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Résultats de recherche pour 'Ronds dans L'O' (2775)

Renverse du souffle
Points
*TENIR DEBOUT, dans l’ombre

du stigmate des blessures en l’air.

Tenir-debout-pour-personne-et-pour-rien.*

En mars 1967, Paul Celan écrit à son épouse à propos de *Renverse du souffle* (*Atemwende*) : « C’est vraiment ce que j’ai écrit de plus dense jusqu’ici, de plus ample aussi. À certains tournants du texte, j’ai ressenti, je l’avoue, de la fierté. »

Après la publication de *La Rose de personne*, dans une période difficile de sa vie, Celan trouve un nouveau souffle, plus âpre et plus sec. Ces poèmes qui sont un journal de bord ouvert sur le monde et l’histoire contiennent en leur cœur la mémoire des morts de la Shoah comme une exhortation à résister. Résister pour rester humain.

Né à Czernowitz en Roumanie en 1920, mort à Paris en 1970, Paul Celan est l’auteur de neuf recueils de poèmes, dont *Pavot et mémoire*, *De seuil en seuil* et *Grille de parole*, qui lui valurent le prix Georg-Büchner en 1960.

Traduit de l’allemand et annoté par Jean-Pierre Lefebvre.

Édition bilingue
11,40 €
Correspondance
Points
Une correspondance de lettres inédites qui retrace le destin de deux familles juives.

Dans son *Journal*, Hélène Berr a raconté son quotidien de jeune fille juive sous l’Occupation. Arrêtée le 8 mars 1944, elle est déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen d’où elle ne reviendra pas. Pendant toute son adolescence, elle a entretenu une correspondance avec son amie Odile Neuburger : ce livre regroupe leurs lettres échangées de l’été 1934 jusqu’à mars 1944. Cultivées, pétillantes, graves et courageuses, ces deux jeunes filles dévoilent, quand la guerre bouscule leur vie, une extrême sensibilité. Témoignage d’une richesse exceptionnelle, ces correspondances retracent également le destin de deux familles juives dans la France de Vichy : les restrictions imposées aux juifs, l’arrestation de proches, la déportation d’Hélène et l’horrible pressentiment du destin qui la guette. Un document pour l’histoire, d’une rare intensité.

« Magnifique et intense. » *La Croix*

Née en 1921, Hélène Berr est morte à Bergen-Belsen en avril 1945, quelques jours avant la libération du camp. Son *Journal* a ému un grand nombre de lecteurs. Née en 1920, réfugiée en zone sud pendant la guerre, Odile Neuburger est son amie d’enfance. Elles entretiennent une correspondance durant des années, restée inédite jusqu’à aujourd’hui.
10,80 €
Je te laisse dormir
Points
Une lettre d’amour délicate et un grand livre sur le deuil.

Ce livre est le témoignage bouleversant d'une histoire d'amour, à travers lequel Edith Bruck évoque sa dévotion poignante à l'égard de son mari, Nelo Risi, atteint de la maladie d'Alzheimer. Entre journal et autobiographie, l'auteure replonge dans leur histoire, reconstitue le passé – notamment l’œuvre de son époux, poète et cinéaste, leur vie commune ; elle se remémore également sa propre jeunesse hongroise, sa déportation et son retour des camps. Avec simplicité, elle raconte la vie quotidienne du trio qu'ils forment avec Olga, leur aide à domicile, et la manière dont elles maintiennent en vie cet être cher tout en tentant de préserver sa dignité jusqu'au bout. Un grand livre sur le deuil, délicat et inoubliable.

« Ce livre sur la fin de vie est tout simplement inoubliable. »*Le Monde des livres*« Ce livre sur la fin de vie est tout simplement inoubliable. »*Le Monde des livres*

Née en Hongrie en 1931, Edith Bruck a subi la déportation en camps nazis. Installée désormais en Italie, elle est immensément connue pour ses témoignages, auxquels elle a consacré sa vie. *Le Pain perdu* et *Qui t’aime ainsi* sont notamment disponibles chez Points.
8,70 €
Ne réveille pas les enfants
Points
Dans ce récit d’une grande puissance, Ariane Chemin articule la tragédie de Montreux au passé familial, et montre comment la violence de l’Histoire se répercute sur les générations.

La sœur jumelle. Puis la mère. Puis la petite fille. Puis le fils adolescent, et enfin le père. Le 24 mars 2022, une famille française se jette du septième étage de son balcon, face au lac Léman, à Montreux. « Suicide collectif », concluent presque aussitôt les enquêteurs. Un an plus tard, le dossier est clos. Les autorités ont posé une chape sur le « mystère de Montreux », comme soixante ans plus tôt sur l’assassinat par l’OAS du grand-père des jumelles, l’écrivain Mouloud Feraoun, aux derniers jours de la guerre d’Algérie. Loin du fait divers, Ariane Chemin, reporter au *Nouvel Obs*, tisse le lien entre ces deux drames et fait surgir des rapprochements troublants, montrant les répercussions violentes et douloureuses de l’Histoire sur l’histoire intime.

« Une puissance obsédante. »

*Télérama*

Grand reporter au *Monde* puis au *Nouvel Obs*, Ariane Chemin a notamment écrit *Mariage en douce* et *À la recherche de Milan Kundera*, disponibles chez Points.
7,55 €
Mélancolie américaine
Points
Le premier recueil de poèmes traduit en français de l'une des plus grandes autrices américaines.

*Après un tel combat

il faut aimer

l’eau noire

sans ride où

flotte l’O froid

parfait de la lune.*

Dans une langue brûlante, à la croisée de l’intime et du politique, Joyce Carol Oates interroge et explore les contradictions d’une Amérique amnésique et malade. Qu’elle apostrophe « Marlon Brando en enfer », s’interroge sur les dérives passées de la science ou martèle les raisons qui mènent les femmes à un avortement, ses poèmes disent la peur de la perte, le vide intérieur, la terre boueuse de sang et les hommes ivres de pouvoir.

Joyce Carol Oates est membre de l’Académie américaine des arts et des lettres, titulaire de multiples et prestigieuses récompenses littéraires, parmi lesquelles le National Book Award. *Mélancolie américaine* est son premier recueil de poèmes traduit en français.

*Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban*
9,30 €
Ma plus-que-reine
Points
*Qui ne lira

qu’un seul de mes poèmes

je voudrais simplement qu’il en saisisse

par intuition

l’amour*

Dans ce recueil de poèmes choisis parmi l’œuvre de toute une vie, Bernard Chambaz propose une sélection infiniment émouvante et personnelle des poèmes d’amour dédiés à son amoureuse, sa femme, Anne. Sa poésie libre et joyeuse, teintée de mélancolie, saisit l’émerveillement sans cesse renouvelé face à une vie vécue à deux, des grands voyages aux minuscules bonheurs qui constituent la mystérieuse magie d’un couple. L’on y trouve l’influence des poètes chers à l’auteur : William Carlos Williams, e.e. cummings ou encore Robert Desnos. *Ma plus-que-reine* se lit comme la partition déployée d’un amour plus fort que tout ; la voix du poète y résonne, éprise, vibrante jusqu’au point d’orgue.

Bernard Chambaz, né en 1949, est l’auteur de plus d’une soixantaine d’ouvrages dont onze recueils de poèmes parmi lesquels *e bientôt muet*, prix Paul-Verlaine de l'Académie française (Flammarion, 2022), et *Eté*, prix Apollinaire (Flammarion, 2005). *Ma plus-que-reine* rassemble les poèmes d’amour écrits pour sa femme, qui irriguent son œuvre depuis les débuts.
10,80 €
Et des poussières ...
Points
Capturer l'instant.

La nouveauté de Thomas Vinau, l'une des voix les plus remarquées de la poésie contemporaine.

Thomas Vinau explore la forme brève dans ce recueil inédit où l’on retrouve la douceur, l’humour et la finesse inhérentes à son œuvre. Il y livre également un regard tendre et amusé sur la figure du poète. Du bourdonnement de l’insecte à la note laissée sur le frigo, du silence de celui qui petit-déjeune en solitaire au frémissement des fleurs de sureau, ses poèmes sont autant d’instantanés de la vie capturés.

*Le givre s'accroche à la lune*

*le ciel est bleu comme une enclume*

*la mort ne pèse presque plus rien*

Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et habite aujourd’hui dans le Luberon. Il est l’auteur de plusieurs recueils de poésie, dont *Juste après la pluie*, disponible chez Points, et de romans, dont le très remarqué *Ici ça va*. Il écrit également des albums jeunesse et des nouvelles.
8,70 €
Ce monde est mon partage et celui du démon
Points
Une poésie à la fois intime et lyrique, fougueuse et brillante.

*Un changement dans les intempéries du cœur

Et l’humide devient sec. Le canon d’or

Tonne dans la tombe glacée.

Une intempérie dans la région des veines

Et la nuit devient jour.*

Ce volume rassemble les deux principaux recueils de Dylan Thomas, *18 poèmes* (1934) et *25 poèmes* (1936), ainsi que la célèbre villanelle *Ne saute pas à pieds joints dans cette bonne nuit*. Son univers vif et fantastique est un rejet des conventions de son siècle. À l’inverse de ses contemporains qui tendaient vers des sujets politiques et sociaux, Thomas exprime ses émotions avec passion, dans un style très étudié mêlant l’hermétisme à l’obscénité.

Né en 1914, mort en 1953, la carrière littéraire de l’écrivain et poète Dylan Thomas fut brève mais fulgurante. Personnage haut en couleurs, il connut une rapide reconnaissance, publia des poèmes, récits, nouvelles et romans, des pièces radiophoniques et des scenarii. Il est désormais considéré comme un des plus grands poètes lyriques du xxe siècle.

Traduit de l’anglais et préfacé par Patrick Reumaux
8,70 €
Itinéraire d'un naufragé
Points
45 ans de carrière. 18 albums. Plus de 190 chansons. Un public fidèle. Pour la première fois en librairie, Thiéfaine, l’intégrale !

