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Résultats de recherche pour '1 2 3 SOLEIL' (15363)

Contes d'Odessa / Nouvelles
Gallimard
Le présent recueil réunit la majeure partie des récits écrits par Babel à partir de 1923 et jusqu’en 1937. Tous sont construits à partir d'événements vécus ou de personnages réels. Les Contes d’Odessa décrivent un milieu très particulier : celui des bas-fonds du grand port de la mer Noire où les Juifs formaient près d’un tiers de la population. Gangsters, charretiers, intermédiaires malhonnêtes du ghetto de la Moldavanka y sont évoqués avec truculence, humour et tendresse. Dans plusieurs textes, Babel a incorporé beaucoup d'éléments de sa propre biographie, son enfance studieuse de petit garçon juif nourri du Talmud, gavé de lectures, son expérience tragique de la condition juive au cours des pogroms de 1905, l’éveil de sa vocation littéraire, confessions intimes faites avec un mélange de lyrisme et d’ironie. Babel vit dans la révolution une possibilité de libération et la fin de l’antisémitisme. Grand admirateur de Flaubert et de Maupassant, Babel attachait une importance extrême au style. Dans la nouvelle intitulée «Guy de Maupassant», il exprime son souci de la brièveté, du mot juste, du point placé au bon endroit capable de «transpercer et glacer le cœur humain». À propos du style de Babel, Victor Chklovski a pu dire qu’il donna à la littérature russe, «grise comme un serin», «des culottes framboise et des bottines de cuir bleu azur».

Les Contes d’Odessa décrivent un milieu très particulier : celui des bas-fonds du grand port de la mer Noire où les Juifs formaient près d’un tiers de la population. Gangsters, charretiers, intermédiaires malhonnêtes du ghetto de la Moldavanka y sont évoqués avec truculence, humour et tendresse.
11,50 €
Promenade dans un parc
Gallimard
«Les plus hautes récompenses m’étaient périodiquement décernées, mais, je ne sais comment, on s’arrangeait pour que les bénéfices de cette notoriété retombassent avec éclat sur d’autres dont la médiocrité n’avait pu les obtenir. On faisait même en sorte de ne pas m’allouer les sommes accompagnant ces distinctions et, pour justifiées qu’elles fussent, mes réclamations restaient sans écho, car rapidement l’habitude fut prise de ne faire réponse à aucune de mes lettres.» Soixante-seize textes donnent ainsi du monde une vision de colonie pénitentiaire. Le petit homme y est soumis aux tracasseries d’un quotidien qu’il est tout prêt à accepter, voire même à comprendre. Sommes-nous juste avant le cataclysme ou juste après ? Ou bien sommes-nous tout simplement dans l’univers banal de toute condition humaine, c’est-à-dire pour Calaferte l’aménagement de l’insupportable ?

Soixante-seize textes donnent du monde une vision de colonie pénitentiaire. Sommes-nous juste avant le cataclysme ou juste après ? Ou bien sommes-nous tout simplement dans l’univers banal de toute condition humaine, c’est-à-dire pour Calaferte l’aménagement de l’insupportable ?
9,50 €
Au Grand Socco
Gallimard
Au coeur de la vieille ville de Tanger, dans l'atmosphère effervescente de la place du Marché, le Grand Socco, une foule bigarrée palpite autour du jeune Bachir. Le garçon envoûte l'assistance avec ses récits enchanteurs dignes des Mille et Une Nuits. Par sa voix d'or, vive et poétique, une galerie de personnages hauts en couleur prennent vie : Lady Cynthia, Sir Percival, le bienveillant Abd-el-Meguid Chakraf, M. Evans - le singulier Prophète des Bêtes Blessées -, la fragile Léa, l'excentrique Madame Elaine et le marchand d'or se succèdent au fil de récits foisonnant d'aventures. Mais le personnage favori du jeune vagabond est un âne blanc auréolé de mystère, si doux que l'on se demande si une âme ne l'habiterait pas... Une oeuvre empreinte d'humanité et de sensibilité, par un Kessel drôle et touchant.
11,50 €
Nerrantsoula
Gallimard
«Noiraude et chevelue, pareille à une bohémienne. La grosse natte soigneusement tressée. Le visage - ovale, très sérieux, aux grands yeux perçants, aux lèvres charnues - était toujours bien lavé, comme les mains, les jambes et les pieds. Une orpheline... Venue depuis une année, Dieu sait d'où... Qui s'était toujours refusée à dire son nom et celui de ses parents...» Tout le monde à Braïla l'appelle sacadgitza, la porteuse d'eau, mais Marco, le narrateur amoureux, la surnommera Nerrantsoula, car elle sera pour lui sa petite orange amère, son petit bigaradier. Mais d'autres hommes convoitent l'orpheline... Ce refrain d'une chanson grecque donne son titre à ce roman de Panaït Istrati, où le Danube joue un rôle de premier plan. Ses crues redoutables transforment le destin de ses riverains, c'est à lui que revient le droit de semer la richesse et la pauvreté. C'est lui qui venge les amoureux de Nerrantsoula dont l'arrogance cruelle conduit un ballet infernal. Nerrantsoula est un des plus beaux hymnes à l'enfance et à l'amour, thèmes chers à l'auteur des Récits d'Adrien Zograffi.

Nerrantsoula est un des plus beaux hymnes à l'enfance et à l'amour, thèmes chers à l'auteur des Récits d'Adrien Zograffi.
9,00 €
Nouvelles orientales
Gallimard
«Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans un vaste palais. Le réel s'y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d'une ardeur brutale, presque inattendue, c'est peut-être qu'ils trouvent dans l'admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécessaire à leur soudain flamboiement.»Matthieu Galey.

Édition revue et augmentée en 1978
9,00 €
W ou Le souvenir d'enfance
Gallimard
"Il y a dans ce livre deux textes simplement alternés ; il pourrait presque sembler qu'ils n'ont rien en commun, mais ils sont pourtant inextricablement enchevêtrés, comme si aucun des deux ne pouvait exister seul, comme si de leur rencontre seule, de cette lumière lointaine qu'ils jettent l'un sur l'autre, pouvait se révéler ce qui n'est jamais tout à fait dit dans l'un, jamais tout à fait dit dans l'autre, mais seulement dans leur fragile intersection. L'un de ces textes appartient tout entier à l'imaginaire : c'est un roman d'aventures, la reconstitution, arbitraire mais minutieuse, d'un fantasme enfantin évoquant une cité régie par l'idéal olympique. L'autre texte est une autobiographie : le récit fragmentaire d'une vie d'enfant pendant la guerre, un récit pauvre d'exploits et de souvenirs, fait de bribes éparses, d'absences, d'oublis, de doutes, d'hypothèses, d'anecdotes maigres. Le récit d'aventures, à côté, a quelque chose de grandiose, ou peut-être de suspect. Car il commence par raconter une histoire et, d'un seul coup, se lance dans une autre : dans cette rupture, cette cassure qui suspend le récit autour d'on ne sait quelle attente, se trouve le lieu initial d'où est sorti ce livre, ces points de suspension auxquels se sont accrochés les fils rompus de l'enfance et la trame de l'écriture." Georges Perec.
9,50 €
La cloche de détresse
Gallimard
États-Unis. Années 50. Esther Greenwood, dix-neuf ans, montre un certain talent pour l'écriture. Pendant un séjour à New York - remporté lors d'un concours de poésie -, l'héroïne se sent prise d'un mal-être. Le doute s'installe en elle. De retour dans sa ville natale, la jeune femme apprend qu'elle n'a pas été reçue au cours de littérature qu'elle attendait plus que tout. S'ouvre alors l'été où sa vie bascule ; elle se retrouve face à ses craintes : comment réaliser ses ambitions littéraires et se libérer de ce destin de housewife qui l'attend ? Découragée, rongée par de profondes angoisses sur sa condition de femme, obsédée par sa vocation manquée d'avance, Esther ne mange plus, ne dort plus et n'écrit plus. Elle glisse peu à peu dans une grave dépression qui la détache des siens, de son corps et de la vie. D'une écriture poétique et torturée, Sylvia Plath raconte son combat féministe mené dans un pays de parfaites ménagères, qui éteint volontiers le génie féminin. D'inspiration autobiographique, La cloche de détresse est l'unique roman de l'autrice, qui met fin à ses jours un mois après la publication du livre, à trente et un ans.
12,50 €
L'habitude d'être
Gallimard
Qu'aurait pu faire Flannery O'Connor sinon écrire ?À vingt-sept ans, elle apprend qu'elle est atteinte d'une maladie qui détruit progressivement et inéluctablement les tissus. Il lui reste juste assez d'énergie pour écrire et comme, à l'en coire, elle n'est «bonne qu'à ça», elle parvient «en clignant de l'œil, à considérer cette épreuve comme une bénédiction». La littérature ne lui suffit pas, alors elle écrit à ses amis pour leur dire qui elle est.Tous les ingrédients de son œuvre sont là, l'angoisse, la cocasserie, la cruauté, la compassion, baignant dans la lumière fulgurante de la foi catholique.Une voix s'élève face au temps qui la menace pour témoigner encore et toujours de son émerveillement quotidien.

