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Résultats de recherche pour '1 2 3 SOLEIL' (17682)

Les Pêcheurs
Points
Ikenna, Boja, Obembe et Benjamin ont désobéi aux ordres paternels. Les quatre frères sont allés pêcher dans les eaux du fleuve interdit, l'Omi-Ala. Ils savourent cette pêche clandestine, jusqu'au jour où le fou Abulu les maudit : Ikenna, l'aîné, mourra de la main d'un de ses frères. Peu à peu, le poison de la terrible prophétie infiltre les esprits… Né en 1986 au Nigeria, Chigozie Obioma enseigne la littérature aux États-Unis. Son premier roman, Les Pêcheurs, publié dans 26 pays, a immédiatement connu un immense succès public et critique. « Premier roman virtuose, à la richesse de langue, de composition et de significations stupéfiante. » Le Monde des Livres Traduit de l'anglais (Nigeria) par Serge Chauvin Finaliste du Man Booker Prize 2015
9,30 €
Les Vents barbares
Points
Un soir de 1968, un haut dirigeant du KGB confie à son fils le secret de ses origines. En 1920, la Sibérie est à feu et à sang, l'Armée rouge est en marche. Alors qu'il n'est qu'un enfant, il assiste au meurtre de ses parents, accusés de bolchevisme. Il est sauvé par le Baron sanglant, ennemi juré de la révolution russe. Le célèbre général signera la gloire et la perte de l'orphelin trop vite fait homme… Philippe Chlous est journaliste et scénariste. Les Vents barbares est son premier roman.
7,40 €
Embrouille en Corse
Points
Un verre de rosé à la main, Francis Reboul savoure le soleil en attendant ses amis, Sam Levitt et Elena Morales, lorsqu'un hélicoptère vient survoler sa terrasse. Son propriétaire, le milliardaire Oleg Vronsky, est immédiatement convaincu d'avoir trouvé la maison provençale de ses rêves. Prêt à tout pour se débarrasser de l'encombrant Reboul, le Russe n'hésite pas à s'associer avec la mafia corse… Peter Mayle est tombé sous le charme de la Provence où il vit avec son épouse depuis de nombreuses années. Il est l'auteur du best-seller Une année en Provence et d'Un bon cru, adapté au cinéma par Ridley Scott en 2007. Ses livres sont disponibles en Points. « Peter Mayle nous entraîne dans une comédie policière qui lui permet d'évoquer sa tendresse pour le sud de la France » Actualité littéraire Traduit de l'anglais par Jean Rosenthal
6,90 €
Je vous emmène
Points
Anellia a toujours vécu envers et contre. Fille de rien, elle trompe le destin en intégrant l'université. Intellectuelle brillante, elle renvoie ses camarades à leur médiocrité et à leur ambition risible de trouver un mari. Mais sa rencontre avec Vernon Matheius, un étudiant noir qui tient tête au professeur et aux insultes racistes fusant dans l'amphithéâtre, lui fera lever un tabou beaucoup plus grand. Née en 1938, Joyce Carol Oates est une nouvelliste et romancière prolifique, récompensée par de nombreux prix littéraires. Les Chutes, Mudwoman et Maudits sont notamment disponibles en Points. « Je vous emmène véhicule, avec humour, une ardente envie de la vie. » Olivier Barrot, « Un livre un jour », France 3
8,95 €
Icare ou l'Insoumission
Grasset
«  Dans ce roman vif, corrosif, plein d’humour et de péripéties, Icare n’est pas ce héros de carton-pâte, doté d’ailes enduites de cire, qui se noie dans la mer pour avoir volé trop près du  soleil. Fils de Dédale, architecte qui ressemble à Frank Gehry, échappé comme lui du labyrinthe, il sait ce qui l’attend. Agé de dix-sept ans, Il ne vit qu’une journée et profite de chaque instant. Tant qu’il vole, il ne tombe pas. Libre comme l’air, il désobéit à sa légende, défie la loi des hommes (et de la pesanteur) et la règle du père. La menace de la chute baigne  cette  épopée  poétique et  prophétique, à la fin inédite et joyeuse.

*Icare ou l’insoumission*  est une fable, un récit moderne qui convoque les mythes anciens pour mieux célébrer la liberté du présent.  »
19,00 €
La Rédemption
Grasset
C'est d'abord une histoire d'amour. A la veille de la Grande guerre, la jeune Colette Jéramec rencontre le meilleur ami de son frère André, un certain Pierre Drieu la Rochelle. Les deux garçons étudient à Science Po, elle se destine à la médecine. Les Jéramec sont issus d'une grande famille juive, les Drieu appartiennent à la petite bourgeoisie déclassée. Pierre et Colette s'aiment, découvrent la littérature et les idées politiques de leur temps, se marient dans la tourmente en 1917, divorcent en 1921, tout en conservant des liens forts de tendresse et d'amitié. Elle va devenir pédiatre, travaillant à l'institut Pasteur  ; lui sera écrivain, dont plusieurs de ses livres sont désormais réunis en Pléiade.

Avec la seconde guerre mondiale survient l'Occupation. Pierre y défend un socialisme fasciste, commettant des textes antisémites et collaborationnistes. En 1943, Colette et ses deux enfants sont internés à Drancy, promis à la déportation. Il va les sauver, dans des circonstances jamais élucidées, comme il a sorti des *oflags* et des *stalags* nombre d'écrivains, amis ou ennemis.

Dans les biographies de Drieu, ce sauvetage ne dure que quelques lignes. C'est ici le cœur du roman, où se mêlent la reconstitution historique, l'enquête, et les interrogations permanentes sur un XXe siècle qui ne cesse de déborder dans le nôtre.

Céline, Aragon, Breton, Tzara, Rigaut, Cocteau... Malraux, Halévy, Berl, Morand, Sartre, Paulhan, Abetz, Blum, Doriot... tous croisent l'aventure de Pierre et de Colette au milieu des obsessions idéologiques communes à hier et aujourd'hui  : haine des élites et du «  système  », anticapitalisme, mystique des identités culturelles, et un socialisme international ou national façonné par une même passion révolutionnaire.

Le passé n'est jamais mort, affirmait William Faulkner. *La rédemption* raconte ces liens troubles entre les époques à travers un couple où l'homme a souvent agi contre ses propres mots et la femme n'a cessé de protéger celui qui aurait dû être son ennemi.
24,00 €
Les trois Hortense
Grasset
Un siècle, trois femmes. Du Premier Empire eux débuts de la Troisième République, période la plus agitée de l’histoire de France, ces trois femmes d’un même prénom, chacune liée aux autres mais d’une génération différente, font entendre leur voix dans un monde où les hommes dominent le monde. Trois Hortense, trois destins vers la liberté.

La première Hortense est célèbre : Hortense de Beauharnais, fille de l’impératrice Joséphine, fille adoptive de Napoléon et mariée à Louis Bonaparte son frère, devenu par-là reine de Hollande. Comment exister quand, à la fin de l’Empire, on est la fille d’un songe et l’épouse d’un monstre ?

Hortense Cornu, la deuxième Hortense, est la fille de la gouvernante de la précédente. Élevée en Suisse avec le fils de la reine Hortense, ce Louis-Napoléon qui finira par devenir Napoléon III, elle veut échapper à ce que les hommes voudraient qu’elle soit. Elle épouse un peintre républicain, Sébastien Cornu. N’abdiquant jamais ses idées libérales, elle regroupe autour d’elle écrivains et artistes d’opposition au Second Empire, s’affirmant comme une intellectuelle dans une période qui ne veut que des épouses et des cocottes.

La troisième Hortense, Hortense Haffner, est imaginée. Petite-fille d’un sergent de la Grande Armée, elle n’aurait jamais dû jouer de rôle politique, mais elle se lie d’amitié avec Hortense Cornu. Et la voici, rousse comme le feu, inattendue et véhémente, jusqu’aux brasiers de la Commune, dans Paris en insurrection. Elle se révolte pour conquérir une liberté dont elle rêve qu’elle sera celle des femmes de l’avenir.

Trois femmes du siècle, élaborant des stratégies pour ne plus avoir à subir et inventant de nouveaux codes dans un monde tout aussi déréglé que le nôtre.
22,00 €
Le trésor des livres
Grasset
« Laissez-moi vous parler de livres… »

Depuis la nuit des temps, on se raconte des histoires, pour rêver à un autre monde et mieux comprendre le nôtre. Les livres éclairent ce qui fait l'humanité : l'amour et la guerre, la joie et la souffrance, le bonheur et le désespoir. Quand *Harry Potter* perd Sirius, on revit nos propres deuils. Quand *Don Quichotte* charge les moulins à vent, on reconnaît notre propre folie. On désespère aux côtés de *Gatsby le Magnifique* du retour de Daisy, on tremble face à la colère d'Achille dans *L'Iliade*, on s'émerveille d'Atlantis avec le capitaine Nemo, plus de *Vingt mille lieues sous les mers*...

Passionné et connaisseur, Martin Boujol nous convie à bord d’un voyage à travers les œuvres qui ont marqué sa vie. En une trentaine de courts chapitres, on y trouve des pistes pour choisir nos lectures, « naviguer dans les librairies », « se faire recommander des livres », ne pas se contraindre à essayer de « tout lire » ; des clés pour lire autrement, « lire plusieurs livres en même temps », lire l’œuvre entière d’un auteur, lire « en groupe », « lire pour reconquérir notre faculté de penser » ; et surtout, des invitations à découvrir des mondes que nous n’aurions autrement peut-être jamais croisés.

« Un lecteur vit mille vies avant de mourir. Celui qui ne lit pas n’en vit qu’une », disait Georges R. R. Martin, l'auteur de *Game of Thrones*… Martin Boujol nous rappelle à quel point la littérature nous rend vivants.

Un manuel de savoir-lire qui donne terriblement envie de lire et relire !
20,90 €
Bosphore-Tango
Grasset
Istanbul, septembre 1955. Un pogrome d’une violence inouïe, visant les communautés grecque, arménienne et juive, saccage le centre-ville. Renée, jeune Arménienne, emprunte la grande avenue de la Libération à travers les gravats et les éclats de verre, à la recherche de Jako, son ancien amant. Dans ses bureaux dévastés, elle le retrouve. Leur idylle reprend.

Au même moment à Lausanne, plusieurs familles stambouliotes se trouvent dans l’impossibilité de retourner en Turquie, où les frontières ont été fermées. Entre Sélim, le fils de Jako, âgé de quinze ans, et Deniz, sa cousine de cinq ans son aînée, un amour s’esquisse. Ils se retrouveront au cours de l’été suivant dans une île paradisiaque au large d’Istanbul, où leur amour éclatera, avant de subir bien des cahots, de rupture en retrouvailles.

Bien des années plus tard, en 2002, dans cette Istanbul qui conserve le souvenir enfoui d’un cosmopolitisme écrasé par des décennies de rigorisme et de violences, Jalila, écrivaine à succès, apprend qu’elle est une enfant adoptée. Elle n’a de cesse de partir à la recherche ses parents biologiques et de découvrir le secret de sa vie.

