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Résultats de recherche pour 'Ronds dans L'O' (2842)

Book Lovers
Hauteville
La réalité est définitivement bien plus surprenante que la fiction...

Redoutable agente littéraire new-yorkaise, Nora Stephens ne vit que pour les livres. Après une énième rupture, sa soeur l'embarque pour un mois à Sunshine Falls. Elle connaît le cliché : la citadine accro au boulot métamorphosée par un séjour dans une jolie petite ville. C'est même devenu un *running gag*, vu que tous ses ex l'ont larguée en trouvant « la bonne » dans un décor de comédie romantique. Mais au lieu d'un bûcheron sexy, celui qu'elle croise sans arrêt, dans une série de coïncidences digne d'un roman à l'eau de rose, c'est Charlie Lastra, un éditeur taciturne et l'antagoniste de sa vie professionnelle. Elle n'a rien d'une héroïne. Il n'est pas le prince charmant. Pourront-ils écrire leur propre histoire ?

L'autrice phénomène, aux plus de 10,5 millions d'exemplaires vendus dans le monde !

« Magique, réjouissant et absolument unique : l'écriture d'Emily Henry est un vrai cadeau qu'elle offre au monde. J'ai aimé chacun de ses romans plus encore que le précédent, au point de brûler d'impatience de voir dans quel état me mettra le prochain !» Ali Hazelwood, autrice de *The Love Hypothesis*

« La lecture parfaite pour les fans de comédies romantiques. C'est un roman à la plume mordante et résolument moderne, porté par une héroïne déterminée qui ne s'excuse pas d'être ambitieuse, et qui aborde avec justesse le thème du deuil. Les lecteurs savent qu'Emily Henry excelle dans l'art du dialogue et des romances à faire fondre... mais celui-ci pourrait bien être son meilleur. Une vraie bouffée d'air frais. » Taylor Jenkins Reid, autrice des *Sept Maris d'Evelyn Hugo*

« C'est le signe que j'aime un livre - et son autrice - quand je dégaine mon fidèle stylo bille et que je prends frénétiquement des notes sur chaque page... et c'est exactement ce que je viens de faire avec la divine Emily Henry. J'ai dévoré *Book Lovers* sans pouvoir m'arrêter. L'écriture de cette autrice est un vrai rayon de soleil. Je suis totalement sous le charme de son humour mordant et lucide, de la jubilation qu'elle insuffle à chaque phrase finement ciselée, et de son irrésistible penchant pour les belles histoires d'amour. » Katherine Center, autrice de *The Bodyguard*

« Les livres d'Emily Henry sont un véritable cadeau, l'équilibre parfait entre sensualité et tendresse. Son écriture est d'une fluidité déconcertante, ses personnages irrésistibles. Mon seul reproche : on voudrait que le roman ne se termine jamais ! » V.E. Schwab, autrice de *La Vie invisible d'Addie Larue*

« Charmant, sincère et plein d'esprit, *Book Lovers* est un *Schitt's Creek* pour les amoureux des livres. Un pur bonheur pour tous ceux qui ont déjà secrètement pris le parti de la carriériste dans une comédie romantique. Personne n'écrit ce genre d'histoire aussi bien qu'Emily Henry. » Casey McQuiston, autrice de *My Dear F\*\*\*ing Prince*

« On peut toujours compter sur Emily Henry pour nous offrir une bonne romance à dévorer en vacances ! » *L'Éclaireur Fnac*
18,95 €
Funny Story
Hauteville
La vengeance est un plat qui se mange... à deux ?

Daphne adorait la façon dont son fiancé, Peter, racontait leur histoire : leur coup de foudre, leur retour dans sa ville natale au bord du lac. Jusqu'à ce qu'il ajoute un chapitre final inattendu : il était, en fait, amoureux de sa meilleure amie d'enfance, Petra.

C'est ainsi que Daphne se retrouve en coloc avec Miles, l'ex de Petra, qui vient lui aussi de se faire larguer. Ils n'ont rien en commun, sauf un coeur brisé, une bonne dose de rancoeur et une idée folle : s'afficher en « couple » pour semer le trouble.

Tout est faux, bien sûr. Aucune chance que Daphne oublie l'amour de sa vie avec ce mec qui porte des Crocs et écoute des ballades déprimantes toute la journée. Ce serait ridicule... non ?

Emily Henry revient avec un nouveau best-seller, toujours aussi authentique, lumineux, et drôle. Les lecteurs vont craquer pour ces deux personnages que tout oppose, mais qu'un bien triste point commun va rapprocher !

Désigné comme l'un des livres les plus attendus de 2024 par *TIME*, *The New York Times*, *Goodreads*, *Entertainment Weekly*, *Today*, *SheReads*, *BookPage*, *Woman's World* et bien d'autres !

« Chacun de ses romans est toujours meilleur que le précédent. » Ali Hazelwood

« Emily Henry a conquis un lectorat fidèle en proposant régulièrement des histoires d'amour modernes et enchanteresses. Après une série de best-sellers - de *Beach Read* à *Happy Place* - où elle a brillamment réinventé les codes du genre, dans *Funny Story* elle s'approprie parfaitement le fameux adage qui dit que les contraires s'attirent. »*TIME*

« La célèbre Emily Henry s'attaque au "*fake dating"* dans cette histoire aussi poignante que charmante sur l'amour qui renaît après une rupture difficile... Henry équilibre parfaitement le chagrin et les disputes avec la tendresse et l'humour. Les lecteurs apprécieront l'évolution des relations entre les personnages, ainsi que celle de Daphne. » *Publishers Weekly*

« La prolifique Emily Henry signe un nouveau succès, à la fois nostalgique, sexy et drôle... Comme toujours, sa plus grande force réside dans ses dialogues percutants, souvent hilarants, qui rendent l'histoire joyeusement captivante. Fans d'Emily Henry, réjouissez-vous : c'est son meilleur livre à ce jour. » *Kirkus Reviews*

« Avec sa dernière comédie romantique impeccablement écrite, la supernova littéraire Emily Henry continue de nous combler avec esprit, fantaisie et sagesse en quantités égales. Les fans de "*grumpy and sunshine"* se délecteront des échanges pétillants entre les personnages et des moments romantiques à couper le souffle, sans oublier la délicieuse association d'une bibliothécaire psychorigide et d'un employé de vignoble qui pourrait donner des leçons de détente à Matthew McConaughey. »*Booklist*

« Ce mélange entre les tropes "*grumpy and sunshine"* et "*fake dating"* offre des personnages qui captiveront les fidèles de l'oeuvre d'Emily Henry et séduira de nouveaux lecteurs. » *Library Journal*
8,95 €
Funny Story
Hauteville
La vengeance est un plat qui se mange... à deux ?

Daphne adorait la façon dont son fiancé, Peter, racontait leur histoire : leur coup de foudre, leur retour dans sa ville natale au bord du lac. Jusqu'à ce qu'il ajoute un chapitre final inattendu : il était, en fait, amoureux de sa meilleure amie d'enfance, Petra.

C'est ainsi que Daphne se retrouve en coloc avec Miles, l'ex de Petra, qui vient lui aussi de se faire larguer. Ils n'ont rien en commun, sauf un coeur brisé, une bonne dose de rancoeur et une idée folle : s'afficher en « couple » pour semer le trouble.

Tout est faux, bien sûr. Aucune chance que Daphne oublie l'amour de sa vie avec ce mec qui porte des Crocs et écoute des ballades déprimantes toute la journée. Ce serait ridicule... non ?

Emily Henry revient avec un nouveau best-seller, toujours aussi authentique, lumineux, et drôle. Les lecteurs vont craquer pour ces deux personnages que tout oppose, mais qu'un bien triste point commun va rapprocher !

Désigné comme l'un des livres les plus attendus de 2024 par TIME, The New York Times, Goodreads, Entertainment Weekly, Today, SheReads, BookPage, Woman's World et bien d'autres !

« Chacun de ses romans est toujours meilleur que le précédent. » Ali Hazelwood

« Emily Henry a conquis un lectorat fidèle en proposant régulièrement des histoires d'amour modernes et enchanteresses. Après une série de best-sellers - de Beach Read à Happy Place - où elle a brillamment réinventé les codes du genre, dans Funny Story elle s'approprie parfaitement le fameux adage qui dit que les contraires s'attirent. » TIME

« La célèbre Emily Henry s'attaque au "fake dating" dans cette histoire aussi poignante que charmante sur l'amour qui renaît après une rupture difficile... Henry équilibre parfaitement le chagrin et les disputes avec la tendresse et l'humour. Les lecteurs apprécieront l'évolution des relations entre les personnages, ainsi que celle de Daphne. » Publishers Weekly

« La prolifique Emily Henry signe un nouveau succès, à la fois nostalgique, sexy et drôle... Comme toujours, sa plus grande force réside dans ses dialogues percutants, souvent hilarants, qui rendent l'histoire joyeusement captivante. Fans d'Emily Henry, réjouissez-vous : c'est son meilleur livre à ce jour. » Kirkus Reviews

« Avec sa dernière comédie romantique impeccablement écrite, la supernova littéraire Emily Henry continue de nous combler avec esprit, fantaisie et sagesse en quantités égales. Les fans de "grumpy and sunshine" se délecteront des échanges pétillants entre les personnages et des moments romantiques à couper le souffle, sans oublier la délicieuse association d'une bibliothécaire psychorigide et d'un employé de vignoble qui pourrait donner des leçons de détente à Matthew McConaughey. » Booklist

