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L'homme qui peignait les âmes
Grasset
Acre, quartier juif, 1078. Avner, qui a quatorze ans, pêche avec son père. À l’occasion d’une livraison à un monastère, son regard tombe sur une icône. C’est l’éblouissement. «  Il ne s’agit pas d’un portrait mais d’un objet sacré, lui dit le supérieur du monastère. On ne peint pas une icône, on l’écrit, et on ne peut le faire qu’en ayant une foi profonde  ».

Avner n’aura de cesse de pouvoir «  écrire  ». Et tant pis s’il n’a pas la foi, il fait comme si, acquiert les techniques, apprend les textes sacrés, se fait baptiser, quitte les siens. Mansour, un marchand ambulant musulman, le prend sous son aile. C’est l’occasion d’un merveilleux voyage initiatique d’Acre à Nazareth, de Césarée à Jérusalem, puis à Bethlehem, jusqu’au monastère de Mar Saba, en plein désert de Judée, où Avner reste dix années où il devient l’un des plus grands iconographes de Palestine.

Refusant de s’astreindre aux canons rigides de l’Eglise qui obligent à ne représenter que Dieu et les saints, il ose reproduire des visages de gens de la vie ordinaire, cherchant dans chaque être sa part de divin, sa beauté. C’est un triomphe, c’est un scandale. Se prend-il pour un prophète  ? Il est chassé, son œuvre est brûlée. Quel sera le destin final d’un homme qui a osé défier l’ordre établi ?

Le roman de l’artiste qui, envers et contre tous les ordres établis, tente d’apporter de la grâce au monde.
20,00 €
Maritimes
Grasset
Une île perdue en Méditerranée. Des collines, des oliveraies et, au fond d’une crique rocheuse, un village paisible avec son port minuscule. Depuis toujours, sa poignée d’habitants se tient à distance du continent... Ils racontent que de mystérieuses créatures marines veillent sur eux.

Assis sur un banc face à la mer, un vieillard se souvient. C’était l’époque de la dictature. Un jour, un jeune inconnu à l’allure de dieu grec, Benjamin, avait débarqué sur l’île.  Il était en fuite, tous s’en doutaient mais nul, jamais, ne lui a demandé de comptes. Benjamin s’est installé dans une maison en ruine, sur un promontoire isolé où bientôt le rejoint Michaëla, fille de l’île et de la mer. Mais la haine qui ravage un continent peut frapper un bout de terre qui se croit à l’abri du monde.

Une puissante histoire de résistance et d’indocilité qui est aussi un appel à l’attention envers la nature et à la force de la fraternité. L’évocation poétique et solaire d’une mythologie méditerranéenne éternelle et celle d’une mémoire chargée de chagrin. On n’oubliera pas la vision de Michaëla et Benjamin, de leur amour éperdu, fracassé par l’horreur de la dictature.
14,00 €
Les douces
Grasset
Ils étaient quatre, trois filles et un garçon  : Dolorès, Zineb, Bianca et Hannibal. Quatre meilleurs amis devenus comme frère et sœurs, ayant grandi ensemble, connu les joies de l’enfance et les tourments des premiers sentiments, se jurant de ne jamais se séparer. La vie s’ouvrait à eux  ; le lycée terminé, ils quitteraient leur village du Sud, découvriraient Paris. Mais le soir du bal de fin d’année, Hannibal disparaît et laisse celles qu’il appelait mes douces, seules et interdites.

Huit ans plus tard, son corps est retrouvé, enterré dans la propriété d’Auguste Meyer, sculpteur célèbre de la région et professeur de poterie des quatre enfants qui, jusqu’à sa mort, a nourri pour Dolorès, sa beauté, une étrange fascination. L’Officier Casez est chargé d’enquêter, il convoque les trois jeunes femmes  ; l’une est devenue célèbre sur les réseaux sociaux, l’autre étudiante, la dernière travaille dans un cinéma. Elles ne se parlent plus mais continuent de recevoir d’énigmatiques emails signés Hannibal. L’une le croit vivant, les autres pas.

A mesure qu’il essaie de percer le mystère de leur amitié, Léo Casez bute sur les interrogations  : quel pacte les liait  ? Qui était vraiment Auguste Meyer et pourquoi la mère de Dolorès le protégeait-elle ? En rouvrant les archives du passé, il force les secrets et nous entraîne dans les souvenirs de cet été brûlant, les joies et les tourments de quatre adolescents devenus si tôt adultes.

Un premier roman haletant, envoûtant comme un tour de magie.
20,90 €
Ma vie d'écrivain
Grasset
En 1983, Patrick Roegiers s’établit à Paris pour devenir écrivain. Personne ne l’attend.

Installé dans la maison de Saint-Maur, d’où sortent tous ses livres, il conte avec humour ses premiers pas dans l’édition. Le bonheur en famille se conjugue avec des coups de théâtre, des incidents tragi-comiques ou carrément burlesques, qui émaillent l’existence de celui qui construit son œuvre au fil de la plume, sans quasiment sortir de son bureau, alors que le monde tourne autour de lui.

Voyages et vacances au bord de la mer, rencontres inattendues, portraits émouvants d’artistes, auteurs, acteurs, chanteurs, éditeurs ou cinéastes admirés.

Portée par une écriture enthousiaste, une éblouissante déclaration d’amour à la France.

Cet hymne à la création crépite comme un feu d’artifice apollinien.
19,00 €
De mon plein gré
Grasset
Elle a passé la nuit avec un homme et est venue se présenter à la police. Alors ce dimanche matin, au deuxième étage du commissariat, une enquête est en cours. L’haleine encore vive de trop de rhum coca, elle est interrogée par le Major, bourru et bienveillant, puis par Jeanne, aux avant-bras tatoués, et enfin par Carole qui vapote et humilie son collègue sans discontinuer.

Elle est expertisée psychologiquement, ses empreintes sont relevées, un avocat prépare déjà sa défense, ses amis lui tournent le dos, alors elle ne sait plus exactement. S’est-elle livrée à la police elle-même après avoir commis l’irréparable, cette nuit-là  ?

Inspiré de l’histoire de l’auteure, De mon plein gré est bref, haletant, vibrant au rythme d’une ritournelle de questions qui semblent autant d’accusations. Mathilde Forget dessine l’ambiguïté des mots, des situations et du regard social sur les agressions sexuelles à travers un objet littéraire étonnant, d’une grâce presque ludique. Il se lit comme une enquête et dévoile peu à peu la violence inouïe du drame et de la suspicion qui plane très souvent sur sa victime.
15,00 €
Les hyènes
Grasset
L’hyène est un animal perfide dont le cri est un rire qui laisse imaginer sa cruauté. Les plus retorses sont les femelles qui dominent les mâles, les matent, les dévorent. Elles ne s’accouplent que pour se reproduire. Terrorisent ceux qui les défient. Et enseignent méticuleusement à leur descendance à faire de même. Sur ce point néanmoins, les femmes de la famille de Blanche, qu’on surnomme les hyènes parce qu’elles ont tous leurs traits, ont failli. Preuve en est, ce matin, Blanche, 44 ans, s’apprête à annoncer à sa mère qu’elle sera la dernière hyène de sa lignée puisqu’elle a décidé d’avorter.

Le temps d’un déjeuner, la narratrice déroule ses souvenirs et convoque à la table ses ancêtres, Clara, Louise-Huguette, Georgette, pour raconter l’histoire de sa famille, et expliquer son geste. Surgit un monde ancien où les femmes se transmettent, non l’amour et la tendresse, mais la rage, la haine des hommes et la soif de vengeance. Un cycle de violence auquel Blanche n’échappera pas tant elle sait que les traumas de nos aînés informent jusqu’à nos gènes, mais auquel elle met fin. A travers ce récit familial sur cinq générations, Annie Ferret remonte le cours du temps pour montrer comment le legs familial ne se résume pas à l’ADN et retrouver la source de cette colère, le premier acte qui fit un jour d’une femme, une hyène.
19,00 €
Je te verrai dans mon rêve
Grasset
1971. Tout juste sorti de prison, Gégé, dit Blaise, retrouve le bar familial dont il a hérité à la mort de son père. Son rêve  de toujours  : le transformer en café-concert pour en faire un rendez-vous incontournable de la scène jazz. Il se lance, résolu à faire bouger sa ville terne et sans âme.

Mais un bébé, la petite Nour, et sa mère défaillante arrivent par effraction dans sa vie solitaire. Blaise fait tout pour les garder à distance. Hanté par son passé, il craint plus que tout de s’attacher… Mais d’un regard, l’enfant fait tomber ses résistances, et il va désormais veiller sur elle à sa façon. Ce faux père la protège tant bien que mal, l’initie à la musique, lui offre sa première guitare et son premier concert. Il la regarde grandir, adolescente écorchée vive qui se brûle aux accidents de la vie, ceux qui menacent à coup sûr les gamines sans repères.

En ville règne une atmosphère de perdus, d’à quoi bon, alcoolisée et souvent brutale. Au milieu de tous les dangers, Nour chante. Et entre deux concerts de jazz mythiques dans le bar de Blaise, elle compose, pour fuir son enfance, tracer son destin, tenter de défier la mort.