Inclassable, incontournable, Hubert Félix Thiéfaine occupe une place unique dans le paysage de la chanson française. Au-delà de « La Fille du coupeur de joints » qui est devenu un hymne, il est l’auteur et l’interprète d’une œuvre-océan aux multiples facettes. Ses chansons, mélancoliques ou provocatrices, visionnaires ou grinçantes, se lisent comme autant de poèmes. Pousser la porte de son univers, c’est entrer dans une nuée d’images d’une variété et d’une profondeur saisissantes. Cet ouvrage inédit réunit pour la première fois tous les textes de ses albums.

*"Odeurs de mandarine & rafales de cannelle*

*Mélodies cristallines & vapeurs d’arc-en-ciel*

*Là-bas sous un tilleul, à l’ombre d’une fontaine*

*Notre-Dame de la nuit distribue l’oxygène*

*& le septième cercle de la béatitude*

*Te révèle les fastes de la solitude."*

Hubert Félix Thiéfaine est né en 1948 à Dole, dans le Jura. Auteur-compositeur-interprète à la confluence du rock anglo-saxon et de la poésie surréaliste, il est une référence de la chanson française. Discret dans les médias, il doit sa popularité à un public fidèle et transgénérationnel. Lauréat de nombreuses récompenses musicales et littéraires, il est un habitué des salles à guichets fermés: un succès ne s’est jamais démenti depuis la sortie de son premier album en 1978.

Précédé d'un entretien exclusif
14,90 €
Le Phare appelle à lui la tempête
Points
*« Il blesse les yeux du cœur, ce fabuleux vieux navire grec*

*En surcharge, il nous blesse tous par sa beauté,*

*Intimant des pensées de fuites dans les vieilles plaques du monde… »*

Malcolm Lowry plaçait la poésie si haut qu’il se défendait presque d’en écrire. L’œuvre romanesque de l’auteur de *Sous le Volcan* a longtemps occulté la force lyrique et brûlante de ses poèmes. On y retrouve ses thèmes majeurs : l’océan et ses déchaînements, le goût de l'alcool et ses excès, les passions amoureuses, la solitude aussi. Cet ouvrage réunit des poèmes choisis extraits des *Poésies complètes* parues dans une nouvelle traduction en 2005.

Né en 1909, Malcolm Lowry s'embarque à bord du vapeur Pyrrhus à dix-huit ans ; Jack London, Eugène O'Neil et Joseph Conrad sont alors ses maîtres en littérature. Sa vie est marquée par de nombreux voyages, notamment ses séjours mexicains qui seront au centre de son œuvre. Auteur de romans, de nouvelles et de poèmes, il meurt en 1957 d'une overdose de somnifères.

Traduit de l'anglais et préfacé par Jacques Darras
8,30 €
La Bête dans la jungle
Points
« Pâle comme cire, avec sur le visage des marques et des signes aussi nombreux et fins que s’ils avaient e´te´ grave´s par une aiguille, elle e´tait l’image même d’un sphinx serein et raffine´. »

Henry James sonde l’équivoque de l’attrait entre un homme et une femme, qui ne peut s’accomplir que dans la mort ou par le culte des disparus que l’on va bientôt rejoindre. Inspirations pour Marguerite Duras (*La Maladie de la mort*), François Truffaut (*La Chambre verte*) ou encore Bertrand Bonello et Patric Chiha qui ont adapté *La Bête dans la jungle* au cinéma, ces nouvelles continuent de hanter le monde contemporain.

Henry James (1843-1916) est reconnu comme le grand précurseur du roman moderne. *L’Autel des morts* (1895) et *La Bête dans la jungle* (1903) sont parmi ses écrits les plus célèbres, ayant frappé la génération des auteurs du Nouveau Roman.

« La connaissance de l’histoire, vous la posséderez comme les héros de Henry James, quand elle sera terminée. » Marguerite Duras, *Emily L.* (1987)
8,95 €
Michael K, sa vie, son temps
Points
« Il se voyait sous l’aspect d’un termite se frayant un chemin à travers un rocher. Il semblait n’y avoir rien d’autre à faire que de vivre. Assis, il bougeait si peu qu’il n’aurait pas été surpris de voir des oiseaux venir se percher sur ses épaules. »

Dans une Afrique du Sud en guerre civile, Michael K décide de fuir la ville dévastée pour ramener sa mère sur les lieux d’une enfance heureuse. Mais elle ne survit pas au voyage. Après avoir dispersé ses cendres, cet homme fruste commence à cultiver un petit carré de terre, à partir de quelques graines trouvées par hasard. Mais toujours, la guerre le poursuit ; arrêté, emprisonné, il regagnera toujours son champ, son petit coin de paradis. L’histoire d’un homme solitaire qui refuse de se plier aux lois des hommes et surmonte l’oppression pour vivre sa vie comme il l’entend.

Une superbe parabole, à la fois sombre et éblouissante, sur la dignité humaine.

Né en 1940, J. M. Coetzee enseigne la littérature. Son œuvre, empreinte des années d’apartheid, est saluée dans le monde entier et traduite dans plus de vingt-cinq langues. Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2003. Ses romans sont disponibles chez Points.

Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Sophie Mayoux

Préface inédite de Caryl Férey
10,80 €
La Graine ardente
Points
*Je chevauche sur la rosse de mes exils*

*et sur la pierre blanche du chemin j’aiguise ma parole.*

*Quelqu’un me suit. Moi-même.*

*Quelqu’un me suit, c’est un vent qui revient d’autres terres,*

*les vieux parfums de brises oubliées.*

Retrouvés dans ses archives après son décès, les poèmes de Luis Sepúlveda sont réunis ici pour la première fois. Sensibles, touchants et engagés, ils nous font découvrir l’auteur sous un nouveau jour. Le décès d’une grand-mère, les jeux d’un enfant, les yeux d’une femme. L’odeur du maté, les couleurs vives, le son d’une guitare. La révolution chilienne, la dictature et l’emprisonnement. Le silence assourdissant des voix qui se sont tues et une patrie ensanglantée que seuls les mots peuvent ressusciter.

Né au Chili en 1949, Luis Sepúlveda, est l’un des plus grands auteurs contemporains de langue espagnole. Traduits dans le monde entier, ses romans, chroniques, récits et nouvelles sont disponibles chez Points. Il est décédé en avril 2020.

Préface de Louis-Philippe Dalembert

Traduit de l’espagnol (Chili) par Stéphane Chaumet
10,80 €
Ô ma mémoire
Points
*« J’ai décidé que la poésie était ma patrie,*

*mon paysage spirituel,*

*ma passion. »*

Stéphane Hessel se prête à l’exercice d’une autobiographie poétique. 88 poèmes, comme 88 printemps, qui l’ont accompagné dans les moments les plus doux et les plus graves de son existence. Cette « trilingologie poétique » ravive la mémoire du diplomate qui apprit les poèmes de Keats, Rilke et Apollinaire par cœur. La poésie comme respiration, la poésie comme soutien, la poésie comme nécessité.

Stéphane Hessel est né à Berlin en 1917. Normalien, résistant, déporté, diplomate, il fut un proche collaborateur de Pierre Mendès France et Michel Rocard. En 2010, il est revenu sur les motivations de son engagement dans *Indignez-vous !* Son autobiographie, *Danse avec le siècle*, est également disponible chez Points. Il est décédé en février 2013.
10,20 €
Le Pain perdu
Points
Avec lucidité et humanité, Edith Bruck revient sur son destin. Tout commence lorsque sa famille, de confession juive, est fauchée par la déportation nazie. L'auteure raconte sa miraculeuse survie dans plusieurs camps de concentration et son difficile retour à la vie. Elle n’a que quinze ans quand elle retrouve le monde des vivants. Elle commence une existence aventureuse, traversée d’espoirs, de désillusions, de débuts artistiques dans des cabarets à travers l’Europe et l'Orient, et enfin, à vingt-quatre ans, trouve refuge en Italie, se sentant chargée du devoir de mémoire, à l’image de son ami Primo Levi.

Edith Bruck, née Steinschreiber, voit le jour le 3 mai 1931 à Tiszabercel en Hongrie. À sa déportation, elle consacre à partir de 1959 plusieurs récits et poèmes dans la langue italienne qu’elle a adoptée en choisissant de vivre à Rome, dès 1954. Journaliste, scénariste, documentariste, comédienne, cinéaste, dramaturge, elle a multiplié les activités, sans jamais renoncer à témoigner de son expérience et sans jamais recourir à la haine.
7,90 €
Rilke - Monographie
Points
« Rilke savait mieux que personne qu’avoir écrit les *Élégies* et les *Sonnets*, avoir réussi à célébrer l’espace angélique tel qu’il l’avait pressenti très jeune et entrevu en certains moments décisifs de sa vie, ce n’était pas être devenu soi-même l’ange ou Orphée. /.../ Mais sans doute avait-il désiré le grand poème comme Colomb l’Amérique, comme l’amant l’aimée. »

Dans cet ouvrage, Philippe Jaccottet s’emploie à retrouver un regard plus libre sur le poète et son oeuvre. Il s’écarte, dans la mesure du possible, de la légende et s’appuie sur ces mots de Robert Musil : « Rainer Maria Rilke était mal adapté à ce temps. Ce grand poète lyrique n’a rien fait que porter pour la première fois à sa perfection la poésie allemande… »

Une monographie de référence, signée par un poète français parmi les plus importants, traducteur de l’oeuvre de Rilke.
8,60 €
Genre : Fluide
Points
« Dans la partition de la sexualité, tu nages entre deux lignes vers ta mélodie authentique, ton goût essentiel, cette gaieté dansante. Avance, ô, nageur, hors de l’exquis liquide gélatineux, vers nous peu nombreux mais nombreux, toi-même ! »

Une soixantaine de poèmes inédits ouvrent cet ouvrage de Charles Dantzig et lui donnent son titre. L’univers poétique qui s’y trouve déployé, aussi séduisant que lumineux, explore l’idée de fluidité du genre, nouveauté qui nous rapproche des temps heureux de l’Antiquité où les métamorphoses étaient spontanément admises. L’exploration des amours gays se poursuit avec *Démocratie de bord de mer* et *Les Nageurs*, déjà des livres cultes. L’origine, la géographie, les mythes, la sensualité étincellent dans ces vers, où les contours du moi se brouillent, faisant trembler celles du cosmos tout entier.

