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Résultats de recherche pour 'Petit à petit' (3391)

Je te verrai dans mon rêve
Grasset
1971. Tout juste sorti de prison, Gégé, dit Blaise, retrouve le bar familial dont il a hérité à la mort de son père. Son rêve  de toujours  : le transformer en café-concert pour en faire un rendez-vous incontournable de la scène jazz. Il se lance, résolu à faire bouger sa ville terne et sans âme.

Mais un bébé, la petite Nour, et sa mère défaillante arrivent par effraction dans sa vie solitaire. Blaise fait tout pour les garder à distance. Hanté par son passé, il craint plus que tout de s’attacher… Mais d’un regard, l’enfant fait tomber ses résistances, et il va désormais veiller sur elle à sa façon. Ce faux père la protège tant bien que mal, l’initie à la musique, lui offre sa première guitare et son premier concert. Il la regarde grandir, adolescente écorchée vive qui se brûle aux accidents de la vie, ceux qui menacent à coup sûr les gamines sans repères.

En ville règne une atmosphère de perdus, d’à quoi bon, alcoolisée et souvent brutale. Au milieu de tous les dangers, Nour chante. Et entre deux concerts de jazz mythiques dans le bar de Blaise, elle compose, pour fuir son enfance, tracer son destin, tenter de défier la mort.

Blaise, l’ancien taulard paumé et farouche, s’est mis à aimer. Et parce qu’il est la victime d’un secret de famille, il va tout faire pour sauver Nour. Jusqu’à la dernière page, nous respirons avec eux et tremblons pour eux. Romanesque, haletant, sensible et bouleversant.
18,00 €
Mémoires de porc-épic
Points
Pour tuer ceux qui se dressent sur son chemin, Kibandi fait appel à son double animal : un porc-épic. La petite bête, philosophe, malicieuse, armée de ses redoutables piquants, exécute les souhaits macabres de son maître. Le couple meurtrier sillonne l’Afrique jusqu’au jour où Kibandi rencontre bien plus redoutable que lui…

Alain Mabanckou est essayiste, poète et romancier. L’ensemble de son œuvre a été couronné par l’Académie française (Grand Prix de littérature Henri-Gal 2012). En 2015, il a été professeur de création artistique au Collège de France. Il enseigne actuellement la littérature à l’université de Californie-Los Angeles (UCLA). Il est notamment l’auteur de Verre Cassé, Lumières de Pointe-Noire et Petit Piment.

« Hommage à la parole qui délivre de la peur de la mort, écrit d'un souffle, sans un seul point, ces Mémoires de porc-épic sont un véritable enchantement. »

Télérama

Prix Renaudot 2006
8,70 €
Derniers jours
Grasset
Sept nouvelles admirables qui déclinent le thème des derniers jours  : ce qui se défait, se brise, s’achève dans la vie des êtres, dans leurs amours, dans leurs rêves, dans la transmission, dans notre monde…

Dans «  Sous la mer  », une jeune mathématicienne qui n’a pu donner la vie se tourne vers les «  sciences du vivant  » et, consciente du péril qui nous guette, choisit de fusionner avec le monde sous-marin lors d’une ultime plongée en mer d’Oman.

Dans «  Toussaint  », un vieux garçon vierge et sensible, chef de bureau de la préfecture de Bastia, se blesse en rentrant chez lui. Une jeune gitane lui porte secours. C’est la seule fois de sa vie qu’il tiendra, fugitivement, une femme dans ses bras. Un geste maladroit et l’oiseau s’envolera…

Dans «  Un fait divers  », une vieille dame qui toute sa vie fut enseignante de français en Belgique est agressée dans la banlieue de Lille. A l’hôpital, elle est gagnée par le ressac des émotions littéraires de sa vie. Son esprit s’y abandonne avant de s’éteindre dans le magnétisme heureux de ce monde intérieur.

A «  Hosterre  », dans les années 20 du siècle dernier,  le gardien solitaire d’un domaine abandonné dans les brumes de l’Atlantique, veuf sans enfant, se prend de tendresse pour la fille du Marquis d’A+++. L’enfant se noie par accident, un jour où il est absent. Le retour sur les lieux de la mère de la petite noyée mettra à nu son obsession, et le conduira à une issue tragique.

Dans «  Armal  », un diplomate   part dans les Asturies pour y revoir l’ancien maître d’hôtel de la femme qu’il a aimée, qui lui a écrit pour lui demander d’aider sa fille après sa mort, toute proche. Il arrive trop tard, tombe amoureux de la jeune femme dans les jours de deuil et de trouble qui suivent les obsèques. Avant d’être rendu à sa solitude …

Dans «  Samedi saint  », le curé d’une paroisse romaine qui a perdu la foi erre dans l’attente de Pâques au fil des rencontres prévues ou imprévues d’une longue journée. Le handicap profond du fils d’un ami très proche le hante et il songe, tandis qu’approche la nuit pascale,   à quitter l’Eglise, sans en attendre de remède.

Dans «  Le dernier élève  », une ancienne cantatrice, devenue professeur de chant, n’a plus qu’un élève, un jeune ténor japonais, qui observe avec affection cette femme qui enveloppe ses regrets d’un halo de grandeur rêvée. Lors d’une de leurs leçons, son mari, auquel le jeune homme porte un attachement discret,  meurt d’une attaque. C’est leur ultime rencontre…

Une écriture somptueuse, une sensibilité extrême domptée par le classicisme de la langue  : un bijou de littérature  !
16,00 €
La vie rêvée du joueur d'échecs
Grasset
«  Bien que lecteur et joueur de balles assidu dès mon plus jeune âge, j’ai fini par découvrir que le jeu d’échecs surpassait tous les autres en raison du pouvoir qu’il a de nous plonger au plus profond du rêve. Dans ce livre, je raconte comment, dans ma jeunesse, après avoir échappé de justesse au danger de l’enfermement mental qu’il peut aussi induire, j’ai fini par apprendre à m’en servir comme d’un moyen très sûr de traverser les périodes difficiles de l’existence, ce qui m’a été d’un secours providentiel.

Outre ce pouvoir d’évasion, j’essaie de montrer dans ce livre en quoi la compétition échiquéenne constitue tout à la fois une excellente école de circonspection dans nos jugements, une pierre de touche de l’exactitude de nos raisonnements, et une précieuse ouverture sur la connaissance de soi-même.

Chemin faisant, j’en profite pour brosser les portraits de divers joueurs passionnés dont les éventuelles prouesses intellectuelles – du moins dans le cas des meilleurs - s’allient à des manies hautement excentriques, offrant ainsi un spectacle baroque où l’aspect comique le dispute au pathétique.

Enfin, j’essaie de mener une réflexion sur la fonction sociale du jeu, dont il me semble qu’elle pourrait nous montrer la voie d’une convivialité nettement plus enviable et chaleureuse que celle qui nous est proposée par l’esprit résolument utilitariste et planificateur qui a commencé de désenchanter le monde d’aujourd’hui.  »
19,00 €
Le mal des ruines
Grasset
«  Il m’arrive encore de me demander qui je suis, après tant d’années, mais je sais bien d’où je viens. Il me suffit d’attraper un avion à Orly et de retrouver une heure et demie plus tard la Corse pour avoir la certitude de toucher à mes origines. Comme si cette île m’avait défini avant même que je ne me soucie de le faire.  »

Pour beaucoup, «  le pays de l’enfance  » est un monde fait de souvenirs idéalisés. Pour Claude Arnaud, descendant des Zuccarelli, une famille qui tint longtemps la mairie de Bastia et celle de Santa-Lucia-di-Mercurio, petit village niché entre deux lignes crêtes, c’est une terre bien réelle où il passa ses premiers étés et revient dès qu’il peut. Un Eden où la nature déploie encore ses merveilles, hautes montagnes à pic, maquis aux parfums envoûtants, vallées de solitude et villages intouchés. Mais une origine suffit-elle à définir une identité  ? Que faire quand son paradis se change en enfer où les maisons des siens cèdent sous les bombes, où l’un de ses frères va se noyer, et où un corps sans tête est retrouvé dans son village même  ? Qu’est-ce qu’une terre dit de soi  ? Et que faire d’une île aussi belle que mortelle  ?

Dans cet époustouflant road trip à travers les routes sinueuses de la Corse, Claude Arnaud retrace l’histoire de sa famille, revisite les morts et les vivants, revient sur   l’énigme de ce meurtre survenu en 2005 (une partie de poker qui tourne mal, un corps jeté aux cochons, une tête enfouie sous 700 kilos de gravats et les secrets de l’île qui ressurgissent). A jamais marqué par cet ailleurs qui est en lui, il fait le portrait de cette île souvent fantasmée, toujours mystérieuse. Une éblouissante traversée.

Prix du Mémorial d'Ajaccio
15,00 €
Des rêves à tenir
Grasset
Un dimanche d’hiver, dans un petit port de pêche, Job réapparaît après trente ans d’errance. Au bar local, sa présence silencieuse et son éternel verre de whisky chaud intriguent une bande de joyeux rêveurs. Autoproclamés les Partisans de la langouste, ils cherchent comment sauver ces dernières – et, par elles, l’humanité devenue folle.

A l’affût des échos du monde, l’un de ces utopistes bricole de vieilles radios sur lesquelles il capte des fréquences lointaines. Prêtant l’oreille aux échanges nocturnes de marins solitaires, il apprend l’existence d’une nouvelle Arche de Noé, une ZAD maritime géante… Le moment est peut-être venu d’incarner ses rêves.

La micro-société des Rêves à tenir agrandit le champ des possibles, et son irrévérence réjouissante bouscule l’âpreté du réel. Avec une douce pudeur, elle tisse un écheveau de questions sur soi-même et sur l’autre, sur l’absence, et sur ce qui nous rend dignes du nom d’hommes.