« Ce mélange entre les tropes "grumpy and sunshine" et "fake dating" offre des personnages qui captiveront les fidèles de l'oeuvre d'Emily Henry et séduira de nouveaux lecteurs. » Library Journal
18,95 €
Utopie sauvage
Gallimard
Dans cette fable, on découvre comment Gasparino Carvalhal, lieutenant de la Glorieuse Armée Nationale, devient Pitum chez les Amazones, puis le drolatique Zoreilles chez les Galibis, paisibles Indiens à l’innocence colorée et savoureusement décrite. De l’Eldorado à la Guerre de Guyane, des tribus amazoniennes et des missionnaires aux révélations d’un document volé sur l’Utopie Multinationale de Próspero, l’Empereur Immaculé, c’est un Brésil à la fois mythique et réel que l’on retrouve dans ce texte. Érudite, moqueuse et libertaire, une voix y bavarde sans cesse sur la civilisation et le monde des Indiens, avec leurs «mains si habiles à tout faire». Mains capables de porter à une perfection indicible les choses les plus simples, par pure joie de créer, car ils ne savent pas qu’ils travaillent. «Leur fort néanmoins ne réside pas dans la sagesse du faire, mais plutôt dans l'art de cohabiter. En cela, ils sont uniques. Ils organisent leur vie en communauté comme si l'important dans la vie était de vivre tous ensemble, de cohabiter librement, sans la peur de maîtres, de rois, ni de dieux.» Avec cet ouvrage, paru en 1981, Darcy Ribeiro nous donne à lire ses obsessions, ses choix, sa révolte : «C'est le livre de mes lectures», comme il le dit lui-même. Thomas More, Shakespeare, Rousseau, Swift, Tocqueville, Fourier, Hegel, Marx, Orwell et bien d'autres auteurs sont convoqués à son alchimie littéraire.

Dans cette fable, on découvre comment Gasparino Carvalhal, lieutenant de la Glorieuse Armée Nationale, devient Pitum chez les Amazones, puis le drolatique Zoreilles chez les Galibis, paisibles Indiens à l’innocence colorée et savoureusement décrite. C’est un Brésil à la fois mythique et réel que l’on retrouve dans ce texte.
8,90 €
L'embuscade
Gallimard
L'embuscade, roman posthume achevé en 1958 et publié en 1978, s'inscrit dans la veine guerrière de Fenoglio. Il retrace un épisode, parfaitement circonscrit, de la guerre civile qui opposa, au cours de l'été 44, partisans badogliens et fascistes. La ville de Valla qu'il faut reprendre à l'occupant acquiert une valeur mythique pour le petit groupe de résistants qui se cache dans les collines de Langhe et vit une pesante attente, coupée de quelques combats meurtriers. Cette alternance de moments paroxystiques et de temps morts permet à l'auteur de camper, avec le talent qu'on lui connaît, des personnages contrastés, de provenances diverses, luttant également pour des raisons diverses.Bien qu'inachevé, ce roman n'offre aucun blanc, progresse par une suite de flash-back percutants et se referme harmonieusement sur lui-même.La précision et la sobriété stylistique propres à Fenoglio font de ce texte - dont il disait à son éditeur, en dépit de sa modestie : «Ou je me trompe, ou ce livre est d'un grand intérêt» - l'un des chefs-d'œuvre de la littérature contemporaine.

L'embuscade, roman posthume achevé en 1958 et publié en 1978, s'inscrit dans la veine guerrière de Fenoglio. Il retrace un épisode, parfaitement circonscrit, de la guerre civile qui opposa, au cours de l'été 44, partisans badogliens et fascistes. La précision et la sobriété stylistique propres à Fenoglio font de ce texte l'un des chefs-d'œuvre de la littérature contemporaine.
7,90 €
Les chiens aboient
Gallimard
«Je considère ces textes brefs, ces silhouettes et ces souvenirs - notes sur certaines gens, sur certains sites - comme une sorte d'atlas personnel, de géographie de ma vie d'écrivain tout au long de trois décennies : en gros, de 1945 à ces dernières années.Tout dans ce livre est emprunté à la réalité, ce qui ne veut pas dire que ce soit là le réel à l'état brut ; mettons que c'en est la meilleure approximation possible pour moi : un reportage même, à tout prendre, ne peut se dire vérité pure ; et pas davantage l'objectif d'une caméra. Car enfin, l'art n'est pas de l'eau pasteurisée : notre façon de percevoir, nos préjugés, le choix opéré par notre sensibilité, tout cela vien troubler le cristal du Vrai absolu.» Chacun des vingt-trois textes rassemblés ici vient illustrer cette conception toute intuitive de l'art dans sa relation avec la vie.

«Je considère ces textes brefs, ces silhouettes et ces souvenirs - notes sur certaines gens, sur certains sites - comme une sorte d'atlas personnel, de géographie de ma vie d'écrivain tout au long de trois décennies : en gros, de 1945 à ces dernières années.»
8,90 €
Au cœur des ténèbres
Gallimard
«Le soleil disparut, l'ombre s'abattit sur le fleuve, des lumières commencèrent à apparaître le long du rivage. Le phare de Chapman, juché sur ses trois pattes au-dessus d'un banc de vase, brillait d'un éclat vif. Des feux de navires se déplaçaient dans la passe - tout un remue-ménage de fanaux qui montaient et descendaient. Et plus loin à l'ouest, très en amont, l'emplacement de la ville monstrueuse avait laissé sa marque sinistre sur le ciel ; la masse pesante et sombre de tout à l'heure, au soleil, était devenue sous les étoiles une énorme lueur blême. "Ici aussi, dit soudain Marlow, ç'a été un des coins obscurs de la terre."» Au cœur des ténèbres relate le voyage de Charlie Marlow, un jeune officier de la marine marchande britannique, qui remonte le cours d'un fleuve au cœur de l'Afrique noire. Le périple se présente comme un lent éloignement de la civilisation et de l'humanité vers les aspects les plus sauvages et primitifs de l'homme.

Nouvelle édition

Nouvelle édition.
10,00 €
Les bas-fonds du rêve
Gallimard
Coups d'éclat et coups de gueule, joutes pour rire qui débouchent sur la mort, feux de la rampe braqués l'espace d'un soir sur un champion déchu, une courtisane défraîchie : les personnages de Juan Carlos Onetti sont ceux des tangos populaires que l'on fredonne en Uruguay, en Argentine. Minables héros d'une aventure frelatée avant d'être vécue, ils ont pour rendez-vous Santa María.Santa María : c'est dans cette ville imaginaire, quintessence de la vie provinciale, que se déroulent la plupart des romans et des nouvelles qu'Onetti à écrits tout au long de sa vie.Santa María : labyrinthe parcouru de fantômes voraces, hanté de rêves sordides, paradis des affaires véreuses, carrefour des tripots, terre promise de la supercherie, glorieuse de désirs inassouvis qui tuent ses habitants aussi sûrement que l'alcool qui y coule à flots.Santa María, c'est Montevideo ou Buenos Aires, où échouent les errants du monde entier en quête de fortune, d'identité, d'oubli.Écoutez cette voix poignante qui raconte avec une pitié pudique et une pointe d'humour noir l'angoisse quotidienne, le spleen et les médiocres joies du petit peuple : elle colle à la mémoire comme un air de bandonéon.

Coups d'éclat et coups de gueule, joutes pour rire qui débouchent sur la mort, feux de la rampe braqués l'espace d'un soir sur un champion déchu, une courtisane défraîchie : les personnages de Juan Carlos Onetti sont ceux des tangos populaires que l'on fredonne en Uruguay, en Argentine.
12,50 €
Le Promontoire du songe
Gallimard
«Invité trente ans plus tôt par son ami Arago, directeur de l’Observatoire, à regarder la lune au télescope, Victor Hugo se souvient n’avoir d’abord rien vu sinon "un trou dans l’obscur". À lire les pages éblouissantes qu’il consacre à la découverte soudaine de la lune, de son relief et du volcan appelé le Promontoire du songe, on comprend qu’il s’agit pour lui de l’un de ses "profonds souvenirs". Scène primordiale, pourrait-on dire, en ce que cette "secousse du réel", dont il dit la nécessité, fait voir, entre la "lune métaphorique" des poètes et la "lune algébrique" des savants, justement ce qu’on ne pourrait voir autrement, la "mappemonde de l’ignoré", nous rappelant que nous avançons dans l’inconnu. Et voilà que devant ce débordement de ce qui est par ce qui advient, la réflexion de Victor Hugo, tentant de penser ce à quoi il vient d’assister, se fait elle-même débordement, prolifération, foisonnement, jusqu’à retrouver, comme par mimétisme, les fulgurances, les aberrations, les monstruosités mais aussi le tragique, le grotesque, l’ "hilarité des ténèbres"…, ramenant à la source d’une imagination toujours en quête d’elle-même comme de l’insaisissable.» Annie Le Brun.

