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Résultats de recherche pour 'Le pays des autres' (2740)

La prophétie de Dali
Grasset
Balla voit son monde s'effondrer lorsque son père abandonne subitement la concession familiale. Jusqu’alors, lui et ses amis jouaient, insouciants, dans la brousse de l’Ouest malien. Souhaitant garantir un avenir à ses enfants, sa mère quitte le village et emmène sa progéniture de Kayes à Bamako et de Bamako à Paris. Arrivé dans une France froide et inhospitalière, Balla ne connaît rien des codes de ce nouveau pays et devient, à six ans, la risée de son école et bientôt de toute sa famille. Squattant chez les uns chez les autres, l’enfant nomade se plonge dans le mutisme et rêve secrètement de revoir son père. Dali, une griotte qui pratique l’art de la divination, prédit un avenir radieux à l'élève parqué dans une classe destinée “aux enfants arriérés". Depuis, le petit garçon est obsédé par l’intelligence et l’acquisition de la connaissance. Mettra-t-il fin au désespoir de sa mère qui l’emmène de force dans ses cours d’alphabétisation pour essayer de le sortir d'affaire ? Parviendra-t-il à se faire une place dans sa fratrie qui ne croit pas en lui ? La prophétie de Dali se révélera bien plus qu’une simple chimère…

Dans une langue aussi imagée qu’enjouée, Balla Fofana nous livre un très beau premier roman, largement inspiré de sa propre histoire. Il y raconte l’exil à hauteur d’enfant, la violence sourde qu’il engendre, mais surtout la force d’une femme, sa mère, à laquelle il rend un magnifique hommage.
19,50 €
Visiteur
Grasset
«  Ce roman en trois mouvements fait suite aux Amours Diplomatiques, qu’il complète et termine. Les deux livres et les six récits qui les composent n’en constituent, idéalement, qu’un seul. Dans L’Exilé de la costiera, j’ai souhaité mettre un Jacques le fataliste de nos jours face aux deux pôles, positif et négatif, qui dominent une existence volontairement en marge. Terminus Phnom Penh  ? a été  conçu bien avant la pandémie, que les hallucinations du protagoniste semblent, hélas, annoncer. Suleika et le Gouverneur est avant tout un exercice de style en hommage aux classiques français et européens de la nouvelle  : car, en littérature, j’admire surtout ce qui est ramassé. Le congé «  gothique  » représente une modeste tentative de payer ma dette.

Ces pages sont volontiers fragmentaires, pointillistes, en pizzicato, comme la vie l’est à mes yeux. La nature des personnages qu’elles évoquent m’intéresse moins que le mouvement qui les porte. Certaines touches y sont fortement relevées, d’autres allusives ou effacées. S’il existe entre elles une unité secrète, une affinité intime, il appartient désormais au lecteur de les découvrir.  »

MS
22,00 €
Le bâtard de Nazareth
Grasset
Quelle a été la vraie vie de Jésus  ?

À Nazareth, au début de notre ère, deux très jeunes enfants jouent dans la rue. «  Mamzer  !  » lance l’un à son camarade. «  Bâtard  !  ». Personne, dans le petit village de Nazareth, n’ignore que Marie a fauté avec un légionnaire romain. Elle est une fille-mère, rejetée et méprisée. Jésus comprend pourquoi, tout autant qu’elle, il sera à jamais exclu de sa communauté  : telle est l’exigence de la loi juive à l’égard des bâtards.

Grandissant, Jésus n’a d’autre entreprise que de réformer cette règle d’exclusion. Jusqu’au jour où il rencontre un autre mamzer. Outre d’être un bâtard, Judas est laid, brillant, et révolutionnaire. Il a un plan. S’appuyant sur le beau, non moins brillant, et réformateur Jésus, il met en marche sa vengeance. Quelle est la part de sincérité, quelle est la part de calcul de ces deux jeunes hommes parcourant la Palestine avec un message d’inclusion  ?

Un roman audacieux, étonnant, passionnant, qui réinterprète la vie de Jésus dans ses plus grands épisodes. Sa présentation aux docteurs de la loi, son sermon sur la Montagne, la multiplication des pains, les quarante jours dans le désert, tant d’autres moments de la culture religieuse universelle sont revisités à l’aune de l’inguérissable blessure d’enfance de Jésus et de sa relation aussi fructueuse que dangereuse avec Judas.
19,00 €
Mensonges au paradis
Grasset
« De l’âge de 6 ans à celui de 20 ans, j’ai passé toutes mes vacances dans un Home d’enfants situé dans une vallée paradisiaque, en Suisse. Une vie à la dure, des heures de marche dans la montagne, des punitions, des frites : tout me plaisait. Le chalet était tenu par Karl et Anne-Marie Ammann, avec leurs enfants Patou et Vava. Ils ont été ma famille d’adoption alors que mes parents étaient absents. Trente ans après, je suis retournée dans la vallée. Je l’ai retrouvée intacte. J’ai commencé à écrire un livre, je souhaitais qu’il soit tendre et pur comme ce passé. Et voilà que commençant ce livre, j’ai appris qu’il y avait eu mensonge au paradis.  Patou était en prison pour escroquerie, il avait passé sa vie à mentir et à voler. Sa sœur Vava, mon amie d’enfance, souffre de délires paranoïaques. Elle est schizophrène, ne sort plus de chez elle, passe ses journées sur les réseaux sociaux. Sidérée, j’ai enquêté de manière obsessionnelle. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi ont-ils renoncé à la réalité pour vivre au pays du mensonge ? Mais répondre à ces questions n’était pas suffisant. Pour écrire enfin la vérité, avoir la force de l’accepter, il fallait que je me regarde en face. Pourquoi, alors que j’avais été si heureuse dans cette vallée, n’y étais-je jamais retournée ? Il a fallu que je termine une première fois ce livre pour admettre mon aveuglement. Moi aussi je mentais. En enquêtant sur le passé des autres, j’ai pu ouvrir les yeux sur le mien. Je devais tout réécrire, en acceptant la face triste de ma propre enfance, la face violente de ma vie d’adulte. Est-ce que mes livres précédents n’étaient pas des fictions alors que j’avais l’ambition d’écrire la vérité ? S’il faut « un cœur d’airain » pour accepter la réalité, j’étais enfin prête à le faire. »

Colombe Schneck
18,50 €
Quatre-vingt-quinze
Grasset
1995. Il n’existe aucun traitement efficace contre le sida. Les malades tombent les uns après les autres dans l’indifférence générale. Parmi ceux qui sont touchés, donc condamnés, certains n’ont plus la force d’attendre le remède qui pourrait les sauver. Plutôt que de crever comme des chiens dans un lit d’hôpital, ils optent pour une solution radicale  : ils préfèrent partir en beauté. Le cocktail est toujours le même, encore plus de fête, plus de drogue et plus de sexe. L’apothéose, et puis la chute finale.

Un dimanche midi, après une nouvelle nuit infernale, Alex et Lucien rentrent et s’endorment sur le canapé. Cette fois, Alex ne se réveille pas, il fait un arrêt cardiaque dans son sommeil. La semaine qui suit, Philippe, Willy, Léon, Hervé, Adam et Denis, les copains défilent auprès de Lucien. Le temps est suspendu par la mort d’Alex, et pourtant la vie suit son cours, imperturbable, Philippe fête son anniversaire, il prend un nouvel appartement… Le samedi, toute la bande part enterrer Alex en Normandie. Ils se chauffent avant le départ pour se donner du courage, et débarquent à l’église fin saouls. Quand ils découvrent ce que la famille a fait des obsèques de leur fils, le choc est brutal. La cérémonie vire au supplice.

Cinq ans plus tard, Philippe s’adresse à ses amis. Willy, Léon, Hervé, Adam, Denis… à chacun, il pose deux questions  : Comment as-tu connu Alex  ? Quels souvenirs as-tu gardés de cette semaine  ? Entremêlé de leurs paroles, Quatre-vingt-quinze est le récit de ces folles journées, mélange d’euphorie et de désespoir. C’est l’histoire d’une fin de partie qui fut aussi une fête permanente, une célébration de l’amitié, une philosophie de l’urgence vitale. Un tombeau poignant et sublime pour tous les disparus, pour un quartier, une culture, une époque révolue.
19,00 €
Madjik ou l'incertitude
Grasset
Livreurs à vélo, Diesel, Madjik et Lo sillonnent la ville à un rythme effréné, prêts à tout risquer pour quelques points sur l’appli, quelques courses supplémentaires, quelques euros gagnés. L’un a failli devenir cycliste professionnel, l’autre est un étudiant en rupture de ban, le troisième a le flow dans le sang… Trois surnoms, trois copains qui tentent de conjurer leur précarité en jouant chaque jour un peu plus avec la vitesse, tandis que se tisse entre eux une amitié improbable et profonde.

Leurs courses inlassables dessinent un étrange ballet urbain où d’autres personnages évoluent selon leur propre urgence. Kristell, quadragénaire empêtrée entre ses sentiments amoureux et l’ombre pesante de son père, descend d’avion et passe commande sur l’appli avant de sauter dans un taxi pour rejoindre la ville. A l’aéroport, son chemin croise celui d’un autre éclopé, Bassem, homme de ménage écrasé par la désolation laissée au pays. Lui attrape le RER où un individu inquiétant le ramène aux souvenirs qui le hantent.

Tous tournent, tournent et tournent à travers la ville. Si différents soient-ils, tous sont fragiles, partagent une profonde incertitude sur eux-mêmes et sur le monde comme il va. Tous étouffent et aspirent à se libérer. La mécanique de la cité toujours plus folle va-t-elle les rapprocher ou les broyer  ?

Une ronde urbaine pleine d’humanité qui nous entraîne dans un vertige étourdissant.
18,00 €
Djinns
Grasset
Ce jour-là, Penda aurait préféré ne pas décrocher le téléphone et éviter les mauvaises nouvelles. Trop tard, elle apprend que son copain Jimmy est hospitalisé après une garde à vue. Sa mère est introuvable, alors le médecin cherche à contacter Mami Pirate, grand-mère de Penda et voisine bienveillante du malheureux Jimmy.

Rien ne va plus. Penda elle-même vient de se faire virer de la supérette du coin où elle était caissière depuis la fin de ses études. Elle pense à rejoindre le cabinet de guérisseuse de Mami Pirate. Pour cela, il faut que sa grand-mère l’initie au Bwiti, cérémonie traditionnelle gabonaise consistant à entrer dans un autre état de conscience, afin de se laver des maladies de l’âme et des pathologies psychiques. Dans l’espoir de sauver Jimmy, Penda se lance mais son apprentissage est compromis par un être qu’elle a la faculté de ressentir depuis l’enfance, quand d’autres ne peuvent ni le voir ni l’entendre : son djinn.

A cheval entre deux cultures et deux visions du monde, Penda s’interroge sur ses propres croyances, ainsi que sur la maladie mentale dont Jimmy est atteint.

Heureusement, au quartier, il y a les autres, Chico le dealer attachant avec lequel Penda a grandi, Shango la grande sœur protectrice, Sally l’amie dont elle s’est éloignée. Chacun à sa manière va contribuer à révéler ce qu’il y a de plus cher aux yeux de Penda, la liberté.

Sorcellerie versus psychiatrie  ? Djinn blanc contre djinn noir ? Langue de la rue, langue de l’école  ? Retour au pays ou cheminement vaille que vaille dans une société peu accueillante  ? Dans une langue hybride et teintée d’oralité, Djinns est tissé d’élans de tendresse, de colères tues, et met au centre le pouvoir de l’imaginaire.
18,50 €
Ce parc dont nous sommes les statues
Grasset
Les héros de ces dix nouvelles sont tous, d’une manière ou une autre, arrachés à leur vie tristement prévisible pour être soudain propulsés dans l’ailleurs.