Blaise, l’ancien taulard paumé et farouche, s’est mis à aimer. Et parce qu’il est la victime d’un secret de famille, il va tout faire pour sauver Nour. Jusqu’à la dernière page, nous respirons avec eux et tremblons pour eux. Romanesque, haletant, sensible et bouleversant.
18,00 €
Le Cuisinier
Points
« Je n’ai qu’une chose à dire : encore plus excitant. Mes félicitations au cuisinier. » Maravan, jeune réfugié tamoul, coupe les légumes et fait la vaisselle dans un restaurant suisse fréquenté par le monde de la finance. Au Sri Lanka, il était un cuisinier prometteur, spécialiste des préparations ayurvédiques. Lorsqu’il est licencié, Andrea, son ancienne collègue, s’associe avec lui pour servir des dîners aphrodisiaques à domicile. Malgré la crainte de corrompre sa passion, Maravan se lance dans l’aventure. Qui le précipitera dans un écheveau d'expérimentations culinaires, de tractations avec des Tigres tamouls suspects, le tout sur fond de crise financière mondiale.

Martin Suter est né à Zurich en 1948. Ancien publicitaire, il est aussi journaliste et scénariste. Il vit entre la Suisse, l’Espagne et le Guatemala. Ses romans sont disponibles en Points.

« Un polar culinaire à base de miel et de fiel. Succulent. »

L’Express

Préface inédite de Serge Joncour

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni
10,20 €
L'homme de trop
Grasset
Ce roman est le premier volume du diptyque «  L’homme de trop  », sous-titré *L’arc-en ciel interdit.*

Cette somme romanesque peut se lire comme le pendant du célèbre roman *L’étoile rose* (Grasset, 1978, réédité en 2012 en CR) puisqu’elle interroge la question gay aujourd'hui, après l'adoption du mariage pour tous.

Lucas Fabert est un photographe de 64 ans. Dans sa jeunesse, il se sentait un paria ; aujourd'hui, il constate, avec des sentiments mêlés, l'insouciance des jeunes homos complètement libérés, complètement intégrés. S'il se réjouit du progrès des mœurs qui leur a apporté le bonheur, il se demande s'ils n'ont pas perdu la force de contestation qui était autrefois la contrepartie glorieuse de leur angoissante marginalité : en un mot, s'ils ne se sont pas embourgeoisés. Jadis "homme de trop" parce qu'il faisait partie de la minorité exclue, il reste "homme de trop" par son refus d'abolir ce qui faisait sa différence, de se banaliser, de se fondre dans le conformisme ambiant.

Dans ce premier tome, Lucas se confie à ses jeunes amis oublieux du passé et ne comprenant pas ses réticences à l’idée que le droit à la différence se soit transmué en devoir de ressemblance.  Il leur raconte ce que furent son adolescence, son éducation sentimentale et les épisodes marquants de sa vie jusqu'à la libération des mœurs des années 70. Dans le second volume, sous-titré "La liberté trahie" (à paraître en mars 2022), il évoquera les péripéties de la campagne pour le mariage pour tous et s'interrogera sur les conséquences de la victoire remportée.

Une comédie humaine qui nous fait traverser un demi-siècle d’histoire de France à la boussole de l’homosexualité, une histoire des mœurs romancée qui déborde de personnages et regorge d’événements.
23,00 €
Femmes en colère
Grasset
Cour d’assises de Rennes, juin 2020, fin des débats  : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Elle est accusée d’un crime barbare, qu’elle a avoué, et pourtant c’est elle qui réclame justice. Dans cette affaire de vengeance, médiatisée à outrance, trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher  : avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau  ?

Neuf hommes et femmes en colère doivent choisir entre punition et pardon.

Au cœur des questions de société contemporaines, un suspense haletant porté par une écriture au scalpel.
18,00 €
Derniers jours
Grasset
Sept nouvelles admirables qui déclinent le thème des derniers jours  : ce qui se défait, se brise, s’achève dans la vie des êtres, dans leurs amours, dans leurs rêves, dans la transmission, dans notre monde…

Dans «  Sous la mer  », une jeune mathématicienne qui n’a pu donner la vie se tourne vers les «  sciences du vivant  » et, consciente du péril qui nous guette, choisit de fusionner avec le monde sous-marin lors d’une ultime plongée en mer d’Oman.

Dans «  Toussaint  », un vieux garçon vierge et sensible, chef de bureau de la préfecture de Bastia, se blesse en rentrant chez lui. Une jeune gitane lui porte secours. C’est la seule fois de sa vie qu’il tiendra, fugitivement, une femme dans ses bras. Un geste maladroit et l’oiseau s’envolera…

Dans «  Un fait divers  », une vieille dame qui toute sa vie fut enseignante de français en Belgique est agressée dans la banlieue de Lille. A l’hôpital, elle est gagnée par le ressac des émotions littéraires de sa vie. Son esprit s’y abandonne avant de s’éteindre dans le magnétisme heureux de ce monde intérieur.

A «  Hosterre  », dans les années 20 du siècle dernier,  le gardien solitaire d’un domaine abandonné dans les brumes de l’Atlantique, veuf sans enfant, se prend de tendresse pour la fille du Marquis d’A+++. L’enfant se noie par accident, un jour où il est absent. Le retour sur les lieux de la mère de la petite noyée mettra à nu son obsession, et le conduira à une issue tragique.

Dans «  Armal  », un diplomate   part dans les Asturies pour y revoir l’ancien maître d’hôtel de la femme qu’il a aimée, qui lui a écrit pour lui demander d’aider sa fille après sa mort, toute proche. Il arrive trop tard, tombe amoureux de la jeune femme dans les jours de deuil et de trouble qui suivent les obsèques. Avant d’être rendu à sa solitude …

Dans «  Samedi saint  », le curé d’une paroisse romaine qui a perdu la foi erre dans l’attente de Pâques au fil des rencontres prévues ou imprévues d’une longue journée. Le handicap profond du fils d’un ami très proche le hante et il songe, tandis qu’approche la nuit pascale,   à quitter l’Eglise, sans en attendre de remède.

Dans «  Le dernier élève  », une ancienne cantatrice, devenue professeur de chant, n’a plus qu’un élève, un jeune ténor japonais, qui observe avec affection cette femme qui enveloppe ses regrets d’un halo de grandeur rêvée. Lors d’une de leurs leçons, son mari, auquel le jeune homme porte un attachement discret,  meurt d’une attaque. C’est leur ultime rencontre…

Une écriture somptueuse, une sensibilité extrême domptée par le classicisme de la langue  : un bijou de littérature  !
16,00 €
Ma femme écrit
Grasset
Est-on propriétaire du souvenir d’un être aimé ? Après le décès de sa mère, Sarah Kaliski, Vincent décide d’écrire un roman à son sujet quand il découvre avec stupeur que sa femme, actrice comme lui, termine un scénario dont Sarah est l’héroïne. Pour Vincent, nul autre que lui n’a droit à la parole sur sa mère, peintre de talent injustement méconnue, personnalité intense et borderline, avec laquelle il entretenait une relation passionnelle. Ulcéré, il tente en vain de faire renoncer sa compagne, qui devient dès lors son «  ennemie  » sur le champ de bataille de leur vie professionnelle comme sur celui de l’intimité. Entre eux, leur fils Samuel, que son père paranoïaque, retranché au fond de l’appartement, soupçonne de prendre le parti de sa mère – de même que leurs amis et sa psy.

Alors que Vincent commence à percevoir des signes de sa mère et cherche à observer des phénomènes paranormaux, sa femme propose de jouer Sarah à une star … en laquelle Vincent croit reconnaître Catherine Deneuve. Il va tout mettre en œuvre pour faire capoter le film, sans autre succès que d’être mis à la porte de chez lui. L’actrice star le recueille, devenant une étonnante figure maternelle de substitution…

Autofiction déjantée ou pure fiction basée sur une relation mère-fils exceptionnelle, Ma femme écrit plonge son lecteur dans la spirale paranoïaque incontrôlable où s’engouffre Vincent, incapable de surmonter la disparition de celle qu’il a tant aimé. Drolatique et poignant, un roman totalement original, implacable loi de Murphy dans laquelle le narrateur, têtu, parano, attachant, s’enferre dans sa folie et détruit peu à peu tout ce qu’il a construit.
18,50 €
Le doigt
Grasset
16 janvier 2018, 7h28 : il fait encore nuit devant le lycée, en périphérie d’une ville auvergnate. Emmitouflée dans sa doudoune, la prof se repasse le plan de son cours de philo et traverse la rue en dehors des passages piétons. Un klaxon la surprend, elle ne se retourne pas, fait un doigt d’honneur. La voiture se gare, un homme en sort précipitamment, hurle, la défie : « Recommence ! » Face à lui, nouveau doigt d’honneur. Il la gifle.

Ce n’est pas la première fois qu’elle rencontre la violence.

Battue dans son enfance, devenue adulte elle a été rouée de coups par un de ses élèves et plus tard insultée par un autre. Pourquoi ? Quel lien existe-t-il entre son corps et la brutalité ? A qui était destiné ce doigt ? Ce roman est une enquête sur deux minutes qui brisent sa vie. Parmi les profs, l’événement perturbe. Qui est coupable de la gifle ? Pourquoi a-t-elle pris le risque de ce second doigt d’honneur ?

En alternant dialogue en salle des profs et récits des faits, l’écriture tendue de ce Hors les murs de l’éducation nationale, interroge la question de l’origine de la violence. Celle qu’on subit, celle qu’on exerce, celle qu’on désire, celle qui arrive inévitablement, quand on est femme, quand on est arabe, quand on est prof.

Entre burlesque et lucidité profonde, Le doigt retrace à un rythme haletant les événements qui permettent de comprendre cette « victime en récidive », au travers de la comédie sociale des supérieurs, des médecins et de la justice qui sans cesse minimisent la violence.
19,00 €
Laura Antonelli n'existe plus
Grasset
A la suite du coup de fil énigmatique d’un producteur, le narrateur embarque pour Rome investi d’une obscure mission  : retrouver Laura Antonelli, l’actrice oubliée dont Visconti disait qu’elle fut «  la plus belle femme du monde  ». Il erre dans une Rome caniculaire, traversant les décors mythiques qu’on connaît, à la rencontre des témoins de sa vie tragique. Il épluche les vieux tabloïds et les interviews pour tenter de raconter, sans la trahir, cette femme insaisissable.