Après *Le Danseur oriental,* puis *L’Espion d’Atatatürk,* Metin Arditi achève sa *Trilogie de Constantinople* avec ce *Bosphore-Tango* qui se clôt à l’ère Erdogan. Il y raconte, avec émotion et mélancolie, des destins malmenés par une Histoire qui n’a que faire des nuances des vies.
20,00 €
Atelier 4
Grasset
Irène Dobrynine, médecin généraliste à Fontainebleau, est la sœur ainée de Natacha, une brillante ingénieure chimiste qui a choisi, par conviction écologiste, d’intégrer une multinationale qui fabrique du papier écocertifié. Un samedi après-midi, deux policiers viennent annoncer à Irène qu’un corps qui pourrait être celui de sa cadette a été retrouvé, méconnaissable, dans l’atelier 4 ultrasécurisé de l’usine d’Étampes. Natacha, qui s’y est aventurée de nuit alors qu’elle n'était pas habilitée à y avoir accès, a fait une chute mortelle.

Décès accidentel  ? Suicide  ? Mort provoquée  ? La responsabilité de l’entreprise est-elle engagée  ?

Ces questions obsèdent Irène. Tandis que ses proches et ses amis l’exhortent à faire son deuil, elle cherche sans relâche à comprendre les circonstances de la mort de sa sœur.

Au fil des semaines, la bombe à fragmentation de cette tragédie commence par détruire la famille (Bastien, le mari d’Irène, blessé qu’elle se détourne de leur projet d’enfant  ; Stéphane, le mari de Natacha, qui préfère renoncer à une procédure en justice au profit d’un compromis financier avec l’entreprise  ; Christian, père des deux sœurs qui porte déjà le deuil récent de son épouse, ne supporte pas la mort de sa cadette et s’enferme dans le mutisme).

Obsédée par les doutes, Irène aiguillonne un ballet judiciaire (police, juge d’instruction, avocat) qui ne suffit pas à ébranler le mur du silence. Elle poursuit son enquête coûte que coûte, au risque de se couper des siens.

Le lecteur doit avec elle recomposer pièce à pièce le puzzle de cette énigme. Reconstituer les derniers mois de la vie de Natacha à partir d’un tissu d’informations contradictoires, entre voix des témoins qui l’ont connue, révélations de collègues et procès-verbaux d’interrogatoires.

Et c’est ainsi que, peu à peu, la petite musique de nuit du roman à suspens compose la symphonie chorale d’un grand roman social sur la souffrance au travail et d’un roman politique sur les puissants qui détruisent en toute impunité les vies et la planète.
21,50 €
Le Gorille
Grasset
« Le gorille » c’est le surnom d’Ezer, ancien membre des services secrets israéliens et garde du corps de Moshe Dayan ou encore de Golda Meir. C’est aussi le père de Dory, qui vit aujourd’hui à Berlin avec son compagnon et invective cette figure autoritaire et viriliste, dans une langue qu’ils n’ont pourtant pas en commun – ni la langue maternelle de l’auteur (l’hébreu), ni sa langue paternelle (l’allemand).

Libéré de la honte et protégé par le français, Dory révèle un tabou familial, le pénis non-circoncis de son père. Cette transgression de la tradition juive est le point de départ d’une quête identitaire, des origines allemandes à l’assimilation israélienne, via l’hébraïsation des noms et des coutumes à l’orée de la Seconde Guerre mondiale. En entrelaçant leur histoire aux bouleversements politiques du pays, de la création d’Israël aux tentations autoritaires contemporaines, le narrateur dévoile son propre parcours, celui d’un jeune homosexuel épris de littérature. Hospitalisé de force par les siens, il n’aura d’autre choix que de fuir, à Paris puis à Berlin, cette société de gorilles où il ne se sent plus à sa place.

Oscillant entre colère et gratitude, révolte adolescente et tentative de pardon, le narrateur s’interroge autant sur la violence de son héritage que sa transmission aux générations futures. En s’appuyant sur les grands écrivains auxquels il a consacré sa vie de traducteur, de Baudelaire à Yourcenar en passant par Descartes, Dory Manor offre une réflexion poignante sur notre besoin de réconciliation et, à travers cette confrontation intime avec le père – symbole d’un Israël conquérant et militarisé –, dresse le portrait d’une société en perte de repères démocratiques et humanistes. *Le gorille* est un magnifique roman sur l’identité familiale, religieuse, sexuelle et politique, en même temps que l’exploit littéraire d’un écrivain israélien qui a quitté son pays et fait du français sa langue d’écriture.
23,00 €
L'Âme d'une épée - Discours de réception à l'Académie française
Grasset
Ce volume reprend le discours de réception à l’Académie française de Raphaël Gaillard, prononcé le 22 mai 2025, suivi de la réponse de Monsieur Pascal Ory.

Comme le veut la tradition, ces deux textes sont précédés du discours de remise de l’épée, prononcé par Florence Delay et des interventions lors de la cérémonie de remise de l’épée.
16,00 €
Spécimen
Grasset
«  Quel genre de jeune homme faut-il être pour écrire une chose pareille  ?  L’écriture est soignée, la calligraphie appliquée. Tout cela rend le texte plus dérangeant encore. Comme si l’auteur savait qu’il serait lu.  Qu’il m’attendait.  »

Une mère, la narratrice, dépose son jeune fils chez sa nourrice, Mina. Elle a ainsi du temps pour écrire. Mina vit seule et a aussi un enfant, Rafael, plus âgé. Il a disparu sans raison et a laissé un mystérieux carnet. En découvrant le contenu du carnet que lui a confié la nourrice, la narratrice est bouleversée. Il n’en fallait pas plus pour que la menace plane, qu’elle contamine tout.

Les souvenirs refont surface. Qu’est devenue son amie d’enfance disparue vingt-cinq ans auparavant  ? Des questions restées sans réponses reviennent la hanter. Passé et présent se confondent et le  lecteur découvre peu à peu l’histoire de Rafaël.  S’il est un spécimen, unique, ou s’il est à l’image de son espèce, qui sera en mesure de l’affronter  ?

Pauline Claviere nous offre un roman diabolique, travaillé par le grand sujet de notre époque  : jusqu’où irions-nous pour protéger nos enfants, et de qui  ?  Son intrigue implacable nous conduit dans un Marseille intime et inquiétant où toute la société se désaxe.  Entre nos mains, le roman d’une enquêtrice au-dessus de tout soupçon…

Vous ne dormirez plus avant de savoir qui est vraiment «  le spécimen  ».

Ce texte impossible à lâcher est en cours d’adaptation par RT Features, société de production du brésilien Rodrigo Teixeira, notamment  producteur  de «  Call me by you name  » (2017) et «  Je suis toujours là  » (Oscar du meilleur film 2025).

«  Il y a des romans qu’on lit et d’autres, comme celui-ci, qu’on dévore. Rarement, la fin d’un roman, m’aura à ce point surpris, et donné l’envie immédiate de le relire.  » (Maxime Chattam).
24,00 €
De mère inconnue
Grasset
« La littérature est un long message adressé à nos défunts que nous embaumons dans une sépulture de mots »…

Douze ans après son best-seller Un bon fils centré sur la figure du père violent, l’auteur nous en offre le pendant féminin : « les fils ratent leur mère. Et plus encore les fils uniques. »

Une mère épileptique soumise à son tyran de mari et envahissante pour son fils, un couple toxique, une atmosphère de haine et de coups dans laquelle baigne jusqu’à l’adolescence un fils « dérouillé et choyé en même temps, pris en étau entre une brute vociférante et une névrosée plaintive » : telle est l’équation de départ, décrite sans  pathos. S’opposant violemment à son père, le garçon se noie dans les lamentations de sa mère : « on ne réfute pas un gémissement » !

Cette figure de la mère détermine toute la vie sentimentale du fils: avec chaque femme croisée plus tard, il reproduit malgré lui le schéma parental. Tyran et enfant, ou enfant tyrannique, refusant le « pacte de faiblesse » que sa mère, amoureuse de sa servitude, voulait renouer avec son fils.

Lorsqu’il parvient à fuir ses parents et à gagner Paris, l’auteur fait mille métiers pour gagner sa vie : hôte pour des salons, chauffeur de maître, serveur, vendangeur, répétiteur de français et de philosophie, pianiste de bar, gigolo, candidat recalé à des peep-show… jusqu’à ce que l’université lui ouvre les portes d’un nouveau monde (magnifiques portraits de Jankélévitch, Roland Barthes, Gilles Deleuze, Lacan…).

Cette mère « ratée », le fils tente de la comprendre à travers les livres qu’elle lisait, les expressions qu’elle utilisait, la vengeance tardive qu’elle a pu prendre sur son bourreau de mari, sa fin de vie misérable… mais aussi à travers la longue enquête qu’il mène pour savoir s’il est vrai, comme le lui a confié son père avant de mourir 13 ans après sa femme, qu’il l’avait « rencontrée en 1942 à Berlin ». Aurait-elle vraiment été volontaire pour partir, en pleine guerre, travailler aux usines Siemens pour le compte de l’Occupant ? Cette « mère inconnue » aurait-elle caché un tel secret à son fils jusqu’à son dernier souffle ? La réponse se trouve dans le livre : « on est toujours surpris d’apprendre ce que l’on pressentait »…
20,00 €
L'extinction des vaches de mer
Grasset
La Rhytine de Steller, plus connue sous le nom de «  vache de mer  », a été découverte en 1741 par le naturaliste allemand Georg Wilhelm Steller. C’est lors d’une expédition dans les eaux glacées du Pacifique nord qu’il rencontre ce gigantesque animal marin au destin tragique – puisqu’il s’éteindra définitivement 27 ans après son premier contact avec les hommes. À la fois roman d’aventure, épopée scientifique et plongée dans l’intimité d’un équipage échoué, *L’extinction des vaches de mer* nous entraîne dans la vie d'un grand explorateur lancé dans la bataille que se livrent les savants européens du XVIIIème siècle pour s’approprier de nouvelles terres et des espèces encore inconnues. Jusqu’à trouver ces vaches de mer devenues mythiques, dont la chair a le pouvoir de sauver les naufragés affamés, sa graisse de les réchauffer, et ses airs de sirène de les enivrer.

Mais si la Rhythine de Steller a envahi l’imaginaire de la narratrice, de quoi cette obsession est-elle le nom  ? Porté par une écriture poétique, sensorielle, *L’extinction des vaches de mer* interroge la possibilité de préserver ce qui menace de s’effacer : un animal, un grand-père, une langue, une histoire familiale. À travers la figure de Steller, scientifique hanté par la beauté et la fragilité du vivant, Adèle Rosenfeld propose une réflexion bouleversante sur la disparition, les douleurs silencieuses et le besoin de transmettre.
17,00 €
Quartier des fantômes
Grasset
« Un soir, je retourne au centre S21. C’est un rendez-vous que nul ne m’a proposé parmi les vivants. Je m’assieds au pied du bâtiment principal, et j’attends. Devant moi, l’ancienne école jaunie aux volets bleu clair. Je scrute ces murs que je connais si bien, où je suis venu filmer, des nuits entières, il y a vingt ans. Même une école peut devenir un centre de mort. Surtout une école, s’il faut transformer les êtres radicalement, s’il faut qu’ils consignent leurs vies et qu’ils s’inventent des crimes, électrocutés, frappés, étouffés. Qui entre ici est déjà mort. »

Ainsi s’ouvre le Quartier des fantômes : Rithy Panh, qui survécut enfant au régime khmer rouge puis devint cinéaste, retourne au « centre de la tuerie », conçu, contrôlé, dirigé par Duch. La nuit, le jour, à travers le temps, les rencontres, il nous raconte ce que fut ce lieu, école, puis camp de la mort, puis musée ; et ce qui l’habite, aujourd’hui encore. Les cris. La peur. L’idéologie. Les esprits. Nous voici au cœur de la machine de mort, confrontés au mal et à son énigme, mais aussi à la résistance. Car il y a les jeunes bourreaux, et le désir d’effacer, mais il y a aussi le peintre Vann Nath, et la jeune Bophana – deux belles figures humanistes.

