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Résultats de recherche pour 'Les enfants de la Résistance' (16620)

La Pie voleuse
Gallimard
Dans un village méditerranéen (apparemment catalan), une femme recueille une pie blessée et s'amuse d'abord de ses innocents méfaits : c'est le bonheur et c'est l'été. Mais les caprices de l'oiseau ont bientôt des conséquences dramatiques, et la jeune femme, chez qui la pie ramène régulièrement son butin, devient le centre d'une vaste intrigue à laquelle participent presque tous les habitants du village. Au moment où la situation devient dangereuse, la jeune femme imagine, pour restituer sans se compromettre les objets volés, un habile stratagème. Profitant une nuit de l'absence du boulanger parti à la poursuite d'une jeune fille, elle s'introduit dans la boulangerie et cache les objets dans la pâte : elle compte sur la fête du lendemain. Ce jour-là, en effet, le village entier se rend dans la montagne où s'ouvre une sorte de kermesse. Entre les danses, on retrouve, en mordant dans le pain, les objets perdus...
7,80 €
Le Parjure
Gallimard
"Il s'agit d'un fragment de la vie d'un homme [...] qui n'est pas sans ressembler à l'Ulrich de Musil, d'abord parce qu'il a, comme celui-ci, un père chargé d'années, d'honneurs, de sciences, un professeur qui a réussi sa carrière et qui reproche, au contraire, à son fils, de n'être qu'un "petit romantique" et de "n'avoir pas trouvé sa voie" : encore l'"homme sans qualités" opposé à l'"homme à qualités", c'est-à-dire à ce malheureux héros moderne qui ne peut suivre la voie tracée par son père parce que celle-ci est devenue purement formelle, vide, et qu'aucune autre voie ne semble se présenter à lui. Ulrich, ici, s'appelle Stéphane Chalier ; il est professeur de littérature ; il a décidé, un beau jour, d'aller en Amérique écrire une thèse sur Hölderlin. [...] S'agit-il donc d'une variation sur le thème de Robinson, ou de la révolte contre la Société organisée, ou sur la déchéance de l'individu à la Beckett ? Il y a bien quelque chose de tout cela, mais l'essentiel est ailleurs, et se dérobe. Comment le faire sentir ? L'essentiel est peut-être une lumière à la fois mystérieuse et certaine projetée sur les choses les plus réelles et les plus quotidiennes (villages, feux de bois, montagnes, animaux, corps et pensées), sur la détresse, sur l'égarement, sur l'angoisse, sur l'horreur même ; une lumière qui les transfigure sans les arracher au monde, qui les rend inoubliables." Philippe Jaccottet.
8,00 €
L'invitation chez les Stirl
Gallimard
"La maison était vieille, peu entretenue, avec des complications imprévues, des additions, des pièces vouées à l'oubli. Çà et là des petits escaliers désaffectés montaient vers des destinations inconnues." Invité chez les Stirl, Olivier Lérins débarque un beau matin à Barcos-les-Bains, station thermale du pays Basque. Mme Stirl est une femme trépidante mais inquiète, M. Stirl est architecte et malade chronique. Dès le début de son séjour, Olivier est déçu. Enfermés dans une grande villa mystérieuse au nombre de pièces infini, ces trois êtres se cherchent, s'évitent, rusent les uns avec les autres, dessinant dans les couloirs et escaliers un ballet fantasque d'"amitié". Quel sort les attend ?
10,00 €
Voyages de l'autre côté
Gallimard
Watasenia qui forme l'ouverture de ce roman-voyage est une exploration géologique et moléculaire de l'Eau où mers et pluies, chutes et fleuves, torrents et rivières se font et se défont dans un cycle d'éternel retour. Une fois traversée, l'Eau nous fait découvrir alors une des plus singulières figures de femme jamais conçue par un écrivain : Naja Naja, rassemblant sur elle les tissus intemporels du Mythe, est une éblouissante Lilith moderne capable d'atteindre l'autre côté de toutes les parois, concrètes ou non. On la suit, cette fille qui est tour à tour flamme, flèche, fumée, vent. Elle est dure et douce à ceux qui, l'ayant entrevue une seule fois, ne peuvent que se soumettre à son itinéraire fou «à travers les pays où l'on ne parle pas».Alligator Barks, Louise, Sursum Corda, Gin-Fizz, Yamaha, Léon, ses compagnons, sont ancrés dans le monde occidental d'aujourd'hui avec ses réseaux routiers, ses villes, ses paysages : ils pressentent que Naja Naja, comme le fruit d'un rêve vécu, les mène en silence et minutieusement vers la liberté.
11,00 €
Lourdes, lentes...
Gallimard
«Lourdes, et lentes. Prenant bien leur temps pour reluire et faire reluire. Nourrices, mères, sœurs. Pleines de lait, de sécrétions, d'organes mous. Les autres, les maigres, les rapides, retournez à vos enfers étroits.Germaine était lourde, lente.Je vais employer des mots sales. Il le faut. Il faut que je vous tire de votre sommeil et de votre hypocrisie, que je vous explique comment ça se passe.Gueulez au charron, ameutez les pouvoirs publics tant que vous voudrez, mais accordez-moi ceci ; je reste encore bien en deçà de vos divertissements cachés, de vos ballets oniriques.»André Hardellet.
8,50 €
Les Écarts amoureux
Gallimard
"Seule la torture morale convient aux délicats... Il faut faire saigner, mais sans effusion de sang", déclarait Néron, qui s'y connaissait. Paul Morand l'a d'ailleurs choisi pour héros de la première de ces trois nouvelles, placées sous le signe du bizarre, quand ce n'est pas de la monstruosité. C'est le duel subtil entre l'empereur histrion et son vieux maître fatigué, Sénèque, stoïcien pas très stoïque, qui a fasciné Paul Morand. Un mot, une intonation, un silence, et Sénèque sait que c'en est fait de sa vie. Mais si sa jeune épouse Paulina veut l'accompagner dans la mort, Néron le prend pour une nouvelle offense, et fait refermer les veines de la femme trop fidèle. "Je la condamne à vivre !" s'écrie-t-il. Les Compagnons de la Femme, tel fut le nom que prirent les saint-simoniens qui partirent, à la suite du Père Enfantin, à la découverte de l'Orient, symbole de la Mère. Ayant tout quitté, y compris leurs épouses, au nom de l'amour, ils ont voulu percer le canal de Suez trente ans avant de Lesseps. Dans leur folie généreuse, ils croyaient régénérer l'humanité.... Le château aventureux est l'histoire d'une malédiction qui se répète dans une famille italienne à travers les siècles. Deux fois, il naît une naine. Et l'on fait tout pour la préserver du contact des gens de taille normale. Mais les deux fois, l'amour vient brouiller les plans les mieux faits, et apporter une tragédie, qui, pour être naine, n'en est pas moins une tragédie.
