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Résultats de recherche pour 'Qu Lan' (12067)

Les utopistes
Grasset
Quand Gabriela apprend que sa mère, condamnée par un cancer, vient de s’enfuir de l’hôpital, rien ne la prépare à l’épopée picaresque qui l’emmènera jusque sur les rives du Gange. Qui aurait pu imaginer cette parfaite épouse et médecin renommé, fantaisiste au point de refuser de mourir paisiblement sous morphine, comme tout le monde l’attend d’elle  ? Et pourtant, Gabriela se verra contrainte de quitter son paradis terrestre dans le Luberon pour rejoindre sa Pologne natale en compagnie de son amoureux et porter aide à son père, déterminé à retrouver celle avec qui il a partagé quarante ans de vie. L’expédition en Inde sur ses traces ne manquera pas de piment, mobilisant en outre, le meilleur ami et l’ancien amant de la fugitive. Tour à tour comiques et terrifiantes, spirituelles et charnelles, leurs aventures les confronteront aux grandes questions de l’époque, qu’il s’agisse du progrès de la médecine ou de l’évolution du modèle familial. Si une chose est certaine, c’est que la mort n’arrête pas les passions humaines. Portée par un élan qu’elle croit mystique, sans jamais rien maîtriser, Gabriela forcera le destin et finira par bâtir une improbable utopie sentimentale.

Les Utopistes brosse le portrait bariolé de personnages tenaillés par leurs croyances et leurs contradictions. La littérature burlesque d’Europe centrale y laisse son empreinte, le tragique s’y déploie dans l’humour noir, la mort y convoque l’ironie... Paulina Dalmayer a le goût de la provocation et ne recule devant rien. Son héroïne ne s’encombre pas, elle non plus, d’aucune convenance  dans sa quête du sacré, grand thème de ce roman magistral, où l’on retrouve la verve, l’énergie, la radicalité fougueuse de l’auteure des Héroïques.
25,00 €
Femmes sur fond blanc
Grasset
Le narrateur de ce roman s'appelle Paul Gauguin. Comme celui qu’on connaît, il est peintre et décrié. Mais à la différence du chef de file de l’école de Pont-Aven, il naît le 7 juin 1968, et s’envole vers la Thaïlande au début des années 1990, à Bangkok précisément, pour créer et se refaire une vie loin des Beaux-Arts d’Occident. Comme le postimpressionniste toutefois, ce sont des femmes qu'il peindra, et certaines sont très jeunes. Pour cela, bientôt, on le vouera aux gémonies. En attendant, il nous raconte son histoire.

Son histoire, c’est d’abord celle d’un enfant, fils d'un père animal et d'une mère plus tendre, qui grandit à Noisy dans la banlieue est de Paris, étudie, se met à peindre, se creuse une place dans l’art jusqu’à son premier voyage vers l’Asie du Sud-Est dont il ne reviendra jamais. Son histoire se mêle alors à celle de Bangkok, ville aux mille récits que ses habitants, locaux, prostituées, touristes ou artistes réfugiés, écrivent jour et nuit. Celles de ses quartiers, ses  districts, et que Paul nous rapporte comme des contes urbains, fables parfois mystiques. Mais son histoire, surtout, c’est celle de Tip, prostituée royale dont il tombe amoureux et dont la peau semble faite d’une lumière qu’il lui faudra rendre sur la toile et le film - ou bien crever à jamais. C’est celle des femmes d’après, qu’il croquera sans cesse  pour traduire, par les pigments, les vidéos, les gestes, les regards et les airs, l’Art qu’elles incarnent - et qui ailleurs est mort.

De 1990 à nos jours, on le suit, dans les ruelles de cette ville violente et sensuelle, les récits de ses anonymes ou ses stars de bars, ses œuvres et ses passions. C'est un voyage lointain, le récit d’un Ulysse singulier, exilé en terre thaïlandaise, dont les pinceaux sont les armes, comme les mots celles de Jean-Noël Orengo. Réflexions sur la culture de l'effacement, tentative d'épuisement d'un lieu mythique, roman intime et chef d’œuvre de style,  Femmes sur fond blanc  signe son grand retour. Après  La Fleur du Capital, il revient en Asie pour peindre avec minutie la fresque flamboyante d'un peintre admiré puis maudit.
24,00 €
Quatre-vingt-quinze
Grasset
1995. Il n’existe aucun traitement efficace contre le sida. Les malades tombent les uns après les autres dans l’indifférence générale. Parmi ceux qui sont touchés, donc condamnés, certains n’ont plus la force d’attendre le remède qui pourrait les sauver. Plutôt que de crever comme des chiens dans un lit d’hôpital, ils optent pour une solution radicale  : ils préfèrent partir en beauté. Le cocktail est toujours le même, encore plus de fête, plus de drogue et plus de sexe. L’apothéose, et puis la chute finale.

