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Résultats de recherche pour 'J'ai tout lu' (7819)

Une histoire modèle
Gallimard
«C'est en juillet 1942 que j'ai commencé d'écrire ce que je voulais intituler, en m'inspirant de Desargues : Brouillon projet d'une atteinte à une science absolue de l'histoire Si je publie aujourd'hui ce texte bien qu'inachevé (et dont je n'ai changé que le titre), c'est, d'une part, parce qu'il me semble fournir un supplément d'information aux personnes qui ont bien voulu s'intéresser aux Fleurs bleues, de l'autre parce que, même si l'on estime nulle sa contribution à l'histoire quantitative, on pourra toujours le considérer au moins comme un journal intime.» Cet essai de Raymond Queneau, écrit sous l'Occupation, est une méditation d'allure mathématique sur l'Histoire. L'auteur livre ici une réflexion sur les malheurs de ce temps, donnant ainsi une résonance toute particulière à cette première phrase : «L'Histoire est la science du malheur des hommes.»

Cet essai de Raymond Queneau, écrit sous l'Occupation, est une méditation d'allure mathématique sur l'Histoire. L'auteur livre ici une réflexion sur les malheurs de ce temps, donnant ainsi une résonance toute particulière à cette première phrase : «L'Histoire est la science du malheur des hommes.»
6,50 €
Mémorial / Marcel Jouhandeau Mémorial, I : Le livre de mon père et de ma mère
Gallimard
Il demeure dans les replis de notre chair des vestiges de toute notre histoire et de toute l'histoire du monde. Rien ne se perd dans la nature et encore moins dans la nature de l'homme. Sous l'effet de certains traitements appropriés, qui sait si la mémoire d'Adam ou de quelqu'une de nos mères dont il reste en nous nécessairement trace ne s'éveillerait pas ? Au moins, de tout ce que nous avons vécu personnellement depuis notre naissance et même avant, qui représente un passé plus récent, plus immédiat, rien n'est mort tout à fait et si nous nous en donnions la peine, grâce à une lente éducation et à l'aide de pièges, encore à inventer, pourquoi ne serait-il pas permis de ressusciter, une à une, la suite de nos sensations, de nos expériences ?

Premier volume du Mémorial, ensemble de sept volumes que Marcel Jouhandeau a consacré à sa jeunesse, Le livre de mon père et de ma mère est centré sur les figures parentales à travers l’ambiance si particulière d’une enfance dans la boucherie familiale.
7,80 €
La famille Vortex
Gallimard
La famille Vortex est un roman plein d’une puissante poésie. Le vent le rythme, le souffle de la mer le traverse. Les Vortex ? C’est d’abord Solon, le père, ancien marin, et Olga, la mère, descendante des Arawaks (premiers occupants de l’île). Mais c’est surtout, issu de ce couple magnifique et solaire, de la «matrice d’or» d’Olga, un tourbillon d’enfants : Joseph le prélat, Louis le professeur, Edgard l’officier, Sylvain le médecin, et encore Astrid, Sylvie, Ludovic. Tous se jettent avec passion dans la vie sociale. Les enfants Vortex portent en eux les plus riches qualités d’Haïti. Mais pourquoi cette histoire, qui s’ouvre sur un Noël familial en Haïti, s’achève-t-elle par un Noël d’exil ? C’est que les destinées des Vortex ont été brisées par les tempêtes politiques, par la lutte pour le pouvoir et par la brutalité rusée de l’armée… La fécondité des Vortex, qui est celle même d’Haïti, s’est retournée en une stérilité désolée. Le roman de Métellus affirme, de tout son éclat sensuel, les vivantes possibilités que recèle le peuple haïtien en dépit des intrigues du pouvoir. C’est avec cette vie humiliée mais indomptable que le romancier fait alliance, par son écriture même, par ses rythmes, par ses images, par ces «poignées de vent que chaque parole éjecte».

La famille Vortex est un roman plein d’une puissante poésie. Le vent le rythme, le souffle de la mer le traverse. Le roman de Métellus affirme les vivantes possibilités que recèle le peuple haïtien en dépit des intrigues du pouvoir.
9,00 €
Vieille Sicile
Gallimard
Ces nouvelles ont été choisies à dessein pour dévoiler un aspect inconnu de Pirandello, un Pirandello régionaliste, tout nourri du folklore de son île, hanté par les récits entendus dans son enfance - légendes garibaldiennes, évocations de brigands. La Sicile de Pirandello se réduit d'ailleurs à un coin bien localisé, son pays natal, le pays d'Agrigente, son port, ses soufrières, sa campagne semi-tropicale, ses populations croupissant dans la misère, la superstition et l'ignorance séculaires, entretenues par le régime des Bourbons et des prêtres. Ce qu'on trouvera dans ce recueil, à travers la variété des images et du ton, c'est donc l'atmosphère et comme la sensation charnelle de cette «Vieille Sicile», base solide et point de départ de toute l'œuvre pirandellienne.

Ces nouvelles ont été choisies à dessein pour dévoiler un aspect inconnu de Pirandello, un Pirandello régionaliste, tout nourri du folklore de son île, hanté par les récits entendus dans son enfance - légendes garibaldiennes, évocations de brigands...
9,50 €
Thèmes anglais pour toutes les grammaires
Gallimard
«Mallarmé, pour gagne-pain, avait choisi l’emploi de professeur d’anglais. Plus d’un de ses anciens élèves vit encore, dont aucun, que je sache, n’a retiré de ses leçons des fruits certains ? L’enseignement des langues, il y a cinquante ans, n’était point ce qu’il est : il admettait, par-ci par-là, la méthode approximative. Le premier maître que j’ai eu, dans mon collège de province, était un brave homme borgne, qui n’avait, de son œil unique, jamais vu un Anglais de sa vie. La prononciation s’en ressentait. Je m’assure que les choses ont beaucoup changé depuis lors. Les rapports de Mallarmé avec sa fonction étaient difficiles. Toutefois, avant qu’il se soit dépris jusqu’au dégoût de sa besogne professionnelle, Mallarmé avait prononcé quelques tentatives d’accommodement avec la pédagogie. Il eut l’idée de composer quelques ouvrages destinés aux personnes qui veulent apprendre l’anglais. Il pouvait s'en promettre un double avantage : d’abord, celui d’accroître un peu ses ressources ; ensuite, il pensait exposer ses vues personnelles sur la langue anglaise et une certaine méthode pour en acquérir la connaissance.» Paul Valéry, 1937. Au-delà d’un recueil didactique, les thèmes anglais proposés ici par Mallarmé (avec leurs corrigés !) sont un témoignage de la virtuosité, de l’humour du célèbre poète, et de son amour inconditionnel pour les langues française et anglaise.

Au-delà d’un recueil didactique, les thèmes anglais proposés ici par Mallarmé (avec leurs corrigés !) sont un témoignage de la virtuosité, de l’humour du célèbre poète, et de son amour inconditionnel pour les langues française et anglaise.
9,00 €
Winesburg-en-Ohio
Gallimard
«Au commencement du monde, il y avait d'innombrables pensées, mais ce qu'on appelle une vérité n'existait pas encore. C'est l'homme qui fabriqua les vérités, et chaque vérité est composée d'un grand nombre de pensées vagues. Les vérités étaient éparses dans l'univers et voilées de beauté. Le vieillard énumérait dans son livre des centaines de vérités. Je n'essaierai pas de vous les nommer toutes. Il y avait la vérité de la virginité, et la vérité de la passion, les vérités de la richesse et de la pauvreté, de l'avarice et de la prodigalité, de l'insouciance et de l'abondance. il y en avait des centaines et des centaines, et elles étaient toutes belles. Les gens apparaissaient alors. Chacun arrachait une vérité en passant et quelques-uns, qui étaient particulièrement forts, en arrachaient une douzaine. C'étaient les vérités qui rendaient les gens grotesques. Le vieillard avait édifié toute une théorie sur ce sujet. Sa conception était qu'au moment où l'un des individus accaparait une des vérités, la nommait sienne et essayait d'y conformer sa vie, il devenait un grotesque et transformait en mensonge la vérité qu'il étreignait.» Winesburg-en-Ohio est certainement le recueil le plus connu de Sherwood Anderson, où son talent de nouvelliste amusé et incisif fait merveille.

Winesburg-en-Ohio est certainement le recueil le plus connu de Sherwood Anderson (1876-1941), où son talent de nouvelliste amusé et incisif fait merveille.
11,90 €
Les tours de Trébizonde et autres textes
Gallimard
«Ce petit livre, constitué de quatre nouvelles (ou poèmes ?) symboliques, mérite de figurer au premier rang des bibliothèques, auprès de Nerval ou de Borges. On ne sait trop ce qu’il a de plus admirable : la splendide énergie de ses phrases labyrinthiques, enveloppantes comme des phrases de rêve, ou l’éclat d’une imagination jamais à court de formes imprévues et inquiétantes, ou encore une réflexion sur l’envers et l’endroit, le possible et l’impossible, le clair et le sombre, dont l’identité s’affirme tout naturellement. “Ce qui est contradictoire devient le même”, dit Jean Tardieu dont les monstres mentaux recèlent des secrets de faste, d’humour et d’énormité.» Lionel Ray.