8,50 €
L'eau vive. L'eau vive, I : Rondeur des jours
Gallimard
"La civilisation a voulu nous persuader que nous allons vers quelque chose, un but lointain. Nous avons oublié que notre seul but, c'est vivre et que vivre nous le faisons chaque jour et tous les jours et qu'à toutes les heures de la journée nous atteignons notre but véritable si nous vivons. Tous les gens civilisés se représentent le jour comme commençant à l'aube ou un peu après, ou longtemps après, enfin à une heure fixée par le début de leur travail ; qu'il s'allonge à travers leur travail, pendant ce qu'ils appellent "toute la journée" ; puis qu'il finit quand ils ferment les paupières. Ce sont ceux-là qui disent : les jours sont longs. Non, les jours sont ronds." Pour beaucoup, le jour trace une ligne droite, pareil à un trajet à parcourir. Jean Giono, lui, nous invite à y trouver de doux et éternels ronds, miroirs de l'infini. Ainsi, et avec lui, nous goûtons chaque instant : les lueurs d'une aube provençale, le lent ballet des moutons menés par un berger, l'émotion du fruit cueilli. Grands textes de l'attachement viscéral d'un homme à sa terre, ces Jours sont faits de tendresse et de révolte, de poésie et de drôlerie.
10,50 €
Un si funeste désir
Gallimard
Ce recueil comprend des digressions sur des esprits aussi divers et apparemment opposés que le sont Barbey d'Aurevilly, Gide, Georges Bataille, Brice Parain et Maurice Blanchot : c'est à dessein que ce recueil d'essais débute par un commentaire sur Le Gai Savoir et se termine par une étude sur la «parodie» chez Nietzsche. Un thème fondamental parcourt ces digressions : l'aller et venir, les hauts et les bas de l'existence à travers le langage.«Se peut-il qu'il y ait chez ces malheureuses un si funeste désir de lumière ?» s'écrie Énée aux Enfers à la vue des âmes purifiées qui se pressent au bord du Léthé, pour y boire l'oubli de leur purification afin de remonter à la lumière terrestre dans un nouveau corps corruptible, vers de nouvelles souillures. On aperçoit combien ce mot de Virgile s'applique à ces esprits qui n'ont de cesse de se corrompre par de nouvelles œuvres, poursuivant une nouvelle signification, fût-ce celle du non-sens même.
9,50 €
L'Homme couvert de femmes
Gallimard
Un jeune homme, Gille, est invité à la campagne par une veuve assez libre, Finette. Il veut se lier avec elle, mais d'abord il joue avec ses amies ; ensuite il sent de la répugnance pour son entourage et les maximes qu'elle affecte. Il s'éloigne, mais il revient bientôt, après une débauche à Paris. Alors, comme elle lui fait des avances et qu'il songe à y répondre, il se montre médiocre et galant.Cette déconvenue l'engage dans des confidences égarées. Mais rien ne décourage Finette qui devient amoureuse. L'arrivée de Jacqueline, qu'il a aimée autrefois, apporte à Gille de nouvelles raisons de se détourner de son hôtesse. Pourtant il devient son amant et le prestige d'un amour ancien est bientôt détruit.Mais Finette ne parvient pas à prendre place dans le cœur de Gille. Rebelle dès le début à tout ce qui lui paraît stérile au fond d'une telle liaison, ce débauché s'enfonce dans une méditation sur l'amour où se joignent la raison et la mystique, qui à la fin l'entraînent, vers le mariage peut-être, loin de cette maison où l'opprimait un des trop nombreux exemples de la misère sexuelle de ce temps.
9,50 €
Journal d'un génie
Gallimard
Ce livre nous dévoile un Dali quotidien. Pour Dali, son propre génie ne fait pas de doute. Il ne le répète pas pour s'en convaincre, mais pour convaincre ses contemporains. Dans le Journal d'un génie Dali se contemple, mais va en même temps plus loin et, au-delà de son image, retrouve les ambitions métaphysiques de la peinture. Au-delà de cette publicité dont il s'inonde, Dali nous révèle aussi son caractère : celui d'un peintre qui pousse la conscience de son art jusqu'à la minutie exaspérante qui le conduit au bord de la folie.
11,00 €
Le déluge
Gallimard
Le 25 janvier à 15 h 30, François Besson, le narrateur, est frappé par une vision qui prend valeur de symbole : au moment où s'élance vers le ciel le hurlement de la sirène, une jeune fille apparaît sur un vélomoteur. Elle disparaît entre les maisons en même temps que cesse le bruit. Cet instant provoque chez le narrateur un basculement intérieur. «Depuis ce jour, tout a pourri. Je, François Besson, vois la mort partout.»Depuis ce jour François Besson vit les treize journées essentielles de sa vie.Le premier jour il écoute la confidence d'une amie, Anna, enregistrée sur bande magnétique. Il écoute ce qu'elle espérait, ce qui la passionnait, sa lassitude et ses raisons d'en finir.Le treizième jour, après avoir renoncé à l'argent, à l'amour, au travail et au bonheur, après avoir offert, en guise de sacrifice expiatoire, ses deux yeux à la brûlure du soleil, Besson fait passer l'envers de la bande. Anna raconte qu'elle a menti, que ses raisons de se suicider sont difficiles à dire mais qu'elle va mourir ; elle a absorbé le gardénal et il entendra ses dernières paroles. On assiste à la mort d'Anna. Elle dit : «C'est comme s'il y avait le déluge.»Le livre se termine sur l'abandon de François Besson. Le 22 mars 1963, il cède : la barrière de sa volonté n'est plus. Il a voulu le déchaînement, et ce déchaînement s'accomplit.
