvenirs de mon enfance et de mon adolescence sans vouloir censurer le flot de l'écriture...»
6,50 €
Cahier Kangourou
Gallimard
"Malgré moi, je me suis mis sur la pointe des pieds. J'avais le sentiment que, ainsi, je pourrais m'éloigner, un tant soit peu, de mes propres jambes. Pendant les heures que j'avais passées dans la salle d'attente, la croissance s'était accélérée. Elle était d'autant meilleure qu'on se rapprochait des genoux : la tige atteignait environ un centimètre, deux feuilles parfaites s'ouvraient à son extrémité et la concentration était telle qu'on ne voyait plus ma peau." Un homme se réveille un matin les mollets recouverts d'une espèce de légume qui ressemble à de la luzerne. Il se précipite chez un dermatologue aussi stupéfait que lui devant ces étranges symptômes. Dès lors, la journée du malade se déroule comme un rêve d'une extraordinaire précision réaliste. Des événements plus incongrus les uns que les autres s'enchaînent ... Kôbô Abe, qui devait mourir moins d'un an après la parution de ce dernier roman, était atteint d'une grave maladie. Sur un ton tour à tour guilleret et dramatique, il décrit dans cette fable onirique les dernières heures d'un malade.
9,00 €
Conte de la 1002ᵉ nuit
Gallimard
À un chah de Perse saisi de tenace mélancolie, le chef de ses eunuques conseille un voyage dans la vieille Europe. Ainsi, pour la première fois depuis des siècles, le descendant des envahisseurs orientaux revient à Vienne, en voyage officiel cette fois. Il jette bientôt son dévolu sur une ravissante comtesse, exige de passer une nuit avec elle. Les autorités, police, militaires, s'emploient à satisfaire son caprice. Mais c'est dans une maison close aménagée pour l'occasion, auprès d'une prostituée qui ressemble à la comtesse, que sera habilement guidé le potentat ravi.Commencé à la manière d'un conte oriental, le récit prend bientôt sa véritable dimension de roman viennois, roman d'une société naïve et cynique, corrompue et promise à la mort. Cette 1002ᵉ nuit est bien l'une des dernières fêtes viennoises célébrée par la littérature.

«Cette nuit-là, Sa Majesté le shah de Perse fut convaincue que l'art de l'amour était beaucoup plus raffiné en Occident que dans son pays...»
8,00 €
Le Professeur Frœppel
Gallimard
«Le présent ouvrage rassemble tout ce que l'on sait actuellement du Professeur Frœppel : le journal de sa folie, le récit de sa mort, ses œuvres théâtrales, scientifiques, poétiques et pédagogiques connues, mais revues corrigées et augmentées de nombreux inédits.La première découverte de ses œuvres se situe entre 1944 et 1947. Leur première publication, aux Éditions Gallimard, date de 1951, sous le titre : Un mot pour un autre.Outre les ouvrages publiés il y a plus de trente ans, comme le Journal intime, la célèbre comédie Un mot pour un autre, Le Dictionnaire des Mots Sauvages de la Langue Française, les Petits problèmes et travaux pratiques, l'édition que voici comporte de nombreux inédits récemment retrouvés, tels que les esquisses comiques : Finissez vos phrases et De quoi s'agit-il ?, La Poésie usuelle, un essai mnémotechnique : Au chiffre des grands hommes, diverses adjonctions aux œuvres pédagogiques, ainsi que la principale œuvre plastique du Professeur : les Variations sur une ligne.»

Nouvelle édition revue et augmentée d'Un mot pour un autre

«Tous les malheurs de l'homme viennent de ce qu'il s'arrête en chemin. J'irai, moi, j'irai plus loin : passionnante rencontre de la linguistique, de la mimologie, de la psychanalyse, de la sociologie, de l'ethnographie et du magnétisme.» Professeur Frœppel.
9,50 €
La chevelure sacrifiée
Gallimard
Dans l'atmosphère de l'entre-deux-guerres, un passé révolu renaît sous nos yeux, porté par la grâce de l'amour et de la mémoire. Dans une ville paisible, Maryška, l'épouse flamboyante du brasseur, bouscule les conventions. Elle dépèce les porcs avec assurance, raccourcit sa jupe pour enfourcher sa bicyclette, escalade la cheminée de l'usine, savoure la vie avec une gourmandise assumée et laisse sa chevelure flotter au vent. Son mari semble bien terne à ses côtés, prisonnier de sa timidité et des convenances. Leur couple atypique est rejoint par un oncle tonitruant qui ne tarde pas à scandaliser leur petite communauté de Bohême. Ce roman, à la fois drôle et poétique, cocasse et débridé, nous plonge au coeur des sensations de la vie. Il est un appel à la liberté, contre les conservatismes, pour la joie de vivre.
9,50 €
Octaèdre
Gallimard
Telles les faces d'un prisme qui captent et réfractent chaque rayon lumineux, les huit nouvelles de ce recueil s'emparent de la réalité quotidienne, la fractionnent en milliers de particules infimes pour lui donner une dimension inattendue : une rame de métro un soir d'hiver est un lieu chargé de mystère, un cheval blanc rôde autour d'une maison isolée où vit un couple désuni...Cortázar ne se contente pas de la surface des choses : il leur confère un volume qui conduit le lecteur dans cet espace inexploré où se situe la véritable relation entre les hommes.