Le mari adultère de « C’était écrit » est kidnappé lors d’un braquage dans la bijouterie où il était en train d’acheter un cadeau à sa femme pour se faire pardonner son infidélité.

Dans « Photo-mystère », un veuf gagne un soir dans un stand forain une carte postale "de charme" qui s'avère représenter son épouse morte vingt ans auparavant.

Le marchand de chaussures désabusé de« Oh Bigdata! » se voit assigner par une base de données omnipotente une  nouvelle destinée.

Avec le protagoniste d'« Ego, Ariel et moi », on découvre qu'il est possible de se procurer un double de soi-même, avec qui il faudra composer.

Dans « Résidence dernière », deux jeunes écrivains idéalistes sont confrontés au mystère effrayant de la postérité littéraire.

D’une inquiétante étrangeté et d’une formidable inventivité, ces histoires d’évasion tour à tour féériques et magiques nous transportent dans d’autres vies que les nôtres.
19,00 €
Paris
Grasset
« La province fournit Paris en combustibles : je décidai donc de m’y brûler, et pas simplement les ailes. Je n’avais pas d’ailes de toute façon. Je n’avais rien, à part cent francs en poche et la chance, grâce à un gardien de nuit complaisant, de pouvoir dormir dans les travées de la bibliothèque du centre Beaubourg, parmi les livres. Du coup j’ai lu. A l’aube, je quittais les lieux, allant traîner mes drôles de guêtres dans les rues. Je n’avais aucune connaissance, pas vraiment d’amis, zéro petite amie. Je n’avais que moi, la solitude qui pesait sur moi, et ce ciel grand cendre au-dessus de ma tête. Je me nourrissais de grec-frites. J’ai fini par rencontrer des gens. Roger Knobelspiess, ex-lieutenant de Mesrine, m’a prêté un minuscule gourbi. J’ai vécu dans un squat. J’allais bien, je ne me plaignais jamais : j’étais heureux car je savais que vingt-cinq ans était un âge inventé pour cette misère marrante, cette mélancolie spéciale, cette errance pathétique. Je me regardais en train d’être ce que je voulais devenir, ou plutôt, je m’observais en train de devenir ce que je voulais être. Paris, c’était l’édition : j’allais donc tout donner pour faire mon trou, me faire un nom, devenir célèbre – ou finir dans le caniveau, sous la pluie battante, m’enrhumer, et mourir. J’ai surjoué tout ça, avec un zest de romantisme béat, assez content de ma condition, fier de n’être rien et de vouloir beaucoup. J’ai tapé à des portes. Des gens ont été méchants. J’ai insisté. D’autres ont été gentils.

Paris est une galerie de leurs portraits, mâtinée d’épisodes de galériens. J’ai beaucoup arpenté, beaucoup marché, beaucoup espéré, énormément souffert mais je dois dire que jamais je ne me suis ennuyé. Des instants de tragédie ? Il y en eut ; des scènes de comédie : plus encore. Vous allez me suivre ici en train de réussir et de rater, en train de séduire et d’échouer, en train de m’introduire dans cocktails et de m’y faire éjecter, en train de gagner un peu d’argent et d’en perdre beaucoup, en train de me faire quelques amis et de me fâcher avec eux, en train de rire souvent et de pleurer parfois. En train, surtout, d’oublier en moi le provincial, ce qui est toujours une erreur et mène droit au ridicule. Un Rastignac de plus parmi les pots d’échappements. Des débuts dans la vie ? Non : un commencement dans la carrière. Sauf que je n’ai jamais fait carrière dans quoi que ce soit. Voilà en tout cas, chers amis, comment tout a commencé. »

Y.M
20,50 €
Opéra des oiseaux
Grasset
À New York, Laïal tente de se détacher des siens. Au Portugal, Perla apprend à mourir, et sa fille Wanda à devenir mère. À Venise, le Cardinal Luigi de Condotti parle aux abeilles. Le jeune Kola, en Afrique, découvre ce qu’il en est de l’amour qui unit Mado, sa mère, à Youli. Dans l’hôpital de Sakhalin en Russie où un Indien se prend pour le patron de la CIA, Jozef ne fera peut-être jamais le deuil de sa femme… Voici quelques-unes des voix qui peuplent ce roman hors du commun : elles communiquent furtivement par élans charnels, émotionnels ou spirituels. Est-ce par hasard que toutes partagent la lecture des livres de Yazuki, cet écrivain japonais qui cherche son point final et dont tout le monde quête l’opus mythique, Opéra des oiseaux ?

Ainsi se déploie le grand roman de Laurence Nobécourt, tel une partition, de pays en cultures différentes, de langages en paysages inattendus, parfois ressemblants. Les destins s’entrelacent, à l’insu souvent des protagonistes : chacun poursuivant l’équilibre de sa vie, et déséquilibrant peut-être celle d’une autre. Chaque personnage est comme un passage vers un monde, une famille, une psyché ou un trouble. Parfois c’est un enfant, parfois une femme très âgée, parfois un homme dont la voix semble changer, traverser le temps et l’amour.

Entrer dans ce livre magnifique, en 365 jours vastes comme le monde et le temps, c’est accepter de ne plus maîtriser tout à fait le cours des choses, et de s’abandonner à l’énergie déconcertante de la littérature.
24,00 €
Assemblées
Grasset
Lila, Estelle, Jeanne  : trois femmes dans la vie d’Antoine Polin, député quadragénaire brillant et pressé, figure médiatique du parti qui gouverne.

Après vingt ans de vie commune, Estelle, la femme d’Antoine, ne sait plus si elle a encore envie de la folle quête du pouvoir qui obsède son mari. Jeune assistante parlementaire, Jeanne s’interroge sur son désir pour cet homme qui l’attire comme une drogue et dont elle n’est que la maîtresse occasionnelle. Économiste atterrée, mère célibataire, Lila rencontre cet ambitieux  et c’est le coup de foudre. Aveuglée par la passion, elle refuse de se demander pourquoi elle a succombé à ce technocrate en costume cravate, si peu son genre.

Pendant ce temps, l’Assemblée est confrontée au cas d’un député accusé de harcèlement conjugal. Sa femme, à qui la justice a mis à disposition un téléphone grand danger, est menacée mais la loi du silence l’emporte. Jusqu’à quand  ?

Par la voix de ces femmes, et d’autres encore, le pouvoir politique apparaît comme un révélateur des mécanismes de séduction et un terreau de violences sexistes et sexuelles. Mais à l’heure de #MeeToo, les codes anciens comme les vieilles routines sontébranlés.

Amoureuses d’un même homme, parfait mâle alpha, trois femmes libres et entreprenantes font face à leurs contradictions en évoluant avec la société, ses pesanteurs et ses changements. Une comédie des sentiments aiguisée et tendre, par une observatrice sagace des mœurs politiques. Vif, réjouissant, engagé, étonnant  : un premier roman qui est une réussite.
20,00 €
Le jeu des si
Grasset
Il y a ceux qu’on vient toujours chercher dans les gares, les aéroports, et puis ceux qui plongent seuls dans les souterrains du RER ou partent en trainant leurs valises à la recherche d’un bus, d’une voiture... A l’aéroport où son fiancé était censé l’accueillir, Elisabeth ne voit personne. Désemparée, elle hésite, puis avise le dernier taxi en vue. Le chauffeur tient une pancarte au nom de la cliente qui décidément n’arrive pas  : Emma Auster.

Ce nom si romanesque est un déclic : Que se passerait-il si Elisabeth prenait sa place ? Et si c’était enfin l’occasion de réaliser un vieux songe : changer vraiment de vie, au lieu de n’en donner l’illusion en jouant mille personnages… Qui d’entre nous n’a pas pensé, quitter la ville pour se fondre dans le paysage, disparaître pour se réinventer. Et la voilà partie pour vivre une vie qui n’était pas la sienne.

Peut-on devenir l’autrice de sa propre existence, ou le réel nous rattrape-t-il inéluctablement  ? Un vertigineux jeu de miroir où les strates de la fiction se déplient et se répondent, dessinant un portrait de femme multifacettes. Une femme singulière et universelle, celle qui au fond de nous n’en finit pas de se chercher et d’imaginer un ailleurs…
20,00 €
Léopoldine
Grasset
«  Léopoldine se noie le 4 septembre 1843, son père a quarante et un an. Lara se noie le 27 juillet 1997, j’ai trente-six ans. La mort de Léopoldine plonge Hugo dans le silence. Lui qui écrivait sans cesse, lui qui avait déjà plus écrit peut-être qu’aucun autre poète avant lui, pendant trois ans il ne publie plus un poème, plus un vers, rien.

De ces trois années muettes vont naître ses plus grands chefs d’œuvre. Et aussi les plus violents. Conservateur, Hugo devient révolutionnaire. La mort d’un enfant est intime. Elle est aussi politique. Intime *donc* politique. C’est ce que raconte cette histoire.

Tout commence par un voyage amoureux en Espagne. Hugo et Juliette Drouet, sa maîtresse, celle qui copie ses manuscrits, compagne de toute une vie, apprennent sur le chemin du retour la noyade de Léopoldine. Déflagration. Hugo est dévasté et leur amour ne semble pas devoir surmonter l’épreuve. Désormais incapable d’écrire, il fuit vers les honneurs et d’autres rencontres. Juliette n’est pas dupe. Elle le ramène à lui-même… et il lui revient, avec le début d’un texte qui deviendra *Les Misérables*. Et bientôt un engagement politique sans faille auprès des plus démunis.

A qui a perdu son enfant, les faussetés mondaines sont haïssables, comme les postures, les impostures, les artifices, les mensonges qui oppressent, les richesses qui écrasent. Chacun peut apercevoir cela, une rupture sensible. Mais Hugo, père déchiré par la perte de sa fille, nous crie qu’il ne s’agit pas seulement d’une sensibilité que les messieurs sérieux, riches et puissants, de son temps comme du nôtre, ont beau jeu de regarder avec commisération. Au-delà du sensible, crie Hugo, il s’agit de vérité. Si le réel n’est pas essentiellement matière mais esprit, alors un monde politique soumis aux plus riches n’est pas une fatalité. Il est faux. Il est contre nature. Il offense la splendeur du monde réel.

La douceur d’«  Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin  » et la violence des *Misérables* disent la même chose. Hugo poète et Hugo révolutionnaire sont la même personne. C’est toujours la même vérité, celle de Léopoldine vivante dans la mort. Celle de Lara vivante dans la mort. La même tristesse et la même joie, la même réalité triomphale de la poésie.  »

T.C.
18,50 €
Sans départir
Grasset
« J’avais 21 ans, j’étais seule avec Andy Warhol à la Factory. Il me lance : ''Diane, tu dois te mettre à écrire ton journal'', je le regarde  : ''Je n’ai que 21 ans, j’ai déjà un pied dans la tombe, tu veux que j’y mette les deux  ?'' Réponse de Andy : ''Just do it.'' »

Quitter le luxe de l’avenue Foch, les dorures des châteaux lorrain et portugais, les jardins à l’anglaise, les dizaines de domestiques, les robes à smocks et autres excentricités aristocratiques familiales  ? Il en faudrait plus pour effrayer Diane, la petite dernière des princesses Beauvau-Craon, qui débarque dans un New-York en pleine effervescence artistique.

Bien décidée à mener une existence hors du commun, elle devient à 18 ans, en 1973, l’apprentie de Roy Halston, le Yves Saint Laurent américain, avant de créer elle-même sa collection de vêtements. Très vite, elle est l’une des plus étonnantes figures du milieu underground new-yorkais. Ivre de vin blanc et de cocaïne, elle écume les boîtes de nuit en compagnie de Warhol et Mapplethorpe, avec qui elle se lie d’amitié. De la Factory au Studio 54, en passant par les grands défilés de mode, elle côtoie tous les artistes mythiques des années 1970-1980  : Mick Jagger, John Lennon et Yoko Ono, Margaux Hemingway, Diana Vreeland, Timothy Leary... Dans cet univers de paillettes et d’acide, Diane vit à cent à l’heure.