11,00 €
Le Flâneur des deux rives / Contemporains pittoresques
Gallimard
«Les hommes ne se séparent de rien sans regret, et même les lieux, les choses et les gens qui les rendirent les plus malheureux, ils ne les abandonnent point sans douleur.C'est ainsi qu'en 1912, je ne vous quittai pas sans amertume, lointain Auteuil, quartier charmant de mes grandes tristesses. Je n'y devais revenir qu'en l'an 1916 pour être trépané à la Villa Molière.»Le flâneur des deux rives a paru en 1918, l'année de la mort de Guillaume Apollinaire. Le texte qui annonce le surréalisme a exercé une influence profonde.Contemporains pittoresques, recueil d'articles dispersés et introuvables, est un ouvrage posthume.
9,00 €
Olga ma vache - Les Campements - Confessions d'un fumeur de tabac français
Gallimard
Roland Dubillard, de son inimitable démarche d'humoriste lugubre, de funambule métaphysique, explore, dans ce livre, le domaine de la nouvelle.Olga ma vache est l'histoire de la violente passion qu'un ruminant inspire à son propriétaire. Cet étrange amour plonge cet homme dans les situations les plus invraisemblables qui sont vécues avec une intensité et une fantaisie désespérées.Un long monologue poétique, Les Campements, célèbre l'instable, les harmonies passagères, la destruction permanente, l'absurde.Enfin Confessions d'un fumeur de tabac français, journal de la dérision d'une désintoxication ratée, sert de prétexte à parler avec légèreté de l'écriture, de l'amour qui se consume, de l'inconsistance de la vie qui passe.Dans ces nouvelles, comme dans son œuvre théâtrale, on entend la voix de Dubillard, une voix comique, au sens le plus fort.
9,00 €
Feux
Gallimard
Feux est une suite de nouvelles, de proses lyriques, presque de poèmes, inspirés par une certaine notion de l'amour. Alternant avec des notes sur la passion amoureuse, on y trouve les histoires de Phèdre, d'Achille, de Patrocle, d'Antigone, de Léna, de Marie-Madeleine, de Phédon, de Clytemnestre, de Sappho.«Dans Feux, où je croyais ne faire que glorifier un amour très concret, ou peut-être exorciser celui-ci, écrit l'auteur, l'idôlatrie de l'être aimé s'associe très visiblement à des passions plus abstraites, mais non moins intenses, qui prévalent parfois sur l'obsession sentimentale et charnelle : dans Antigone ou Le choix, le choix d'Antigone est la justice ; dans Phédon ou Le vertige, le vertige est celui de la connaissance ; dans Marie-Madeleine ou Le salut, le salut est Dieu. Il n'y a pas là sublimation, comme le veut une formule décidément malheureuse et insultante pour la chair elle-même, mais perception obscure que l'amour pour une personne donnée, si poignant, n'est souvent qu'un bel accident passager, moins réel en un sens que des prédispositions et les choix qui l'antidatent et qui lui survivront.»
10,00 €
Le précepteur
Gallimard
"J'ai beaucoup de mal à me revoir dans cet emploi de précepteur, fort précaire, au foyer d'un marchand de voitures, boulevard Jourdan, vers 1938. Peu d'argent, peu d'amis dans Paris, et l'instabilité générale (qui n'épargnait pas le marché automobile), la glissade vers la guerre. Cela encore - l'inquiétude, un certain comique des mauvaises surprises - je parviens à le ressaisir. Ce que je retrouve très difficilement, par contre, c'est l'essentiel du Précepteur : la joie qui m'a permis d'écrire ce livre, l'élan qui me faisait alors traverser les difficultés comme des cerceaux de papier. Un clown ? Quelqu'un d'assez risible par moments, un étourdi, un rêveur éveillé, horriblement craintif et avide à la fois. Il est naturel que l'un des trois récits dont se compose le livre ait trait aux années de collège. Le précepteur des enfants Chavanet est resté, par bien des traits, l'adolescent exalté qu'il était dans mon premier livre (Le seau à charbon). Les notes éparses sur lesquelles s'achève Le précepteur sont les témoins d'une joie, d'une légèreté, par moments intenable : il fallait l'user, la malmener, la perdre, arriver enfin au désert." Henri Thomas.
7,50 €
Le Seuil du jardin
Gallimard
"Il travaillait alors à une toile intitulée Le seuil du jardin. Son sujet lui avait été fourni par un rêve dont l'insistance à se reproduire lui semblait un avertissement. D'une nuit à l'autre, le décor variait légèrement, mais la même impression de joie incommunicable s'en dégageait. Masson approchait d'un jardin à l'abandon, désert, touché par la lumière d'été. Sa porte vermoulue était ouverte, mais il n'éprouvait pas l'envie d'y pénétrer ; il lui suffisait de savoir que ce jardin existait." Masson, peintre hanté par un bonheur enfoui, rencontre Swaine, porteur d'un secret extraordinaire : il aurait trouvé un moyen de revivre les moments heureux du passé. L'écriture poétique et envoûtante d'Hardellet nous transporte dans un univers onirique où les frontières entre réalité et imaginaire s'estompent. Dans les méandres de la mémoire et du rêve, le livre interroge la nature du bonheur et des paradis perdus.
12,00 €
Le Château de Cène / Le Château de Hors /L' Outrage aux mots /La Pornographie
Gallimard
«Être inacceptable... Il ne s'agissait pas de faire scandale ni violence, mais de céder à l'emportement d'une révolte qui, en soulevant l'imagination, combattait la censure intérieure et la réserve timide. L'écriture fut en touts cas un moment de jubilation et de liberté intenses, car être inacceptable conduit simplement à ne pas accepter les oppressions de l'ordre moral et de sa propre soumission. Ce livre, poursuivi pour outrage aux mœurs, est-il devenu inoffensif ? Ou bien la censure s'est-elle faite plus subtile en privant de sens - donc de plaisir - aussi bien les excès imaginaires que les valeurs raisonnables ?»Bernard Noël.