Dans sa correspondance, tous les ingrédients de l'œuvre de Flannery O'Connor sont là, l'angoisse, la cocasserie, la cruauté, la compassion, baignant dans la lumière fulgurante de la foi catholique.
13,00 €
Le Vagabond et autres histoires
Gallimard
Les nouvelles de Rabindranath Tagore le placent parmi les grands maîtres de cet art dans le monde. Elles illustrent les qualités de son génie, sa vive imagination alliée à une vue pénétrante de la réalité, son sens large de l'humain, son intolérance pour l'injustice et l'erreur. Tagore a observé le drame des humbles vies des villageois avec une sympathie et une compréhension infinies ; en les décrivant, il réussit à leur donner le pouvoir de nous intéresser et de nous émouvoir profondément.

Tagore a observé le drame des humbles vies des villageois. En les décrivant, il réussit à leur donner le pouvoir de nous émouvoir profondément.
10,50 €
Le Capitaine Patch
Gallimard
M. Patch est un honnête tailleur qui vit à Weyminster, petit port anglais. Il va souvent se promener sur la jetée et contempler les navires. Quelle belle vie que celle d'officier de marine ! Un seul hic : il faut monter sur un bateau. Ce que M. Patch envie, c'est la vie d'un officier de marine à terre...Autour du Capitaine Patch gravite un petit monde savoureux : un fossoyeur qui chérit la tombe qu'il creuse ; un inflexible fermier qui, au nom de l'obéissance, tue ses enfants qu'il adore ; un épicier qui ruine le châtelain dont il convoite le château, etc. Tous ces petits drames, racontés avec finesse et humour, ont contribué à faire de T. F. Powys un des plus célèbres écrivains anglais.

Le recueil de contes que voici nous montre un Powys en pleine possession de son art, discret, mélancolique et souriant, peu tendre et cependant point désabusé...
10,05 €
La folie en tête
Gallimard
Violette Leduc s'est peinte et a raconté le début de sa vie dans La Batârde : son enfance à Valenciennes, entre sa mère et sa grand-mère. Le pensionnat, puis le lycée à Paris. Son travail comme secrétaire dans une maison d'édition, puis comme journaliste. Son amitié avec Maurice Sachs.Dans La folie en tête, on la retrouve intacte, tout aussi entière dans ses réactions et dans ses défis.Mais ce sont, autour d'elle, les choses et les gens qui ont changé. Dans le Paris de l'immédiat après-guerre, la Bâtarde fait son entrée - et sans trop, d'abord, s'en apercevoir. Rien n'est modifié dans sa façon d'approcher, puis d'appréhender les êtres. Ses activités clandestines, un temps poursuivies, cèdent le pas à des activités littéraires, auxquelles elle ne se sentait guère destinée, et qui, sans l'éblouir, l'absorbent, et conditionnent enfin sa vie même.Cela nous vaut une étonnante galerie de portraits, où Sartre, Simone de Beauvoir, Jean Genet, Nathalie Sarraute, Colette Audry - entre bien d'autres - apparaissent tels qu'ils pouvaient sembler être aux yeux d'une «provinciale», nullement émerveillée, mais passionnée de comprendre et d'aimer.
15,00 €
Histoire de l'oeil
Gallimard
«À d'autres l'univers paraît honnête. Il semble honnête aux honnêtes gens parce qu'ils ont des yeux châtrés. C'est pourquoi ils craignent l'obscénité. Ils n'éprouvent aucune angoisse s'ils entendent le cri du coq ou s'ils découvrent le ciel étoilé.

En général, on goûte les "plaisirs de la chair" à la condition qu'ils soient fades. Mais, dès lors, il n'était plus de doute : je n'aimais pas ce qu'on nomme "les plaisirs de la chair", en effet parce qu'ils sont fades. J'aimais ce que l'on tient pour "sale". Je n'étais nullement satisfait, au contraire, par la débauche habituelle, parce qu'elle salit seulement la débauche et, de toute façon, laisse intacte une essence élevée et parfaitement pure. La débauche que je connais souille non seulement mon corps et mes pensées mais tout ce que j'imagine devant elle et surtout l'univers étoilé...»
10,00 €
Le Calice de la vie
Gallimard
Sans doute y a-t-il peu de points communs entre Sania Diespérova, qui, après trente années de désillusions, décide de boire la goutte de miel qui reste dans le calice de la vie, et la belle Véra qui rompt paisiblement avec son compagnon de quinze ans. Et peu de relations entre ces femmes et le berger Ignace, assassin amoureux, ou Paracha, trouvée folle sur le bord de la route. Hommes et femmes d'une Russie ancienne, prérévolutionnaire, ils sont tous, pour nous, comme les gens du domaine aujourd'hui désert de Soukhodol : ils sont morts et leur passé prend figure de légende.

Traduction autorisée par l'auteur
10,50 €
L'Homme pressé
Gallimard
Pierre gâche tout, l'amitié, l'amour, la paternité, par sa hâte fébrile à précipiter le temps. A'cette allure vertigineuse, il ne goûte plus ce qui fait le prix de la vie, ni les moments d'intimité que sa femme Hedwige lui ménage, ni la poésie des choses. Il se consume et consume les siens en fonçant vers un but qu'il renouvelle, chaque fois qu'il l'atteint. Pierre saura trop tôt qu'il ne se hâtait ainsi que pour arriver plus vite au rendez-vous de la mort.
11,00 €
La Disparition
Gallimard
"Trahir qui disparut, dans La disparition, ravirait au lisant subtil tout plaisir. Motus donc, sur l'inconnu noyau manquant - "un rond pas tout à fait clos finissant par un trait horizontal" - , blanc sillon damnatif où s'abîma un Anton Voyl, mais d'où surgit aussi la fiction. Disons, sans plus, qu'il a rapport à la vocalisation. L'aiguillon paraîtra à d'aucuns trop grammatical. Vain soupçon : contraint par son savant pari à moult combinaisons, allusions, substitutions ou circonclusions, jamais G.P. n'arracha au banal discours joyaux plus brillants ni si purs. Jamais plus fol alibi n'accoucha d'avatars si mirobolants. Oui, il fallait un grand art, un art hors du commun, pour fourbir tout un roman sans ça !" Bernard Pingaud.
13,00 €
Lettres à son frère Théo
Gallimard
Ces lettres incomparables - des récits, des aveux, des appels - sont nécessaires pour découvrir le vrai Van Gogh devenu mythe... Il n'est pas un peintre fou. Au contraire, solitaire, déchiré, malade, affamé, il ne cesse d'écrire, lucide, comme il traque la lumière.

«La première lettre de Vincent Van Gogh à son frère Théo, datée d'août 1872, est envoyée de La Haye. Il a dix-neuf ans. Il ne sait pas qu'il va peindre. La dernière lettre, inachevée, Théo la trouve dans la poche de Vincent qui s'est tiré une balle dans la poitrine le 27 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise. Des dizaines de toiles encombrent sa chambre. Presque quotidiennement, pendant dix-huit ans, Vincent a écrit à Théo. Et Vincent écrit à propos de tout à Théo comme il lui envoie toutes ses toiles. Il lui montre ce qu'il peint comme ce qu'il est. Ces lettres incomparables - des récits, des aveux, des appels - sont nécessaires pour découvrir le vrai Van Gogh devenu mythe... Il n'est pas un peintre fou. Au contraire, solitaire, déchiré, malade, affamé, il ne cesse d'écrire, lucide, comme il traque la lumière.» Pascal Bonafoux.