Charles Dantzig est écrivain. Il est l’auteur d’une œuvre poétique qui a fait l’objet de deux anthologies, *En souvenir des long-courriers* et *La Diva aux longs cils*. Il a reçu le prix Paul Verlaine pour *Que le siècle commence*.
9,40 €
L'Hirondelle avant l'orage
Points
Ossip Mandelstam, le grand poète, n’est pas l’artiste qu’il aurait aimé être. Avec sa femme Nadejda, ils vivent de sexe et de vodka, enfermés dans leur appartement moscovite, sale et glacial. Effrayé par les dérives du stalinisme, Mandelstam veut sauver sa belle Russie des griffes de celui qu’il nomme « le montagnard du Kremlin ». Ses poèmes moquant le dictateur vont lui coûter très cher…

Robert Littell est l'auteur d'une douzaine de romans, traduits dans le monde entier, dont *Ombres rouges* et L*e Sphinx de Sibérie*. Son best-seller *La Compagnie*, le grand roman de la CIA est disponible en Points.

« En tenant ses engagements, Robert Littell réussit son pari : raconter l'histoire d'une époque, montrer la victoire de l'art sur la dictature, mener une intrigue avec virtuosité sans jamais dérouter le lecteur. » *Lire*

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Arnaud
10,80 €
Dans la splendeur de la nuit
Points
« *Dans la splendeur de la nuit* de Dany Laferrière est certainement l’un de ses récits les plus touchants, les plus bouleversants depuis son roman *L’Enigme du retour* qui lui avait valu le prix Médicis en 2009. Ce roman épousait déjà la forme poétique que nous retrouvons ici, portée par des dessins originaux de l’auteur et dont les couleurs exaltent le goût du voyage, percent les mystères de la nuit tropicale. Par son talent de narrateur et la finesse de son crayon, Dany Laferrière invente le "réalisme merveilleux poétique", nous livre les saveurs de l’enfance, toutes les nuances de la nuit, avec la figure majestueuse et mystérieuse du célèbre poète chinois Li Po que l’on retrouve "buvant seul sous la lune" de Port-au-Prince ! »

Alain Mabanckou

Un ouvrage inédit de poésie dessinée par l'un des plus grands poètes contemporains. Né en 1953 à Port-au-Prince (Haïti), Dany Laferrière a obtenu le Prix Médicis 2009 pour *L'Énigme du retour*. Il est membre de l'Académie française depuis 2013.

Avertissement : la version numérique de *Dans la splendeur de la nuit* est optimisée pour une consultation sur smartphones et tablettes sous Androïd ou iOS. Elle peut éventuellement être utilisée sur d'autres équipements. Les fonctionnalités dépendent des applications de lecture utilisées.
10,90 €
Une saison dans la vie d'Emmanuel
Points
Dans un monde hostile et froid, où règnent la misère et l’obscurité, des enfants cherchent, à l’ombre de leur grand-mère toute-puissante, à préserver coûte que coûte le feu de leur rébellion et de leur désir d’innocence. Né par un matin d’hiver, Emmanuel réussira-t-il, au terme de sa première saison d’existence, à poursuivre cette lutte farouche pour la vie par la révolte, par la poésie et par l’amour ?

Née en 1939 au Québec, Marie-Claire Blais est l'autrice d'une œuvre romanesque, poétique et théâtrale reconnue et récompensée dans le monde entier.

« C’est l’explosion d’une telle accumulation de forces que nous en demeurons étourdis… Le génie est là… »

Le Figaro

« L’autrice québécoise vivante la plus acclamée par la critique. »

The New York Times
8,40 €
Le Dernier arbre
Points
Byron Aldridge, constable d’une scierie de Louisiane, noie dans l’alcool et la musique les traumatismes de la Grande Guerre. Pour le sauver, son frère Randolph rejoint l’exploitation. L’un fait régner l'ordre à coups de feu, l’autre croit au dialogue. Au cœur des marais, les deux frères vont devoir affronter les Buzetti, les gangsters propriétaires du saloon qui ont juré de les tuer avant le dernier arbre coupé…

Né en 1947 en Louisiane, Tim Gautreaux est Professeur émérite d’anglais à la Southeastern Louisiana University. Ses pairs l’ont qualifié de « Conrad des bayous ». Il est notamment l’auteur de Nos Disparus disponible chez Points.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Paul Gratias
12,50 €
Chroniques de l'homme d'avant
Points
Depuis 2004, Philippe Lançon raconte, à la faveur de ses chroniques dans Charlie Hebdo, ce qu'il voit, ce qu'il pense et ce qu'il imagine : ici une rencontre dans un avion entre une bourgeoise et un banlieusard à casquette, là les confessions de Bernadette sur le plateau de Sophie Davant, là encore Catherine Deneuve dans un palais marocain, entourée d'une « cour de vieux critiques célibataires, venimeux et pâmés »... Des instantanés qui dessinent, avec humour et lucidité, les contours de notre société.

Philippe Lançon est chroniqueur à Charlie Hebdo, journaliste à Libération et écrivain. Son roman, Le Lambeau (Gallimard, 2018), a reçu le prix Femina.

« Les chroniques, légères et piquantes, que Philippe Lançon a données à Charlie Hebdo respirent à pleins poumons l’air du temps. »

Jérôme Garcin, L’Obs
7,80 €
Le Quai de Ouistreham
Points
" Une fois le livre terminé, on se dit que non, jamais on ne verra plus les choses du même œil. "

Le Monde

En 2009, Florence Aubenas part pour Caen et s'inscrit au chômage, avec un bac pour tout bagage et sans révéler qu'elle est journaliste. À Pôle Emploi, on lui propose de saisir sa chance : devenir agent de propreté dans des entreprises. Le Quai de Ouistreham est le récit saisissant de cette plongée dans le monde de la précarité. Un monde où on ne trouve plus d'emploi, mais des " heures ".

Florence Aubenas est grand reporter au Monde. Elle est l'auteur de nombreux essais et enquêtes, dont La Méprise : l'affaire d'Outreau et En France, disponibles chez Points, ainsi que L'Inconnu de la Poste, paru en 2021 aux Éditions de L'Olivier.
8,40 €
Ces îles de plein sel
Points
Goncourt de la Poésie 2024

et un matin le verbe perdit les échos de la création

s’éparpillant dans des dédales de sable et de végétaux déchus

et un matin la parole se confondit avec le fracas des ténèbres

ce fut silence qui parla si fort

Sont réunis ici, pour la première fois, un ensemble de textes poétiques de Louis-Philippe Dalembert, publiés entre 1989 et 2010. L’Histoire, la Révolution haïtienne, le vagabondage, l’enfance, la mort en dessinent la toile de fond. Lire Louis-Philippe Dalembert,c’est tendre l’oreille au bruit du monde et être en phase avec la Parole. Le poète nous en traduit l’essence dans un style tour à tour lyrique, alerte et concis.

Né à Port-au-Prince, Louis-Philippe Dalembert publie depuis 1993, en France et en Haïti, des romans, des nouvelles, de la poésie et des essais. Ses romans Avant que les ombres s'effacent et Mur Méditerranée sont disponibles chez Points. Ces îles de plein sel et autres poèmes est une pièce primordiale pour comprendre l’œuvre de celui qui est devenu aujourd’hui l’une des voix majeures de la littérature d’expression française.
8,95 €
Cadastre; suivi de Moi, laminaire
Points
Sur un arc de cercle

dans les mouvements publics des rivages

la flamme

est seule et splendide dans son jugement intègre

Ce volume est constitué de la version définitive de Soleil cou coupé et de Corps perdu, réunis sous le titre général de Cadastre, auquel s'ajoute le dernier recueil d'Aimé Césaire, Moi, laminaire...

Né en 1913 et mort en 2008 en Martinique, Aimé Césaire fut poète, dramaturge et homme politique. Anticolonialiste résolu, il a élaboré, avec Léopold Sédar Senghor, la notion de « négritude ». Nombre de ses ouvrages, dont Ferrements et autres poèmes et Une saison au Congo, sont disponibles chez Points.

« La parole d'Aimé Césaire, belle comme l'oxygène naissant. »

André Breton
9,90 €
Sex & rage
Points
Désinvolte et insouciante, Jacaranda mène une vie de bohème sur les bords du Pacifique. Attachée aux plaisirs de l’existence, elle sèche l’école pour faire du surf, sirote des White Lady en compagnie de milliardaires blasés, et se laisse balloter par le ressac des amours passagères. Jusqu'au jour où le miroir aux illusions commence à se craqueler, la poussant à s’envoler pour New York, où l’appellent d’autres mirages.

« Réaliste et délicat, discrètement mélancolique, le geste de Babitz a l’élégance infinie du détachement. » - Télérama

« Le roman dévoile sans fard l’irruption d’un monde dans lequel Jacaranda, l’amoureuse de l’océan, plonge en apnée et manque se noyer. » - Libération
8,60 €
Une vie violente
Points
Dans le but d’asseoir sa réputation auprès des voyous d’un quartier romain, Tommasino s’adonne à la violence. Devenu un de ces vitelloni, il mène une existence fulgurante. La prison puis la maladie sauront-elles le guider sur le chemin de la rédemption ? Le choix du réalisme, chez Pasolini, est moral et politique : la fugacité de ce destin, la brutalité d’une jeunesse égarée, interrogent le devenir de toute l’Italie d’après-guerre.

Né à Bologne en 1922, Pier Paolo Pasolini s’est illustré dans tous les registres : cinéma, poésie, roman, théâtre, essais critiques et théoriques. Anticonformiste notoire, homme engagé, il meurt assassiné en 1975. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands artistes italiens du xxe siècle.