Une fable universelle, toute en humour espiègle et en grâce poétique.
18,00 €
Le Male Blanc - Roman
Grasset
« La Morénie du prince Albéric, dit « le mâle blanc », a été l’an dernier le théâtre d’événements abondamment repris par les journaux, radios et chaînes de télévision de ses voisins de l’Union européenne. Ils ont entrainé une réprobation très vive des commentateurs et une condamnation sans équivoque de la part de plusieurs gouvernements. Me trouvant sur place, j’ai pu constater une réalité bien différente de celle qui a été présentée. Il m’a semblé de mon devoir de dire ce que j’ai vu et appris en sept mois. »

Le margraviat de Morénie est une petite monarchie absolue située quelque part entre la France, l’Allemagne et la Belgique. Confits dans le flegme, l’amour de la discussion et une farouche indépendance, les Moréniens ont su se prémunir des guerres ravageuses du XXème siècle et préserver la douce quiétude anachronique de leur Etat. Mais tout bascule quand la douairière Irène se met en tête de marier son fils Albéric. Entre un prince insaisissable trop occupé à chasser et conter fleurette à la fille du pâtissier, une mère américaine et autoritaire, un conseiller débonnaire, un préfet bonapartiste, un métropolite ondoyant et un pamphlétaire impétueux qui n’a que le mot démocratie à la bouche, la Morénie est à l’aube d’une crise politique sans précédent : plus malin qu’il n’y paraît, le Prince Albéric se met en tête de faire diversion en donnant la parole au peuple par voie de référendum à répétition sur tous les sujets qui passent et qui fâchent. Avec le suffrage universel, Les Moréniens ont rendez-vous avec l’Histoire…

Dans cette fable savoureuse, Stéphane Denis s’en prend aux mœurs, à la morale et aux ridicules d’un petit pays ravagé par la tyrannie de tous les « politiquement correct » de notre époque : et si la Morénie était française ?
15,00 €
La femme sans tête / roman
Grasset
Santa Lucia, Cap Corse, 8 août 1988. Au fond d'un caveau familial, le corps décapité d'une femme est retrouvé. Très vite, le major Serrier, surnommé « L'Enquêteur numéro un » au sein de la Brigade de recherches, retrouve son identité ; il s'agit de Gabrielle Nicolet, disparue en août 1979 alors qu'elle se trouvait en vacances en Corse avec son fils de huit ans. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi, après avoir massacré le corps de cette jeune femme, l'assassin lui a-t-il arraché la tête ? Où est le petit Yann ? Dix ans après leur disparition, Serrier est parti sur leurs traces.

De filatures en planques nocturnes, de la plage de Santa Lucia aux trottoirs parisiens, cette affaire a plongé Serrier dans la folie. Antoine Albertini rouvre le dossier. Une enquête où rancunes familiales, silences et combines locales s'entrecroisent pour brouiller la vérité.
20,00 €
Les lois de l'économie
Grasset
Ce livre est l’histoire d’une erreur. La petite erreur d’un trader, par ailleurs dévoué à sa banque d’affaire, honnête, fiable et performant. Une petite erreur de technique financière, mais surtout de jugement, comme il s’en commet tous les jours dans la finance, et plus encore dans nos vies. Ce livre raconte la banalité, l’universalité même, de cette erreur, et la tragique disproportion de ses effets. Qu’il s’agisse du trader ou de son épouse, du psychanalyste de celle-ci ou du metteur en scène qui aimerait coucher avec elle, tous soupèsent, calculent, anticipent ; et tous se trompent. Il en va de même de Keynes lorsqu’il spécule sur le cours du blé dans les années 1930. Il en va aussi de son amie Virginie Woolf lorsqu’elle raisonne contre sa folie. Il n’y a qu’un terme possible à la spéculation, c’est la mort. Woolf n’a pas commis d’erreur en comptant les cailloux qu’il lui fallait mettre dans ses poches pour couler au fond d’une rivière. Notre trader n’en commettra plus. Ce roman raconte une histoire vraie. L’histoire vraie d’une faillite. Une histoire morale, car l’économie a ses lois, que les lois ignorent. Voici un conte moral : un conte d’automne, qui voit tomber les hommes et les feuilles, les banques et les principes, les têtes, l’argent : mais pas la littérature.
17,90 €
Le drapeau de Picasso
Grasset
Albert et Gina sont céramistes à Vallauris, mais Albert, depuis qu’il a subi une opération qui l’a défiguré, part souvent pour de longs voyages vers l’Orient. A la veille d’un périple en Méditerranée, il demande à Picasso, auquel il a dispensé autrefois des cours de poterie, de lui peindre un drapeau… Ce récit est raconté par la petite cousine d’Albert, adolescente invitée, chaque été, à venir passer quelques jours de vacances chez eux. Elle pressent très vite, devant ce couple qui se délite, l’influence inquiétante, presque maléfique, d’un être invisible… Visage halluciné peint sur le drapeau ? Comme une troisième personne qui s’amuse à le détruire –à détruire Gina surtout ? Ou tout simplement reflet – ou transfiguration – du visage étrange, et pour Gina devenu étranger, de celui qui vit à ses côtés…
15,30 €
Le premier amour
Grasset
Cette histoire d’amour s’ouvre étrangement : une femme, qui prépare un charmant dîner pour fêter son anniversaire de mariage, descend dans sa cave pour y chercher une bouteille de vin, enveloppée dans un vieux journal où figure une petite annonce. Aussitôt, elle remonte chez elle, prend sa voiture, et s’en va… Qu’y avait-il donc dans cette petite annonce ? Pourquoi cette fuite ? On l’apprendra au fil du roman, un très beau roman où les saveurs de l’enfance se mêlent au désarroi des adultes.
18,30 €
Solo
Grasset
Quand le passé décide de bousculer une vie, il prend souvent la voix d’une femme – et, dans cette histoire, la femme s’appelle Tatiana… Un jour,

Denis, une petite gloire de la culture rock, trouve en effet un étrange message sur la boîte vocale de son téléphone : c’est Tatiana, une fille avec qui “ ça s’était mal terminé ” trois ans plus tôt, qui révèle qu’elle a été enceinte de lui, qu’elle a avorté sans qu’il le sache, et qu’il doit maintenant payer. Il va ainsi dresser le bilan d’une génération immature, la sienne : celle des quarantenaires qui n’ont jamais voulu grandir et qui laissent en héritage, sinon des mythes et des légendes urbaines, le culte de l’argent et de la célébrité, et le mépris pour ceux qui n’ont ni l’un ni l’autre.
18,80 €
Le cœur en dehors
Grasset
Ce roman, c’est l’histoire de Charlie Traoré, un gamin (dix ans), black d’origine malienne, adorable, vivant en banlieue, entre la Tour Rimbaud et la Tour Simone de Beauvoir, et dont tout l’univers se résume aux copains, à une amoureuse prénommée Mélanie, à son frère drogué, et à sa mère surtout - qui, au début du livre, est « appréhendée » par la police car ses papiers ne sont pas en règle. Pendant toute cette journée (les chapitres du livre, d’ailleurs, se contentent d’être titrés par l’heure qui tourne), Charlie va errer dans sa cité. Il va chercher son frère Henry, rendre viste à des braves gens, frôler des voyous, jouer au foot, sécher l’école, rêver, suivre ses folles associations d’idées, ses digressions d’enfant-adulte, attendre sa mère, si douce, si aimante… Mais ce roman, c’est surtout une langue, un style, une vision innocente du monde. Ici, c’est Charlie qui parle, pense, regarde – et il est alors difficile de ne pas évoquer à son sujet le légendaire Attrape-cœur de Salinger. Car le petit Charlie est vraiment attachant et le regard qu’il pose sur sa « cité » sordide et magnifiée est, à chaque ligne, rempli de drôlerie et d’éblouissement. Au début du livre, il croit que Rimbaud n’est qu’une Tour. A la fin du roman, il saura que c’était un poète qui dit des choses qui lui semblent vraies et proches. Son Odyssée de l’aube jusqu’au soir, est de celles qui ne s’oublient pas. Pas l’ombre d’un misérabilisme ici : un enchantement de tendresse et d’humour.
18,30 €
Rue des Martyrs
Grasset
En 1966, la pop française explose : Jérôme, minet de 17 ans, fils de concierge et le rock dans la peau, rêve de gloire. Il traîne au Drugstore en attendant d’y voir ses disques. Mais quand il signe son premier contrat chez Vogue, c’est une reprise qu’on lui impose, une soupe mièvre et commerciale . Pas le choix ? Jérôme n’est pas Chouraqui, son double, son frère, né la cuiller en argent dans la bouche ; ni Gudule, amie bientôt amante, grandie à l’Ecole Alsacienne entre la fille Picasso et la petite Filipacchi, et dont le père, sociétaire du Français, peut ouvrir toutes les portes. Des seventies à l’an 2000, des Champs-Élysées à Saint-Germain, de la Loco au Palace, du Fanta à la vodka et à l’héro, des premières amours au troisième sexe, du jerk au punk, des Beatles à Bowie, de Gainsbourg à Bashung, les trois gamins grandissent. Gudule ne vieillira pas : après une apparition remarquée dans un film de Rohmer, l’égérie de chez Castel se noie dans la drogue et le sexe – hard… Jérôme, miracle en devenir, dévale le temps, et perd tout. Icône des sixties kitschisé avant l’heure, petite idole disco rêvant d’underground, produit périmé du show-biz, RMiste en voie de clochardisation, il s’éclipse sans laisser d’adresse. Et Chouraqui, qui aurait tout donné pour l’une et pour l’autre, devenu producteur indépendant dans la seule idée de faire de Jérôme une rock star, reste riche et seul dans son XVIème. Quinqua divorcé, rentier bedonnant, triste, il rumine ses chers souvenirs en compagnie d’une poupée siliconée, et mange du Nutella en surfant sur Internet. Et puis un jour d’octobre 2008, Jérôme revient…
22,40 €
L'écorchée vive
Grasset
Barbara est une jeune fille d’aujourd’hui, froide, un peu lisse. Graphiste dans une petite entreprise, elle vit avec un jeune homme qui lui ressemble, François. Barbara est sportive et mince, presque belle, mais comme absente de la vie. Elle ne connaît ni la joie ni le désir. Un matin, elle reçoit une enveloppe anonyme : pas une lettre, mais une vieille photographie de classe, une vingtaine d’enfants qui sourient, debout sur des chaises. Le visage de Barbara a été découpé. Cette photo la tétanise. Quelqu’un lui adresse du passé son visage d’enfant découpé ? Menace ? Provocation ? Attentat. Barbara veut comprendre. Elle questionne sa mère, qu’elle ne voyait presque plus. Elle pense au psychiatre qui l’a longtemps suivie. Elle essaie de jouer le jeu, de continuer d’aller au travail, de faire l’amour à son compagnon, mais elle ne dort plus. C’est que la jeune fille au visage lisse, enfermée dans son joli corps, a un secret. Faut-il le révéler ici ? Disons que Barbara a croisé, pendant des années, un bébé, puis une petite fille, puis une très jeune enfant au visage atrocement défiguré. Un monstre qui ne peut pas jouer au bac à sable, qui fait fuir les enfants, les parents, les maîtres, les petits amis. Un monstre à cœur blessé que nul ne peut supporter. Et si la science a permis l’effacement de ces traits, l’horreur est toujours là, invisible, fondatrice, dans la chair, dans ce cerveau blessé…
18,30 €
La coquetterie du malheur
Grasset
La narratrice, une femme âgée, se promène dans un cimetière. Elle se remémore son enfance à Rome, à Paris, avec un père adoré et une mère ukrainienne un peu folle que des infirmiers sont venus chercher un jour pour l’interner. Passent aussi, dans cette valse lente de souvenirs, une grand-mère lettrée, la maîtresse du père, la crainte de la Russie soviétique, qui paraît menacer les émigrés de ses espions trop courtois. Dans le cimetière, la narratrice rencontre une femme fantasque qui lui remet un manuscrit en cyrillique… Cette promenade dans le passé, on y entre peu à peu, comme dans un paysage sous la brume. Celle-ci s’éloigne à mesure que la réalité se précise, sous forme de souvenirs rapportés du passé par la conscience de la narratrice. On découvre par bribes la vie de cette femme qui, petite fille, aimait les parfums Guerlain et qu’on menaçait d’une vie frivole. C’est aussi, dans le style nostalgique et plein de charme de Nata Minor, un livre sur la difficulté de communiquer entre les êtres.
13,90 €
La mauvaise rencontre
Grasset
Dans la vie de Loup, le narrateur, trois personnages comptent plus que tout : Nina, la mère qu’il s’est choisie, Gaby, amie de Nina, fantasque et rebelle et Mando, avec lequel, depuis la petite enfance, s’est nouée une amitié indestructible. Les deux garçons se complètent, Loup est indécis, Mando plus entier. Aux jeux d’enfants succèdent les premières conquêtes. Mando note tous les événements de « leur » vie dans un carnet, inscrivant, au fil des mois et des années leur histoire commune, telle qu’il la perçoit. Etudiants, ils vont choisir des voies différentes. Loup découvre la psychanalyse et se trouve un mentor en la personne du Professeur, personnage qui ressemble beaucoup à Lacan. Mando vit cela comme une trahison. C’est seulement à la fin de cette histoire, au moment où tout basculera dans une conclusion tragique, que Loup en comprendra les ressorts cachés. Quels abîmes cette amitié à la vie à la mort recouvrait-elle ? Loup, peu à peu, le découvrira et cette révélation fera vaciller son existence. Il connaîtra la blessure inguérissable des promesses non tenues, cette lorude chaîne qui, à jamais, nous attache à nos fantômes.
16,30 €
Les encombrants
Grasset
«Un petit village du nord de la France. Tout le monde se connaît. Tout le monde feint d’ignorer ce qu’il sait des autres. Jean l’orphelin a grandi dans les bois voisins. Devenu adulte, il est l’idiot, qu’on injurie ou qu’on bénit. Il est un peu comme ces encombrants dont on se débarrasse sur le trottoir, une fois par an, le jour des monstres, et dont il meuble sa baraque perchée sur la fourche d’un arbre… au pied duquel, un matin, on retrouve le corps sans vie d’une jeune fille.
15,90 €
Plage de Manaccora 16 h 30
Grasset
Tout avait si bien commencé : en vacances un 24 juillet, au bord de l'Adriatique (à Peschici exactement), Voltaire le père, quadragénaire glissant sur ses tongs ; Oum sa femme, dont on sait depuis plusieurs livres la passion pour le ménage et l'ordre : Géo, leur petit garçon. Ils n'ont pas d'autre motif d'inquiétude que la perte de leurs chaussures japonaises. Le soleil chauffe. Trop. Ça grésille, les pommes de pins éclatent. Puis les flammes apparaissent, les visages bronzés blanchissent d'effroi, on commence à refluer depuis le camping voisin vers la plage, au pas de course. C'est le feu. Il faut gagner la mer, se croire sain et sauf, regarder derrière soi, laisser un chien au regard aveugle, une aïeule en robe noire, le feu progresse en un tumulte d'arbres arrachés, de rafales de vent, les visages noircissent, et puis c'est la fin de l'errance, le bout de la plage, la mort inéluctable. Les familles s'agenouillent au pied d'une Vierge absurdement posée là. Un miracle peut-il encore advenir ?