Invité trente ans plus tôt par son ami Arago, directeur de l’Observatoire, à regarder la lune au télescope, Victor Hugo se souvient n’avoir d’abord rien vu sinon «un trou dans l’obscur». À lire les pages éblouissantes qu’il consacre à la découverte soudaine de la lune, de son relief et du volcan appelé le Promontoire du songe, on comprend qu’il s’agit pour lui de l’un de ses «profonds souvenirs».
10,00 €
Le Bal au Kremlin
Gallimard
Moscou, 1930 : la révolution s'embourgeoise - et la haute société communiste s'amuse, avant le bain de sang. En poste dans la capitale soviétique, Malaparte fréquente les soirées élégantes de la nomenklatura : il y croise Boulgakov, Maïakovski désespéré, mais aussi la soeur de Trotski ou une danseuse étoile du Bolchoï, et bien sûr Staline, dont l'ombre plane déjà sur toutes les têtes... La noblesse marxiste de l'URSS dans ses fastes, avant la chute : tel est le véritable sujet de ce récit. Derrière les croquis au vif perce l'intuition surprenante du chroniqueur politique et du commentateur de l'Histoire. Le Bal au Kremlin, texte inachevé entrepris dès la fin de la guerre, constitue un des livres les plus marquants de Malaparte. On y retrouve le regard incisif et ironique du grand écrivain, prompt à saisir le grotesque, et l'horreur.
10,00 €
L'odeur du foin
Gallimard
Les récits qui composent ce livre sont étroitement liés aux écrits précédents de Giorgio Bassani. Cette fois encore, nous sommes presque constamment à Ferrare, et toujours dans la sphère de cette moyenne bourgeoisie, en majorité juive, que le fameux Jardin des Finzi-Contini aussi bien que les épisodes des Lunettes d'or et de Derrière la porte ont rendue familière au lecteur. Et lorsque nous ne sommes pas à Ferrare, mais à Rome ou à Naples, c'est encore le même narrateur que l'on rencontre ici et qui cherche inlassablement à comprendre les mystères de ce microcosme. L'odeur du foin constitue ainsi un ensemble de compléments à cette sorte de saga, d'inspiration parfois directement autobiographique, à laquelle l'auteur a travaillé de nombreuses années.La dernière phrase du livre, de l'un des écrivains les plus pudiques qui soient, est celle-ci : «À partir de maintenant, cela valait peut-être la peine que l'auteur des Cinq histoires ferraraises et des trois premiers chapitres des Lunettes d'or essaie lui aussi de sortir de sa tanière, qu'il se présente et ose finalement dire "moi".»

Traduction révisée par Vincent Raynaud.
6,60 €
Rendez-vous secret
Gallimard
Une femme disparaît. Emmenée à l'aube en ambulance. Hospitalisation forcée ? Enlèvement ? Fugue d'adultère ? Son mari enquête, de plus en plus certain d'être privé de son libre arbitre. Dans les souterrains d'un hôpital labyrinthique, structuré comme une ville fantôme sous surveillance électronique, entre des ruines de fondations, au milieu des préparatifs tragi-comiques d'une sinistre fête de commémoration, l'«homme» ne cesse d'errer, tout en rédigeant minutieusement des cahiers d'enquête. Un cheval qui mène l'opération. Une secrétaire nymphomane, conçue in vitro. Une fillette prostituée et mourante qui rétrécit d'heure en heure. Les figures que le narrateur croise appartiennent à un monde dominé par le sexe, l'angoisse, les manipulations scientifico-policières, le grotesque.Dosant avec une fascinante maîtrise l'absurde et le rationnel, Kôbô Abé signe avec Rendez-vous secret un roman policier, un livre pornographique, une fable poétique, un exercice de style de haute virtuosité. La comédie hyperréaliste du désespoir.

Dosant avec une fascinante maîtrise l'absurde et le rationnel, Kôbô Abé signe avec Rendez-vous secret un roman policier, un livre pornographique, une fable poétique, un exercice de style de haute virtuosité. La comédie hyperréaliste du désespoir.
10,50 €
Valjoie
Gallimard
Venu à Valjoie, où des citoyens de Boston tentent, dans les années 1830, une expérience de vie collective, Miles Coverdale tombe en plein mystère. Voici Zenobia, parfaitement belle et dominatrice, voici Priscilla, d'une grâce timide et frémissante, entraînées toutes deux dans l'orbite d'un inquiétant réformateur qu'obsède l'amendement des criminels, rivales et cependant unies, semble-t-il, par un lien inexplicable. Dans le cadre de ce phalanstère quelque peu fantaisiste, le lecteur est tenu en haleine par un drame psychologique conté au fil des souvenirs de Miles Coverdale - le porte-parole de Nathaniel Hawthorne - avec un humour savant et mesuré, souriant et mélancolique, qui projette un jour inédit sur le génie sombre et passionné de l'auteur de La lettre écarlate, ce compatriote d'Edgar Poe, cet ami de Melville, puritain et poète.

Venu à Valjoie, où des citoyens de Boston tentent, dans les années 1830, une expérience de vie collective, Miles Coverdale tombe en plein mystère...
9,95 €
Chaka
Gallimard
Chaka est le livre le plus célèbre de l'écrivain de langue souto, Thomas Mofolo. C'est une épopée inspirée de la vie réelle de Chaka (1786-1828) qui fonda un véritable empire en Afrique australe avant d'être assassiné par ses frères. Voici ce qu'écrit J.M.G. Le Clézio de ce livre où l'épopée est faite de la naissance d'un peuple : «L'on entend ici la voix des pasteurs bassoutos, leurs paroles à la fois cérémonieuses et pleines d'humour ; l'on entend la voix des conteurs, des guerriers, des féticheurs, comme autrefois, dans les chansons de geste, la voix des soldats et des ménestrels. Ce livre tragique et violent est aussi un livre d'images, un conte fabuleux, et un document sur la vie du peuple zoulou à la veille de l'arrivée des Oum'loungou, les Hommes Blancs. C'est bien là la force des grands poèmes épiques. Ils sont à la fois les livres d'un peuple, pleins de la vérité terrestre, et les messages secrets de l'au-delà. Chaka, symbole de la grandeur et de la chute de l'empire zoulou, par son aventure exemplaire nous révèle un autre monde où les vérités essentielles sont encore vivantes. Alors, écoutant cette parole pleine de force, nous reconnaissons notre propre aventure, qui va du réel au magique.»

Nouvelle édition en 2010

«L'on entend ici la voix des pasteurs bassoutos, leurs paroles à la fois cérémonieuses et pleines d'humour ; l'on entend la voix des conteurs, des guerriers, des féticheurs, comme autrefois, dans les chansons de geste, la voix des soldats et des ménestrels.» J.M.G. Le Clézio. Nouvelle édition.
12,50 €
La famille Vortex
Gallimard
La famille Vortex est un roman plein d’une puissante poésie. Le vent le rythme, le souffle de la mer le traverse. Les Vortex ? C’est d’abord Solon, le père, ancien marin, et Olga, la mère, descendante des Arawaks (premiers occupants de l’île). Mais c’est surtout, issu de ce couple magnifique et solaire, de la «matrice d’or» d’Olga, un tourbillon d’enfants : Joseph le prélat, Louis le professeur, Edgard l’officier, Sylvain le médecin, et encore Astrid, Sylvie, Ludovic. Tous se jettent avec passion dans la vie sociale. Les enfants Vortex portent en eux les plus riches qualités d’Haïti. Mais pourquoi cette histoire, qui s’ouvre sur un Noël familial en Haïti, s’achève-t-elle par un Noël d’exil ? C’est que les destinées des Vortex ont été brisées par les tempêtes politiques, par la lutte pour le pouvoir et par la brutalité rusée de l’armée… La fécondité des Vortex, qui est celle même d’Haïti, s’est retournée en une stérilité désolée. Le roman de Métellus affirme, de tout son éclat sensuel, les vivantes possibilités que recèle le peuple haïtien en dépit des intrigues du pouvoir. C’est avec cette vie humiliée mais indomptable que le romancier fait alliance, par son écriture même, par ses rythmes, par ses images, par ces «poignées de vent que chaque parole éjecte».

La famille Vortex est un roman plein d’une puissante poésie. Le vent le rythme, le souffle de la mer le traverse. Le roman de Métellus affirme les vivantes possibilités que recèle le peuple haïtien en dépit des intrigues du pouvoir.
9,00 €
Vieille Sicile
Gallimard
Ces nouvelles ont été choisies à dessein pour dévoiler un aspect inconnu de Pirandello, un Pirandello régionaliste, tout nourri du folklore de son île, hanté par les récits entendus dans son enfance - légendes garibaldiennes, évocations de brigands. La Sicile de Pirandello se réduit d'ailleurs à un coin bien localisé, son pays natal, le pays d'Agrigente, son port, ses soufrières, sa campagne semi-tropicale, ses populations croupissant dans la misère, la superstition et l'ignorance séculaires, entretenues par le régime des Bourbons et des prêtres. Ce qu'on trouvera dans ce recueil, à travers la variété des images et du ton, c'est donc l'atmosphère et comme la sensation charnelle de cette «Vieille Sicile», base solide et point de départ de toute l'œuvre pirandellienne.

Ces nouvelles ont été choisies à dessein pour dévoiler un aspect inconnu de Pirandello, un Pirandello régionaliste, tout nourri du folklore de son île, hanté par les récits entendus dans son enfance - légendes garibaldiennes, évocations de brigands...
9,50 €
Le trompette-major
Gallimard
À Overcombe, la belle Anne et sa mère, la veuve Garland, mènent une vie paisible et sans histoire. Mais la menace d'un débarquement des troupes napoléoniennes amène dans les environs de cette petite ville un régiment de l'armée anglaise, qui compte dans ses rangs John Loveday, le jeune trompette-major, et son frère, le capitaine Bob. Les deux frères, auxquels s'ajoute Festus Derriman, neveu d'un riche châtelain, vont alors, avec des fortunes diverses, tenter d'affirmer leurs sentiments et conquérir le cœur d'Anne Garland. Récit d'une histoire d'amour aigre-douce, Le trompette-major traite de l'irrésolution de la jeunesse, de l'ambiguïté du désir et de la loyauté. C'est aussi pour Thomas Hardy, fasciné par les guerres napoléoniennes, l'occasion de dresser un tableau vivant de la vie du sud de l'Angleterre dans les dernières années du XIXᵉ siècle. Le roman, qui oscille entre tragédie et burlesque, témoigne de son habileté à décrire des personnages tous voués à une étrange paralysie de l'âme, à l'impossibilité radicale de dire - et surtout de se dire - la simple vérité des choses.