Nouvelle édition, avec une introduction et une chronologie par Pascal Bonafoux, en 1988
15,00 €
Au bout du rouleau
Gallimard
Être capitaine à bord du vapeur-navette Sofala, non, ce n'était vraiment pas une vie aventureuse pour Harry Whalley le risque-tout. C'est pour sa fille qu'il en était arrivé à faire cette monotone tournée de colporteur du sud au nord du Détroit, puis du nord au sud. Après cinquante ans de navigation, dont quarante en Extrême-Orient ! Mais pourquoi diable le capitaine Whalley ne regardait-il plus la mer ?

Notice de Jean-Pierre Vernier
9,50 €
La Grande Beuverie
Gallimard
Une descente dans les abîmes. René Daumal explore ceux du monde matérialiste, et aussi ceux que chacun de nous recèle en lui. Au cours d'une beuverie, l'auteur visite la Jérusalem contre-céleste, où séjournent les Évadés. Artistes, scientistes, faux sages s'y enivrent de paradis artificiels. Puis vient le réveil. L'auteur va apprendre à mieux se connaître, à approfondir la voie introspective. «Alors que la philosophie enseigne comment l'homme prétend penser, la beuverie montre comment il pense.»
9,00 €
Querelle de Brest
Gallimard
Tous les protagonistes de ce drame naissent du brouillard de Brest, du soleil qui dore faiblement ses façades, et de la mer semblable au mouvement intérieur qui anime l'écrivain. Ce sont des miroirs se renvoyant des images semblables et contraires qui sourdent du même foyer où elles reviennent ensuite se confondre : Jean Genet.

Nouvelle édition en 1981
10,00 €
L'enfant brulé
Gallimard
On enterre une femme à deux heures... C'est par ces mots que commence L'enfant brûlé, le chef-d'œuvre de Stig Dagerman, qui date de 1948. En effet, la mère est morte, laissant un mari et un fils de vingt ans. Qui était-elle, qu'était-elle en dehors de cette rumeur quotidienne dont elle remplissait la maison ? Trop tard pour le savoir. Désormais, son absence va prendre un poids que n'avait pas sa présence, suscitant entre père et fils d'étranges rapports faits de questions tacites, de suspicion mutuelle, de jalousie et de haine, mais aussi d'amour. Lire Dagerman - ce Rimbaud du Nord qui mit fin à ses jours en 1954, alors qu'il n'avait que trente et un ans et que, depuis longtemps, il se taisait - c'est lire un écrivain majeur, l'un de ces auteurs dont la voix a la vertu de raccourcir à la seconde les distances entre lecteur et auteur, instaurant entre eux les liens de complicité les plus étroits, commandant un irrésistible

mouvement de sympathie. Ardent et précis à la fois, l'écrivain jette ses filets au plus profond de nous-mêmes, ramenant à la surface nos secrets les plus troubles et les moins avouables. Tandis que, sur fond de rues enneigées, d'archipels lisses et de soleils froids , des personnages ravagés de passion se dressent, à jamais inoubliables, comme dans un film qui serait le plus beau film d'Ingmar Bergman, ce compatriote de Dagerman, «l'enfant brûlé».
13,00 €
La maison verte
Gallimard
La ville de Piura, qu'entoure la forêt vierge, au nord du Pérou, est le cadre de cette comédie humaine foisonnante de personnages et d'aventures. Des origines de la ville aux missions catholiques, de l'Amazonie hors du temps au milieu urbain, les histoires s'entrecroisent, les thèmes affleurent, multiples... C'est la réalité péruvienne saisie par un grand organisateur de songes.
13,00 €
MARELLE traduit de l espagnol
Gallimard
«Marelle est une sorte de capitale, un de ces livres du XXᵉ siècle auquel on retourne plus étonné encore que d'y être allé, comme à Venise. Ses personnages entre ciel et terre, exposés aux résonances des marées, ne labourent ni ne sèment ni ne vendangent : ils voyagent pour découvrir les extrémités du monde et ce monde étant notre vie c'est autour de nous qu'ils naviguent. Tout bouge dans son reflet romanesque, la fiction se change en quête, le roman en essai, un trait de sagesse zen en fou rire, le héros, Horacio Oliveira, en son double, Traveler, l'un à Paris, l'autre à Buenos Aires.Le jazz, les amis, l'amour fou - d'une femme, la Sibylle, en une autre, la même, Talita -, la poésie sauveront-ils Oliveira de l'échec du monde ? Peut-être... car Marelle offre plusieurs entrées et sorties. Un mode d'emploi nous suggère de choisir entre une lecture suivie, "rouleau chinois" qui se déroulera devant nous, et une seconde, active, où en sautant de case en case nous accomplirons une autre circumnavigation extraordinaire. Le maître de ce jeu est Morelli, l'écrivain dont Julio Cortázar est le double. Il cherche à ne rien trahir en écrivant et c'est pourquoi il commence à délivrer la prose de ses vieillesses, à "désécrire" comme il dit. D'une jeunesse et d'une liberté inconnues, Marelle nous porte presque simultanément au paradis où on peut se reposer et en enfer où tout recommence.»Florence Delay.
17,00 €
Héliogabale ou l'anarchiste couronné
Gallimard
«Voici le livre le plus violent de la littérature contemporaine, je veux dire d'une violence belle et régénératrice.Héliogabale, né sur un berceau de sperme, mort sur un oreiller de sang, est un noir héros de notre monde. Sa légende est faite de perversité et d'exécration. El Gabal, "Celui de la Montagne", est non seulement l'empereur dépravé de la Rome pourrissante du Troisième Siècle, livré aux vices et à la folie, mais aussi le premier héros infernal de cette rencontre avec l'Orient, dont Apollonius de Tyane fut l'Archange. Incarnation du mythe hermaphrodite, adorateur du Soleil et de la pierre noire Élagabale, il a vécu jusqu'à l'extrême le drame de l'affrontement entre le monde gréco-latin et la Barbarie. Il s'agit bien ici d'un texte initiatique : prêtre païen et empereur de Rome à l'âge de quatorze ans, Héliogabale annonce à la fois le rite solaire des Tarahumaras, et le sacrifice de Van Gogh le Suicidé de la société, puis la descente aux Enfers d'Artaud le Mômo. Héliogabale est l'Anarchiste, avant d'être l'Alchimiste couronné.Ce livre envoûtant, le plus construit et le plus documenté des écrits d'Antonin Artaud, est aussi le plus imaginaire.Qui n'a pas lu Héliogabale n'a pas touché le fond même de notre littérature sauvage.»J.M.G. Le Clézio.
9,00 €
Pompes funèbres
Gallimard
Les héros de Pompes funèbres, roman qui utilise toutes les ressources et toutes les «pompes» de la langue, Erik, Jean D., Riton ne sont rien d'autre que des figures héraldiques, des êtres poétiques qui vivent ou successivement ou à la fois les décisions les plus rigoureuses de l'écrivain.