C'est ici Philippe Jaenada à son meilleur : l'unité de temps et de lieu, la progression dramatique, les incises comiques sur un célibataire d'autrefois en berne dans Paris, les portraits d'humains pleutres ou bravaches. Tout ce théâtre est un prétexte à digression sur la vanité de la vie, et, en même temps, sa beauté fragile. Un roman désespéré et drôle.
17,90 €
L'irrégulière Le film
Grasset
Mystérieuse pour les intimes, acharnée à effacer toute trace de son passé, de ses origines, de sa famille même, Gabrielle Chanel aura été tout au long de son existence une « irrégulière » dans une société conformiste, et peut-être ne faut-il pas chercher ailleurs le secret de sa prodigieuse réussite. Suivant l’itinéraire inverse de celui qui l’avait menée à Elle, Adrienne, roman dont la célèbre couturière était l’inspiratrice et non le modèle, Edmonde Charles-Roux a dû déblayer une vie entière de mensonges ou d’aveux subtilement travestis pour nous montrer la fillette de forains cévenols, née par hasard à Saumur, l’orpheline oubliée dans un couvent de Corrèze, la petite pensionnaire des chanoinesses de Moulins, qui n’allait pas tarder à devenir « poseuse » dans un beuglant de la garnison, où elle chantait « Qui qu’a vu Coco dans l’Trocadéro ? ». « Gomeuse » à Vichy, et même donneuse d’eau, celle à qui ses nombreux amis donnaient dès vingt ans son surnom devait faire son chemin. « Irrégulière », certes – au sens équivoque et proustien du terme – mais toujours marginale, indépendante, ambitieuse, et déjà sûre de son destin d’exception. Il n’est guère d’hommes et de femmes célèbres qui ne l’aient approchée, si bien que sa vie se confond avec l’histoire de l’entre-deux-guerres. Cocteau, Picasso, Max Jacob, Reverdy, Misia Sert, son amie de toujours, Diaghilev, Stravinski, ils apparaissent tous ici car ils furent les intimes témoins de cette aventure extraordinaire. A travers cette carrière mouvementée, Edmonde Charles-Roux raconte une femme unique, en même temps qu’elle trace la chronique de soixante-dix années du xxe siècle. Ce portrait d’une célèbre inconnue est beaucoup plus qu’un portrait : l’épopée d’un roman vécu, et vécu comme un roman par son héroïne.
21,25 €
Transformations D'Une Femme
Grasset
" Elle a commencé très tôt, l'impression de jouer la comédie. Ce n'est pas désagréable, de jouer la fille. Se préparer pour un rendez-vous, souligner l'œil, mettre du rouge à lèvres, j'aime bien. A vingt ans, je disais facilement, je t'aime, si tu veux, moi aussi, et encore je t'aime. Ce n'était pas grave, les mots venaient tous seuls, moue étonnée, soupirs, j'avais l'impression que c'était ça que les femmes faisaient depuis des siècles, pour qu'on les désire. Une sorte de grand rôle classique, dans lequel vous vous glissez. La petite, par exemple, la fille, la femme-enfant, celle à qui l'homme indique son chemin dans la rue. Et puis vers trente ans, la comédie a commencé à devenir douloureuse, tout simplement, je n'y croyais plus. Perdue la foi, épuisé le rôle. Peut-être avais-je eu trop d'aventures, peut-être que la liberté use certains fantasmes, je n'avais pas d'explication, en tout cas, je voyais les fils, sourire, soupirer, minauder. Comédie. Cette fille que j'étais, je n'y croyais plus. Et je n'avais aucune idée de celle que j'étais en train de devenir.

Et lui, me désirerait-il encore ? Je regardais autour de moi, interrogeais mes amies. Chacune à sa manière traversait un changement. L'une appelait ça, désir d'enfant, l'autre bisexualité, et une autre, créativité. Tantôt c'était une bonne nouvelle, tantôt une malédiction. Mais ce qui reliait ces transformations les unes aux autres, ce qui reliait aussi les femmes entre elles, demeurait un tabou, un secret bien gardé. Un pouvoir, peut-être. "
19,90 €
L'usure des jours
Grasset
Lorette Nobécourt est l'une de nos plus talentueuses écrivaines. Elle est l'auteur de plusieurs romans, parmi lesquels : La conversation, Horsita et En nous la vie des morts, tous publiés chez Grasset.

En 2007, Lorette Nobécourt quitte Paris et s'installe dans un village du sud. Pendant l'hiver qui suit, elle comprend qu'elle ne peut plus continuer. Ses repères se sont effondrés. Le froid est venu jusque dans sa maison. Dans le creux de ses mains qui tremblent. Dans ses os. Le miroir ne lui renvoie plus son visage, mais des éclats de tôle. Le monde se tord. La jeune femme dérive vers la prochaine station. Son monde est un crâne. Dans ce crâne, il y a ses enfants qu'elle aime sans plus pouvoir les rejoindre, un compagnon désemparé, des pages blanchies par le néant, une tornade de souvenirs, de peurs, de voyages, de voyants, de livres.

Lorette Nobécourt traverse cette saison effrayante. Remise au monde, elle fait son travail : écrire. D'où ces cent pages arrachées à la nuit. Bien sûr, on ne peut plus écrire " d'âge d'homme ", car notre temps n'a rien d'humain. Le temps nous use mais l'écrivain le lui rend bien. Quinze ans après La démangeaison, Nobécourt poursuit sa quête. Elle se livre au fil des pages. Analyse. Révèle. Qui es-tu, petite fille qui voit approcher une main d'ogre jusqu'à tes cuisses ? Es-tu celle qui écrit ? Es-tu l'héroïne d'un conte ? As-tu jamais grandi ?

Vous n'oublierez jamais ce livre, qui est comme un carnet posé sur une table de nuit. Sur ce carnet, une main fébrile cherche l'élucidation. Sur cette table, la littérature s'écrit. Dans la nuit, une femme ressuscite.