« Un texte plein de sève, de violence et de tendresse, qui fait la part belle à l’oralité et à la vie. »

Le Monde

Traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro

Préface de René de Ceccatty
12,50 €
L'Oubli
Points
« Je gaspillais beaucoup de temps et d’énergie à créer une certaine image de moi-même et à recueillir une approbation ou une acceptation qui ne me faisaient rien, parce qu’elles n’avaient rien à voir avec celui que j’étais vraiment. J’étais un imposteur et ça me dégoûtait, mais je crois que je n’arrivais pas à m’en empêcher. »

Ces mots sont ceux de Neal, son long monologue d’homme en proie au doute, à l’imposture et à l’errance constitue l’une des nouvelles de L’Oubli. Comme Neal, les autres personnages de ce recueil souffrent de l’impossibilité de faire coexister leur propre espace mental avec le reste du monde. Et trouvent leur refuge dans l’effacement et l’oubli : dans l’art le plus absurde, la folie, la chirurgie esthétique, une lettre désespérée, ou même le suicide.

L’univers de David Foster Wallace se retrouve condensé dans ces huit nouvelles qui sont autant de petits romans où se conjuguent humour noir et empathie.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Charles Recoursé.
10,50 €
Le Monde est rond
Points
C'est Rose qui, assise ou non sur une chaise bleue, voit le monde et les animaux autour d'elle. C'est Rose qui, avec ou sans son cousin Willie, pense, chante, pleure et va sur la montagne. Voilà pour l'histoire, si l'on veut une histoire.

La version bilingue permet d’incarner les tribulations de Rose et Willie dans un texte à la fois chanson, poème, comptine, et légende, tout en goûtant la langue de Gertrude Stein si magnifiquement musicale.

Gertrude Stein (1874-1946) est une poétesse, dramaturge et écrivaine américaine. Elle a passé la majeure partie de sa vie en France. Elle a considérablement participé au développement de l’art moderne et de la littérature.

« À sa manière poétique et musicale, Gertrude Stein questionne le monde à hauteur d'enfance, dans ce texte publié pour la première fois en 1939, qui tient de la comptine et invite au jeu, à la rêverie. »

Béatrice Kahn, Télérama

« Au fil des pages, les jeunes comprendront que Gertrude Stein a écrit comme Cézanne peignait. Et qu'il peut exister aussi des "livres cubistes". »

Florence Noiville
8,40 €
La musique des mots
Points
« En écoutant vos chansons, j'ai souvent dansé. Et souvent j'ai voulu retenir des phrases, comme on tente de retenir l'écho. Celles qui nous bouleversent, nous transpercent, celles que l'on note sur un carnet parce qu'elles font mouche. Entrent en résonance. Celles qui semblent nous parler à nous et à nous seuls. Désormais, pour retenir vos mots, on pourra corner les pages. » Delphine de Vigan

Arthur H est chanteur, auteur, compositeur et musicien. Il a obtenu trois victoires de la musique et le prix Chanson de l'Académie Charles-Cros.

« Plongés dans la poésie punk mystique et l'imaginaire empreint de liberté d'Arthur H, on laisse les sons et les images nous traverser et nous transporter. » France Culture
9,90 €
La Matière de l'absence
Points
« Nous fîmes cercle autour d’elle. Nous fîmes vie autour d’elle. Nous fîmes amour, tristesse, détresse. Nous fîmes refus, protestation, résignation, disparition. Nous fîmes courage et lâcheté. Nous fîmes tout ce que l’on fait quand on ne sait pas quoi faire… » Man Ninotte, la mère invincible, a quitté le monde des vivants. L’écrivain aborde l’abîme de la perte dans l’aberration et la culpabilité. Pour conjurer cette absence fondamentale, fixer la mémoire, il dialogue avec sa sœur et convoque l’histoire des Antilles, remontant jusqu’aux origines de l’humanité. Le réconfort est à trouver dans la tribu que constituent soudain la famille et les proches. Car au-delà de la mort, la vie est là, la vie est en eux, la vie les aveugle.

Né en 1953 à Fort-de-France, Patrick Chamoiseau vit au Lamentin, en Martinique. Il a reçu le prix Goncourt 1992 pour Texaco. Composée de récits, de romans, d’essais, de pièces de théâtre, de poèmes ou de scénarios, souvent traduits en plusieurs langues, son œuvre fait de lui une des voix les plus influentes de la Caraïbe.

« Chamoiseau, sincère et libre, atteint ici un puissant pouvoir d’évocation. »

Le Monde des livres

« Un livre puissant, intime et universel. »

L’Humanité

Préface inédite de Chantal Thomas
11,40 €
Le Tunnel aux pigeons
Points
La vie de John le Carré n’est assurément pas un tunnel à pigeons, poussés vers le feu du chasseur. Secrets issus de son service au MI6 en pleine Guerre froide, rencontres fascinantes, séjours tragiques au Cambodge ou au Rwanda… Quand l’espion-écrivain conte ses aventures, le voyage dans l’Histoire et de par le monde est extraordinaire. Voici sa quête infatigable de l’étincelle humaine qui inspira ses personnages. Né en 1931, John le Carré a enseigné à Eton et a été membre du service du renseignement britannique pendant la Guerre froide. Il se consacre à l’écriture depuis plus de soixante ans et partage sa vie entre Londres et la Cornouailles. « Un livre fascinant et important pour suivre avec bonheur les méandres exquis de la vie et de la carrière de John le Carré. » The Guardian « Un bonheur de tous les instants. » L'Obs Traduit de l’anglais par Isabelle Perrin
8,30 €
La Sainte Famille
Points
Hantée par les lieux de son enfance, Suzanne se souvient. De la maison d’été aux portes closes, des jeux au bord du lac avec son frère. Puis il y avait les adultes. L’oncle pervers, le maître d’école sadique, la cousine tyrannique. Odette qui seule prenait soin d’eux… Que me manque-t-il, se demande Suzanne. Comme Ariane dans le labyrinthe, elle revisite les lieux et les moments où tout s’est joué.

Née en 1967, Florence Seyvos est écrivain et scénariste. Elle est notamment l’auteur des Apparitions et du Garçon incassable disponibles en Points.

« Florence Seyvos, avec un art subtil, sans jamais forcer la note, mais parfois avec une cruauté qui laisse pantois, montre les masques qui ne cachent pas les figures mais les constituent. »

La Croix
6,95 €
Comme l'ombre qui s'en va
Points
4 avril 1968. James Earl Ray tire sur Martin Luther King. Puis s’enfuit à Lisbonne, dans l’attente d’un visa pour l’Angola. L’attente s’éternise, il erre dans des rues inconnues. Trente ans après, Antonio Muñoz Molina arpente la ville, théâtre de son premier roman, sur les traces de l’assassin. Reconstituant le passé, l’écrivain mêle ses propres souvenirs à ceux de l’homme le plus recherché du monde.

Né en 1956, Antonio Muñoz Molina a reçu de nombreux prix littéraires dont le Prix national de littérature en Espagne, le prix Femina étranger pour Pleine Lune et le prix Principe de Asturias pour l'ensemble de son œuvre. Il est membre de la Real Academia de Letras.

« Un roman d’une exceptionnelle ampleur. »

L’Obs

« Vertigineux et singulier. »

Le Figaro littéraire

Traduit de l’espagnol par Philippe Bataillon
8,30 €
Cannibales
Points
Noémie a quitté Geoffrey. Elle s’en plaint à son ancienne belle-mère, Jeanne, et trouve chez elle un soutien. Dans des lettres passionnées, l’amante bafouée et la génitrice furieuse rêvent de vengeance, prévoyant de sacrifier l’odieux représentant de la race pénienne. Ensemble, elles rêvent de le tuer, de le faire rôtir, de se repaître de ses chairs persillées…

Régis Jauffret est l’auteur de nombreux romans, dont Clémence Picot, Asiles de fous (prix Femina 2005), Microfictions. Sévère, Claustria, La Ballade de Rikers Island et Bravo sont disponibles en Points.

« Vous dévorerez ce Cannibales comme des morts de faim. »

Marie-Claire
6,50 €
Mariées rebelles (édition bilingues)
Points
Il y a dans la poésie de Laura Kasischke la même mystérieuse beauté, le même génie des images et la même acuité que dans ses nouvelles ou ses romans. C’est ce charme singulier et hypnotique que l’on retrouve ici avec bonheur.

Dans ce recueil, Laura Kasischke travaille – comme on ferait plier une matière rétive – le côté résolument organique de nos vies, leur violence, et leur inquiétante étrangeté. Elle explore la relation que nous entretenons avec les fantômes et les êtres follement aimés. Chacun de ses poèmes est un trésor que nous devons à sa délicatesse de ballerine et sa précision de médecin légiste.

Laura Kasischke, née en 1961, est une poétesse et romancière américaine. Elle est l’auteur, notamment, des Revenants et d’Esprit d’hiver, Grand Prix des lectrices de Elle. Son œuvre poétique et romanesque a reçu de nombreux prix et distinctions. Laura Kasischke est professeur d’écriture à l’université du Michigan.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline Leroy

Préface de Marie Desplechin
8,70 €
Les Pêcheurs
Points
Ikenna, Boja, Obembe et Benjamin ont désobéi aux ordres paternels. Les quatre frères sont allés pêcher dans les eaux du fleuve interdit, l'Omi-Ala. Ils savourent cette pêche clandestine, jusqu'au jour où le fou Abulu les maudit : Ikenna, l'aîné, mourra de la main d'un de ses frères. Peu à peu, le poison de la terrible prophétie infiltre les esprits… Né en 1986 au Nigeria, Chigozie Obioma enseigne la littérature aux États-Unis. Son premier roman, Les Pêcheurs, publié dans 26 pays, a immédiatement connu un immense succès public et critique. « Premier roman virtuose, à la richesse de langue, de composition et de significations stupéfiante. » Le Monde des Livres Traduit de l'anglais (Nigeria) par Serge Chauvin Finaliste du Man Booker Prize 2015
9,30 €
La Rédemption
Grasset
C'est d'abord une histoire d'amour. A la veille de la Grande guerre, la jeune Colette Jéramec rencontre le meilleur ami de son frère André, un certain Pierre Drieu la Rochelle. Les deux garçons étudient à Science Po, elle se destine à la médecine. Les Jéramec sont issus d'une grande famille juive, les Drieu appartiennent à la petite bourgeoisie déclassée. Pierre et Colette s'aiment, découvrent la littérature et les idées politiques de leur temps, se marient dans la tourmente en 1917, divorcent en 1921, tout en conservant des liens forts de tendresse et d'amitié. Elle va devenir pédiatre, travaillant à l'institut Pasteur  ; lui sera écrivain, dont plusieurs de ses livres sont désormais réunis en Pléiade.