Texte de l'édition originale (À Bikini, 1947). Nouvelle édition en 1978
13,00 €
L ALEPH espagnol
Gallimard
"L'Aleph restera, je crois, comme le recueil de la maturité de Borges conteur. Ses récits précédents, le plus souvent, n'ont ni intrigue ni personnages. Ce sont des exposés quasi axiomatiques d'une situation abstraite qui, poussée à l'extrême en tout sens concevable, se révèle vertigineuse. Les nouvelles de L'Aleph sont moins roides, plus concrètes. Certaines touchent au roman policier, sans d'ailleurs en être plus humaines. Toutes comportent l'élément de symétrie fondamentale, où j'aperçois pour ma part le ressort ultime de l'art de Borges. Ainsi, dans L'Immortel : s'il existe quelque part une source dont l'eau procure l'immortalité, il en est nécessairement ailleurs une autre qui la reprend. Et ainsi de suite... Borges : inventeur du conte métaphysique. Je retournerai volontiers en sa faveur la définition qu'il a proposée de la théologie : une variété de la littérature fantastique. Ses contes, qui sont aussi des démonstrations, constituent aussi bien une problématique anxieuse des impasses de la théologie." Roger Caillois.
12,50 €
Les nuits de l'underground
Gallimard
Dans le Montréal hivernal des années 70, l'Underground, bar mythique et énigmatique, est un monde à part. Dans ce refuge nocturne, où se retrouvent ouvrières, artistes, collégiennes, mannequins, employées ou écrivaines, s'invente une communauté invisible et vibrante de femmes. Au fil des danses et des étreintes, ce bar lesbien devient un lieu de liberté, d'amitiés fulgurantes, de complicités silencieuses, avant le retour dans la nuit glaciale et, au matin, le quotidien du travail. Geneviève, sculptrice parisienne, s'y rend en quête d'inspiration. Le visage de Lali la happe : Lali, à l'ascétique profil, dont la présence intense semble défier les lois du monde. D'une plume sensible et sensuelle, Marie-Claire Blais - figure majeure de la littérature québécoise, lauréate du prix Médicis en 1966, autrice d'une oeuvre vaste et inclassable - signe un roman choral incandescent sur le désir, l'amour entre femmes et les liens mystérieux qui naissent la nuit.
13,90 €
Des villes et des femmes/Paris mis à nu
Gallimard
"Rome est une ville que les femmes aiment. Cela se voit immédiatement dans les rues. Elles ont la démarche à la fois nonchalante et pressée, elles sont fières et pourtant indulgentes, elles sont sceptiques quant aux choses de l'amour et toutes données à leurs passions. Elles aiment la pierre sur laquelle elles appuient leur fausse faiblesse, et les monuments qui les entourent leur donnent de l'assurance. Elles savent que tout change et que rien ne passe." Avec Des villes et des femmes, Etel Adnan nous ouvre les portes d'un voyage méditatif. Barcelone, Beyrouth, Rome, parmi d'autres, se dévoilent au gré des chemins empruntés par des femmes. Chaque étape de ces déambulations sensibles se mue en une exploration intérieure, dialogue entre l'urbain et la sensation, examen minutieux des vies alentour.Paris mis à nu, aussi recueilli ici, prolonge cette flânerie, mêlant réalité et fiction dans une écriture empreinte d'impressions. L'oeuvre d'Etel Adnan, toujours poétique et philosophique, est un témoignage vibrant de la présence de l'artiste au monde. Ses mots transcendent frontières et genres pour offrir une réflexion délicate sur l'humanité.
13,00 €
Un tombeau pour Boris Davidovitch
Gallimard
Publié en Yougoslavie en 1976, Un tombeau pour Boris Davidovitch : Sept chapitres d'une même histoire est un recueil de nouvelles. "Sept chapitres d'une même histoire", celle de milliers de vies que l'Histoire, comme une gigantesque tempête, a brassées, confondues et anéanties. Dans un jeu érudit de références, de documentation faite de bribes de Mémoires, de notes et autres verbatim, ce Tombeau détaille la réalité des liquidations, des procès, des camps et des tourmentes du XXᵉ siècle soviétique. Une compilation de biographies d'antihéros aussi spéculatives que romanesques, rédigées dans une forme ironique par une plume habile et glaçante, où Kiš souligne la violence des fanatismes politiques et religieux. Dans l'interstice entre le réel et la fiction, où l'un et l'autre se confondent, l'auteur construit des lieux et des temps pour nous placer auprès de révolutionnaires sincères, qui, ensemble, disent l'Histoire et la vérité au prix de leur vie. Admiratif d'Isaac Babel, Rabelais, Joyce, souvent comparé à Borges puis aux représentants d'une prose "documentaliste", Danilo Kiš incarnait superbement la figure de l'écrivain européen. Il est le témoignage que la littérature doit être "le dernier bastion du bon sens", un maquis de lutte et un refuge.
13,00 €
L'ange et les pervers
Gallimard
"Il fallut seulement quelques gestes, la mode féminine actuelle prêtant à cette sorte de transformation. Le temps de remplacer sa jupe courte par un pantalon long, et Marion, fille de trente ans, redevint l'éphèbe éternel qu'elle était." Dans L'ange et les pervers, roman de 1930 d'une belle modernité, nous suivons le parcours de Marion Hervin de Valdeclare, un personnage intersexe. D'abord maintenu·e dans l'ignorance de sa particularité physique, iel se construit tant bien que mal et finit par s'enfuir à Paris. C'est alors sous deux identités différentes, de femme et d'homme, que Marion mène une double vie... Lucie Delarue-Mardrus offre un tableau d'une liberté littéraire remarquable en donnant voix à cet "ange" coupé en deux. Conte, roman d'apprentissage, journal, le livre brouille les frontières entre genres et formes narratives et propose une réflexion novatrice sur la féminité, anticipant le constructivisme du Deuxième sexe de Beauvoir.
12,50 €
Après Sappho
Gallimard
"Notre premier acte a été de changer de nom. Nous allions devenir Sappho." c'est ainsi que s'ouvre le premier roman de Selby Wynn Schwartz, hommage vibrant à celles qui ont emprunté la voie ouverte par la poétesse grecque Sappho. Ces écrivaines, peintres et artistes ont toutes bravé l'oppression en exprimant dans leurs oeuvres leurs identités profondes. Après Sappho nous entraîne à la rencontre de leurs destins au moyen d'une prodigieuse narration chorale, et nous guide à travers les débuts trépidants du XXᵉ siècle aux côtés de figures incontournables : Natalie Barney, Renée Vivien, Romaine Brooks, Gertrude Stein, Virginia Woolf, Sarah Bernhardt, Isadora Duncan, Lina Poletti, Eleonora Duse, Colette ... Biographie, roman, portrait, manifeste, récit expérimental, ce livre est aussi une méditation lumineuse sur l'héritage des pionnières de notre passé. Ode à la liberté, il est fait de lutte et de joie.
25,00 €
La maison de liesse
Gallimard
Lily Bart, orpheline ruinée, cherche désespérément à faire un beau mariage pour assurer sa position sociale. Cependant, difficile de naviguer dans les courants traîtres d'un monde fondé sur les apparences. Tiraillée entre son éducation futile et ses idéaux de liberté, d'amour et de grandeur, Lily évolue jusqu'à l'inévitable au milieu des bals somptueux, des dîners extravagants. Détruite par le scandale, minée par des dilemmes moraux, elle devient le symbole d'une vie violentée. À sa sortie en 1905, ce grand roman de moeurs a suscité la controverse mais a rencontré un succès immédiat. Situé dans la haute société new-yorkaise du XIXᵉ, où seule compte la richesse affichée, La maison de liesse explore l'impact des normes sociales sur le destin des femmes. Dans cette nouvelle traduction, Edith Wharton est au sommet de son art, subtilement cynique et bouleversante.
15,00 €
Le cornet acoustique
Gallimard
Est-ce que les femmes dérangées dérangent ? Marion Leatherby, dont le loisir favori est le tricot de poils de chat, a quatre-vingt-dix-neuf ans et vit au Mexique chez son arrière-petit-fils. Presque sourde, elle est ravie du cornet acoustique que lui offre son amie Carmella. Grâce à lui, Marion découvre que sa famille complote pour se débarrasser d'elle... La voilà placée dans une maison de retraite où une tribu de dames habite d'étranges maisons aux formes d'igloos et de gâteaux d'anniversaire, sous le patronage du Docteur Gambit, un gourou tordu. Le regard d'une abbesse lubrique vient faire dérailler plus encore cette mécanique mal huilée. Sur les pas de Marion s'ouvre alors une quête surréaliste vers des univers en devinettes, des orgies psychédéliques et des escaliers vertigineux. Une recréation exubérante du monde que nous connaissons. Avec ce roman d'apprentissage à rebours, Leonora Carrington entraîne le lecteur dans une suite de péripéties déroutantes, dans les perfidies du monde et le cosmos. Grande farce noire, récit initiatique sur le temps qui passe et jumeau occulte d'Alice au pays des merveilles, Le cornet acoustique est un grand texte surréaliste, injustement oublié.