9,70 €
Milady / Monsieur Zéro
Gallimard
Deux destins brisés, deux mondes qui s'entrechoquent. Dans ces deux nouvelles poignantes, Paul Morand explore les ravages de passions tristes. À Saumur, un commandant à la retraite trouve en sa jument Milady l'ultime accomplissement de sa vie. À New York, un banquier flamboyant, Silas Cursitor, voit son empire s'écrouler. Ces deux hommes, figures de la finitude humaine, sont les témoins d'une époque en mutation. L'un semble nostalgique d'un monde disparu, l'autre est emporté par une frénésie moderne, tous deux immensément perdus.
10,00 €
Pastiches et mélanges
Gallimard
«Il n'y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. Tout ce qui, semblait-il, les remplissait pour les autres, et que nous écartions comme un obstacle vulgaire à un plaisir divin : le jeu pour lequel un ami venait nous chercher au passage le plus intéressant, l'abeille ou le rayon de soleil gênants qui nous forçaient à lever les yeux de la page ou à changer de place, les provisions de goûter qu'on nous avait fait emporter et que nous laissions à côté de nous sur le banc, sans y toucher, tandis que, au-dessus de notre tête, le soleil diminuait de force dans le ciel bleu, le dîner pour lequel il avait fallu rentrer et pendant lequel nous ne pensions qu'à monter finir, tout de suite après, le chapitre interrompu, tout cela, dont la lecture aurait dû nous empêcher de percevoir autre chose que l'importunité, elle en gravait au contraire en nous un souvenir tellement doux (tellement plus précieux à notre jugement actuel que ce que nous lisions alors avec amour) que, s'il nous arrive encore aujourd'hui de feuilleter ces livres d'autrefois, ce n'est plus que comme les seuls calendriers que nous ayons gardés des jours enfuis, et avec l'espoir de voir reflétés sur leurs pages les demeures et les étangs qui n'existent plus.»
11,00 €
Babet de Picardie
Gallimard
«Le cou rompu et les épaules endolories par le havresac de toile bise, nous cheminions sans dire un mot. Le soleil dardait ses rayons sur un paysage de blé, coupé par la route poussiéreuse que nous suivions et qui descendait du coteau de Vimy-en-Gohelle où nous avions fait étape dans la grange du curé. Nous étions trois soldats du régiment de Picardie en route pour rejoindre le détachement de M. Charpignon, notre lieutenant, qui nous attendait dans le village d'Allaine près de Péronne, avec cinquante recrues qu'il devait conduire à M. de la Rochetullon qui commandait alors le 2ᵉ bataillon de notre régiment».

Nouvelle édition
9,00 €
Le Savon
Gallimard
Un savon glisse entre les doigts, mousse, jubile, écume, s'efface - et Francis Ponge en fait un poème. Dans ce texte insolite et brillant, l'auteur s'empare d'un objet banal pour mener une expérience littéraire déroutante : dire la chose, la cerner, la raconter jusqu'à sa disparition complète. Le savon n'est ni un poème au sens classique, ni un essai, ni tout à fait un récit. C'est une exploration ludique du langage lui-même, de sa capacité à caresser les contours du réel, à échouer magnifiquement à le saisir, puis à recommencer. À travers jeux de mots, détours rhétoriques, glissements de sens, Ponge transforme l'objet le plus humble en matière à penser.
10,00 €
La règle du jeu. La règle du jeu, IV : Frêle bruit
Gallimard
Avec Frêle bruit, Michel Leiris clôt La Règle du jeu. Dans ce dernier tome, construit presque musicalement, se mêlent à des souvenirs proches ou lointains et à des idées soit anciennes, soit venues chemin faisant, des tentatives plus ou moins expresses d'arriver à des moments de transparence. Aspiration au merveilleux, volonté d'engagement social, désir d'universalisme, telles sont les couleurs qui semblent dominer dans le jeu de l'écrivain.
12,50 €
Le Vin est tiré...
Gallimard
«Le présent livre essaie, sans que l'auteur croie y être clairement parvenu, de prouver que la question sociale est responsable de la diffusion chaque jour plus grande des drogues, que les intoxiqués méritent d'être rendus à la vie réelle, que les lois de répression actuelles sont absurdes, injustes, néfastes et qu'il importe, avec la collaboration du corps médical, de réformer un code barbare. [...] Dans vingt ans la drogue se sera répandue dans tous les milieux, peut-être même dans les campagnes, et il sera trop tard pour remporter la victoire sur elle.» Robert Desnos.
11,00 €
Thomas l'obscur
Gallimard
«Thomas demeura à lire dans sa chambre. Il était assis sur une chaise de velours, les mains jointes au-dessus de son front, les pouces appuyés contre la racine des cheveux, si absorbé qu'il ne faisait pas un mouvement lorsqu'on ouvrait la porte. Ceux qui entraient se penchaient sur son épaule et lisaient ces phrases : "Il descendit sur la plage : il voulait marcher. L'engourdissement gagnait après les parties superficielles les régions profondes du cœur. Encore quelques heures et il savait qu'il s'en irait doucement à un état incompréhensible sans jamais connaître le secret de sa métamorphose. Encore quelques instants et il éprouverait cette paix que donne la vie en se retirant, cette tranquillité de l'abandon au crime et à la mort. Il eut envie de s'étendre sur le sable : las et informe, il épiait le moment où allait paraître la première agonie de sa vie, un sentiment merveilleux qui doucement le délierait de ce qu'il y avait de raidi dans ses articulations et ses pensées. Il vit que tout en lui préparait le consentement : son corps commençait à se détendre ; ses mains ouvertes s'offraient au malheur ; ses yeux mi-fermés faisaient signe au destin."»

Nouvelle version
9,00 €
Mobile
Gallimard
«Respirez l'air de 50 États !De ville en ville, de frontière en frontière, de la côte Atlantique à la côte Pacifique !Des centaines de fleuves, des centaines d'oiseaux, des centaines de voix !Les Européens, les Noirs, les Indiens !Vivez aujourd'hui avec votre famille la rigolade, l'aventure, le drame du passé, du présent et du futur de l'Amérique ! [...]Mobile !Une orgie de surprise et de frissons !».