Le quartier des fantômes ne vous quittera plus. Traversée poétique et méditation politique, c’est aussi un admirable traité sur l’écriture de l’histoire à travers les mots et les images.
15,00 €
Inventaire de la basse période
Grasset
Le monde occidental vit un moment à la fois piteux et menaçant. Ce moment, Charles Dantzig l’appelle la Basse Période. Basse,  comme il y a marée basse  ; période, parce que les choses n’ont pas encore suffisamment duré pour pouvoir être qualifiées d’époque.

Nous pensions les barbares à l’extérieur. Quel optimisme. Ils sont à l’intérieur, et à l’œuvre. La réaction la plus glaciale est au pouvoir dans bien des pays, souvent portée par une alliance entre des milliardaires et une partie de l’électorat qu’ils ont enragée. Cet *Inventaire*  établit l’accumulation des faits anciens et récents qui, joints à cette volonté de conspirateurs en plein jour, sont devenus des causes  : l’injure institutionnalisée, l’abandon du droit au profit de la force, la destruction de toute culture, la course à l’obéissance, un narcissisme féroce…

Direction  : la tyrannie, dans cet espace mental nommé Occident pourtant fondé contre elle. Ses ennemis intérieurs cherchent à créer un nouvel espace mental d’archaïsme moral joint à la technique la plus perfectionnée.

Et parmi cela, la vie, la vie qui continue, distraite, frivole, avec l’amour, la jalousie, la sexualité… qui ne sont pas des absolus. Les sentiments sont aussi des produits du monde où ils apparaissent. Et eux aussi changent, et bien souvent dans le sens de la réaction contre toute humanité.

La marée remontera-t-elle ou la tyrannie nous entraînera-t-elle par le fond  ?
24,00 €
Les courants d'arrachement
Grasset
Casablanca, 1955. À marée basse, Reine est allongée sur le « rocher des condamnés. »  Ce matin, après avoir installé sa fille Rose sur le sable, elle a rejoint cet îlot minéral où, six ans plus tôt, elle passait des heures, à l’abri des regards, dans les bras de Jean, son amant.

Pourquoi ce pèlerinage  ? Elle vient d’apprendre que Jean est mort. Celui dont elle espérait tant le retour ne viendra pas la sauver de sa tante cruelle, de son frère malsain, de la vie de captive qui l’attend aux côtés de son époux, François, dans l’univers calfeutré d’une bourgeoisie qui vit ses dernières années de faste sous le Protectorat français.

Reine cherche une raison de ne pas se laisser prendre par les courants de la marée montante  pour rejoindre l’homme de sa vie dans la mort. Ses souvenirs la submergent : sa naissance en France dans une famille nombreuse des années 1930 ; la pauvreté ; la mort de sa mère ; son adoption par un couple de notables rattrapés par l’horreur de la Shoah ; l’invitation d’un oncle installé au Maroc ; la mystérieuse disparition de son amant ; le piège du mariage sans amour qui s’est refermé sur elle…

Alternant le temps contracté des chapitres au présent où se joue le suspens d’un possible suicide par noyade et le temps dilaté des chapitres au passé retraçant l’aventure de sa vie, le premier roman d’Élise Lépine se lit comme une saga intime, une épopée dont l’héroïne solaire et désespérée devra, à la fin, choisir son destin.
23,00 €
Feux sacrés
Grasset
À 20 ans, Cécile Guilbert est une jeune étudiante débridée qui ne jure que par la poésie, la littérature et la philosophie. À ses oncle et tante qui lui parlent de yoga, de gourou et de spiritualité hindoue, elle réplique que ses maîtres se nomment Nietzsche, Baudelaire, Lautréamont, et qu’elle ne comprend rien à leurs histoires de Shiva et de vedas. Trente-cinq ans plus tard, c’est dans l’appartement d’un maître yogi qu’elle réapprend à respirer pour survivre à un choc traumatique. Comment la rationaliste sceptique s’est-elle transformée en disciple appliquée  ? Par quelles rencontres de chair et de papier  ?

Dans ce récit initiatique intime dont la langue claire et l’implacable franchise mêlent ironie, intelligence et ardeur, Cécile Guilbert  raconte  les épreuves et les joies qui ont rendu possible cette métamorphose. Car pour s’ouvrir à cette *Vita Nova*, il lui faudra affronter plusieurs fois le scandale de la mort : celle de son cousin adoré, suicidé  ; de sa grand-mère veillée dans son agonie  ; de son oncle à qui elle ira dire adieu dans un ashram du Kerala  ;  de son petit frère dont le cadavre est découvert dans des circonstances dramatiques. Il lui faudra découvrir l’amour vrai avec Nicolas, la lumière dans le regard des sages, les bûchers de Bénarès, se croire brisée chaque hiver pour finalement renaître à elle-même.

À mille lieux de nos repères et nos idées, elle nous emporte dans un grand voyage qui fait briller les feux sacrés de sa constellation personnelle  : l’amour, les morts, l’Inde et les livres. Faisant aussi la part belle à la magie poétique des signes par lesquels chacun peut donner sens à son existence, *Feux sacrés* pourrait aussi se résumer ainsi  : Savoir mourir, s’éveiller, apprendre à renaître pour mieux vivre.
24,00 €
Adieu Kolyma
Grasset
Kolyma  : grand Est Sibérien, aux confins extrêmes de la Russie, où le froid atteint -60°C.  C’est ici, le long de ces rivières, que les pires camps du Goulag stalinien furent construits. Ici aussi que Sylla Bach, l’héroïne de ce roman, est devenue «  la tueuse de chiennes  ». Internée neuf ans à la Kolyma, elle fut le bras armé des truands et des hommes du NKVD lors des grandes purges, puis celui des frères Vadas, chefs de l’impitoyable famille des transylvaniens à la tête des mines d’or de la région.

Quand le roman démarre, nous sommes en 1956  : Staline est mort depuis trois ans, les camps disparaissent, restent les mines. Tous les personnages du livre sont revenus vivants de la Kolyma : Sylla Bach  ; Varlam, le vieux bolchevick qui l’a recueillie dans un orphelinat du Caucase et qui l’a formée ; les frères Vadas, Pal et Lazar, dont la haine réciproque tisse les fils de l’action  ; Kassia, l’infirmière que Sylla a rencontrée et aimée là-bas. Parce qu’elle aurait trahi le clan, Sylla est condamnée à survivre dans les décombres de cette ville où la révolte vient d’être matée et à aimer Kassia de loin, en la protégeant sans qu’elle le sache. Elle la croyait à l’abri mais la sortie de prison de Lazar Vadas va réveiller les haines et l’obliger à reprendre la route et les armes pour aller retrouver sa liberté. De Budapest écrasée par les chars russes en passant par Kiev et Moscou, tous les personnages se retrouveront là où pour eux tout a commencé et tout devra finir  : à Magadan, cœur de la Kolyma.

Exceptionnel et entêtant, *Adieu Kolyma* nous transporte dans l’une des régions les plus désolées du monde pour y jouer les dernières notes de la sonate Sylla Bach et mettre en scène un drame shakespearien dont tous les éléments sont présents  : l’amour, la mort, la guerre  ; les liens du sang rompus, la loi des clans trahie et les corps désunis.
23,00 €
In violentia veritas
Grasset
Lorsqu’elle découvre à quatorze ans qu’on la surnomme « la fille de l’assassin », Catherine Girard interroge son père Henri Girard – plus connu sous son nom de plume, Georges Arnaud, auteur notamment du célèbre roman *Le Salaire de la peur*. L’horreur de ce que le vieil homme lui apprend plonge l’adolescente dans le déni. Un demi-siècle plus tard, dans un geste d’amour, elle se confronte à ce passé abyssal.

Le matin du 24 octobre 1941, au château d’Escoire, le père d’Henri Girard, sa tante et leur servante sont retrouvés morts, atrocement massacrés à la serpe. Seul survivant, Henri est inculpé, emprisonné dix-neuf mois dans l’un des

cachots les plus insalubres de France et promis à la guillotine. Il est finalement acquitté. L’énigme du triple assassinat d’Escoire, tant de fois revisitée, ne fut jamais élucidée.

Dans ce magnifique récit littéraire d’investigation familiale, Catherine Girard nous offre enfin sa  vérité. D’une puissance exceptionnelle, *In violentia veritas* marque la naissance d’une écrivaine.
22,00 €
Quand viendra l'aube
Grasset
«  Mon père est mort deux fois. La première, il avait douze ans. C’est à ce moment qu’il a perdu son propre père, disparu à l’aube de la cinquantaine des suites d’un infarctus foudroyant. Pendant toute ma jeunesse, il m’a répété, sur un ton accusateur : "J’étais orphelin, moi ", ce qui sous-entendait une double injustice : il avait été privé de père, alors qu’à moi il était donné d’en avoir un.  »

Lorsqu’il meurt, une seconde fois, vraiment alors, Dominique Fortier n’est plus une enfant. Elle est mère, écrivaine, épouse. Mais fille encore. Dans ce récit intime, écrit l’été suivant le décès de son père, elle mêle les souvenirs de cet homme taiseux, dédié aux livres, ayant pourtant choisi de ne jamais écrire, à ses propres réflexions sur la création, l’écriture et le pouvoir des mots pour prolonger la vie.

Des rives du fleuve Saint-Laurent où elle dit adieu à son père, jusqu’au bord d’une plage balayée par l’écume dans le Maine, elle nous emmène avec elle dans ses marches et confie, par fragments, avec l’extrême précision d’une dentellière et la parole d’une poète, ses pensées qui lient entre elles images (coquillages, couleurs indéfinissables du cie ou de la mer), questions (écrit-on pour guérir nos blessures ou pour les partager  ? le bonheur existe-t-il  ? ), voix d’autres auteurs (de Leonard Cohen, Emily Dickinson, Fernando Pessoa), confessions, et le portrait d’un père qui, dans la poésie, aimait surtout « ce qui nous met en garde que la vie est brève et la mort longue  ».

Un texte étincelant de grâce et de finesse qu’on ouvre comme une boite aux trésors et dans lequel on puise savoir, beauté et espoir.
16,00 €
Dans le ventre des filles
Grasset
« Vous voyez ce que je vois ? » Lors de sa première échographie, la narratrice découvre qu’elle attend des jumeaux. Mais un fœtus est plus petit que l’autre et semble présenter plusieurs anomalies. Une question se pose immédiatement, qui l’accompagnera tout au long de sa grossesse : pourra-t-elle garder ses deux bébés  ?

L’équipe médicale se lance alors dans une véritable enquête au sein de l’unité de diagnostic prénatal d’un hôpital parisien. A mesure que la tension monte et que les examens se multiplient, la narratrice doit accepter de ne plus rien comprendre. Mais par sa vitalité, son regard aiguisé et plein d’humour, elle parvient à saisir le grotesque au cœur d'une insoutenable attente faite de dilemmes, d’angoisses et de culpabilité.

Page après page, c’est aussi tout un univers qui se déploie : l’hôpital et son personnel, tantôt à l’écoute et bienveillant, tantôt brutal ou indifférent, face auquel notre héroïne se révèle à elle-même – forte et courageuse.