12,00 €
Les Enfants de la mer
Gallimard
De mémoire de vieux marin, aucun bateau n'avait essuyé pareille tempête. À bord du Narcisse, entre Bombay et l'Angleterre, sont réunis, sous les ordres du capitaine Allistoun et de son second Baker, le vieux Singleton, l'impétueux Craik, Donkin, un marin douteux, et James Wait, seul homme noir de l'équipage, dont on peine à savoir s'il est vraiment malade. Face à la mer monstrueuse, le temps semble s'être arrêté, l'ambiance est délétère. À court d'eau et de vivres, ils doivent composer avec les remous des coeurs blessés : pitié, compassion, peur, ressentiment et haine profonde traversent l'équipage, jusqu'à lui faire frôler la mutinerie. Dans ce roman de 1897, étude fascinante de personnages placés sous tension, Joseph Conrad dépeint toute la profondeur de l'âme humaine. La longue expérience de l'auteur dans la marine marchande et la finesse de sa plume font la richesse de ce grand roman d'aventures. Initialement connu sous le titre Le Nègre du "Narcisse", ce texte est publié par "L'Imaginaire" sous le titre Les Enfants de la mer. Un avertissement détaille les raisons de ce choix.
11,00 €
Le Fil
Gallimard
"Tu as craint longtemps que les baisers, même parcimonieux, que tu te résolvais toujours difficilement à leur donner, fussent des douceurs empoisonnées, ne continssent de la mort, une mort invisible que tu aurais inoculée sciemment." Alors que l'épidémie de sida fait des ravages, Christophe Bourdin apprend sa séropositivité. Il n'a pas encore trente ans. Étudiant en lettres, bientôt professeur, il est habité par le désir d'écrire. Dans le roman et les pages du journal, il raconte la crainte de la maladie, puis la maladie elle-même. L'auteur s'y donne tout entier, sans rien cacher. Le livre, l'un des premiers grands textes littéraires sur le sida, forme une prouesse d'écriture inouïe, dont la structure épouse le cours du temps. Celui des hypocondries, d'une vie qui bascule l'air de rien. Celui de l'agonie, racontée sans détourner le regard. Et le "temps du rêve", pourtant sans futur. Dans la veine d'Hervé Guibert, le texte est à la fois récit d'apprentissage, vision d'une souffrance qui arrache le coeur et souvenir d'une mémoire commune.
11,00 €
Nous /Seul
Gallimard
Dans un futur lointain, les humains vivent enfermés dans une cité de verre, la nature étant bannie derrière la Muraille Verte. Assujettis au bonheur obligatoire dicté par le tout-puissant Bienfaiteur, les hommes sont devenus de simples numéros à qui chaque écart peut coûter la vie. Les rêves et l'amour sont considérés comme des maladies mentales, l'activité sexuelle régulée par l'État Unique. A-503, le constructeur du vaisseau spatial l'INTÉGRALE, tient un journal à la gloire de cet univers totalitaire. Grâce à sa rencontre avec I-330, une femme extravertie et rebelle, le héros redécouvre peu à peu l'essence de son âme. Autour, la révolution gronde... Anti-utopie prophétique, Nous est considéré comme le premier chef-d'oeuvre de la science-fiction, celui qui inspirera 1984 à George Orwell et Le meilleur des mondes à Aldous Huxley. Cet ouvrage traverse le temps pour nous délivrer un message d'une puissance philosophique et politique inouïe. Cette toute nouvelle traduction propose le texte complet établi d'après l'unique manuscrit d'auteur retrouvé à ce jour. Il est suivi de Seul, la première nouvelle du grand écrivain russe.
15,00 €
Les mots de hasard
Gallimard
Les héroïnes de ces cinq nouvelles semblent avancer à tâtons, hésitant entre parole et silence, caressant un langage qui étouffe autant qu'il délivre. Si les mots sont des masques et de frêles passerelles, si la conversation se fait mouvement désarticulé, faut-il alors croire à l'ellipse pour se rapprocher de soi-même ? Pauline, Geneviève, Julie, Stéphanie et Valentine, les héroïnes des Mots de hasard, peinent à se rencontrer dans l'ordinaire de la vie, comme si une mince membrane les éloignait du monde, toutes entraînées cependant par un élan qui les porte vers l'Autre. Un quotidien fait d'amour anxieux, de pur désir, d'une mélancolie en points de suspension. Délicat, le livre mêle rêve et réalisme dans une langue sensible et libre. Avec ce recueil, son premier, Mireille Best atteint sa vérité. "Simplement le nom donné à ce qu'on cherche et qui se dérobe sans cesse", comme l'écrit Annie Ernaux, qui a longtemps correspondu avec cette autrice injustement oubliée.
13,00 €
Sitt Marie-Rose
Gallimard
Dans un Liban mutilé où des groupes identitaires combattent sans relâche se noue le destin de Sitt Marie-Rose, une femme chrétienne qui essaie de vivre et de lutter. Alors que la guerre civile éclate, Beyrouth prend la forme d'un champ de bataille. Violence et mort se répandent et Sitt Marie-Rose, malgré sa religion, continue de tendre la main aux Palestiniens. Devenue une traîtresse aux yeux de ses amis, elle voit se dessiner sa propre tragédie. Porté par une écriture poétique et poignante, ce récit à sept voix nous projette en plein coeur d'un Beyrouth balafré, aux côtés d'un peuple que d'autres ont choisi de diviser. Portrait nuancé d'une héroïne courageuse et authentique, cet ouvrage raconte la guerre, l'Histoire et interroge notre rapport à autrui. Traversée de couleurs, de lumière et de grâce, la voix d'Etel Adnan offre une meilleure compréhension de l'âme humaine.
10,50 €
Ravages
Gallimard
Pensé comme un roman de formation et d'émancipation, l'ouvrage retrace l'itinéraire amoureux de Thérèse, l'alter ego de Violette Leduc, de l'adolescence à la maturité. Thérèse aime Isabelle, puis Cécile, puis Cécile et Marc, puis Marc. Jugé obscène, Ravages est censuré en 1955. Le livre paraît amputé des cent cinquante premières pages (Thérèse et Isabelle) et de plusieurs passages clés (les scènes du taxi, de la chambre d'hôtel et de l'avortement final). "C'est un assassinat" pour Violette Leduc. La censure déséquilibre l'ouvrage et en modifie la portée. Ravages est un roman mort-né. Aujourd'hui, pour la première fois, Thérèse et Isabelle retrouve Ravages. L'Imaginaire propose une édition hors-série annotée et augmentée des passages censurés, repérés à l'encre violette. L'occasion unique de redécouvrir le roman subtil et engagé d'une pionnière féministe.
23,00 €
Journal d'une ménagère folle
Gallimard
États-Unis. Années 1960. Bettina Munvies Balser, femme au foyer de trente-six ans et mère de deux filles, décide un matin de tenir un journal pour tenter d'y voir plus clair dans sa vie. Pendant six mois, au fil d'une écriture qu'elle dissimule à son entourage, nous entrons dans l'intimité la plus crue de cette "ménagère" au bord de la dépression. Mariée depuis dix ans à Jonathan, avocat et producteur de théâtre, elle voit son mariage se déliter peu à peu. Bettina éprouve le besoin de se raconter, de s'éprouver par les mots. Avec une sincérité bouleversante, du cynisme et beaucoup d'humour, elle dévoile impudemment ses névroses. Si le récit est mené depuis le point de vue de la narratrice, le roman déborde vite de la chronique d'une trajectoire personnelle. Sue Kaufman dénonce ici les violences symboliques que subissent les femmes de la classe moyenne. Elle explore, avec une repartie rugueuse, la "folie" d'un être qui perd pied dans une société américaine paternaliste.
14,00 €
Les allongés
Gallimard
Après un premier roman publié en 1912, Jeanne Galzy se trouve atteinte de la maladie de Pott, une tuberculose osseuse qui la condamne à rester alitée, immobilisée par une gaine de plâtre. Ce drame lui inspire Les allongés, qui reçoit le prix Femina en 1923. Le roman s'ouvre et se ferme au printemps, dans un sanatorium de Berck, la Maison des Sables. La narratrice évoque au fil des pages son long séjour aux côtés des "allongés", souffrant comme elle d'un mal qui les maintient à l'écart de la vie. Avec une lucidité foudroyante, l'héroïne décrit ces amitiés liées dans l'épreuve. Juste et poétique, l'écriture de Jeanne Galzy nous offre une réflexion atemporelle sur la douleur, le corps et le prix de l'existence. Et si ces "demi-vies" nous apprenaient à mieux saisir la poésie de l'éphémère ?