Telles les faces d'un prisme qui captent et réfractent chaque rayon lumineux, les huit nouvelles de ce recueil s'emparent de la réalité quotidienne, la fractionnent et lui donnent une dimension inattendue.
8,50 €
Le Voyage d'Urien
Gallimard
Voyage imaginaire, quête improbable... Urien et ses compagnons errent de la mer des Sargasses à la mer glaciale. "Ils ignorent leur destinée et ne gouvernent pas leur navire, mais un désir de volonté les leurre et leur fait prendre pour résolue la route que suivra leur nef hasardeuse." Profondément marquée par le symbolisme, Le voyage d'Urien est une oeuvre riche et ambiguë dans laquelle se mêlent poésie, émotion et ironie.
8,00 €
La Photo du colonel
Gallimard
«Il se leva, mit son chapeau de feutre orné d'un crêpe noir, son pardessus gris-fer, prit sa lourde serviette bourrée qu'il laissa tomber avant d'avoir fait un pas. Celle-ci s'ouvrit dans sa chute. Nous nous précipitâmes, en même temps. D'une des poches de la serviette, des photos s'étaient échappées, représentant un colonel en grand uniforme, moustachu, un colonel quelconque, une bonne tête plutôt attendrissante. Nous mîmes la serviette sur la table, pour y fouiller plus à l'aise : nous en sortîmes encore des centaines de photos avec le même modèle."Qu'est-ce que cela veut dire ? demandai-je, c'est la photo, la fameuse photo du colonel ! Vous l'aviez là, vous ne m'en aviez jamais parlé !"»Les récits de ce recueil constituèrent le point de départ de quelques-unes des plus célèbres pièces de Ionesco (Rhinocéros, Victime du devoir). Comme dans son théâtre, leur réalisme précis rejoint tout naturellement le fantastique, l'imaginaire.

Tout comme dans le théâtre de leur auteur, le réalisme précis de ces nouvelles rejoint naturellement le fantastique et l'imaginaire.
9,00 €
Le Club des métiers bizarres
Gallimard
«La nature de cette société [...] peut facilement se résumer en quelques mots : c'est un club excentrique et bohème ; la seule condition exigée pour en faire partie consiste en ceci, que le candidat doit avoir inventé la profession qui le fait vivre, et que cette profession doit être entièrement nouvelle. La définition exacte de cette exigence tient en deux règles principales : 1° Il ne faut pas que ce soit une simple application ou variante d'un métier déjà existant. Ainsi, par exemple, le club n'accepterait pas comme membre un agent d'assurances simplement parce que, au lieu d'assurer le mobilier des gens contre l'incendie, il assurerait, mettons, leur culotte contre les morsures d'un chien enragé. [...]2° Cette profession doit être une véritable source de revenus commerciaux, le gagne-pain de son inventeur. Ainsi, le club n'admettrait pas comme membre un individu simplement parce qu'il lui plairait de passer ses journées à ramasser des boîtes à sardines vides, à moins qu'il ne réussisse par ce moyen à gagner un argent fou.»

Fantastique, bizarre, brillamment original, audacieux et paradoxal sont les adjectifs invariablement appliqués aux œuvres de Chesterton...
10,00 €
Le Destin de A. D.
Gallimard
Officier de la Reichswehr, amoureux d'une jeune communiste, A. D. essaie d'intervenir en faveur de son beau-père qui risque d'être arrêté. Lorsqu'il apprend que la police a retrouvé son nom dans une circulaire destinée aux membres du Parti communiste, il déserte, affolé, avant de se constituer prisonnier. Il est condamné à quatorze ans de réclusion.Transféré en 1933 dans un camp de concentration comme communiste, puis à Buchenwald, il est à nouveau condamné par les Américains à la fin de la guerre avant d'être, enfin, réhabilité. Il aura passé vingt-sept ans en prison.Le destin incroyable d'un homme, témoin impuissant et victime d'une époque tragique.

Le destin incroyable d'un homme, témoin impuissant et victime d'une époque tragique.
12,10 €
Le Naufrage
Gallimard
«Quand Ramesh reprit ses sens, il se trouva étendu sur les bords d'une île de sable. Il eut quelque peine d'abord à se rendre compte de ce qui lui était arrivé, puis, comme dans un rêve fiévreux, le souvenir de la catastrophe lui revint, et il se leva vivement. Sa première pensée fut pour son père et ses amis. Il regarda autour de lui, mais il ne vit pas trace humaine. Il erra le long des rives, cherchant en vain. Cette île d'une blancheur de neige s'étendait comme un enfant nouveau-né dans les bras de sa nourrice, doucement posée entre deux embranchements de la grande rivière Padma, affluent du Gange. Ramesh passa de l'autre côté de l'île, et soudain distingua quelque chose de rouge. Pressant le pas il vit alors, évanouie à terre, une jeune femme vêtue d'écarlate, comme une nouvelle mariée.»

«Personne ne doutait que Ramesh réussirait à son examen de droit. La Déesse du Savoir, qui veille sur nos Universités, avait toujours, de ses lotus d'or, répandu une pluie de pétales sur lui...»
11,50 €
Vercoquin et le plancton
Gallimard
«Le Major avait une façon assez personnelle de danser, un peu déroutante au premier abord, mais à laquelle on s'accoutumait assez vite. De temps à autre, s'arrêtant sur le pied droit, il levait la jambe gauche de façon que le fémur fasse avec le corps, tenu vertical, un angle à 90°. Le tibia restait parallèle au corps, puis s'en écartait légèrement dans un mouvement spasmodique, le pied demeurant parfaitement horizontal pendant ce temps. Le tibia, redevenu vertical, le Major abaissait son fémur, puis continuait comme si de rien n'était.» Les surprises-parties en 1945 racontées par Boris Vian.

Les surprises-parties en 1945, racontées par Boris Vian.
9,50 €
Manuscrit trouvé à Saragosse
Gallimard
«Officier dans l'armée française, je me trouvai au siège de Saragosse. Quelques jours après la prise de la ville, m'étant avancé vers un lieu un peu écarté, j'aperçus une petite maisonnette [...]. Je frappai à la porte, mais je vis qu'elle n'était pas fermée. Je la poussai et j'entrai. [...] j'aperçus par terre, dans un coin, plusieurs cahiers de papier écrits. Je jetai les yeux sur ce qu'ils contenaient. C'était un manuscrit espagnol ; je ne connaissais que fort peu cette langue, mais, cependant, j'en savais assez pour comprendre que ce livre pouvait être amusant : on y parlait de brigands, de revenants, de cabalistes, et rien n'était plus propre à me distraire des fatigues de la campagne que la lecture d'un roman bizarre. Persuadé que ce livre ne reviendrait plus à son légitime propriétaire, je n'hésitait point à m'en emparer.»