Avec la seconde guerre mondiale survient l'Occupation. Pierre y défend un socialisme fasciste, commettant des textes antisémites et collaborationnistes. En 1943, Colette et ses deux enfants sont internés à Drancy, promis à la déportation. Il va les sauver, dans des circonstances jamais élucidées, comme il a sorti des *oflags* et des *stalags* nombre d'écrivains, amis ou ennemis.

Dans les biographies de Drieu, ce sauvetage ne dure que quelques lignes. C'est ici le cœur du roman, où se mêlent la reconstitution historique, l'enquête, et les interrogations permanentes sur un XXe siècle qui ne cesse de déborder dans le nôtre.

Céline, Aragon, Breton, Tzara, Rigaut, Cocteau... Malraux, Halévy, Berl, Morand, Sartre, Paulhan, Abetz, Blum, Doriot... tous croisent l'aventure de Pierre et de Colette au milieu des obsessions idéologiques communes à hier et aujourd'hui  : haine des élites et du «  système  », anticapitalisme, mystique des identités culturelles, et un socialisme international ou national façonné par une même passion révolutionnaire.

Le passé n'est jamais mort, affirmait William Faulkner. *La rédemption* raconte ces liens troubles entre les époques à travers un couple où l'homme a souvent agi contre ses propres mots et la femme n'a cessé de protéger celui qui aurait dû être son ennemi.
24,00 €
Fuck Circus
Grasset
«  Le square est vide, nos corps sont rouges, nous nous emboîtons derrière un toboggan orange. Ses baisers tracent des formes, des losanges, des rectangles. Pas de cercles. Comme s’il refusait la rondeur.  »

Un soir d’été, une jeune femme est quittée par son amoureux, Gabriel. Sous le choc de la rupture, elle s’enfonce, seule, dans la ville de son enfance. C’est là qu’elle franchit la porte d’un bar aussi folklorique que son nom l’indique : Le Mythe. On y trouve un producteur de cinéma, le descendant direct de Chateaubriand, une star de télé-réalité et un homme politique de gauche, des êtres qui, comme elle, abandonnés, transforment leur blessure en ivresse. Abus, honte de soi, perversion, obsession, confessions des uns, provocations des autres : toutes les passions humaines sont à l’œuvre dans ce cirque nocturne. La nuit glisse vers l’impardonnable quand les festivités tournent à la prise d'otage. Emportée sur ce manège tragi-comique, la narratrice reverra-t-elle le matin  ?

Dans  *Fuck Circus*, Esther Teillard sonde notre époque et ses névroses avec une ironie mordante et une tendresse contagieuse : de l’humiliation banale à la torture, nul n’échappe à la violence. Un roman éclatant.
19,00 €
Le trésor des livres
Grasset
« Laissez-moi vous parler de livres… »

Depuis la nuit des temps, on se raconte des histoires, pour rêver à un autre monde et mieux comprendre le nôtre. Les livres éclairent ce qui fait l'humanité : l'amour et la guerre, la joie et la souffrance, le bonheur et le désespoir. Quand *Harry Potter* perd Sirius, on revit nos propres deuils. Quand *Don Quichotte* charge les moulins à vent, on reconnaît notre propre folie. On désespère aux côtés de *Gatsby le Magnifique* du retour de Daisy, on tremble face à la colère d'Achille dans *L'Iliade*, on s'émerveille d'Atlantis avec le capitaine Nemo, plus de *Vingt mille lieues sous les mers*...

Passionné et connaisseur, Martin Boujol nous convie à bord d’un voyage à travers les œuvres qui ont marqué sa vie. En une trentaine de courts chapitres, on y trouve des pistes pour choisir nos lectures, « naviguer dans les librairies », « se faire recommander des livres », ne pas se contraindre à essayer de « tout lire » ; des clés pour lire autrement, « lire plusieurs livres en même temps », lire l’œuvre entière d’un auteur, lire « en groupe », « lire pour reconquérir notre faculté de penser » ; et surtout, des invitations à découvrir des mondes que nous n’aurions autrement peut-être jamais croisés.

« Un lecteur vit mille vies avant de mourir. Celui qui ne lit pas n’en vit qu’une », disait Georges R. R. Martin, l'auteur de *Game of Thrones*… Martin Boujol nous rappelle à quel point la littérature nous rend vivants.

Un manuel de savoir-lire qui donne terriblement envie de lire et relire !
20,90 €
Ruptures
Grasset
Aimer est à la portée de tous. Rompre  : voilà le grand art  !

Qui d’entre nous n’a connu des ruptures  ? Qui en est sorti indemne  ?

Eliette Abecassis nous propose ici une vingtaine de variations autour de ce thème universel.

Rupture amoureuse, mais aussi familiale et amicale  : ronde des figures du déchirement.

Jalousie, tromperie, lassitude, perversion, lâcheté des uns, manipulation des autres: toutes les passions humaines sont à l’œuvre dans ce concert qui fait alterner les voix de femmes et d’hommes, de toutes origines et toutes générations, les uns abreuvés à la source de la littérature romantique, les autres à la sécheresse algorithmique des réseaux sociaux.

L’homme qui vide avec préméditation sa bibliothèque pour disparaitre subrepticement, la fausse rencontre par Tinder, la torture des séparés cohabitants, le divorce par zoom, le syndrome du cœur brisé, la tromperie par Instagram, la passion dont on ne se souvient pas, le microcheating par sms, les époux qui ne se reconnaissent plus, la maîtresse tant aimée dans la jeunesse qui sait tout de vous mais que vous êtes convaincu de n’avoir jamais connue, le parc humain du futur, l’échange de femmes comme un échange de meurtres chez Hitchcock  : autant de savoureux contes cruels du désamour…
20,00 €
Atelier 4
Grasset
Irène Dobrynine, médecin généraliste à Fontainebleau, est la sœur ainée de Natacha, une brillante ingénieure chimiste qui a choisi, par conviction écologiste, d’intégrer une multinationale qui fabrique du papier écocertifié. Un samedi après-midi, deux policiers viennent annoncer à Irène qu’un corps qui pourrait être celui de sa cadette a été retrouvé, méconnaissable, dans l’atelier 4 ultrasécurisé de l’usine d’Étampes. Natacha, qui s’y est aventurée de nuit alors qu’elle n'était pas habilitée à y avoir accès, a fait une chute mortelle.

Décès accidentel  ? Suicide  ? Mort provoquée  ? La responsabilité de l’entreprise est-elle engagée  ?

Ces questions obsèdent Irène. Tandis que ses proches et ses amis l’exhortent à faire son deuil, elle cherche sans relâche à comprendre les circonstances de la mort de sa sœur.

Au fil des semaines, la bombe à fragmentation de cette tragédie commence par détruire la famille (Bastien, le mari d’Irène, blessé qu’elle se détourne de leur projet d’enfant  ; Stéphane, le mari de Natacha, qui préfère renoncer à une procédure en justice au profit d’un compromis financier avec l’entreprise  ; Christian, père des deux sœurs qui porte déjà le deuil récent de son épouse, ne supporte pas la mort de sa cadette et s’enferme dans le mutisme).

Obsédée par les doutes, Irène aiguillonne un ballet judiciaire (police, juge d’instruction, avocat) qui ne suffit pas à ébranler le mur du silence. Elle poursuit son enquête coûte que coûte, au risque de se couper des siens.

Le lecteur doit avec elle recomposer pièce à pièce le puzzle de cette énigme. Reconstituer les derniers mois de la vie de Natacha à partir d’un tissu d’informations contradictoires, entre voix des témoins qui l’ont connue, révélations de collègues et procès-verbaux d’interrogatoires.

Et c’est ainsi que, peu à peu, la petite musique de nuit du roman à suspens compose la symphonie chorale d’un grand roman social sur la souffrance au travail et d’un roman politique sur les puissants qui détruisent en toute impunité les vies et la planète.
21,50 €
Le Gorille
Grasset
« Le gorille » c’est le surnom d’Ezer, ancien membre des services secrets israéliens et garde du corps de Moshe Dayan ou encore de Golda Meir. C’est aussi le père de Dory, qui vit aujourd’hui à Berlin avec son compagnon et invective cette figure autoritaire et viriliste, dans une langue qu’ils n’ont pourtant pas en commun – ni la langue maternelle de l’auteur (l’hébreu), ni sa langue paternelle (l’allemand).

Libéré de la honte et protégé par le français, Dory révèle un tabou familial, le pénis non-circoncis de son père. Cette transgression de la tradition juive est le point de départ d’une quête identitaire, des origines allemandes à l’assimilation israélienne, via l’hébraïsation des noms et des coutumes à l’orée de la Seconde Guerre mondiale. En entrelaçant leur histoire aux bouleversements politiques du pays, de la création d’Israël aux tentations autoritaires contemporaines, le narrateur dévoile son propre parcours, celui d’un jeune homosexuel épris de littérature. Hospitalisé de force par les siens, il n’aura d’autre choix que de fuir, à Paris puis à Berlin, cette société de gorilles où il ne se sent plus à sa place.