Servi par une écriture délicate et lumineuse, ce texte d’inspiration autobiographique où l’on retrouve l’influence d’autrices telles que Déborah Levy, Sinead Gleeson, ou encore Annie Ernaux, se lit d’une traite. Ode féminine et féministe, intelligent, drôle et d’une émouvante sincérité, *Dans le ventre des filles* s’offre à lire comme la réconciliation entre un destin d’écrivaine et de mère.
22,00 €
Impardonnable
Grasset
Deux récits, deux voix, deux ennemis a priori.

Lui s’appelle Paul Dufourcq. Jusqu’à peu, il avait une situation, une famille, un grand appartement dans le XVIème arrondissement de Paris, une vie. Mais un soir, il rentre en voiture après avoir bu, renverse un jeune homme à scooter et prend la fuite. L’accident tue l’adolescent et envoie Paul derrière les barreaux d’une prison. Elle s’appelle Anna. Elle a perdu sa fille, Lucie, dans des circonstances similaires, mais son coupable à elle s’en est sorti avec un bracelet électronique. Depuis, Anna va de rage en peine. La justice les a broyés tous deux, murant l’une dans la colère et l’autre dans la culpabilité. Pour les aider, on leur propose de participer à une autre forme de justice, dite restaurative. Anna devra rencontrer Paul, l’écouter, lui parler. De son côté, Paul pourra enfin s’excuser. Mais peut-on accorder son pardon à celui qu’on ne hait que par procuration  ? Et peut-il affranchir de la culpabilité  ?

On suit d’abord à tour de rôle les récits séparés d’Anna et Paul, revivant avec eux leur histoire, du procès aux murs de béton ou de rage entre lesquels ils vivent depuis deux ans. Jusqu’à leur rencontre, point d’acmé de ce roman tendu comme une corde sur laquelle Mathieu Menegaux, funambule attentif, évolue pour nous faire éprouver les sentiments qui rongent ses personnages, honte, rage, peur et désir de vengeance, et éclairer aussi bien les impasses d’une justice qui punit, que les espoirs d’une autre appelant au pardon. Un roman poignant que la tendresse habite.
20,00 €
Cézembre
Grasset
Après son divorce et la mort de son père, Yann de Kérambrun décide de quitter son poste de professeur d’histoire à Paris pour retourner à Saint-Malo, où il a passé les étés de son enfance. Épuisé, il n’a plus qu’un désir  : retrouver la mer et la contempler depuis la maison dont il a hérité, le long de la plage, face à l’île de Cézembre.

Mais très vite, Yann observe avec intérêt les impressionnantes archives de sa famille dans l’ancien bureau d’Octave, son arrière-grand-père. Irrésistiblement attiré par ces carnets, véritables journaux de bord, il se plonge dans leur lecture. Octave, qui rêvait de dompter la mer en concevant de nouveaux bateaux à moteurs, a fondé au début du XXe siècle une illustre compagnie maritime, Kérambrun & Fils. L’entreprise a contribué à la fortune de la ville et son fondateur en est devenu un des principaux notables. Pourtant, derrière l’image brillante de grand capitaine d’industrie s’esquisse rapidement un autre visage  : le patron génial, visionnaire était un père et un époux inquiet, un homme qui a traversé des drames et dont les doutes et les blessures semblent faire écho à celles de son arrière-petit-fils. Pourquoi  ? Quelles douleurs, quels secrets taisent les carnets d’Octave  ?

En plongeant dans la vie de son aïeul, son arrière-petit-fils va tenter de comprendre les failles qui lézardent la légende familiale. Ce faisant, il découvrira l’histoire tourmentée de Cézembre, une île microscopique mais à la position stratégique face à la ville. En éclairant le passé, en apprivoisant les éléments maritimes, le solitaire Yann de Kérambrun parviendra à adoucir le présent et, peut-être, à vivre à nouveau les sentiments qu’il fuyait.

Au fil de pages magnifiques qui sont autant de tableaux de cette côte bretonne à la beauté aussi envoûtante qu’inquiétante, l’époustouflante saga d’une famille malouine  dont la mer a fait la fortune et le malheur.
24,00 €
Lee fantôme
Grasset
Ce qui fait le charme particulier de ce texte est précisément ce qui le rend difficile à résumer sans déflorer l’objet de sa quête.

Un «  mécontemporain  » enseveli sous les livres de sa bibliothèque vit si douloureusement l’appauvrissement émotif et poétique de notre époque qu’il préfère s’en évader par le songe, déambulant durant la traversée d’une nuit dans un passé qui l’obsède.

La légendaire Lee Miller est son fantôme, tandis qu’il erre lui-même comme un fantôme dans les années 30 à 50 du siècle précédent.

Génie des lieux  : l’appartement de la rue Victor Considérant qu’il a hérité de ses grands-parents donne sur l’atelier de Lee Miller, à l’époque où elle était encore la sublime muse de Man Ray, de sorte que l’histoire familiale du narrateur et celle de Lee Miller alternent jusqu’à leur énigmatique point de jonction.

Que peuvent bien avoir de commun le grand-père, issu d’une riche famille d’horlogers, qui quitte la ville allemande de Constance à la frontière suisse pour rejoindre la France dans les années 30  et la jeune Elizabeth Miller, dite Lee Miller, née sur les bords de l’Hudson River, mannequin à New York pour  *Vogue*  puis photographe débarquant dans le Paris surréaliste où l’imposent aussitôt sa beauté, sa liberté et sa puissance si fragile de femme blessée  ? La faune des artistes allemands réfugiés d’un côté, de l’autre une bande où gravitent Max Ernst, Picasso, Dora Maar, Paul Eluard et Nusch, qu’une photographie célèbre immortalise ensemble dans la sensualité d’un été à Mougins en août 1937, avant que la grande nuit ne tombe sur l’Europe  ?

Quel rapport entre Georg Esler, le meilleur ami du grand-père, qui rate le 8 novembre 39 sa tentative d’attentat contre Hitler  et Lee Miller, devenue en 1943 correspondante de guerre embarquée avec les troupes américaines dans leur progression en Allemagne, et à qui l’on doit cette légendaire photo dans la baignoire de l’appartement du Fürher?

Le destin aurait-il réuni les uns et les autres le 30 avril 1945 à la libération du camp de Dachau  ? Et si oui, de quel côté des barbelés  ?

Un magnifique portrait de femme, une subtile méditation sur la guerre et le mal  : un roman apparemment inactuel… qui tombe en pleine actualité.
19,00 €
Un irrésistible penchant
Grasset
Quels liens improbables unissent une petite culotte et une partie d’échecs sur un toit de New York ?

En vingt chapitres aussi vifs que décalés, Hubert Antoine retrace les tribulations de Kitano, étudiant en histoire de l’art au talent de portraitiste rare dont l’imagination débordante l’entraîne sur des terrains périlleux. Un moment sensuel avec Enea — brillante camarade de classe et compagne de son meilleur ami— suffira à fissurer l’équilibre jusque-là parfait du trio. Faut-il avouer ce dérapage à Max-Igor  ? Comment préserver la complicité avec Enea sans trahir son presque frère ? La situation se corse lorsque les deux étudiants sont envoyés par leur professeur à New York pour participer à une vente aux enchères aux allures d’opération clandestine. Entre malentendus, désirs esquivés et blizzard, l’ambiguïté entre les condisciples atteint son sommet après un incident révélateur. Il reviendra finalement à Max-Igor de dénouer la crise, en exigeant la plus provocante des réparations. Gauguin,Tom Waits, Marcel Duchamp, Pandora Groovesnore… mais aussi les grands piliers de l’histoire de l’art deviennent les pièces d’un vaste jeu d’échecs avec lesquelles les amis d’enfance se défient, se cherchent et se mettent en danger.

Avec une virtuosité réjouissante, Hubert Antoine explore les frontières mouvantes du désir et de la fidélité. On referme ce roman, épris d’une question essentielle : pourquoi cette histoire se raconte-t-elle au présent ?
17,00 €
L'agenda idéal
Grasset
Il est rare d’avoir accès au Journal intime qui documente les circonstances de notre arrivée en ce monde. Qui en consigne les désirs et les doutes. Les regrets et les rancœurs. Est-ce un cadeau ? À la disparition de sa mère Judith, avec laquelle elle avait noué depuis toujours une relation difficile, Læticia doit inventorier et débarrasser l’appartement familial. Elle y découvre, laissé en évidence, l’agenda de 1961 de sa mère, comme s’il avait été placé là pour qu’elle prenne connaissance de l’année mystérieuse de sa conception. Descendante d’une famille juive russe qui a fui les pogroms pour s’exiler aux États-Unis, Judith est l’héritière d’une histoire complexe, parfois douloureuse, où le désir et la mélancolie de l’exil, les plaisirs de la vie et du langage, les ambitions intellectuelles, les rêves et les non-dits ont façonné une mythologie dont ce minuscule objet devient le lieu de mémoire. La jeune Américaine brillante et ambitieuse, venue en France pour s’accomplir mais piégée par le destin, y a confié beaucoup d’elle, comme pour laisser, des décennies plus tard, un ultime message de réconciliation à cette fille non désirée qui a bouleversé le cours de son existence. Récit d’investigation intime et regard subtil sur les années 60, *L’Agenda idéal* est un texte puissant et fragile, émouvant et juste.
19,00 €
Chemin des falaises
Grasset
Comment Marie, qui a toujours détesté la campagne et n’a jamais tellement aimé les chiens, se retrouve-t-elle à vivre seule dans un hameau normand avec un malinois de vingt-cinq kilos ? Il a suffi d’une seconde. Une seconde d’inattention, un camion dans un virage, et tout a basculé. Alex n’est plus là et Marie se retrouve veuve, avec pour seul compagnon le chien qu’il avait recueilli.

Un long voyage commence pour elle. De Berlin, où ils vivaient leur vie rêvée et cosmopolite, elle part s’installer aux abords de Fécamp, où Alex avait ses racines, et où il espérait finir ses jours. Là, dans la maison du chemin des Falaises, qu’un escalier construit par des prisonniers de guerre allemands relie à la mer, elle affrontera l’épreuve du deuil. Ici, elle survivra ou elle sombrera avec la ville. Car comme elle, Fécamp a connu des jours meilleurs - les années fastes ne sont plus qu'un lointain souvenir pour un peuple de héros déchus, rudoyés par les vagues et lancés à marche forcée vers la modernité.

*Chemin des Falaises* est l’odyssée d’une femme qui navigue sur l'étroite ligne de démarcation entre la solitude et la folie, et que la vie embarque en des contrées inattendues. Marie, qui croyait pouvoir tout maîtriser, doit lâcher prise et se laisser porter... Elle croisera des voisins indiscrets, des femmes bavardes, des lamas, un clown, une veuve ukrainienne, un pêcheur intolérant, des Parisiens plus fermés encore, des jeunes désœuvrés, un loup de mer renfrogné. Grâce à son chien, elle apprendra à les connaître et à les apprécier, de la même manière qu’elle finira par tomber amoureuse de son nouveau port d’attache. Pour Marie comme pour Fécamp,  *Chemin des Falaises*  est une histoire de naufrage et de résurrection.
20,00 €
La vraie vie de Sawsan
Grasset
Mais qui est réellement Sawsan  ? Professeure de danse, amante discrète et amie évanescente, elle a surgi un soir dans la vie de la narratrice alors que celle-ci travaillait derrière le comptoir d’un bar parisien. La jeune femme est immédiatement fascinée par l’aura de la danseuse, une obsession qui ne va cesser de se nourrir de la curiosité et du désir qui croît en elle. Elles se revoient après cette soirée, se rapprochent, mais derrière l’énergie hypnotique de Sawsan semble se dissimuler un soleil noir difficile à déchiffrer.