«Ce petit livre, constitué de quatre nouvelles (ou poèmes ?) symboliques, mérite de figurer au premier rang des bibliothèques, auprès de Nerval ou de Borges.» Lionel Ray.
6,00 €
Le trompette-major
Gallimard
À Overcombe, la belle Anne et sa mère, la veuve Garland, mènent une vie paisible et sans histoire. Mais la menace d'un débarquement des troupes napoléoniennes amène dans les environs de cette petite ville un régiment de l'armée anglaise, qui compte dans ses rangs John Loveday, le jeune trompette-major, et son frère, le capitaine Bob. Les deux frères, auxquels s'ajoute Festus Derriman, neveu d'un riche châtelain, vont alors, avec des fortunes diverses, tenter d'affirmer leurs sentiments et conquérir le cœur d'Anne Garland. Récit d'une histoire d'amour aigre-douce, Le trompette-major traite de l'irrésolution de la jeunesse, de l'ambiguïté du désir et de la loyauté. C'est aussi pour Thomas Hardy, fasciné par les guerres napoléoniennes, l'occasion de dresser un tableau vivant de la vie du sud de l'Angleterre dans les dernières années du XIXᵉ siècle. Le roman, qui oscille entre tragédie et burlesque, témoigne de son habileté à décrire des personnages tous voués à une étrange paralysie de l'âme, à l'impossibilité radicale de dire - et surtout de se dire - la simple vérité des choses.

Récit d'une histoire d'amour aigre-douce, Le trompette-major traite de l'irrésolution de la jeunesse, de l'ambiguïté du désir et de la loyauté. C'est aussi pour Thomas Hardy, fasciné par les guerres napoléoniennes, l'occasion de dresser un tableau vivant de la vie du sud de l'Angleterre dans les dernières années du XIXᵉ siècle.
11,20 €
Le grand homme
Gallimard
Qui est le grand homme ? Est-ce Lucien Gavard, qui grâce à sa passion de la mécanique devient un magnat de l'industrie automobile ? Ou Ralph Putnam, étrange et célèbre chanteur de jazz, en tournée à Paris ? L'épouse de Lucien Gavard, Claude, dont la vie est une lente, une monotone promenade sur une route bordée de miroirs, celle des mondanités, hésite. C'est Paris, 1929. Les bourgeois font la fête et les ouvriers font la grève. Les autos vont de plus en plus vite. La crise est pour demain. Ce roman de Philippe Soupault, aux allusions à peine déguisées sur la belle industrie familiale, est porté par un grand air de liberté. Il «part comme une flèche» selon Benjamin Crémieux qui poursuit : «Après le premier chapitre, on se sent soulevé d'espoir et de curiosité. Pas une lourdeur, pas une bavure, pas une description et tout est dit, évoqué, suggéré.» De cette peinture juste, et très fine, de l'atmosphère de Paris à la veille de la crise s'élève pourtant un cri d'angoisse, un cri de détresse. L'écriture désinvolte, au fil de la plume, révèle aussi le désarroi, l'inquiétude de Soupault face à la bourgeoisie, ses préjugés, ses vices et ses volontés criminelles, et fait de ce roman à la poésie désespérée un témoignage tendrement féroce sur une époque.

Paris, 1929. Les bourgeois font la fête et les ouvriers font la grève. Les autos vont de plus en plus vite. La crise est pour demain. Ce roman de Philippe Soupault, aux allusions à peine déguisées sur la belle industrie familiale, est porté par un grand air de liberté...
7,80 €
Collection L'Imaginaire La bandera
Gallimard
Réédité en tirage limité, le roman de Pierre Mac Orlan est ici accompagné du DVD du film de Julien Duvivier. Adulé à sa sortie en 1935, La Bandera fut ensuite rejeté, taxé de toutes les tares du colonialisme et du militarisme avant d'être redécouvert en même temps qu'on réhabilitait son auteur. Des ruelles de Rouen aux sables du Maroc, le film raconte la fuite en avant d'un homme qui tente en vain d'échapper à son destin. En légionnaire brûlé par le soleil, Jean Gabin y compose pour la première fois ce personnage de mauvais garçon au grand cœur qui allait faire de lui l'un des plus grands mythes du cinéma français.

Réédité en tirage limité, le roman de Pierre Mac Orlan est ici accompagné du DVD du film de Julien Duvivier. Adulé à sa sortie en 1935, La Bandera fut ensuite rejeté, taxé de toutes les tares du colonialisme et du militarisme avant d'être redécouvert en même temps qu'on réhabilitait son auteur.
12,60 €
Le temps
Gallimard
La première histoire de ce livre lui a donné son titre. Mais ce thème du temps qui s'écoule, on le retrouve, obsédant, dans tous les contes, violents et colorés, réunis ici. Qu'il s'agisse de deux enfants perdus à la recherche de leur vie, Pedro et Paulina, ou de Miguel Bruno, amené par sa mobilisation à s'interroger sur ses jeunes années, ou de la quête d'une femme - l'auteur peut-être ? - à travers une aventure de son enfance, ou de ce vieillard, don Julian, peu à peu détruit par le vieillissement, c'est toujours le vertige, tour à tour lumineux et angoissant, de la fuite des années. Telle est la chaîne sur laquelle l'auteur a tissé son œuvre. Quant aux soies employées, c'est surtout la variété et l'intensité fraîche de leurs coloris qui étonnent. Le récit, chez Ana María Matute, est plein d'inventions, d'inattendu. Ses notations sont violentes, ses contrastes subtils. À la fois nouvelles et longs poèmes, ces textes éclairent un monde très humain, un univers pétri de souffrance et de nostalgie.

La première histoire de ce livre lui a donné son titre. Mais ce thème du temps qui s'écoule, on le retrouve, obsédant, dans tous les contes, violents et colorés, réunis ici. À la fois nouvelles et longs poèmes, ces textes éclairent un monde très humain, un univers pétri de souffrance et de nostalgie.
7,80 €
Dernières aventures du brave soldat Chvéïk
Gallimard
Au début de ce dernier tome de ses aventures, le brave soldat Chvéïk est en route pour la Galicie, où l'armée de l'empereur François-Joseph se bat contre celle du tsar. Un long chemin reste à parcourir avant que la compagnie à laquelle il appartient n'arrive au front, chemin d'autant plus long que la gabegie la plus complète règne dans les transports comme dans le ravitaillement, ce qui donne à Chvéïk maintes occasions de se distinguer. Candide et débrouillard, frondeur et respectueux de la hiérarchie, Chvéïk forme avec le sympathique lieutenant Lucas, qui le protège tout en le rudoyant, un couple inoubliable, entouré d'une foule de personnages pittoresques ou ridicules, sur lesquels l'auteur exerce toute sa verve. Comment Chvéïk, ayant revêtu «par hasard» un uniforme russe, fut fait prisonnier par les siens et faillit être pendu, n'est qu'un épisode parmi d'autres de ce roman plein de drôlerie et d'un humour parfois macabre, portrait vivant et cynique d'un vieil empire sur le déclin. Notre héros, grand conteur, est aussi un moraliste à sa manière, qui, dans les pires circonstances, ne perd ni son sang-froid ni sa bonne humeur.

Comment Chvéïk, ayant revêtu «par hasard» un uniforme russe, fut fait prisonnier par les siens et faillit être pendu, n'est qu'un épisode parmi d'autres de ce roman plein de drôlerie et d'un humour parfois macabre, portrait vivant et cynique d'un vieil empire sur le déclin...
11,50 €
En liberté dans les champs du Seigneur
Gallimard
«La Famille Martin Quarrier est arrivée ! Priez avec ferveur pour Ses serviteurs Martin et Hazel Quarrier, priez pour votre correspondant et sa femme, Andy, qui ont pour tâche de porter Sa parole aux sauvages Niarunas, car l'entreprise s'annonce dangereuse et ardue. Nous avons besoin de toutes vos prières, car Satan rassemble ses forces et l'Opposition, toujours vigilante, tirera profit de notre premier faux pas.» En compagnie de leur fils, Martin et Hazel Quarrier partent rejoindre Leslie et Andy Huben, comme eux missionnaires protestants, pour évangéliser une des tribus les plus primitives de la jungle amazonienne, les Indiens Niarunas. Leurs efforts se heurteront à l'obscurantisme et à la duplicité des Indiens, aux entreprises de l'opposition catholique, à l'hypocrisie des autorités locales, au cynisme de deux hors-la-loi américains retenus par les circonstances à Madre de Dios, mais aussi, et surtout, à leurs propres contradictions… En liberté dans les champs du Seigneur évoque la confrontation de deux mondes, que tout oppose. Peter Matthiessen remet en question le mythe du bon sauvage et celui de la mission civilisatrice, avec ce qu'elle implique de prétention, d'orgueil et de bêtise. Il livre dans ces pages d'une rare beauté de ton et d'inspiration une fresque dense et envoûtante, à l'image de la jungle, aux frontières du document.