Un véritable chef-d'œuvre de la littérature française comme de la littérature fantastique mondiale.
11,20 €
Les Oncles de Sicile
Gallimard
"Après avoir déjeuné - nous mangions presque tous du pain avec des sardines salées et de l'oignon cru - nous reprîmes le travail. Mon oncle nous recommanda une fois encore : "tenez vos lampes très bas", une minute plus tard, il vint du fond de la galerie un rugissement de feu ; le feu vint vers nous en hurlant comme l'eau que j'avais vue au cinéma se ruer par les vannes ouvertes ; mais cela, je le pense maintenant, et je ne suis pas sûr que cela ait été exactement comme ça, je voyais le feu qui m'arrivait dessus et je ne comprenais rien, mon oncle criait "le grisou !" et m'entraînait, et je courais déjà comme dans un rêve. " Dans chacune de ces nouvelles de Leonardo Sciascia, le petit monde sicilien se trouve transformé par un tournant de l'Histoire : la victoire de Garibaldi bouleverse la vie d'un hobereau monarchiste ; pendant la guerre d'Espagne, un paysan engagé du coîté des franquistes découvre qu'il se bat contre ses frères ; à la Libération, les Américains débarquent avec leurs bienfaits, mais aussi leurs incompréhensions ; à la mort de Staline, un cordonnier ne se remet pas des révélations du XXᵉ Congrès.
12,00 €
Béatrice Cenci
Gallimard
En 1595, François Cenci, noble Romain, débauché, criblé de dettes et torturé de jalousie, emmène et séquestre dans les monts Albains sa seconde femme Lucrèce et sa fille Béatrice. Celle-ci se morfond dans sa solitude et finit par céder au bel Olimpio Calvetti, l'intendant du château. Les deux amants assassinent François Cenci...Du palais Cenci à la prison de Tordinona, toute l'Italie de la Renaissance est reconstituée avec un pittoresque coloré. Après Shelley et Stendhal, Frederic Prokosch raconte cette célèbre et dramatique affaire judiciaire en une œuvre éblouissante.

Une éblouissante reconstitution de la Renaissance italienne, avec, en contrepoints, la densité d'un drame et la violence des passions...
13,20 €
La belle vie
Gallimard
C'était hier. Des Américains débarquaient en Europe. Ils s'appelaient Hemingway, Dos Passos, Fitzgerald et quelques autres. Ce fut le coup de foudre. Paris et la Côte d'Azur, le jazz et les bistrots, les lacs italiens et les fêtes de Barcelone, les promenades et l'écriture : c'était le bon temps, c'était la belle vie.De l'affaire Sacco et Vanzetti à la guerre d'Espagne, de la révolution littéraire que fut le roman américain aux premiers hôtels de Juan-les-Pins, les années 20 sont revisitées grâce aux souvenirs d'un des plus grands écrivains contemporains.

Les années 20 revisitées grâce aux souvenirs d'un des plus grands écrivains contemporains.
11,50 €
La Vie secrète de Salvador Dali
Gallimard
«Suis-je un génie ?»Pour Salvador Dali la réponse est oui. Pour lui, cela ne fait pas le moindre doute depuis l'enfance.Ce livre est un monument élevé par Salvador Dali à sa propre gloire. Si toute modestie en est absente, en revanche sa sincérité est brûlante. Dali s'y dépouille de ses secrets avec une impudence insolente.Une autobiographie passionnante et outrancière à l'image du peintre.

«Regarde ! Salvador Dali vient de naître. Le vent a cessé de souffler et le ciel est pur.» Une autobiographie passionnante et outrancière à l'image du peintre.
14,00 €
L'Épingle du jeu
Gallimard
Tandis qu'en cet hiver 1944 la guerre s'enfonce dans l'horreur, quelques jeunes gens cherchent un sens à la vie. Ils croient le trouver dans cette liberté même qui leur est refusée et se réfugient dans une révolte permanente.Un homme pourrait les sauver, le Préfet des Études, personnage ambigu, matamore et despote, mais doué d'un pouvoir de séduction peu commun. Il leur parle d'héroïsme et de vertu...Un livre irrespectueux, un livre de colère et de passion.

Un livre irrespectueux, un livre de colère et de passion.
11,00 €
Au-dessus de l'abysse
Gallimard
Un auteur dramatique américain fait la traversée New York-Angleterre. Il raconte tous les détails du bateau, les personnages qu'il vit évoluer autour de lui, les potins du bord, et se trouve plus ou moins séduit par plusieurs jeunes femmes. Il est pourtant parti à la recherche de celle qu'il aime, en Europe... et il la rencontre un jour sur le pont des «premières» où il faisait une incursion interdite. Elle va se marier...Un roman où abondent les descriptions étonnantes de couleur, des personnages observés avec une ironie perçante. Ce roman, subtil et cocasse, permet d'entendre la voix originale d'un écrivain mal connu, disparu en 1973. Malcolm Lowry, sur qui il exerça une grande influence, partageait avec lui le même désir de dépassement et de liberté.

Un roman où abondent les descriptions, étonnantes de couleur, des personnages observés avec ironie.
11,50 €
Ballets sans musique, sans personne, sans rien
Gallimard
Quand Céline rencontre les dieux et revisite la mythologie, quand il met en scène son imaginaire, on assiste à un spectacle total où l'amour, la jalousie, les sons et les lumières se mêlent en une sarabande extravagante d'invention et de drôlerie. Et Céline n'est jamais loin de la scène. Ne serait-ce pas lui-même qui parle ainsi du dieu Mars : «En musique formidable, il rémoule, rémoule... Je vous roule tous dans la farine ! Voilà son invective finale.»