Avec une carte sur dépliant
15,00 €
Le Piège
Gallimard
«Bridet se laissa tomber sur le tabouret. Au moment où on l'avait poussé dans la cellule, il avait crié, esquissé un mouvement de recul, si grande était son excitation. Et maintenant, quelques minutes plus tard, il était là, subitement retranché du monde, sans savoir ni pourquoi ni pour combien de temps. Il pensait à l'histoire des tracts. On avait voulu certainement aggraver son cas. Mais qui ? Puisqu'il suffisait d'un ordre de ministre pour arrêter les gens, pourquoi cette comédie ? Il avait peut-être pris de trop haut ces inspecteurs. Ils s'étaient vengés. Yolande aussi avait été maladroite. Quel besoin avait-elle eu de parler à des gens qui, du point de vue patriotique, ne devaient pas avoir la conscience bien tranquille, des qualités du général Stulpnagel ?»
10,50 €
Beloukia
Gallimard
«Depuis qu'il connaissait Beloukia, il ne s'était pas détourné tout à fait de la politique bien qu'on ne le vît plus jamais pérorer dans les cours du Palais. Même son jeu, pour être devenu moins apparent, y avait pris de l'acuité. Il était entré dans les conseils d'Abdul. Et il s'était trouvé dans des engagements bien plus définitifs qu'il n'aurait pu supporter quelques années auparavant. Or, ces engagements n'allaient pas dans le sens des intérêts de Mansour et de Beloukia.».
7,80 €
Le Tueur N°2
Gallimard
«L'homme s'appelait Miele Vermeulen. On le vit surgir de la pluie fine comme un brouillard au sommet d'une dune agrémentée de quelques touffes d'oyats courbés par le vent qui soufflait de la mer dans la direction de Knokke.Miele Vermeulen, vêtu de velours vert bouteille, sautillait adroitement sur son unique jambe. C'était un homme robuste de quarante-huit ans. Il avait été amputé de cette jambe à la suite d'une blessure de guerre, devant Poperinghe où il était né.-Gottverdom de nom de dju de milliards de nom de dju !».

Nouvelle édition
8,00 €
Le théâtre de L'Amante anglaise
Gallimard
«Amélie Rabilloux a avoué dès qu'elle a été arrêtée.Je les ai appelés les Lannes. Elle, Claire, Claire Lannes. Lui, Pierre, Pierre Lannes. J'ai changé aussi la victime du crime ; elle est devenue Marie-Thérèse Bousquet, la cousine germaine de Pierre Lannes, celle qui tient la maison des Lannes à Viorne. Je crois que la peine d'Amélie Rabilloux a été considérablement écourtée. Au bout de cinq ans, en effet, on l'a revue à Savigny-sur-Orge. Elle était revenue dans sa maison, rue de la Paix.Quelquefois on l'a encore revue. Elle attendait l'autobus en bas de sa rue.Toujours elle était seule.Un jour on ne l'a plus vue.» M. D.

Première édition
8,00 €
La règle du jeu. La règle du jeu, II : Fourbis
Gallimard
Apprivoiser la mort, agir authentiquement, rompre le cercle du moi, tels sont les thèmes majeurs de Fourbis.Paris et ses environs, divers points du sud de la France, l'Afrique, les Antilles, tels sont les lieux où s'agite le meneur de ce jeu. Par échappées, on le voit à son retour des îles s'émouvoir du malaise de notre civilisation occidentale, puis s'unir à ceux qui s'efforcent d'instaurer un ordre plus équitable, mais en définitive n'en pas rabattre d'une exigence à laquelle ne pourrait satisfaire un pragmatisme ennemi de tout abandon à la gratuité de ce qui est pure séduction.
11,00 €
Je m'appelle Anna Livia
Gallimard
Le retentissement de certains mots en nous longtemps après, quand justement on ne les entend plus, on les entend autrement, on les entend mieux. Histoire simple et pourtant indicible d'un amour interdit qui brille d'un éclat sombre : l'amour fou d'Anna Livia et de son père. Passion hors du temps, de nulle part, aride comme le désert évoqué si souvent par le père, là où Anna Livia, dépouillée de tout, viendra abolir jusqu'à sa mémoire.
7,50 €
Les Fruits du Congo
Gallimard
Les fruits du Congo, c'est une affiche. Elle représente une magnifique négresse qui porte des citrons d'or. Les collégiens d'une ville d'Auvergne rêvent devant cette affiche qui symbolise pour eux l'aventure et l'extrême poésie de l'existence.Qu'est-ce que l'adolescence ? Telle est la question à laquelle Alexandre Vialatte répond avec ce grand roman qui décrit aussi toute une ville de province avec ses kermesses, son assassin, son docteur, son lycée, son square.
13,50 €
Un mariage en province
Gallimard
«Un jeune homme riche et beau comme Onorato ne pouvait être intimidé par personne. Il voulait dire qu'elles ne lui plaisaient pas ; qu'il aimait les jeunes filles simples et modestes. Et personne ne l'était plus que moi.Depuis que je savais que c'était cela qu'il aimait, j'oubliais tous mes vieux griefs contre les habitudes patriarcales de notre maison ; j'avais l'impression d'avoir choisi moi-même ce genre de vie, de l'aimer.»
7,00 €
La Fièvre
Gallimard
Ces neuf histoires de petite folie sont des fictions ; et pourtant, elles n'ont pas été inventées. Leur matière est puisée dans une expérience familière. Tous les jours, nous perdons la tête à cause d'un peu de température, d'une rage de dents, d'un vertige passager. Nous nous mettons en colère. Nous jouissons. Nous sommes ivres. Cela ne dure pas longtemps, mais cela suffit. Nos peaux, nos yeux, nos oreilles, nos nez, nos langues emmagasinent tous les jours des millions de sensations dont pas une n'est oubliée. Voilà le danger. Nous sommes de vrais volcans. J.M.G. L.C.