En liberté dans les champs du Seigneur évoque la confrontation de deux mondes, que tout oppose. Peter Matthiessen remet en question le mythe du bon sauvage et celui de la mission civilisatrice, avec ce qu'elle implique de prétention, d'orgueil et de bêtise.
10,65 €
La mort et le printemps
Gallimard
«Il y a longtemps, le plus vieux d'entre les vieux du village avait expliqué qu'il avait assisté à la naissance de tout. Le village était né d'un grand malaise de la terre. La montagne s'était fendue, puis elle était tombée de tout son long dans la rivière. La rivière s'était répandue dans les champs, mais elle voulait couler en gardant toute son eau et peu à peu elle avait creusé sous la montagne qui était tombée. Le vieux avait ajouté que sur la terre et les pierres décrochées, une nuit la lune avait déposé deux ombres qui s'étaient réunies par la bouche. Et il avait plu du sang. C'est ainsi que tout avait commencé.» Roman inclassable et déroutant, La mort et le printemps évoque, à travers le regard d'un adolescent, un village, perdu aux confins d'une région anonyme, aux rites et traditions étranges. Ce dernier livre de Mercè Rodoreda - auquel elle se consacra pendant près de vingt ans - est à la fois un récit initiatique, un texte poétique et un exercice de fiction complexe et ambitieux, porté par une dimension mythique et une exigence rare.

La mort et le printemps évoque un village, perdu aux confins d'une région anonyme, aux rites et traditions étranges. Dernier livre de Mercè Rodoreda, c'est à la fois un récit initiatique, un texte poétique et un exercice de fiction complexe et ambitieux, porté par une dimension mythique et une exigence rare.
10,00 €
Tant et tant de guerre
Gallimard
«Puis la guerre est venue et j'y suis parti pour le salut de mon âme. Mais la guerre m'a tué. Vidé de tout, entouré de morts et de sang... il y a longtemps que je suis mort, pourquoi vouloir respirer, avoir un corps que je n'aime pas et qui n'arrête pas d'avoir sommeil, d'avoir faim et d'être triste ? je veux dire, qui demande de la joie, même si ce n'est qu'un petit peu de joie, et qui ne trouve que la tristesse...» «Tant et tant de guerre est né à la suite d'une exposition des photos du film Le manuscrit trouvé à Saragosse. Je me demandais si je ne pourrais pas faire un roman qui parviendrait au même degré de poésie et de mystère. Il me fallait créer un personnage et le laisser courir le monde. Ce serait un garçon ayant encore du lait sur les lèvres et qui, comme les poètes, s'extasierait devant tout ce qu'il verrait. Le prendre en plein désordre de la guerre afin qu'il puisse n'en faire qu'à sa tête, et aller là où il aurait envie d'aller. Le jeter dans des aventures avec des gens étranges. Pourquoi pas un roman, disons de guerre, mais avec peu de guerre ?» Mercè Rodoreda.

«Tant et tant de guerre est né à la suite d'une exposition des photos du film Le manuscrit trouvé à Saragosse. Je me demandais si je ne pourrais pas faire un roman qui parviendrait au même degré de poésie et de mystère. Il me fallait créer un personnage et le laisser courir le monde...»
8,00 €
Le recours de la méthode
Gallimard
L'histoire déboussolée de l'Amérique latine dépasse, sous la plume d'Alejo Carpentier, la plus folle des fictions et devient fresque baroque où se pressent les archétypes du Nouveau Monde : généraux, séditieux, intellectuels, rêveurs, politiciens véreux. Parmi eux l'Étudiant, incarnation de l'espoir. Derrière lui, tout un peuple analphabète et haut en couleur dont le romancier cubain décrit, comme nul autre, les fêtes et les défaites. Mais aussi le Dictateur, dont on suit les aventures depuis le début du siècle jusqu'à son expulsion de son propre pays, vers les années vingt, et sa mort à Paris aux alentours de 1930. L'Amérique hispanique, selon Alejo Carpentier, est le monde anticartésien par essence. Pour la décrire, il faut inventer l'envers du Discours de la méthode. Tel est le sens de ce Recours, des mille péripéties fantastiques du vécu décrites dans une langue dont la perfection éblouit autant que l'humour.

L'histoire déboussolée de l'Amérique latine dépasse, sous la plume d'Alejo Carpentier, la plus folle des fictions et devient fresque baroque où se pressent les archétypes du Nouveau Monde : généraux, séditieux, intellectuels, rêveurs, politiciens véreux, et, parmi eux, l'Étudiant, incarnation de l'espoir...
11,00 €
Des hommes et des femmes
Gallimard
Névrosée, à la fois tyran familial et victime, candidate au suicide et finalement assassinée, lady Harriet est une femme étonnante. Elle rêvait de voir son fils Jermyn faire sa carrière à Cambridge et lui ne rêvait que de poésie. Elle eût voulu que Matthew, son autre fils, exerçât la médecine à Londres ; il n'était attiré que par les recherches scientifiques. Ses ambitions étaient si intimement mêlées à ses conceptions religieuses que ces dernières l'emportaient sur son jugement : pour elle le bien suprême consistait à se dévouer aux autres en se sacrifiant soi-même. À travers cette figure de femme, Ivy Compton-Burnett dissèque, avec un humour carnassier, les menus drames et les tragédies insondables du huis clos familial, univers concentrationnaire où la haine et la volonté de puissance sont les principaux ressorts des intrigues. Elle façonne tout en dialogues la matière romanesque, ses romans ont tous la même structure, une ondoyante conversation ininterrompue - so english - tout en sous-entendus et en non-dits. Et la peinture de ce monde plein d'une exquise politesse n'a rien de mièvre. Il est fait de sauvagerie, de cruauté et d'égoïsme.

Névrosée, à la fois tyran familial et victime, candidate au suicide et finalement assassinée, lady Harriet est une femme étonnante... Ses ambitions sont si intimement mêlées à ses conceptions religieuses que ces dernières l'emportent sur son jugement : pour elle le bien suprême consiste à se dévouer aux autres en se sacrifiant soi-même.
9,00 €
Faust au village
Gallimard
Recueil de sept nouvelles, dont trois publiées en 1950, composées, pour certaines, dans les haltes, les pauses et les marges du Hussard sur le toit, ces histoires sont presque toutes de sang et de mort… «Ce sang que nous avons tous envie de faire verser, de faire répandre et de faire ruisseler. Le sang des autres dans lequel se trouve toute notre liberté»… «Nous nous délectons à des choses lugubres et tristes… Il est agréable de penser à la mort des autres.» Giono fait ainsi monologuer quelques personnages qui l'accompagnent pendant qu'il rédige le Hussard. La mort d'un riche fermier fait s'entre-tuer les héritiers (de la main gauche), alors qu'il n'est pas encore en terre. Une veuve règle ses aigreurs familiales en faisant savoir ou non aux parents et voisins le décès de son mari. Deux autres nouvelles ont un reflet diabolique : une croix qui saccage une maison, un auto-stoppeur qui pourrait être une figure du diable. Leur cadre est très familier à l'auteur qui y a situé entre autres Un roi sans divertissement : pays de montagne, de neige, région de Mens et de Tréminis, l'extrême sud de l'Isère. Giono apparaît une fois de plus comme un extraordinaire nouvelliste, au-delà de tout réalisme, dans une sorte de tragédie noire et rouge, dominée de bout en bout par un style superbe.

Recueil de sept nouvelles, composées, pour certaines, dans les haltes, les pauses et les marges du Hussard sur le toit, ces histoires sont presque toutes de sang et de mort… Giono apparaît une fois de plus comme un extraordinaire nouvelliste, au-delà de tout réalisme, dans une sorte de tragédie noire et rouge, dominée de bout en bout par un style superbe.
9,00 €
La véranda
Gallimard
Il s'agit d'une montagne qui n'est nullement magique : cette véranda, dans un sanatorium des Alpes, est la terrasse commune à la population masculine des lieux, et où le narrateur, un jeune avocat, l'un des rejetons de la famille placée au centre du Jour du jugement, fait l'apprentissage d'un monde trop humain, toutes classes et toutes régions d'Italie confondues, où la hantise de la maladie - le thermomètre, la balance - mais aussi quelque amour ou amourette - car la séparation entre sexes n'y est pas absolue - scandent les journées en chaise longue. On y voit naître, en pleine jeunesse, une âpre méditation qui aboutira au «jugement» : un jugement qu'incarne l'un des personnages les plus singuliers du livre, un certain Aubergine, oublié par la mort aussi bien que par la vie. Salvatore Satta, juriste de grand renom, originaire de la Sardaigne, s'est révélé, au lendemain de sa mort en 1975, être un écrivain magistral : on sait le succès retentissant qu'a obtenu Le jour du jugement. Pour tous ceux qui ont aimé cette histoire sentimentale et populaire de sa Sardaigne natale, La véranda sera une découverte saisissante ; le talent original de l'écrivain transparaît dans ce premier livre percutant écrit dans les années trente.