De rencontres exceptionnelles en péripéties romanesques, des affres de la dépendance aux années sida, Diane de Beauvau-Craon dresse le portrait d’une époque libre. Sans départir sont des mémoires généreux où le faste ne va pas sans légèreté. Une ode à la vie, pleine d’humour et de tendresse pour un monde aujourd’hui disparu.
22,00 €
Les recruteurs
Grasset
S’insinuer dans les replis de la conscience, trafiquer les émotions, manipuler les rêves. Dans notre monde gouverné par les réseaux et les profils numériques, l’art de la persuasion ne connaît ni frontière, ni morale, ni religion. Un seul résultat compte : trouver une cible, pénétrer son esprit.

Tunis, trois ans après le Printemps arabe. Anis et Charifa travaillent chez un géant du marketing en ligne et brillent dans cette discipline nouvelle. Des recruteurs de génie. Diplômés, urbains, cosmopolites, leur talent tient dans l’écriture de dialogues à choix multiples – des scripts conversationnels. Comme personne, ils savent prendre possession du désir des autres. Un savoir-faire précieux, trouble, et convoité jusqu’aux portes de l’Enfer.

Des riches quartiers techs de Tunis aux villes d’Orient brûlées par la guerre, royaumes d’autant de chefs islamistes que d’agents doubles, Les Recruteurs nous entraîne au cœur d’un monde en trompe-l’œil, où chacun joue la partition d’un rôle écrit par d’autres. Les barons du capitalisme et les extrémistes religieux à armes égales. Où les vérités se fabriquent en série. Où l’humanité a pris le maquis, mais jamais n’abandonnera.
20,90 €
L'idée de l'amour
Grasset
Journaliste hippique et écrivain raté, Philippe Waxman signe des livres de commande sous le pseudonyme de Ribot, pur-sang légendaire des années 50,  invaincu en course. Son éditeur lui confie une mission délicate  :  obtenir un texte de François Rongières, sommité littéraire et amateur de chevaux, auquel  Waxman a voué un culte dans sa jeunesse. Rongières a débuté dans la mouvance du Nouveau roman avant de remporter le prix Goncourt et de manquer le Nobel. Figure d’un autre temps, misanthrope et taiseux, il vit désormais retiré à la campagne, protégé par sa jeune épouse, Elisabeth.

Défi relevé par le journaliste, auquel ce retour dans le passé n’est pas pour déplaire. Encore moins lorsqu’il découvre que la femme de Rongières n’est autre que son amour de jeunesse, Elisabeth Vuibert, rencontrée sur les bancs de la Sorbonne. Mais la propriété des Rongières abrite aussi Tiffany, jeune lady solitaire et sauvage, éprise de chevaux, et singulièrement de sa jument Litote...

Les victoires du pur-sang Ribot sont l'opposé des défaites de Waxman, jamais en prise sur la réalité, spectateur de l'existence des autres. Réussira-t-il, enfin, à entrer dans le coeur de la vie ? Ou bien devra-t-il se contenter, toujours, de l'idée de l'amour ? “L'idée du chemin finit par remplacer le chemin. Et l'idée de l'amour remplace l'amour”.

Avec délicatesse et mordant, Mark Greene livre ici un grand roman sur l'amertume (celle de Waxman mais aussi celle de Rongières, ressassant son échec au Nobel) et la nécessité d'agir, de prendre les devants, avant qu'il ne soit trop tard.
19,00 €
La fille de Deauville
Grasset
Une poignée de femmes et d’hommes radicalisés a décidé de mettre la France à feu et à sang. Pour détruire le capitalisme et les classes dirigeantes qui l’incarnent, elle a opté pour la lutte armée. Braquages, attentats à la bombe, et bientôt assassinats, les terroristes frappent puis disparaissent, dans un souffle âcre de tracts, d’explosifs et de terreur. Leur nom de guerre : Action directe.

En ce mitan des années 1980, la police a placardé leurs visages flous sur les murs de France. Commence alors une traque intense et chaotique menée par des équipes aguerries qui suivent leurs traces du bitume lyonnais aux fermes les plus reculées, des HLM de banlieue aux librairies de la gauche radicale. Luigi Pareno, solitaire et douloureux, méthodique et taciturne, y consacre toute son énergie, sa rage et ses obsessions.

Une jeune femme à l’air presque sage, toujours vêtue de jeans, occupe particulièrement ses pensées. La police la surnomme « la fille de Deauville » en attendant de mettre un nom sur son visage. Née dans les beaux quartiers, Joëlle Aubron deviendra l’une deux meurtrières d’Action directe. Pareno l’observe à distance, des rues de Paris à la cellule de Fleury Mérogis où elle est un temps incarcérée, d’une planque en Belgique au Loiret enneigé où elle se cache avec ses amis Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon. Elle l’intrigue, il la hait autant qu’il s’attache.

La fille de Deauville est le roman de la colère et du feu, d’une folie révolutionnaire qui sème des cadavres sur sa route, et des rêves d’absolu. Traqués, reclus, les membres du dernier carré d’Action directe s’aiment, se désirent, se déchirent, comme dans l’attente d’une fin inéluctable. La vie de Luigi Pareno semble suspendue à leur capture : même sa douce Chantal finit par s’écarter de lui, tant la violence emporte tous ceux qui l’approchent.

Vanessa Schneider nous propose aujourd’hui le roman de l’impossible révolution, traversé d’espoir et de cris, mais aussi de mélancolie et de douceur. Paysages et silences, lits tièdes ou pavés brûlants, elle nous embarque avec ces femmes et ces hommes qui se croyaient libres.
20,00 €
Au pays de l'enfance immobile Verdun
Grasset
« Alors, comme le font tous les ratés, tous les aigris, tous les éconduits, je m’étais vengé sur des innocents  ; j’avais puni un lit défait, un froc souillé, pour oublier les sales météos de mon cœur… L’avenir était le pays des autres. Je n’y étais pas convié. »

Après Orléans, qui racontait l'enfance martyrisée du narrateur, puis Reims, où l'on suivait ses pérégrinations lamentables en école de commerce dans la ville des sacres, voici Verdun. Car c'est à Verdun que nous retrouvons cet "immobile enfant" de vingt-cinq ans, cette fois comme aspirant dans l'armée de terre.

Après des classes à Angers puis à Draguignan où on lui enseigne le métier des armes, le jeune Moix, désormais officier d'artillerie, va connaître, parfois pour le meilleur et très souvent pour le pire, l'épreuve des responsabilités, de la promiscuité et du commandement.

Nous le suivons ici avec sa section, par monts et par vaux, en campagne ou en caserne, de jour comme de nuit.

Une fois encore, c'est une galerie de personnages aussi ordinaires qu'extraordinaires qui se déploie  sous nos yeux.

Avec humanité, humour, humilité et la tendresse habituelle que nous lui connaissons pour les déclassés, Yann Moix, plus dur avec lui-même qu'avec quiconque, nous émeut et nous fait rire. C'est sa  griffe. Entre manoeuvres  et marches de nuit, tirs au Famas et feux de camps,  inspection des chambres et chants militaires, nous la retrouvons ici intacte.
19,50 €
Tous les mots qu'on ne s'est pas dits
Grasset
Octobre 2005, aux premiers jours des émeutes en banlieue. Pour les soixante-dix ans de Fatima, ses enfants lui offrent un tour en péniche. En point de mire, la Tour Eiffel. La matriarche ne l’a jamais vue et pourtant, elle en rêve depuis toujours. Si loin, si proche… Comme la France qu’elle a découverte à la fin de la guerre d’Algérie et qu’elle a appris à aimer. Le programme de la journée semblait millimétré mais rien ne va se passer comme prévu…

Fatima et son mari Mohand ont quitté l’Algérie en 1962, leurs dix enfants sont devenus français. En embarquant vers Marseille chargé de leur seul espoir, le jeune couple partait vers l’inconnu.  Certains de leurs rêves ont viré à la désillusion, d’autres ont dépassé leurs plus folles espérances.

Voici la grande saga familiale de l’immigration algérienne : la participation des tirailleurs à la Première Guerre mondiale, la guerre d’indépendance, le massacre du 17 octobre 1961, le mythe du retour au pays, l’élection de François Mitterrand, la montée du Front National… Il y est aussi question du bandeau de Brigitte Bardot, de la fierté ouvrière, de la mort de Jean Gabin, ou encore de la destruction des tours HLM des Minguettes…

Entre réalité et fiction, Mabrouck Rachedi nous livre une fresque sociale, politique, mais également très personnelle. Il dresse le portrait d’une famille aux visages multiples, dont les failles et les blessures n’ont empêché ni les rêves ni les accomplissements.
18,50 €
La vie la plus douce
Grasset
«  La vie la plus douce, c’est de ne penser à rien  », confie son grand-père à Adrien. Peut-être est-ce le secret que l’enfant appliquera sans d’abord le comprendre, lui qui subit, très jeune, les surprises de la vie.

C’est l’agonie du petit frère. Puis les coups reçus en pension, dès six ans, et la violence d’un grand frère vite abonné aux drogues dures. Et toujours, l’absence des parents  : la mère, beauté diaphane, peintre noyée dans l’alcool et la térébenthine, le père occupé aux affaires industrielles et extraconjugales.

C’était au siècle passé, une décennie où soufflait un grand vent de liberté. Dans les maisons familiales de Paris ou de Saint-Tropez, passent alors bien d’autres personnages  : la tante proustienne et magicienne, l’héritier des empereurs de Byzance, le petit-neveu de Goering,   ou encore Jici, l’apôtre enthousiaste de Pol Pot. Et tant d’autres ombres, comiques, attachantes ou sinistres, retournées rapidement au néant.

Dans ce monde pittoresque et dingue où se mêlent grands bourgeois, junkies, maoïstes, stars de cinéma, pornocrates, aventuriers, et où il est exigé de jouir de tout, Adrien garde en toutes circonstances un détachement de dandy. Mais une jeune femme cherchera à le sauver en lui inoculant une certaine idée du bonheur. Candice, l’adolescente aux seins nus, qui ne lui refuse aucune liberté parce qu’elle ne s’en refuse aucune.

Autobiographie, souvent. Rêves, parfois. Roman, toujours. Car la réalité n’est-elle pas une déformation de la fiction  ? Fabrice Gaignault fait siens les mots du poète Stanley Kunitz  : «  J’ai traversé beaucoup de vies, certaine étaient les miennes.  »
20,90 €
Blanc résine
Grasset
Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs

Elle s’appelle Daã. Née dans un couvent niché au cœur de la forêt boréale et construit par des femmes, elle grandit libre, loin du monde des hommes, parmi vingt-quatre religieuses. Elles règnent sur Cusoke, pays de roches et de glace où les codes sociaux sont réinventés. Enfant sauvage, Daã parle la langue d’Ina Maka, la Terre-Mère, dont elle apprend les cycles, les ordres et les lois.

Lui se prénomme Laure. Enfant albinos rejeté par les autres, fils d’ouvrier de la mine Khole Co, il voudrait se fondre parmi les visages noirs des mineurs. Mais après la mort de sa mère, son père lui rêve un destin meilleur que le sien, loin des galeries et de la misère assassine. Envoyé à la ville, il deviendra médecin malgré lui.

Tout oppose cette femme-forêt et ce garçon-translucide, deux marginaux qui aspirent, l’un à se faire accepter, l’autre à s’émanciper. Mais un jour leurs destins se croisent et l’amour les lie. Blanc Résine raconte leur histoire. Avec Laure, Daã ira vivre en ville, fera trois enfants. Mais jamais elle n'acceptera de se plier aux lois des hommes. Et cela a un prix.