Splendide et sensuelle, Laura Antonelli est tout d’abord le sex-symbol populaire de l’Italie catholique des années 1960. Avec la sortie en salle de L’Innocent, elle devient une de ces beautés solaires de l’âge d’or du cinéma italien. Dès lors, elle tourne  avec les plus grands et découvre un succès poudré de cocaïne, de soirées hollywoodiennes, d’amours compliquées et de journaux à scandales, jusqu’au jour où la police trouve dans sa villa de Cerveteri 36 grammes de drogue. S’ensuit une série de démêlés judiciaires qui l’éloigne peu à peu des paillettes de Cinecittà. Ainsi commence pour elle une lente descente aux enfers.

A la demande d’un producteur, elle se soumet à une opération de chirurgie esthétique qui la défigure. La star vit désormais recluse dans une chambre misérable et déclare aux rares curieux qui parviennent à retrouver sa trace  : «  Laura Antonelli n’existe plus  ».

Qu’est-ce que la gloire sinon, comme le disait Pasolini, l’autre face de la persécution  ? De Sunset Boulevard à la Dolce Vita romaine, Philippe Brunel livre ici un roman plein de grâce et d’ombre, dans la lignée de Patrick Modiano, sur l’histoire légendaire de la femme la plus belle du monde devenue un monstre.
18,00 €
A cause de l'éternité
Grasset
A cause de l'éternité constitue le seconde volet de L'Autre rive, qui remporta en 2007 le Grand Prix de l'Imaginaire. L'action se déroule de nos jours au château d'Eparvay, dans l'arrière-pays d'Ecorcheville, ville bâtie au bord du Styx. Cette région présente nombre de particularités. L'esclavage n'y a jamais été aboli. La proximité relative des Enfers, par-delà l'infranchissable fleuve des morts, entraîne des précipitations insolites (pluies d'animaux et d'insectes divers) ainsi que l'échouage occasionnel de créatures venues de l'autre rive (centaure, sirène, satyre, minotaure...). Un Musée de Tératologie les rassemble; les étudie et les expose. Enfin, l'économie comme la politique locales sont sous le contrôle de trois grandes familles, les Propinquor, les Esteral et les Bussettin, qui se disputent et se partagent de longue date le pouvoir.

Dans ce nouvel opus, Alphan Bogue, jeune diplômé du Courtauld Institute de Londres, docteur PhD en histoire de l'Art, rentre à Ecorcheville pour s'y marier. Sa fiancée, Delia Spencer-Churchill, doit le rejoindre pour la cérémonie. Le père d'Alphan, brocanteur à la retraite, pensionnaire de l'EHPAD d'Ecorcheville, le presse de dérober pour lui un autoportrait supposé de Rembrandt adolescent, inconnu de tous, qui se trouve au château d'Eparvay. Spécialiste de la peinture baroque et de Rembrandt, Alphan se laisse convaincre de s'introduire dans le château pour examiner le tableautin et se faire une idée de son authenticité. Quand il franchit une porte basse donnant sur les soubassements de l'énorme édifice métamorphique, l'aventure commence...

L'imaginaire qui se déploie dans ce roman-monde n'a pas d'équivalent dans la littérature française contemporaine.
29,00 €
L'enfant des camps
Grasset
Arrêtée en Juillet 1942 avec sa mère sur la ligne de démarcation, Francine Christophe est encore une enfant. Elle a presque neuf ans, l’âge des jours heureux quand elle est rattrapée par la folie nazie. Interrogée par la Gestapo, enfermée de prison en prison, ballotée de camp en camp, en France d’abord, elle est déportée en mai 1944 au camp de concentration de Bergen-Belsen. A son retour, quand elle essaye d’expliquer à ses camarades de classe ce que la guerre lui a fait, celles-ci la regardent, gentiment, mais tournent l’index sur la tempe, l’air de dire  : elle est folle. La jeune Francine ne parle plus du cauchemar qui a duré trois ans.

Aujourd’hui, les mots refont surface. Francine Christophe raconte ce qu’elle vu et connu. Les coups, le froid, la faim. Les familles qu’on sépare. Les enfants qu’on entasse dans des wagons à bestiaux. La maladie et la mort. Les travées boueuses où les cadavres pourrissent. La cruauté. Mais aussi l’amour, celui d’une mère et de sa fille, indéfectible, qui résiste à la guerre. Et des miracles, comme ce bébé qui voit le jour dans l’enfer de Bergen-Belsen et survit grâce à l’entraide et la fraternité des femmes.

Pour que tous nous sachions et n’oublions pas ce que fut la Shoah.
12,90 €
Si les dieux incendiaient le monde
Grasset
Une famille déchirée que le destin va rassembler lors d’une extraordinaire soirée.

Il y a Jean, le père ; Clélia, sa fille aînée ; Albane, la cadette que personne n’a revue depuis que sa sœur lui a volé l’homme qu’elle aimait, quinze ans plus tôt ; Yvan, que Clélia a épousé depuis. Et Katia, leur fille, qui de cette tante disparue sait ceci : elle vit à New York, est devenue une célèbre pianiste, son souvenir hante encore ses parents. Leurs vies basculent le jour où Jean apprend qu’Albane doit donner un concert à Barcelone et décide de s’y rendre. Chacun, à sa manière, devra y assister.

Magistral, ce premier roman est une prouesse littéraire, une épopée où d’une voix, celle de l’énigmatique narratrice, le destin d’une famille est retracé avant d’être à nouveau chamboulé. Y gronde la rumeur de notre monde incendié, appelé lui aussi à se retrouver pour survivre.
20,00 €
Le mal des ruines
Grasset
«  Il m’arrive encore de me demander qui je suis, après tant d’années, mais je sais bien d’où je viens. Il me suffit d’attraper un avion à Orly et de retrouver une heure et demie plus tard la Corse pour avoir la certitude de toucher à mes origines. Comme si cette île m’avait défini avant même que je ne me soucie de le faire.  »

Pour beaucoup, «  le pays de l’enfance  » est un monde fait de souvenirs idéalisés. Pour Claude Arnaud, descendant des Zuccarelli, une famille qui tint longtemps la mairie de Bastia et celle de Santa-Lucia-di-Mercurio, petit village niché entre deux lignes crêtes, c’est une terre bien réelle où il passa ses premiers étés et revient dès qu’il peut. Un Eden où la nature déploie encore ses merveilles, hautes montagnes à pic, maquis aux parfums envoûtants, vallées de solitude et villages intouchés. Mais une origine suffit-elle à définir une identité  ? Que faire quand son paradis se change en enfer où les maisons des siens cèdent sous les bombes, où l’un de ses frères va se noyer, et où un corps sans tête est retrouvé dans son village même  ? Qu’est-ce qu’une terre dit de soi  ? Et que faire d’une île aussi belle que mortelle  ?

Dans cet époustouflant road trip à travers les routes sinueuses de la Corse, Claude Arnaud retrace l’histoire de sa famille, revisite les morts et les vivants, revient sur   l’énigme de ce meurtre survenu en 2005 (une partie de poker qui tourne mal, un corps jeté aux cochons, une tête enfouie sous 700 kilos de gravats et les secrets de l’île qui ressurgissent). A jamais marqué par cet ailleurs qui est en lui, il fait le portrait de cette île souvent fantasmée, toujours mystérieuse. Une éblouissante traversée.

Prix du Mémorial d'Ajaccio
15,00 €
Les héroïques
Grasset
Quelques jours de la vie d’une femme, Wanda. Les derniers, et les plus intenses, peut-être  ?

A 70 ans, Wanda  est l’audace incarnée. Atteinte d’un cancer généralisé, elle sait sa fin imminente. Son état se dégrade à vue d’œil, mais dans cette course contre la montre, pas question de se laisser abattre, encore moins d’avoir peur. Plutôt aller de l’avant, aujourd’hui comme hier, en ces temps de sa jeunesse que Wanda se remémore  : le concert des Rolling Stones à Varsovie, en avril 1967, où elle rencontre Edward qu’elle épousera et dont la brillante carrière accompagnera les paradoxes de l’Histoire polonaise contemporaine  ; son engagement dans une troupe de théâtre expérimental  ; sa passion pour Konrad, son étudiant devenu amant après la chute du mur  ; et bien sûr ses deux filles, insaisissables et lointaines.

Face aux assauts du siècle, à sa violence, aux renoncements idéologiques, Wanda et ses proches ont toujours cultivé l’ironie et tenté de préserver ce qu’il restait de beauté. Héroïques à leur façon et nourris d’utopies, ils ont su rester libres. C’est à cette liberté que Wanda n’entend pas renoncer. Elle décide de s’évader de l’hôpital où elle était soignée, convaincue qu’il existe des lieux autrement plus recommandables pour trépasser. Et si son histoire commençait là où on la croit achevée? Et si, jusqu’au bout, il était possible de relancer les dés  ?

Une fabuleuse leçon de cran, d’intelligence et de vie, portée par une langue vibrante et réjouissante.
19,00 €
Amours diplomatiques
Grasset
Un ambassadeur exilé d’un lointain pays en proie à la guerre civile revit les espoirs et les illusions d’une existence balayée par l’histoire, comme son grand amour d’antan. Un attaché culturel japonais poursuit la femme de ses rêves, de Rome à la veille de la guerre jusqu’à Tokyo vingt ans plus tard et à Denver de nos jours. Une belle femme alcoolique conduit son Alfa Romeo le long du lac de Genève, en quête de l’homme  de sa vie qui vient de s’éteindre- ce qu’elle feint d’ignorer.