Céline, dans ces textes pleins de chants et de danses mais aussi de morts, prouve que son style peut s'adapter à tous les genres.
11,00 €
H
Gallimard
«Les raisons pour lesquelles ce livre ne peut pas comporter de présentation seraient sans doute aussi longues à exposer que ce livre lui-même. Il faut donc éprouver son rythme : dictions, timbres, accents, ponctuation latente, tourbillon, flot, appel. Au-delà de l'automatisme un calcul joue, veille, critique, partant à la fois de tous les points de l'histoire. Ce calcul se dit par masses dans l'unité discontinue de ses coupes. Il module, frappe, chuchote, apostrophe, marque, efface, compte, signale l'absence mouvante mais cependant adressée, dialoguée, de toute langue de fond.Voilà, détendez-vous, c'est clair. Restez sur le sens, c'est simple. Ils sont deux, ici, dans la nuit. Tempo.»Philippe Sollers, 1973.

«qui dit salut la machine avec ses pattes rentrées son côté tortue cata socle ses touches figées accents toniques [...]»
8,00 €
L'Inconnu sur la terre
Gallimard
«Ceci n'est pas tout à fait un essai, pas tout à fait une tentative pour comprendre quelques mystères, ou pour forger quelques mythes. Ceci est une histoire, écrite sur plusieurs cahiers d'écolier italiens, en même temps que, selon un autre mode, et sur des feuilles de papier machine 21 x 27, s'écrivaient les phrases de Mondo et autres histoires.C'est une longue histoire, qui pourrait être celle d'un oiseau, celle d'un poisson et celle d'un arbre, car elle parle beaucoup du ciel, de la mer et de la terre où avancent les racines. À la fin de cette histoire, rien n'a changé, ou presque. Mais c'est comme une très longue journée, qui serait passée, depuis la première heure de l'aube jusqu'à la nuit.Ceci est peut-être aussi, tout simplement, l'histoire d'un petit garçon inconnu qui se promène au hasard sur la terre, pas loin de la mer, un peu perdu dans les nuages - et qui aime la lumière extrême du jour.»J.M.G. Le Clézio.
13,00 €
Oneïros ou la belle lurette
Gallimard
«Mon bouquin intitulé Oneïros raconte d'abord l'histoire d'un garçon qui cherche avec obstination - puérile si l'on veut : il a vingt ans - ce qu'il y a derrière les apparences. Puis il comprend une suite de mélanges - je ne sais trop comment appeler cela, ce ne sont pas exactement des poèmes en prose - composés plus tard par le narrateur lorsqu'il possède assez de recul et de lucidité pour faire le bilan de ses souvenirs, de ses rêves : virées en banlieue et dans les bals musette, contact avec l'insolite, figures des années de "la belle lurette", descriptives de songes, paysages qui s'emboîtent soudain dans l'irréel.[...] Je ne sais si tout ça tient debout : je sais simplement qu'il me fallait fixer certaines images sur les plaques sensibles de l'imagination. [...]»André Hardellet.Cet ouvrage est composé de vingt-trois textes, dont onze sont inédits.

Un recueil de vingt-trois textes de prose poétique, dont onze sont inédits.
7,00 €
Sous la lame
Gallimard
«Il s'agit ici, bien entendu, de la lame du couteau, qui par le simple fait de sa nudité introduit l'érotisme dans le récit en même temps qu'elle y annonce l'apparition du sang et de la mort.La lame, par synonymie, est encore la vague marine des graveurs de l'ancien Nippon, sœur du mascaret et de la marée, spirale où l'homme tournoie "dans le déroulement infini" avant d'être jeté aux pieds de la femme. Mais tout homme qui va joindre une femme pour la première fois n'est-il pas une sorte de kamikaze ? Et la lame du poignard, instrument de blessure, ne se peut-elle concevoir aussi comme un trait d'union entre le déchirant et le déchiré, c'est-à-dire comme une flèche d'amour ?»André Pieyre de Mandiargues.

Recueil de nouvelles paru initialement en 1976.
7,00 €
Le Napoléon de Notting Hill
Gallimard
Auberon Quin, un original qui pousse l'humour jusqu'à l'absurde, se promène avec des amis à Westminster Gardens lorsque deux officiers s'approchent et leur annoncent que M. Quin a été proclamé roi d'Angleterre. Auberon s'en tient alors à sa résolution de ne plus rien prendre au sérieux. Jusqu'au jour où il rencontre plus fou que lui : Adam Wayne qui se présente à la Cour comme prévôt de Notting Hill et veut lutter, l'épée à la main, pour l'indépendance de Pump Street.À la lecture de ce roman paru en 1904, on rit souvent, on s'étonne parfois et, finalement, on s'aperçoit que toute la civilisation moderne a été remise en question.

Où l'on s'aperçoit que toute la civilisation a été remise en question. Première parution française en 1912.
10,50 €
Effi Briest
Gallimard
Effi Briest, jeune femme adultère, brisée par une société d'hommes, est la victime d'un monde soumis aux lois des conventions morales. Dans la Prusse dévergondée par l'argent, le destin de cette femme n'est que résignation et mélancolie.Dernier roman de l'écrivain allemand Theodor Fontane, Effi Briest est l'un des chefs-d'œuvre de l'école réaliste allemande.

Dernier roman de Theodor Fontane (1819-1898), Effi Briest est l'un des chefs-d'œuvre de l'école réaliste allemande.
12,00 €
Lois
Gallimard
«Messieurs, dit le pdg, la situation n'est pas bonne. Les affaires tournent en rond, des fuites partout. Le foncier enfoncé, l'immobilier traqué, le change est enfin ce que vous savez. Plus nous misons sur lui et plus il nous mange. Tant va le change à l'eau qu'à la fin c'est la fange. Montons les prix, desserrons l'étreinte. Les syndicats sont à nos trousses, raisonnables au sommet mais parfois, hélas, débordés. Débordé est le mot, mais j'espère que chacun de vous sait comment border son rebord. Les sanctions d'abord. La crise vient évidemment de l'étalon-or.»Philippe Sollers, 1972.