Tout à la fois conte réaliste, drame romantique et fable féministe, Blanc Résine nous transporte dans un univers rude et troublant, au cœur de la nature, pour fouiller nos plus extrêmes sentiments  : l’amour, le désir, la colère. Audrée Wilhelmy y déploie son lyrisme sauvage et son imaginaire avec une maturité et une maîtrise rares. Elle signe ainsi un livre inclassable, spectaculaire.
22,00 €
La France goy
Grasset
« Trente ans après L’Esprit de vengeance, qui évoquait mes sentiments envers mon grand-père, Jean Gosset, le temps était venu de chercher à savoir pourquoi cet homme s’était engagé dans la Résistance, qui le conduirait au camp de concentration de Neuengamme où il allait mourir. Les réponses, c’était son père qui allait me les fournir. »

C.D.

L’enquête s’emballe quand un trésor est découvert dans les archives familiales : lettres, journaux intimes, articles de presse, manuel d'escrime, de la main d'Henri Gosset, le père de Jean. C’est l'étincelle qui fait exploser le réel, et le romanesque s'impose autour du personnage de Henri et de sa correspondance, qui nous font remonter à la fin du XIXème siècle, jusqu’aux racines de l’antisémitisme français et à son «  patient zéro  », Edouard Drumont. Si Henri Gosset, en arrivant à Paris, en 1892, à seize ans et demi, n’a pas rencontré l’auteur du best-seller haineux La France juive, il a en revanche très bien connu son disciple et successeur, Léon Daudet, le fils du célèbre écrivain. Léon initie Henri à l’antisémitisme et lui présente le professeur Bérillon, praticien réputé de l’hypnose, fondateur de l’Ecole de psychologie dont Henri devient un des professeurs et son trésorier.  Mais les mauvaises fréquentations d’Henri ne l’empêchent pas de tomber follement amoureux d’une jeune institutrice anarchiste, Marcelle Bernard. De l’union de ces extrêmes naîtra Jean Gosset...

Léon Daudet, Edouard Drumont, Charles Maurras, les leaders anarchistes Gustave Hervé et Almeyreda, Clemenceau, Caillaux, le directeur du Figaro Calmette, Dreyfus, Zola, Jules Bonnot, Jean Jaurès et tant d'autres, c'est une humanité grouillante et furieusement vivante qui habite La France goy. La fresque couvre les deux décennies qui précédent la première guerre mondiale. L'époque est féroce, avec ses scandales (Panama), ses campagnes de diffamation contre les Juifs, les capitalistes dénoncés comme espions par L’Action Française, les procès, les grèves, les attentats anarchistes, et les duels au petit matin blême… Au carrefour de tous ces complots, la presse, corrompue par la politique et inversement, la littérature, le théâtre, et même du cinéma puisque c’est de cette tourbe que naîtra le cinéaste Jean Vigo. Avec ce roman, Christophe Donner suggère une histoire de France hantée par une « question juive  » qui déterminerait plus que ce qui a été dit. Il découvre à travers la saga familiale une haine des Juifs, ancestrale, qui se réinvente en antisémitisme, se déchaîne, et participe à l’inexorable montée des nationalismes qui entraîneront l’Europe dans la Grande Guerre.
24,00 €
S'il n'en reste qu'une
Grasset
L’héroïsme des bataillons de combattantes kurdes contre Daech attendait son grand roman. Le voici.

Une journaliste occidentale croit pouvoir enquêter impunément sur le destin magnifique de deux figures légendaires, Tékochine et Gulistan, afin de raconter la pureté de leur cause, l’inflexibilité de leur lutte, les circonstances exceptionnelles de leur mort dans les décombres d’une ville assiégée de l’ancienne Mésopotamie.

Mais accéder au premier cercle des dirigeants clandestins de cette guerre-là se mérite, et peut-être ne peut-on révéler la vérité qui se cache derrière tant de récits lacunaires et contradictoires qu’en se perdant à son tour  : son enquête devient peu à peu parcours initiatique, remontée du fleuve du souvenir, hymne à une liberté dont nous avons perdu le sens en cessant d’être prêts à en payer le prix.

Dans un paysage de sable et de lumière, S’il n’en reste qu’une est l’histoire de ces femmes confrontées à ce qu’il peut y avoir d’incandescent dans la condition humaine.
19,50 €
L'élégant
Grasset
Biarritz était devenu le lieu de rendez-vous d’Antoine et son père. L’un aimait surfer, et l’autre le regardait. Leur histoire commune, fragilisée par l’éloignement et la rancœur, se reconstruisait grâce à ces moments passés dans le Sud-Ouest.

Mais cette année-là, les tempêtes de printemps ferment les terrasses et bousculent l’Océan autant que leurs habitudes. Brusquement, ils décident de prendre la route qui les mènera en Espagne et jusqu’à Nazaré, au Portugal, surfant sur leurs souvenirs et remontant le temps. Nostalgique et électrique, ce parcours imprévu leur réserve des rencontres et des révélations. Entre pudeur et humour, Antoine et son père apprennent à se connaître et à se parler. À la fin du voyage, le destin s’accélère, et ce périple initiatique devient celui de toute une vie.

Rythmé par la beauté des paysages et la puissance des sentiments, ce texte est l’aventure d’un fils qui devient un homme, et d’un homme qui devient un père.
17,50 €
L'amour des choses invisibles
Grasset
Un jeune Tunisien francophile et sans-papiers mène une vie de bohème à Paris. À la suite d’une déception amoureuse, notre rêveur décide de revenir dans son pays d’origine, en profitant du dispositif du «  retour volontaire  », qui encourage les immigrants illégaux à rentrer chez eux.

S’il le fait, c’est pour marcher jusqu’à La Mecque  : il a l’idée chimérique d’inaugurer un chemin de pèlerinage pédestre vers la première ville sainte de l’islam. Seulement, il lui faut pour cela traverser la Libye en pleine guerre civile. Qu’à cela ne tienne  ! La mission du marcheur est sacrée. Il lui arrivera bien des ennuis, qu’il tentera de compenser par une philosophie de la vie faite d’amour, de littérature, d’un fatalisme qui n’empêche pas la combativité, et d’un humour à toute épreuve.

Ce roman aux airs de fable est un hymne à la liberté, celle de penser et d’aller et venir, où l’humour scintille à chaque page.
17,50 €
Les douces
Grasset
Ils étaient quatre, trois filles et un garçon  : Dolorès, Zineb, Bianca et Hannibal. Quatre meilleurs amis devenus comme frère et sœurs, ayant grandi ensemble, connu les joies de l’enfance et les tourments des premiers sentiments, se jurant de ne jamais se séparer. La vie s’ouvrait à eux  ; le lycée terminé, ils quitteraient leur village du Sud, découvriraient Paris. Mais le soir du bal de fin d’année, Hannibal disparaît et laisse celles qu’il appelait mes douces, seules et interdites.

Huit ans plus tard, son corps est retrouvé, enterré dans la propriété d’Auguste Meyer, sculpteur célèbre de la région et professeur de poterie des quatre enfants qui, jusqu’à sa mort, a nourri pour Dolorès, sa beauté, une étrange fascination. L’Officier Casez est chargé d’enquêter, il convoque les trois jeunes femmes  ; l’une est devenue célèbre sur les réseaux sociaux, l’autre étudiante, la dernière travaille dans un cinéma. Elles ne se parlent plus mais continuent de recevoir d’énigmatiques emails signés Hannibal. L’une le croit vivant, les autres pas.

A mesure qu’il essaie de percer le mystère de leur amitié, Léo Casez bute sur les interrogations  : quel pacte les liait  ? Qui était vraiment Auguste Meyer et pourquoi la mère de Dolorès le protégeait-elle ? En rouvrant les archives du passé, il force les secrets et nous entraîne dans les souvenirs de cet été brûlant, les joies et les tourments de quatre adolescents devenus si tôt adultes.

Un premier roman haletant, envoûtant comme un tour de magie.
20,90 €
Le corps d'origine
Grasset
Depuis le début de sa carrière politique, Guillaume Roussel a triché sur presque tout  : l’argent, le sexe, les idées. Tout est usurpé dans son image publique, à commencer par la rigueur des principes et la fidélité aux valeurs dont il se réclame. Leader d’une droite qui se veut dure et sans concession, Guillaume Roussel s’est doté, au fil du temps, du profil adéquat  : défenseur de l’ordre et de la tradition, gestionnaire sourcilleux, époux vertueux, chef de famille exemplaire, catholique de stricte obédience. C’est ainsi qu’il a réussi, porté par une ambition débridée, à accéder aux plus hautes charges de l’Etat. Elu député à trente cinq ans, devenu ministre de l’Intérieur à cinquante ans, avant de s’emparer de Matignon quatre ans plus tard. Ce qu’on appelle un parcours sans faute…

A cinquante-huit ans, tout destine Guillaume Roussel à remporter la prochaine élection présidentielle quand il est mis en cause dans l’assassinat d’un prostitué marocain. Son nom est cité, parmi d’autres familiers du jeune homme, dans une lettre révélée après sa mort par un site d’investigation réputé pour ses enquêtes sulfureuses. Toute une partie de sa vie éclate au grand jour. On découvre, outre une bisexualité dont sa femme a toujours feint de ne pas s’apercevoir, sa connivence avec un des pourvoyeurs de fonds des milieux politiques et ses véritables origines idéologiques qu’il a reniées par opportunisme, pour prendre la tête d’un parti de droite, bien qu’issu de la gauche.

Piégé par son cynisme, ses mensonges et ses contradictions, Roussel devient l’homme à abattre pour tous ceux, le président sortant en tête, qui avaient détecté son double jeu. Convaincu de la protection que lui confèrent son «  corps d’origine  », l’ENA, et le fait de détenir sur les autres des secrets équivalents, il est cerné peu à peu par les révélations sur ses mœurs et ses mauvaises fréquentations. Il crie au coup monté, soupçonne très vite l’Elysée d’en être l’instigateur, mais sans parvenir à conjurer le scandale qui en résulte. Il perd une partie de ses soutiens, sa cote de popularité s’effondre. Impuissant à se défendre contre la calomnie, discrédité par les révélations qui s’accumulent, pris dans un engrenage apparemment sans issue, il se trouve de plus en plus isolé et à la merci de menaces judiciaires qui achèveraient de ruiner sa réputation et ses chances d’accéder à la fonction suprême. Seul un coup de théâtre pourrait lui permettre de se sortir d’affaire…
20,00 €
La vie rêvée du joueur d'échecs
Grasset
«  Bien que lecteur et joueur de balles assidu dès mon plus jeune âge, j’ai fini par découvrir que le jeu d’échecs surpassait tous les autres en raison du pouvoir qu’il a de nous plonger au plus profond du rêve. Dans ce livre, je raconte comment, dans ma jeunesse, après avoir échappé de justesse au danger de l’enfermement mental qu’il peut aussi induire, j’ai fini par apprendre à m’en servir comme d’un moyen très sûr de traverser les périodes difficiles de l’existence, ce qui m’a été d’un secours providentiel.

Outre ce pouvoir d’évasion, j’essaie de montrer dans ce livre en quoi la compétition échiquéenne constitue tout à la fois une excellente école de circonspection dans nos jugements, une pierre de touche de l’exactitude de nos raisonnements, et une précieuse ouverture sur la connaissance de soi-même.

Chemin faisant, j’en profite pour brosser les portraits de divers joueurs passionnés dont les éventuelles prouesses intellectuelles – du moins dans le cas des meilleurs - s’allient à des manies hautement excentriques, offrant ainsi un spectacle baroque où l’aspect comique le dispute au pathétique.