" L'usure des jours est aussi l'histoire du passage de la jeunesse à l'âge adulte, de la névrose à l'amour. Une mue qui a presque l'allure d'une récompense. "
13,10 €
Terre sans maître
Grasset
Ilya est un jeune homme qui cherche à atteindre un mur au sommet d’une montagne. Ce Mur est moins un objet qu’une présence, intacte depuis l’époque immémoriale de sa construction. On prétend au village que le Mur attire les fous. Cela se passe juste avant la deuxième guerre mondiale en Germanie. Ilya avance à tâtons et, peu à peu, se souvient d’où il est venu, ce qui l’a conduit à entreprendre son voyage et à quel traumatisme il doit d’avoir perdu la mémoire. Sur le versant creusé d’ornières, il semble mener une partie de cache-cache avec lui-même. La voix d’une enfant le hante qui chante sous son crâne une comptine. Une fois le Mur franchi, Ilya poursuit son chemin, rêveur lucide, aux abois. Un homme en effet veut sa peau et le traque sans relâche. Obligé de fuir, Ilya arrive à la porte d’un manoir où les dignitaires du régime célèbrent l’avènement d’une ère nouvelle. Il y retrouve la jeune femme dont le souvenir le poursuit, et dans le grand salon illuminé où se déroule la fête, son passé tout entier se dévoile. Se révèle aussi l’autre raison de son voyage : Ilya est un messager, il porte une parole folle, et dans le cercle hostile des convives, il s’en délivre. Mais on ne l’entend pas, et, à nouveau en danger de mort, il lui faut reprendre sa route au petit jour, descendre dans la vallée, de plus en plus loin…
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L'inachevée
Grasset
Alors qu'elle n'est encore qu'une petite fille, Hannah est ballottée entre la folie destructrice de sa mère, la perversité des innombrables amants de celle-ci, et les caquetages insensés des autres membres de sa drôle de famille. Et puis, il y a son père, mort d'un cancer foudroyant alors que la gamine n'avait pas deux ans. Entre lui et Hannah, un rendez-vous manqué, un inachevé dont elle ne peut faire le deuil. Mais l'inachevée, c'est aussi Hannah elle-même, petit clown triste qui n'arrive pas à trouver sa place dans une vie qu'elle conjugue au passé décomposé. Comment sauver sa peau quand le roman familial prend toute la place et que les mots des autres dévorent l'espace du rêve ? Croyant fuir son destin, Hannah se promènera de corps en corps et choisira les mirages d'un exil doré en Asie, avant de sombrer dans la mélancolie. Quand elle renaîtra à la vie, elle comprendra que pardonner l'innommable est peut-être la seule voie possible pour pouvoir prendre son envol et enfin tourner la page.
15,90 €
68, mon amour / roman
Grasset
29 mai 1968, la France est paralysée par les grèves. Tandis qu’au matin, De Gaulle, fatigué, en proie au doute, s’apprête à quitter l’Elysée à bord d’un hélicoptère pour rejoindre la résidence du général Massu à Baden Baden, notre narrateur, fervent gaulliste et désormais étudiant en première année de droit, quitte la cité Million près d’Orly pour la faculté d’Assas, à bord du camion poubelle de son beau-frère. Au même moment, un physionomiste des Renseignements généraux observe les allées et venues devant l’immeuble du premier ministre, un certain Georges Pompidou… Une folle journée commence ! Dans les coulisses des ministères et de l’assemblée, où les ambitions pourraient bien se dévoiler. Boulevard Saint Germain, où, malgré les charges de CRS, le narrateur amoureux joue au chat et à la souris avec Gersende, camarade d’études et demoiselle de la haute, déjà fiancée. Non loin de Notre-Dame, où les amis de la cité, Saint Mexan, miraculé après sa chute du toit d’une HLM, et Nanette, la sainte aux cheveux rouges, unis par un amour explosif, préparent un attentat. En Allemagne, où se joue l’avenir de la France, tandis que Madame Massu tente de faire la conversation à Yvonne De Gaulle. Une journée historique, qui s’achève sur la rencontre, dans un café de l’Odéon, du narrateur avec une grande éditrice parisienne… Tissant petite et grande histoire, Daniel Picouly nous emporte comme à bord d’une machine à remonter le temps dans un roman vrai et plein d’invention, où la drôlerie et la légèreté ponctuent brillamment l’émotion du souvenir.
28,90 €
Ils ont tué Pierre Overney
Grasset
« A vrai dire je me sentais une dette vis-à-vis de Pierre Overney, une dette que Maos, mon précédent roman, ne me semble pas avoir comblée. J’ai songé qu’il eût été dommage de ne pas tirer un récit des milliers de documents que j’ai lus, de la soixantaine d’interviews que j’ai faites pour aboutir au roman Maos. Mais d’abord qui est Pierre Overney ? « Qui se souvient de lui aujourd’hui ? » me disait un de ses frères non sans amertume. Les nouvelles générations auront du mal à croire que, dans les années 70, plus de 200 000 personnes ont défilé à Paris derrière le cercueil de cet inconnu : Lionel Jospin, Simone Signoret, Jean-Luc Godard, André Glucksmann et j’en passe… Pierre Overney était un ouvrier maoïste de 24 ans que ses petits chefs de la Gauche prolétarienne ont envoyé en commando pour casser la gueule aux gardiens « fascistes » de l’usine Renault, à Boulogne-Billancourt. Un membre du service d’ordre, Jean-Antoine Tramoni, a sorti son arme : Overney-le-mao est mort d’une balle en plein cœur. C’était le 25 février 1972. Ironie de l’Histoire, au même moment, en Chine, le président des Etats-Unis, Richard Nixon, se congratulait avec… Mao. Simultanément, dans nombre de pays d’Europe, dont la France, des groupements gauchistes s’en prenaient avec violence moins au capitalisme qu’au parti communiste, à qui ils reprochaient de ne pas « faire la révolution ». La montée du terrorisme des années 70 a-t-elle été manipulée ? Pierre Overney, dans la naïveté de ses vingt ans, est-il mort à la confluence de jeux politiques et policiers souterrains qu’il était bien incapable de soupçonner ? Lors de l’enterrement d’Overney, le philosophe communiste Louis Althusser aurait dit : c’est le gauchisme qu’on enterre. On peut se demander maintenant si, ce jour là, ça n’est pas tout simplement la Gauche qui est morte. » Morgan Sportès
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Ce que Dominique n'a pas su
Grasset
En 1863, Eugène Fromentin publiait Dominique, fiction autobiographique dans laquelle le héros éponyme raconte son amour impossible, quoique réciproque, pour Madeleine d’Orsel. Aujourd’hui, Julie d’Orsel, sœur cadette de Madeleine et personnage secondaire du roman de Fromentin, toujours vivante puisque « les héros de romans ne meurent jamais », raconte ce que Dominique n’a pas su... Car, si Dominique n’a d’yeux que pour la belle et blonde Madeleine, Julie, « noiraude et petite » selon ses propres mots, l’aime depuis toujours. Et si Madeleine, mariée à Alfred de Nièvres - bon parti et médiocre mari - renonce à son amour pour Dominique, Julie s’interdit d’aimer. Elle voudra au contraire faire le bonheur de sa sœur et ne cesse d’intriguer, mais en vain, pour que Dominique et Madeleine cèdent à leur passion… Julie, femme libre et moderne, féministe avant l’heure, refuse depuis l’adolescence le mariage en même temps que les bigoudis, et privilégie les plaisirs de la chair non contrainte, initiée en ceci, à sa demande, par son cousin, confident, et double masculin, le très libertin Olivier. Narratrice et démiurge de ces liaisons dangereuses, Julie s’insurge contre les conventions de tous ordres, contre l’esprit de soumission de ses contemporaines, contre l’idée d’une vertu nécessairement douloureuse. Et fustige Dominique, égoïste romantique, au fond trop occupé de lui-même et de son propre malheur. Comme le fut Eugène Fromentin&hellip.
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Emily ou la déraison
Grasset
La santé d’Emily à toujours été fragile, déjà petite tout l’effrayait : « la nuit, le vent, les passants, les sentiers déserts, les inconnus au téléphone, les chauves-souris, les couloirs d’hôtel, le grelot au cou des chats, la crème du lait ». Ces épouvantes vont s’étendre à tout ce qui l’entoure. Sa naissance même baigne dans la tragédie : sa mère meurt en la mettant au monde. Marquée par ce lourd passé, la petite grandit entourée par l’amour de son frère, son « bouclier », auprès d’une étrange tante revenue d’Asie, d’une grand-mère retranchée dans les souvenirs d’une vie rêvée, et d’un père sculpteur de proue. La disparition brutale et rapprochée des membres de sa famille va entraîner Emily plus loin dans les méandres de la folie. Ce sont les voix des morts qu’elle entend… Désormais seuls au monde, le frère et la sœur quittent Nîmes pour Paris. Emily se laisse peu à peu séduire par un voisin, Ivan Skobline, fils d’émigré russe jovial, son contraire parfait. Leur histoire d’amour s’achèvera par la mort du jeune homme. Ce coup du sort précipitera son repli dans un monde hanté par les images du passé, dont rien ne parviendra à la faire sortir, pas même les tentatives désespérées de son frère. C’est lui le narrateur, qui nous raconte cette destinée bouleversante. Emily, née dans un monde d’ombres, n’aura pas réussi, malgré les éclaircies de l’amour, à échapper à ses fantômes.
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Trop bien élevé
Grasset
« Je vais tenter, dans ce bref récit, de parler de mon enfance. Au fil des ans me sont souvent revenus des visages, des gestes, des scènes, parfois même des mots que je souhaiterais avoir assemblés avant que vienne la nuit. Ce n’est pas que mon aventure humaine, ma personne de petit bonhomme dans les immenses fourmilières de tous les temps me semble mériter intérêt ; j’ai l’impression de me divertir d’un sujet secondaire : nulle modestie dans cette indifférence, peut-être de l’ogueil d’abord déçu puis dispersé. Mais cet enfant triste, ce figurant pétri de bonnes manières, cet adolescent tourmenté, cet éternel patient sous toutes ses identités, ils ne me quittent guère. Peut-être les ai-je trop remués ? Peut-être m’a-t-on trop longtemps laissé seul avec moi ? Ce que je voudrais ici, c’est décrire les premières années d’un enfant trop éduqué, et, à travers lui, si je le puis, les sentiments, les mentalités, les rites qui dominaient encore une part de la bourgeoisie quand vint la guerre de 1939. Je voudrais tâcher de retrouver ceux que j’ai connus, aimés, et chez eux, toute la peine qu’ils se donnaient pour fabriquer des enfants très solitaires et parfaitement bien élevés […]. Excusez-moi, oui, excusez-moi, si je suis là, car je vous gêne. Si vous m’avez bousculé, c’est que je n’aurais pas dû me trouver sur votre chemin. Si vous êtes de mauvaise humeur, je dois y être pour quelque chose. Comment vivre, marcher, respirer, sans déranger ? Frapper avant d’entrer, s’effacer dans les portes, sourire, toujours sourire … Il ne suffira pas d’une vie entière pour se faire pardonner d’exister. » J-D. Bredin
12,90 €
Mon petit mari
Grasset
On connaît la chanson populaire : « Mon père m’a donné un mari, Mon Dieu, quel homme, quel petit homme, qu’il est petit… », mais sait-on que la plaisante ritournelle pourrait devenir réalité ; au moins chez Pascal Bruckner, amateur de conte cruel, où l’enfance perverse voisine avec l’âge adulte… Le jour de son mariage, Léon doit se hisser sur les pieds pour embrasser son épouse, la plantureuse Solange. Quoique de gabarits différents, ce couple idéal donne naissance à de robustes enfants. Etrange ! A chaque naissance, Léon perd quelques centimètres : cet avorton de la toise rapetisse inexorablement, et il a beau consulter le corps médical, rien n’y fait. Avec sa taille, ses responsabilités diminuent, son autorité s’émousse. C’est bientôt Liliput, Léon le moucheron, un corpuscule, et de père idéal il s’inverse en victime des appétits familiaux... Le microbe survit en se cachant dans la bibliothèque, bivouaquant dans de la mie de pain : la description de son calvaire permet à l’auteur des pages drôlissimes, grinçantes et cruelles à la fois ! On ne vous dira pas la fin. Tout conte a une morale.
18,00 €
Un secret Le film
Grasset
Philippe Grimbert est psychanalyste. Il a précédemment publié trois essais, Psychanalyse de la chanson (Les Belles Lettres 1996), Pas de fumée sans Freud (Armand Colin 1999, Hachette Littérature 2001) et Chantons sous la psy (Hachette Littérature 2002). La petite robe de Paul, paru chez Grasset en septembre 2001, était son premier roman. Un secret est son deuxième roman. Le Livre: Au commencement de ce roman, le narrateur raconte que, petit garçon et fils unique, il s'est inventé un frère : « J'ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes relations de vacances, à mes amis de passage. J'avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère aîné, glorieux, invisible. » Ce fantôme tyrannique a hanté ses jeunes années. Entouré de silence, ployant sous une culpabilité familiale, le narrateur éprouve le besoin de raconter un passé qu'il s'imagine lisse et tranquille jusqu'à ce que Louise, vieille amie de ses parents et confidente de l'enfant, vienne tout d'un coup lui révéler un secret lourd et bouleversant. Ce frère inventé, Simon, a réellement existé et il est mort en camp de concentration avec sa mère, Hannah, la première épouse de Maxime. Soudain tout le poids de ce passé noir et caché va surgir et bouleverser la représentation du monde que s'était forgée l'enfant. Il imagine alors Maxime et Tania, ses parents, vivant leurs amours coupables. Quant aux morts sans sépulture, héros d'une tragédie trop longtemps occultée, ils vont provoquer un véritable retournement : c'est ce secret révélé qui fait naître chez le narrateur sa vocation de psychanalyste. Ici le travail d'écriture est devenu travail de deuil et l'auteur, tout en livrant sa part la plus intime, nous montre comment celui qui a souffert du silence peut devenir celui qui va en délivrer les autres.
15,80 €
Un roi sans lendemain
Grasset
: « Un beau matin, Simon Lechinar appelle Henri Norden pour lui demander d’écrire un scénario de film sur Louis XVII. Henri ne sait pas qui est Louis XVII, mais pendant que Simon Lechinar lui explique que sa fille productrice ne désire rien de plus que de produire un film sur Louix XVII, Henri a le temps de regarder dans le Petit Robert où il découvre que Louis XVII est le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, et qu’il est mort dans la prison du Temple à l’âge de dix ans, en 1795. Des théories sur Louis XVII, il y en a eu des dizaines depuis deux siècles, à travers leurs approximations, leurs erreurs, leur utilisation partisane, ces légendes rendent compte de l’interdit qui pèse sur l’histoire de France depuis la Révolution française. Royalistes et révolutionnaires s’accordent à faire silence sur un crime dont ils portent les uns et les autres la responsabilité. La mort du petit roi n’est pas un dommage collatéral dans le vent inévitablement violent de l’Histoire. D’après Henri, Louis XVII est l’enjeu principal de la Révolution. Tout ce qu’il découvre lui montre qu’à l’époque, tout tournait autour du destin de cet enfant. C’est seulement après que les historiens, les politiciens, chacun à leur façon se sont évertués, pour des raisons diverses, à en réduire l’importance, en nier la réalité, jusqu’à n’en plus parler du tout. Les historiens, dit Henri, ont laissé à quelques hurluberlus survivantistes le soin de ridiculiser une affaire qui est en fait le secret d’Etat le mieux gardé de notre histoire. C’est sans doute sa méconnaissance presque complète du sujet qui met l’innocent scénariste sur une piste que personne n’a encore explorée. Sa démarche se résume en une question pourtant fort simple : Qui a tué Louis XVII ? Jacques-René Hébert, répond Henri. Hébert, le fondateur du Père Duchesne, pamphlet périodique le plus odieux et le plus lu sous la Révolution. Reparler de l’enfant du Temple, et au-delà de l’émotion suscitée par ce destin atroce, faire remonter à la surface de notre conscience le passé sacrificiel sur lequel notre société française, laïque et républicaine, vacille aujourd’hui, telle est la tâche que s’est fixé Henri Norden ; il veut rappeler dans un film à dix millions d’entrées, que le « sang impur », qui abreuve le sillon de notre hymne national, c’est aussi celui d’un enfant martyr. La différence entre Henri Norden et moi, c’est que je ne suis pas fou : à aucun moment, je n’ai pensé que ce film irait au bout. J’ai toujours su que j’écrirais finalement un livre sur Louis XVII. Parce que j’ai vraiment été élevé dans l’imminence d’une révolution finale dont je serais le chef. Les livres que j’ai écrits ont raconté la vie de cet enfant en révolte. Puis de l’adulte en révolte contre la révolte. Mais la sortie de ce cycle vicieux, c’est le roi des enfants-rois qui me l’a signalé : il a fait de son cachot une chapelle expiatoire. » C.D.
21,25 €
La passion selon Juette
Grasset
Juette est née en 1158 à Huy, une petite ville de l’actuelle Belgique. C’est à travers un texte de Georges Duby (Dames du XIIè siècle, Gallimard), où Juette se trouve entre Aliénor d’Aquitaine et Iseut, que l’auteur rencontre cette figure singulière : enfant solitaire dans la demeure de ses riches parents créanciers de l’évêque, pucelle mariée malgré elle à treize ans, veuve à dix-huit, elle refuse toutes les autorités de son temps. Pour éviter un remariage, Juette entre dans l’ordre des veuves, regroupe quelques irréductibles, se retranche dans une léproserie, et finit sa vie en béguine silencieuse pendant 37 années de réclusion volontaire. Mélange de bravoure et d’insoumission, de tourment moral et d’hystérie du corps, Juette est une sainte laïque. Elle a des visions, le diable lui apparaît, la Vierge en dame blanche fait reculer les prétendants au mariage. Si l’on pouvait parler avant l’heure de féminisme, on dirait que la quête de Juette est aussi une guerre des sexes, une guerre contre le pouvoir de l’Eglise, alors que montent en Flandre, en Champagne, en Rhénanie, les premières clameurs des hérésies cathares. Juette meurt en 1228, respectée, en quasi sainte. Clara Dupont-Monod en fait ici une figure de roman, tour à tour passionnée, véhémente, amoureuse sans autre objet qu’un prêtre de l’Abbaye de Floreffe, Hughes, son confident, son seul ami. Roman à deux voix, ce livre de grand talent nous fait découvrir de l’intérieur le Moyen Age des mystiques et des guerriers.
19,00 €
Escales / roman
Grasset
Escales est à la fois un roman-voyage et un reportage romanesque inédit, puisque le reporter s'est fixé pour règle de ne jamais parler, de ne jamais interviewer ses «personnages ». Un homme nommé Sébastien regarde, observe le théâtre du monde et quelques uns de ses acteurs. Sur un campo de Venise, dans une petite île grecque, sur le routes du Yémen, mais aussi en Afghanistan, en Ethiopie, en Iran ou à Buenos-Aires, il file les personnages qu'il s'est choisis, rares et précieux. Mais le hasard de la mémoire lui joue des tours puisque des explorateurs anglais comme Théssigner, des musiciens comme Duke Ellington ou même le Négus d'Ethiopie s'invitent dans sa rêverie? Sans compter les épisodes réels de ses « filatures d'admiration » (Beckett boulevard du Montparnasse, Breton rue de Furstenberg) ou de ses souvenirs « d'extrême-cadet » de grands aînés, comme Georges Dumézil ou Vladimir Jankélévitch.