«nié face à face, niant la membrane, l'entrée : ce qui s'y trouve existe ailleurs, ce qui n'y est pas n'est nulle part : NÉ- [...]»
7,00 €
Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits
Gallimard
«Non ! Je ne puis affirmer qu'avec la fin de ce cahier, tout sera clos ; que c'en sera fait. Peut-être aurai-je le désir de rajouter encore quelque chose. De rajouter je ne sais quoi. De rajouter. Peut-être. Au dernier instant, de rajouter encore quelque chose... J'ai sommeil, il est vrai ; mais je n'ai pas envie de dormir. Il me semble que je pourrais être encore plus fatigué. Il est je ne sais quelle heure de la nuit ou du matin. Ai-je encore quelque chose à dire ? Encore à dire je ne sais quoi. Ma propre position dans le ciel, par rapport au soleil, ne doit pas me faire trouver l'aurore moins belle.»

Nouvelle édition revue et augmentée

«Je ne sais ce que ça donnera : j'ai résolu d'écrire au hasard. Entreprise difficile : la plume (c'est un stylo) reste en retard sur la pensée.»
8,50 €
Les Irresponsables
Gallimard
"Le roman décrit des situations et des types allemands de la période préhitlérienne. Les personnages choisis pour les représenter sont dépourvus de convictions politiques. Dans la mesure où ils en ont, ils flottent dans le vague et le nébuleux. Aucun d'eux n'est directement “responsable” de la catastrophe hitlérienne. C'est pourquoi le livre s'appelle Les irresponsables. C'est, malgré tout, dans cet état d'âme que le nazisme a puisé sa vraie force." C'est par ces mots que Hermann Broch définissait le projet de ce grand roman, le dernier qu'il a publié. Critique virulente d'une petite bourgeoisie allemande indifférente à l'éthique et incapable d'assumer ses choix face à la montée des périls, Les irresponsables se distingue par son atmosphère onirique, qui évoque de façon extrêmement précise et vivante la période précédant l'arrivée de Hitler au pouvoir. Roman d'une société en crise minée par l'individualisme, le livre interroge de façon très actuelle notre responsabilité dans les tragédies collectives et les failles de la condition humaine.
13,00 €
Le bouquet
Gallimard
«Le bouquet n'est pas un roman, mais l'histoire du mitrailleur Adrien Gaydamour qui n'avait pas de mitrailleuse, un soldat de quarante, depuis son incorporation au "... ième Débineurs" jusqu'à sa levée d'écrou. Il s'agirait donc plutôt d'une tranche de mauvaise vie qu'il n'a pas été le seul à avaler. Avant, Gaydamour a suçoté une existence des plus quelconques : l'école, la caserne, le chômage, l'autobus quotidien, le bureau, en compagnie d'autres Gaydamour. Mais voilà qu'on l'invite à entrer dans un conflit mondial. Puis il est fait prisonnier : le bouquet.Adrien a pu s'échapper. Mais, il reste là-bas une chiourme innombrable. D'autres parleront après lui. C'est une histoire répandue par le monde à des millions d'exemplaires. Des variations sur le froid, la faim, l'ennui et la mort. Des histoires toutes simples qui ne s'inventent pas. J'ai fait ce livre en 1942, dans un village de montagne pendant un printemps, un été. Fait après l'avoir souffert. Et aujourd'hui que nous sommes enfin libres, ce récit peut venir au grand jour. Je n'y ai rien changé.»Henri Calet, octobre 1944.

Fait prisonnier en juin 1940, Henri Calet s'évada après sept mois de captivité ; de ses souvenirs, il tira Le bouquet qui ne parut qu'en 1945.
9,00 €
Le Bâtisseur de ruines
Gallimard
Un ingénieur, Martin, a commis un meurtre et est en fuite. Il marche sans but, dans une plaine à peu près désertique, et sans cesse sa marche est interrompue par des rencontres : arbre, oiseau, ruisseau... Rencontres grâce auxquelles il commence à comprendre non pas qui il est, mais ce que fut sa vie jusque-là et ce qu'elle pourrait être, à comprendre notamment que son crime fut une libération pour lui. Sa fuite le conduit à une fazenda dirigée par une femme, Victoria. Il devient garçon de ferme, cède aux avances d'une jeune veuve, Ermelinda, et continue de réapprendre le monde.