Enfin, j’essaie de mener une réflexion sur la fonction sociale du jeu, dont il me semble qu’elle pourrait nous montrer la voie d’une convivialité nettement plus enviable et chaleureuse que celle qui nous est proposée par l’esprit résolument utilitariste et planificateur qui a commencé de désenchanter le monde d’aujourd’hui.  »
19,00 €
A cause de l'éternité
Grasset
A cause de l'éternité constitue le seconde volet de L'Autre rive, qui remporta en 2007 le Grand Prix de l'Imaginaire. L'action se déroule de nos jours au château d'Eparvay, dans l'arrière-pays d'Ecorcheville, ville bâtie au bord du Styx. Cette région présente nombre de particularités. L'esclavage n'y a jamais été aboli. La proximité relative des Enfers, par-delà l'infranchissable fleuve des morts, entraîne des précipitations insolites (pluies d'animaux et d'insectes divers) ainsi que l'échouage occasionnel de créatures venues de l'autre rive (centaure, sirène, satyre, minotaure...). Un Musée de Tératologie les rassemble; les étudie et les expose. Enfin, l'économie comme la politique locales sont sous le contrôle de trois grandes familles, les Propinquor, les Esteral et les Bussettin, qui se disputent et se partagent de longue date le pouvoir.

Dans ce nouvel opus, Alphan Bogue, jeune diplômé du Courtauld Institute de Londres, docteur PhD en histoire de l'Art, rentre à Ecorcheville pour s'y marier. Sa fiancée, Delia Spencer-Churchill, doit le rejoindre pour la cérémonie. Le père d'Alphan, brocanteur à la retraite, pensionnaire de l'EHPAD d'Ecorcheville, le presse de dérober pour lui un autoportrait supposé de Rembrandt adolescent, inconnu de tous, qui se trouve au château d'Eparvay. Spécialiste de la peinture baroque et de Rembrandt, Alphan se laisse convaincre de s'introduire dans le château pour examiner le tableautin et se faire une idée de son authenticité. Quand il franchit une porte basse donnant sur les soubassements de l'énorme édifice métamorphique, l'aventure commence...

L'imaginaire qui se déploie dans ce roman-monde n'a pas d'équivalent dans la littérature française contemporaine.
29,00 €
Le mal des ruines
Grasset
«  Il m’arrive encore de me demander qui je suis, après tant d’années, mais je sais bien d’où je viens. Il me suffit d’attraper un avion à Orly et de retrouver une heure et demie plus tard la Corse pour avoir la certitude de toucher à mes origines. Comme si cette île m’avait défini avant même que je ne me soucie de le faire.  »

Pour beaucoup, «  le pays de l’enfance  » est un monde fait de souvenirs idéalisés. Pour Claude Arnaud, descendant des Zuccarelli, une famille qui tint longtemps la mairie de Bastia et celle de Santa-Lucia-di-Mercurio, petit village niché entre deux lignes crêtes, c’est une terre bien réelle où il passa ses premiers étés et revient dès qu’il peut. Un Eden où la nature déploie encore ses merveilles, hautes montagnes à pic, maquis aux parfums envoûtants, vallées de solitude et villages intouchés. Mais une origine suffit-elle à définir une identité  ? Que faire quand son paradis se change en enfer où les maisons des siens cèdent sous les bombes, où l’un de ses frères va se noyer, et où un corps sans tête est retrouvé dans son village même  ? Qu’est-ce qu’une terre dit de soi  ? Et que faire d’une île aussi belle que mortelle  ?

Dans cet époustouflant road trip à travers les routes sinueuses de la Corse, Claude Arnaud retrace l’histoire de sa famille, revisite les morts et les vivants, revient sur   l’énigme de ce meurtre survenu en 2005 (une partie de poker qui tourne mal, un corps jeté aux cochons, une tête enfouie sous 700 kilos de gravats et les secrets de l’île qui ressurgissent). A jamais marqué par cet ailleurs qui est en lui, il fait le portrait de cette île souvent fantasmée, toujours mystérieuse. Une éblouissante traversée.

Prix du Mémorial d'Ajaccio
15,00 €
Les enquêtes de Pénélope Intrigue en Egypte
Grasset
Voici la cinquième enquête artistique et historique de Pénélope, la pétulante (quoiqu’inquiète) conservatrice de musée, et de Wandrille, éternel pigiste qui n’arrive pas à se prendre au sérieux. En 1799, lors de l’expédition d’Egypte, Bonaparte aurait caché un objet destiné lui permettre de régner sur la France. De nos jours, un cambriolage a lieu à Reims, dans le trésor des sacres  des rois, faisant disparaître un anneau égyptien portant le cartouche de Néfertiti qui avait été offert au musée par l’impératrice Eugénie. Pénélope, chargée des collections de bijoux égyptiens au Louvre, est dépêchée de toute urgence sur le site archéologique des ermitages coptes de Baouit. Quel est le lien secret qui unit les Bonaparte et les Bourbon, et dont la clé se trouverait encore au pays des Pharaons  ?

Erudite et humoristique, cette *Intrigue* qui, comme les précédentes, nous fait apprendre mille détails de l’histoire de l’Art mêlés à des aventures rocambolesques. Pénélope et Wandrille courent à la recherche de la clef (ou de la bague) de l’affaire, accompagnés de nouveaux personnages tout aussi pittoresques, comme Diane, irrésistible blonde aux yeux verts qui veut épouser Wandrille, ou la présidente du musée du Louvre, qui résiste à des manifestants ayant envahi le département des Antiquités égyptiennes, sans parler d’un médecin médiatique et d’un escroc corse. Nous voici conduits, sur un rythme frénétique, de Paris à l’Egypte, en passant des hauteurs d’Ajacccio. Quel est donc le secret du talisman égyptien de Bonaparte  ?
19,50 €
Le Male Blanc - Roman
Grasset
« La Morénie du prince Albéric, dit « le mâle blanc », a été l’an dernier le théâtre d’événements abondamment repris par les journaux, radios et chaînes de télévision de ses voisins de l’Union européenne. Ils ont entrainé une réprobation très vive des commentateurs et une condamnation sans équivoque de la part de plusieurs gouvernements. Me trouvant sur place, j’ai pu constater une réalité bien différente de celle qui a été présentée. Il m’a semblé de mon devoir de dire ce que j’ai vu et appris en sept mois. »

Le margraviat de Morénie est une petite monarchie absolue située quelque part entre la France, l’Allemagne et la Belgique. Confits dans le flegme, l’amour de la discussion et une farouche indépendance, les Moréniens ont su se prémunir des guerres ravageuses du XXème siècle et préserver la douce quiétude anachronique de leur Etat. Mais tout bascule quand la douairière Irène se met en tête de marier son fils Albéric. Entre un prince insaisissable trop occupé à chasser et conter fleurette à la fille du pâtissier, une mère américaine et autoritaire, un conseiller débonnaire, un préfet bonapartiste, un métropolite ondoyant et un pamphlétaire impétueux qui n’a que le mot démocratie à la bouche, la Morénie est à l’aube d’une crise politique sans précédent : plus malin qu’il n’y paraît, le Prince Albéric se met en tête de faire diversion en donnant la parole au peuple par voie de référendum à répétition sur tous les sujets qui passent et qui fâchent. Avec le suffrage universel, Les Moréniens ont rendez-vous avec l’Histoire…