Salvatore Satta, juriste de grand renom, s'est révélé, au lendemain de sa mort en 1975, être un écrivain magistral : on sait le succès retentissant qu'a obtenu Le jour du jugement. Pour tous ceux qui ont aimé cette histoire sentimentale et populaire de sa Sardaigne natale, La véranda sera une découverte saisissante.
7,80 €
Toute la vérité
Gallimard
Chism Crockett déteste la campagne ; c'est pourquoi il a vendu sa ferme dès que sa femme est morte. Il est allé s'installer en ville, une toute petite ville de Géorgie, avec son père, vieillard de quatre-vingt-cinq ans, ses trois filles et ses deux fils. En réalité, ce que Chism déteste surtout, c'est le travail. L'une des filles est une prostituée, une autre est mariée à un gredin ; le grand-père est quasiment malade de chagrin, autant que Jarvis, le petit dernier ; mais Chism se moque de tout ça. Il veut à tout prix rester à la ville et ne rien faire.Caldwell a fait entrer dans la littérature américaine un nouveau personnage : «le pauvre blanc» des États du Sud : être primitif sans préoccupations morales ni ressources matérielles, être corrompu ou qu'on va corrompre et dont l'innocence s'accomode de la violence. Impassible observateur, Caldwell peint ses héros avec une puissance et une vérité saisissantes. Jamais il ne tire de conclusion, ce qui rend sa peinture d'autant plus bouleversante. Et après le drame qui clôt le livre, on se dit que la vérité, cette sacrée vérité, est bien amère, mais que l'essentiel était de la dire.

Erskine Caldwell a fait entrer dans la littérature américaine un nouveau personnage : «le pauvre blanc» des États du Sud, être primitif, être corrompu ou qu'on va corrompre et dont l'innocence s'accomode de la violence. Impassible observateur, Caldwell peint ses héros avec une puissance et une vérité saisissantes.
8,65 €
Voyage babylonien
Gallimard
«Un grand seigneur est tombé dans des difficultés conformes à l'air du temps et se trouve contraint d'abandonner son train de maison habituel. Avec deux compagnons, qui ne sont pas mieux lotis que lui, il mène la vie d'un pauvre diable, passe par un grand nombre de villes, dont nous ne nommerons que Bagdad, Constantinople et Paris, pour signaler l'ampleur de leurs efforts et des résistances auxquelles ils se heurtent. En chemin, ils rencontrent bien des obstacles, liés à l'amour, à la boisson, au mensonge, auxquels ils n'avaient été exposés jusqu'ici ni de près ni de loin. Lentement, juché sur les épaules des deux autres, le grand seigneur réussit à prendre pied. La paix dans l'âme, il tient. Lui qui ne s'était pas soumis volontairement aux fatigues du voyage, il doit à la fin reconnaître qu'il fut long, mais que cela valait la peine. Accessoirement, c'est l'histoire d'un Adam qui rencontre beaucoup d'Èves, mais non le péché, et qui a du mal à quitter le paradis. Accessoirement, l'histoire d'un tyran qui se croit pareil à Dieu, se trouve précipité dans les plaisirs et les misères de notre existence, et c'est son ascension à la pauvre humanité.» C'est ainsi qu'Alfred Döblin résume son Voyage babylonien, grand livre comique, qui se veut «une suite de choses burlesques, gaies, graves, ironiques, etc.» La question que pose ce texte est la suivante : comment survivre dans un monde où l'inhumanité triomphe, sans être tenté par la fuite et sans devenir cynique. D'une verve exceptionnelle, le roman révèle, à travers cette immense et jouissive déambulation, le goût des chemins de traverse, de la légèreté et la dérision, et surtout une liberté totale d'invention.

Traduction révisée par Michel Vanoosthuyse

Voyage babylonien, grand livre comique, se veut «une suite de choses burlesques, gaies, graves, ironiques, etc.» La question que pose ce texte est la suivante : comment survivre dans un monde où l'inhumanité triomphe, sans être tenté par la fuite et sans devenir cynique ?
12,50 €
Mildred Pierce
Gallimard
Mildred Pierce, petite femme aux cheveux blonds mousseux et aux yeux bleus limpides, décide de se séparer de son mari ; c'est, dit-elle, parce qu'il court après une certaine Mrs. Biederhof, mais surtout parce que, victime de la crise de 1929, il est sans travail et en prend trop aisément son parti. Elle doit pourtant gagner sa vie, et celle de ses filles, alors, pour s'en sortir, elle vend les «pies» fait maison, et travaille comme serveuse dans un restaurant. Mais cela ne suffit pas, du moins pas aux yeux de sa fille aînée, Véda, alors Mildred se lance dans les affaires et ouvre son propre restaurant «Mildred Pierce, Poulet - Gaufres - Pies», suivi d'un deuxième, puis d'un troisième. Elle fait aussi la connaissance de Monty Beragon, un jeune et élégant oisif, devient sa maîtresse, puis, lorsqu'il est ruiné, l'entretient. Or, pendant ces années de lutte, Véda grandit et devient une rivale redoutable au caractère orgueilleux, cupide et méprisant, et Mildred, rejetée et bafouée, se retrouve, après un drame affreux provoqué par sa propre fille, pauvre et vieillie... James Cain a écrit principalement des romans noirs et a acquis sa notoriété comme auteur de romans policiers. Mildred Pierce tient une place particulière dans son œuvre : c'est un roman de mœurs, une critique sociale et un portrait de femmes particulièrement réussi, émouvant et drôle.

James Cain a écrit principalement des romans noirs et a acquis sa notoriété comme auteur de romans policiers. Mildred Pierce tient une place particulière dans son œuvre : c'est un roman de mœurs, une critique sociale et un portrait de femmes particulièrement réussi, émouvant et drôle.
13,00 €
La Bâtarde
Gallimard
«Mon cas n'est pas unique : j'ai peur de mourir et je suis navrée d'être au monde. Je n'ai pas travaillé, je n'ai pas étudié. J'ai pleuré, j'ai crié. Les larmes et les cris m'ont pris beaucoup de temps [...]. Le passé ne nourrit pas. Je m'en irai comme je suis arrivée. Intacte, chargée de mes défauts qui m'ont torturée. J'aurais voulu naître statue, je suis une limace sous mon fumier.»
14,00 €
L'Origine
Gallimard
Salzbourg, c'est la beauté, l'art, la culture. C'est aussi une ville au climat pourri, peuplée de bourgeois bornés, mesquins, matérialistes, hypocrites, une ville haïe de l'auteur qui y est né, qui ne peut jamais y retourner sans se sentir à nouveau accablé par l'atmosphère qui s'en dégage, où tout être sensible se sent condamné à tous les abandons et parfois au suicide. C'est l'idée du suicide qui obsédait le collégien lorsque, dans le cagibi à chaussures de l'internat où l'avait placé son grand-père, il étudiait le violon. Internat dirigé par un nazi, selon des méthodes éprouvées, guère différentes de celles des bons catholiques qui le remplacèrent après la défaite. Entre-temps il y a eu la guerre et les bombardements avec leurs visions d'horreurs.Premier volume autobiographique de Thomas Bernhard, L'origine nous plonge dans l'enfer quotidien de l'internat dans lequel il a passé son adolescence. D'abord tenu par les nazis, il est reconverti en établissement catholique, après la chute du IIIᵉ Reich, mais les méthodes restent les mêmes... Un surprenant roman d'éducation écrit dans une langue admirable.

Premier volume autobiographique de Thomas Bernhard, L'origine nous plonge dans l'enfer quotidien de l'internat dans lequel il a passé son adolescence. Un surprenant roman d'éducation écrit dans une langue admirable.
9,50 €
Mauve le vierge
Gallimard
Les curieux personnages de ces récits ne seraient-ils pas chaque fois Hervé Guibert, ayant changé ses identités pour mieux se déguiser, en homme vierge, en amoureux fiévreux, en victime d'un tremblement de terre, ou en disciple du grand philosophe qu'il accompagne jusqu'à la tombe ? Ce n'est pas tout à fait sûr, puisque trois portraits de femmes se dessinent aussi dans ces pages : la concierge Mémée Nibard, à qui il arrive de féeriques malheurs, la directrice fine mouche du musée de cire, et la jeune voisine, qui a ses raisons pour s'arrêter de jouer du piano. Dans ce livre, Hervé Guibert exprime sa volonté de tout dire, sur lui et sur les autres, ce qu'on pense et qu'il ne faudrait pas, et parfois même un peu plus que la vérité.

Les curieux personnages de ces récits ne seraient-ils pas chaque fois Hervé Guibert, ayant changé ses identités pour mieux se déguiser ? Dans ce livre, il exprime sa volonté de tout dire, sur lui et sur les autres, ce qu'on pense et qu'il ne faudrait pas, et parfois même un peu plus que la vérité...
9,00 €
Deux dames sérieuses
Gallimard
La première de ces deux dames «sérieuses» avec lesquelles le lecteur est invité à faire connaissance est en fait une demoiselle, Miss Christina Goering. Jeune fille distinguée, issue d'une excellente famille, elle est dotée de moyens d'existence confortables. Mais notre héroïne a manifesté, durant son enfance, un tempérament particulier et aussi un mysticisme qui a grandi avec les années. Et maintenant, Miss Goering est décidée à assurer son salut et à tout faire pour atteindre la sainteté. Par quels moyens ? En luttant contre sa nature profonde, c'est-à-dire en se contraignant à accepter les avances que voudront bien lui faire les personnes de l'autre sexe. Voilà bien une destinée exemplaire et l'auteur, pour en souligner le côté édifiant, la met en parallèle avec celle, tout à fait opposée, de la seconde de ces dames «sérieuses». Mrs Frieda Copperfield est mariée à un homme à qui elle voue une affection sincère. Mais, à l'occasion d'un voyage en Amérique centrale, elle prend conscience de ses aspirations véritables ; elle mettra un terme aux plaisirs discutables de la vie conjugale pour goûter une félicité parfaite, mais non exempte d'une certaine agitation, en compagnie de dames charmantes et bien intentionnées. Deux dames sérieuses est une comédie de mœurs peuplée de personnages bizarres, hautement pittoresques. C'est aussi une satire mordante et mémorable de certains milieux américains du début du XXᵉ siècle.