La barmaid a du mal à trouver sa place dans cette relation, et cela la renvoie à ses propres angoisses sociales  : on lui reproche de trop s’effacer, de ne pas imposer ses choix, de plier face à la violence masculine qui régit son groupe d’amis. Mais alors que l’arrivée de Sawsan bouscule entièrement sa vie, elle ne réalise pas encore que certaines histoires d’amour sont bien différentes de celles auxquelles on aimerait croire…

Après le succès d’*Adieu Tanger*, Salma El Moumni continue d’explorer la complexité des relations humaines en nous plongeant dans une enquête intime jusqu’à sa déflagration finale. Car pour comprendre la vraie vie de Sawsan, elle transforme ses lecteurs en voyeurs. Mais aussi en complices.
18,00 €
A vous, troupe légère
Grasset
«  Ce ne sont pas des biographies d’écrivaines et d’écrivains que je propose ici, ni même des portraits-souvenirs, mais ce que j’ai pu comprendre de leur personne et de leur œuvre à travers un commerce suivi. Pas de vivants dans cette galerie. Je n’évoquerai que celles et ceux qui nous ont quittés  ; plus deux personnages qui n’ont rien écrit mais ont occupé le devant de la scène littéraire  ; enfin un grand compositeur de musique, familier d’écrivains et féru de littérature. L’autre condition pour faire partie de cette galerie est que nous ayons échangé de longues années, dix ans au moins, de rencontres, de discussions, d’émotions  ; partagé des valeurs essentielles  ; parfois voyagé ensemble  ; que soit née entre nous une amitié forte et durable, au-delà de la simple camaraderie littéraire.  »

D.F.

Vingt chapitres, par ordre d’apparition chronologique dans la vie de l’auteur  : Marguerite Duras, Darius Milhaud, François Mauriac, Le cercle de la NRF (Jean Paulhan, Georges Lambrichs, André Pieyre de Mandiargues, Marcel Jouhandeau, Eugène Ionesco, Robert Abirached, Pierre Oster, Marcel Arland, Dominique Aury, France Ermin), Alberto Moravia, Yves Berger, Jean-Claude Fasquelle, Le cercle des écrivains romains (Carlo Levi, Giorgio Bassani, Mario Praz), Ungaretti et Pasolini, Leonardo Sciascia, Gala Barbisan, Angelo Rinaldi, Frédéric Mitterrand, Milan Kundera, Michel Tournier, Edmonde Charles-Roux, Jorge Amado, Anne Wiazemsky, Hélène Carrère d’Encausse, Yves Pouliquen.
22,00 €
La Petite sauvage
Grasset
«  Car la haine est partout qui désarticule notre langue, et le diable lui-même se déplace dans le monde en voiture diplomatique. Je n’ai pas retrouvé la parole perdue, et il n’y aura donc rien d’autre pour nous hisser jusqu’à la haute tendresse que la  parole  présente, peu importe la vérité, désormais…  »

Ainsi se livre la «  Petite sauvage  », l’héroïne, le double d’enfance de Laurence Nobécourt, prise dans une des grandes guerres des familles : la succession.

Après le père, c’est la mère qui est morte, laissant trois sœurs blessées, peut-être aussi soulagées  : Stella, l’aînée  ; Petra, et puis la Petite sauvage elle-même, celle qui depuis toujours écrit, et vers qui tout converge, l’amour, la jalousie, la dépossession. Car il n’y a pas d’équilibre ou de justice, quand il faut répartir les biens, les séparer à jamais - maisons, tableaux, photos, menus papiers,  vaisselles  : dans ce combat dérisoire et violent, il n’y a plus d’adultes, seulement des histoires d’enfance  passionnelles. Stella était la préférée du père, l’adorée-adorée. Petra fut tant aimée de la Petite sauvage, telle une soeur tchekhovienne, vitale et chérie. Et la Petite sauvage, c’est simple  : la mère n’en voulait pas.

Alors, elle nous raconte  : son père, dans les dédales de l’argent et de l’extrême-droite, son oncle, qui l'aima comme il ne faut pas, et tout l’arbre familial, de blessure et de répétition, dans les branches duquel se vivent les souffrances, les rôles, et si peu la joie.

Le roman de Laurence Nobécourt nous montre comment la haine des familles, se charriant sur des générations, induit certains paysages politiques. En  mêlant histoire intime et  sociale, elle  clôt, après des années, le cycle familial initié avec *La  Démangeaison* et nous emmène vers la possibilité d’une vie nouvelle.
22,00 €
Bocuse
Grasset
De la cuisine il a fait un art, de son nom, une légende, et de sa vie, un roman.

Gautier Battistella nous plonge dans la fascinante histoire de Paul Bocuse, figure emblématique de la gastronomie française du xxe siècle. De ses racines familiales sur les rives de la Saône aux trois étoiles Michelin tant convoitées (il les conservera 53 ans, de 1965 à sa mort en 2018), ce roman biographique retrace le parcours d’un génie de la cuisine – et des affaires.

Le livre s’ouvre sur les années de formation de « Paulo » dans le village de Collonges-au-Mont-d'Or, où la nature et les traditions d’une dynastie d’aubergistes ont façonné ses premiers souvenirs. S’ensuit son apprentissage dans les cuisines de la grande Eugénie Brazier puis du célèbre Fernand Point, dont la philosophie et la rigueur vont laisser sur lui une empreinte indélébile. Après la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle le soldat Bocuse est grièvement blessé, l’esprit frondeur du jeune chef accompagne le réveil de la société française. De la Libération à la naissance du Concorde, c’est tout un siècle qui défile sous ses yeux et les nôtres. Création de ses plats signatures, amitiés indéfectibles avec Michel Guérard et les frères Troisgros, rivalités avec Gault et Millau, aventures féminines, rencontres avec Romain Gary ou encore Charles de Gaulle, ces décennies vont forger le mythe Bocuse. Paul comprend très tôt les ficelles de la communication et du capitalisme : il ne lui reste plus qu’à partir à la conquête du monde…

Avec humour, tendresse et un sens aigu du détail, *Bocuse* révèle la complexité d’un homme traditionnel et révolutionnaire, bon vivant et perfectionniste, délicat et ogre à la fois. On y découvre les coulisses de la « Nouvelle Cuisine », l’invention du chef médiatique, les aventures de Paul Bocuse en Amérique et au Japon, ainsi que ses doutes et la difficile question de son héritage. L’histoire d’un chef légendaire qui a transformé un métier en art national.
22,00 €
ROTOTO Ier
Grasset
ROTOTO Ier a pris le pouvoir aux ROTOTOS-UNIS. Il l’exerce de la manière la plus odieuse, se prétendant un génie, terrorisant son chambellan, révélant aux enfants que le Père Noël n’existe pas, écrivant des traités où il tranche d’économie et de science, provoquant un scandale après l’autre, rotant. Le roi *est* le bouffon.

ROTOTO Ier n’a qu’un désir, la guerre. Il vient en visite officielle en France où il compte acheter le château de Versailles pour le transformer en ROTOTOGOLF. La jeune Charlotte, étudiante exaltée, a le projet de l’assassiner. Pareils à des consciences, Winston Churchill et Eleanor Roosevelt interviennent en personne tout au long de l’histoire.

Depuis son premier roman, *Confitures de crimes*, où un poète hystérique prend le pouvoir en France, à *Dans un avion pour Caracas* où c’est Hugo Chávez qui menace, Charles Dantzig s’intéresse à la question de la tyrannie. Donald Trump la pose chaque jour de manière plus insistante.
12,00 €
Le roman des artistes T2
Grasset
Voici le deuxième volume de la tétralogie, *Le roman des Artistes*, qui raconte, de 1820 à 1885, la vie de tous les grands créateurs depuis la révolution romantique jusqu’aux pastels de l’impressionnisme.

Le cadre historique de ce deuxième volume, qui court de 1847 à 1860, est rythmé par les révolutions de 1848 et les changements de régimes politiques qui déterminent la vie des artistes engagés, condamnés pour les uns à l’exil (Hugo réfugié à Bruxelles puis à Jersey, enfin à Guernesey), pour les autres à la censure (le procès de Flaubert pour *Madame Bovary* et de Baudelaire pour *Les Fleurs du mal*), tandis que d’autres encore jouent un rôle historique de premier plan (Lamartine proclame la Deuxième République en 1848, Tocqueville siège à l’Assemblée, Dumas, Balzac et Eugène Sue se présentent aux élections…)

Les querelles esthétiques redoublent ici les révolutions politiques. On retrouve dans cette décennie les écrivains du premier tome (Dumas, Hugo, Balzac, Lamartine, Musset, Vigny, Mérimée, Nerval, George Sand, Théophile Gautier, Chateaubriand, Baudelaire, auxquels s’ajoutent Flaubert, les frères Goncourt, Louise Colet…).  Côté peinture, Delacroix et Ingres sont rejoints par Corot, Millet, Courbet… Nadar incarne les débuts de la photographie…

Autant de personnages de chair et de sang dont nous partageons les combats, les amitiés, les amours passionnées, les querelles, les brouilles et les réconciliations, le génie et les bassesses.

Et voici que tous ces artistes qui sont devenus pour nous des « classiques » quittent la poussière des étagères et des bancs d’école pour s’ébrouer au grand vent de l’Histoire, dans un tourbillon palpitant où ils inventent la presse et la littérature modernes, se battent sur les barricades, publient des pamphlets dévastateurs…
24,00 €
C
Grasset
Depuis le massacre du 7 octobre 2023, Gilles ne reconnaît plus sa femme Rébecca, une éditrice parisienne dont l’identité juive ressurgit obsessionnellement en même temps qu’apparait au plafond de leur chambre à coucher  un champignon mystérieux impossible à éradiquer.

Tout ce qui lui était familier lui devenant étranger, Gilles se réfugie dans un adultère clandestin avec la belle Capucine, avec laquelle il se sent «  à la maison  » et qui va l’encourager à découvrir les meetings de Jordan et Marine. Passion sexuelle bientôt mêlée de passion politique, dans un monde où tout se défait.

Autour de ce trio, un rabbin séduisant, un avocat provocateur, une écrivaine intersectionnelle qui rêve d’un prix littéraire, un ami fasciste, une influenceuse pro-israélienne, des dîners pleins de vie et d’engueulades, les grands mots, la folie de tous dans une France obsédée par les questions identitaires ( religion, communautés, genres, sexes…) qui semble elle aussi recouverte de moisissure.

20 après le succès de son mythique   *Vieux juif blonde* sur scène, Amanda Sthers, nous offre un roman vif, drôle, implacable, une variation contemporaine sur *La Métamorphose* de Kafka sous forme de fable politique aux dialogues ciselés dont nul ne sort indemne et qui fait du bien dans un monde où la nuance, le recul et l’humour se font rares.
20,00 €
La trilogie de Constantinople L'espion d'Atatürk
Grasset
1935. Cible des opposants au régime laïque turc, l’ancien champion de lutte Gülgül est contraint de fuir le pays. Il le fait chargé d’une mission secrète par Atatürk  : de lui rapporter tout ce qui se dit et se trame dans le nid d’espions qu’est la Suisse d’avant-guerre.