Dans cette fable savoureuse, Stéphane Denis s’en prend aux mœurs, à la morale et aux ridicules d’un petit pays ravagé par la tyrannie de tous les « politiquement correct » de notre époque : et si la Morénie était française ?
15,00 €
La meute
Grasset
Y aurait-il donc une « Affaire Polanski » comme il y eut une « Affaire Dreyfus »? Beaucoup dont Yann Moix, le croient. Tandis que d’autres, plus nombreux, semble-t-il, s’indignent d’une telle comparaison… D’où ce livre qui, a n’en pas douter, fera débat. La thèse ? D’un côté, on le sait, ceux qui disent à juste titre que tout crime ou délit mérite son jugement et sa sanction. Qu’il n’y a pas une loi pour les « élites » et une loi pour les « obscurs ». Dont acte- puisque telle est la règle démocratique. Face à ceux-là, Moix fait simplement observer que « l’Affaire Polanski » serait enterrée depuis longtemps si Polanski avait été un « Monsieur tout- le- monde ». Au nom de la règle démocratique, on en arriverait donc à trouver naturel qu’il y ait des lois (d’exception) pour un homme célèbre, et un droit à l’oubli pour les autres... C’est contre ce fait que Moix s’emporte et s’indigne. Au passage, bien sûr, il entre dans les détails de « l’Affaire » : le retrait de plainte de la victime ; l’arrangement financier ; le rôle de la mère de la victime ; l’attitude pour le moins étrange du gouvernement suisse ; le fait que Polanski, en trente ans, n’ait jamais « récidivé » ; le rôle des juges (élus) aux Etats-Unis. Du coup, il en vient à décrire notre époque, où l’idéologie égalitariste instille une haine particulière du talent, de la singularité. Selon Moix, « la meute » veut immoler (tout en les adorant) ses idoles. Il faut qu’elles soient punies. Freud n’avait pas démontré autre chose dans Totem et Tabou.
17,30 €
Auteur academy
Grasset
« Dans ce siècle, la télévision était plus puissante que le plus puissant des ministères ». Sélectionné pour participer à une émission de téléréalité qui doit permettre aux spectateurs de suivre étape par étape la fabrication d’une carrière d’écrivain, le narrateur, Pierre, s’installe pour un an sur une île grecque – ou plutôt, il est enfermé dans un monastère vieux de deux mille ans, en compagnie de douze autres candidats à la gloire, et concurrents ipso facto. Dans cette Villa Médicis version « Loft Story », les apprentis écrivains sont filmés 24h sur 24… Le soir, sur les plateaux de « praïme », ils s’entretiennent avec l’auteur controversé Michel Hache, écoutent sa narcissique consoeur Christine Hang faire la lecture de son dernier livre, et prennent, la journée, des cours de « marquetine littéraire » auprès de l’Académicien au teint halé Jeandeau, ou des leçons d’interviou avec le célèbre animateur à la retraite, Bernard Paix. Amitiés de circonstance, amour et jalousies, ambition et mesquineries, cette « île de la création » est un « Koh Lanta » pour aspirants au Goncourt. Avec une ironie lucide et un cynisme plein d’humour, l’auteur ridiculise les travers d’une société du divertissement, où l’on croit qu’il est possible de fabriquer des écrivains. Il croque avec justesse une galerie de fantoches, et fait rire le lecteur aux dépens de ses personnages, le producteur et son assistante, les candidats médiocres et les auteurs médiatiques, dont la seule compétence est de dispenser à leurs cadets des cours de parisianisme…
25,90 €
Une amitié espagnole
Grasset
« Je suis professeur israélien, j’enseigne les sciences politiques dans une grande université israélienne depuis de nombreuses années. Au fil du temps, l’un des sujets qui m’ont le plus fasciné est celui du leadership. Qu’est-ce qui fait un véritable homme d’Etat ? Regardant autour de moi, en Israël comme en France ou en Europe, j’ai vu beaucoup de politiciens, très peu d’hommes d’Etat. Dans mon pays, les seuls qui sont dignes de ce nom ont sans doute été David Ben Gourion, qui a créé l’Etat d’Israël et Itshak Rabin, qui a osé signer les accords d’Oslo. En France, j’avoue avoir été fasciné par deux personnages : Charles de Gaulle et Léon Blum. Blum, surtout, un homme qui, dans sa jeunesse a été un des grands intellectuels, versé dans toutes les littératures, en poésie comme en théâtre, peut-être le plus grand critique littéraire d’avant la première guerre mondiale, l’un des piliers de la célèbre Revue Blanche qui joua un rôle central dans l’évolution des idées et dans le combat pour Dreyfus. Son passage à la politique m’a toujours paru, en soi, quelque chose d’extraordinaire : comment un homme dont toute la vie est centrée sur l’écriture, le roman et le théâtre peut-il se trouver tout-à-coup au cœur des événements, qui sont, avec la montée des fascismes, les évènements les plus dramatiques de l’histoire contemporaine ? Comment cet homme, dont la fidélité en amitié était légendaire, pour qui les relations d’altérité étaient aussi fondamentales, a-t-il vécu son impuissance à agir lors de la Guerre d’Espagne, lorsque ses amis républicains étaient massacrés et qu’il ne pouvait agir pour les sauver ? J’ai voulu écrire un roman autour d’un personnage qui ressemble à Léon Blum. L’intellectuel est-il vraiment fait pour entrer en politique et se salir les mains ? Quel rôle les liens d’amitié personnels, les liens de jeunesse jouent-ils dans la vie de l’homme d’Etat ? Comment rester fidèle à ce que l’on a été ? Une Amitié espagnole raconte l’histoire d’un homme très singulier, qui s’est trouvé confronté à toutes ces questions, au travers de l’amitié intense qu’il a nouée avec une jeune fille de Madrid. Il était socialiste et humaniste, elle était communiste, ils ont vécu quelque chose d’un lien entre amour et amitié, mais la vie les a séparés. »
22,40 €
Troisième chronique du règne de Nicolas Ier
Grasset
Dans sa précédente chronique, Patrick Rambaud nous présentait un Souverain Précieux et modeste, adouci, cravaté, libéré des mauvais courtisans et des conseillers bling-bling. Nicolas Ier, aux mains de de l’habile première dame, s’était converti à la tempérance, à la sagesse, à l’équanimité. Le grand homme perçait sur la talonnette. L’automne se présentait bien, sur un matelas de feuilles de chêne mais… Tout s’effondra. La bourse. La croissance. L’économie. Les ambitions libérales et fiscales. A mi-règne, la crise rhabillait son Souverain. La faute à ces salauds de traders, à ces incapables de banquiers, américains, français, de tous pays, autrefois riches et unis, la faute à tous les autres, à Adam Smith, à la Vicomtesse de La Garde, au baron de Trichet, la faute au Premier Ministre Anonyme. Alors ce fut la fin du programme de 2007 : le bouclier fiscal se fissura, le chômage s’emballa, il n’y eut plus d’heures supplémentaires, mais des usines vides, puis des usines occupées… et Nicolas Ier nous épuisa, une fois encore, en paroles, en chiffres, en faux mensonges et vraies vérités, courant du Cap Nègre à Berlin, de Washington au parc de Versailles, esquivant Villiers-le-Bel et La Courneuve… Patrick Rambaud ne s’en laisse pas compter. La légende dorée, les communications chantournées ne sont pas pour lui. Il a donc choisi de continuer son hilarante chronique, dressant ainsi le véritable tableau du règne...
14,20 €
Les prétendants
Grasset
Ce roman a pour cadre une sublime demeure, « L’Agapanthe », située au cap d’Antibes. Laure, la narratrice et Marie, deux sœurs d’une trentaine d’années, veulent à tout prix empêcher leur père de vendre cette maison où depuis toujours elles passent leurs étés. Elles vont donc organiser un casting de riches prétendants dans l’espoir que l’un d’eux, en épousant l’une des sœurs, sauve « L’Agapanthe ». Ainsi, pendant quatre week-ends du même été, vont défiler les éventuels prétendants. C’est le point de départ d’une comédie de mœurs où Cécile David-Weill décrit un milieu, la très haute bourgeoisie d’affaires, bousculé entre les anciennes élites et les nouvelles. Le trader, l’actrice, le couturier, l’aigrefin, le boute-en-train, le pique-assiette, le mondain, la canaille, se succèdent alors au rythme d’une comédie humaine tendre et acide. Des Russes s’en mêlent, on aperçoit Madonna et Pénélope Cruz, et d’autres, beaucoup d’autres, sont aisément reconnaissables sous leurs patronymes d’emprunt… L’Agapanthe restera-t-elle dans la famille ? Quel « prétendant » l’emportera ? Cela a peu d’importance, au fond. Cécile David-Weill n’a voulu, dans ce livre, que décrire un milieu qu’elle connaît bien. On s’y divertit à chaque page. En s’instruisant, bien sûr, sur les mœurs d’une classe sociale qui, finalement, n’est pas plus à l’abri qu’une autre sous les lambris dorés de ses belles villégiatures…
24,90 €
Le monde ÌÊ ses pieds
Grasset
Ruslana est une jeune élève sérieuse et mélancolique. Elle a seize ans quand la plus célèbre agence de mannequins anglaise la découvre par hasard dans une brochure touristique sur le Kazakhstan. Elle quitte son pays natal misérable, sa mère veuve et son frère footballeur amateur pour Londres. Le succès est fulgurant. New York, Paris, Saint-Barth, elle mène le grand train, côtoie les people, défile devant les stars, couvre sa mère de cadeaux, devient la référence... Elle découvre aussi l'amour, les hommes qu'elle subjugue, les rencontres éphémères, le tourbillon de la gloire, l'ivresse, le gâchis, la peur du lendemain... Après trois années sur les podiums du monde entier, son visage slave en couverture des magazines glamours, Ruslana s'achète un studio à Manhattan, où elle se terre. Quelques jours avant son vingt-et-unième anniversaire, elle est adulée mais terriblement seule. Alors que le monde est à ses pieds, elle saute dans le vide.
22,40 €
Gustave Flaubert
Grasset
Qu’est-ce qu’une vie d’écrivain ? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d’argent, des mondanités, des succès, des revers… Mais, au fond, tout cela a-t-il vraiment quelque chose à voir avec ce qui nous intéresse le plus : l’œuvre, l’écriture, le style, le message qui font que cette vie-là, justement, est celle d’un écrivain et ne ressemble pas aux autres ? La question touche naturellement toute entreprise biographique mais elle devient cruciale quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si celui-ci, en effet, a révolutionné le romanesque, c’est au nom de nouvelles exigences - l’impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue – qui installent au cœur de son écriture une figure du vide : « personnalité de l’auteur : absente ». Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l’écrivain sans trahir son projet ? Pour lui, l’œuvre est tout, l’auteur n’est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s’il n’avait amais existé… Le problème s’aggrave encore si l’on considère l’autre côté des choses : le versant « guenilles » de sa vie. Là, c’est bien pire : non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. A l’impersonnalité structurale de l’œuvre répond ici une exceptionnelle réussite de l’écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante…
28,40 €
Anna la nuit
Grasset
A la fin des années 1960, le narrateur a éprouvé une passion pour une femme sublime que la mort a toujours hantée. Comment vivre un amour quand chaque instant semble menacé ? C’est cette relation tour à tour orageuse et radieuse, traversée de tempêtes et d’aurores, de sexe et d’effroi que décrit ce roman. On y croise les Stones, les Beatles, les Doors, Helmut Newton et bien d’autres encore, personnages élégants, bohèmes et souvent désoeuvrés qui, entre Paris, Londres et Lanzarote, mènent une vie de plaisir, agitée et brillante.
15,30 €
L'énigme du retour
Grasset
« La nouvelle coupe la nuit en deux.

L'appel téléphonique fatal

Que tout homme d'âge mûr

Reçoit un jour.

Mon père vient de mourir. »

A la suite de cette annonce tragique, le narrateur décide de revenir dans son pays natal. Il en avait été exilé, comme son père des années avant lui, par le dictateur du moment.

Et le voilà qui revient sur les traces de son passé, de ses origines, accompagné d'un neveu qui porte le même nom que lui. Un périple doux et grave, rêveur et plein de charme, qui lui fera voir la misère, la faim, la violence mais aussi les artistes, les jeunes filles, l'espoir, peut-être.

Le grand roman du retour d'exil.
19,99 €
Mémoires de Marc-Antoine Muret
Grasset
« J'ai vécu deux vies, deux vies de même durée, mais fort dissemblables, car la seconde fut comme l'antithèse de la première. »

Ainsi parle Marc-Antoine Muret (1526-1585), un des grands humanistes de la Renaissance. Il eut comme élèves Montaigne, Jodelle et quelques autres poètes, et fut l'ami de Ronsard et Baïf. Mais il fut bien plus qu'un simple maître. Muret aimait les livres, la musique, la table, le vin et les beaux jeunes gens. Dans un siècle baroque, lumineux et cruel, quand la morale chrétienne entravait les désirs, il fut surtout un professeur de liberté. Liberté d'aimer et jouissance du savoir. Ses convictions et ses débauches l'ont conduit en prison à Paris. Un contemporain a raillé : « Pour un penchant contre nature Muret fut condamné à Paris, brûlé en effigie à Toulouse, chassé de Venise. Pour le même penchant, Rome lui accorda la citoyenneté. »

Dans une langue chatoyante et charnelle, avec une érudition joyeuse et revigorante, Gérard Oberlé ressuscite le flamboyant Muret et se reflète en lui comme un frère tardif.
18,80 €
Un roman français
Grasset
« C’est l’histoire d’une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C’est l’histoire d’un homme devenu un jouisseur pour se venger d’être quitté, d’un père cynique parce que son cœur était brisé. C’est l’histoire d’un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d’un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C’est l’histoire d’un garçon mélancolique parce qu’il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l’échec de leur mariage. C’est l’histoire d’un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu’il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C’est l’histoire d’une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j’ai vécue : un roman français. » F.B.
18,30 €
Nous Ne Sommes Pas D'Ici
Grasset
Nous ne sommes pas d’ici est une autobiographie singulière. Et aussi le récit d’une pensée en mouvement. Celle qui permet à Michel Le Bris de créer le festival « Etonnants Voyageurs » à Saint-Malo et de le projeter aux Etats-Unis, en Haïti, à Sarajevo, à Dublin, à Bamako, à Haïfa, d’écrire essais, récits de voyages et romans, d’avoir été à la fois ancien élève d’HEC et directeur de La Cause du Peuple (ce qui devait lui coûter huit mois de prison), créateur avec Jean-Paul Sartre de la collection « La France Sauvage », cofondateur de Libération et grand amateur de jazz, d’arpenter les paysages et les pages de Stevenson, de proposer une théorie nouvelle du romantisme allemand, en goûtant la contradiction qu’il y aurait à aimer tout ensemble Novalis et Chandler, Jack London et Jean-Paul Sartre, Philip K. Dick et Nicolas Bouvier (dont il aura été l’éditeur), Malraux et Chester Himes, le grand large et l’asphalte, la Bretagne granitique et le New York des époux Johnson dans La Beauté du monde. D’où vient son énergie ? D’être né en Bretagne, répond-il, dans l’émerveillement du poème du monde – et d’y avoir été, aussi, cet enfant pauvre d’une mère employée chez le châtelain local, qui rêvait de l’ailleurs et allait prendre sa revanche. Mais une revanche littéraire. Ce qui anime chaque page ici, c’est l’amour fou de la littérature.
28,40 €
La coquetterie du malheur
Grasset
La narratrice, une femme âgée, se promène dans un cimetière. Elle se remémore son enfance à Rome, à Paris, avec un père adoré et une mère ukrainienne un peu folle que des infirmiers sont venus chercher un jour pour l’interner. Passent aussi, dans cette valse lente de souvenirs, une grand-mère lettrée, la maîtresse du père, la crainte de la Russie soviétique, qui paraît menacer les émigrés de ses espions trop courtois. Dans le cimetière, la narratrice rencontre une femme fantasque qui lui remet un manuscrit en cyrillique… Cette promenade dans le passé, on y entre peu à peu, comme dans un paysage sous la brume. Celle-ci s’éloigne à mesure que la réalité se précise, sous forme de souvenirs rapportés du passé par la conscience de la narratrice. On découvre par bribes la vie de cette femme qui, petite fille, aimait les parfums Guerlain et qu’on menaçait d’une vie frivole. C’est aussi, dans le style nostalgique et plein de charme de Nata Minor, un livre sur la difficulté de communiquer entre les êtres.
13,90 €
Les encombrants
Grasset
«Un petit village du nord de la France. Tout le monde se connaît. Tout le monde feint d’ignorer ce qu’il sait des autres. Jean l’orphelin a grandi dans les bois voisins. Devenu adulte, il est l’idiot, qu’on injurie ou qu’on bénit. Il est un peu comme ces encombrants dont on se débarrasse sur le trottoir, une fois par an, le jour des monstres, et dont il meuble sa baraque perchée sur la fourche d’un arbre… au pied duquel, un matin, on retrouve le corps sans vie d’une jeune fille.
15,90 €
J'aimais déjà les étrangères
Grasset
« Quelques passades, un travail où il essaie de passer inaperçu, des amis qui ne répondent plus au téléphone : un Parisien fête sans fracas sa trentième année. Il s’abandonne au culte de la régression, tenant la médiocrité pour le dernier refuge de la morale. Une femme mariée, originaire des pays de l’Est, s’invite sans frapper dans cette existence minuscule. Elle est aussi fragile et snob que son parfum, Scent of Peace de Bond n°9. Elle porte des bottes orange et tous les stigmates des anciennes républiques soviétiques. Supérieurement cultivée, cruelle, elle entraîne le narrateur dans les arcanes de la capitale. Vernissages d’art contemporain, grandes marques, notoriétés factices. Notre héros découvre enfin la vie, et la tentation du bonheur. Mais après l’avoir converti au cynisme, cette apparition l’abandonne : rupture sans préavis. Le narrateur s’enferme dans une tristesse hautaine. Incapable de conjurer son obsession, refusant de mendier l’affection de celle qui est partie, il survit dans un quotidien hypothétique. Au cœur de l’hiver, enfin décidé à lui parler, il s’embarque dans le métro parisien, emportant avec lui une mystérieuse boîte enveloppée de papier kraft. D’une station à l’autre, des hommes le prennent en filature, prêts à tout pour l’empêcher d’atteindre son but. » Alexandre Kauffmann
17,90 €
Mezzanine
Grasset
Comme Les pays immobiles ou Haut fonctionnaire, Mezzanine est le roman d'un homme secret, inclassable : " J'exposais à ma femme d'amour M. que c'est pour protéger l'entourage - la préserver elle par exemple, en même temps que moi, et notre amour - que cette pratique sexuelle maniaque qu'est l'écriture (littéraire), doit rester au secret, à jamais obscure. "