Martin, un meurtrier en fuite, commence à comprendre que son crime fut une libération pour lui...
13,00 €
La Tempête et l'écho
Gallimard
«N'approfondissez pas trop l'Afrique. N'essayez pas de la comprendre. N'essayez pas de la pénétrer. Ne vous laissez pas attirer par ce gouffre. Plus on s'y enfonce, plus elle est venimeuse.»Tel est le conseil que reçoit le héros, à peine arrivé en Afrique, mais il n'a cure de cet avis désabusé.Parti à la recherche d'un ami disparu, il se joint à une caravane en route pour Nagala, montagne au centre du Congo. Les voyageurs sont à la poursuite de quelque chose qui dépasse infiniment le but avoué de leur voyage : ils attendent de l'Afrique une révélation sur la vie, et sur eux-mêmes.
10,70 €
Les chasseurs I et II
Gallimard
«Vous raconterai-je la jeunesse des roseaux et des mares ? Vous dirai-je les déambulations nocturnes des statues qui changent de socle au clair de lune ?Nous explorions les balcons et les toits où l'on pénètre dans des flaques de musique inexprimable. De haut et de loin, nous apercevions le Guet, si ridiculement pesant qu'il devait renoncer à l'espoir de nous atteindre jamais. Le vin puissant de la tristesse nous faisait chanter. Nous mettions les filles à mal en exigeant l'Olympe dans leurs yeux, dans leurs reins. Puis, redescendus sur le pavé, nous nous battions au poignard contre les assassins de l'aube, les peaux-rouges surgis de coupe-gorge atroces.Mais le plus souvent, nous nous contentions de regarder n'importe quoi - des promesses par exemple. C'est un art subtil où nous étions passés maîtres.»André Hardellet.
8,50 €
Abahn Sabana David
Gallimard
«- Sur son corps, dit Sabana, sur son bras, il y a quelque chose d'écrit.Elle se détache du juif, prend son bras, relève la manche de sa veste et regarde.- C'est l'endroit de mon numéro.- Écrit là d'où tu viens, dit Abahn - il ajoute - dans la capitale du monde.Sabana regarde le bras.- C'est en écriture bleue.- Quoi ? demande David.- Je ne comprends pas, je ne lis pas, dit Sabana.- C'est le mot : NON, dit Abahn.- Ils ont écrit quand ? demande David.- Au cours de la vie, dit Abahn.- C'est le même mot pour le juif et pour ceux qui veulent le tuer, dit Sabana.- Le même, dit Abahn : le mot juif, le mot contre le juif.»Marguerite Duras.
8,00 €
Les Causes célèbres
Gallimard
«Le lecteur s'interrogera sur le genre auquel relier ces Causes célèbres. En 1945, Jean Paulhan classait ce qu'il en publiait parmi les "Contes". Je dirais même : "faits divers". De tels faits divers sont quotidiens, privés ; ils n'ont rien des Causes célèbres dont s'occupent les tribunaux. C'est sans doute que nous ne sommes pas assez sensibles à leurs résonances morales. En tout cas, il ne s'agit pas d'"Entretiens sur des faits divers". Chacune de ces "Causes" est aussi "chose" poétique».Yvon Belaval.
6,50 €
Les quatre petites filles
Gallimard
«En 1865, le terrier d'un lapin permettait à la blonde Alice, petite fille anglaise, de se rendre en un pays où les merveilles succédaient aux merveilles. En 1947-1948, c'est un jardin potager qui est le lieu d'enchantement, choisi par Picasso, où quatre petites filles, moins élégamment peignées que leur sœur de l'époque victorienne, s'ébattent et, à travers leurs jeux empreints de fraîcheur, de sauvagerie et souvent de malice, évoquent la vie, l'amour, la mort : tout ce monde de magie et d'angoisse à quoi s'ouvre l'adolescence.Chansons, dictons, litanies, formulettes, coqs-à-l'âne, calembours s'égrènent tout le long de cette pièce de théâtre où l'auteur semble avoir usé d'un langage en vacances : insoucieuses des règles logiques et des syntaxes, les images y déploient leurs fleurs japonaises et, telle une mère Gigogne, la poésie ne cesse d'y proliférer comme si, en un mouvement qui n'aura pas de fin, elle s'enfantait elle-même.»Michel Leiris.
8,50 €
Le fidèle Berger
Gallimard
Le brigadier Berger, du train des équipages, matricule 2404, est pris dans la tourmente de 1940. Fait prisonnier, astreint à de terribles marches forcées, il devient fou. Passé et présent s'entrechoquent en lui et il n'y comprend plus rien. Mais pour cet homme loyal et fidèle, la pire folie n'est-elle pas celle du monde réel, l'armée vaincue, dispersée, la France occupée ? Sa folie à lui n'est que fidélité au passé.
10,00 €
Puissances de Paris
Gallimard
On sait l'importance de la ville et, en premier lieu, de Paris dans l'œuvre poétique et romanesque de Jules Romains, depuis La vie unanime jusqu'aux Hommes de bonne volonté.Paru pour la première fois en 1911, ce recueil de «radioscopies» unanimistes tentait de fixer l'âme d'une grande métropole, d'en saisir les lois physiques, mentales, d'ausculter ses rythmes et ses pulsations, comme d'un être aux multiples visages, à la fois changeants, insaisissables et mystérieux.Les «puissances de Paris», c'étaient les forces, les pouvoirs qui émanaient de ses rues, de ses squares, de ses places, de ses passages et de ses rassemblements plus ou moins éphémères que Jules Romains, inlassable arpenteur de «sa» ville, prétendait détecter pour nous en restituer la singulière poésie, conçue comme une traversée des apparences.
7,00 €
Les Mémoires d'un veuf
Gallimard
Les mémoires d'un veuf, le titre choisi dit assez l'intention autobiographique. Verlaine n'a pas attendu le remariage de Mathilde, qui eut lieu le 30 octobre 1886, dans le temps même, précisément, où paraissait l'ouvrage, pour se considérer, par un pathétique paradoxe qui n'en traduit pas moins une étrange fidélité, à soi, à l'autre, comme «veuf». «C'est moi le quitté», disait déjà la lettre du 4 octobre 1872 à Victor Hugo. Parti, en effet, mais non détaché. Détaché, il ne le sera jamais. Et il lui a suffi, pour se sentir rejeté, abandonné, «veuf», de n'être pas aussitôt pardonné et repris ; il a suffi, même, que sa supplication ne fût pas entendue. Le veuf, lui aussi, l'inconsolable, c'est cela qu'il se croit, qu'il se sent ou qu'il se veut. Un des beaux poèmes d'Amour : Un veuf parle, est daté de 1878. La litanie ne finira plus. Mais, veuf, ce n'est pas de Mathilde seulement qu'il l'est : c'est de tout ce qu'il a connu et aimé, et dont pas davantage, jusqu'à la fin, il l'est de Lucien Viotti, l'ami ou l'amant de sa jeunesse, il l'est de soi-même peut-être et de sa propre vie.Jacques Borel.
7,50 €
L'Iguane
Gallimard
«Je hais, lit-on dans ce texte, l'imaginaire qui n'a pas son équivalence dans la vie réelle.» Aussi, ce livre est-il avant tout une méditation construite sur l'expérience de toute une vie.Les fables qui le composent ont pour thème la Mort, la Peur, la Justice, l'Amour, la Souffrance et le Mal.Le «fantastique» - mot ici approximatif -, quand il se rencontre, n'est que le moyen d'aborder d'une façon aussi neuve et directe que possible les problèmes de chacun de nous.Le style de L'Iguane est simple et solide comme un minéral. On pense à un Livre luciférien qui répondrait aux Livres des Sages, des Rois ou des Prophètes.