Les fracas du monde résonnent également dans ce livre : 11 septembre, guerre Iran-Irak et d'Afghanistan, ou les exodes de la famine en Ethiopie.

Escales est un voyage qui refuse l'exotisme, une flânerie qui s'interdit d'être nostalgique dans des mondes en train de disparaître.

Un roman grave qui ne renonce jamais à la gaieté.
18,90 €
L'engagement
Grasset
Sculpteur commercial spécialisé dans le lion de marbre géant ou le Poséidon de salle de bain que lui réclament ses riches commanditaires, le narrateur jouit d'une situation confortable dans la Californie d'aujourd'hui.

Lors d'une folle soirée à San Fransisco, il rencontre Ferenczi, sculpteur génial et méconnu, qui lance des prunes contre les murs, et les expose à un petit nombre d'admirateurs. Ferenczi est en colère : il vient d être fait cocu, et il compte bien régler son compte au tout nouvel amant de sa compagne. Mais au cours de la conversation, le narrateur découvre que cet amant n'est autre? que lui-même. Cette rencontre avec Ferenczi est décisive et salutaire. Elle ouvre au narrateur les portes d'un monde inconnu : le monde de la révolution.

Comme aux temps passés de l'engagement et du grand soir, Ferenczi n'est pas seulement un génie ignoré. Il est surtout le « frère secret », le vrai responsable du « Mouvement », réseau contestataire dont les implantations dépassent la seule Californie. Sous l'influence de Ferenczi, le narrateur rompt avec son ancienne vie et s'engage dans le Mouvement. Il y découvre la gloire et l'influence de Ferenczi, quand lui n'est qu'un quidam dont l'art médiocre et l'engagement tardif font sourire. Il s'émerveille aussi de la beauté de Kate, leader charismatique, à l âme bonne et généreuse. Mais à l'intérieur du Mouvement, la contestation gronde?

Un roman étonnant sur l'engagement, l'art, la culpabilité, la révolution.
22,40 €
Victor
Grasset
Victor est un charmant octogénaire, ancien libraire qui cite volontiers Victor Hugo et raconte à qui veut l'entendre un passé étourdissant. Alice, sa voisine de palier, jolie stagiaire à Global, le trouve un soir d'hiver dans un état de grand désespoir. Usé, catarrheux, ruiné, Victor va être expulsé d'ici peu de son réduit mangé par les livres et les journaux. Comment le sauver de la rue ? L'ambitieuse stagiaire a une idée. En organisant une chaîne de générosité, qui puisse satisfaire à la fois le voyeurisme compassionnel du magazine à gros tirage Global et garantir à Victor une fin de vie heureuse.

Adopter un vieillard ? Les lecteurs s'enthousiasment pour son sort. C'est à la famille parisienne Saillard que revient le privilège de recueillir un grand-père adoptif, malicieux, érudit. Ah ! tout avait l'air si facile, et même les enfants du couple Saillard, le père opticien à la bonhomie toute en rondeurs, la mère adepte des régimes minceur, se réjouissent.