Sur ce principe, Bayon raconte, révèle, enlace, cèle et transcrit " le désir qui fascine et le plaisir qui tue ". Il y a vingt-cinq ans, un homme qui pourrait être Bayon louait dans le nord de Paris un appartement comme dominé par une mezzanine. Dans cette cage sensuelle de draps, de ressorts et de rêve, notre héros vivait sa vie. Tel Barbe-bleue au programme clairement établi, presque puritain, de jeune homme à femmes prises puis déprises, Bayon note ses aventures. Il préserve le secret. Et il transcende l'humaine pratique sexuelle par l'inhumaine pratique d'écriture. Chaque femme s'invitant en sa mezzanine, déshabillée, aimée, rêvée, finit couchée sur une page. C'est bien le désir qui est au cœur de cette vie, au cœur de cette époque, les années 1970-1980, qui se voulaient libres, mais jamais libérées de la norme….

Après des années, Bayon nous livre non pas des carnets, mais un entrelacs énigmatique qui fait un roman extraordinaire et provocant : portrait de femmes, autoportrait de l'artiste, traversée d'une époque, désirs abolis, impuissance, effets d'annonce, passions accessoires - dans cette mezzanine où passent les années, tout se résout en livres.
22,40 €
Transformations D'Une Femme
Grasset
" Elle a commencé très tôt, l'impression de jouer la comédie. Ce n'est pas désagréable, de jouer la fille. Se préparer pour un rendez-vous, souligner l'œil, mettre du rouge à lèvres, j'aime bien. A vingt ans, je disais facilement, je t'aime, si tu veux, moi aussi, et encore je t'aime. Ce n'était pas grave, les mots venaient tous seuls, moue étonnée, soupirs, j'avais l'impression que c'était ça que les femmes faisaient depuis des siècles, pour qu'on les désire. Une sorte de grand rôle classique, dans lequel vous vous glissez. La petite, par exemple, la fille, la femme-enfant, celle à qui l'homme indique son chemin dans la rue. Et puis vers trente ans, la comédie a commencé à devenir douloureuse, tout simplement, je n'y croyais plus. Perdue la foi, épuisé le rôle. Peut-être avais-je eu trop d'aventures, peut-être que la liberté use certains fantasmes, je n'avais pas d'explication, en tout cas, je voyais les fils, sourire, soupirer, minauder. Comédie. Cette fille que j'étais, je n'y croyais plus. Et je n'avais aucune idée de celle que j'étais en train de devenir.

Et lui, me désirerait-il encore ? Je regardais autour de moi, interrogeais mes amies. Chacune à sa manière traversait un changement. L'une appelait ça, désir d'enfant, l'autre bisexualité, et une autre, créativité. Tantôt c'était une bonne nouvelle, tantôt une malédiction. Mais ce qui reliait ces transformations les unes aux autres, ce qui reliait aussi les femmes entre elles, demeurait un tabou, un secret bien gardé. Un pouvoir, peut-être. "
19,90 €
Un juif pour l'exemple
Grasset
Né à Payerne, gros bourg vaudois, Jacques Chessex avait huit ans quand les faits relatés dans ce livre ont eu lieu. Les faits ? Nous sommes en 1942, l'Europe est à feu et à sang, la Suisse quoique neutre et sanctuarisée, est travaillée de sombres influences. A Payerne, rurale, cossue, ville de charcutiers " confite dans la vanité et le saindoux ", le chômage aiguise les rancœurs et la haine ancestrale du Juif. Autour d'un " gauleiter " local, la garagiste Fernand Ischi, sorti d'une opérette rhénane, et d'un pasteur sans paroisse, proche de la légation nazie à Berne, le pasteur Lugrin, s'organise un complot de revanchards au front bas, d'oisifs que fascine la virilité germanique. Ils veulent du sang, du sang juif de préférence, et une victime expiatoire. Ce sera Arthur Bloch, marchand de bestiaux, homme pieux et père de famille, qui visite la foire au bétail de Payerne le 16 avril 1942.

A deux pas de l'abbatiale, dans l'ombre odorante d'une étable, Rue-à-Thomas, il tombe dans le piège. On l'assomme, on l'achève et on le découpe en morceaux, dans une scène d'anthologie décrite par Chessex. Bien sûr, les coupables, dont un semi-débile apprenti-tueur, seront vite retrouvés. Mais le crime, dans toute sa sombre gloire, son dégoûtant théâtre, aura délivré les uns et les autres, qui ne plaignent pas la mort du Juif pour l'exemple.