Oscillant entre colère et gratitude, révolte adolescente et tentative de pardon, le narrateur s’interroge autant sur la violence de son héritage que sa transmission aux générations futures. En s’appuyant sur les grands écrivains auxquels il a consacré sa vie de traducteur, de Baudelaire à Yourcenar en passant par Descartes, Dory Manor offre une réflexion poignante sur notre besoin de réconciliation et, à travers cette confrontation intime avec le père – symbole d’un Israël conquérant et militarisé –, dresse le portrait d’une société en perte de repères démocratiques et humanistes. *Le gorille* est un magnifique roman sur l’identité familiale, religieuse, sexuelle et politique, en même temps que l’exploit littéraire d’un écrivain israélien qui a quitté son pays et fait du français sa langue d’écriture.
23,00 €
De mère inconnue
Grasset
« La littérature est un long message adressé à nos défunts que nous embaumons dans une sépulture de mots »…

Douze ans après son best-seller Un bon fils centré sur la figure du père violent, l’auteur nous en offre le pendant féminin : « les fils ratent leur mère. Et plus encore les fils uniques. »

Une mère épileptique soumise à son tyran de mari et envahissante pour son fils, un couple toxique, une atmosphère de haine et de coups dans laquelle baigne jusqu’à l’adolescence un fils « dérouillé et choyé en même temps, pris en étau entre une brute vociférante et une névrosée plaintive » : telle est l’équation de départ, décrite sans  pathos. S’opposant violemment à son père, le garçon se noie dans les lamentations de sa mère : « on ne réfute pas un gémissement » !

Cette figure de la mère détermine toute la vie sentimentale du fils: avec chaque femme croisée plus tard, il reproduit malgré lui le schéma parental. Tyran et enfant, ou enfant tyrannique, refusant le « pacte de faiblesse » que sa mère, amoureuse de sa servitude, voulait renouer avec son fils.

Lorsqu’il parvient à fuir ses parents et à gagner Paris, l’auteur fait mille métiers pour gagner sa vie : hôte pour des salons, chauffeur de maître, serveur, vendangeur, répétiteur de français et de philosophie, pianiste de bar, gigolo, candidat recalé à des peep-show… jusqu’à ce que l’université lui ouvre les portes d’un nouveau monde (magnifiques portraits de Jankélévitch, Roland Barthes, Gilles Deleuze, Lacan…).

Cette mère « ratée », le fils tente de la comprendre à travers les livres qu’elle lisait, les expressions qu’elle utilisait, la vengeance tardive qu’elle a pu prendre sur son bourreau de mari, sa fin de vie misérable… mais aussi à travers la longue enquête qu’il mène pour savoir s’il est vrai, comme le lui a confié son père avant de mourir 13 ans après sa femme, qu’il l’avait « rencontrée en 1942 à Berlin ». Aurait-elle vraiment été volontaire pour partir, en pleine guerre, travailler aux usines Siemens pour le compte de l’Occupant ? Cette « mère inconnue » aurait-elle caché un tel secret à son fils jusqu’à son dernier souffle ? La réponse se trouve dans le livre : « on est toujours surpris d’apprendre ce que l’on pressentait »…
20,00 €
Inventaire de la basse période
Grasset
Le monde occidental vit un moment à la fois piteux et menaçant. Ce moment, Charles Dantzig l’appelle la Basse Période. Basse,  comme il y a marée basse  ; période, parce que les choses n’ont pas encore suffisamment duré pour pouvoir être qualifiées d’époque.

Nous pensions les barbares à l’extérieur. Quel optimisme. Ils sont à l’intérieur, et à l’œuvre. La réaction la plus glaciale est au pouvoir dans bien des pays, souvent portée par une alliance entre des milliardaires et une partie de l’électorat qu’ils ont enragée. Cet *Inventaire*  établit l’accumulation des faits anciens et récents qui, joints à cette volonté de conspirateurs en plein jour, sont devenus des causes  : l’injure institutionnalisée, l’abandon du droit au profit de la force, la destruction de toute culture, la course à l’obéissance, un narcissisme féroce…

Direction  : la tyrannie, dans cet espace mental nommé Occident pourtant fondé contre elle. Ses ennemis intérieurs cherchent à créer un nouvel espace mental d’archaïsme moral joint à la technique la plus perfectionnée.

Et parmi cela, la vie, la vie qui continue, distraite, frivole, avec l’amour, la jalousie, la sexualité… qui ne sont pas des absolus. Les sentiments sont aussi des produits du monde où ils apparaissent. Et eux aussi changent, et bien souvent dans le sens de la réaction contre toute humanité.

La marée remontera-t-elle ou la tyrannie nous entraînera-t-elle par le fond  ?
24,00 €
La dame aux oiseaux
Grasset
Un petit village du bord de mer sous un ciel atlantique…

Quatre principaux protagonistes.

Tom, un jeune électricien, orphelin d’un père qu’il n’a pas connu, revient au pays pour y retrouver sa mère Annie, ouvrière retraitée et y prendre la gérance du bar de la Jetée rebaptisé Le Cap Horn.

Élise, veuve sexagénaire recluse dans la Maison de la Pointe, qui se promène depuis trente ans sur les mêmes plages pour y ramasser inlassablement les oiseaux morts.

Et le vieux  Léon, agriculteur,  ancien d’Algérie, intermédiaire entre les vivants et les morts qui le visitent parfois…

Pourquoi la «  dame aux oiseaux  » vit-elle sans aucun contact avec les habitants du village  ? Et quelle étrange obsession l'a-t-elle poussée  à son rituel quotidien?

Que s’est-il passé il y a trois décennies pour que ressurgissent soudain des brumes les secrets du passé qui précipitent aujourd’hui les drames  : un accident -criminel  ? -, un coupable - innocent  ? - un suicide - mais pourquoi  ?

Élise, Tom, Annie et Léon prennent tour à tour la parole. Les quatre voix se complètent ou se contredisent  : chacun détient une parcelle de la vérité - sauf Léon,  qui a tout compris mais ne dit rien.

Mélodrame d’ambiance faussement policier et vraiment onirique, ce roman d’atmosphère raconte l’histoire d’un amour flamboyant et fracassé, et des traces qu’il a laissées jusque dans la mémoire de ceux qui ne l’ont pas vécu.
22,00 €
Adieu Kolyma
Grasset
Kolyma  : grand Est Sibérien, aux confins extrêmes de la Russie, où le froid atteint -60°C.  C’est ici, le long de ces rivières, que les pires camps du Goulag stalinien furent construits. Ici aussi que Sylla Bach, l’héroïne de ce roman, est devenue «  la tueuse de chiennes  ». Internée neuf ans à la Kolyma, elle fut le bras armé des truands et des hommes du NKVD lors des grandes purges, puis celui des frères Vadas, chefs de l’impitoyable famille des transylvaniens à la tête des mines d’or de la région.

Quand le roman démarre, nous sommes en 1956  : Staline est mort depuis trois ans, les camps disparaissent, restent les mines. Tous les personnages du livre sont revenus vivants de la Kolyma : Sylla Bach  ; Varlam, le vieux bolchevick qui l’a recueillie dans un orphelinat du Caucase et qui l’a formée ; les frères Vadas, Pal et Lazar, dont la haine réciproque tisse les fils de l’action  ; Kassia, l’infirmière que Sylla a rencontrée et aimée là-bas. Parce qu’elle aurait trahi le clan, Sylla est condamnée à survivre dans les décombres de cette ville où la révolte vient d’être matée et à aimer Kassia de loin, en la protégeant sans qu’elle le sache. Elle la croyait à l’abri mais la sortie de prison de Lazar Vadas va réveiller les haines et l’obliger à reprendre la route et les armes pour aller retrouver sa liberté. De Budapest écrasée par les chars russes en passant par Kiev et Moscou, tous les personnages se retrouveront là où pour eux tout a commencé et tout devra finir  : à Magadan, cœur de la Kolyma.

Exceptionnel et entêtant, *Adieu Kolyma* nous transporte dans l’une des régions les plus désolées du monde pour y jouer les dernières notes de la sonate Sylla Bach et mettre en scène un drame shakespearien dont tous les éléments sont présents  : l’amour, la mort, la guerre  ; les liens du sang rompus, la loi des clans trahie et les corps désunis.
23,00 €
Dernière lutte avant l'aube
Grasset
Toute course en avant vers des buts trop élevés mène à l'abîme. Les mystificateurs qui affirment l'inverse en falsifiant le réel sont nombreux ; aussi, quand débute cette histoire, on ne sait trop si l'on entre dans un conte fantastique ou dans la plus cruelle des réalités.

Jean et Sarah n'ont pas encore vingt ans.  Quelque part aux îles Moluques, ils rencontrent  Mathilde,  une vieille dame étrange, perdue dans le labyrinthe d'une quête impossible ; depuis sa jeunesse, elle parcourt le monde à la poursuite d'un mythe qui s'évanouit sans cesse : une mer inconnue que le poète Grec Pindare aurait atteinte il y a vingt-cinq siècles, pour y découvrir  qu'elle seule permettait aux hommes  d’« épuiser le champ du possible », comme il le chantait dans ses vers. Nul ne sait où se trouve cette mer, mais certaines légendent la situent  aux confins des territoires glacés du Grand Nord, dans un pays qu’aucune carte ne mentionne…

Jean et Sarah décident de suivre Mathilde dans sa quête.  Aux îles de l’Amirauté, ils croisent la route du capitaine  *Ha Ha* et de son équipage embarqués sur le cargo *Hourra* dans une aventure aussi folle que la leur.Commence alors le plus singulier des voyages. Roman philosophique sur l'absurde, *Dernière lutte avant l'aube*  est une interrogation sur l'espoir et les illusions qui ne cessent de hanter notre imaginaire en dépit de la précarité des entreprises humaines.
17,00 €
Dans le ventre des filles
Grasset
« Vous voyez ce que je vois ? » Lors de sa première échographie, la narratrice découvre qu’elle attend des jumeaux. Mais un fœtus est plus petit que l’autre et semble présenter plusieurs anomalies. Une question se pose immédiatement, qui l’accompagnera tout au long de sa grossesse : pourra-t-elle garder ses deux bébés  ?