7,80 €
Les Bestiaires
Gallimard
Dès sa première adolescence, Montherlant s'est enthousiasmé pour les courses de taureaux, découvertes au cours de vacances en Espagne. Il a lui-même pratiqué l'art tauromachique et a reçu, en 1925, un assez grave coup de corne. Les Bestiaires - où l'on retrouve le héros du Songe, Alban de Bricoule, rajeuni de quelques années - est l'œuvre que l'écrivain a tirée de son expérience des taureaux et de sa connaissance de l'Espagne. Dans les corridas, Montherlant ne voit pas seulement une épreuve tragique où l'homme affronte la mort, mais une cérémonie religieuse, un sacrifice sanglant hérité de l'ancienne religion de Mithra.
11,50 €
La Ville anonyme
Gallimard
En 1925, André Beucler faisait avec éclat son entrée en littérature. En mai, paraissait chez Gallimard son premier roman : La ville anonyme. En juillet, la NRF accueillait en son sommaire, entre Rilke, Proust, Gide et G. B. Shaw, sa première nouvelle : Un nouvel amour. En août, les Cahiers du mois de Maurice Darantière publiait un conte fantastique : Entrée du désordre. En octobre, la collection d'avant-garde Cinario offrait aux cinéphiles un synopsis inédit : Un suicide.Quatre œuvres immédiatement remarquées. Dès le mois de juin, Paul Morand salue le nouveau venu : «Il y a des années que je n'ai pas adhéré à un auteur avec autant de contentement.» En août, Max Jacob lui écrit : «Vous êtes un homme nouveau : c'est le plus grand éloge qu'on puisse faire à un artiste.» Albert Thibaudet et Edmond Jaloux enregistrent la révélation d'un grand auteur. Un «magicien romanesque» ajoute Hélène Vacaresco. «Comme je voudrais vivre dans votre ville anonyme ! au moins la moitié de ma vie !... » confie Joseph Delteil. Et Kessel : «Ton talent me rendrait un peu envieux si je t'aimais moins.»1925, c'est aussi pour Beucler l'année où se nouent des amitiés définitives : Léon-Paul Fargue, Max Jacob, Jean Cocteau, Paul Morand, Joseph Kessel, Emmanuel Bove. Puis ce sera le grand succès populaire de Gueule d'amour, que Jean Gabin incarnera au cinéma.
9,15 €
L'Œil clair
Gallimard
«- Ces jours-ci, je sens un roman.-Délivrez-vous !- Le travail du roman n'est-il pas agréable ? On reste chez soi. On s'enferme une dizaine de mois, pas plus, puisque les prix sont annuels, et il faut être prêt ! On écrit tranquillement le livre, et, quand le diable y serait, on finit bien par décrocher un de ces prix, avec n'importe quel roman.- De quelle espèce sera le vôtre ?- Ce n'est pas les genres qui manquent ! J'ai le choix entre du Balzac, du Daudet, du Zola, du Goncourt, du Mirbeau, et même du Bourget. Le Bourget a l'air plus compliqué, à cause des accessoires, mais je connais des recéleurs qui vendent jusqu'à des idées générales pour un morceau de pain.»
7,50 €
On vient chercher Monsieur Jean
Gallimard
C'est dans le Paris des tramways et des fiacres que Jean Tardieu vécut son enfance. La rue Chaptal (son domicile), la rue Ballu où l'on venait, en fin d'après-midi, «chercher Monsieur Jean» chez sa marraine, bien d'autres lieux sont, pour lui, peuplés de souvenirs.Plus tard, ce seront les misères, les travaux et les jours, le hasard des rencontres (notamment au «Club d'essai» de la radio, les amitiés fidèles, les seules qui comptent.Une modestie exemplaire, une générosité de cœur et d'esprit, une présence aux autres et au monde qui n'exclut pas la rêverie caractérisent ce grand poète dont le propos, où le sérieux se cache sous l'humour, est de se «demander sans fin comment on peut écrire quelque chose qui ait un sens».
9,00 €
La Tête vide
Gallimard
«D'un côté, on voit un mari cocu, bafoué, grugé qui, sachant qu'il avait épousé une femme indigne et très inférieure à son milieu, essayait malgré tout de maintenir debout son ménage, en reportant son affection sur ses enfants.De l'autre, un mari toujours cocu, sans doute, mais qui ne l'a pas volé ; un mari jaloux, grippe-sou, tyrannique, brutal, sans aucune moralité, cynique (et dans le sens le plus péjoratif qui soit) ; bref, un mari impossible et pour lequel on ne peut avoir que mépris.Entre ces deux portraits, si dissemblables, où est donc le véritable Barcenas ?»
8,50 €
Tais-toi
Gallimard
«- Oh, ce ne fut pas grand-chose... une scène entre la mère et le fils, comme il y en a eu tellement ! Celle-ci, peut-être... Un soir, il devait être six heures, il y eut des cris à l'étage de Madame... J'entendais hurler : "Tais-toi... Tais-toi... demande pardon !" J'ai eu peur, tant elle criait fort ; je suis montée et j'ai entrouvert la porte. Madame tenait à la main la cravache noire de Monsieur, celle aux trois bagues d'or, celle de Saumur, et elle avait une figure si effrayante que j'ai cru qu'elle allait assommer le petit. Devant elle le petit, ramassé comme un petit lion ; et derrière, M. le sous-préfet, qui n'avait pas l'air à son aise.- Et c'est depuis ce drame que Frédéric a changé ?- Le silence, c'était devenu sa façon à lui d'être méchant.»
8,00 €
Somme athéologique. Somme athéologique, II : Le Coupable / L'Alleluiah
Gallimard
Le Coupable est le récit d'une expérience «mystique» paradoxale, formé à partir des pages d'un journal rédigé de 1939 à l'été de 1943. Cette expérience, en dépit des apparences troublées par les événements, n'appartient pas à une religion définie. Paradoxale, elle ne s'oppose nullement à l'érotisme : elle se joue néanmoins dans l'extase ; immorale, elle n'a d'autre possibilité que la chance. C'est une sorte de jeu sans refuge, égarement, angoisse au départ, essentiellement violence rentrée.Au Coupable est joint L'Alleluiah, invitation brûlante à l'érotisme de l'amant à l'amante.
11,00 €
Premiers pas de l'univers
Gallimard
«C'étaient les premiers souffles du monde où le chaos et la nuit, depuis toujours accouplés, finirent par engendrer coup sur coup le destin et le temps, la terre, le ciel et le soleil. Et quelques grands personnages que l'on appela dieux.»
9,50 €
Le Nègre
Gallimard
«Il est celui qui ne pense à rien parce qu'il n'a rien à penser. Il est celui qui aime le sommeil une fois pour toutes et qui aime mordre la nuit et l'écraser. Il est aussi celui qui marche seul dans l'ombre et le silence.Il avance. Ses pas frappent la terre. Il n'y a plus pour lui que le froid et le chaud, la pluie et le vent. Rien d'autre. La terre tourne. Il avance dans l'air fluide, dans la lumière rose du matin et du soir. Rien d'autre. Qui l'étonne ?Il est né dans un pays où les fleuves ont des milliers de kilomètres, où l'eau roule des cailloux gros comme des têtes, où les orages durent plusieurs semaines, où les lacs qui ont la forme des yeux sont féroces comme les mers, où les nuages sont plus lourds encore que la chaleur, où le feu se propage à la vitesse d'une locomotive.»