9,50 €
La femme qui boit
Gallimard
"Les gens heureux ne boivent pas, décréta-t-elle. Qu'un peu de pitié, par grâce, accueille ceux qui cherchent dans la boisson un bonheur illusoire, ou plutôt le mépris du bonheur inaccessible. Ce vice, il est inutile de vouloir le combattre. Il serait vaincu s'il était possible de créer la joie en ce monde." Voici le portrait de Guita, une buveuse distinguée. Héroïne pleine d'esprit, elle trouve la source de son seul bonheur véritable dans l'alcool. À côté, tout ne lui paraît que souffrance et ennui. Malmenée par la vie, le quotidien, la société et les hommes, la jeune Guita morcelle le temps, entre ébriété, dégrisement et manque : une ritournelle pour supporter sa peine. Pour raconter ces sensations procurées par l'ivresse, Colette Andris découpe son roman en "points d'alcoolisme". Intitulés Éveil, Initiation, Insomnie, Flirt, Spasmes ou Éthers, ces courts chapitres décrivent avec une ironie sévère et sans pudeur l'addiction de son personnage. On redécouvre une plume colorée et scandaleuse injustement tombée dans l'oubli. Publié en 1929, ce roman lève le voile sur un sujet encore terriblement tabou : l'alcoolisme chez la femme.
9,00 €
La Passe imaginaire
Gallimard
Fruit d'une correspondance entretenue de l'été 1980 à l'hiver 1991 avec Jean-Luc Hennig - journaliste et écrivain -, La Passe imaginaire dresse un autoportrait singulier de Grisélidis Réal, écrivaine et prostituée. À travers une écriture engagée et vivante, l'autrice raconte ses jours, ses nuits, ses clients, ses amants imaginaires, ses rêveries, ses coups de gueule, ses révoltes contre Dieu, ses verres de royal-kadir, ses usures. Alternant poésie, hyperréalisme documentaire et onirisme, ces lettres révèlent celle qui se nommait "la catin révolutionnaire", une grande amoureuse, une militante passionnée, épicurienne et libertaire. Loin du misérabilisme et du sentiment de honte, Grisélidis Réal donne ici à la prostitution une portée puissante : celle d'un combat à la fois individuel et collectif pour changer la société tout entière. Publiée pour la première fois en 1992, cette oeuvre maîtresse de l'autrice reste aujourd'hui cruciale dans le combat pour les droits des travailleuses du sexe et au sein de la littérature féministe.
12,50 €
Cléo de 5 à 7
Gallimard
CLÉO : J'en étais sûre. C'est grave, n'est-ce pas ? IRMA : Oui, c'est grave, mais il ne faut rien exagérer. Tirez encore une carte. Il faut réfléchir, il faut voir. Cléo tourne une carte. C'est le Squelette. Cléo, une chanteuse à qui l'on suspecte un cancer, appréhende les résultats de ses analyses médicales. Au cours d'une attente interminable, vécue minute après minute, l'héroïne déambule dans le Paris des années 60. De la rue de Rivoli au Dôme, de Vavin au parc Montsouris, Cléo considère le monde qui l'entoure d'un oeil nouveau. Tic, tac, une tension subtile et précise grandit peu à peu. On vit l'errance angoissée du personnage en temps faussement réel, de 5 à 7, jusqu'au verdict. Publié dans la collection "Blanche" en 1962, le scénario d'Agnès Varda va bien au-delà du document de travail. Poétique et fantasque, il interroge l'inexorabilité du temps qui passe. Illustré par des photogrammes restaurés d'un des films les plus célèbres de la Nouvelle Vague, le deuxième d'Agnès Varda, ce livre raconte l'histoire d'une époque libre et inquiète.
12,50 €
Les Impardonnables
Gallimard
Cristina Campo, qui a peu écrit, déclarait qu'elle aurait voulu écrire encore moins. Livre admirable et d'une rare incandescence, Les impardonnables réunit une part essentielle de son oeuvre. Qu'elle explore les contes de fées, les Mille et Une Nuits, le chant grégorien, l'art du tapis ou qu'elle consacre sa méditation à Chopin, Tchekhov, Proust ou Borges, c'est toujours la même saisissante luminosité qui émane de sa prose. Pour Cristina Campo, la splendeur du style n'était pas un luxe mais une nécessité. Cette "trappiste de la perfection" aspirait à une parole nourricière dont chaque mot aurait été soupesé avec délicatesse. Considérant que notre profondeur d'attention est à la fois "le noyau de toute poésie" et "le seul chemin vers l'inexprimable, la seule voie vers le mystère", elle a su porter son regard plus loin que les décrets du visible. Animé par une passion ardente et une sensibilité subtile, Les impardonnables fait partie des livres impérissables qui sont aussi des livres de vie.
13,00 €
Pétrole
Gallimard
L'histoire du tapuscrit de Pétrole suit celle de l'auteur : en novembre 1975, Pier Paolo Pasolini est battu à mort sur une plage d'Ostie. Affaire criminelle irrésolue. Le texte dactylographié auquel il travaillait depuis trois ans est alors retrouvé dans son bureau, inachevé. Pour sa rédaction, Pasolini avait enquêté longuement sur la mort mystérieuse de l'industriel Enrico Mattei. Publié dix-sept ans après la mort de l'auteur et réédité, en 2022, dans une version révisée dont les ajouts ont été intégrés à la présente traduction, Pétrole raconte le quotidien d'un homme vivant un dédoublement de personnalité. Carlo, catholique issu d'une famille de la haute bourgeoisie et cadre de l'industrie pétrolière, conclut un pacte avec le diable. On suit son ascension vers le pouvoir, et les liens qu'il crée avec une société corrompue... Son double, Carlo 2, explore quant à lui une sexualité empreinte de domination : métaphore des aliénations sociales et politiques. Exempt de toute forme d'autocensure, ce "romanlaboratoire" constitue tout un monde expérimental. Miroir de la personnalité exceptionnelle de son auteur, il entreprend une profonde réflexion sur la puissance de la forme romanesque et un dialogue avec l'histoire de la littérature et de l'anthropologie, dans une sorte de Divine Comédie moderne.
20,00 €
Trésors à prendre
Gallimard
"Je ne me lasse pas du même menu : tomates fraîches, charcuterie, vache qui rit, pêche, chocolat menier, citron pressé ou bien vin rouge selon ma tempérance ou mon intempérance. Mon dos à midi cherche un double dans un fossé, contre un poteau télégraphique, contre une meule, contre un cabanon. Il est sept heures du soir au mois de juillet dans les campagnes. Je m'arrête, je demande à ma mort qu'elle me prenne en été à la même heure, lorsque la lumière a mûri, lorsque dehors est une douce véranda. Que je meure lorsque l'aboiement du chien de l'infini baisse d'un ton, que je meure après le sursaut : le cliquetis au coeur des soucoupes du café où je vous ai attendue, Madame..." Sur les conseils de Simone de Beauvoir, Violette Leduc décide de parcourir la Provence en sac à dos. Trésors à prendre est le fruit de cette aventure : un authentique journal de voyage, qui décrit les endroits qu'elle traverse, ses rencontres fortuites, ses réflexions, ses flâneries et mésaventures qui lui permettent de se rapprocher d'elle-même. Ici Violette Leduc nous offre une écriture en mouvement, qui cherche son équilibre ; toujours à la conquête des mots. Écriture sensible et sensuelle qui éveille nos sens le long d'un chemin parcouru ensemble.
11,50 €
Le livre des rêves
Gallimard
Les rêves doivent être enregistrés comme ils viennent, spontanément. J'arrachais du lit ma carcasse lasse et à travers des paupières enflées par le sommeil, je gribouillais au crayon à toute vitesse, dans mon petit carnet à rêves jusqu'à la moindre bribe de souvenir.J. K. Vivre cette odyssée nocturne aux côtés de Jack Kerouac, c'est errer avec lui dans un monde baigné d'étrangeté et d'inconscient, et être emporté dans un voyage sans fin, en quête d'amour, d'aventure et peut-être d'une certaine paix. La forme libre de l'écriture ensommeillée, d'une immédiateté presque idéale, nous projette en plein dans la spontanéité et le rythme beat.Dans les années 70, Book of Dreams avait été publié dans une version amputée de moitié. Ce n'est qu'en 2001, aux États-Unis, que le texte complet a été redécouvert. "L'Imaginaire" propose aujourd'hui cette édition intégrale, comprenant plus de deux cents rêves inédits en français.
14,50 €
Le voyage sans fin
Gallimard