Deux dames sérieuses est une comédie de mœurs peuplée de personnages bizarres, hautement pittoresques. C'est aussi une satire mordante et mémorable de certains milieux américains du début du XXᵉ siècle.
9,00 €
LA PROMENADE allemand
Gallimard
«Un matin, l'envie me prenant de faire une promenade, je mis le chapeau sur la tête et, en courant, quittai le cabinet de travail ou de fantasmagorie pour dévaler l'escalier et me précipiter dans la rue. Dans l'escalier, je fus croisé par une femme qui avait l'air d'une Espagnole, d'une Péruvienne ou d'une créole, et qui affichait quelque majesté pâle et fanée. Pour autant que je m'en souvienne, je me trouvai, en débouchant dans la rue vaste et claire, d'une humeur aventureuse et romantique qui m'emplit d'aise. Le monde matinal qui s'étalait devant moi me parut si beau que j'eus le sentiment de le voir pour la première fois...» En racontant tout uniment une journée de flânerie, du matin jusqu'au soir, entre ville et campagne, Robert Walser donne là son texte le plus enjoué, le plus désinvolte et le plus malicieusement élaboré. Changeant sans cesse de perspective, sautant d'un style à l'autre, poussant parfois la parodie jusqu'à l'abnégation, ce petit journal sentimental et cocasse, avec son inimitable mélange de naïveté feinte et de vraie candeur, est non seulement une confession, mais un véritable art poétique, et un chef-d'œuvre du nouvelliste.

En racontant tout uniment une journée de flânerie entre ville et campagne, Robert Walser donne là son texte le plus enjoué, le plus désinvolte et le plus malicieusement élaboré. Un chef-d'œuvre du nouvelliste.
8,50 €
La place du Diamant
Gallimard
«Sans travail, sans rien en vue, j'ai fini de vendre ce qui me restait : mon lit de jeune fille, le matelas du lit aux colonnes, la montre de Quimet que je voulais donner à Antoni lorsqu'il serait grand. Tout le linge. Les coupes, les tasses, le buffet… Et quand il ne me restait rien en dehors de ces monnaies qui me semblaient sacrées, j'ai fait taire ma fierté et je suis allée chez mes anciens patrons.» Une Catalane, femme du peuple, originaire du quartier de Gràcia à Barcelone, raconte sa vie. Avec délicatesse et discrétion, Natàlia évoque son adolescence, le travail - elle est alors vendeuse dans une pâtisserie du quartier -, son mariage, les maternités, la mort de son mari, milicien dans l'armée républicaine, la guerre civile, la faim, le désespoir, son remariage… Ce témoignage émouvant par la simplicité d'une vie banale en apparence, mais qui se déroule pendant une époque mouvementée, la guerre civile puis les années noires qui suivent la victoire du franquisme, est considéré comme le chef-d'œuvre du roman catalan depuis un quart de siècle.

Une Catalane, femme du peuple, originaire de Barcelone, raconte sa vie. Ce témoignage émouvant par la simplicité d'une vie banale en apparence est considéré comme le chef-d'œuvre du roman catalan depuis un quart de siècle.
11,50 €
Quand vient la fin / Après la fin
Gallimard
«Mais, tout de même, quand vient la fin, c'est là qu'on mesure à quel point tant et tant de perceptions, de visions, d'émotions, de sensations restèrent étrangères à mon père. Il s'est ruiné la santé, il s'est tué de travail, il a toujours vécu comme un malheureux, comme un paria, comme un esclave, et tout cela pour aboutir à quoi ? à cette faillite totale, à cette chute dans le trou sans fond d'une atroce maladie mortelle ! Oh ! je tiens compte des circonstances parfois pénibles dans lesquelles il dut se débattre. On ne peut pas juger avec les mêmes règles la vie de l'enfant riche et la vie de l'enfant pauvre. Il fallait que mon père se batte avec la vie avant de songer à en jouir.» «Quand vient la fin n'a visé qu'à atteindre une certaine crédibilité par dessus les principes et les conventions. Je ne prétends pas que l'art doive uniquement enfanter des œuvres d'entomologiste ou de clinicien, et j'admets un art de la fiction où l'auteur tiendrait compte des illusions qui permettent aux faits nus d'avoir aussi leur climat fabuleux. C'est ce que j'ai appelé la mythologie de la réalité. Chaque écrivain pouvant créer la sienne, selon son tempérament.» Raymond Guérin.

«Quel homme est mon père ? Quel homme a-t-il été ou n'a-t-il pas été ? Comment a-t-il vécu ? Qu'a-t-il espéré, exigé de la vie ? Qu'a-t-il réalisé ?»
10,50 €
L'ivrogne dans la brousse
Gallimard
«Je me soûlais au vin de palme depuis l'âge de dix ans. Je n'avais rien eu d'autre à faire dans la vie que de boire du vin de palme.»C'est ainsi que le narrateur, qui se nomme lui-même «Père-Des-Dieux-Qui-Peut-Tout-Faire-En-Ce-Monde», se présente. Les 560 000 palmiers de sa plantation lui fournissaient suffisamment de vin de palme pour en boire quotidiennement plus de deux cents calebasses. Mais un jour son «malafoutier», l'homme qui lui préparait son vin de palme, tombe du haut d'un arbre et se tue. Voilà un bien grand malheur ; impossible de trouver un «malafoutier» aussi expert que le défunt, et la soif se fait sentir. Le narrateur décide donc d'aller chercher son «malafoutier» dans la Ville-des-Morts, et ce sont ses aventures dans la Brousse et le Monde des Êtres Étrangers et Terribles, qui constituent le sujet de ce récit écrit directement en anglais par Amos Tutuola, Yoruba de l'ancienne Nigeria britannique. Raymond Queneau s'est efforcé de rendre le caractère d'«art brut» de ce conte et les «contradictions» d'un des tout premiers romans africains.

«Je me soûlais au vin de palme depuis l'âge de dix ans. Je n'avais rien eu d'autre à faire dans la vie que de boire du vin de palme.» C'est ainsi que le narrateur, qui se nomme lui-même «Père-Des-Dieux-Qui-Peut-Tout-Faire-En-Ce-Monde», se présente...
8,50 €
La fuite sans fin
Gallimard
Chassés du Sin-Kiang par la guerre civile, sept Européens se joignent à la caravane d'un riche marchand de fourrures chinois et tentent, perdus en plein milieu de l'Asie, de gagner l'Est. Dans l'étrange ville d'Aksou, ils sont obligés de se séparer. Ce sont les aventures de chacun d'eux que Frederic Prokosch raconte en autant de récits pathétiques d'une saisissante puissance d'évocation. Mais l'intérêt le plus profond du livre se situe ailleurs. Jeté en pleine solitude, chacun des sept Européens se voit confronté à sa propre destinée et aux éternelles questions de la vie, de la mort, de l'amour. Et tout le problème de la condition humaine, sous ses aspects multiples et contradictoires, se trouve ici magistralement posé.

Nouvelle édition en 2005

Nouvelle édition.
10,05 €
Vie de Samuel Belet
Gallimard
Il n'y a peut-être pas de livre de Ramuz qui soit plus représentatif de son genre que la Vie de Samuel Belet. Dans le déroulement de cette existence qui, par le chemin des passions et de la violence, aboutit au renoncement joyeux et à la paix de l'âme, Ramuz semble avoir fait tenir toute sa riche expérience humaine. Ce petit paysan suisse que l'amour et l'ambition arrachent à son milieu et à sa patrie - pour qui le désespoir n'est pas la leçon de l'échec, non plus que l'envie ne peut être celle de la pauvreté -, qui croit envers et contre tout à l'amour, à l'amitié et à la pureté, nous enrichit d'une leçon qui est la leçon même de l'œuvre de Ramuz. Ce livre a le rythme même de la vie qu'il conte - une vie simple et pleine, dont l'effort est la grande loi, mais qui accueille également la passion dont la fatalité est aussi une grande loi de la vie de l'homme. Les fautes de Samuel Belet sont, comme ses vertus, nées du plus profond de lui-même ; elles sont, les unes et les autres, son expression complète. De là, le merveilleux équilibre de l'un des récits les plus humains qui soit tombé de la plume de Ramuz.