Récit d'une histoire d'amour aigre-douce, Le trompette-major traite de l'irrésolution de la jeunesse, de l'ambiguïté du désir et de la loyauté. C'est aussi pour Thomas Hardy, fasciné par les guerres napoléoniennes, l'occasion de dresser un tableau vivant de la vie du sud de l'Angleterre dans les dernières années du XIXᵉ siècle.
11,20 €
Collection L'Imaginaire Mildred Pierce
Gallimard
Réédité en tirage limité, le roman de James M. Cain est ici accompagné du DVD du film de Michael Curtiz. Tournée en 1945, la version cinématographique de Mildred Pierce instille habilement les codes du film noir dans l'univers familial du mélodrame. Joan Crawford y campe un personnage magnifique de mère tragique, victime de la cruauté de sa propre fille. L'oscar qu'elle remporta pour ce rôle permit de relancer la carrière de cette légende d'Hollywood auquel plus personne alors ne croyait.

Le roman de James M. Cain est ici accompagné du DVD du film de Michael Curtiz. Tournée en 1945, cette version cinématographique instille habilement les codes du film noir dans l'univers familial du mélodrame. Joan Crawford y campe un personnage magnifique de mère tragique, victime de la cruauté de sa propre fille.
13,60 €
En liberté dans les champs du Seigneur
Gallimard
«La Famille Martin Quarrier est arrivée ! Priez avec ferveur pour Ses serviteurs Martin et Hazel Quarrier, priez pour votre correspondant et sa femme, Andy, qui ont pour tâche de porter Sa parole aux sauvages Niarunas, car l'entreprise s'annonce dangereuse et ardue. Nous avons besoin de toutes vos prières, car Satan rassemble ses forces et l'Opposition, toujours vigilante, tirera profit de notre premier faux pas.» En compagnie de leur fils, Martin et Hazel Quarrier partent rejoindre Leslie et Andy Huben, comme eux missionnaires protestants, pour évangéliser une des tribus les plus primitives de la jungle amazonienne, les Indiens Niarunas. Leurs efforts se heurteront à l'obscurantisme et à la duplicité des Indiens, aux entreprises de l'opposition catholique, à l'hypocrisie des autorités locales, au cynisme de deux hors-la-loi américains retenus par les circonstances à Madre de Dios, mais aussi, et surtout, à leurs propres contradictions… En liberté dans les champs du Seigneur évoque la confrontation de deux mondes, que tout oppose. Peter Matthiessen remet en question le mythe du bon sauvage et celui de la mission civilisatrice, avec ce qu'elle implique de prétention, d'orgueil et de bêtise. Il livre dans ces pages d'une rare beauté de ton et d'inspiration une fresque dense et envoûtante, à l'image de la jungle, aux frontières du document.

En liberté dans les champs du Seigneur évoque la confrontation de deux mondes, que tout oppose. Peter Matthiessen remet en question le mythe du bon sauvage et celui de la mission civilisatrice, avec ce qu'elle implique de prétention, d'orgueil et de bêtise.
10,65 €
Les Hommes mutilés
Gallimard
Franz Polzer est un employé de banque ponctuel et méticuleux. Il détestait son père et sa belle-mère ; la vie sexuelle est pour lui une hantise fascinante. Il loge chez Madame Porges, énorme et disgracieuse, qui l'entraîne dans son lit. Honteux devant ses collègues, il se cache. Franz a un ami d'enfance, Carl, juif et riche, atteint d'une sorte de gangrène, et dont la ravissante épouse, Dora, refuse la présence d'un infirmier pour soigner son époux.La veuve Porges, la logeuse, va alors semer le trouble en imposant un infirmier colossal et inquétant. Elle va tramer de sombres intrigues mêlant le chantage, la jalousie, le mensonge et le goût effréné de l'argent, pour plonger Franz et les autres dans un drame où l'érotisme bizarre côtoie la violence et bientôt la mort.Un roman court, étrange et beau qui dévoile un monde très proche de celui de Franz Kafka.

Nouvelle édition de l'ouvrage paru sous le titre Les sous-hommes

Franz Polzer est un employé de banque ponctuel et méticuleux. La veuve Porges, sa logeuse, va le plonger dans un drame où l'érotisme bizarre côtoie la violence... Un roman court, étrange et beau, qui dévoile un monde proche de celui de Kafka.
7,80 €
Apothéose
Gallimard
Ce livre de Ferdinando Camon, consacré à la mort de sa mère, retrace l'un des plus grands et des plus insensibles événements de I'Histoire : la fin de la civilisation paysanne. Elle s'accomplit dans les années soixante avec l'arrivée dans les campagnes de l'électricité, de la radio et, pour la première fois, des nouvelles et bientôt des images du monde entier. Avec la civilisation paysanne disparaît un type d'homme, ainsi qu'un type de morale. L'auteur qui, sans renier ses origines, a émigré dans une autre culture - celle « des mots » -, participe aux obsèques. « Maintenant, la mère était morte, mais cela n'était pas possible. » Son être va continuer à s'effacer. « Je voudrais la prier de s'arrêter de mourir », écrit-il. C'est alors que le père, paysan taciturne, entreprend, dans une sorte de délire commémoratif épique, de construire un « autel », sorte de chapelle votive à cette morte dont l'effacement était tel qu'il ne lui adressait pas la parole et semblait même ne pas la voir de son vivant. Rapportant quatre ans plus tard l'oeuvre du père, le fils élève à son tour un « autel de paroles » à la disparue. Livre bref, volontairement et admirablement pauvre de vocabulaire aussi bien que de syntaxe, et qui parvient, pour la première fois sans doute, à faire passer quelque chose du génie paysan, jusqu'ici sans voix, dans la littérature universelle.
7,00 €
La Mort de Virgile
Gallimard
Virgile est mort à l'âge de cinquante et un ans, à Brindisi, le 21 septembre 19 av. J.-C., au retour d'un voyage en Grèce où il avait contracté la malaria. Déçu par son temps, il avait voulu, au cours de ses derniers jours, détruire le manuscrit de L'Enéide.

Tels sont les faits historiques qui ont servi de point de départ à l'ouvrage d'Hermann Broch, vaste méditation lyrique où les rêves du poète à l'approche de la mort se mêlent, dans le flux d'un monologue intérieur, aux ultimes conversations qu'il a avec ses amis.

Le livre s'ouvre sur la vision de la flotte romaine entrant dans le port de Brindisi. Le poète, déjà moribond, se trouve à bord d'un des vaisseaux. Porté à travers les rues misérables de la ville, Virgile arrive au palais impérial où il va lutter une nuit et un jour contre la mort. C'est là le premier «mouvement» du livre, «l'Eau», comparable à celui d'une symphonie. Le second mouvement, intitulé «le Feu», nous entraîne dans les régions de l'horreur et de la peur où s'abîme l'esprit du poète. Nous vivons la grande tentation qui s'offre à lui : brûler L'Enéide.

Avec le jour se lève le troisième mouvement, «la Terre» : Virgile reçoit ses amis, l'empereur Auguste notamment, qui obtient que L'Enéide soit sauvée. Le dernier mouvement, «l'Air», nous plonge dans les affres de l'agonie du poète.

La Mort de Virgile, par sa facture poétique et sa conception symphonique, évoque La Tentation de saint Antoine ou encore Moby Dick, mais c'est aux grands écrivains de l'Antiquité, à l'auteur de L'Enéide lui-même qu'il met en scène, à Platon à la fois philosophe et poète, que l'écrivain allemand a voulu se mesurer.

Cet ouvrage a paru pour la première fois en 1945.
17,00 €
L'Origine
Gallimard
Salzbourg, c'est la beauté, l'art, la culture. C'est aussi une ville au climat pourri, peuplée de bourgeois bornés, mesquins, matérialistes, hypocrites, une ville haïe de l'auteur qui y est né, qui ne peut jamais y retourner sans se sentir à nouveau accablé par l'atmosphère qui s'en dégage, où tout être sensible se sent condamné à tous les abandons et parfois au suicide. C'est l'idée du suicide qui obsédait le collégien lorsque, dans le cagibi à chaussures de l'internat où l'avait placé son grand-père, il étudiait le violon. Internat dirigé par un nazi, selon des méthodes éprouvées, guère différentes de celles des bons catholiques qui le remplacèrent après la défaite. Entre-temps il y a eu la guerre et les bombardements avec leurs visions d'horreurs.Premier volume autobiographique de Thomas Bernhard, L'origine nous plonge dans l'enfer quotidien de l'internat dans lequel il a passé son adolescence. D'abord tenu par les nazis, il est reconverti en établissement catholique, après la chute du IIIᵉ Reich, mais les méthodes restent les mêmes... Un surprenant roman d'éducation écrit dans une langue admirable.

Premier volume autobiographique de Thomas Bernhard, L'origine nous plonge dans l'enfer quotidien de l'internat dans lequel il a passé son adolescence. Un surprenant roman d'éducation écrit dans une langue admirable.
9,50 €
Collection L'Imaginaire Un thé au Sahara
Gallimard
Réédité en tirage limité à l'occasion des trente ans de la collection L'Imaginaire, le roman de Paul Bowles est ici accompagné du DVD du film de Bernardo Bertolucci. Réalisé en 1990 par l'auteur du somptueux film Le dernier empereur, tourné dans les superbes décors de l'Algérie et du Niger, Un thé au Sahara est si fidèle au livre que le rôle du narrateur est tenu par... Paul Bowles lui-même !