"QUICHOTTE : Considère bien, Panza, que ce qu'ils appellent folie, moi je l'appelle réalité." Détournement fantasque, féministe et poétique de Don Quichotte, Le voyage sans fin offre une nouvelle lecture du roman de Cervantès. Ici, Quichotte est une femme chevalier errant, passionnée de livres et d'écriture, en quête de justice et de liberté. Accompagnée de son écuyère, Panza, elle traverse nombre de péripéties et imagine un nouveau monde. Flanquée de ces deux " guerrillères ", Wittig trouve une nouvelle occasion de déjouer les marques du genre et d'éclater les conventions. Elle nous offre dans cette courte pièce une expérience hybride, entre théâtre, cinéma et geste d'écriture : une profonde aventure politique. Représenté pour la première fois en 1985 au Théâtre du Rond-Point, coréalisé avec Sande Zeig, Le voyage sans fin avait alors été publié dans le supplément de la revue féministe Vlasta. "L'Imaginaire" souhaite aujourd'hui donner l'occasion aux lecteurs de redécouvrir ce texte d'avant-garde hors du commun.
10,00 €
" 53 jours "
Gallimard
Ce n'est pas un livre, ce sont des histoires qui se regardent. C'est un peu comme si on mettait un livre dans un miroir et puis, ce que l'on voit de l'autre côté du miroir, c'est le contraire. C'est l'image inverse. G. P. Publié à titre posthume en 1989, "53 jours" est le roman sur lequel Georges Perec travaillait au moment de sa mort, le 3 mars 1982. Le livre comprend, d'une part, ce que l'auteur avait déjà rédigé, soit onze des vingt-huit chapitres prévus ; d'autre part, un abondant dossier de notes préparatoires et de brouillons, permettant un déchiffrement et une reconstitution de l'ensemble de l'histoire. Une fois de plus, Perec ne se limite pas au romanesque. Le livre dépasse le simple récit policier : des intrigues parallèles, emboîtées, souvent non résolues, se greffent à la trame principale. Autant de faux-semblants, de fausses pistes qui viennent questionner la fiction et le rôle du lecteur. C'est bien l'oeuvre la plus énigmatique de l'auteur, et l'une des plus singulières. Une belle occasion d'assister à un mouvement arrêté dans son cours, un travail laissé sur la table, comme un aperçu du cerveau d'un des grands noms de l'Oulipo.
11,50 €
Le quatrième siècle
Gallimard
Voilà quatre siècles que nos ancêtres esclaves ont été déportés d'Afrique aux Antilles. Le quatrième siècle est, pour moi, le siècle de la prise de conscience.E. G.C'est dans les années 40 que le vieux papa Longoué, de la quatrième génération, et le jeune Mathieu Béluse, de la sixième génération, engagent une reconquête du temps. Leurs séances d'histoire retracent l'arrivée à Fort-de-France du navire négrier transportant les deux familles, qu'une grande rivalité oppose. Les héros du roman représentent les deux faces du monde noir des Antilles : l'esclave des plantations et le révolté qui "marronne", personnages dont les mémoires se croisent jusqu'au XXᵉ siècle.Le quatrième siècle (1964), conte d'une grande force poétique, met au jour la nécessité de dévoiler les origines, de remonter les traces opaques du passé, en brisant les apparences de l'histoire coloniale. L'occasion pour Glissant d'insister sur la dimension complexe de l'enracinement, fruit d'ancrages solides et multiples dans le pays.
12,00 €
L'incognito
Gallimard
"Il n'est écrit nulle part que L'Incognito s'appelle L'Incognito. Une plaque sur la porte indique qu'il s'agit d'un foyer du parti radical-démocrate. L'Incognito est une cave située au 34 bis, via Venezia, juste en dessous de l'hôtel Anchorage si cela te tente, un jour, d'y faire un tour. Dès que j'y suis entré, j'ai su que c'était mon endroit, que ce serait mon endroit, ces deux prochaines années à Rome, que j'y passerais toutes mes soirées. " Dans L'Incognito, le narrateur, Hector Lenoir, raconte son séjour dans une Académie espagnole ressemblant fort à la Villa Médicis. Ici, Hervé Guibert brosse un vaste portrait satirique des directeurs, des pensionnaires délurés et de leurs relations entortillées, les vivants et les morts semblant se côtoyer dans un monde de fous. La nuit, on se promène de club en club, de boîtes de nuit en jardins hantés. L'un des bars planqués s'appelle L'Incognito. Là-bas tout peut arriver, même le meurtre sordide d'un fonctionnaire homosexuel amateur de prostitués. S'ouvre alors une enquête. Alter ego de l'auteur, Hector digresse sur la littérature, sur le conflit éternel entre réalité et fiction, et par là constate que le mensonge et les masques semblent souvent plus réels que la vérité nue. Le style de Guibert séduit plus qu'il ne dérange. Mots crus, repartie saillante, désinvolture et cynisme se mêlent ici pour une leçon ou une contre-leçon d'écriture.
9,50 €
Ma mère rit
Gallimard
"L'enfant était né vieil enfant et du coup, l'enfant n'était jamais devenu adulte. Il évoluait dans le monde des adultes comme un vieil enfant, et y arrivait mal. Le vieil enfant se disait que si sa mère disparaissait, il n'aurait plus nulle part où revenir. L'enfant à l'adolescence avait fait les quatre cents coups, puis à l'âge adulte n'importe quoi mais savait qu'il pouvait toujours revenir. L'enfant, c'est elle, c'est moi. Et maintenant je suis vieille, je vais avoir soixante ans. Et même plus. Et j'en suis toujours là. Je n'ai pas d'enfant. Un vieil enfant ne fait pas d'enfant. Qu'est-ce qui va me retenir à la vie après." Dans cet autoportrait écrit à vif, dans la brûlure, l'intensité et l'âpreté du quotidien, Chantal Akerman nous confie la matière même de toute son oeuvre. Les mots sont autant d'images accolées entre elles, scotchées, coupées ; c'est l'écriture comme un montage en cours, le cinéma n'est jamais loin. C'est le même langage que la vie. L'autrice dévoile avec pudeur et douleur la relation avec sa mère, avec sa compagne, avec sa propre folie, qui la guette. Ma mère rit est une magnifique plongée dans les joies, les blessures ; dans le coeur de la réalisatrice.
10,50 €
La Proie des flammes
Gallimard
"L'individu moyen, oh lui,il avait le ventre bien rempli mais qu'était-il ? Il n'était plus la plus noble créature du bon Dieu, il était tout simplement "moyen". Il n'avait grandi ni en dignité ni en sagesse. Il n'avait grossi qu'en boyaux et en porte-monnaie. Il a renié son Créateur, offrant du bout des lèvres, chaque dimanche, cette sorte de flagornerie répugnante au vrai Dieu, tout en adorant avec tout son coeur le dollar tout-puissant et rien d'autre. Il a pillé un continent entier, lui enlevant toutes ses ressources, sa flore et sa faune sauvage, sa beauté. La sagesse de tous les âges, tous les précieux enseignements de ses ancêtres, tout cela n'a plus compté pour rien. Il a craché sur son frère noir, et s'est abîmé les yeux à regarder la télévision, et dans le club chic dont il faisait partie, il a forniqué avec la femme de son meilleur ami."
12,50 €
Nouvelles pensées de l'Amazone
Gallimard
"Attendre, attendre en vain ton élan que déçoitUne rivale absurde, et jalouse, me taire ...Avoir besoin d'un être, espèce d'adultèreContre la majesté qui règne obscure en soi.Je ne danserai plus cette amoureuse danseDu couple, menacé par le plus vivant deuilMettre sa volupté par-delà son orgueil,Richesse ou pauvreté, l'humaine dépendance ?La vie des amoureuses se passe moins au lit qu'à la fenêtre."Publiées en 1939 au Mercure de France, les Nouvelles pensées de l'Amazone révèlent tout l'esprit de Natalie Barney, poétique et incisif. Ce bréviaire où poussent des fleurs viriles reflète l'expérience hors du commun d'une femme qui cultiva mieux que personne l'art d'aimer, de vivre, et qui continue d'étonner par sa vision originale du monde.Reine des amazones, célèbre par son salon littéraire de la rue Jacob, Barney permet une plus grande visibilité aux amours lesbiennes dans le Paris de la Belle Époque et de l'entre-deux-guerres. Il serait erroné de ne conserver que l'image de la séductrice quand la lecture de ses écrits suffit à montrer l'acuité de sa pensée.
9,90 €
Jusqu'à la mort
Gallimard
Fort d'une foi triomphante, un seigneur français entreprend, à la tête d'une troupe de croisés, la fantastique chevauchée qui doit le conduire à la Ville Sainte. Le massacre des Juifs accompagne sa progression, mais bientôt, au sein de paysages désolés, la marche se fait plus lourde et l'esprit plus inquiet. Les malédictions, la mort frappent. Les survivants perdront tout, jusqu'à la pesanteur du corps, pour devenir l'expression d'un pur désir en marche vers une Jérusalem céleste, non plus ville, mais amour absolu.