Commence pour lui une double vie, enseignant la lutte à l’institut de l’inquiétant professeur Alderson, et renseignant Atatürk sur les stratégies de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste. Il se fait passer pour ami du Reich aux yeux d’Alderson, de Regamey, un avocat antisémite, et de leurs amis conspirateurs, risquant chaque jour davantage d’être découvert.

À Istanbul, Bella et sa fille Deniz, Danilo et son fils Jako, marchands au Grand Bazar, ne sont pas plus à l’abri,  dans une ville où se succèdent pogromes, lois iniques et insurrections violentes. Les trahisons se multiplient, une enquête en paternité s’enclenche …

Dans *L’Espion d’Atatürk*, suite du *Danseur Oriental* et deuxième tome de *La Trilogie de Constantinople,* Metin Arditi mêle destins individuels et chocs de l’Histoire, dressant un saisissant portrait d’une Constantinople hagarde et d’une Europe au bord du gouffre.
22,00 €
J'ai perdu un bédouin dans Paris
Grasset
Je m’appelle Arthur Essebag.

Depuis toujours, je vous divertis à la télévision. Je ne vous ai jamais parlé d’autre chose, car j’ai toujours considéré que ce n’était pas mon rôle.

Jusqu’à ce matin où l’impensable a surgi. Des milliers de terroristes. Des villages anéantis.

En quelques heures : 1 200 vies sauvagement brisées. D’autres traînées dans des tunnels, en otages.

Si le monde allait bien, il aurait pleuré. Comme moi j’ai souvent pleuré pour le monde. Mais ce jour-là, une partie de la planète s’est tue.

C’était le 7 octobre 2023. Le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah.

Ce fut une bascule, une descente aux enfers où j’ai entraîné ma famille, mes proches, dans une apnée interminable. Je voyais dans leurs yeux ma peur reflétée, ma colère, mon impuissance. Alors j’ai pensé à ma mère. À mes racines. À cette Histoire tatouée dans mon sang. Et mon ADN s’est mis à hurler : j’ai dit “Je” et j’ai dit “juif” .

Presque malgré moi. Je suis devenu une voix, dans le vacarme et le mensonge.

Et j’ai écrit. Parce que je n’avais plus d’air. Pour survivre. Pour transformer la douleur en action.

De mes voyages en Israël, sous les missiles du Hamas, de mes amis perdus et de ceux retrouvés, entre les larmes et les rires, est né ce livre. Un cri qui traverse les frontières. De Tel-Aviv à Gaza. Un cri qui nous demande : où est passée notre humanité ?

*J’ai perdu un Bédouin dans Paris* est mon premier livre.

Et ce Bédouin, finalement… c’est moi.
22,00 €
La joie de l'ennemi
Grasset
Au fond de sa cabane, Jeffrey tire sur ses chaînes comme un animal en cage, un loup sous codéine. Livré à ses addictions et ses hantises, il tente d’assembler les fragments douloureux de son passé, mais les séances d’insulinothérapie que ses parents lui ont imposées dans sa jeunesse ont fait de sa mémoire un champ de ruines. Il n’a qu’un seul ami, Seymour, un cow-boy Noir et taiseux, avec qui il aime chevaucher au milieu de paysages grandioses, renouant avec une liberté sauvage. Mais cette fraternité ne suffit pas à repousser les assauts de l’ennemi tapi dans sa cervelle qui se réjouit de sa déchéance. Jeffrey a aimé autrefois Kathleen, une femme solaire et pleine de compassion. Une nuit, elle est partie, ne pouvant plus supporter ses dérives narcotiques et ses non-dits. Mais Kathleen l’a-t-elle vraiment quitté  ? Incapable de distinguer le cauchemar de la réalité, dévoré par la culpabilité, Jeffrey se lance dans une quête désespérée, reconstituant un crime qu’il n’est pas sûr d’avoir commis.

Un environnement impitoyable gangréné par la corruption et le vice, une nature somptueuse et indomptée traversée au triple galop, une violence paroxystique  : le roman emprunte aux codes du western pour interroger la masculinité, cette drogue à la fois euphorisante et toxique.

Librement inspiré de l’œuvre de Townes Van Zandt, le barde maudit de la musique country, imprégné de poésie biblique, *La joie de l’ennemi* est une ballade crépusculaire, l’exploration fiévreuse d’un lointain intérieur.
20,90 €
Avale
Grasset
Juillet 2018, soir de la finale de la Coupe du Monde de football. Un jeune homme se cache dans les WC d’un centre commercial, les mains couvertes de sang. Il se fait appeler Tom. Ce fils unique de 29 ans, de son vrai nom Romain Marais, est étudiant en pharmacie et depuis l’enfance l’objet de brimades, de rejets et de frustrations qui l’ont mué en homme largué et érotomane, aux prises avec d’étranges désirs de dévoration.

Jeune actrice noire en pleine ascension, Lame se livre à des séances d’hypnose pour soigner un eczéma qui la ronge. Plongée dans un état second, elle revisite son enfance en banlieue, sa rencontre décisive avec son amie Génia, ses rêves de cinéma… et tente ainsi d’échapper à un sentiment de menace qui la hante.

L’un est un monstre en puissance ; l’autre une comédienne en devenir qui réalise que ce corps, qu’elle veut offrir et voir vibrer au contact du monde, lui échappe et la met en danger. Les deux trajectoires vont se juxtaposer jusqu’à leur collision…

*Avale* est un livre *de genre* (à entendre dans sa polysémie), à l’écriture éclatante et sensuelle. Un premier roman qui ne laisse pas indemne, à l’image de son autrice dont le talent déjà connu sur scène s’exprime ici avec une force impressionnante.
20,00 €
Un pont sur la Seine
Grasset
D’un côté de la Seine, le village de Champagne. De l’autre, celui de Saint-Amand. Un pont est construit à la fin du XIXe siècle pour les relier.

A Saint-Amand, chez les Vernet, on est viticulteur de toute éternité. Le patriarche compte sur ses deux fils pour poursuivre l’exploitation de son fameux chasselas. Mais voilà qu’advient une nouveauté incroyable  : le XXe siècle. Il ne sera pas comme le précédent, lequel avait été comme tous les autres, rural. En 1902, une usine ouvre à Champagne. En 1914, c’est la guerre et sa prodigieuse mécanisation. Georges Vernet prend un emploi à l’usine, son frère Lucien est tué au front. Et voici l’évolution dramatique des Vernet, à cause de ce pont qui a rattaché deux villages, deux temps, deux France. Les femmes s’en mêlent. Le jour où une fille de Saint-Amand tombe amoureuse d’un ingénieur de Champagne, l’indignation explose. Et puis l’autre guerre, et puis la mondialisation, et, à chaque fois, conflits et trahisons.

Les ponts ne permettent pas toujours de relier, Champagne n’est pas toujours synonyme de fête. Dickens a écrit *Un conte de deux villes* pour montrer une partie de l’histoire de la révolution politique ; voici un conte de deux villages qui nous raconte l’histoire d’une révolution sociale à travers les inoubliables figures de la famille Vernet. Un roman familial de la France.
19,50 €
Jacky
Grasset
«  Mon père a disparu en l’espace de trois consoles de jeux  »

Au tournant des années 1980 et 1990, Anthony et son frère jumeau grandissent entourés d’une famille paternelle soudée, dans une vallée enclavée de l’arrière-pays niçois. Entre des grands-parents aimants, une cousine atteinte d’une maladie mystérieuse et un jeune oncle plein d’entrain, ils tuent l’ennui grâce aux jeux vidéo – une passion nouvelle, transmise par leur père  : Jacky.

De *Space Invaders*à *Zelda*, de Nintendo à Sega, la conscience du monde dans lequel le narrateur et son frère évoluent s’aiguise avec les capacités techniques de ces étranges machines. Elles vont peu à peu s’imposer comme un refuge face aux injonctions qui pèsent sur eux,  à l’ennui d’un quotidien sans horizon et aux drames qui frapperont bientôt leurs proches. Jusqu’au départ brutal de leur père.

Anthony Passeron plonge le lecteur dans une époque révolue : l’insouciance de la fin du XXème siècle, avec son horizon de prospérité et d’innovations technologiques. Mêlant son histoire personnelle à celle des grands inventeurs de jeux vidéo, il lance un cri d’amour au père, malgré la blessure inguérissable de l’abandon.

Ce roman d’apprentissage en trois consoles, de la tendresse de l’enfance aux désillusions de l’adolescence, a le charme et la puissance d’une chronique sociale douce-amère : « J’aurais voulu qu’on se demande enfin quelle malédiction, quelle pluie de mépris, de bêtise et de brutalité tombait depuis des décennies, des siècles peut-être, dans cette vallée que certains n’avaient d’autre choix que de fuir. »
19,50 €
Le livre de Kells
Grasset
*Le Livre de Kells* est le douzième roman de Sorj Chalandon a puisé dans son expérience personnelle pour raconter un épisode de sa vie.

À 17 ans, après avoir quitté le lycée, Lyon et sa famille, il arrive à Paris où il va connaître, durant presque un an, la misère, la rue, le froid, la faim.

Ayant fui un père raciste et antisémite, il remonte l’existence sur le trottoir opposé à celui de ce Minotaure sous le nom de *Kells*, en référence à un Evangéliaire irlandais du IXème siècle. Des hommes et des femmes engagés vont un jour lui tendre une main fraternelle pour le sortir de la rue et l’accueillir, l’aimer, l’instruire et le réconcilier avec l’humanité.

Avec eux, il découvre un engagement politique fait de solidarité, de combats armés et d’espoirs mais aussi de dérapages et d’aveuglements. Jusqu’à ce que la mort brutale de l’un de ces militants, Pierre Overney, pousse *La Gauche Prolétarienne*à se dissoudre.

Certains ne s’en remettront jamais, d’autres chercheront une issue différente à leur combat.

Ce fut le cas pour l’auteur, qui rejoignit «  Libération  » en septembre  1973.

*Le livre de Kells* est une aventure personnelle, mais aussi l’histoire d’une jeunesse engagée et d’une époque violente. Sorj Chalandon a changé des patronymes, quelques faits, bousculé parfois une temporalité trop personnelle, pour en faire un roman. La vérité vraie, protégée par une fiction appropriée…
23,00 €
Soleil invaincu
Grasset
Le jour où elle apprend qu’il lui reste quelques mois à vivre, Jeanne réalise qu’elle a échoué à transmettre l’essentiel à son fils, Quentin, adolescent privilégié, fils d’un producteur télé dont la devise «  more trash more cash  » a fait le succès.

Elle kidnappe Quentin pour le ramener dans la forêt où son propre père lui avait appris, au même âge, à vivre dans la nature, en respecter les règles, en savoir les dangers, en chérir la beauté. Aidée par son ami d’enfance et sa femme, Jeanne devra redevenir celle qu’elle était jadis pour montrer à son fils les secrets de cette forêt millénaire encore hantée par le souvenir de son père. Mais aura-t-elle assez de temps  ?

Haletant, profond et habité, *Soleil Invaincu* nous entraine dans la dernière course d’une mère pour offrir à son fils la possibilité d’habiter autrement le monde qu’elle va quitter.

Un bouleversant roman sur le courage, l’amour, l’humilité et la solidarité.
22,50 €
Les secrets de la mer rouge
Grasset
Henry de Monfreid arrive à trente-deux ans à Djibouti où il devient commerçant en cuirs et cafés. Cette existence le lasse vite, et il achète un bateau, engage deux matelots somalis, un mousse et se lance dans l'aventure. La pêche aux perles d'abord, puis surtout le commerce des armes. Ce ne sont plus que bagarres, poursuites, chassés-croisés entre trafiquants et policiers de la mer, tempêtes, sur cette mer Rouge qui retint Henry de Monfreid sa vie durant et qui fascina tous les lecteurs de cette extraordinaire épopée.