Le roman de Paul Bowles est ici accompagné du DVD du film de Bernardo Bertolucci, réalisé en 1990 et tourné dans les superbes décors de l'Algérie et du Niger. Le rôle du narrateur y est tenu par... l'auteur lui-même !
12,65 €
Maudits soupirs pour une autre fois
Gallimard
Si ce récit ne fait pas partie de l'œuvre de Céline au sens strict, puisqu'il n'a pas été publié par lui tel quel, il n'en est pas moins un texte pleinement célinien. Il s'agit d'une première version de Féerie pour une autre fois, dont le titre est déjà trouvé pour moitié. Quant au récit, s'il est déjà proche du texte définitif dans ses premières pages, il en diffère assez par la suite pour faire figure d'inédit. Le roman publié s'en est en effet éloigné, d'abord parce que Céline a éprouvé le besoin de faire suivre ces premières pages d'un prologue polémique (Féerie I), ensuite parce qu'il a renoncé à reprendre pour le parfaire le récit de tous les épisodes qui suivaient le bombardement de Montmartre (Féerie II). On a donc ici affaire au Féerie pour une autre fois tel que Céline l'avait imaginé et écrit à l'origine.

Une version primitive de Féerie pour une autre fois

Si ce récit ne fait pas partie de l'œuvre de Céline au sens strict, puisqu'il n'a pas été publié par lui tel quel, il n'en est pas moins un texte pleinement célinien. Il s'agit d'une première version de Féerie pour une autre fois, qui en diffère assez pour faire figure d'inédit.
11,00 €
La brèche
Gallimard
La nuit n'en finit pas de tomber sur Moscou. La ville, que désertent peu à peu ses habitants, est encore hantée par des foules sporadiques et inquiétantes. Plus rien ne fonctionne : téléphoner, prendre l'autobus, se procurer des produits de première nécessité relève de l'exploit. Les intellectuels, eux, vivent dans un monde souterrain auquel on accède par un boyau très étroit débouchant directement dans un restaurant. Attablés là, ils échangent de brillantes et profondes pensées. Mais l'oxygène y est rare et l'éclairage artificiel blesse les yeux. Klioutcharev, l'un des rares intellectuels demeurés à la surface, subsiste tant bien que mal avec sa femme et son fils, arriéré mental, grâce à des descentes régulières dans ce monde souterrain. Mais la brèche, inexorablement, se rétrécit... Parabole sur l'impasse de la société soviétique, La brèche a également une résonance plus universelle. Le héros de Makanine, rampant comme un ver dans son étroit tunnel et retrouvant en lui une sorte d'animalité archaïque, n'est pas sans évoquer Kafka. C'est aussi l'image de l'homme aujourd'hui, en suspens entre divers périls, et cheminant, douloureusement, vers quelque improbable renaissance.

Parabole sur l'impasse de la société soviétique, La brèche a également une résonance plus universelle. Le héros de Makanine, rampant comme un ver dans son étroit tunnel et retrouvant en lui une sorte d'animalité archaïque, n'est pas sans évoquer Kafka...
8,00 €
La Matrice
Gallimard
«L'armée : gadoue, puanteur, abomination de la désolation.» L'homme qui écrit cela et qui se trouve être colonel, célèbre, voire «roi sans couronne», s'engage incognito comme simple soldat dans l'aviation de Sa Majesté. Quand on a exercé le pouvoir en s'en défiant et sans l'aimer, pourquoi ne pas tâter de l'obéissance absolue, de la servitude ? Et au fond, plutôt que de sombrer dans la gloire ou la folie, pourquoi ne pas rester un temps en friche, dans le terre à terre parfait de l'abrutissement militaire, en marge du monde et de sa propre vie ? C'est de l'épreuve vécue jour après jour, consignée nuit après nuit, que naîtra La matrice, un supplice. Et c'est avec un souci de vérité photographique que T.E. Lawrence enregistra son expérience dans le broyeur : les mille détails, tous éprouvés, tous authentiques, furent notés très serré, sans recul, en une sorte de «sténographie émotive et intellectuelle». Puis, des mois durant, T.E. Lawrence travailla inlassablement cette matière pour la mettre en forme. Et de l'abîme qu'il laisse parfois entrevoir monte un souffle brûlant qui vient lécher dangereusement nos frêles raisons de vivre.

Nouvelle édition en 2006

«L'armée : gadoue, puanteur, abomination de la désolation.» L'homme qui écrit cela et qui se trouve être colonel, célèbre, voire «roi sans couronne», s'engage incognito comme simple soldat dans l'aviation de Sa Majesté...
8,50 €
Les trois arbres de Palzem
Gallimard
«Pourquoi ne ferions-nous pas, de temps en temps, un peu de toilette spirituelle ? Pourquoi pas aujourd'hui, par exemple ? Je ne parle pas de la grande lessive, telle qu'elle ne sera faite qu'une fois au jour du Jugement, et pour laquelle il faudra des volumes, si on entre dans le détail ; non, un simple petit débarbouillage : un tour d'oreille.» La plume de Jean Giono chroniqueur n'est pas différente de celle du romancier. En peu de mots, il crée des mondes, il enchante. Ici, il nous fait part d'une sagesse un peu amère. Dans ces textes écrits de 1951 à 1965, l'écrivain découvre que le monde est mauvais, que l'homme aime le sang, qu'il s'acharne à détruire la nature. Giono, toujours du côté de l'individu contre la masse, du travailleur contre ceux qui le gouvernent, peut paraître passéiste, sans doute, mais c'est parce que le monde de naguère lui semble plus humain. Quelques pages lui suffisent pour inventer une histoire fabuleuse, l'œil toujours prêt à croquer sur le vif personnages et paysages, et à les mettre en scène pour un de ces merveilleux spectacles que lui dicte son imagination.

«Pourquoi ne ferions-nous pas, de temps en temps, un peu de toilette spirituelle ? Pourquoi pas aujourd'hui, par exemple ? Je ne parle pas de la grande lessive, telle qu'elle ne sera faite qu'une fois au jour du Jugement, et pour laquelle il faudra des volumes, si on entre dans le détail ; non, un simple petit débarbouillage : un tour d'oreille.»
9,50 €
Le 19 octobre 1977
Gallimard
«On connaît les ingrédients des récits ; je n'en refuse aucun, et voici de la conversation, de l'amour, de l'amitié, des rencontres, de la mort, des lectures..., mais tout cela est également ce qui fait la vie. M'intéresse le portrait que les uns tirent de l'autre à travers cette boîte qu'on appelle la tête. Et dans la tête m'intéressent surtout les yeux, qui sans cesse transforment le visible en pensée par une opération dans laquelle la ressemblance tient lieu de vérité. N'en va-t-il pas du vécu comme du visible ? Ils s'articulent inséparablement dans ce mensonge qui, en les disant, en les écrivant, court après la vérité - et qui les fixe en quelques instantanés très ressemblants. Il n'y a pas de suite, mais un perpétuel fondu enchaîné qui fait comme si. On rêve d'un miroir à trois faces qui permettrait de voir la vie de dos. On écrit dans ce sens, et puis, après tant de livres axés sur l'intérieur, sur l'ordre du dedans, ce 19 octobre 1977 remet le je du narrateur à sa place de simple figure optique. Du coup, tout n'est que matériau de la pensée.Toujours et malgré les innombrables leurres, la pensée assemble et permute de l'extérieur. C'est pourquoi ce livre est aussi le premier monologue extérieur.»

Au hasard de ses flâneries sur les quais de Seine, le 19 octobre 1977, le narrateur fait l’acquisition, auprès d’un bouquiniste, d’un livre qui a la curieuse particularité d’être « muet », c’est-à-dire dépourvu de titre, de couverture et, naturellement, de tout nom d’auteur…
7,00 €
Vie de Samuel Belet
Gallimard
Il n'y a peut-être pas de livre de Ramuz qui soit plus représentatif de son genre que la Vie de Samuel Belet. Dans le déroulement de cette existence qui, par le chemin des passions et de la violence, aboutit au renoncement joyeux et à la paix de l'âme, Ramuz semble avoir fait tenir toute sa riche expérience humaine. Ce petit paysan suisse que l'amour et l'ambition arrachent à son milieu et à sa patrie - pour qui le désespoir n'est pas la leçon de l'échec, non plus que l'envie ne peut être celle de la pauvreté -, qui croit envers et contre tout à l'amour, à l'amitié et à la pureté, nous enrichit d'une leçon qui est la leçon même de l'œuvre de Ramuz. Ce livre a le rythme même de la vie qu'il conte - une vie simple et pleine, dont l'effort est la grande loi, mais qui accueille également la passion dont la fatalité est aussi une grande loi de la vie de l'homme. Les fautes de Samuel Belet sont, comme ses vertus, nées du plus profond de lui-même ; elles sont, les unes et les autres, son expression complète. De là, le merveilleux équilibre de l'un des récits les plus humains qui soit tombé de la plume de Ramuz.