Nouvelle édition en 2005

Il n'y a peut-être pas de livre de Ramuz qui soit plus représentatif de son genre que la Vie de Samuel Belet. Il a le rythme même de la vie qu'il conte - une vie simple et pleine, dont l'effort est la grande loi, mais qui accueille également la passion dont la fatalité est aussi une grande loi de la vie de l'homme.
12,50 €
Toute la vie
Gallimard
L'univers où s'exerce l'invention littéraire d'Alberto Savinio est celui d'un réalisme proprement métaphysique, fortement gauchi, fût-ce face à la démence, par une ironie à toute épreuve. Mais peut-être faudrait-il remplacer le terme ironie par celui d'humeurs, humeurs du plus beau noir. Ce n'est pas pour rien que Savinio figure dans l'Anthologie de l'humour noir » et qu'André Breton le comptait, ainsi que son frère Giorgio de Chirico, parmi les précurseurs du surréalisme. Toutefois, Chirico, depuis, s'est délibérément rangé. Alors que Savinio restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie aux jeux singuliers et souvent pathétiques d'une fantaisie effrénée, volontiers désobligeante, où les objets agissent ainsi que les hommes, où les dieux se heurtent aux barreaux d'un poulaillier et où le véritable sacré est celui que sous-entend la définition célèbre du « couteau sans lame auquel il manque le manche ». Ici, dans ce choix de nouvelles, seul règne l'Ange du bizarre...

L'univers où s'exerce l'invention littéraire d'Alberto Savinio est celui d'un réalisme proprement métaphysique, fortement gauchi, fût-ce face à la démence, par une ironie à toute épreuve. Ici, dans ce choix de nouvelles, seul règne l'Ange du bizarre...
9,50 €
Le puits de solitude
Gallimard
«On la jugeait singulière, ce qui, dans ce milieu, équivalait à une réprobation. Troublée, malheureuse, comme un tout petit enfant, cette large créature musclée se sentait seule, elle n'avait pas encore appris cette dure leçon : elle n'avait pas encore appris que la place la plus solitaire en ce monde est réservée aux sans-patrie du sexe.»Le puits de solitude fit scandale lors de sa parution à Londres en 1928, où il fut interdit et les exemplaires imprimés jetés au feu. Marguerite Radclyffe Hall y dépeint l'amour de deux femmes, contrarié par une société hostile, et prend la défense de cette minorité incomprise et méprisée. Véritable plaidoyer en faveur de l'homosexualité, Le puits de solitude est aujourd'hui une référence littéraire reconnue par tous.

Le puits de solitude fit scandale lors de sa parution à Londres en 1928. Véritable plaidoyer en faveur de l'homosexualité, ce roman est aujourd'hui une référence littéraire reconnue par tous.
16,50 €
Voyage dans les ténèbres
Gallimard
«C'était comme si un rideau était tombé, dissimulant tout ce que j'avais connu. C'était presque comme de venir au monde une seconde fois. Les couleurs n'étaient plus les mêmes, plus les mêmes les parfums, plus la même impression laissée par les choses tout au fond de soi. Pas simplement la différence entre chaud et froid ; violet et gris ; lumière et ténèbres. Mais une différence dans ma façon d'avoir peur et ma façon d'être heureuse. Pour commencer, l'Angleterre me déplut.»Anne a quitté ses Antilles natales pour l'Angleterre. À dix-huit ans, sans ressources, elle se retrouve à Londres, figurante dans une troupe de théâtre minable. La ville est froide et triste, la pension de famille où elle habite, sinistre. D'expédients en expédients, de bras en bras, elle s'enfoncera petit à petit dans les ténèbres...Récit de la désillusion, Voyage dans les ténèbres retrace l'histoire d'Anne, jeune fille paumée qui erre dans la vie, de débâcle en désastre. Un roman poignant, sans concession, sur la misère des femmes «trop naïves pour vivre").

Récit de la désillusion, Voyage dans les ténèbres retrace l'histoire d'Anne, jeune fille paumée qui erre dans la vie, de débâcle en désastre. Un roman poignant, sans concession, sur la misère des femmes «trop naïves pour vivre».
7,80 €
Corrections
Gallimard
Roithamer, Autrichien de quarante-deux ans, biologiste et professeur à Cambridge, s'est pendu à un arbre de la forêt de Kobernauss, au coeur de laquelle il avait construit le Cône d'habitation : un édifice parfait destiné à sa soeur bienaimée, censé lui offrir le bonheur mais dont elle n'a pu supporter la vue. Le narrateur, ami et exécuteur testamentaire, s'attelle au tri des manuscrits illisibles du professeur. Peu à peu se révèle une figure non pas folle mais géniale, évoquant Wittgenstein : un homme d'une exigence extrême, rejetant famille, Autriche et savoir imparfait, voué à corriger tout ce qui dévie de la perfection, jusqu'à sa propre destruction.
13,00 €
Monsieur Ladmiral va bientôt mourir
Gallimard
"Quand il avait quitté Paris, dix ans plus tôt, pour venir habiter à Saint-Ange-des-Bois, Monsieur Ladmiral avait fait savoir, pour vanter la maison qu'il achetait, qu'elle était à huit minutes de la gare. C'était presque vrai à cette époque. Par la suite, et à mesure que Monsieur Ladmiral vieillissait, la maison avait été à dix minutes, puis à un bon quart d'heure de la gare. Monsieur Ladmiral n'avait constaté ce phénomène que très lentement, n'avait jamais su l'expliquer et, pour mieux dire, ne l'avait jamais admis." Monsieur Ladmiral va mourir, et par petites touches, Pierre Bost livre un récit intimiste et pur, qui exhale tout au long de ses pages une fraîcheur presque douloureuse à force de tendresse implicite, d'extrême bonheur, mais également de résignation aux décrets irrévocables de la mort.
8,00 €
Jack dans la brousse
Gallimard
Jack Grant, un jeune Anglais, arrive en Australie en 1882 pour commencer une nouvelle vie après avoir été renvoyé du collège et de son école d'agriculture. Dans ce pays neuf, sauvage, au sein d'une famille qui le fascine et pour laquelle il se prend d'un amour profond, il va, au risque d'y perdre son âme, se mettre en quête de sa propre identité. Il domptera des étalons, luttera contre des kangourous, deviendra chercheur d'or et finira par réussir et imposer sa personnalité.Cette histoire d'un adulte qui émerge, après une lutte longue et opiniâtre pour triompher de toutes les épreuves morales et physiques et des pièges mortels de la brousse, est une des denières œuvres de D.H. Lawrence.

Nouvelle édition révisée par Janine Hérisson

Jack Grant, un jeune Anglais, arrive en Australie en 1882 pour commencer une nouvelle vie. Il va, au risque d'y perdre son âme, se mettre en quête de sa propre identité...
11,50 €
Aminadab
Gallimard
«Il faisait grand jour. Thomas qui jusque-là avait été seul vit avec plaisir un homme d'aspect robuste, tranquillement occupé à balayer devant sa porte. Le rideau de fer du magasin était à demi levé. Thomas se pencha un peu et aperçut à l'intérieur une femme couchée dans un lit qui tenait toute la place laissée libre par les autres meubles. Le visage de la femme, quoique tourné vers le mur, n'échappait pas à la vue : doux et fiévreux, tourmenté et pourtant déjà gagné par le repos, voilà ce qu'il était. Thomas se redressa. Il n'avait qu'à continuer sa route. Mais l'homme qui balayait l'interpella : - Entrez, dit-il tandis que son bras se tendait vers la porte et indiquait le chemin à suivre.»

Maurice Blanchot (1907-2003) fut romancier et critique. Sa vie fut entièrement vouée à la littérature et au silence qui lui est propre.
11,00 €
Vacances
Gallimard
«Je n'ai jamais connu personne qui, autant que Marc Bernard, eût le travail en horreur. Il suffisait que l'on en proposât un à cet homme si bon pour qu'une lueur mauvaise s'allumât dans ses yeux bleus. Une fois pour toutes, entre le travail et la pauvreté, il avait choisi. C'est pourquoi le lecteur qui ouvre le présent recueil, Vacances, ne doit pas se laisser abuser par le titre. Venant de celui qui tenait si farouchement le travail à distance, il n'est pas possible qu'il s'agisse de congés payés, et pas davantage de Club Méditerranée. Vacances, malgré son titre, n'est pas fait de pages heureuses, de souvenirs ensoleillés. Marc appelle vacances les moments privilégiés où il s'est vraiment senti libre.»Roger Grenier.

Nouvelle édition

«Vacances, malgré son titre, n'est pas fait de pages heureuses, de souvenirs ensoleillés. Marc Bernard appelle vacances les moments privilégiés où il s'est senti vraiment libre.» Roger Grenier.
8,05 €
Tous les feux le feu
Gallimard
Qui de nous ne s'est jamais trouvé pris dans un embouteillage ? Qui n'a tenté de tuer le temps en observant les passagers des voitures voisines, en essayant de gagner quelques mètres sur eux et en échangeant des pronostics, bons ou mauvais, sur le développement de la situation ? Mais que se passe-t-il si l'embouteillage dure des jours, des semaines, des saisons ? C'est ce que Cortázar imagine dans L'autoroute du Sud, la première des huit nouvelles de ce recueil. En décrivant les rapports de solidarité et de peur, de tendresse et de hargne qui s'établissent entre les victimes de cet «état de siège» moderne, c'est toute une nouvelle sociologie - tantôt drôle ou tendre, tantôt tragique - qu'il invente au cours des péripéties.Ainsi, dans l'admirable Autre ciel, l'on voit le protagoniste circuler avec la plus grande aisance entre le passage Güemès à Buenos Aires, où il laisse sa fiancée Irma à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et la galerie Vivienne à Paris, où il retrouve la prostituée Josiane à la fin de la guerre de 70... Dans la nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage, le parallélisme de deux séries temporelles nettement distinctes brise résolument la succession linéaire du temps, comme la structure euclidienne de l'espace, pour atteindre à une vérité plus humaine...Pour Julio Cortázar, rien, en effet, n'est plus inquiétant que la plus banale des réalités, et la trame du quotidien est tissée de signes insolites, pour qui sait les lire.