10,00 €
Le Tabernacle
Gallimard
Dans une maison de la banlieue londonienne, Violet Hook élève seule ses sept enfants, qui ont entre treize et quatre ans. Un monde clos, qui fonctionne parfaitement. Même lorsque Violet meurt et que les enfants dissimulent sa disparition : une tombe dans le jardin, une cabane - le tabernacle - où ils transportent les objets personnels de leur mère, où ils se réunissent pour prier...
9,50 €
Auto-da-fé
Gallimard
"Le professeur Peter Kien, un homme long et maigre, savant sinologue [...], avait l'habitude de jeter un coup d'oeil aux devantures de toutes les librairies devant lesquelles il passait. Il trouvait presque plaisant de constater que la mauvaise graine et l'ivraie gagnaient chaque jour du terrain. Lui-même possédait la plus importante bibliothèque privée de cette grande ville. Et il en emportait toujours une parcelle sur lui. La passion qu'il éprouvait pour elle, la seule qu'il se permît dans sa vie sévère et studieuse, le contraignait à des mesures de prudence.". Un vieux savant sinologue, Peter Kien, vit retranché dans le silence de sa maison. Son unique compagnie est une immense bibliothèque composée de 25000 livres, dont il maîtrise chaque page, chaque ligne et chaque mot. Emmuré dans sa science et ses souvenirs, il vit ainsi, satisfait, loin de la réalité. Cet équilibre bascule cependant lorsqu'il se marie : le début d'une descente aux enfers, où se croisent des personnages plus incroyables les uns que les autres. Publié à l'aube du nazisme, ce premier roman sert de terrible parabole au combat entre individu et masse, esprit et existence. Tous les personnages qui s'y côtoient vivent reclus dans de folles chimères, dans leurs ritournelles intimes, qui les empêchent de se rencontrer. Elias Canetti manie dans ces pages un humour tragique évoquant le génie de Kafka.
16,50 €
Beau Masque
Gallimard
«Au printemps 195., au retour d'une longue croisière qui m'avait mené, au delà de Java et Bali, dans les archipels qui unissent les extrémités méridionales de l'Asie au continent australien, je m'étais installé, pour écrire le récit de mon voyage, dans un village de montagne, entre Savoie et Jura. La Grange-aux-Vents. Je me crus davantage à l'écart du monde et des batailles qui s'y livrent, que dans les îlots de l'océan Indien, d'où je revenais. Rien ne pouvait me faire pressentir le drame qui était en train de se nouer dans une vallée toute proche, qui devait éclater six mois plus tard, dont les échos allaient retentir dans le monde entier et à la Grange-aux-Vents, et qui fait l'objet de ce récit.».
11,00 €
Don Tarquinio
Gallimard
Ce récit est la chronique d'une seule journée de 1495 : «le jour de chance» de Tarquinio, alors jeune, exilé et banni de Rome depuis que sa famille a été frappée de la plus haute peine ecclésiastique qui fût alors, l'Interdit majeur. Tarquinio rencontre le cardinal de Ferrare, doté, comme lui, des «deux genres de beauté» - physique et morale. Celui-ci l'emmène au palais d'Este, sur lequel Rome n'exerce aucune juridiction, et cherche un moyen de lui obtenir la grâce d'Alexandre VI Borgia, le pape...
7,50 €
Descends, Moïse
Gallimard
«Il avait seize ans. Pendant six ans, il avait écouté parler les hommes. Depuis six ans, il avait entendu la fine fleur de tout ce qu'ils disaient [...] de la brousse, des grands bois, plus vastes et plus anciens qu'aucun titre enregistré [...].Ce qu'ils disaient des hommes, ni blancs, ni noirs, ni rouges, mais des hommes, des chasseurs [...] et des chiens, de l'ours et du cerf [...] le plus beau de tout ce qu'on entendait, les voix que l'évocation du passé, le souvenir, le souci d'exactitude rendaient contenues, graves, circonspectes...Puis il eut vingt et un ans.»
12,00 €
L'insuccès de la fête
Gallimard
Lundi 14 février 1558. D'un côté, le duc de Guise [...], de l'autre le roi Henri II font savoir qu'ils assisteront au souper donné à l'Hôtel de Ville, le jeudi suivant. Le Prévôt des marchands et les Échevins de Paris s'avisent alors, non sans inquiétude, qu'ils n'avaient prévu qu'un banquet ordinaire. Pour ennoblir leur affaire en composant un décor, une comédie ou une poesye, ils font appel à Étienne Jodelle, poète, qui vient de faire représenter devant la Cour et l'Université sa Cléopâtre captive, la première tragédie française. [...]Jodelle accepte la proposition de la Ville.Il a vingt-six ans.Et quatre jours devant lui.
9,50 €
Les Pas perdus
Gallimard
«Dieu merci, notre époque est moins avilie qu'on veut le dire : Picabia, Duchamp, Picasso nous restent. Je vous serre les mains, Louis Aragon, Paul Éluard, Philippe Soupault, mes chers amis de toujours. Vous souvenez-vous de Guillaume Apollinaire et de Pierre Reverdy ? [...] Il ne sera pas dit que le dadaïsme aura servi à autre chose qu'à nous maintenir dans cet état de disponibilité parfaite où nous sommes et dont maintenant nous allons nous éloigner avec lucidité vers ce qui nous réclame.».

Nouvelle édition revue et corrigée
10,00 €
Ecuador
Gallimard
«Arrivée à la ferme de Guadalupe.J'arrivai pour la première fois dans ce pays, comme il faisait à peu près nuit déjà. Il restait deux heures à faire à cheval. Trois cavaliers allaient m'accompagner. Je m'attendais à trotter. On se mit, au contraire, à descendre dans d'invraisemblables pierres, où bientôt, dans l'ombre épaisse, j'étais comme un aveugle. [...]».

Nouvelle édition revue et corrigée
9,50 €
Walden ou la vie dans les bois
Gallimard
En plein XIXe siècle, dans le pays qui est en passe de devenir le plus industrialisé du monde, Thoreau tourne le dos à la civilisation et s'installe dans les bois, dans une cabane construite par ses soins au bord d'un l'étang...