Nouvelle édition en 2005

Il n'y a peut-être pas de livre de Ramuz qui soit plus représentatif de son genre que la Vie de Samuel Belet. Il a le rythme même de la vie qu'il conte - une vie simple et pleine, dont l'effort est la grande loi, mais qui accueille également la passion dont la fatalité est aussi une grande loi de la vie de l'homme.
12,50 €
L'Homme à la colombe
Gallimard
L'ONU est en émoi. Un fantôme hante les couloirs de l'Organisation. On découvre qu'il s'agit d'un jeune cow-boy du Texas, venu faire des études supérieures à New York, au grand dam de son père. Dévoué avec passion à l'idéal des Nations unies, le jeune homme loge avec sa colombe dans un réduit secret du gratte-ciel. Il s'aperçoit vite que l'ONU est une machine qui fonctionne à vide. Déçu, le héros extravagant et tragique conçoit alors un complot qui doit ridiculiser l'institution... Romain Gary a publié ce roman en 1958 sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi. L'auteur occupait alors des fonctions diplomatiques qui l'empêchaient de signer un tel texte. Il inaugure avec ce livre le recours au pseudonyme, qui lui permit de recevoir deux fois le prix Goncourt.
8,00 €
Vacances
Gallimard
«Je n'ai jamais connu personne qui, autant que Marc Bernard, eût le travail en horreur. Il suffisait que l'on en proposât un à cet homme si bon pour qu'une lueur mauvaise s'allumât dans ses yeux bleus. Une fois pour toutes, entre le travail et la pauvreté, il avait choisi. C'est pourquoi le lecteur qui ouvre le présent recueil, Vacances, ne doit pas se laisser abuser par le titre. Venant de celui qui tenait si farouchement le travail à distance, il n'est pas possible qu'il s'agisse de congés payés, et pas davantage de Club Méditerranée. Vacances, malgré son titre, n'est pas fait de pages heureuses, de souvenirs ensoleillés. Marc appelle vacances les moments privilégiés où il s'est vraiment senti libre.»Roger Grenier.

Nouvelle édition

«Vacances, malgré son titre, n'est pas fait de pages heureuses, de souvenirs ensoleillés. Marc Bernard appelle vacances les moments privilégiés où il s'est senti vraiment libre.» Roger Grenier.
8,05 €
Tous les feux le feu
Gallimard
Qui de nous ne s'est jamais trouvé pris dans un embouteillage ? Qui n'a tenté de tuer le temps en observant les passagers des voitures voisines, en essayant de gagner quelques mètres sur eux et en échangeant des pronostics, bons ou mauvais, sur le développement de la situation ? Mais que se passe-t-il si l'embouteillage dure des jours, des semaines, des saisons ? C'est ce que Cortázar imagine dans L'autoroute du Sud, la première des huit nouvelles de ce recueil. En décrivant les rapports de solidarité et de peur, de tendresse et de hargne qui s'établissent entre les victimes de cet «état de siège» moderne, c'est toute une nouvelle sociologie - tantôt drôle ou tendre, tantôt tragique - qu'il invente au cours des péripéties.Ainsi, dans l'admirable Autre ciel, l'on voit le protagoniste circuler avec la plus grande aisance entre le passage Güemès à Buenos Aires, où il laisse sa fiancée Irma à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et la galerie Vivienne à Paris, où il retrouve la prostituée Josiane à la fin de la guerre de 70... Dans la nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage, le parallélisme de deux séries temporelles nettement distinctes brise résolument la succession linéaire du temps, comme la structure euclidienne de l'espace, pour atteindre à une vérité plus humaine...Pour Julio Cortázar, rien, en effet, n'est plus inquiétant que la plus banale des réalités, et la trame du quotidien est tissée de signes insolites, pour qui sait les lire.

Pour Julio Cortázar, rien n'est plus inquiétant que la plus banale des réalités...
10,00 €
La Pierre et l'oreiller
Gallimard
«J'avais dormi à l'hôtel du Chemin de Fer. J'avais fait ce que j'avais pu, j'avais couru et marché, j'avais dormi, j'avais écrit et lu, j'avais eu des contacts avec les femmes, l'histoire, j'avais même été communiste, l'art, la culture. Tout ça pour en arriver à se coucher. [...]Je comprenais ainsi pourquoi elle s'était finalement attachée à moi : parce que je lui offrais et l'aventure et l'organisation, et l'instabilité et la stabilité, la stabilité du mari et l'instabilité de l'amour, l'oreiller et la pierre.»

Poète, essayiste, romancier, critique d'art, Christian Dotremont (1922-1979) a tenu une place importante dans le surréalisme sous l'Occupation et après la guerre, et dans les mouvements artistiques.
7,80 €
Conte de la 1002ᵉ nuit
Gallimard
À un chah de Perse saisi de tenace mélancolie, le chef de ses eunuques conseille un voyage dans la vieille Europe. Ainsi, pour la première fois depuis des siècles, le descendant des envahisseurs orientaux revient à Vienne, en voyage officiel cette fois. Il jette bientôt son dévolu sur une ravissante comtesse, exige de passer une nuit avec elle. Les autorités, police, militaires, s'emploient à satisfaire son caprice. Mais c'est dans une maison close aménagée pour l'occasion, auprès d'une prostituée qui ressemble à la comtesse, que sera habilement guidé le potentat ravi.Commencé à la manière d'un conte oriental, le récit prend bientôt sa véritable dimension de roman viennois, roman d'une société naïve et cynique, corrompue et promise à la mort. Cette 1002ᵉ nuit est bien l'une des dernières fêtes viennoises célébrée par la littérature.

«Cette nuit-là, Sa Majesté le shah de Perse fut convaincue que l'art de l'amour était beaucoup plus raffiné en Occident que dans son pays...»
8,00 €
Les Oncles de Sicile
Gallimard
"Après avoir déjeuné - nous mangions presque tous du pain avec des sardines salées et de l'oignon cru - nous reprîmes le travail. Mon oncle nous recommanda une fois encore : "tenez vos lampes très bas", une minute plus tard, il vint du fond de la galerie un rugissement de feu ; le feu vint vers nous en hurlant comme l'eau que j'avais vue au cinéma se ruer par les vannes ouvertes ; mais cela, je le pense maintenant, et je ne suis pas sûr que cela ait été exactement comme ça, je voyais le feu qui m'arrivait dessus et je ne comprenais rien, mon oncle criait "le grisou !" et m'entraînait, et je courais déjà comme dans un rêve. " Dans chacune de ces nouvelles de Leonardo Sciascia, le petit monde sicilien se trouve transformé par un tournant de l'Histoire : la victoire de Garibaldi bouleverse la vie d'un hobereau monarchiste ; pendant la guerre d'Espagne, un paysan engagé du coîté des franquistes découvre qu'il se bat contre ses frères ; à la Libération, les Américains débarquent avec leurs bienfaits, mais aussi leurs incompréhensions ; à la mort de Staline, un cordonnier ne se remet pas des révélations du XXᵉ Congrès.
12,00 €
Le lit à colonnes
Gallimard
«Son visage cerné d'ombre et ses yeux, dont il distinguait la large place sous son front, avaient l'expression que l'on voit à certains portraits d'inconnues dans les châteaux : quelque chose de fatal et d'éperdu qui rend plus touchante la beauté de la jeunesse et fait haïr le temps."Qui est-elle ?" murmura-t-il. Comme il se posait cette question, une chauve-souris vint se coller à la vitre illuminée et sembla coiffer Marie-Dorée d'un présage de malheur.»
12,50 €
Oneïros ou la belle lurette
Gallimard
«Mon bouquin intitulé Oneïros raconte d'abord l'histoire d'un garçon qui cherche avec obstination - puérile si l'on veut : il a vingt ans - ce qu'il y a derrière les apparences. Puis il comprend une suite de mélanges - je ne sais trop comment appeler cela, ce ne sont pas exactement des poèmes en prose - composés plus tard par le narrateur lorsqu'il possède assez de recul et de lucidité pour faire le bilan de ses souvenirs, de ses rêves : virées en banlieue et dans les bals musette, contact avec l'insolite, figures des années de "la belle lurette", descriptives de songes, paysages qui s'emboîtent soudain dans l'irréel.[...] Je ne sais si tout ça tient debout : je sais simplement qu'il me fallait fixer certaines images sur les plaques sensibles de l'imagination. [...]»André Hardellet.Cet ouvrage est composé de vingt-trois textes, dont onze sont inédits.