Trois histoires éblouissantes et drôles, qui composent un seul roman, empreint d’une mélancolie glaçante et d’une parodie douloureuse.
20,90 €
Les enquêtes de Pénélope Intrigue en Egypte
Grasset
Voici la cinquième enquête artistique et historique de Pénélope, la pétulante (quoiqu’inquiète) conservatrice de musée, et de Wandrille, éternel pigiste qui n’arrive pas à se prendre au sérieux. En 1799, lors de l’expédition d’Egypte, Bonaparte aurait caché un objet destiné lui permettre de régner sur la France. De nos jours, un cambriolage a lieu à Reims, dans le trésor des sacres  des rois, faisant disparaître un anneau égyptien portant le cartouche de Néfertiti qui avait été offert au musée par l’impératrice Eugénie. Pénélope, chargée des collections de bijoux égyptiens au Louvre, est dépêchée de toute urgence sur le site archéologique des ermitages coptes de Baouit. Quel est le lien secret qui unit les Bonaparte et les Bourbon, et dont la clé se trouverait encore au pays des Pharaons  ?

Erudite et humoristique, cette *Intrigue* qui, comme les précédentes, nous fait apprendre mille détails de l’histoire de l’Art mêlés à des aventures rocambolesques. Pénélope et Wandrille courent à la recherche de la clef (ou de la bague) de l’affaire, accompagnés de nouveaux personnages tout aussi pittoresques, comme Diane, irrésistible blonde aux yeux verts qui veut épouser Wandrille, ou la présidente du musée du Louvre, qui résiste à des manifestants ayant envahi le département des Antiquités égyptiennes, sans parler d’un médecin médiatique et d’un escroc corse. Nous voici conduits, sur un rythme frénétique, de Paris à l’Egypte, en passant des hauteurs d’Ajacccio. Quel est donc le secret du talisman égyptien de Bonaparte  ?
19,50 €
Des rêves à tenir
Grasset
Un dimanche d’hiver, dans un petit port de pêche, Job réapparaît après trente ans d’errance. Au bar local, sa présence silencieuse et son éternel verre de whisky chaud intriguent une bande de joyeux rêveurs. Autoproclamés les Partisans de la langouste, ils cherchent comment sauver ces dernières – et, par elles, l’humanité devenue folle.

A l’affût des échos du monde, l’un de ces utopistes bricole de vieilles radios sur lesquelles il capte des fréquences lointaines. Prêtant l’oreille aux échanges nocturnes de marins solitaires, il apprend l’existence d’une nouvelle Arche de Noé, une ZAD maritime géante… Le moment est peut-être venu d’incarner ses rêves.

La micro-société des Rêves à tenir agrandit le champ des possibles, et son irrévérence réjouissante bouscule l’âpreté du réel. Avec une douce pudeur, elle tisse un écheveau de questions sur soi-même et sur l’autre, sur l’absence, et sur ce qui nous rend dignes du nom d’hommes.

Une fable universelle, toute en humour espiègle et en grâce poétique.
18,00 €
L'historiographe du royaume
Grasset
«  Je fus en grâce autant qu’en disgrâce. De l’un ou l’autre état les causes me furent souvent inconnues. À l’âge de quinze ans j’avais été placé au Collège royal, dans la classe de l’aîné des princes…  »

Celui que le destin projette ainsi dans l’entourage du futur roi du Maroc, Hassan II, aurait tort de trop croire en son étoile et de ne mettre aucune borne à ses ambitions. Il n’est pas sans risque d’avoir systématiquement devancé un prince au tableau d’honneur.

Attend-il d’être appelé au gouvernement  ? On l’envoie en exil. Se croit-il perdu à jamais  ? On le nomme historiographe du royaume, comme Racine sous Louis XIV, comme Voltaire sous Louis XV. Ce n’est pas pour déplaire à ce conseiller lettré, qui cultive une écriture d’un classicisme achevé.

Mais il a appris à redouter dans toute faveur apparente un jeu dont il serait obscurément la proie. Et qu’adviendra-t-il de sa loyauté à toute épreuve, lorsqu’une insaisissable jeune femme viendra lui murmurer les secrets des rébellions qui s’organisent clandestinement dans le royaume  ?

Une transposition virtuose des *Mille et Une Nuits* et des Mémoires de Saint-Simon au xxe siècle, qui nous fait revivre trente ans d’histoire du Maroc, entre le crépuscule du «  protectorat  » et le début des «  années de plomb  ».
22,00 €
Le Male Blanc - Roman
Grasset
« La Morénie du prince Albéric, dit « le mâle blanc », a été l’an dernier le théâtre d’événements abondamment repris par les journaux, radios et chaînes de télévision de ses voisins de l’Union européenne. Ils ont entrainé une réprobation très vive des commentateurs et une condamnation sans équivoque de la part de plusieurs gouvernements. Me trouvant sur place, j’ai pu constater une réalité bien différente de celle qui a été présentée. Il m’a semblé de mon devoir de dire ce que j’ai vu et appris en sept mois. »

Le margraviat de Morénie est une petite monarchie absolue située quelque part entre la France, l’Allemagne et la Belgique. Confits dans le flegme, l’amour de la discussion et une farouche indépendance, les Moréniens ont su se prémunir des guerres ravageuses du XXème siècle et préserver la douce quiétude anachronique de leur Etat. Mais tout bascule quand la douairière Irène se met en tête de marier son fils Albéric. Entre un prince insaisissable trop occupé à chasser et conter fleurette à la fille du pâtissier, une mère américaine et autoritaire, un conseiller débonnaire, un préfet bonapartiste, un métropolite ondoyant et un pamphlétaire impétueux qui n’a que le mot démocratie à la bouche, la Morénie est à l’aube d’une crise politique sans précédent : plus malin qu’il n’y paraît, le Prince Albéric se met en tête de faire diversion en donnant la parole au peuple par voie de référendum à répétition sur tous les sujets qui passent et qui fâchent. Avec le suffrage universel, Les Moréniens ont rendez-vous avec l’Histoire…

Dans cette fable savoureuse, Stéphane Denis s’en prend aux mœurs, à la morale et aux ridicules d’un petit pays ravagé par la tyrannie de tous les « politiquement correct » de notre époque : et si la Morénie était française ?
15,00 €
Nos rendez-vous / roman
Grasset
Ce roman d’une passion d’amour contrariée est aussi le roman d’une époque.

Amélie et Vincent se rencontrent, jeunes, à la Sorbonne à la fin des années 80. Chacun ressent un coup de foudre sans oser l’avouer à l’autre : aucun des deux ne se sent «  à la hauteur  », aucun ne fait le premier pas, aucun n’a la maturité de saisir son bonheur…

Ils se donnent rendez-vous, la jeune femme est en retard  : A quelques minutes près, ce jour-là, ce n’est pas un simple rendez-vous qu’elle rate, c’est sa vie.

Puis la vie prend le dessus, les emporte malgré eux vers des destins qu’ils ne maîtrisent plus, leur fait prendre des bifurcations comme on emprunte des portes, puis des couloirs, de dix ans, de vingt ans, de trente ans…

On suit en parallèle la trajectoire intime et professionnelle d'Amélie et de Vincent, et chaque fois que les hasards de l’existence les remettent en présence, ce n’est pas « le bon moment ».

« Trente ans que nous nous connaissons… Des mariages, des divorces, des deuils, des enfants, des centaines de voyages, parfois au bout du monde, des succès, des échecs, des espérances déçues, des rêves d’enfance perdus, des enfances déchues…Trente ans de rêves et de désir ».
16,00 €
La femme sans tête / roman
Grasset
Santa Lucia, Cap Corse, 8 août 1988. Au fond d'un caveau familial, le corps décapité d'une femme est retrouvé. Très vite, le major Serrier, surnommé « L'Enquêteur numéro un » au sein de la Brigade de recherches, retrouve son identité ; il s'agit de Gabrielle Nicolet, disparue en août 1979 alors qu'elle se trouvait en vacances en Corse avec son fils de huit ans. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi, après avoir massacré le corps de cette jeune femme, l'assassin lui a-t-il arraché la tête ? Où est le petit Yann ? Dix ans après leur disparition, Serrier est parti sur leurs traces.