10,50 €
Le Musée noir
Gallimard
«Marceline Caïn : on eût dit qu'elle était mêlée de cendre, de sable et de sang. À quatorze ans, elle n'aimait rien ni personne qu'un gros lapin jaune orange, touffu, qu'elle appelait Souci. Tous les matins, en cette fin de printemps déjà brûlante, Marceline à peine vêtue et lavée courait

ouvrir la porte découpée dans le flanc de la caisse où l'on mettait à dormir Souci pendant la nuit. Et la douceur inaugurale par laquelle elle faisait commencer chaque jour de sa vie était de précipiter la tête et les deux bras à l'intérieur de cette caisse chaude, où les derniers relents de tabac disparaissaient sous une quantité d'effluves domestiques qui, tous ensemble, font la véritable odeur de lapin...»
11,00 €
Les Confessions d'un mangeur d'opium anglais / Suspiria de profundis /La Malle-poste anglaise
Gallimard
«L'auteur, qui a entrepris d'intéresser vigoureusement l'attention avec un sujet en apparence aussi monotone que celui d'une ivresse [...] veut créer pour sa personne une sympathie dont profitera tout l'ouvrage. Enfin, et ceci est très important, le récit de certains accidents, vulgaires peut-être en eux-mêmes, mais graves et sérieux en raison de la sensibilité de celui qui les a supportés, devient, pour ainsi dire, la clef des sensations et des visions extraordinaires qui assiègeront plus tard son cerveau. [...] Les événements racontés dans Les Confessions [...] ressusciteront comme ces rêves qui ne sont que des souvenirs déformés et transfigurés des obsessions d'une journée laborieuse.» Charles Baudelaire.

Nouvelle édition entièrement revue et augmentée par Pierre Leyris en 1990
14,00 €
Faubourgs de Paris
Gallimard
Déroulant le fil de son enfance et de sa jeunesse, depuis les années précédant la Grande Guerre, Eugène Dabit nous fait visiter les faubourgs de Paris, du temps des jardinets entourés de grillages, du funiculaire de Belleville, du temps des artisans et des marchands de lacets place des Fêtes.
8,50 €
Les Somnambules
Gallimard
Les Somnambules est une trilogie romanesque qui conduit le lecteur de l'Allemagne impériale à l'effondrement de 1918. L'écroulement des valeurs qui avaient soutenu la société allemande tout au long du XIXᵉ siècle est décrit par le menu dans ses trois volets, étapes de cette dégradation. «L'Histoire a détruit l'Europe centrale. Le grand roman de l'Europe centrale a détrôné l'Histoire.» Milan Kundera.

Nouvelle édition revue et augmentée en un volume
16,50 €
Conversation en Sicile
Gallimard
«- À quelle heure pars-tu ? me demanda ma mère.La Sicile était devenue immobile et j'en souffrais, je répondis que je voulais arriver à temps pour partir le soir même de Syracuse.-Tu es contente que je sois venu te voir ? lui demandai-je.Et elle me dit : "Cela va de soi. Ça fait plaisir de parler avec un de ses fils, au bout de quinze ans..." Un bruissement d'eau qui débordait l'amena de nouveau vers le fourneau, vers tous les objets de sa solitude. Elle continua : "Les années vont et viennent, les enfants vont et viennent...».
10,00 €
Milieu de siècle
Gallimard
Des personnages historiques, des Américains célèbres et des personnages imaginaires se croisent ou se suivent ici, et le récit de toutes ces vies finit par composer, suivant un procédé dans lequel Dos Passos excelle, le roman du milieu de siècle. Manchettes, entrefilets de journaux, extraits d'articles et slogans restituent le bruit de fond de l'époque. Les souvenirs de Blackie Bowman, vieil anarchiste agonisant, rappelle les illusions de la jeunesse. Le leitmotiv des Notes de l'enquêteur suggère enfin cette «morale» de l'histoire : les lois faites pour assurer le bien-être matériel diminuent à tel point la liberté qu'elles vont jusqu'à réduire les plus doués à la pire des misères.
15,00 €
Papiers collés . Papiers collés (Tome 2)
Gallimard
Volontairement, paresseusement, éperdument, Georges Perros note. Bribes et morceaux ; fulgurations, colères, angoisse, apaisement, selon l'humeur, la lecture, le lieu, bref, comme tout le monde vit : par moments, par éclairs, par éclats.
13,50 €
Le chant du coq
Gallimard
Dès le chant du coq, Daniel Boulanger se met au travail, en artisan heureux. Les seize nouvelles qu'il nous donne aujourd'hui sont toutes éclairées par le reflet de ce bonheur fait d'angoisse, de lucidité, d'observations minutieuses. Ainsi se fait-il le porte-parole ou le témoin des vies les plus singulières : celle d'un humble et tendre ventriloque, d'un commissaire de police douloureux, d'une vieille fille hors du commun, d'une veuve, les uns et les autres toujours situés en porte à faux. S'il nous fait rire par ses étincelants traits d'écriture et son féroce humour, par la cocasserie des situations, il nous branche également - et dans le présent ouvrage plus encore que dans les précédents - sur les vertigineux à-pic de la psychologie des humbles, là où l'on finit par toucher les limites du néant, du meurtre, de la folie. Et n'oublions pas la guerre pleine de noires merveilles où seul se sauve du désastre celui qui ne possède que les routes.
9,00 €
Au bal avec Marcel Proust
Gallimard
«Marcel Proust vint s'asseoir au bal en face de moi, sur une petite chaise dorée, livide et barbu, avec sa pelisse de fourrure, son visage de douleur et ses yeux qui voyaient la nuit. Il a essayé de me parler, j'ai tâché de ne pas l'entendre, je l'ai fui. Pouvait-il comprendre pourquoi je voulais m'éloigner de lui à toute force ? C'était parce qu'il réveillait en moi la peur de l'indicible. Il avait les clés du monde où je ne voulais pas le suivre ce soir-là, où il m'a entraînée depuis.» De tous les livres écrits par les amis de Proust, celui-ci est sans doute le plus joli, le plus sensible. À côté de l'écrivain revivent Emmanuel et Antoine Bibesco, ainsi que Bertrand de Fénelon, auxquels il était lié par une indestructible amitié.