L’équipe médicale se lance alors dans une véritable enquête au sein de l’unité de diagnostic prénatal d’un hôpital parisien. A mesure que la tension monte et que les examens se multiplient, la narratrice doit accepter de ne plus rien comprendre. Mais par sa vitalité, son regard aiguisé et plein d’humour, elle parvient à saisir le grotesque au cœur d'une insoutenable attente faite de dilemmes, d’angoisses et de culpabilité.

Page après page, c’est aussi tout un univers qui se déploie : l’hôpital et son personnel, tantôt à l’écoute et bienveillant, tantôt brutal ou indifférent, face auquel notre héroïne se révèle à elle-même – forte et courageuse.

Servi par une écriture délicate et lumineuse, ce texte d’inspiration autobiographique où l’on retrouve l’influence d’autrices telles que Déborah Levy, Sinead Gleeson, ou encore Annie Ernaux, se lit d’une traite. Ode féminine et féministe, intelligent, drôle et d’une émouvante sincérité, *Dans le ventre des filles* s’offre à lire comme la réconciliation entre un destin d’écrivaine et de mère.
22,00 €
Lee fantôme
Grasset
Ce qui fait le charme particulier de ce texte est précisément ce qui le rend difficile à résumer sans déflorer l’objet de sa quête.

Un «  mécontemporain  » enseveli sous les livres de sa bibliothèque vit si douloureusement l’appauvrissement émotif et poétique de notre époque qu’il préfère s’en évader par le songe, déambulant durant la traversée d’une nuit dans un passé qui l’obsède.

La légendaire Lee Miller est son fantôme, tandis qu’il erre lui-même comme un fantôme dans les années 30 à 50 du siècle précédent.

Génie des lieux  : l’appartement de la rue Victor Considérant qu’il a hérité de ses grands-parents donne sur l’atelier de Lee Miller, à l’époque où elle était encore la sublime muse de Man Ray, de sorte que l’histoire familiale du narrateur et celle de Lee Miller alternent jusqu’à leur énigmatique point de jonction.

Que peuvent bien avoir de commun le grand-père, issu d’une riche famille d’horlogers, qui quitte la ville allemande de Constance à la frontière suisse pour rejoindre la France dans les années 30  et la jeune Elizabeth Miller, dite Lee Miller, née sur les bords de l’Hudson River, mannequin à New York pour  *Vogue*  puis photographe débarquant dans le Paris surréaliste où l’imposent aussitôt sa beauté, sa liberté et sa puissance si fragile de femme blessée  ? La faune des artistes allemands réfugiés d’un côté, de l’autre une bande où gravitent Max Ernst, Picasso, Dora Maar, Paul Eluard et Nusch, qu’une photographie célèbre immortalise ensemble dans la sensualité d’un été à Mougins en août 1937, avant que la grande nuit ne tombe sur l’Europe  ?

Quel rapport entre Georg Esler, le meilleur ami du grand-père, qui rate le 8 novembre 39 sa tentative d’attentat contre Hitler  et Lee Miller, devenue en 1943 correspondante de guerre embarquée avec les troupes américaines dans leur progression en Allemagne, et à qui l’on doit cette légendaire photo dans la baignoire de l’appartement du Fürher?

Le destin aurait-il réuni les uns et les autres le 30 avril 1945 à la libération du camp de Dachau  ? Et si oui, de quel côté des barbelés  ?

Un magnifique portrait de femme, une subtile méditation sur la guerre et le mal  : un roman apparemment inactuel… qui tombe en pleine actualité.
19,00 €
Chemin des falaises
Grasset
Comment Marie, qui a toujours détesté la campagne et n’a jamais tellement aimé les chiens, se retrouve-t-elle à vivre seule dans un hameau normand avec un malinois de vingt-cinq kilos ? Il a suffi d’une seconde. Une seconde d’inattention, un camion dans un virage, et tout a basculé. Alex n’est plus là et Marie se retrouve veuve, avec pour seul compagnon le chien qu’il avait recueilli.

Un long voyage commence pour elle. De Berlin, où ils vivaient leur vie rêvée et cosmopolite, elle part s’installer aux abords de Fécamp, où Alex avait ses racines, et où il espérait finir ses jours. Là, dans la maison du chemin des Falaises, qu’un escalier construit par des prisonniers de guerre allemands relie à la mer, elle affrontera l’épreuve du deuil. Ici, elle survivra ou elle sombrera avec la ville. Car comme elle, Fécamp a connu des jours meilleurs - les années fastes ne sont plus qu'un lointain souvenir pour un peuple de héros déchus, rudoyés par les vagues et lancés à marche forcée vers la modernité.

*Chemin des Falaises* est l’odyssée d’une femme qui navigue sur l'étroite ligne de démarcation entre la solitude et la folie, et que la vie embarque en des contrées inattendues. Marie, qui croyait pouvoir tout maîtriser, doit lâcher prise et se laisser porter... Elle croisera des voisins indiscrets, des femmes bavardes, des lamas, un clown, une veuve ukrainienne, un pêcheur intolérant, des Parisiens plus fermés encore, des jeunes désœuvrés, un loup de mer renfrogné. Grâce à son chien, elle apprendra à les connaître et à les apprécier, de la même manière qu’elle finira par tomber amoureuse de son nouveau port d’attache. Pour Marie comme pour Fécamp,  *Chemin des Falaises*  est une histoire de naufrage et de résurrection.
20,00 €
La joie de l'ennemi
Grasset
Au fond de sa cabane, Jeffrey tire sur ses chaînes comme un animal en cage, un loup sous codéine. Livré à ses addictions et ses hantises, il tente d’assembler les fragments douloureux de son passé, mais les séances d’insulinothérapie que ses parents lui ont imposées dans sa jeunesse ont fait de sa mémoire un champ de ruines. Il n’a qu’un seul ami, Seymour, un cow-boy Noir et taiseux, avec qui il aime chevaucher au milieu de paysages grandioses, renouant avec une liberté sauvage. Mais cette fraternité ne suffit pas à repousser les assauts de l’ennemi tapi dans sa cervelle qui se réjouit de sa déchéance. Jeffrey a aimé autrefois Kathleen, une femme solaire et pleine de compassion. Une nuit, elle est partie, ne pouvant plus supporter ses dérives narcotiques et ses non-dits. Mais Kathleen l’a-t-elle vraiment quitté  ? Incapable de distinguer le cauchemar de la réalité, dévoré par la culpabilité, Jeffrey se lance dans une quête désespérée, reconstituant un crime qu’il n’est pas sûr d’avoir commis.

Un environnement impitoyable gangréné par la corruption et le vice, une nature somptueuse et indomptée traversée au triple galop, une violence paroxystique  : le roman emprunte aux codes du western pour interroger la masculinité, cette drogue à la fois euphorisante et toxique.

Librement inspiré de l’œuvre de Townes Van Zandt, le barde maudit de la musique country, imprégné de poésie biblique, *La joie de l’ennemi* est une ballade crépusculaire, l’exploration fiévreuse d’un lointain intérieur.
20,90 €
Avale
Grasset
Juillet 2018, soir de la finale de la Coupe du Monde de football. Un jeune homme se cache dans les WC d’un centre commercial, les mains couvertes de sang. Il se fait appeler Tom. Ce fils unique de 29 ans, de son vrai nom Romain Marais, est étudiant en pharmacie et depuis l’enfance l’objet de brimades, de rejets et de frustrations qui l’ont mué en homme largué et érotomane, aux prises avec d’étranges désirs de dévoration.

Jeune actrice noire en pleine ascension, Lame se livre à des séances d’hypnose pour soigner un eczéma qui la ronge. Plongée dans un état second, elle revisite son enfance en banlieue, sa rencontre décisive avec son amie Génia, ses rêves de cinéma… et tente ainsi d’échapper à un sentiment de menace qui la hante.

L’un est un monstre en puissance ; l’autre une comédienne en devenir qui réalise que ce corps, qu’elle veut offrir et voir vibrer au contact du monde, lui échappe et la met en danger. Les deux trajectoires vont se juxtaposer jusqu’à leur collision…

*Avale* est un livre *de genre* (à entendre dans sa polysémie), à l’écriture éclatante et sensuelle. Un premier roman qui ne laisse pas indemne, à l’image de son autrice dont le talent déjà connu sur scène s’exprime ici avec une force impressionnante.
20,00 €
Libido
Grasset
Alors que sa mère vient de mourir, Nawel, trentenaire las de son quotidien comme de son couple, trompe son ennui et sa peine sur Internet. Par hasard, elle reconnait sur un site porno le visage d'une amie d’enfance, Élodie, devenue actrice de X sous le pseudonyme de Queenor. Elle décide de tout faire pour la retrouver. Devenue mère célibataire et cantinière dans un lycée, Élodie ne veut plus entendre parler de ce passé. Elle pense avoir droit à l'oubli. Elle se trompe. Un père d'élève vient justement de lancer une pétition pour la faire licencier… Dans ce combat impossible, Nawel voudra l’aider. Elle ne sait pas ce qui l'attend.

Tendu, ultraréaliste, admirablement écrit, Libido nous plonge dans l’industrie du porno contemporain et dans la mémoire éternelle de ses corps de pixels, en racontant l’amitié de deux femmes qui voudraient seulement vivre en paix.

Un roman éblouissant de vérité et d’empathie qui confirme le talent d’Antoine Hardy.
20,90 €
Un choix impossible
Grasset
6 mars 1953, siège de l’Union des compositeurs soviétiques à Moscou  : décédé la veille dans l’indifférence générale, quelques minutes avant Joseph Staline, Sergueï Prokofiev est conspué par ses pairs. Traître à la Nation, ennemi du peuple soviétique et serviteur de la musique occidentale  : méprisé jusque dans sa tombe, Prokofiev n’est plus, aux yeux du régime, le grand compositeur célébré dans le monde entier qui avait fait sa fierté.