De filatures en planques nocturnes, de la plage de Santa Lucia aux trottoirs parisiens, cette affaire a plongé Serrier dans la folie. Antoine Albertini rouvre le dossier. Une enquête où rancunes familiales, silences et combines locales s'entrecroisent pour brouiller la vérité.
20,00 €
Les lois de l'économie
Grasset
Ce livre est l’histoire d’une erreur. La petite erreur d’un trader, par ailleurs dévoué à sa banque d’affaire, honnête, fiable et performant. Une petite erreur de technique financière, mais surtout de jugement, comme il s’en commet tous les jours dans la finance, et plus encore dans nos vies. Ce livre raconte la banalité, l’universalité même, de cette erreur, et la tragique disproportion de ses effets. Qu’il s’agisse du trader ou de son épouse, du psychanalyste de celle-ci ou du metteur en scène qui aimerait coucher avec elle, tous soupèsent, calculent, anticipent ; et tous se trompent. Il en va de même de Keynes lorsqu’il spécule sur le cours du blé dans les années 1930. Il en va aussi de son amie Virginie Woolf lorsqu’elle raisonne contre sa folie. Il n’y a qu’un terme possible à la spéculation, c’est la mort. Woolf n’a pas commis d’erreur en comptant les cailloux qu’il lui fallait mettre dans ses poches pour couler au fond d’une rivière. Notre trader n’en commettra plus. Ce roman raconte une histoire vraie. L’histoire vraie d’une faillite. Une histoire morale, car l’économie a ses lois, que les lois ignorent. Voici un conte moral : un conte d’automne, qui voit tomber les hommes et les feuilles, les banques et les principes, les têtes, l’argent : mais pas la littérature.
17,90 €
Avec Tolstoï
Grasset
Universellement célèbre, Tolstoï reste en même temps assez méconnu, dans la mesure où l’on a réduit son œuvre à quelques personnages « romantiques » : Natacha, le prince André, Anna Karénine, et ses innombrables thèmes à la seule passion amoureuse. Dominique Fernandez a relu ses livres, d’un œil neuf, sans idée préconçue, et découvert un écrivain de combat, un des premiers qui aient dénoncé les horreurs de la guerre (et en particulier de la guerre de Tchétchénie, déjà injuste et cruelle en 1850), critiqué le système judiciaire, carcéral, les scandales de l’injustice sociale, les abus du pouvoir étatique, les impostures de l’Eglise, etc. En face de son contemporain Dostoïevski, porté au paroxysme et à l’outrance, il garde toujours un ton juste et mesuré. Son style porte l’empreinte d’une perfection intemporelle. Avec Dominique Fernandez, on parcourt librement le monde de Tolstoï, on y apprécie cette justesse de ton, ce calme, cette mesure à la fiévreuse frénésie de son rival. Ce livre s’efforce de tracer quelques avenues dans une œuvre immense. A côté des trois chefs-d’œuvre, Guerre et paix, Anna Karénine, Résurrection, des dizaines de nouvelles et d’essais explorent tous les aspects de l’aventure humaine. Tolstoï plaçant cette aventure sous le double signe de la sexualité et de la mort, celui qui est sans doute le plus grand romancier de tous les temps apparaît plus que jamais notre contemporain.
21,25 €
Auteur academy
Grasset
« Dans ce siècle, la télévision était plus puissante que le plus puissant des ministères ». Sélectionné pour participer à une émission de téléréalité qui doit permettre aux spectateurs de suivre étape par étape la fabrication d’une carrière d’écrivain, le narrateur, Pierre, s’installe pour un an sur une île grecque – ou plutôt, il est enfermé dans un monastère vieux de deux mille ans, en compagnie de douze autres candidats à la gloire, et concurrents ipso facto. Dans cette Villa Médicis version « Loft Story », les apprentis écrivains sont filmés 24h sur 24… Le soir, sur les plateaux de « praïme », ils s’entretiennent avec l’auteur controversé Michel Hache, écoutent sa narcissique consoeur Christine Hang faire la lecture de son dernier livre, et prennent, la journée, des cours de « marquetine littéraire » auprès de l’Académicien au teint halé Jeandeau, ou des leçons d’interviou avec le célèbre animateur à la retraite, Bernard Paix. Amitiés de circonstance, amour et jalousies, ambition et mesquineries, cette « île de la création » est un « Koh Lanta » pour aspirants au Goncourt. Avec une ironie lucide et un cynisme plein d’humour, l’auteur ridiculise les travers d’une société du divertissement, où l’on croit qu’il est possible de fabriquer des écrivains. Il croque avec justesse une galerie de fantoches, et fait rire le lecteur aux dépens de ses personnages, le producteur et son assistante, les candidats médiocres et les auteurs médiatiques, dont la seule compétence est de dispenser à leurs cadets des cours de parisianisme…
25,90 €
Le drapeau de Picasso
Grasset
Albert et Gina sont céramistes à Vallauris, mais Albert, depuis qu’il a subi une opération qui l’a défiguré, part souvent pour de longs voyages vers l’Orient. A la veille d’un périple en Méditerranée, il demande à Picasso, auquel il a dispensé autrefois des cours de poterie, de lui peindre un drapeau… Ce récit est raconté par la petite cousine d’Albert, adolescente invitée, chaque été, à venir passer quelques jours de vacances chez eux. Elle pressent très vite, devant ce couple qui se délite, l’influence inquiétante, presque maléfique, d’un être invisible… Visage halluciné peint sur le drapeau ? Comme une troisième personne qui s’amuse à le détruire –à détruire Gina surtout ? Ou tout simplement reflet – ou transfiguration – du visage étrange, et pour Gina devenu étranger, de celui qui vit à ses côtés…
15,30 €
Une amitié espagnole
Grasset
« Je suis professeur israélien, j’enseigne les sciences politiques dans une grande université israélienne depuis de nombreuses années. Au fil du temps, l’un des sujets qui m’ont le plus fasciné est celui du leadership. Qu’est-ce qui fait un véritable homme d’Etat ? Regardant autour de moi, en Israël comme en France ou en Europe, j’ai vu beaucoup de politiciens, très peu d’hommes d’Etat. Dans mon pays, les seuls qui sont dignes de ce nom ont sans doute été David Ben Gourion, qui a créé l’Etat d’Israël et Itshak Rabin, qui a osé signer les accords d’Oslo. En France, j’avoue avoir été fasciné par deux personnages : Charles de Gaulle et Léon Blum. Blum, surtout, un homme qui, dans sa jeunesse a été un des grands intellectuels, versé dans toutes les littératures, en poésie comme en théâtre, peut-être le plus grand critique littéraire d’avant la première guerre mondiale, l’un des piliers de la célèbre Revue Blanche qui joua un rôle central dans l’évolution des idées et dans le combat pour Dreyfus. Son passage à la politique m’a toujours paru, en soi, quelque chose d’extraordinaire : comment un homme dont toute la vie est centrée sur l’écriture, le roman et le théâtre peut-il se trouver tout-à-coup au cœur des événements, qui sont, avec la montée des fascismes, les évènements les plus dramatiques de l’histoire contemporaine ? Comment cet homme, dont la fidélité en amitié était légendaire, pour qui les relations d’altérité étaient aussi fondamentales, a-t-il vécu son impuissance à agir lors de la Guerre d’Espagne, lorsque ses amis républicains étaient massacrés et qu’il ne pouvait agir pour les sauver ? J’ai voulu écrire un roman autour d’un personnage qui ressemble à Léon Blum. L’intellectuel est-il vraiment fait pour entrer en politique et se salir les mains ? Quel rôle les liens d’amitié personnels, les liens de jeunesse jouent-ils dans la vie de l’homme d’Etat ? Comment rester fidèle à ce que l’on a été ? Une Amitié espagnole raconte l’histoire d’un homme très singulier, qui s’est trouvé confronté à toutes ces questions, au travers de l’amitié intense qu’il a nouée avec une jeune fille de Madrid. Il était socialiste et humaniste, elle était communiste, ils ont vécu quelque chose d’un lien entre amour et amitié, mais la vie les a séparés. »
22,40 €
La diva aux longs cils
Grasset
Ce volume comprend les poésies quasi complètes de Charles Dantzig jusqu’aux Nageurs, en incluant deux séries de poèmes inédits, « Un Jour dans la vie du monde » et « Musée des yeux » (suite de poèmes centrés sur les yeux et le regard). De Les tombeaux bâillent (2003) à Le Chauffeur est toujours seul (1991), ce volume reprend des poèmes de tous ses recueils, comme Ce qui se passe vraiment dans les toiles de Jouy (1999) ou le Bestiaire (2003). Les poèmes sont précédés d’une préface inédite (« Interview de l’auteur par lui-même ») et de deux brefs essais sur la poésie. Le choix a été effectué par Patrick McGuinness, professeur de littérature française à l’Université d’Oxford.
20,30 €
L'esplanade
Grasset
Dans la continuité d’Images, mes catins, Le tremble et l’acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, Oboles et Fenêtre mon avenir, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, « définitions imagées », selon leur auteur, nous touchent d’autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare.
12,90 €
Les nageurs
Grasset
Après le recueil de ses poésies complètes, En souvenir des long-courriers (2003) et un Bestiaire (2003), Charles Dantzig revient à la poésie. Comme souvent, il choisit un thème central autour duquel tous les poèmes s’articulent. Après les avions, voici les nageurs et la mer. Au sens réel comme au sens métaphorique…
14,00 €
HHhH
Grasset
Derrière le titre énigmatique de ce livre, se cache la phrase suivante : « Himmlers Hirn heißt Heydrich », le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich. Heydrich était le chef des services secrets nazis, la planificateur de la solution finale et était surnommé « Le bourreau de Prague » tant il y faisait régner la terreur. C’est dans ce contexte qu’en 1942 se déroule l’opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchécoslovaques ont pour mission d’assassiner Heydrich.
21,25 €
Les prétendants
Grasset
Ce roman a pour cadre une sublime demeure, « L’Agapanthe », située au cap d’Antibes. Laure, la narratrice et Marie, deux sœurs d’une trentaine d’années, veulent à tout prix empêcher leur père de vendre cette maison où depuis toujours elles passent leurs étés. Elles vont donc organiser un casting de riches prétendants dans l’espoir que l’un d’eux, en épousant l’une des sœurs, sauve « L’Agapanthe ». Ainsi, pendant quatre week-ends du même été, vont défiler les éventuels prétendants. C’est le point de départ d’une comédie de mœurs où Cécile David-Weill décrit un milieu, la très haute bourgeoisie d’affaires, bousculé entre les anciennes élites et les nouvelles. Le trader, l’actrice, le couturier, l’aigrefin, le boute-en-train, le pique-assiette, le mondain, la canaille, se succèdent alors au rythme d’une comédie humaine tendre et acide. Des Russes s’en mêlent, on aperçoit Madonna et Pénélope Cruz, et d’autres, beaucoup d’autres, sont aisément reconnaissables sous leurs patronymes d’emprunt… L’Agapanthe restera-t-elle dans la famille ? Quel « prétendant » l’emportera ? Cela a peu d’importance, au fond. Cécile David-Weill n’a voulu, dans ce livre, que décrire un milieu qu’elle connaît bien. On s’y divertit à chaque page. En s’instruisant, bien sûr, sur les mœurs d’une classe sociale qui, finalement, n’est pas plus à l’abri qu’une autre sous les lambris dorés de ses belles villégiatures…
24,90 €
Le premier amour
Grasset
Cette histoire d’amour s’ouvre étrangement : une femme, qui prépare un charmant dîner pour fêter son anniversaire de mariage, descend dans sa cave pour y chercher une bouteille de vin, enveloppée dans un vieux journal où figure une petite annonce. Aussitôt, elle remonte chez elle, prend sa voiture, et s’en va… Qu’y avait-il donc dans cette petite annonce ? Pourquoi cette fuite ? On l’apprendra au fil du roman, un très beau roman où les saveurs de l’enfance se mêlent au désarroi des adultes.
18,30 €
Le monde ÌÊ ses pieds
Grasset
Ruslana est une jeune élève sérieuse et mélancolique. Elle a seize ans quand la plus célèbre agence de mannequins anglaise la découvre par hasard dans une brochure touristique sur le Kazakhstan. Elle quitte son pays natal misérable, sa mère veuve et son frère footballeur amateur pour Londres. Le succès est fulgurant. New York, Paris, Saint-Barth, elle mène le grand train, côtoie les people, défile devant les stars, couvre sa mère de cadeaux, devient la référence... Elle découvre aussi l'amour, les hommes qu'elle subjugue, les rencontres éphémères, le tourbillon de la gloire, l'ivresse, le gâchis, la peur du lendemain... Après trois années sur les podiums du monde entier, son visage slave en couverture des magazines glamours, Ruslana s'achète un studio à Manhattan, où elle se terre. Quelques jours avant son vingt-et-unième anniversaire, elle est adulée mais terriblement seule. Alors que le monde est à ses pieds, elle saute dans le vide.
22,40 €
Quinze ans après
Grasset
Quand Alexandre Jardin avait publié Fanfan, voici quinze ans, il avait mis en scène un héros, Alexandre, qui, craignant d’user son amour pour Fanfan, n’en finissait pas de faire durer les commencements et de prolonger interminablement des marivaudages charmants mais vains. A l’évidence, ce romantisme avait échoué puisque Alexandre et Fanfan s’étaient séparés à la fin du roman… Or, voici l’acte II de leur belle histoire : « quinze ans après », donc, Fanfan et Alexandre se retrouvent, à la suite des manigances de deux personnages secondaires, un éditeur et un producteur, qui ont tout intérêt à exploiter, au cinéma et dans l’édition, les produits de ces retrouvailles. Pourtant, les deux héros ont bien changé : Fanfan, échaudée par deux mariages ratés, ne veut plus s’engager dans quelque aventure conjugale ; à l’inverse, Alexandre s’est converti à l’idée que l’amour – et même le mariage – peut être une exaltation de chaque jour, de chaque heure, à condition d’être doué pour « l’enchantement casanier ». A partir de ce double proramme affectif, Fanfan et Alexandre vont donc réinventer leur couple. Y parviendront-ils ? A quel prix ? Jusqu’à quand ? En tout cas, c’est sur ce thème que brode avec brio un Alexandre Jardin en grande forme. A son couple fétiche, il adjoint des seconds rôles, notamment une certaine Faustine, nymphomane et cruelle. Fanfan, Acte II devrait permettre aux nostalgiques de l’Acte I de retrouver leurs héros – et d’appprendre à mûrir, sinon à vieillir – en leur compagnie.
19,30 €
Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson
Grasset
Non, il ne s’agit pas seulement d’un livre de plus sur Michael Jackson. Oui, c’est un nouveau livre du spécialiste baroque de Claude François (Podium) et du biographe métaphysicien d’Edith Stein…