8,50 €
Le sentiment géographique
Gallimard
«Écrire comme on tâtonne, frissonne, entrer par effraction dans la nuit de la langue, pressentir un espace, des sites à reconnaître de mémoire, c'est cela le sentiment géographique, sentiment que toute rêverie apporte sa terre, ici celle du Forez, basse plaine entre Roanne et Saint-Étienne, basse prose qui s'élabore à partir des trois premières pages de L'Astrée, roman dix-septième siècle d'Honoré d'Urfé, premier berger (j'allais dire écrivain) à s'engourdir de son troupeau (ne compte-t-on pas les moutons pour s'endormir ?), à se couvrir de sa laine pour accéder au sommeil levant d'une fable dont l'herbe pousse, l'eau déborde (le rut des ruisseaux qui s'accélèrent),

histoire de nous-même lisant, marchant, ruminant notre lecture dans un pays aussi un livre, région intime qu'écornent les pierres, le soupçon divagant d'un horizon reporté perpétuel à la phrase prochaine.» Michel Chaillou.
7,80 €
Le Livre des questions . Le livre des questions, II : Yaël - Elya - Aely - . (El, ou le dernier livre)
Gallimard
Avec ces quatre ouvrages : Yaël, Elya, Aely et celui dont le titre est un • mais auquel il a été donné un surtitre : El, ou le dernier livre, s'achève Le Livre des Questions. Récits, interrogations, réflexions, méditations se prolongent et se répondent dans le vide espace où ils se meuvent ; large déploiement d'une pensée et d'une écriture, se confondant avec le propre mouvement du livre. Œuvre ouverte, par excellence ; constamment en dialogue avec elle-même et le monde, au plus proche d'une parole partagée mais, cependant, plus solitaire encore après le partage qui la renvoie au silence, un moment rompu. Parole d'hier et de demain. Blessée et si fragile...
15,00 €
Les tablettes de buis d'Apronenia Avitia
Gallimard
À la fin du IVᵉ siècle de notre ère, une patricienne romaine âgée de cinquante et un ans tient son journal, ou plutôt une sorte d'agenda. Elle consigne sur des tablettes de buis des achats qu'elle projette, des rentrées d'argent, des plaisanteries, des scènes qui l'ont touchée. Pendant vingt ans Apronenia Avitia se consacre à cette tâche méticuleuse, dédaignant de voir la mort de l'Empire, le pouvoir chrétien qui s'étend, les troupes gothiques qui investissent à trois reprises la Ville.
8,50 €
Paroles de laine
Gallimard
«Dans tous les récits de Paroles de laine, les personnages s'appliquent à lire les signes dont la reconnaissance - par odorat, toucher, enfin l'heureuse attention des cinq sens - leur permet de s'enraciner dans la terre, contre le ciel, le vide, cet abîme en eux-mêmes étranger, contre la mort.» Jean-Loup Trassard.
7,80 €
Perturbation
Gallimard
"Chaque jour, je me construisais totalement puis me détruisais totalement." Le narrateur, un adolescent, accompagne son père, médecin de campagne des Alpes autrichiennes, dans ses visites aux malades. Très vite, il se rend compte que dans la plupart des cas les problèmes véritables commencent bien au-delà des possibilités de la médecine. De visite en visite, d'observations en conversations, c'est moins le monde de la souffrance physiologique qu'il découvre que celui de la solitude, du désarroi et du tourment. Les divers drames, où le milieu, le climat, le passé collectif jouent un rôle déterminant, apparaissent bientôt comme autant de signes d'une perturbation générale qui n'épargne nulle vie.
10,50 €
Trois tristes tigres
Gallimard
"Elle m'a demandé une cigarette. Je la lui ai donnée, mais je n'en ai pas pris pour moi. Quand je lui ai offert du feu elle a frôlé à peine ma main, sauf les fois où le tremblement de sa main se communiquait à la mienne par les doigts crispés et humides de sueur. Ses lèvres tremblaient aussi." Somme culturelle qui rassemble tous les types urbains de La Havane nocturne et dépravée, ce livre est le roman du langage. Les trois tigres des Tropiques sont, en fait, quatre : un écrivain, un acteur, un photographe et un joueur de bongo, qui gravitent autour d'un personnage emblématique, Bustrófedon. Leurs voix mêlées forment une histoire, ou plutôt un tissu d'histoires. Les débuts dans la vie de chacun des principaux personnages sont présentés comme autant de nouvelles indépendantes, mais tous évoluent dans La Havane d'avant la Révolution, monde trouble, humide, torride, déliquescent, clos sur lui-même, avec ses bars, ses night-clubs et leur faune telle l'énorme et géniale Estrella... A. B.
13,00 €
L'autre rive
Gallimard
Le comte Louis Palot de Fissat rêve plus qu'il ne travaille dans l'agence immobilière héritée de son grand-père. Au-dessus d'une cheminée où l'on ne fait jamais de feu : un paysage breton, beau ou laid, selon, et qui a satisfait tous les besoins d'évasion des Fissat. Louis tente en vain de s'arracher au sortilège de ce tableau en cherchant l'aventure dans des quartiers mal famés de Paris, en l'évitant lorsqu'elle survient...
7,00 €
Le rêve d'une chose
Gallimard
Nini Infant, Eligio Pereisson et Milio Bortolus se lient d'amitié pendant la fête du lundi de Pâques 1948, dans un village du Frioul. Ils se sont rencontrés sous le signe de l'ivresse, ils se retrouveront plus tard sous celui des illusions perdues : Nini et Eligio reviennent de Yougoslavie, Milio de Suisse. La nostalgie de l'Italie et la faim les ont fait rentrer au pays. Ils participent aux manifestations organisées par les communistes contre les grands propriétaires terriens, remportent une victoire provisoire et vivent ainsi une alternance de moments de joie et de drame. Avec eux et la famille Faedis, avec les histoires d'amour et les deuils, c'est une double chronique que Pasolini nous livre - celle des petites gens du Frioul, celle de la jeunesse, habitée par un rêve imprécis : le rêve d'une chose.
10,50 €