Un dimanche midi, après une nouvelle nuit infernale, Alex et Lucien rentrent et s’endorment sur le canapé. Cette fois, Alex ne se réveille pas, il fait un arrêt cardiaque dans son sommeil. La semaine qui suit, Philippe, Willy, Léon, Hervé, Adam et Denis, les copains défilent auprès de Lucien. Le temps est suspendu par la mort d’Alex, et pourtant la vie suit son cours, imperturbable, Philippe fête son anniversaire, il prend un nouvel appartement… Le samedi, toute la bande part enterrer Alex en Normandie. Ils se chauffent avant le départ pour se donner du courage, et débarquent à l’église fin saouls. Quand ils découvrent ce que la famille a fait des obsèques de leur fils, le choc est brutal. La cérémonie vire au supplice.

Cinq ans plus tard, Philippe s’adresse à ses amis. Willy, Léon, Hervé, Adam, Denis… à chacun, il pose deux questions  : Comment as-tu connu Alex  ? Quels souvenirs as-tu gardés de cette semaine  ? Entremêlé de leurs paroles, Quatre-vingt-quinze est le récit de ces folles journées, mélange d’euphorie et de désespoir. C’est l’histoire d’une fin de partie qui fut aussi une fête permanente, une célébration de l’amitié, une philosophie de l’urgence vitale. Un tombeau poignant et sublime pour tous les disparus, pour un quartier, une culture, une époque révolue.
19,00 €
Le monde d'avant
Grasset
«  Je paie ma dette. Le petit garçon qui regardait est devenu l’homme qui se souvient. J’ai désormais atteint l’âge de mon grand-père lorsque je le côtoyais dans mon enfance. On croit parfois conquérir avant de comprendre que l’on retrouve. J’écris ici comme un être de la mémoire secondaire qui a vécu quelques étés d’avant dans un monde finissant. Sans ces fantômes, la main qui paraphe ne grifferait qu’une page blanche. Ces pauvres m’ont fait riche. J’ai le souci de ne pas décevoir leur digne passé.  »

A partir de la figure de son grand-père, Marc Lambron revisite une France perdue dans un texte bref qui a la densité d’un tombeau et la beauté d’une élégie.

Pierre Denis nait en 1902 à Imphy, sur les bords de la Loire, dans la grande campagne nivernaise. La région, à la pointe du manufacturage des aciers spéciaux, est un des fleurons de la métallurgie française (un pied de la Tour Eiffel y sera forgé…).

Orphelin de mère à 6 ans, placé dans la fermette de sa tante, alphabétisé à la communale, Pierre devient à 16 ans Compagnon du devoir, apprenti maçon et tailleur de pierre. A son retour de l’Algérie coloniale, il est embauché aux aciéries d’Imphy. C’est en 1929 qu’il épousera Léonie Lagarde, née quatre ans après lui à Imphy dans une famille nombreuse (6 frères et sœurs), vendeuse de vêtements, garde d’enfants et ménagère. De leur union naitra en 1931 la mère de l’auteur, Jacqueline, à laquelle ses mérites scolaires vaudront une bourse d’Etat pour aller étudier dans un collège à Nevers. Militant «  rouge  » en 1936 («  on a bien le temps de pâlir  » disait-il…), Pierre sera Résistant dans la Nièvre pendant la deuxième guerre mondiale.

Les maisons, les mœurs, la subsistance en autarcie, la vêture, la pêche, le patois, la parentèle éloignée  : «  tout cela peut paraître aussi lointain que la description d’un shtetl dans la Pologne d’antan. Et pourtant j’ai encore connu ce monde  ».