Car si Yann Moix a voulu réagir à la mort du Peter Pan planétaire, du mutant de Bad, du noir devenu blanc, de l’adulte éternellement enfant de Neverland, c’est parce qu’il y a vu le symbole d’une épopée déréglée : pour lui, l’inventeur du fameux Moonwalk (cette chorégraphie qui permet de reculer en avançant), est en effet, le prototype d’un homme nouveau, d’un « homme à l’envers », dont le destin sublime et tragique en dit long sur nos fantasmes, nos rêves, nos désarrois….

Ecriture pulsée ; poésie Funk – pop - soul ; envolées lyriques et savantes (Moix est un musicologue averti), ce livre est d’abord le livre d’un écrivain obsédé par son temps. Moix y parle, bien sûr, de Michael Jackson. Mais il y parle d’abord de lui. Donc de nous.
15,00 €
Les sentinelles
Grasset
Bruno Tessarech, né en 1947, a animé un établissement d'enseignement expérimental et enseigné la philosophie avant de se consacrer à l'écriture. Il a publié des romans, parmi lesquels La Machine à écrire, Les Grandes Personnes, La Femme de l'analyste, et des récits littéraires, dont Villa blanche, tous réédités en Folio. Les Sentinelles est son premier roman publié chez Grasset .

Il s'agit ni plus ni moins que de l'ambitieuse mise en fiction de la grande question du " qui savait quoi, et quand? " sur la Shoah durant la Seconde guerre mondiale.

L'auteur mêle les personnages inventés (le narrateur Patrice Orvieto, jeune diplomate, son frère Sergio, Françoise, l'épouse d'un responsable du MI-6 anglais, agent double travaillant pour les Soviétiques) et les personnages historiques. On y suit la tentative désespérée des "sentinelles" au destin tragique pour alerter les opinions occidentales sur les atrocités commises à l'Est: le fameux Kurt Gerstein, Ian Karski, résistant polonais qui a assisté au génocide à Belzec, Samuel Zyghelboïm, témoin impuissant des horreurs dans le ghetto de Varsovie... On y retrouve Hitler concevant l'Holocauste, Eichmann le planifiant, von Braun utilisant ses esclaves des camps dans ses usines de Peenemune et de Dora avant de négocier ses archives et sa collaboration avec les Américains pour finir par triompher en parvenant à envoyer en 1969 des hommes sur la lune... On y assiste aux révélations faites puis tues à Churchill, à Roosevelt, et aux dilemmes de chacun des chefs d'Etat face à l'horreur.

De la conférence d'Evian en 1938 à la mort de Karski en 2000, c'est le demi-siècle le plus noir de notre histoire contemporaine que traverse le narrateur de ce roman vrai, tour à tour jeune stagiaire à la Conférence d'Evian, puis, ayant rejoint la France libre à Londres, devenu intermédiaire entre le MI 6 britannique et le 2e bureau français, de plus en plus troublé par les révélations incroyables qui lui sont faites, de plus en plus désespéré de ne pouvoir relayer la parole des "sentinelles" auprès de ceux qui auraient eu le pouvoir de faire cesser le massacre.
25,90 €
L'énigme du retour
Grasset
« La nouvelle coupe la nuit en deux.

L'appel téléphonique fatal

Que tout homme d'âge mûr

Reçoit un jour.

Mon père vient de mourir. »

A la suite de cette annonce tragique, le narrateur décide de revenir dans son pays natal. Il en avait été exilé, comme son père des années avant lui, par le dictateur du moment.

Et le voilà qui revient sur les traces de son passé, de ses origines, accompagné d'un neveu qui porte le même nom que lui. Un périple doux et grave, rêveur et plein de charme, qui lui fera voir la misère, la faim, la violence mais aussi les artistes, les jeunes filles, l'espoir, peut-être.

Le grand roman du retour d'exil.
19,99 €
Mémoires de Marc-Antoine Muret
Grasset
« J'ai vécu deux vies, deux vies de même durée, mais fort dissemblables, car la seconde fut comme l'antithèse de la première. »

Ainsi parle Marc-Antoine Muret (1526-1585), un des grands humanistes de la Renaissance. Il eut comme élèves Montaigne, Jodelle et quelques autres poètes, et fut l'ami de Ronsard et Baïf. Mais il fut bien plus qu'un simple maître. Muret aimait les livres, la musique, la table, le vin et les beaux jeunes gens. Dans un siècle baroque, lumineux et cruel, quand la morale chrétienne entravait les désirs, il fut surtout un professeur de liberté. Liberté d'aimer et jouissance du savoir. Ses convictions et ses débauches l'ont conduit en prison à Paris. Un contemporain a raillé : « Pour un penchant contre nature Muret fut condamné à Paris, brûlé en effigie à Toulouse, chassé de Venise. Pour le même penchant, Rome lui accorda la citoyenneté. »