Ce récit légendaire est ici préfacé par Loïc Finaz, amiral, écrivain, ancien directeur de l’Ecole de guerre.
24,00 €
Libido
Grasset
Alors que sa mère vient de mourir, Nawel, trentenaire las de son quotidien comme de son couple, trompe son ennui et sa peine sur Internet. Par hasard, elle reconnait sur un site porno le visage d'une amie d’enfance, Élodie, devenue actrice de X sous le pseudonyme de Queenor. Elle décide de tout faire pour la retrouver. Devenue mère célibataire et cantinière dans un lycée, Élodie ne veut plus entendre parler de ce passé. Elle pense avoir droit à l'oubli. Elle se trompe. Un père d'élève vient justement de lancer une pétition pour la faire licencier… Dans ce combat impossible, Nawel voudra l’aider. Elle ne sait pas ce qui l'attend.

Tendu, ultraréaliste, admirablement écrit, Libido nous plonge dans l’industrie du porno contemporain et dans la mémoire éternelle de ses corps de pixels, en racontant l’amitié de deux femmes qui voudraient seulement vivre en paix.

Un roman éblouissant de vérité et d’empathie qui confirme le talent d’Antoine Hardy.
20,90 €
Un choix impossible
Grasset
6 mars 1953, siège de l’Union des compositeurs soviétiques à Moscou  : décédé la veille dans l’indifférence générale, quelques minutes avant Joseph Staline, Sergueï Prokofiev est conspué par ses pairs. Traître à la Nation, ennemi du peuple soviétique et serviteur de la musique occidentale  : méprisé jusque dans sa tombe, Prokofiev n’est plus, aux yeux du régime, le grand compositeur célébré dans le monde entier qui avait fait sa fierté.

Dans ce roman qui pourrait être l’argument d’une symphonie pathétique, Igor, secrétaire personnel du compositeur, nous raconte sa vie. Son enfance choyée et sa passion pour la musique du temps des tsars, ses séjours en Europe autorisés par le nouveau régime, sa rencontre avec Diaghilev puis avec sa première épouse Lina. Les quinze années passées en Amérique et en Europe, malgré ses succès, le laissent désabusé  ; taraudé par le conflit entre la musique soviétique supposée ouvriériste et la musique occidentale supposée bourgeoise, déçu par un Occident qui se croit libre mais ne l’est pas autant qu’il le croit, Prokofiev retourne à Moscou en 1936. Et le voici l’objet de la cruauté la plus raffinée de Staline. Gratifié d’un appartement luxueux, il doit composer une Ode à Staline. Epousant une nouvelle femme, il voit Lina envoyée dans un camp de travail forcé. Ces balancements de fortune l’épuisent d’autant plus qu’il doit subir la «  campagne de redressement idéologique  » de Jdanov. Tout en étant presque le musicien officiel du régime, il est aussi l’un de ceux qui est le plus méticuleusement harcelé. Peut-on dire, avec Igor  : «  l’artiste n’est jamais libre, il ne le sera jamais  »  ?
25,00 €
Un beau diable
Grasset
Un physique enviable a valu au débutant Florian Prairial d'interpréter le rôle-titre d'*Un beau diable*, premier film d'inspiration fantastique d'un jeune réalisateur. Le succès d'estime du film conduit Florian à rencontrer Fallen, un homme d'affaires mordu par le démon du cinéma.

Richissime, mais totalement inconnu de ce milieu, Fallen propose à Florian d'interpréter à nouveau Lucifer, cette fois dans une grandiose adaptation du poème inachevé de Victor Hugo, *La Fin de Satan*, qu'il veut financer et mettre en scène.

Florian hésite : il craint de s'enfermer dans une image préjudiciable à sa carrière en campant à nouveau un rôle aussi typé, et s'inquiète surtout d'une sorte de machination qui semble s'ourdir autour de lui quand sa mère et ses deux maîtresses sont successivement approchées par Fallen.

Cependant la proposition est tentante, car les moyens sont illimités. Florian signe le contrat faustien avec l’inquiétant Fallen. Alors qu'il s'apprête à le poster, un autre projet émanant d'une maison de production classique l'amène à manquer à sa parole vis-à-vis de Fallen.

Dès lors, une série d'événements inquiétants et bientôt terrifiants va faire de sa vie un cauchemar dont il s'éveillera désenvoûté/désenchanté...
22,90 €
Ibn
Grasset
Le grand maigre allongé sur le corps de sa mère s’appelle Issa et se surnomme *Ibn*, *le fils de* en arabe. Et depuis ce soir, *Ibn* est orphelin. Lorsqu’il est rentré de l’école, il a trouvé Leïla, inanimée, sur son tapis de prière. Après avoir essayé de la réveiller, il a compris. Et le souvenir du décès de son père neuf ans plus tôt l’a saisi  ; le corps de Youssef avait dû être rapatrié «  au pays  ». Plus que tout, il craint qu’on veuille de nouveau lui voler le corps de son parent. Alors, comme Antigone, Ibn va se dresser contre la raison, la loi et la morale, et décider de n’avertir personne, de veiller seul sa mère et de l’enterrer lui-même, ici, à Montreuil, selon le rite musulman. Il connait peu la religion, Dieu, le sens des prières, mais sa mère y tenait. Il va devoir apprendre en un instant. Grandir en un éclair.

Du mardi au vendredi, de la découverte de sa mère sans vie à sa mise en terre, on va et vient avec lui du huis-clos troublant de leur appartement, où *Ibn* veille le corps de Leïla qui peu à peu se délite, au monde dehors, la Mosquée de Paris, les forums dédiés aux pratiquants ou chez Leroy Merlin, où il ira chercher conseils pour construire le mausolée qu’il rêve naïvement d’ériger pour elle. Chaque chapitre, écrit à l’os, s’ouvre par l’une des cinq prières quotidiennes qu’Ibn fait plus consciemment à mesure qu’il trouve en lui ce Dieu qu’il invective, craint, appelle,  et va bâtir à sa manière pour combler le vide laissé par le décès de ses parents.

Un deuxième roman aussi troublant qu’inoubliable.
20,90 €
Je me retournerai souvent
Grasset
Cet ouvrage (qui doit son titre à un poème de Guillaume Apollinaire  : «  Passons, passons, puisque tout passe / Je me retournerai souvent...) emprunte à plusieurs genres littéraires  : l’autofiction, l’essai critique, les mémoires, le roman... L’ensemble compose une mosaïque, une «  marquèterie disjointe  » - l’auteur emprunte cette expression à Montaigne, qui alterne les rythmes et les intrigues.

On y retrouve des rêves, des fantômes, des êtres aimés et disparus, des paysages, des bonheurs fragiles, des mélancolies de passage, des souvenirs, des rendez-vous réussis ou manqués... On y retrouve surtout la collection d’affinités et de sensations qui résument une «  vision du monde  » à travers des écrivains que l’auteur a, pour certains, connus et fréquentés, et qui ont largement infléchi sa vie : Cioran, Barthes, Sollers, Pérec, Camus, Romain Gary, Paul Morand, Jacques Rigaut, André Gide, le Prince de Ligne et quelques autres…

On y retrouve aussi des lieux et des êtres qui ont beaucoup compté pour lui  : Key West, la Toscane, une bien-aimée, un ami très cher – ainsi qu’un ensemble de méditations et de considérations intempestives sur l’époque. En chemin, Jean-Paul Enthoven se souvient et jette un œil par-dessus son épaule. *Il se retournera souvent...*
22,00 €
Satie
Grasset
Dans ce roman vif et plein de fantaisie, Patrick Roegiers s’attache à la personnalité, à la fois célèbre et méconnue, d’Erik Satie qui le passionne depuis des années. Ce qui le fascine d’abord chez le musicien, trop souvent réduit à ses aspects  anecdotiques (ses manies, ses facéties, ses bons mots), c’est son extrême et radicale solitude, condition absolue et compagne sans partage de sa création. Et ensuite, la modernité de son oeuvre, longtemps incomprise et en avance sur son  temps, mais  sans cesse ravivée par l’émotion. On en suit l’évolution note par note, des  Gymnopédies aux Trois morceaux en forme de poire, du scandale de Parade  à Relâche, et à Vexations,, morceau de musique  répétitive avant l'heure qu’il  fallait jouer 840 fois.  De son vivant, Satie   a côtoyé Debussy, Ravel, Stravinsky. Mais aussi Picasso, Braque, Cendrars et Picabia dont il était l’ami. Dans ce livre d’admiration et d’imagination, qui détraque les horloges et la logique de la  chronologie, Satie, sur la fin, retrouve les grands créateurs  contemporains qu’il n’a jamais connus et qui sont aussi ses amis: Philippe Glass, John Cage, Bob Wilson ou Pina Bausch. Ainsi que Suzanne Valladon, son unique amour, et sa mère, décédée quand il avait 6 ans. Délivré du pittoresque et du folklore dont on l’affuble trop souvent, rendu à son génie, Satie apparaît ainsi tel qu’il est tout simplement. Un artiste, un individu, un  homme  original, singulier et très attachant.
22,00 €
Tout contre elles
Grasset
«  On raconte que le bonheur c'est le génie de l'enfance retrouvé à volonté. Pour moi, l'enfance est un territoire perdu et sauvage jalonné çà et là de fiévreuses expériences. J’ai vécu cette époque de ma vie comme une très longue agression. Dans l’incompréhension absolue du droit des adultes à disposer de nos corps et de notre temps. Très vite, j’ai vu les femmes se taire derrière leurs cris. Les secrets, les silences. Très vite, j’ai compris les règles du jeu. La puissance qu’il fallait enfouir. Le regard des hommes. Longtemps je n’ai rien pu en faire. À part espérer grandir le plus vite possible, quitte à en payer le prix fort. »

Marie Chiabrero

Dans ce récit d'apprentissage aux accents de révolte, Marie Chiabrero raconte son histoire, celle d'une jeune fille qui a grandi dans les années 2000. Des premiers émois de la cour de maternelle à l’entrée inquiète au collège, elle traque chaque sensation, chaque expérience qui la rapproche un peu plus de ce qu’elle perçoit être la liberté ultime : devenir grande et voler de ses propres ailes. L’année de ses treize ans, tout bascule lorsque Marie découvre qu’elle est enceinte… Il faut alors avorter, seule à l’hôpital, en secret de tous, à commencer de ses parents. Car quelque chose de plus se joue dans sa relation avec sa mère : des non-dits qui dévorent et un passé qui ne passe pas. Reste l’écriture pour exprimer l’innommable, conjurer la violence et interroger cette cicatrice invisible que se transmettent les femmes à travers les générations.

Avec *Tout contre elles*, Marie Chiabrero signe un premier texte bouleversant sur la jeunesse, l’IVG et le corps des femmes.
20,00 €
Nos coeurs déracinés
Grasset
«  Mes grands-parents ont grandi à l’Est de l’Europe, dans des pays de grands froids. Ils ont connu le chaos, les persécutions et l’exil.

Plus qu’un désir, une fascination, la France fut pour eux une intuition.

Même si tout cela m’est inconnu, cela ne m’est pas étranger. Je porte en moi leurs racines et aujourd’hui, sans que je les convoque, elles se rappellent à moi.  »

Dans ce récit, Marie Drucker remonte le temps et questionne l’héritage, menacé mais vivace, de son identité profonde.