Mais Victor n'est pas celui qu'on croit? Crises conjugales, méchancetés, escroqueries, petits arrangements avec la vérité, manipulations, tromperies : tous ceux qui ont approché ce vif exemple de la malignité humaine en seront pour leurs frais. Ils en sortiront changés, marqués, certains pour le pire, d'autres pour le meilleur. Victor ou la grande illusion?
24,90 €
Loin de Kharkov
Grasset
Bien sûr, il s'agit, encore, d'un roman farfelu, mais plus « policé » que d'habitude Et, bien sûr, les personnages de ce roman - Anna-Victorina, Abraham, Mme Tardieu - ne sont pas des créatures rigoureusement « réalistes » Mais c'est ainsi que Roger Hanin visite son imaginaire : introduire une dose de délire dans la logique du monde. Car le délire, selon lui, déplace la vérité et la montre mieux Avec Loin de Karkhov, on est donc dans une histoire d'adoption : un couple, natif de Béziers (en apparence ) va dans un orphelinat de Karkhov pour adopter la petite Anna-Victorina, blonde, intelligente, précoce Celle-ci va semer le plus grand trouble dans sa nouvelle famille, contraignant chacun à se rapprocher de sa vérité enfouie Les uns vont s'avouer leur amour secret, d'autres vont se suicider, d'autres encore vont accepter de révéler le secret d'une identité méticuleusement dissimulée « Lorsque l'enfant paraît », le monde des adultes réajuste ses manières. Ce roman aspire à l'innocence trouble de la petite Anne-Victorina. Il l'atteint, mais non sans quelques dégâts pour les personnages qui s'y brûlent sous l'oeil de la petite poupée russe. Sur cette trame, Roger Hanin propose un roman qui « dérape » à dessein. Dialogues et situations bizarres ; coups de théâtre ; onirisme et fansaisie garantis Roger Hanin expliquera peut-être, lors du lancement de ce roman, l'arrière-fond autobiographique qui le sous-tend. Mais, peut-être, préférera-t-il se taire. Avec lui, on ne sait jamais...
19,90 €
Le paradis d'en face
Grasset
« Au début, je n'y ai pas vraiment prêté attention. La première fois que j'ai garé la moto près du numéro huit de la rue Girardon, elle a ouvert sa fenêtre, au cinquième étage, s'est penchée à moitié et a demandé d'une voix forte : « Nicolas, c'est toi ? » J'ai levé la tête et regardé tout autour de moi, j étais seul sur le bord de cette rue, pas même une ébauche de profil. »

Chaque jour, quand Thomas rentre chez lui, la même scène se produit : au bruit du moteur, une voix féminine, surgie de l'immeuble voisin, l'appelle, avec un mélange de surprise, d'excitation et de soulagement : « Nicolas, c'est toi ? ». Un soir, intrigué, attendri peut-être, Thomas finit par répondre à cette inconnue qui le prend pour un autre. Il pénètre alors dans la vie d'une vieille femme solitaire, et découvre très vite qu'elle a, dix ans auparavant, perdu son fils unique, Nicolas, victime d'un accident de moto. Ce jour-là, le temps s'est brutalement arrêté ; il n'a, depuis, jamais repris son cours.

Pour Marguerite, dont l'existence n'est plus que dans l'illusion d'un souvenir vivant, Thomas accepte de devenir Nicolas. Entre le jeune homme et la petite dame, Harold et Maud d'aujourd'hui, débute ainsi une singulière histoire d'amour, née d'un malentendu dont, au fond, ni l'un ni l'autre n'est dupe : il suffit juste d y croire?

Lyrique et malicieux, tendre et cru, Paul Marchand fait le portrait émouvant de la vieillesse solitaire. A travers le roman d'une complicité singulière, dans le style inventif qu'on lui connaît, il donne aussi des mots au drame qui, dans notre langue, n'en a pas : la perte d'un enfant. Après l'inceste qui faisait l'objet de son précédent roman, c'est encore, d'une autre manière, sur nos douleurs et nos tabous qu'il se penche.
19,90 €
Faut-il brûler la Galigaï ?
Grasset
Léonora Galigaï est florentine. Elle se nomme en vérité Dianora Dosi. Elle est la fille d'un menuisier et d'une blanchisseuse que leur travail mène souvent au palais Grand-Ducal (palais Pitti). Léonora y est appelée pour distraire la jeune princesse de Toscane, Marie de Médicis. Elle devient sa coiffeuse. Elle s'insinue, fait rire cette enfant capricieuse et balourde. Bien vite l'astucieuce Léonora sort de son modeste rôle d'amuseuse pour s'installer dans l'intimité de la petite princesse. Son empire devient immense. C'est une manipulatrice née. Chacun, au palais, s'interroge sur sa fulgurante ascension. Elle serait, dit-on, la soeur de lait de Marie de Médicis, c'est faux, cependant la légende de la Galigaï a déjà commencé, elle rachète ce nom au dernier de cette illustre famille avant de suivre Marie en France.

Ce livre nous fait revivre tous les crimes de la cour des Médicis. Les passions dévorantes aussi, comme celle du grand duc François-Marie pour sa seconde femme, la vénitienne Bianca Capello. On assiste à la dernière rencontre de Catherine de Médicis et de Henri de Navarre, aux exécutions du duc de Guise et de son frère, le cardinal, au château de Blois, puis à la réconciliation de Henri de Navarre avec son cousin Henri III et à l'assassinat de ce dernier. Léonora imagine les complots, se fait raconter les maîtresses du roi Henri IV. Son amie Marie est devenue reine, quant à elle, elle est tombée amoureuse de Concino Concini, un garnement qui vit d'expédients. Tous deux feront équipe en louvoyant dans cette cour de France où les florentins sont suspects, puis, après l'assassinat d'Henri IV, en gouvernant dans l'ombre. Leur étrange association conjugale mettra en coupe réglée les finances du royaume. La Galigaï devient marquise d'Ancre puis Maréchale. Eh oui ! Puisque la reine a donné un bâton de maréchal à Concini.

Noiraude, maigre et sans beauté, elle tient la reine Marie sous sa coupe. Elle gouverne son mari. Elle est une véritable tête politique. Une découvreuse de talents comme ce petit évêque qui deviendra le puissant cardinal de Richelieu. Elle rêve en plein jour. Elle porte un voile, de peur qu'on lui jette un sort. Elle court les couvents de Paris, la nuit, pour se faire exorciser.

Son unique faute est de ne pas avoir su deviner le caractère dissimulé de Louis XIII. Son côté Médicis. Il fera tuer Concini aux portes du Louvre. Elle sera brûlée en place de Grève. Destin étrange qui court sur cinquante ans. Alcôves, complots, prévarications, meurtres.
22,40 €
Le père éternel
Grasset
Sophie perd son père à dix ans. Chaque année, à la date anniversaire de sa mort, elle quitte Paris pour Nice, où il est enterré. Sur sa tombe, elle dépose une brassée de mimosa et une lettre dans laquelle elle se raconte. Et chaque année, le vieux Max, le gardien du cimetière, l?attend : il voit grandir cette petite fille à la fois naïve et tétue, qui, au fond, ne parvient toujours pas à enterrer son père. Max est un original. Coupé du monde, il partage son existence entre Sainte Thérèse d?Avila, qu?il appelle familièrement Thérèse et à qui il demande chaque matin conseil, et Marilyn, la fleuriste du cimetière, qui vit retirée dans sa boutique qu?elle n?a pas su baptiser autrement que « Certains l?aiment froid ».

?Max et Sophie se lient d?amitié, comme deux solitaires pour qui un deuil impossible semble avoir arrêté le cours du temps. Car Max vit lui aussi dans le souvenir: Hannah, sa petite voisine, sa fiancée, dénoncée par ses propres parents, concierges de l?immeuble, n?est jamais revenue des camps d?extermination.

?Pleins d?ingénuité et de fantaisie, Max et Sophie prendront à contre-pied le tragique de leur existence. A travers leurs récits alternés, tantôt solennels, tantôt cocasses, beaucoup de secrets et de non-dits seront levés, et les histoires de chacun, qu?on croyait distinctes, se révéleront liées.

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18,00 €
Panthéon
Grasset
Panthéon est ce qu'il est convenu d'appeler un « roman d'apprentissage » et, de ce fait, il respecte les lois du genre : le narrateur n'y est autre que Yann Moix lui-même, et son enfance à Orléans, dans une famille de petits bourgeois réactionnaires. Mais le « réalisme » de ce roman s'arrête là. Car, avec Yann Moix, le réalisme ne dure jamais bien longtemps. Ce livre raconte ainsi l'histoire du petit Yann qui, pour ne pas passer à côté de son destin, et pour échapper à son sort d'enfant martyr battu par ses parents, va s'inventer le « Panthéon » qui lui permettra de survivre dans son cloaque provincial. Dans ce « Panthéon » très spécial, on retrouve, en vrac, tous les vrais héros de ce livre : Péguy (orléanais comme Moix), mais aussi Sacha Guitry, Roberto Rossellini, Edith Stein, Thérèse de Lisieux, Jean-Paul Marat (bref locataire du vrai Panthéon) et un certain François Mitterrand. Ce dernier occcupe une place particulière dans le panthéon moixien car il symbolise le destin accompli, le héros nietszchéen par excellence, celui qui « a décidé de ne plus souffrir à cause des femmes » et qui, de fait, dirigea la France pendant toute la période où notre pauvre petit orléanais tentait vainement de diriger ses propres incohérences d'adolescent...

Du coup, chacun de ces « panthéonisés » devient le prétexte de « petits romans » incrustés dans le roman, où le style vertigineusement célinien de Yann Moix fait merveille. A chaque page, le lecteur est ému et diverti. Il rit et pleure avec une égale bonne humeur. Et voyage, au gré d'un capitaine romancier très facétieux, entre des trouvailles, des digressions, des doses de vitriol, des « scènes de genre », qui font de ce livre un roman inclassable.

Le récit se termine avec l'arrivée à Paris du jeune Yann. La littérature et le cinéma attendent de pied ferme ce Rubempré issu des classes moyennes et bien décidé à prendre sa revanche sur son « début dans la vie ». La suite au prochain roman ?
19,20 €
Une promesse
Grasset
Nous sommes en Mayenne, une maison à l'orée d'un village. Dans cette maison, voici Etienne et Fauvette, un vieux couple qui n'a jamais cessé de s'aimer. La maison est silencieuse. Les volets fermés et la porte close.

Nuit et jour pourtant, ils sont sept qui en franchissent le seuil. Sept amis, les uns après les autres, du dimanche au lundi, chacun son tour et chacun sa tâche. Il y a le bosco, ancien marin qui tient le bar du village, il y a Madeleine qui, chaque semaine, fleurit la maison, il y a Berthevin qui allume et éteint toutes ses lumières, il y a le professeur qui dit des poèmes à voix haute, il y a Ivan, l'ancien cheminot, ui ouvre les fenêtres, il y a Léo qui traverse le village à vélo, puis Paradis enfin, qui remonte la petite horloge.