Nouvelle édition
7,45 €
Les Dernières nuits de Paris
Gallimard
«Elle n'aimait que la nuit qu'elle semblait épouser chaque soir, et son allure même ne devenait réelle que lorsqu'elle s'éloignait de la lumière pour pénétrer dans l'obscurité. Elle était la nuit même et sa beauté était nocturne. De même que l'on répète avec une parfaite inconscience : clair comme le jour, on ne pouvait s'empêcher d'estimer Georgette belle comme la nuit. Je songe à ses yeux, à ses dents, à ses mains, à cette pâleur qui la couvrait tout entière. Et je n'oublie pas cette fraîcheur qui l'accompagnait.Il me semble que Georgette devenait plus désirable lorsque la nuit s'avançait, que chaque heure la dépouillait d'un vêtement et rendait sa nudité plus apparente.Tout cela, ce sont des souvenirs qui s'égarent et s'allument, tout cela, ce sont des désirs de la nuit, mais Georgette avait compris que, pour être belle et désirée, il fallait qu'elle s'identifiât à la nuit, au mystère quotidien.»

Nouvelle édition
10,00 €
Les Arbres musiciens
Gallimard
«Les pins se balancent haut dans le ciel. Ils sifflent à perdre haleine et jettent leur mélodie sombre dans le grand jour qui rayonne sur la forêt. Gonaïbo et Harmonise, la main dans la main, s'en vont parmi les arbres, empoignés par la vaste voix des conifères. Ils courent et s'emplissent au passage les mains de fraises des bois et de mûres juteuses. Ivres, ils s'enfoncent au plus épais de la forêt. Soudain ils s'arrêtent écrasés par la merveille qui s'offre à leurs yeux. Devant eux s'étend une véritable muraille d'orchidées sauvages, une tapisserie aux cent couleurs. Il y en a de toutes teintes, de toutes formes, les unes plus précieuses que les autres, unies, tigrées, avec des volutes d'étamines, des pétales ourlés, spatulés, frisés, des yeux bridés et souriants, des bouches rouges et bées, des dents ivoirines.»
12,50 €
Les Aventures de Télémaque
Gallimard
Ce petit ouvrage, paru en 1922 dans la collection «Une Œuvre, un Portrait» est d'un extrême intérêt pour l'histoire de la littérature française au moment où le mouvement Dada n'a pas encore fait place au surréalisme. Ce texte, qui se révèle d'un impeccable styliste, amorce déjà, malgré le «collage» des manifestes dadaïstes de l'auteur, la rupture devenue nécessaire avec Dada. Les aventures de Télémaque apparaît comme l'œuvre présurréaliste la plus importante.
8,00 €
Les jardins et les fleuves
Gallimard
Comme Molière, dont il découvre la biographie, Jeandé aime sa fille. Nous ne suivons pas la naissance d'une passion, nous rêvons autour d'une incertitude. Au cours d'un voyage en Arabie Saoudite, il épouse Armène - et vit avec elle sans la toucher. Nous ne saurons la violence de cette passion qu'au jour où la jeune femme se laisse enlever par un milliardaire d'Amérique du Sud. Au plus profond de sa détresse le vieil acteur, amoureux de sa jeune fille lointaine, se prend pour Molière, pour Chaplin, souffre d'une souffrance obscure, inextricable. Un soir Armène revient vers son père...Curieux livre et, comme tous ceux d'Audiberti, envoûtant : de Paris en Arabie, d'Alger à la Lozère, ce livre touffu, parfois échevelé, nous assiège comme les récits de Melville - à coups d'hallucinations vraies.
13,95 €