Dans une langue chatoyante et charnelle, avec une érudition joyeuse et revigorante, Gérard Oberlé ressuscite le flamboyant Muret et se reflète en lui comme un frère tardif.
18,80 €
Le cœur en dehors
Grasset
Ce roman, c’est l’histoire de Charlie Traoré, un gamin (dix ans), black d’origine malienne, adorable, vivant en banlieue, entre la Tour Rimbaud et la Tour Simone de Beauvoir, et dont tout l’univers se résume aux copains, à une amoureuse prénommée Mélanie, à son frère drogué, et à sa mère surtout - qui, au début du livre, est « appréhendée » par la police car ses papiers ne sont pas en règle. Pendant toute cette journée (les chapitres du livre, d’ailleurs, se contentent d’être titrés par l’heure qui tourne), Charlie va errer dans sa cité. Il va chercher son frère Henry, rendre viste à des braves gens, frôler des voyous, jouer au foot, sécher l’école, rêver, suivre ses folles associations d’idées, ses digressions d’enfant-adulte, attendre sa mère, si douce, si aimante… Mais ce roman, c’est surtout une langue, un style, une vision innocente du monde. Ici, c’est Charlie qui parle, pense, regarde – et il est alors difficile de ne pas évoquer à son sujet le légendaire Attrape-cœur de Salinger. Car le petit Charlie est vraiment attachant et le regard qu’il pose sur sa « cité » sordide et magnifiée est, à chaque ligne, rempli de drôlerie et d’éblouissement. Au début du livre, il croit que Rimbaud n’est qu’une Tour. A la fin du roman, il saura que c’était un poète qui dit des choses qui lui semblent vraies et proches. Son Odyssée de l’aube jusqu’au soir, est de celles qui ne s’oublient pas. Pas l’ombre d’un misérabilisme ici : un enchantement de tendresse et d’humour.
18,30 €
Fragments d'une femme perdue
Grasset
Cette femme « perdue » - pour elle-même ? Pour l'homme qui l'aime, et qu'elle ne cesse de quitter ? - est ce qu'on appelle une femme fatale : singulièrement belle, vénéneuse, fragile, cruelle, insaisissable...

Ici, elle se prénomme Violette, comme l'illustre « Traviata » de Verdi. Et ceux qui prennent le risque de l'adorer sont en danger - après avoir été en extase.

Faut-il alors plaindre Alexis, la victime qu'elle choisit dans ce roman ?

Ou faut-il l'envier ?
18,30 €
Un roman français
Grasset
« C’est l’histoire d’une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C’est l’histoire d’un homme devenu un jouisseur pour se venger d’être quitté, d’un père cynique parce que son cœur était brisé. C’est l’histoire d’un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d’un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C’est l’histoire d’un garçon mélancolique parce qu’il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l’échec de leur mariage. C’est l’histoire d’un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu’il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C’est l’histoire d’une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j’ai vécue : un roman français. » F.B.
18,30 €
Seule la mer s'en souviendra
Grasset
En 1969, Peter March, bon marin, père de famille, amateur de défis, se lance dans l’aventure : participer à la première course en solitaire, autour du monde et sans escale. Pas seulement pour y inscrire le nom de Sailahead, le trimaran révolutionnaire que cet électronicien fantasque a construit de ses mains. Mais pour revenir en pleine gloire. S’inventer un destin. « Ici, je suis libre, personne pour me contrarier, pour exiger quoi que ce soit. C’est comme si je n’existais plus puisque personne ne se soucie de moi. » De déception en accident, seul face à la mer, sans autre repère qu’une conscience de plus en plus chancelante, Peter March fabrique le plus fascinant des mensonges jamais commis sur un voilier : il invente sa position. Le roman d’un tricheur ? S’inspirant de son expérience de navigatrice en solitaire autant que d’un célèbre fait divers, Isabelle Autissier raconte avec fascination l’affrontement entre un homme et l’océan, entre la raison et la folie.
20,90 €
Les fables de sang
Grasset
Un tueur en série dans les jardins de Versailles. Une jeune reine menacée. Un agent secret vénitien. Des fables au goût de sang. Des espions anglais, des inventions diaboliques, des secrets d'alcôve, des crimes énigmatiques, des fables que vous n'oublierez jamais.
19,80 €
Nous Ne Sommes Pas D'Ici
Grasset
Nous ne sommes pas d’ici est une autobiographie singulière. Et aussi le récit d’une pensée en mouvement. Celle qui permet à Michel Le Bris de créer le festival « Etonnants Voyageurs » à Saint-Malo et de le projeter aux Etats-Unis, en Haïti, à Sarajevo, à Dublin, à Bamako, à Haïfa, d’écrire essais, récits de voyages et romans, d’avoir été à la fois ancien élève d’HEC et directeur de La Cause du Peuple (ce qui devait lui coûter huit mois de prison), créateur avec Jean-Paul Sartre de la collection « La France Sauvage », cofondateur de Libération et grand amateur de jazz, d’arpenter les paysages et les pages de Stevenson, de proposer une théorie nouvelle du romantisme allemand, en goûtant la contradiction qu’il y aurait à aimer tout ensemble Novalis et Chandler, Jack London et Jean-Paul Sartre, Philip K. Dick et Nicolas Bouvier (dont il aura été l’éditeur), Malraux et Chester Himes, le grand large et l’asphalte, la Bretagne granitique et le New York des époux Johnson dans La Beauté du monde. D’où vient son énergie ? D’être né en Bretagne, répond-il, dans l’émerveillement du poème du monde – et d’y avoir été, aussi, cet enfant pauvre d’une mère employée chez le châtelain local, qui rêvait de l’ailleurs et allait prendre sa revanche. Mais une revanche littéraire. Ce qui anime chaque page ici, c’est l’amour fou de la littérature.
28,40 €
Rue des Martyrs
Grasset
En 1966, la pop française explose : Jérôme, minet de 17 ans, fils de concierge et le rock dans la peau, rêve de gloire. Il traîne au Drugstore en attendant d’y voir ses disques. Mais quand il signe son premier contrat chez Vogue, c’est une reprise qu’on lui impose, une soupe mièvre et commerciale . Pas le choix ? Jérôme n’est pas Chouraqui, son double, son frère, né la cuiller en argent dans la bouche ; ni Gudule, amie bientôt amante, grandie à l’Ecole Alsacienne entre la fille Picasso et la petite Filipacchi, et dont le père, sociétaire du Français, peut ouvrir toutes les portes. Des seventies à l’an 2000, des Champs-Élysées à Saint-Germain, de la Loco au Palace, du Fanta à la vodka et à l’héro, des premières amours au troisième sexe, du jerk au punk, des Beatles à Bowie, de Gainsbourg à Bashung, les trois gamins grandissent. Gudule ne vieillira pas : après une apparition remarquée dans un film de Rohmer, l’égérie de chez Castel se noie dans la drogue et le sexe – hard… Jérôme, miracle en devenir, dévale le temps, et perd tout. Icône des sixties kitschisé avant l’heure, petite idole disco rêvant d’underground, produit périmé du show-biz, RMiste en voie de clochardisation, il s’éclipse sans laisser d’adresse. Et Chouraqui, qui aurait tout donné pour l’une et pour l’autre, devenu producteur indépendant dans la seule idée de faire de Jérôme une rock star, reste riche et seul dans son XVIème. Quinqua divorcé, rentier bedonnant, triste, il rumine ses chers souvenirs en compagnie d’une poupée siliconée, et mange du Nutella en surfant sur Internet. Et puis un jour d’octobre 2008, Jérôme revient…
22,40 €
Trois coupes de champagne
Grasset
En 1923, un jeune homme aux cheveux bruns et aux yeux noirs quitte sa province et débarque à Paris. Il y trouve les lumières des salons, l’ambiance des cocktails et des bals, le sourire des femmes. Trois d’entre elles l’attirent, l’entraînent, le protègent : Bettina, une belle américaine, manequin chez Schiaparelli, Lili de Chambure et Josée Laval. Réceptions, champs de courses, défilés de mode, dîners dans des hôtels particuliers, nuits interminables. L’hiver, il skie à Saint Moritz et séjourne l’été à Deauville, à Cannes ou à Antibes. Chez les Bourdet, les Faucigny-Lucinge, les José Maria Sert, Lucien rêve face à la mer et navigue sur les yachts des Rothschild et de Daisy Fellowes. Les robes ont pris les couleurs des fleurs, Lelong, Chanel, Balenciaga, les ont dessinées. Lucien travaille pour le magazine Vogue. Les années filent, oisives, douces. Chaque soir, l’orchestre joue : Jazz, tangos, valses, les têtes tournent. Soudain, l’histoire s’accélère. Lucien entre au service de celui que Bettina a épousé : Gaston B., député, chef de parti, personnalité ambiguë qui oscille entre la gauche et la droite et, pour finir, passe au fascisme. Il connaît aussi un journaliste, agent secret, Jean Fontenoy, mari de la belle aviatrice, Madeleine Charnaux. Avec lui, il fume l’opium. Les lumières des années trente s’éteignent. Dernière soirée à l’ambassade de Pologne, bal rose de Philippe de Rothschild, l’été 1939 s’achève. La guerre éclate. Paris est occupé. Pétain et Laval s’installent à Vichy. Lucien court après les lumières de la collaboration et le champagne coule encore. Sacha Guitry et Serge Lifar paradent, Cocteau passe et salue le sculpteur d’Hitler, Arno Breker. Lucien suit Gaston B., nommé ambassadeur à Moscou puis à Ankara. Il fréquente l’ambassadeur d’Allemagne, Von Papen, s’installe à Therapia, au bord du Bosphore. L’Histoire hésite : victoire ou défaite allemande ? Stalingrad retentit comme un cri. Les cartes ont changé de mains. De retour à Paris, Gaston B. est arrêté. Lili de Chambure est morte à Ravensbrück. José de Chambrun s’enferme dans son appartement de la place du Palais Bourbon. Mais le pire reste à venir : les regrets, ceux d’une vie gâchée et de l’insupportable lâcheté. Tout, désormais, paraît faux, vide, inutile. La vie n’a plus aucun sens.
17,90 €
La mauvaise rencontre
Grasset
Dans la vie de Loup, le narrateur, trois personnages comptent plus que tout : Nina, la mère qu’il s’est choisie, Gaby, amie de Nina, fantasque et rebelle et Mando, avec lequel, depuis la petite enfance, s’est nouée une amitié indestructible. Les deux garçons se complètent, Loup est indécis, Mando plus entier. Aux jeux d’enfants succèdent les premières conquêtes. Mando note tous les événements de « leur » vie dans un carnet, inscrivant, au fil des mois et des années leur histoire commune, telle qu’il la perçoit. Etudiants, ils vont choisir des voies différentes. Loup découvre la psychanalyse et se trouve un mentor en la personne du Professeur, personnage qui ressemble beaucoup à Lacan. Mando vit cela comme une trahison. C’est seulement à la fin de cette histoire, au moment où tout basculera dans une conclusion tragique, que Loup en comprendra les ressorts cachés. Quels abîmes cette amitié à la vie à la mort recouvrait-elle ? Loup, peu à peu, le découvrira et cette révélation fera vaciller son existence. Il connaîtra la blessure inguérissable des promesses non tenues, cette lorude chaîne qui, à jamais, nous attache à nos fantômes.
16,30 €
Les encombrants
Grasset
«Un petit village du nord de la France. Tout le monde se connaît. Tout le monde feint d’ignorer ce qu’il sait des autres. Jean l’orphelin a grandi dans les bois voisins. Devenu adulte, il est l’idiot, qu’on injurie ou qu’on bénit. Il est un peu comme ces encombrants dont on se débarrasse sur le trottoir, une fois par an, le jour des monstres, et dont il meuble sa baraque perchée sur la fourche d’un arbre… au pied duquel, un matin, on retrouve le corps sans vie d’une jeune fille.
15,90 €
Plage de Manaccora 16 h 30
Grasset
Tout avait si bien commencé : en vacances un 24 juillet, au bord de l'Adriatique (à Peschici exactement), Voltaire le père, quadragénaire glissant sur ses tongs ; Oum sa femme, dont on sait depuis plusieurs livres la passion pour le ménage et l'ordre : Géo, leur petit garçon. Ils n'ont pas d'autre motif d'inquiétude que la perte de leurs chaussures japonaises. Le soleil chauffe. Trop. Ça grésille, les pommes de pins éclatent. Puis les flammes apparaissent, les visages bronzés blanchissent d'effroi, on commence à refluer depuis le camping voisin vers la plage, au pas de course. C'est le feu. Il faut gagner la mer, se croire sain et sauf, regarder derrière soi, laisser un chien au regard aveugle, une aïeule en robe noire, le feu progresse en un tumulte d'arbres arrachés, de rafales de vent, les visages noircissent, et puis c'est la fin de l'errance, le bout de la plage, la mort inéluctable. Les familles s'agenouillent au pied d'une Vierge absurdement posée là. Un miracle peut-il encore advenir ?