Pour Julio Cortázar, rien n'est plus inquiétant que la plus banale des réalités...
10,00 €
La Pierre et l'oreiller
Gallimard
«J'avais dormi à l'hôtel du Chemin de Fer. J'avais fait ce que j'avais pu, j'avais couru et marché, j'avais dormi, j'avais écrit et lu, j'avais eu des contacts avec les femmes, l'histoire, j'avais même été communiste, l'art, la culture. Tout ça pour en arriver à se coucher. [...]Je comprenais ainsi pourquoi elle s'était finalement attachée à moi : parce que je lui offrais et l'aventure et l'organisation, et l'instabilité et la stabilité, la stabilité du mari et l'instabilité de l'amour, l'oreiller et la pierre.»

Poète, essayiste, romancier, critique d'art, Christian Dotremont (1922-1979) a tenu une place importante dans le surréalisme sous l'Occupation et après la guerre, et dans les mouvements artistiques.
7,80 €
Béton
Gallimard
Pour écrire son étude sur Mendelssohn-Bartholdy, Rudolf a besoin d'être seul chez lui, à la campagne. Il a attendu avec impatience le départ de sa sœur qui était venue passer quelques jours avec lui. Mais n'est-ce pas lui qui l'avait invitée, justement parce qu'il n'arrivait pas à se mettre au travail ? Après son départ, il ne parvient pas davantage à écrire. Il sent partout sa présence, envahissante, il entend son discours, protecteur, ironique, provocant. Pour s'échapper, il part à Palma où il retrouve le souvenir atroce d'un drame qu'il a connu quelques années auparavant ; un suicide, un fait divers d'une banalité navrante.Thomas Bernhard construit une machine qui fonctionne à la perfection et se resserre comme un garrot : impossibilité d'être seul ou de ne pas l'être, impossibilité d'écrire et de renoncer à écrire...

Thomas Bernhard a construit une machine qui fonctionne à la perfection et se resserre comme un garrot : impossibilité d'être seul ou de ne pas l'être, impossibilité d'écrire et de renoncer à écrire...
9,50 €
Sergent Getúlio
Gallimard
Sergent de la police militaire, fanfaron et roublard, Getúlio est aussi, comme la plupart de ces fonctionnaires en ces terres misérables et arriérées du sertão brésilien, à la solde d'un grand propriétaire terrien. Le voici chargé de conduire un «prisonnier», indésirable aux yeux du propriétaire, d'un village à l'autre pour le livrer à la justice. C'est ce voyage en compagnie du chauffeur qui conduit la vieille Hudson, que le sergent Getúlio nous raconte ici, comme une épopée, en un monologue hallucinatoire.À travers cette équipée riche en péripéties nous sont contés toute la violence de ces hommes primitifs, la fabuleuse nature du sertão, le climat de luttes politiques et les vengeances personnelles qui se règlent à coup de cadavres.

João Ubaldo Ribeiro est né en 1941 dans l'île d'Itaparica (État de Bahia) au Brésil. Sergent Getúlio, son second roman, a connu un succès mondial.
7,65 €
Minuit sur les jeux
Gallimard
«On m'a appris à regarder et à écouter. Et comme depuis le lycée j'ai un souci d'excellence, je regarde et j'écoute excellemment. Mes misères viennent de là. Lorsque j'écoute on dirait que ma vie tout entière dépend de mon interlocuteur. Petit à petit son discours lui apparaît du plus grand intérêt, et cette bouffée de confiance en soi le conduit assez naturellement au désir. Mes problèmes viennent de là. La courtoisie doit-elle satisfaire au désir qu'elle a provoqué ?»

Minuit sur les jeux, publié en 1973, est le premier roman de Florence Delay élue à l'Académie française en décembre 2000.
7,80 €
Le Professeur Frœppel
Gallimard
«Le présent ouvrage rassemble tout ce que l'on sait actuellement du Professeur Frœppel : le journal de sa folie, le récit de sa mort, ses œuvres théâtrales, scientifiques, poétiques et pédagogiques connues, mais revues corrigées et augmentées de nombreux inédits.La première découverte de ses œuvres se situe entre 1944 et 1947. Leur première publication, aux Éditions Gallimard, date de 1951, sous le titre : Un mot pour un autre.Outre les ouvrages publiés il y a plus de trente ans, comme le Journal intime, la célèbre comédie Un mot pour un autre, Le Dictionnaire des Mots Sauvages de la Langue Française, les Petits problèmes et travaux pratiques, l'édition que voici comporte de nombreux inédits récemment retrouvés, tels que les esquisses comiques : Finissez vos phrases et De quoi s'agit-il ?, La Poésie usuelle, un essai mnémotechnique : Au chiffre des grands hommes, diverses adjonctions aux œuvres pédagogiques, ainsi que la principale œuvre plastique du Professeur : les Variations sur une ligne.»

Nouvelle édition revue et augmentée d'Un mot pour un autre

«Tous les malheurs de l'homme viennent de ce qu'il s'arrête en chemin. J'irai, moi, j'irai plus loin : passionnante rencontre de la linguistique, de la mimologie, de la psychanalyse, de la sociologie, de l'ethnographie et du magnétisme.» Professeur Frœppel.
9,50 €
La Photo du colonel
Gallimard
«Il se leva, mit son chapeau de feutre orné d'un crêpe noir, son pardessus gris-fer, prit sa lourde serviette bourrée qu'il laissa tomber avant d'avoir fait un pas. Celle-ci s'ouvrit dans sa chute. Nous nous précipitâmes, en même temps. D'une des poches de la serviette, des photos s'étaient échappées, représentant un colonel en grand uniforme, moustachu, un colonel quelconque, une bonne tête plutôt attendrissante. Nous mîmes la serviette sur la table, pour y fouiller plus à l'aise : nous en sortîmes encore des centaines de photos avec le même modèle."Qu'est-ce que cela veut dire ? demandai-je, c'est la photo, la fameuse photo du colonel ! Vous l'aviez là, vous ne m'en aviez jamais parlé !"»Les récits de ce recueil constituèrent le point de départ de quelques-unes des plus célèbres pièces de Ionesco (Rhinocéros, Victime du devoir). Comme dans son théâtre, leur réalisme précis rejoint tout naturellement le fantastique, l'imaginaire.

Tout comme dans le théâtre de leur auteur, le réalisme précis de ces nouvelles rejoint naturellement le fantastique et l'imaginaire.
9,00 €
De l'Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts
Gallimard
«Le Roman noir anglais avait déjà plus d'un demi-siècle quand De Quincey s'avisa d'y ajouter l'Essai noir. Il imagina de considérer le meurtre sous un angle esthétique, inventant une société d'amateurs qui appréciaient la qualité esthétique des assassinats commis depuis Caïn jusqu'à Burke et Hare, qui attiraient les vagabonds chez eux pour les étouffer sous des oreillers et les vendre comme sujets anatomiques ; et jusqu'à Williams qui, tout dernièrement, avait terrifié Londres en anéantissant deux familles entières. Cette récapitulation meurtrière s'effectuait selon des variations drolatiques, sur un mode ironique et léger.»Pierre Leyris.

«Les gens commencent à voir qu'il entre dans la composition d'un beau meurtre quelque chose de plus que deux imbéciles - l'un assassinant, l'autre assassiné...»
10,00 €
Béatrice Cenci
Gallimard
En 1595, François Cenci, noble Romain, débauché, criblé de dettes et torturé de jalousie, emmène et séquestre dans les monts Albains sa seconde femme Lucrèce et sa fille Béatrice. Celle-ci se morfond dans sa solitude et finit par céder au bel Olimpio Calvetti, l'intendant du château. Les deux amants assassinent François Cenci...Du palais Cenci à la prison de Tordinona, toute l'Italie de la Renaissance est reconstituée avec un pittoresque coloré. Après Shelley et Stendhal, Frederic Prokosch raconte cette célèbre et dramatique affaire judiciaire en une œuvre éblouissante.

Une éblouissante reconstitution de la Renaissance italienne, avec, en contrepoints, la densité d'un drame et la violence des passions...
13,20 €
Le Fils et autres nouvelles
Gallimard
Ce recueil réunit trois nouvelles : Le pélican, écrite en 1898, Les lettres en 1930, et Le fils en 1933.Toutes les trois traitent de la maternité, thème cher à Edith Wharton, trop tôt privée d'un père adulé, meurtrie par une relation difficile avec une mère égoïste et frivole, et victime d'un mariage désastreux et stérile qui la conduira au divorce.L'auteur impose une fois de plus, par son art incomparable de soulever les voiles du mystère, une atmosphère de «suspense» psychologique au charme envoûtant.