A la suite du Vampire de Ropraz, c'est un autre chef-d'œuvre, le mot n'est pas trop fort, d'exactitude et de description, d'atmosphère et de secret, que Jacques Chessex nous donne.
13,90 €
L'inachevée
Grasset
Alors qu'elle n'est encore qu'une petite fille, Hannah est ballottée entre la folie destructrice de sa mère, la perversité des innombrables amants de celle-ci, et les caquetages insensés des autres membres de sa drôle de famille. Et puis, il y a son père, mort d'un cancer foudroyant alors que la gamine n'avait pas deux ans. Entre lui et Hannah, un rendez-vous manqué, un inachevé dont elle ne peut faire le deuil. Mais l'inachevée, c'est aussi Hannah elle-même, petit clown triste qui n'arrive pas à trouver sa place dans une vie qu'elle conjugue au passé décomposé. Comment sauver sa peau quand le roman familial prend toute la place et que les mots des autres dévorent l'espace du rêve ? Croyant fuir son destin, Hannah se promènera de corps en corps et choisira les mirages d'un exil doré en Asie, avant de sombrer dans la mélancolie. Quand elle renaîtra à la vie, elle comprendra que pardonner l'innommable est peut-être la seule voie possible pour pouvoir prendre son envol et enfin tourner la page.
15,90 €
L'ami de jeunesse
Grasset
Antoine Saint Bernard est psychiatre. Il a quarante-huit ans et, comme on dit, une situation enviable. Une épouse obsessionnelle qui ne laisse rien au hasard. Des jumeaux de dix ans qu’il confond encore. Une belle-mère antipathique et omniprésente. Un frère aîné qui vit à ses crochets, c’est-à-dire chez lui, et l’abreuve de conseils. Une secrétaire hypocondriaque choisie par son épouse. Des patients angoissés ou mélancoliques mais fidèles, quand sa femme ne l’est plus. Et surtout, Félix, l’ami de jeunesse, restaurateur, coureur, menteur, et dont l’insouciance heureuse le désespère. Car Antoine, lui, a des tendances dépressives – de nature plus que par les circonstances de l’âge. Dominé, par les autres, et par ses propres doutes. Indécis, tant le courage lui fait défaut face aux conséquences de ses choix : comme la vie est risquée, Antoine ne vit pas. Pourtant, parvenu au mitan de l’existence, Antoine décide soudain d’en changer. Incapable de franchir seul le pas, en solitaire qu’il est, il convainc Félix de le suivre : le psychiatre et le restaurateur iront donc apprendre l’histoire à la Sorbonne. Et tandis que le neurasthénique est englouti par l’univers kafkaïen de l’université et l’absence de son propre désir, l’ami de jeunesse fait des prodiges en matière d’examens et de conquêtes féminines. Il faudra qu’Antoine rencontre Charlotte pour que le doute s’efface… et laisse place au dilemme. L’ami de jeunesse est le roman drôle et tendre d’une crise existentielle et d’une résurrection sentimentale, l’histoire d’un homme réanimé par l’urgence de vivre.
18,20 €
Ce que nous avons eu de meilleur
Grasset
Peut-on, comme Josué, arrêter la course du soleil ? Les morts sont-ils encore jaloux ? Pourquoi Marlon Brando écrivait-il des cartes postales qu’il n’envoyait à personne ? En quelle circonstance un débauché peut-il s’abandonner au fanatisme religieux ? Quels rapports y a-t-il entre Churchill, Alain Delon et un jeune berbère qui voudrait apprendre à nager ? Qui a inventé le monothéisme amoureux ? Et à quel instant, au juste, franchit-on la ligne de démarcation qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ? Telles sont, entre beaucoup d’autres, quelques unes des questions que se posent les héros de ce roman dont l’intrigue éclatée va et vient autour d’un lieu unique : le Palais de la Zahia (ce mot, en arabe, désigne la joie), situé quelque part, au sud, près d’un désert… Dans ce Palais – splendide, nécrosé, envahi par la végétation et les souvenirs – quelques amis, plutôt bien traités par l’existence, ont pris l’habitude de se retrouver dans une ambiance rieuse. Il y a là, parmi des créatures sexuellement très diversifiées, deux amis : un narrateur (très influencé par les livres de Stendhal et les films de Maurice Ronet ) et un certain Lewis, riche, célèbre, philosophe et épris d’ Ariane, son épouse rêveuse. Est-il nécessaire d’en dire davantage ? Ce roman – rythmé par une série d’interrogatoires confiés à un enquêteur énigmatique – revisite ainsi, dans un grand désordre de sensations et de péripéties: 1/ l’histoire d’une amitié 2/ La mémoire d’un Palais trop fréquenté par ses propres fantômes 3/ La chronique d’une passion clandestine avec une jeune veuve qui n’a pas froid aux yeux 4/ la lutte des uns et des autres contre le temps et ses alliés (haine, tempêtes de sable, solitude, vanité, peur, envie…) Bien entendu, il s’agit d’un roman. Et il va de soi que toute ressemblance avec des personnes existantes, etc, etc…
16,20 €
La beauté du monde
Grasset
Sur les photos de Martin et Osa Johnson, on voit ce couple vedette, ces amants de l’aventure, tels qu’ils prêtent à rêver, tels qu’ils inspirent à Michel le Bris ce roman-vrai du Continent noir : Osa, sensuelle, rayonnante, la carabine à l’épaule ou le viseur sur l’œil, saluant ici un chasseur au teint d’ébène, serrant ailleurs la main fripée d’un chimpanzé. Martin, l’ancien cuisinier de la croisière du Snark avec Jack London, l’ingénieux caméraman qui filma les réducteurs de têtes des Nouvelles Hébrides et les Big Nambas, maintenant commandant à une armée de porteurs, à l’assaut des territoires encore inviolés du Kenya. Martin et Osa Johnson, dans les années 1920, furent les grandes stars de l’aventure. Une certaine Winnie est chargée en 1938 d’écrire les mémoires d’Osa, veuve désormais, beauté flétrie réfugiée dans l’alcool. Commence un troublant face à face, où la jeune Winnie, outrepassant son rôle, prend peu à peu possession de son modèle, menant une enquête presque policière, traquant les zones d’ombres du couple qui révéla l’Afrique sauvage, mais paradisiaque, mais vierge, à l’Amérique. Mais il se pourrait bien que ce soit Osa, qui mène en fait le jeu, à travers ses confidences – Osa hantée par le mystère de la beauté du monde… Du New York des « Roaring twenties » à la jungle kenyane, de la « table ronde » de l’Algonquin, où Dorothy Parker et Zelda Fitzgerald furent les marraines new-yorkaises d’Osa, à la jungle étouffante du pays des Pygmées, des clubs de Jazz de Harlem où l’on ignorait résolument la prohibition tandis que s’inventait le style « jungle », au spectacle du monde primitif encore préservé : c’est toute une époque que Michel Le Bris nous fait revivre. Duke Ellington et King Kong, le Muséum d’histoire naturelle et les grands singes abattus, Hollywood et la fin du cinéma muet, les dernières heures de l’ « heureuse » colonisation, les couleurs fauves d’une ferme en Afrique : un roman en technicolor.
26,00 €
l'archer du pont de l'alma
Grasset
Un homme quitte sa femme, son fils, son travail, Paris… Pourquoi ? Il ne le sait pas lui-même, il suit son corps, saisi par des pulsions buissonnières, vagabondes. Commence une drôle de cavale qu’il n’a pas programmée et qui va l’entraîner sur les routes du Sud, jusqu’à Gibraltar, avant qu’il revienne à Paris pour devenir « l’archer du pont de l’Alma » : le héros d’un fait divers à peine croyable qui va bouleverser tout un pays. Que lui est-il arrivé ? Comment en est-il arrivé à ne plus maîtriser sa vie, son destin ? Comment a-t-il pu se retrouver ainsi propulsé à la une des journaux ? L’homme enquête sur sa propre histoire, sur les motivations de son corps, sur les raisons profondes de son comportement, sur son goût très inattendu pour le tir à l’arc – où il excelle soudain. Mais sait-on jamais ce qui vous porte ? L’homme veut le savoir à tout prix, pour se réconcilier avec lui-même. Pour cela, il n’hésite pas à s’appuyer sur l’enquête de la police, se lançant dans un étonnant pas de deux avec le commissaire chargé de le confondre… L’archer du Pont de l’Alma, second roman d’Hervé Algalarrondo, fait entrer le lecteur dans un univers décalé. On songe au Camus, de L’Etranger, au Kafka de La Métamorphose, au Pérec de L’homme qui dort : à chaque page, l’anormal grignote la norme, l’atypique chasse le stéréotype, le fantastique se mêle au quotidien. Est-ce un rêve que fait le héros, ou est-il plongé dans une mécanique implaquable, qui le révélera à lui-même ? Il y a au moins deux lectures à ce roman : l’une policière, qui s’attache strictement aux pas du héros, lancé dans une course effrénée, dont il ne perçoit pas l’issue ; l’autre onirique, qui fait apparaître le héros comme un somnambule, jouet de ses névroses : son corps se venge, parce qu’il a trop longtemps été bridé, son corps vit sa vie, parce qu’il a trop longtemps été placé sous l’éteignoir. La scène finale – que l’on ne dévoilera pas - ne tranche pas sur la nature du récit : il apparaît simplement que le corps est un compagnon indocile…
18,90 €
Pas ce soir, je dîne avec mon père
Grasset
« Mon père appartient à cette génération qui, sous prétexte qu’elle est née après guerre et en plein progrès, a décidé que son combat d’une vie serait de ne pas mourir. De ne pas mourir, donc de ne pas vieillir. D’arrêter le temps. Au début, je croyais qu’il était le seul atteint. Et puis j’ai vu d’autres spécimens, je les ai parfois côtoyés : les faux jeunes. Au début je croyais que le syndrome ne touchait que les hommes de son âge, les éternels « baby-boomers », puis je me suis aperçue que la génération suivante était pire. Déjà faux jeune à quarante ans. Voilà le problème. Les gens ne veulent plus mourir. Alors ils volent la vie de leurs enfants. Ce sont des ogres » L’ogre est ici un père si juvénile et séduisant qu’il courtise de préférence des filles plus jeunes que la sienne. Il lui présente des nymphettes renouvelables à talons compensés, quand Marion alias « big » (son surnom !) pratique volontiers l’amant quinquagénaire cabossé par la vie. Au-delà du sujet de société - les pères et leurs filles, l’homme occidental en proie à l’obsession du jeunisme – Marion Ruggieri, tout en se moquant d’elle-même en adolescente à perpétuité, a réussi un roman qui tient du prodige : faire rire de nos travers virils et faire pleurer d’une si attachante liaison avec son géniteur. Comment grandir quand son père reste à jamais l’impossible M. Bébé ? A la fois pudique et réaliste, tendre et cruel, autobiographique mais universel, ce premier roman sur la confusion des âges devrait connaître un grand succès auprès de tous les publics. Car hélas ! nous sommes tous concernés par cette phrase : « Le problème avec les parents d’aujourd’hui, c’est qu’ils ne meurent jamais. Ou qu’on les aime trop. »
17,90 €
Roman Nègre
Grasset
Y est le grand roman de la « négritude » : un exercice de haute voltige à coulisses, à tiroirs, à codes et à noms cryptés où Dan Franck met en scène, en abîme et en masques toutes les situations rocambolesques qu’il a connues dans sa vie antérieure de « nègre ». « Il travaillait pour les autres dans la journée, au premier étage. Il écrivait pour lui-même la nuit, au grenier. Les soixante-deux ouvrages qu’il avait fabriqués sous des identités étrangères avaient été dévorés par des centaines de milliers de lecteurs ; personne n’avait lu ses propres feuillets … » Ainsi vit le personnage de Taro, tiraillé entre le jour, où se croisent agents véreux, éditeurs ambigus, poussières de stars, un magnifique footballeur héliporté (un certain « Z ») entouré de sa horde de parasites, et la nuit où l’obsède l’histoire de ce médecin juif anonyme enlevé au Liban en 1984 en même temps que les journalistes français pris en otage à Beyrouth. Mais voilà que les hasards de la vie vont permettre à Taro, en échangeant l’un de ses « clients » avec celui d’un ami nègre – comme on échange les meurtres dans un film de Hitchcock – de rassembler la comédie des imbroglios diurnes avec la tragédie de son récit nocturne, et de réconcilier ses amours capricieuses avec l’amour sublime d’un couple cimenté par la mort. Y, ce sont les noces brillantes, savoureuses et drôles du K de Kafka et du Z de Zidane, du vertige d’identité et de la satire sociale, du labyrinthe policier et du récit personnel.
22,00 €
Ils ont tué Pierre Overney
Grasset
« A vrai dire je me sentais une dette vis-à-vis de Pierre Overney, une dette que Maos, mon précédent roman, ne me semble pas avoir comblée. J’ai songé qu’il eût été dommage de ne pas tirer un récit des milliers de documents que j’ai lus, de la soixantaine d’interviews que j’ai faites pour aboutir au roman Maos. Mais d’abord qui est Pierre Overney ? « Qui se souvient de lui aujourd’hui ? » me disait un de ses frères non sans amertume. Les nouvelles générations auront du mal à croire que, dans les années 70, plus de 200 000 personnes ont défilé à Paris derrière le cercueil de cet inconnu : Lionel Jospin, Simone Signoret, Jean-Luc Godard, André Glucksmann et j’en passe… Pierre Overney était un ouvrier maoïste de 24 ans que ses petits chefs de la Gauche prolétarienne ont envoyé en commando pour casser la gueule aux gardiens « fascistes » de l’usine Renault, à Boulogne-Billancourt. Un membre du service d’ordre, Jean-Antoine Tramoni, a sorti son arme : Overney-le-mao est mort d’une balle en plein cœur. C’était le 25 février 1972. Ironie de l’Histoire, au même moment, en Chine, le président des Etats-Unis, Richard Nixon, se congratulait avec… Mao. Simultanément, dans nombre de pays d’Europe, dont la France, des groupements gauchistes s’en prenaient avec violence moins au capitalisme qu’au parti communiste, à qui ils reprochaient de ne pas « faire la révolution ». La montée du terrorisme des années 70 a-t-elle été manipulée ? Pierre Overney, dans la naïveté de ses vingt ans, est-il mort à la confluence de jeux politiques et policiers souterrains qu’il était bien incapable de soupçonner ? Lors de l’enterrement d’Overney, le philosophe communiste Louis Althusser aurait dit : c’est le gauchisme qu’on enterre. On peut se demander maintenant si, ce jour là, ça n’est pas tout simplement la Gauche qui est morte. » Morgan Sportès
28,40 €
Je dois tout à ton oubli
Grasset
« La main de la mère qui saisit un oreiller blanc et l’applique sur le visage du nourrisson… » Cette scène d’une violence absolue obsède la narratrice, le docteur Selma Moufid, sans qu’elle comprenne si c’est un fantasme ou si cela a eu lieu. Cette image occultée depuis l’enfance va entraîner Selma dans son désert natal et lui faire revivre des moments qu’elle voulait oublier. C’est avant tout la relation à sa mère que ce roman met en question. Il s’agit de combattre de vieux fantômes et de comprendre pourquoi la culpabilité a inhibé le souvenir pendant tant d’années. Selma raconte les voyages qu’elle a entrepris pour enfin parler avec sa mère, pour tenter de briser le silence. Cette confrontation la renvoie à une réalité cruelle : si sa génitrice n’est qu’une pâle figure de Médée, d’autres femmes l’ont précédée dans ce rôle qu’elles s’évertuent à perpétrer pour ne pas enfreindre les tabous qui les ligotent… Un roman très fort de Malika Mokeddem où, pour la première fois, elle analyse la relation avec sa mère dont elle fait un ressort romanesque extrêmement émouvant.
16,90 €
L'armoire aux poisons
Grasset
Des drames semblables à ceux qui se succèdent dans la famille du colonel Brazier et dans celle de son gendre, le pharmacien Bauvrain, se sont peut-être produits dans votre famille. Nul doute que quelques-unes de vos proches relations en aient connu d’analogues. Qu’il s’agisse de brouilles pour des questions d’argent et de captation d’héritages, ou bien de coups de folie et de morts mystérieuses, les situations qu’expose ce roman peuvent s’observer dans toute la société. Elles sont la banalité même, mais l’auteur de L’Armoire aux poisons les a liées dans une intrigue qui vous retient jusqu’au dénouement. Sur un thème qui se prêtait à des développements mélodramatiques, Jacques Brenner a composé un récit insolite, sobre et dépouillé. On est peu à peu envoûté par ce monde d’étouffement et de noirceur. Jacques Brenner est l’auteur d’un journal de la vie littéraire et de plusieurs romans où l’on retrouvera le mode de narration très personnel qu’il utilise ici. Citons, entre autres, La Tour Saint-André, Une femme d’aujourd’hui et L’Inconnue de la Seine.
17,90 €