Au grenier, comme une sentinelle, une lampe ancienne veille au cérémonial.

Voici l'histoire d'une promesse. La promesse faite à Etienne et Fauvette. Une promesse d'enfance, tenue par sept amis, pour déjouer le plus grand des périls. Ces hommes ont juré de tromper la mort. Et voici qu'un jour, ils renoncent. Ils cessent leurs visites à la vieille maison. Parce que le temps passe. Parce que la lassitude. Parce qu'au grenier, la veilleuse attend que deux âmes lui cèdent.

Voici l'histoire d'une fraternité.
18,90 €
Le chat botté
Grasset
Ce roman raconte l'ascension d'un homme. Général en disgrâce, à vingt-cinq ans, il monte de Marseille à Paris au printemps de 1795. Il n'est rien et il veut tout. Comment va-t-il se débrouiller, dans ce pays livré au chaos après la chute de Robespierre ? C'est le temps de Barras, de Madame Tallien, des muscadins qui font la loi dans les rues avec leurs gourdins plombés. Les ouvriers de faubourgs meurent de faim et se soulèvent, mais les Parisiens dansent, il y a des bals aux carrefours, dans les salons, dans les églises et même dans les cimetières. Les femmes portent des toges transparentes, les salles de jeux et les restaurants (qu'on vient d'inventer) se multiplient autour du Palais-Royal. Les plus habiles s'enrichissent.

A force d'intrigues, notre général va réussir. En une saison il écrase une émeute royaliste au canon sur les marches de l'église Saint-Roch, épouse la vicomtesse de Beauharnais et se retrouve à la tête de l'armée d'Italie. Sur la route de Nice où il part rejoindre ses troupes pour les lancer en Lombardie dans une guerre de pillage, il francise son nom italien. Désormais il va s'appeler Bonaparte....

Ce titre n'est pas tiré au hasard d'un conte de Perrault, mais des Mémoires de la duchesse d'Abrantès. Celle-ci, Laure Permon, était la fille d'une amie d'enfance de Laetitia Bonaparte. Petite fille, quand elle a vu pour la première fois le jeune Napoléon en uniforme, avec ses jambes maigres dans de trop grandes bottes, elle a éclaté de rire en s'écriant : « Le Chat botté ! » Le surnom est resté.
19,20 €
Fantasmes de demoiselles, femmes faites ou défaites cherchant l'âmes soeur
Grasset
René de Obaldia, poète, romancier, dramaturge, citoyen d'honneur de Waterloo, a été René de Obaldia poursuit son oeuvre merveilleuse, où l'innocence côtoie les amours, dans des formes autant littéraires que modernes. Trente ans après les Innocentines, il nous donne une manière de suite à ces poèmes légendaires qu'apprennent les enfants à l'école. Fantasmes de demoiselles est une série de variations obaldiennes sur les petites annonces amoureuses.

CHERCHE....

Beau jeune homme

Un malabar

Beau jeune homme ayant bon caractère

Un homme qui articule

Un jeune et beau curé

Un homme qui cogne

Beau jeune homme archaïque

Un homme vraiment laid

Un homme avec caniche

Un jeune homme décati

Un garde-chasse

Beau mec très peu porté sur les salamalecs

Un amant-éléphant

Beau jeune homme délicat

Beau chevalier

Bel hidalgo

Beau jeune homme fiévreux

Un mutant sexy

L'oiseau rare

Un gourou

Un agent double

Un homme déjà marié

Un homme tronc

Beau jeune homme au coeur pur

Une femme exquise

Un mec dans l'cinéma

Un huissier de justice

Un beau cuisinier

Beau jeune homme ayant de belles manières

Un homme vrai

Un aimable damoiseau

Un hurluberlu

Un Breton

Un célibataire endurci

Un homme in, crac, cult

Un bel officier

Un gentleman anglais

Un savant

Un homme de la brousse

Un homme genre gallo-romain

Un éphèbe

Un rigolo

Un honnête homme

Beau jeune homme écolo

Un homme bien en chair

Un homme considérable

Un poète

Un beau mâle pas catholique

Un psy

Un homme de paille

Un homme qui n'existe pas

Un académicien encore vert
12,00 €
Paul Morand. Un évadé permanent
Grasset
« J'ai connu Paul Morand dès ma petite enfance, en raison de l'amitié personnelle qui l'avait lié à mon père des les années 1930, puis d'une affinité partagée entre les deux couples, le sien et celui que formaient mes parents, amitié complexe, orageuse, tantôt ouverte, tantôt exclusive de l'un ou l'autre des quatre protagonistes. Il était mon parrain.

Toute sa vie, il aura été un évadé. De quoi ? De qui ? De presque tout. De sa carrière diplomatique, de la vie de famille, des fâcheux, de la guere, de tout ce qui trouble à ses yeux la vie et la capacité de sentir. Aurait-il faut de la fuite une véritable philosophie de la vie ?

C'est de ce être insaississable, que j'ai connu et parfois cru deviner, de l'homme qui m'a tour à tour étonné, diverti, choqué, émerveillé et des quelques précieux moments en sa compagnie qui ont marqué ma jeunesse que je voudrais rendre aujourd'hui témoignage. »

G. J.
16,90 €
L'enfant du miracle
Grasset
L'ouvrage s'ouvre sur la mort par défenestration de Jacques Cabriac, qualifié mystérieusement de « petit salaud »...

Les Cabriac sont notaires de père en fils, à Rodez. Le vieux Dieudonné, bigot austère, a passé la main de l'étude à Urbain. Celui-ci, cinquantenaire, s'accommode d'une vie confortable et désespérée entre sa femme Nathalie, névrosée et alcoolique et leur fils, Florian, qui, il l'ignore ou ne veut pas le savoir, n'est pas de lui (Nathalie l'a conçu lors d'une coucherie accidentelle à Toulouse). La seule véritable passion d'Urbain est sa soeur Claire, à laquelle des liens quasi-incestueux l'ont uni dans sa jeunesse, avant que Claire ne soit répudiée pour cause de grossesse hors mariage : chassée avec l'enfant qu'elle portait (Jacques), elle s'est exilée chez l'ami Biboulac, cafetier aveyronnais à Paris.

Quand Urbain apprend que Claire est hospitalisée à Paris après une chute quasi-mortelle, il se précipite à son chevet ... et toute la machinerie familiale se détraque.

Un roman noir où tous sont coupables et tous châtiés.

Florian, le seul innocent, « l'enfant du miracle » venu d'un autre sang, deviendra meurtrier à son tour, purifiant par le feu les péchés de la lignée (hypocrisie, lâcheté, inceste, mensonge, meurtre).
17,90 €
Bye bye Blondie
Grasset
Gloria est convaincue qu'à chaque fois qu'elle s'approche trop près du bord, elle saura faire pirouette arrière. Seulement, plus le temps passe, plus elle devient championne dans l'art de souffrir...

Il pleut sur Nancy, sa ville natale, et Gloria, à trente-cinq ans passés, est de nouveau SDF, avec pour unique point d'échouage Le Royal, « son » bar, le seul endroit où elle puisse librement traîner sa déprime et sa hargne, trouver chez qui squatter, et boire sans limite de crédit.

Mais ce soir-là, c'est un passé bien plus douloureux qu'elle revit en direct, malgré elle : dans la rue, elle croise Eric Muir, désormais parisien et présentateur star du petit écran. Eric, sans qui elle aurait sans doute brutalement sombré, vingt ans plus tôt, quand, adolescente difficile, elle a été internée en hôpital psychatrique pour un temps indéterminé, par des parents dépassés, persuadés de faire son bien. Eric, son premier amour, fils d'une famille de la grande bourgeoisie de Nancy, avec qui elle a vécu son aventure punk. Eric aujourd'hui confortablement installé dans sa voiture avec chauffeur, et qu'elle voudrait sinon feindre d'ignorer, du moins englober dans sa haine du monde et d'elle-même ; mais lui ne l'entend pas ainsi...