L’histoire d’une famille au destin  exceptionnel qui, comme beaucoup d’autres, a  fait le choix de l’identité française.
17,50 €
Stanislas
Grasset
En septembre 1965 sur les conseils d’un oncle mathématicien facétieux le jeune Simon Louis Liberati est inscrit comme externe en 11e bleue au collège Stanislas. Numéro d’écrou : 103. Il y restera douze ans avant d’en être renvoyé. Dans ce récit en forme de confession, l’auteur de *Performance*  revient sur ses « années de bagne » dans une société française percutée par mai 68.

Tout commence par la destruction des bâtiments du vieux collège. Une grosse boule de fonte balancée au bout d’une chaine abattant les murs des internats poussiéreux sous les yeux des petits garçons en tabliers gris. C’est l’un d’entre eux — le gentil Jean Brisset — cinquante ans plus tard, semi-clochard à vélo atteint du syndrome de Diogène, qui réveille les souvenirs de l’écrivain en lui envoyant par pli chez Grasset un curieux et fétichiste collage. La machine se met en marche : précision cruelle du récit, portraits d’une certaine France, de « l’étonnante hypocrisie de la bourgeoisie catholique et de ses suppôts » laissant souvent la parole à des documents tirés des archives de l’auteur. Le collège y apparait — à travers parfois les mots de ses éducateurs — sous un jour inattendu, perméable à la libéralisation des mœurs et aux réformes scolaires, même s’il reste quelques médailles d’autrefois-Guynemer ou Pétain dans les bureaux des abbés.

Fils unique d’un poète surréaliste et d’une danseuse « sujet habillé des Folies Bergères », l’élève Libérati ne se sentit jamais très proche de ses condisciples de Stanislas, ni d’un personnel souvent médiocre ou pittoresque qui s’adressait à lui et aux ombres qui l’entourait comme à « l’élite de la nation ». Victime de harcèlement à l’âge de 15 ans, Liberati, que ses tourmenteurs surnommaient « Liboche », songea à se pendre dans les toilettes. La seule échappée restant l’amour de ses parents qui «  ne lui apprirent pas grand-chose de la vie parce qu’ils la connaissaient mal  » et les amis de ceux-ci, personnages de Dickens ou de Nerval, dont Liberati laisse des croquis plein d’une nostalgie purement romantique.

Un troublant récit d’apprentissage baigné d’une lumière d’un autre monde.
20,00 €
Apnée
Grasset
Traverser le XXème siècle, sous l’eau et en alexandrin – telle est l’ébouriffante expérience poétique à laquelle nous invite Yann Moix dans *Apnée*. Accompagné d’Emmanuelle, comme Dante avant lui de Béatrice, le narrateur retient son souffle et plonge en eau trouble où un siècle d’histoire bouillonnante, terrible et éclatante s’anime sous ses yeux. La Grande guerre, 39-45, le débarquement en Normandie, l’Indochine, la guerre froide…  dans cet univers liquide où tout n’est que courant, vortex, lumière et tourbillon, hommes et créatures sous-marines se mêlent et se métamorphosent. On y croise d’illustres figures qui ont marqué leur époque- soldats, artistes, écrivains, danseurs, sportifs, acteurs, chefs d’Etat, des héros magnifiques et d'inquiétants personnages – mais aussi des poissons, cétacés, coraux, algues, fleurs qui luisent, teintent et éclairent les tréfonds.  Ballotés au gré des caprices de l’océan, le narrateur et Emmanuelle dérivent, main dans la main, au cœur de ce singulier théâtre parmi les ombres d’hier qui ont fait et défait le XXème.

Renouant avec l’antique tradition de l’épopée en vers, Yann Moix se fait aède et nous propose avec *Apnée* un texte inclassable, parfaitement classique et résolument moderne. Une entreprise littéraire complète où la langue, l’Histoire, les Hommes, la matière et le sensible se déclinent en douze pieds pour redonner vie aux morts.
20,90 €
La Naturalisation
Grasset
Tunisie 1987. Le coup d'État de Ben Ali contre Bourguiba coïncide avec la circoncision (loupée) du narrateur, Elyas Z’Beybi. Montant à Paris pour poursuivre ses études, Elyas  préfère la vie de bohème, tout en nourrissant un grand espoir  : devenir français. Choisit-il les meilleurs moyens  ? Il se lie d'amitié avec un ancien légionnaire, devient sans-abri, expérimente une communauté Emmaüs, passe par un hôpital psychiatrique où il séduit, bien malgré lui, la psychiatre de l’hôpital…

Moderne roman picaresque, *La naturalisation*  raconte un exil choisi jusque dans ses galères. Son maladroit héros, à la fois naïf et lucide, attachant et trop francophile pour se croire un “étranger”, affronte et les autres et lui-même dans une succession de mésaventures aussi comiques que tendres. Le destin ne va pas toujours droit.
19,50 €
Le cercle des obligés
Grasset
Automne 1968, dans une décharge des Yvelines, Stefan Markovic, homme à tout faire et doublure d’Alain Delon, est retrouvé mort, ligoté dans une housse de matelas, le visage détruit et une balle dans la nuque. Automne 1993, sur le parking d’une résidence, le long des marais salants de la presqu’île de Giens, Henri Diana, grande figure du Milieu varois, est assassiné.

Vingt-cinq années, deux morts, et un peu de sable blanc de la côte d’Azur comme piste oubliée.

Ainsi commence Le cercle des obligés, le roman vrai de Philippe Brunel. Son héros, un jeune journaliste sans pratique mais avide de s'élever, suit les pas d’un reporter de légende, Pierre Salberg, qui enquête sur la plus sulfureuse des affaires des années 70. Simple règlement de compte, crime d’honneur, vendetta personnelle, complot politique, le meurtre de Markovic soulève autant de fantasmes que d’énigmes. Et maintient, égare, blesse les êtres dans une connaissance impossible.

On croise ici des ombres, le réalisateur Jean-Pierre Melville, dont le studio-maison s’enflamme ; Alain Delon, magnifique et provocateur ; Markovic, garde du corps, ami, amant de l'épouse de l'acteur ; des femmes de grande vie, des hommes de basse vertu, des chefs d’Etat ; et une France cinématographique, violente et trouble, entre Série noire et le Café de la jeunesse perdue.

A coup d’hypothèses, de rencontres et de choses vues, Philippe Brunel reconstitue l’histoire perdue derrière l’affaire Marcovic.
20,90 €
Un Arabe
Grasset
Dans le sud de la France, une vieille dame se fait voler trente-cinq euros et sa carte bleue, chez elle, alors qu’elle prépare son déjeuner. Les hommes du village viennent à son secours. Puisqu’ils doivent réparer l’injustice, défendre la société, ils désignent un coupable. Ce sera l’étranger du village, «  La Casquette  », «  L’Autre  » ou encore «  L’Arabe  », bouc-émissaire implacablement désigné. La traque peut commencer.

La narration alterne entre deux mouvements principaux. D’un côté, la chasse, la horde qui se forme et la tentative de fuite du présumé coupable. De l’autre, les portraits de tous les hommes qui participent à l’expédition punitive, vingt-et-un personnages dont on découvre les vies, les désirs et les frustrations, les hontes ou les colères. La masse a ses secrets. Ils nous sont exposés ici en galerie, comme autant d’individualités propres qui s’agrègent pourtant autour d’une haine commune, d’une violence qui les unit. Racisme, instinct grégaire, rumeur, voilà le cœur de ce récit haletant.

Écrit comme dans un souffle court, celui de l’homme traqué dont on sent la panique et qui jamais ne sera directement nommé, *Un arabe* regarde au microscope les rancœurs et les peurs qui crèvent le cœur de notre société.
18,50 €
Un homme seul
Grasset
Ce récit aurait pu s'intituler "Le Livre de mon Père". Frédéric Beigbeder part à la découverte de Jean-Michel Beigbeder (1938-2023),  dont il fait un vrai personnage de roman, à situer entre Roger Martin du Gard et Ian Fleming  : «  c’était un Français qui s’est cru Américain alors qu’il était Anglais  ».

Il tente de comprendre cet homme  solitaire et secret, fils d'une américaine et d'un béarnais, qui se qualifiait lui-même de "solipsiste". Une enfance dans un pensionnat militaire catholique, l'abbaye-école de Sorèze, puis après les «  kapos à chapelets  » de Sorèze, chez les frères marianistes de la Villa Saint-Jean à Fribourg, l'a endurci à vie. À peine majeur, il a fui son pays natal pour apprendre le management à Harvard Business School. Au début des années  1960, il a importé en France le métier de "chasseur de têtes" (executive search), «  plaçant  » tous les dirigeants du CAC 40 (ou presque), durant cinquante ans. Ou les débauchant («  la guerre économique est la seule dont les déserteurs sont récompensés  »). A moins que cette activité prestigieuse, le conduisant à voyager dans le monde entier et à tisser des réseaux dans toute ce que la France de l’époque comptait de «  décideurs  », n’ait été une parfaite couverture pour des activités d’honorable correspondant de la CIA ?

Ce tombeau d'un père brillant et absent est aussi le portrait d'une génération de jouisseurs. Ces hommes seuls que l'on appelle aujourd'hui les "boomers" ont forgé leur égoïsme pendant la Seconde Guerre mondiale. Le confort fut leur idéologie, le luxe leur utopie, le divorce leur fatalité, l'Amérique leur horizon. Ils n'étaient pas faits pour être des pères de famille. À la fois philosophe pessimiste et playboy de la jet-set, Jean-Michel Beigbeder a épousé le XXème siècle, ses plaisirs, sa mondialisation et ses errements.

Son fils contemple avec sensibilité la disparition d'un homme qui symbolise aussi l'écroulement d'un monde, et profile en creux son autoportrait au miroir de ce père si fraichement disparu, dont il peut enfin faire la connaissance…
20,00 €
Pussy suicide
Grasset
Seule dans sa chambre, les yeux rivés sur son téléphone, Ottessa attend un message. Pourquoi Oscar ne lui répond-il pas  ? Elle l’aime, elle enrage, elle ne supporte pas qu’il l’ignore comme ça. Elle pense au suicide ou au moins à tout casser autour d’elle, mais ce n’est pas si simple quand on vit chez son père – un père qui se plie en quatre sans comprendre ce que traverse sa fille. Alors, Ottessa sort avec ses amies.

L’alcool et l’anesthésie par le sexe, c’est sa façon à elle d’éviter de souffrir. Enfin, c’est ce qu’elle se raconte, car les rencontres en boîte finissent souvent mal. Ottessa se met en danger en rentrant avec des sales types choisis au hasard. Mais ce samedi soir, alors que ses espoirs de renouer avec Oscar semblent évanouis et que l’ivresse a embué les esprits, Ottessa se fait embarquer par son amie Chloé. Celle-ci l’invite chez son mec du moment, un trentenaire séduisant qui leur propose de rester pour la nuit. Peut-être une nouvelle forme de désir qui pourrait sauver Ottessa de sa noirceur ? Mais lorsqu’on a seize ans, il n’est pas facile de discerner l’appel de la liberté des sirènes du danger…

Plongée sombre et charnelle dans la vie sentimentale d’une lycéenne, Pussy suicide décrit la tempête qu’est l’entrée dans l’âge adulte. Le temps d’un week-end, les angoisses et les corps s’entrelacent avec brutalité dans ce premier roman qui s’annonce déjà culte.
19,00 €