Trois nouvelles admirables au charme envoûtant, qui traitent de la maternité, thème cher à l'auteur.
10,50 €
La Vie secrète de Salvador Dali
Gallimard
«Suis-je un génie ?»Pour Salvador Dali la réponse est oui. Pour lui, cela ne fait pas le moindre doute depuis l'enfance.Ce livre est un monument élevé par Salvador Dali à sa propre gloire. Si toute modestie en est absente, en revanche sa sincérité est brûlante. Dali s'y dépouille de ses secrets avec une impudence insolente.Une autobiographie passionnante et outrancière à l'image du peintre.

«Regarde ! Salvador Dali vient de naître. Le vent a cessé de souffler et le ciel est pur.» Une autobiographie passionnante et outrancière à l'image du peintre.
14,00 €
H
Gallimard
«Les raisons pour lesquelles ce livre ne peut pas comporter de présentation seraient sans doute aussi longues à exposer que ce livre lui-même. Il faut donc éprouver son rythme : dictions, timbres, accents, ponctuation latente, tourbillon, flot, appel. Au-delà de l'automatisme un calcul joue, veille, critique, partant à la fois de tous les points de l'histoire. Ce calcul se dit par masses dans l'unité discontinue de ses coupes. Il module, frappe, chuchote, apostrophe, marque, efface, compte, signale l'absence mouvante mais cependant adressée, dialoguée, de toute langue de fond.Voilà, détendez-vous, c'est clair. Restez sur le sens, c'est simple. Ils sont deux, ici, dans la nuit. Tempo.»Philippe Sollers, 1973.

«qui dit salut la machine avec ses pattes rentrées son côté tortue cata socle ses touches figées accents toniques [...]»
8,00 €
L'Inconnu sur la terre
Gallimard
«Ceci n'est pas tout à fait un essai, pas tout à fait une tentative pour comprendre quelques mystères, ou pour forger quelques mythes. Ceci est une histoire, écrite sur plusieurs cahiers d'écolier italiens, en même temps que, selon un autre mode, et sur des feuilles de papier machine 21 x 27, s'écrivaient les phrases de Mondo et autres histoires.C'est une longue histoire, qui pourrait être celle d'un oiseau, celle d'un poisson et celle d'un arbre, car elle parle beaucoup du ciel, de la mer et de la terre où avancent les racines. À la fin de cette histoire, rien n'a changé, ou presque. Mais c'est comme une très longue journée, qui serait passée, depuis la première heure de l'aube jusqu'à la nuit.Ceci est peut-être aussi, tout simplement, l'histoire d'un petit garçon inconnu qui se promène au hasard sur la terre, pas loin de la mer, un peu perdu dans les nuages - et qui aime la lumière extrême du jour.»J.M.G. Le Clézio.
13,00 €
Oneïros ou la belle lurette
Gallimard
«Mon bouquin intitulé Oneïros raconte d'abord l'histoire d'un garçon qui cherche avec obstination - puérile si l'on veut : il a vingt ans - ce qu'il y a derrière les apparences. Puis il comprend une suite de mélanges - je ne sais trop comment appeler cela, ce ne sont pas exactement des poèmes en prose - composés plus tard par le narrateur lorsqu'il possède assez de recul et de lucidité pour faire le bilan de ses souvenirs, de ses rêves : virées en banlieue et dans les bals musette, contact avec l'insolite, figures des années de "la belle lurette", descriptives de songes, paysages qui s'emboîtent soudain dans l'irréel.[...] Je ne sais si tout ça tient debout : je sais simplement qu'il me fallait fixer certaines images sur les plaques sensibles de l'imagination. [...]»André Hardellet.Cet ouvrage est composé de vingt-trois textes, dont onze sont inédits.

Un recueil de vingt-trois textes de prose poétique, dont onze sont inédits.
7,00 €
Le Napoléon de Notting Hill
Gallimard
Auberon Quin, un original qui pousse l'humour jusqu'à l'absurde, se promène avec des amis à Westminster Gardens lorsque deux officiers s'approchent et leur annoncent que M. Quin a été proclamé roi d'Angleterre. Auberon s'en tient alors à sa résolution de ne plus rien prendre au sérieux. Jusqu'au jour où il rencontre plus fou que lui : Adam Wayne qui se présente à la Cour comme prévôt de Notting Hill et veut lutter, l'épée à la main, pour l'indépendance de Pump Street.À la lecture de ce roman paru en 1904, on rit souvent, on s'étonne parfois et, finalement, on s'aperçoit que toute la civilisation moderne a été remise en question.

Où l'on s'aperçoit que toute la civilisation a été remise en question. Première parution française en 1912.
10,50 €
Lois
Gallimard
«Messieurs, dit le pdg, la situation n'est pas bonne. Les affaires tournent en rond, des fuites partout. Le foncier enfoncé, l'immobilier traqué, le change est enfin ce que vous savez. Plus nous misons sur lui et plus il nous mange. Tant va le change à l'eau qu'à la fin c'est la fange. Montons les prix, desserrons l'étreinte. Les syndicats sont à nos trousses, raisonnables au sommet mais parfois, hélas, débordés. Débordé est le mot, mais j'espère que chacun de vous sait comment border son rebord. Les sanctions d'abord. La crise vient évidemment de l'étalon-or.»Philippe Sollers, 1972.

«nié face à face, niant la membrane, l'entrée : ce qui s'y trouve existe ailleurs, ce qui n'y est pas n'est nulle part : NÉ- [...]»
7,00 €
Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits
Gallimard
«Non ! Je ne puis affirmer qu'avec la fin de ce cahier, tout sera clos ; que c'en sera fait. Peut-être aurai-je le désir de rajouter encore quelque chose. De rajouter je ne sais quoi. De rajouter. Peut-être. Au dernier instant, de rajouter encore quelque chose... J'ai sommeil, il est vrai ; mais je n'ai pas envie de dormir. Il me semble que je pourrais être encore plus fatigué. Il est je ne sais quelle heure de la nuit ou du matin. Ai-je encore quelque chose à dire ? Encore à dire je ne sais quoi. Ma propre position dans le ciel, par rapport au soleil, ne doit pas me faire trouver l'aurore moins belle.»

Nouvelle édition revue et augmentée

«Je ne sais ce que ça donnera : j'ai résolu d'écrire au hasard. Entreprise difficile : la plume (c'est un stylo) reste en retard sur la pensée.»
8,50 €
Le bouquet
Gallimard
«Le bouquet n'est pas un roman, mais l'histoire du mitrailleur Adrien Gaydamour qui n'avait pas de mitrailleuse, un soldat de quarante, depuis son incorporation au "... ième Débineurs" jusqu'à sa levée d'écrou. Il s'agirait donc plutôt d'une tranche de mauvaise vie qu'il n'a pas été le seul à avaler. Avant, Gaydamour a suçoté une existence des plus quelconques : l'école, la caserne, le chômage, l'autobus quotidien, le bureau, en compagnie d'autres Gaydamour. Mais voilà qu'on l'invite à entrer dans un conflit mondial. Puis il est fait prisonnier : le bouquet.Adrien a pu s'échapper. Mais, il reste là-bas une chiourme innombrable. D'autres parleront après lui. C'est une histoire répandue par le monde à des millions d'exemplaires. Des variations sur le froid, la faim, l'ennui et la mort. Des histoires toutes simples qui ne s'inventent pas. J'ai fait ce livre en 1942, dans un village de montagne pendant un printemps, un été. Fait après l'avoir souffert. Et aujourd'hui que nous sommes enfin libres, ce récit peut venir au grand jour. Je n'y ai rien changé.»Henri Calet, octobre 1944.

Fait prisonnier en juin 1940, Henri Calet s'évada après sept mois de captivité ; de ses souvenirs, il tira Le bouquet qui ne parut qu'en 1945.
9,00 €
À cor et à cri
Gallimard
Crier. Parler. Chanter. Tels sont les trois thèmes qui guident ici Michel Leiris.«Obscénité du cri qui, déchirant le voile du silence, semble mettre à nu toute l'horreur.Paroles : fondement des échanges humains ou clapotis sans lequel il n'y aurait qu'eau morte ?Quand cela chante à notre oreille ou sur nos lèvres, c'est que - fût-ce en les heures les plus noires - un vent fait frémir notre mâture.»De l'inventaire des cris, en deçà de la parole, Leiris s'élève jusqu'au chant. Du cri qui troue le calme plat à la parole qui tresse un lien, puis à l'ivresse du chant, il fait suivre au lecteur l'itinéraire capricieux d'une chasse à la poésie, qui est aussi une lutte contre les déprédations de l'âge ainsi qu'une quête de justification.

La parole, le cri et le chant.
7,80 €
Ostinato
Gallimard
«Ce ne sont ici que figures de hasard, manières de traces, fuyantes lignes de vie, faux reflets et signes douteux que la langue en quête d'un foyer a inscrits comme par fraude et du dehors sans en faire la preuve ni en creuser le fond, taillant dans le corps obscurci de la mémoire la part la plus élémentaire - couleurs, odeurs, rumeurs -, tout ce qui respire à ciel ouvert dans la vérité d'une fable et redoute les profondeurs.»
10,00 €