C'est ici Philippe Jaenada à son meilleur : l'unité de temps et de lieu, la progression dramatique, les incises comiques sur un célibataire d'autrefois en berne dans Paris, les portraits d'humains pleutres ou bravaches. Tout ce théâtre est un prétexte à digression sur la vanité de la vie, et, en même temps, sa beauté fragile. Un roman désespéré et drôle.
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Les enquêtes de Pénélope Intrigue à Versailles
Grasset
Revoici Pénélope, la jeune conservatrice du patrimoine, toujours amoureuse de Wandrille, journaliste dandy et rieur. Après avoir résolu l’énigme de la tapisserie de Bayeux dans Intrigue à l’anglaise, elle est nommée au château de Versailles. Dès son arrivée, elle découvre un cadavre, un Chinois et un meuble en trop. C’est effrayant, c’est étrange, c’est beaucoup. Dans ce temple de la perfection et de la majesté vont s’affronter les bourrasques de la mafia chinoise et d’une société secrète qui se perpétue depuis le XVIIe siècle. Des salons aux arrière-cabinets du château, des bosquets du parc aux hôtels particuliers de la ville, Pénélope, bondissante et perspicace, va percer les mystères de Versailles.
18,30 €
20.000 euros sur Ségo !
Grasset
Henri Norden est de retour. Il a besoin d’argent. Le congrès du PS s’offre à lui comme une possibilité d’enrichissement : pour peu qu’il devine avant tout le monde le nom du prochain Premier secrétaire du Parti, sa fortune est faite. Son bookmaker anglais est prêt à prendre son pari, rien moins que 20 000 Livres… L’enquête commence à l’intérieur du Parti, elle n’est pas journalistique, pas non plus sociologique, elle est à la fois ludique et littéraire. « Tuyauté » par la jeune et jolie Alice, sa nièce militante, qu’il pousse sans vergogne jusqu’aux frontières du délit d’initié, Henri Norden, double cynique de Donner, assiste aux réunions, aux meetings populaires, aux rencontres des sections. Amusé, agacé, révolté, parfois ému, il reste tendu par son projet de pari. Sur quel candidat doit-il placer ses pions dans ce grand casino politique du congrès ? En pleine tourmente de la crise financière, il observe l’ascension du jeune Benoît Hamon, l’élévation mystique de Ségolène Royal, la mécanique implacable de Martine Aubry, le dévissage complet du favori de la première heure : Bertrand Delanoë. Il les suit jusqu’à Reims, là où va se jouer l’une des plus grandes valses politiques de ces dernières années. Dans ce bal des fous furieux, l’ivresse du joueur se mêle à l’incertitude du sport politique. Donner n’épargne personne, pas même les militants. C’est pour rire, et tant pis s’il en ressort quelques vérités glaçantes.
12,20 €
J'aimais déjà les étrangères
Grasset
« Quelques passades, un travail où il essaie de passer inaperçu, des amis qui ne répondent plus au téléphone : un Parisien fête sans fracas sa trentième année. Il s’abandonne au culte de la régression, tenant la médiocrité pour le dernier refuge de la morale. Une femme mariée, originaire des pays de l’Est, s’invite sans frapper dans cette existence minuscule. Elle est aussi fragile et snob que son parfum, Scent of Peace de Bond n°9. Elle porte des bottes orange et tous les stigmates des anciennes républiques soviétiques. Supérieurement cultivée, cruelle, elle entraîne le narrateur dans les arcanes de la capitale. Vernissages d’art contemporain, grandes marques, notoriétés factices. Notre héros découvre enfin la vie, et la tentation du bonheur. Mais après l’avoir converti au cynisme, cette apparition l’abandonne : rupture sans préavis. Le narrateur s’enferme dans une tristesse hautaine. Incapable de conjurer son obsession, refusant de mendier l’affection de celle qui est partie, il survit dans un quotidien hypothétique. Au cœur de l’hiver, enfin décidé à lui parler, il s’embarque dans le métro parisien, emportant avec lui une mystérieuse boîte enveloppée de papier kraft. D’une station à l’autre, des hommes le prennent en filature, prêts à tout pour l’empêcher d’atteindre son but. » Alexandre Kauffmann
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La chanson de Nell
Grasset
Scène inaugurale : le 8 janvier 1959, serrés à l’arrière d’une traction-avant bleue-marine, les enfants emmitouflés, à l’avant le père et la mère. Un camion surgit de nulle part, le père a le thorax enfoncé et meurt des suites de l’accident, la mère a le visage blessé, les paupières arrachées. La vie bascule. La mère, devenue l’axe central d’une famille bohème et rêveuse, doit subvenir aux besoins de tous. Sous le nom mystérieux de Nell Pierlain, elle écrit des romans populaires, où s’inventent des destins qui peuplent sa vie. Puis un jour, Nell s’effondre, « restent les mots de la mort que l’on compose et décompose au pied du lit, reliés au corps et au nom de famille par des liens invisibles, des prières, une adresse : Souchon, née Pourchot Marie-Madeleine, hôpital Sainte-Perrine, Paris ». Alors, Patrick Souchon, dans ce bouleversant roman familial, bat les cartes du passé, mêlant les détails d’une époque (le théâtre, les romans, les amis, les enfants) aux émotions d’un fils. Portrait d’une mère.
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Juste avant l'hiver
Grasset
Prague, 1969. Dans un café, la patronne acariâtre et jalouse épie sa jeune serveuse. Elle assiste en voyeuse à l’éclosion et au massacre d’un amour pur, qui lui rappelle une blessure de jeunesse. A travers ce huis-clos et une poignée de personnages, c’est tout le cauchemar d’un régime politique qui nous est restitué.
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Il faut laisser maisons et jardins
Grasset
A lire la dernière strophe du poème de Ronsard, dont Marcel Schneider s'est ici inspiré, " Adieu chers compagnons, adieu mes chers amis, je m'en vais le premier vous préparer la place ", on devine avec mélancolie que ce livre est aussi un Adieu. Un testament. Nulle amertume chez cet humaniste misanthrope, cet érudit indifférent à son temps, pour qui 1936 ne signifie pas l'invention des congés payés mais l'obtention avec brio de son agrégation de latin-grec ! Qui, à l'heure du politiquement correct, reprend à son compte la définition de la démocratie par Baudelaire : " La démocratie est le plus énergique dissolvant de toute vertu que le monde ait connu jusqu'ici ".

Dans le lignée de L'Eternité fragile, cette fragile architecture du temps recomposé qui sont ses mémoires, Marcel Schneider se souvient, et les figures amies ou admirées sont évoquées ici avec précision : Lise Deharme et André Breton, un Julien Gracq muet qui aime les mondanités, un Lord Byron musical, Nijinski érotico-mystique, Denise Bourdet en Panthéon des gloires défuntes, ainsi qu'un long essai sur Proust et le faubourg Saint-Germain.
17,90 €