Un recueil de vingt-trois textes de prose poétique, dont onze sont inédits.
7,00 €
Les chasseurs I et II
Gallimard
«Vous raconterai-je la jeunesse des roseaux et des mares ? Vous dirai-je les déambulations nocturnes des statues qui changent de socle au clair de lune ?Nous explorions les balcons et les toits où l'on pénètre dans des flaques de musique inexprimable. De haut et de loin, nous apercevions le Guet, si ridiculement pesant qu'il devait renoncer à l'espoir de nous atteindre jamais. Le vin puissant de la tristesse nous faisait chanter. Nous mettions les filles à mal en exigeant l'Olympe dans leurs yeux, dans leurs reins. Puis, redescendus sur le pavé, nous nous battions au poignard contre les assassins de l'aube, les peaux-rouges surgis de coupe-gorge atroces.Mais le plus souvent, nous nous contentions de regarder n'importe quoi - des promesses par exemple. C'est un art subtil où nous étions passés maîtres.»André Hardellet.
8,50 €
Puissances de Paris
Gallimard
On sait l'importance de la ville et, en premier lieu, de Paris dans l'œuvre poétique et romanesque de Jules Romains, depuis La vie unanime jusqu'aux Hommes de bonne volonté.Paru pour la première fois en 1911, ce recueil de «radioscopies» unanimistes tentait de fixer l'âme d'une grande métropole, d'en saisir les lois physiques, mentales, d'ausculter ses rythmes et ses pulsations, comme d'un être aux multiples visages, à la fois changeants, insaisissables et mystérieux.Les «puissances de Paris», c'étaient les forces, les pouvoirs qui émanaient de ses rues, de ses squares, de ses places, de ses passages et de ses rassemblements plus ou moins éphémères que Jules Romains, inlassable arpenteur de «sa» ville, prétendait détecter pour nous en restituer la singulière poésie, conçue comme une traversée des apparences.
7,00 €
L'Homme-Jasmin
Gallimard
«Je promenai encore un regard autour de moi pour voir s'il me restait quelque chose à faire. Mais à présent l'ordre seul semblait gouverner dans la pièce. Tous les yeux tristes et étrangers qui couvraient les murs de cette chambre se fermèrent lentement de sommeil. Une dernière fois je regardai par la fenêtre là-bas où, un jour, j'avais vu par le trou de la serrure de cette pièce les yeux de mon ennemi. Tout l'horizon à gauche, au fond, où l'aigle blanc avait disparu, ne semblait empli que d'un seul sourire comme aveuglé de bonheur. Un sourire que j'avais vu une fois, me promenant en rêve et comme suspendue, par un jour de soleil qui ne finissait jamais.J'étais consolée et je quittai la maison à l'aube.»
12,00 €
Les Mémoires d'un veuf
Gallimard
Les mémoires d'un veuf, le titre choisi dit assez l'intention autobiographique. Verlaine n'a pas attendu le remariage de Mathilde, qui eut lieu le 30 octobre 1886, dans le temps même, précisément, où paraissait l'ouvrage, pour se considérer, par un pathétique paradoxe qui n'en traduit pas moins une étrange fidélité, à soi, à l'autre, comme «veuf». «C'est moi le quitté», disait déjà la lettre du 4 octobre 1872 à Victor Hugo. Parti, en effet, mais non détaché. Détaché, il ne le sera jamais. Et il lui a suffi, pour se sentir rejeté, abandonné, «veuf», de n'être pas aussitôt pardonné et repris ; il a suffi, même, que sa supplication ne fût pas entendue. Le veuf, lui aussi, l'inconsolable, c'est cela qu'il se croit, qu'il se sent ou qu'il se veut. Un des beaux poèmes d'Amour : Un veuf parle, est daté de 1878. La litanie ne finira plus. Mais, veuf, ce n'est pas de Mathilde seulement qu'il l'est : c'est de tout ce qu'il a connu et aimé, et dont pas davantage, jusqu'à la fin, il l'est de Lucien Viotti, l'ami ou l'amant de sa jeunesse, il l'est de soi-même peut-être et de sa propre vie.Jacques Borel.
7,50 €
Les Bestiaires
Gallimard
Dès sa première adolescence, Montherlant s'est enthousiasmé pour les courses de taureaux, découvertes au cours de vacances en Espagne. Il a lui-même pratiqué l'art tauromachique et a reçu, en 1925, un assez grave coup de corne. Les Bestiaires - où l'on retrouve le héros du Songe, Alban de Bricoule, rajeuni de quelques années - est l'œuvre que l'écrivain a tirée de son expérience des taureaux et de sa connaissance de l'Espagne. Dans les corridas, Montherlant ne voit pas seulement une épreuve tragique où l'homme affronte la mort, mais une cérémonie religieuse, un sacrifice sanglant hérité de l'ancienne religion de Mithra.
11,50 €
On vient chercher Monsieur Jean
Gallimard
C'est dans le Paris des tramways et des fiacres que Jean Tardieu vécut son enfance. La rue Chaptal (son domicile), la rue Ballu où l'on venait, en fin d'après-midi, «chercher Monsieur Jean» chez sa marraine, bien d'autres lieux sont, pour lui, peuplés de souvenirs.Plus tard, ce seront les misères, les travaux et les jours, le hasard des rencontres (notamment au «Club d'essai» de la radio, les amitiés fidèles, les seules qui comptent.Une modestie exemplaire, une générosité de cœur et d'esprit, une présence aux autres et au monde qui n'exclut pas la rêverie caractérisent ce grand poète dont le propos, où le sérieux se cache sous l'humour, est de se «demander sans fin comment on peut écrire quelque chose qui ait un sens».
9,00 €
Théâtre/Roman
Gallimard
«Qu'on entende bien que, lorsque je dis le théâtre, le théâtre est le nom que je donne au lieu intérieur en moi où je situe mes songes et mes mensonges.»Tout le roman est un jeu de masques, de miroirs, qui s'accomplit secrètement dans ce théâtre de mots et donne, selon l'expression d'Aragon, une leçon de ténèbres.Ainsi Aragon ouvre ce théâtre intérieur que l'homme est à lui-même et dans lequel il remet ses rêves en scènes. Longtemps après le livre refermé la lecture en soi se poursuit. La quête de cette œuvre si libre et si grave fait lever les images et les mondes les plus enfouis, donnant de l'existence une représentation crépusculaire à laquelle on ne peut s'arracher.Théâtre/Roman est un livre essentiel qui veut éclairer de l'intérieur la totalité de l'œuvre d'Aragon.
15,00 €
Le Nègre
Gallimard
«Il est celui qui ne pense à rien parce qu'il n'a rien à penser. Il est celui qui aime le sommeil une fois pour toutes et qui aime mordre la nuit et l'écraser. Il est aussi celui qui marche seul dans l'ombre et le silence.Il avance. Ses pas frappent la terre. Il n'y a plus pour lui que le froid et le chaud, la pluie et le vent. Rien d'autre. La terre tourne. Il avance dans l'air fluide, dans la lumière rose du matin et du soir. Rien d'autre. Qui l'étonne ?Il est né dans un pays où les fleuves ont des milliers de kilomètres, où l'eau roule des cailloux gros comme des têtes, où les orages durent plusieurs semaines, où les lacs qui ont la forme des yeux sont féroces comme les mers, où les nuages sont plus lourds encore que la chaleur, où le feu se propage à la vitesse d'une locomotive.»

Nouvelle édition
7,45 €
Les Dernières nuits de Paris
Gallimard
«Elle n'aimait que la nuit qu'elle semblait épouser chaque soir, et son allure même ne devenait réelle que lorsqu'elle s'éloignait de la lumière pour pénétrer dans l'obscurité. Elle était la nuit même et sa beauté était nocturne. De même que l'on répète avec une parfaite inconscience : clair comme le jour, on ne pouvait s'empêcher d'estimer Georgette belle comme la nuit. Je songe à ses yeux, à ses dents, à ses mains, à cette pâleur qui la couvrait tout entière. Et je n'oublie pas cette fraîcheur qui l'accompagnait.Il me semble que Georgette devenait plus désirable lorsque la nuit s'avançait, que chaque heure la dépouillait d'un vêtement et rendait sa nudité plus apparente.Tout cela, ce sont des souvenirs qui s'égarent et s'allument, tout cela, ce sont des désirs de la nuit, mais Georgette avait compris que, pour être belle et désirée, il fallait qu'elle s'identifiât à la nuit, au mystère quotidien.»

Nouvelle édition
10,00 €
Porte dévergondée
Gallimard
«Point de programme arrêté, mais des aventures, qui sont plutôt des mésaventures, des histoires sorties des vacances du cœur, prennent forme plus ou moins précisément, sans que l'on sache bien si elles sont projetées, parfois comme à rebours, sur un écran tendu dans la fumée, ou si elles sont récitées, par des acteurs moins professionnels que dilettantes, sur une scène improvisée entre deux lampes à pied dressées devant un rideau vague, ou si elles sont racontées par des personnes que l'on écoute avec un peu d'irritation et que l'on se refuse à croire. Le propre de ces aventures ou de ces histoires est de choquer le spectateur ou l'auditeur.»
6,70 €
Les Aventures de Télémaque
Gallimard
Ce petit ouvrage, paru en 1922 dans la collection «Une Œuvre, un Portrait» est d'un extrême intérêt pour l'histoire de la littérature française au moment où le mouvement Dada n'a pas encore fait place au surréalisme. Ce texte, qui se révèle d'un impeccable styliste, amorce déjà, malgré le «collage» des manifestes dadaïstes de l'auteur, la rupture devenue nécessaire avec Dada. Les aventures de Télémaque apparaît comme l'œuvre présurréaliste la plus importante.
8,00 €
Les Épées
Gallimard
«... tous les soirs, cette banquette grise où je me retrouve moi-même, la traversée de Paris, les agents en pèlerine, les phares qui glissent mais ne coupent pas. Je monterai au troisième étage. Elle m'ouvrira dans un peignoir rouge et des mules de cuir rouge. Nous entrerons dans le salon. Je prendrai son visage entre mes mains et je l'embrasserai sur les joues. Visage obstinément retiré - la sagesse d'un monde moins avide, une conscience embarrassée d'ailes, une vision mystérieuse faite d'épées rentrées au fourreau et qui brillent à l'intérieur de l'ombre. Elle se laissera tomber devant la cheminée, je m'allongerai à côté d'elle.»
9,50 €
Les Contes de la Véranda
Gallimard
Ces contes si châtiés furent écrits, contre toute apparence, dans l'anxiété et la fièvre. Gravement atteint déjà par le départ au loin de Nathaniel Hawthorne, l'irremplaçable confident d'hier, Melville assiste maintenant au naufrage de Pierre ou Les ambiguités sur les récifs de la morale puritaine. Devra-t-il, pour faire vivre les siens, étouffer sa pensée et renier son langage ? Endiguer le flot torrentiel qui a porté Moby Dick, puis Pierre en zone interdite ? Sa pensée restera intacte. Mais une conversion s'opère chez lui pendant la genèse des Contes. Jean-Jacques Mayoux l'a formulé on ne peut mieux : «Il semble que son langage ait intégré le silence et qu'il lui donne une puissance toute nouvelle.» Voué à la retenue du discours en même temps qu'à l'effacement personnel, il ne se veut plus l'huissier des ambiguïtés qui tissent le monde. Si Bartleby est «un homme au rebut» (tout comme l'auteur de Pierre), est-ce la faute du scribe - plus indéchiffrable qu'Hamlet - ou celle de Wall Street ? Àbord du navire esclavagiste, qui furent et qui sont les pires persécuteurs ? Les 2Contes de la Véranda$, souvent plus proches du mythe que de l'allégorie, sont par là même inépuisables. P.L.