Avec une dureté de ton qu'on lui a connu à ses débuts, mais aussi une tendresse certaine pour ses personnages, Virginie Despentes fait le récit d'une adolescence dramatique, marquée au fer rouge par l'incompréhension et la bêtise de parents incapables d'amour véritable, brisée par la violence et la toute-puissance des institutions. Bye bye Blondie est également le portrait rageur d'une femme conditionnée par le manque et l'abandon, et qui ne sait plus vivre que dans la destruction aveugle de tout ce qui pourrait mettre un terme à ses souffrances.
18,30 €
Vivre sans bonheur et n'en point dépérir
Flammarion
"Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme "miss martyre". Ses belles-soeurs continuent de lui dire gentiment et sottement "tu es une vraie sainte". Et qui peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime ?" Pour la première fois, Véronique Ovaldé s'aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d'intempestives bifurcations et d'improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l'admirable renoncement n'a pas, malgré tout, éteint la joie.
21,00 €
Juste un chagrin d'amour
Flammarion
À trente-huit ans, L. prend une grande décision : s'enfuir des urgences psy où elle vient d'atterrir. Mais elle est vite rattrapée par les hommes en blouse blanche et son envie de se foutre en l'air. Dix mois plus tôt, pourtant, L. démarrait le tournage de sa vie, le premier d'une longue série, elle en était certaine. Dix mois plus tôt, pourtant, l'enthousiasme coulait dans ses veines, sa carrière prenait enfin forme et tous ses rêves avec. Que s'est-il passé pour en arriver là, où personne ne veut être, dans cette chambre sans verrou ni fenêtre ? À quel moment a-t-elle franchi la ligne fatidique, celle qui sépare les gens normaux de tous les autres ? Élodie Wallace nous livre un premier roman vertigineux, où l'humour s'invite même dans les pages les plus sombres, où l'on s'attache aux fêlures et aux incertitudes, aux petits combats autant qu'aux grandes victoires. Et l'on se demande bien, finalement, de quel côté de la folie il est plus juste de se trouver.
20,90 €
Les beignets de ma mère
Flammarion
L'hôpital, les urgences, la nuit. Un coeur qui s'arrête de battre. Celui d'un détenu en cavale, grièvement blessé après avoir foncé contre un platane. Dans le coffre de la voiture volée, une robe de mariée... Le chirurgien qui l'a réanimé in extremis, Yves, a reconnu à son tatouage son meilleur ami d'enfance, Éric. Tandis que celui-ci est plongé dans un coma artificiel, Yves se souvient de leurs jeux dans le parc de la villa familiale, mais surtout des goûters dans la petite cuisine de la mère d'Éric, modeste couturière qui élevait seule son fils. Les deux garçons étaient promis à un avenir brillant. Mais Éric a rompu violemment avec Yves à la fin de leur première année de médecine. Vingt ans après, le chirurgien découvre le passé mouvementé de celui qui fut cuisinier et légionnaire avant d'être condamné à quinze ans de prison pour homicide. Jacky Durand signe une fresque où l'amour et l'amitié croisent l'injustice, la guerre et la prison. Un vibrant hommage à la cuisine comme souffle de vie et trait d'union entre les êtres humains.
20,90 €
Derrière les arbres
Flammarion
"Combien sommes-nous ? Combien d'enfances bousillées ? De corps meurtris ? De coeurs en loques ? Et combien serons-nous - combien de millions, de milliards - à défiler lors de la procession des abusés que j'organiserai ce soir encore dans mes cauchemars ?" Petit, il n'a pas raconté ce qui lui était arrivé. Petit, on n'a pas les mots, et on lui avait imposé de se taire. Alors il s'est tu. Et il a enfoui ses souvenirs, sans savoir que, même profondément ensevelis, ils continueraient à le hanter de mille façons. Si bien que c'est toute son enfance, son adolescence, sa jeunesse et sa vie d'adulte qui se sont écrites à l'ombre de ce qu'il avait subi. Construit comme une tragédie en cinq actes, Derrière les arbres est l'histoire d'un long retentissement, celui que les viols ont eu sur la vie d'un homme. Jusqu'à ce que, peu à peu, la mémoire lui revienne et avec elle la possibilité de comprendre puis, enfin, de raconter. Dans une langue d'une justesse et d'une puissance remarquables, Frédéric Pommier retrace la quarantaine d'années qu'il lui a fallu pour sortir de la nuit. Avec la minutie que la recherche de la vérité impose, il éclaire en chemin le destin de toutes les enfances "bousillées".
21,50 €
Bleus, blancs, rouges 14 juillet
Flammarion
Juillet 1982. Les attentats à répétition opérés par Carlos et les services syriens sur le sol français poussent François Mitterrand à s'entourer d'une cellule anti-terroriste composée des plus fins limiers du GIGN, de la PJ et des RG. L'inspectrice Jacquie Lienard va profiter de cette opportunité pour grimper dans la hiérarchie auprès de l'Élysée et s'assurer une place de choix au sein de la lutte contre les groupuscules pro-palestiniens, Action directe et le FLNC. Tout comme Marco Paolini depuis la DST et Robert Vauthier depuis la DGSE, elle traque une ancienne moudjahida du FLN qui répond au nom de Khadidja Ben Bouazza et qui n'est autre que la supérieure directe de l'ex-policier Jean-Louis Gourvennec, devenu convoyeur d'explosifs pour l'extrême gauche révolutionnaire. Au gré des scandales qui secouent la Mitterrandie, des crises successives au sein de Beauvau et de la montée fulgurante de l'extrême droite, tous se dirigent vers un seul point de mire qui leur permettra enfin de découvrir la vérité sur Geronimo et Khadidja Ben Bouazza : Beyrouth. Ce chemin de croix sera aussi celui de la perte de leurs dernières illusions. Le troisième tome d'une saga historique entre satire politique, roman noir et tragédie mondaine, dont les personnages secondaires ont pour nom François Mitterrand, Christian Prouteau, Paul Barril, Charles Pasqua, Gaston Defferre, Jean-Marie Le Pen, Alain Orsoni, Carlos et Jacques Vergès.
24,50 €
Des enfants uniques
Flammarion
Hector et Luz sont amoureux depuis l'adolescence. Aux yeux du monde, pourtant, ils sont incompatibles : du panel des amours possibles est exclu le leur. Redouté par leurs familles respectives, empêché par la société, il n'a nulle place où s'installer. Hector et Luz sont handicapés et, visiblement, leurs coeurs ont des raisons que les autres font mine d'ignorer. Malgré tout, par leur force et la grâce des rencontres, celle de Carlo notamment, leur éducateur, un couple se construit. Roméo et Juliette fragiles et entravés, ils vont chercher à abattre petit à petit les obstacles, dont celui, si tenace, de l'infantilisant regard de l'autre. Avec une écriture aussi incarnée que précise, Gabrielle de Tournemire livre un roman d'apprentissage, chemin de compréhension de soi et de l'autre, micro-fresque de la naissance possible d'une famille différente, unique.
19,00 €
La dictée
Flammarion
Zéro ! Benjamin a complètement raté sa dictée. Ses parents décident de s'y essayer pour lui donner l'exemple et démontrer, bien malgré eux et sous les rires de leur fils, qu'ils font aussi des fautes. Et pourquoi ne pas prolonger le jeu avec leurs amis lors d'un pique-nique au soleil ? Ils seront une dizaine à plancher sur la dictée la plus difficile de la langue française : celle de Prosper Mérimée. La légende prétend qu'il est impossible de ne pas y faire de fautes... Qui s'en sortira ? Antoine Laurain porte un regard plein de tendresse et d'humour sur notre époque et ses différentes générations, autour de l'emblématique devoir de notre enfance : la dictée, qui, replongeant chacun dans ses souvenirs, pourrait bien renouer les liens entre tous les personnages, petits et grands, de cette histoire.
20,00 €
Safari
Flammarion
"Il faut être deux pour jouer à cache-cache." Voilà ce qu'entend le narrateur en recouvrant ses esprits après qu'il a cru perdre son fils de quatre ans dans la serre tropicale de Chicago où ils se promenaient. Cette voix qui lui parle, c'est celle de Gabriel, le jeune homme qui a retrouvé son petit garçon. Mais c'est aussi exactement la voix de son père, disparu sans laisser de trace il y a bientôt vingt ans. Hasard ? Hallucination ? Pour le découvrir, le narrateur cherche à se lier d'amitié avec Gabriel jusqu'à l'obsession et enregistre sa voix à son insu. Pour la première fois depuis deux décennies, sur fond de fêtes de Noël, entre sa mère fantasque et sa femme psy, des souvenirs précis de son père, sujet tabou dans la famille, lui reviennent. Mais l'énigme de sa disparition se remet alors à brûler au centre de sa vie, menaçant de tout embraser. Avec Safari, Sabri Louatah signe un roman "américain", à la fois haletant et existentiel, sur la paternité et la présence envahissante dans nos vies de ceux qui nous ont quittés.
21,00 €
La confession
Flammarion
Quel crime a commis Agnès pour ressentir aujourd'hui l'impérieux besoin de se confier ? Cette jeune catholique pratiquante était pourtant parvenue à rendre sa vie conforme à son rêve de petite fille et au scénario souhaité par son milieu : à vingt ans, elle avait rencontré son futur mari au très prisé bal du Triomphe des saint-cyriens, elle avait abandonné sans regret ses études pour le suivre en régiment à Bayonne, où elle avait attendu tranquillement que s'accomplisse sa destinée de mère de famille nombreuse. Engagements, foi, sociabilité : elle avait tout bien fait. Mais les années ont passé, et son ventre est resté vide. Cette maternité qui se refuse, en instillant chez Agnès le sentiment de son imperfection et de son inutilité, a provoqué en elle une fissure. Au point de la pousser à commettre ce qui ressemble au pire, à ses yeux comme à ceux de sa communauté. Dans ce roman haletant et glaçant, Romane Lafore met en scène une jeune femme, hantée par le bien et le mal, qui tente de trouver son chemin entre culpabilité et liberté.
20,00 €
Soleil d'Or
Flammarion
Hiver 1944-1945 : sur le quai d'une gare de l'est de la France, Anna, infirmière engagée dans l'armée américaine, et François, combattant de la Libération, attendent un train qui ne vient pas. En apparence, tout les oppose : elle est la fille d'un magnat de l'acier, il est orphelin et commis de ferme. Mais au premier regard, c'est le coup de foudre. L'absolu, l'unique, celui de peu de vies. Ils passent une nuit à s'aimer, sur la paille d'un entrepôt. À l'aube, quand leurs trains arrivent enfin, ils se promettent de se retrouver après la guerre, sur une petite île de la Méditerranée où Anna, enfant, passait ses vacances. C'est le début d'une épopée amoureuse inouïe.
19,90 €
Il ne se passe jamais rien ici
Flammarion
La saison touristique touche à sa fin dans ce village niché sur les rives du lac d'Annecy. Comme souvent, Antoine passe la soirée au Café des Sports avec les habitués. L'atmosphère est à la fête. Mais quand, au petit matin, on découvre le corps d'une femme assassinée au bord de l'eau, c'est vers lui que se portent les regards. Connu de tous, jugé instable par beaucoup, y compris par sa propre famille, ce bientôt quadragénaire aux airs d'éternel adolescent fait vite figure de coupable idéal. Sans doute un peu trop. Car, ce soir-là, ils sont nombreux à être partis tard dans la nuit. Dans ce roman redoutable empruntant au genre du roman noir, Olivier Adam donne la parole à tous les protagonistes de l'affaire et fait l'autopsie d'une communauté où sont tapis la violence des hommes et leurs silences.
22,00 €
Dans la maison d'été
Flammarion
"Si nous avons eu notre part de malheurs, nous avons aussi connu des jours de partage, d'épiphanie et de joie, touché du bout des doigts la grâce et le bonheur, d'une manière qui n'appartient qu'à nous." La maison d'été, c'est la villa balnéaire qu'Albert et Rose achètent à l'automne 1980. Pendant plus de quarante ans, parents, enfants, petits-enfants vont s'y croiser, s'y succéder, y séjourner parfois pour quelques jours, parfois au long cours. Au fil des saisons, au gré des marées, quatre générations vont s'aimer, se déchirer, danser, rire et pleurer. Naissances, fêtes et anniversaires, premières fois, deuils, petits et grands événements de la vie jalonnent cette ample fresque romanesque qui retrace l'histoire d'une famille française de la fin du XXᵉ siècle à nos jours.
22,00 €
Ce qui fait briller les étoiles
Flammarion
Paris, 1941. Émile et Lazare sont deux amis qui ont la chance d'avoir le palais Garnier comme terrain de jeux. Émile admire Lazare, le fils du concierge de l'Opéra, qui n'a qu'un seul rêve : sortir de l'ombre et devenir danseur étoile. Ensemble, ils se croient invulnérables, mais dans une ville occupée par les troupes allemandes, c'est un autre genre d'étoile qui menace Émile. Paris, 2022. Anna est la fille de Pâris Besson, le célèbre danseur étoile et maître de ballet de l'Opéra. Elle est aussi la petite-fille du facétieux Lazare Besson, le non moins célèbre concierge du palais Garnier, ami des artistes et des ministres. Depuis le suicide de son cousin Abel, tout a changé pour Anna. Elle ne veut plus jouer la figurante et désire incarner le premier rôle de sa vie, quitte à renverser le fragile équilibre de son clan.
21,00 €