Neuf siècles plus tard, à Tel-Aviv, un vieux conférencier itinérant effectue un autre voyage, au bout de la solitude, de la paranoïa et de l'impuissance. Avec des mots qui lui échappent, traversé d'élans d'amour désespéré et de fulgurantes visions de mort, il prophétise l'anéantissement du peuple juif par « la Russie soviétique ».

C'est sous le double signe de la mort et de la haine que cheminent ces voyageurs avec lesquels le jeune romancier israélien Amos Oz nous ouvre le cercle vicieux du discours raciste. La haine, chez les chrétiens, engendre l'inquiétude ; ils chassent le Juif autour d'eux, parmi eux, peut-être même en eux. Chez le conférencier, elle est l'émanation de l'inquiétude d'un monde où la conscience débouche sur l'absence. Mourir pour Jérusalem. Etre un mort-vivant à Tel-Aviv. Deux faces d'une même obsession tragique.
9,00 €
La colline du mauvais-conseil
Gallimard
1947. La Palestine est encore sous mandat britannique. Sur la colline du Mauvais-Conseil, à Jérusalem, se dresse comme une menace le palais du haut-commissaire anglais. Et sur cette terre enfin atteinte, les Juifs du Retour attendent toujours, dans la révolte ou l'espérance, que viennent la joie, la lumière et la liberté. Trois récits intimement liés expriment, à travers les expériences de plusieurs personnages qui sont autant de facettes d'un même destin, la difficulté d'être permanente d'un peuple. Il y a le candide vétérinaire Kipnis, dont la femme choisit de fuir vers une existence facile avec un lord ; le tout jeune Uri, qui ne rêve que de bouter l'Anglais hors d'Israël, mais verra – sans doute – son désir concrétisé par un mystérieux visiteur aperçu chez ses parents ; il y a enfin le docteur Nissembaum qu'un mal incurable ronge et qui revoit avec nostalgie sa vie et ses amours tandis qu'il est le témoin des luttes de son quartier contre «l'occupant». Spectateurs ou acteurs de ces événements, ce sont des enfants – dont l'avenir se joue alors – qui donnent à ces trois textes leur unité et leur sens profond. Dans une magnifique langue poétique et musicale, Amos Oz se fait, une fois encore, le porte-parole de la contestation et de l'espoir en Israël.
10,50 €
Pour saluer Melville
Gallimard
"Il me suffisait de m'asseoir, le dos contre le tronc d'un pin, de sortir de ma poche ce livre qui déjà clapotait pour sentir se gonfler sous moi et autour la vie multiple des mers. Combien de fois au-dessus de ma tête n'ai-je pas entendu siffler les cordages, la terre s'émouvoir sous mes pieds comme la planche d'une baleinière ; le tronc du pin gémir et se balancer contre mon dos comme un mât.prg>Mais... quand le soir me laissait seul je comprenais mieux l'âme de ce héros pourpre qui commande tout le livre" Moby Dick a été, "pendant cinq ou six ans au moins", le compagnon de Giono. De cette communion avec un livre et son auteur est né cet essai, où la biographie a l'allégresse et la spontanéité de la vie : un homme s'anime soudain sous nos yeux, tel un héros de roman, plus vrai que nature.
7,90 €
La douleur du chardonneret
Gallimard
Sur la fin du siècle des Lumières, un prince, un sculpteur, un riche négociant, jeunes tous trois, quittent Liège pour le royaume ensoleillé de Naples. Ils vont à Naples voir certain fameux gantier, dont les trois filles... et nous voilà partis dans un labyrinthe où la fiction est si insolemment fictive qu'elle transforme le lecteur lui-même en trompe-l'œil. Dans ce jeu de miroirs, force nous est de suivre, en guise de fil d'Ariane, le chant à la fois douloureux, moqueur, vengeur et dérisoire d'un chardonneret apparemment victime de fillettes cruelles ou reflet de notre conscience malheureuse.On retrouve ici les thèmes chers à l'auteur de L'iguane : la pitié pour les êtres dépourvus de parole ; la présence permanente du mystère, du temps, de l'enfance oubliée. Un roman insolite, grave sous une apparence de sourire.
13,00 €
Le lance-pierres
Gallimard
Ernst Jünger nous livre ici une nouvelle facette de son immense talent : le symbolisme de Sur les falaises de marbre, d’Héliopolis et des Abeilles de verre a cédé la place à un récit empreint d’une prenante nostalgie. Dans Le lance-pierres, l’auteur a recréé l’Allemagne d’avant la guerre de 1914 dans une petite ville de garnison où le XIXᵉ siècle n’en finit plus de mourir. Dans ce monde à la veille de s’écrouler, un enfant cherche le visage de celui qu’il sera demain. Dès les premières pages, le lecteur se sent transporté dans le monde de l’enfance, d’une enfance mélancolique et inquiète. Pour le jeune Clamor Ebling, l’école, la pension, la ville elle-même, avec ses venelles et les secrets de ses jardins, deviendront les lieux de perpétuels combats contre la brutalité et l’absurdité d’un univers dont les clés lui échappent encore.
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My Missing Piece - tome 1
Hachette Lab
Edition poche avec un chapitre bonus inédit !

Luna et Liam se sont rencontrés à Carolina Beach. Les deux enfants sont très vite devenus inséparables ! Au fil des ans, ils partagent leurs joies, leurs peines et rien ne semble pouvoir abîmer cette merveilleuse amitié...

Jusqu'au jour des 16 ans de Luna où tout bascule... Ce soir-là, Luna ne peut honorer la promesse faite à Liam qui se sent trahi et abandonné. Liam ne peut admettre que Luna n'ait pas été à ses côtés au moment le plus difficile de sa vie. Leur amitié se brise et ils prennent des chemins différents.

Sept ans plus tard, ils se retrouvent à New York, mais Liam n'est plus du tout le garçon que Luna a connu. Distant, sombre, le jeune homme semble bien décidé à lui faire payer à sa trahison qui l'a tant fait souffrir et a détruit sa famille.
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