Édition refondue de l'ouvrage paru en 1951 sous le titre Benito Cereno et autres Contes de la Véranda
13,00 €
La Pie voleuse
Gallimard
Dans un village méditerranéen (apparemment catalan), une femme recueille une pie blessée et s'amuse d'abord de ses innocents méfaits : c'est le bonheur et c'est l'été. Mais les caprices de l'oiseau ont bientôt des conséquences dramatiques, et la jeune femme, chez qui la pie ramène régulièrement son butin, devient le centre d'une vaste intrigue à laquelle participent presque tous les habitants du village. Au moment où la situation devient dangereuse, la jeune femme imagine, pour restituer sans se compromettre les objets volés, un habile stratagème. Profitant une nuit de l'absence du boulanger parti à la poursuite d'une jeune fille, elle s'introduit dans la boulangerie et cache les objets dans la pâte : elle compte sur la fête du lendemain. Ce jour-là, en effet, le village entier se rend dans la montagne où s'ouvre une sorte de kermesse. Entre les danses, on retrouve, en mordant dans le pain, les objets perdus...
7,80 €
L'invitation chez les Stirl
Gallimard
"La maison était vieille, peu entretenue, avec des complications imprévues, des additions, des pièces vouées à l'oubli. Çà et là des petits escaliers désaffectés montaient vers des destinations inconnues." Invité chez les Stirl, Olivier Lérins débarque un beau matin à Barcos-les-Bains, station thermale du pays Basque. Mme Stirl est une femme trépidante mais inquiète, M. Stirl est architecte et malade chronique. Dès le début de son séjour, Olivier est déçu. Enfermés dans une grande villa mystérieuse au nombre de pièces infini, ces trois êtres se cherchent, s'évitent, rusent les uns avec les autres, dessinant dans les couloirs et escaliers un ballet fantasque d'"amitié". Quel sort les attend ?
10,00 €
Voyages de l'autre côté
Gallimard
Watasenia qui forme l'ouverture de ce roman-voyage est une exploration géologique et moléculaire de l'Eau où mers et pluies, chutes et fleuves, torrents et rivières se font et se défont dans un cycle d'éternel retour. Une fois traversée, l'Eau nous fait découvrir alors une des plus singulières figures de femme jamais conçue par un écrivain : Naja Naja, rassemblant sur elle les tissus intemporels du Mythe, est une éblouissante Lilith moderne capable d'atteindre l'autre côté de toutes les parois, concrètes ou non. On la suit, cette fille qui est tour à tour flamme, flèche, fumée, vent. Elle est dure et douce à ceux qui, l'ayant entrevue une seule fois, ne peuvent que se soumettre à son itinéraire fou «à travers les pays où l'on ne parle pas».Alligator Barks, Louise, Sursum Corda, Gin-Fizz, Yamaha, Léon, ses compagnons, sont ancrés dans le monde occidental d'aujourd'hui avec ses réseaux routiers, ses villes, ses paysages : ils pressentent que Naja Naja, comme le fruit d'un rêve vécu, les mène en silence et minutieusement vers la liberté.
11,00 €
Les Écarts amoureux
Gallimard
"Seule la torture morale convient aux délicats... Il faut faire saigner, mais sans effusion de sang", déclarait Néron, qui s'y connaissait. Paul Morand l'a d'ailleurs choisi pour héros de la première de ces trois nouvelles, placées sous le signe du bizarre, quand ce n'est pas de la monstruosité. C'est le duel subtil entre l'empereur histrion et son vieux maître fatigué, Sénèque, stoïcien pas très stoïque, qui a fasciné Paul Morand. Un mot, une intonation, un silence, et Sénèque sait que c'en est fait de sa vie. Mais si sa jeune épouse Paulina veut l'accompagner dans la mort, Néron le prend pour une nouvelle offense, et fait refermer les veines de la femme trop fidèle. "Je la condamne à vivre !" s'écrie-t-il. Les Compagnons de la Femme, tel fut le nom que prirent les saint-simoniens qui partirent, à la suite du Père Enfantin, à la découverte de l'Orient, symbole de la Mère. Ayant tout quitté, y compris leurs épouses, au nom de l'amour, ils ont voulu percer le canal de Suez trente ans avant de Lesseps. Dans leur folie généreuse, ils croyaient régénérer l'humanité.... Le château aventureux est l'histoire d'une malédiction qui se répète dans une famille italienne à travers les siècles. Deux fois, il naît une naine. Et l'on fait tout pour la préserver du contact des gens de taille normale. Mais les deux fois, l'amour vient brouiller les plans les mieux faits, et apporter une tragédie, qui, pour être naine, n'en est pas moins une tragédie.
8,50 €
Un si funeste désir
Gallimard
Ce recueil comprend des digressions sur des esprits aussi divers et apparemment opposés que le sont Barbey d'Aurevilly, Gide, Georges Bataille, Brice Parain et Maurice Blanchot : c'est à dessein que ce recueil d'essais débute par un commentaire sur Le Gai Savoir et se termine par une étude sur la «parodie» chez Nietzsche. Un thème fondamental parcourt ces digressions : l'aller et venir, les hauts et les bas de l'existence à travers le langage.«Se peut-il qu'il y ait chez ces malheureuses un si funeste désir de lumière ?» s'écrie Énée aux Enfers à la vue des âmes purifiées qui se pressent au bord du Léthé, pour y boire l'oubli de leur purification afin de remonter à la lumière terrestre dans un nouveau corps corruptible, vers de nouvelles souillures. On aperçoit combien ce mot de Virgile s'applique à ces esprits qui n'ont de cesse de se corrompre par de nouvelles œuvres, poursuivant une nouvelle signification, fût-ce celle du non-sens même.
9,50 €
L'Homme couvert de femmes
Gallimard
Un jeune homme, Gille, est invité à la campagne par une veuve assez libre, Finette. Il veut se lier avec elle, mais d'abord il joue avec ses amies ; ensuite il sent de la répugnance pour son entourage et les maximes qu'elle affecte. Il s'éloigne, mais il revient bientôt, après une débauche à Paris. Alors, comme elle lui fait des avances et qu'il songe à y répondre, il se montre médiocre et galant.Cette déconvenue l'engage dans des confidences égarées. Mais rien ne décourage Finette qui devient amoureuse. L'arrivée de Jacqueline, qu'il a aimée autrefois, apporte à Gille de nouvelles raisons de se détourner de son hôtesse. Pourtant il devient son amant et le prestige d'un amour ancien est bientôt détruit.Mais Finette ne parvient pas à prendre place dans le cœur de Gille. Rebelle dès le début à tout ce qui lui paraît stérile au fond d'une telle liaison, ce débauché s'enfonce dans une méditation sur l'amour où se joignent la raison et la mystique, qui à la fin l'entraînent, vers le mariage peut-être, loin de cette maison où l'opprimait un des trop nombreux exemples de la misère sexuelle de ce temps.
9,50 €
Feux
Gallimard
Feux est une suite de nouvelles, de proses lyriques, presque de poèmes, inspirés par une certaine notion de l'amour. Alternant avec des notes sur la passion amoureuse, on y trouve les histoires de Phèdre, d'Achille, de Patrocle, d'Antigone, de Léna, de Marie-Madeleine, de Phédon, de Clytemnestre, de Sappho.«Dans Feux, où je croyais ne faire que glorifier un amour très concret, ou peut-être exorciser celui-ci, écrit l'auteur, l'idôlatrie de l'être aimé s'associe très visiblement à des passions plus abstraites, mais non moins intenses, qui prévalent parfois sur l'obsession sentimentale et charnelle : dans Antigone ou Le choix, le choix d'Antigone est la justice ; dans Phédon ou Le vertige, le vertige est celui de la connaissance ; dans Marie-Madeleine ou Le salut, le salut est Dieu. Il n'y a pas là sublimation, comme le veut une formule décidément malheureuse et insultante pour la chair elle-même, mais perception obscure que l'amour pour une personne donnée, si poignant, n'est souvent qu'un bel accident passager, moins réel en un sens que des prédispositions et les choix qui l'antidatent et qui lui survivront.»
10,00 €
Au moment voulu
Gallimard
«La nuit, dans le Sud, quand je me lève, je sais qu'il ne s'agit ni du proche, ni du lointain, ni d'un événement m'appartenant, ni d'une vérité capable de parler, ce n'est pas une scène, ni le commencement de quelque chose. Une image, mais vaine, un instant, mais stérile, quelqu'un pour qui je ne suis rien et qui ne m'est rien - sans lien, sans début, sans but -, un point, et hors de ce point, rien, dans le monde, qui ne me soit étranger. Une figure ? mais privée de nom, sans biographie, que refuse la mémoire, qui ne désire pas être racontée, qui ne veut pas survivre ; présente, mais elle n'est pas là ; absente, et cependant nullement ailleurs, ici ; vraie ? tout à fait en dehors du véritable. Si l'on dit : elle est liée à la nuit, je le nie ; la nuit ne la connaît pas. Si l'on me demande : mais de quoi parlez-vous ? je réponds : alors, il n'y a personne pour me le demander.»
9,00 €
Le Savon
Gallimard
Un savon glisse entre les doigts, mousse, jubile, écume, s'efface - et Francis Ponge en fait un poème. Dans ce texte insolite et brillant, l'auteur s'empare d'un objet banal pour mener une expérience littéraire déroutante : dire la chose, la cerner, la raconter jusqu'à sa disparition complète. Le savon n'est ni un poème au sens classique, ni un essai, ni tout à fait un récit. C'est une exploration ludique du langage lui-même, de sa capacité à caresser les contours du réel, à échouer magnifiquement à le saisir, puis à recommencer. À travers jeux de mots, détours rhétoriques, glissements de sens, Ponge transforme l'objet le plus humble en matière à penser.
10,00 €