Dans ce roman qui pourrait être l’argument d’une symphonie pathétique, Igor, secrétaire personnel du compositeur, nous raconte sa vie. Son enfance choyée et sa passion pour la musique du temps des tsars, ses séjours en Europe autorisés par le nouveau régime, sa rencontre avec Diaghilev puis avec sa première épouse Lina. Les quinze années passées en Amérique et en Europe, malgré ses succès, le laissent désabusé  ; taraudé par le conflit entre la musique soviétique supposée ouvriériste et la musique occidentale supposée bourgeoise, déçu par un Occident qui se croit libre mais ne l’est pas autant qu’il le croit, Prokofiev retourne à Moscou en 1936. Et le voici l’objet de la cruauté la plus raffinée de Staline. Gratifié d’un appartement luxueux, il doit composer une Ode à Staline. Epousant une nouvelle femme, il voit Lina envoyée dans un camp de travail forcé. Ces balancements de fortune l’épuisent d’autant plus qu’il doit subir la «  campagne de redressement idéologique  » de Jdanov. Tout en étant presque le musicien officiel du régime, il est aussi l’un de ceux qui est le plus méticuleusement harcelé. Peut-on dire, avec Igor  : «  l’artiste n’est jamais libre, il ne le sera jamais  »  ?
25,00 €
Apnée
Grasset
Traverser le XXème siècle, sous l’eau et en alexandrin – telle est l’ébouriffante expérience poétique à laquelle nous invite Yann Moix dans *Apnée*. Accompagné d’Emmanuelle, comme Dante avant lui de Béatrice, le narrateur retient son souffle et plonge en eau trouble où un siècle d’histoire bouillonnante, terrible et éclatante s’anime sous ses yeux. La Grande guerre, 39-45, le débarquement en Normandie, l’Indochine, la guerre froide…  dans cet univers liquide où tout n’est que courant, vortex, lumière et tourbillon, hommes et créatures sous-marines se mêlent et se métamorphosent. On y croise d’illustres figures qui ont marqué leur époque- soldats, artistes, écrivains, danseurs, sportifs, acteurs, chefs d’Etat, des héros magnifiques et d'inquiétants personnages – mais aussi des poissons, cétacés, coraux, algues, fleurs qui luisent, teintent et éclairent les tréfonds.  Ballotés au gré des caprices de l’océan, le narrateur et Emmanuelle dérivent, main dans la main, au cœur de ce singulier théâtre parmi les ombres d’hier qui ont fait et défait le XXème.

Renouant avec l’antique tradition de l’épopée en vers, Yann Moix se fait aède et nous propose avec *Apnée* un texte inclassable, parfaitement classique et résolument moderne. Une entreprise littéraire complète où la langue, l’Histoire, les Hommes, la matière et le sensible se déclinent en douze pieds pour redonner vie aux morts.
20,90 €
Un homme seul
Grasset
Ce récit aurait pu s'intituler "Le Livre de mon Père". Frédéric Beigbeder part à la découverte de Jean-Michel Beigbeder (1938-2023),  dont il fait un vrai personnage de roman, à situer entre Roger Martin du Gard et Ian Fleming  : «  c’était un Français qui s’est cru Américain alors qu’il était Anglais  ».

Il tente de comprendre cet homme  solitaire et secret, fils d'une américaine et d'un béarnais, qui se qualifiait lui-même de "solipsiste". Une enfance dans un pensionnat militaire catholique, l'abbaye-école de Sorèze, puis après les «  kapos à chapelets  » de Sorèze, chez les frères marianistes de la Villa Saint-Jean à Fribourg, l'a endurci à vie. À peine majeur, il a fui son pays natal pour apprendre le management à Harvard Business School. Au début des années  1960, il a importé en France le métier de "chasseur de têtes" (executive search), «  plaçant  » tous les dirigeants du CAC 40 (ou presque), durant cinquante ans. Ou les débauchant («  la guerre économique est la seule dont les déserteurs sont récompensés  »). A moins que cette activité prestigieuse, le conduisant à voyager dans le monde entier et à tisser des réseaux dans toute ce que la France de l’époque comptait de «  décideurs  », n’ait été une parfaite couverture pour des activités d’honorable correspondant de la CIA ?

Ce tombeau d'un père brillant et absent est aussi le portrait d'une génération de jouisseurs. Ces hommes seuls que l'on appelle aujourd'hui les "boomers" ont forgé leur égoïsme pendant la Seconde Guerre mondiale. Le confort fut leur idéologie, le luxe leur utopie, le divorce leur fatalité, l'Amérique leur horizon. Ils n'étaient pas faits pour être des pères de famille. À la fois philosophe pessimiste et playboy de la jet-set, Jean-Michel Beigbeder a épousé le XXème siècle, ses plaisirs, sa mondialisation et ses errements.

Son fils contemple avec sensibilité la disparition d'un homme qui symbolise aussi l'écroulement d'un monde, et profile en creux son autoportrait au miroir de ce père si fraichement disparu, dont il peut enfin faire la connaissance…
20,00 €
La fin du sentiment amoureux
Grasset
Dans un train immobilisé au milieu d’une immense plaine d'Europe centrale, un haut fonctionnaire de l'ONU et une jeune archéologue en voyage de noces discutent des surprises de la vie, des femmes et de l'amour.

Munzu raconte à Calliope, qui l'interroge sur le mariage, comment il épousé en Afrique du Sud la riche et jolie Stella, qui l'attend à la gare de Prague après une disparition de huit ans, et comment il a vécu pendant cette période avec deux réincarnations successives de la dite Stella, qui n'ont eu qu'un seul but : lui rendre la vie impossible.

Calliope, en l'écoutant, songe à sa rencontre avec Ben, persuadé de lui avoir sauvé la vie sur un chantier de fouilles en Tunisie. Embarquée sans y avoir réfléchi dans ce faux Orient-Express menacé par les drones de la guerre toute proche et les pillages des mafias locales, la jeune femme  se met à douter, en écoutant le récit drôle et attendri des aventures sentimentales du diplomate, convaincu qu'il est devenu trop dangereux, pour un homme, d'aimer les femmes.

Un huit clos, des dialogues brillants, vifs et ironiques, deux histoires pleines de rebondissements, et une conclusion qui tire la morale de l'évolution de nos mœurs : l'inéluctable fin du sentiment amoureux.
16,00 €
Giulietta Shakespeare
Grasset
Benjamin, universitaire, tente de soigner sa mélancolie depuis que Juliet, son amoureuse danoise, l’a quitté sans explication. C’est le moment que choisit Andrea, son vieil ami italien, pour resurgir dans sa vie et lui faire part d’une étonnante découverte  : le journal de Scopritori, un spécialiste de Shakespeare, écrit à Turin pendant les années du fascisme. Fascinés par cette lecture, les deux chercheurs se rendent en Italie où le journal les conduit jusqu’à un livre unique, victime d’un autodafé et miraculeusement sauvé. Qui est donc ce Scopritori expert en littérature anglaise  ? Qu’a-t-il à nous révéler  ? Et qui est cette Giulietta dont les apparitions dans ses rêves troublent Benjamin ?

Il est aujourd’hui communément admis que le «  Barde  » de Stratford-upon-Avon n’avait ni le talent ni les connaissances nécessaires pour devenir le dramaturge génial qui nous bouleverse encore aujourd’hui. Depuis des siècles, de grands auteurs, des amateurs éclairés, des comédiens de renom ont questionné l’identité réelle de William Shakespeare. Parmi eux, l’essayiste italo-canadien Lamberto Tassinari, dont la thèse invitait à chercher le dramaturge du côté de l’Italie. Sous forme romanesque, Patricia Reznikov suit ses traces et nous convie à un périple éblouissant qui entremêle trois récits, à trois époques différentes  : celui de Benjamin et Andrea, nos contemporains, embarqués dans une quête inattendue  ; celui du mystérieux Scopritori, à Turin, dans les années 30  ; celui, enfin, de William Shakespeare et ses doubles dans le monde élisabéthain. Avec eux, nous vivons le quotidien d’un homme de la Renaissance, dans un Londres effervescent, à la fois trivial et raffiné, où la foi, le théâtre, l’amour de l’Italie et la peste se partagent les premiers rôles, parmi ses chevaliers-poètes, les questions de religion et de pouvoir qui hantent la cour, et la naissance de cet extraordinaire théâtre de l’humain dont Shakespeare reste le maître incontesté et le symbole.

Questionnement sur l’amour, hommage aux femmes, amantes ou poétesses, ode à l’Italie, si présente dans l’œuvre shakespearienne, aux vertiges du langage, en un temps où la langue anglaise s’invente littéralement, réflexions sur les souffrances et les bonheurs de l’exil, Giulietta Shakespeare envoûte par ses jeux de miroirs et ses mises en abîmes. Et si l’œuvre de William Shakespeare avait été écrite par deux personnes  ? Un homme et une femme  ?
22,00 €
Nuits
Grasset
«  J’avais vingt ans, le jour me rebutait. Je n’aimais pas le sort qu’il me réservait et moins encore l’avenir qu’il me promettait. Alors, à l’heure où d’autres regagnaient leurs lits, je sortais du mien et trouvais refuge dans la nuit. De couchers en réveils tardifs, je me trouvai bientôt en parfait décalage avec le reste du monde : dormant le jour, vivant la nuit. Combien de temps dura cette période ? Un an, deux ans ? En suis-je jamais sorti ?  »

Dans Nuits, son deuxième roman, Pierre Deram se remémore ses nuits d’errance et tout ce qui le torturait alors : d’un côté le dégoût, l’alcool, une sexualité effrénée avec des prostituées et l’envie de se perdre dans l’obscurité, de l’autre la grâce, la recherche de la tendresse et de l’amitié, l’espoir d’un bonheur possible en compagnie d’une jeune femme qu’il ne parvient pourtant pas à aimer. Des bars de Belleville aux saunas libertins de Nice en passant par des moments paroxystiques d’enivrement à Toulouse, un homme se perd en cherchant à se trouver.

«  Longtemps je n'allais rien demander d'autre à la vie que de me permettre d'errer pour toujours dans ce pays de brume et de tendresse, à mi-chemin de la perdition et de la grâce  », écrit Pierre Deram. Il a trouvé la lumière grâce à ces bouleversantes Nuits.
19,00 €