Un monde dont Jacqueline,«  enfant du savoir  »,  s’éloigne en devenant institutrice à Nevers et en faisant la connaissance de Paul, fringuant élève de l’Ecole militaire qu’elle rejoindra à Lyon. De leur union naîtra en février 1957 le petit Marc, quatre ans avant la mort de sa grand-mère Léonie et vingt ans avant celle de son grand-père Pierre.
14,00 €
Les ombres blanches
Grasset
Emily Dickinson aurait pu ne jamais être pour nous qu’un nom étranger. Celui d’une femme, américaine, moins connue pour son talent littéraire que pour avoir passé la majeure partie de sa vie confinée chez elle. Puisqu’elle s’était toujours farouchement refusée à voir ses écrits publiés, rares sont ceux qui savaient, de son vivant (1830-1886), qu’Emily était aussi une formidable poète. Peu avant son décès, elle demande à sa sœur Lavinia de brûler tous ses papiers personnels. Mais lorsque cette dernière découvre dans sa chambre des centaines de poèmes renversant de beauté, griffonnés sur des morceaux d’enveloppes ou d’emballages, elle est à la fois sidérée et incapable de lui obéir. Jusqu’où la volonté des morts peut-elle changer l’existence des vivants  ?   Ne pas les suivre, est-ce les trahir  ? Et si les mots pouvaient faire revivre les disparus  – et celles et ceux qui leur survivent  ? Lavinia choisit la vie. Et décide de confier ces poèmes à deux femmes autrement endeuillées, d’abord sa belle-sœur, Susan, épouse de son frère, puis Mabel, maîtresse de ce dernier, pour qu’elles l’aident à les faire publier. Une ultime complice leur prêtera main-forte : Millicent, fille de Mabel, qui grâce à sa malice se révélera la plus juste lectrice de la «  dame en blanc  ». Tour à tour on les suit, Lavinia, Susan, Mabel et Millicent, dans une narration où surgit par endroits le je de l’auteure se joignant à elle pour les accompagner.

Dans ce roman profond et envoûtant, Dominique Fortier prolonge la vie d’Emily Dickinson en racontant la grande aventure qui mènera ces héroïnes anonymes à faire paraître ses poèmes pour la première fois. Texte lumineux sur le deuil, l’absence, la poésie, le pouvoir des mots et l’importance de la littérature, Les ombres blanches nous fait assister à la naissance d’une œuvre qui aurait pu ne jamais voir le jour, et à la renaissance de trois femmes. On le lit comme on observe, au printemps, le retour de la vie. Ou comme on lit la poésie d’Emily Dickinson  : avec bonheur et ravissement.
20,90 €
Djinns
Grasset
Ce jour-là, Penda aurait préféré ne pas décrocher le téléphone et éviter les mauvaises nouvelles. Trop tard, elle apprend que son copain Jimmy est hospitalisé après une garde à vue. Sa mère est introuvable, alors le médecin cherche à contacter Mami Pirate, grand-mère de Penda et voisine bienveillante du malheureux Jimmy.

Rien ne va plus. Penda elle-même vient de se faire virer de la supérette du coin où elle était caissière depuis la fin de ses études. Elle pense à rejoindre le cabinet de guérisseuse de Mami Pirate. Pour cela, il faut que sa grand-mère l’initie au Bwiti, cérémonie traditionnelle gabonaise consistant à entrer dans un autre état de conscience, afin de se laver des maladies de l’âme et des pathologies psychiques. Dans l’espoir de sauver Jimmy, Penda se lance mais son apprentissage est compromis par un être qu’elle a la faculté de ressentir depuis l’enfance, quand d’autres ne peuvent ni le voir ni l’entendre : son djinn.

A cheval entre deux cultures et deux visions du monde, Penda s’interroge sur ses propres croyances, ainsi que sur la maladie mentale dont Jimmy est atteint.

Heureusement, au quartier, il y a les autres, Chico le dealer attachant avec lequel Penda a grandi, Shango la grande sœur protectrice, Sally l’amie dont elle s’est éloignée. Chacun à sa manière va contribuer à révéler ce qu’il y a de plus cher aux yeux de Penda, la liberté.

Sorcellerie versus psychiatrie  ? Djinn blanc contre djinn noir ? Langue de la rue, langue de l’école  ? Retour au pays ou cheminement vaille que vaille dans une société peu accueillante  ? Dans une langue hybride et teintée d’oralité, Djinns est tissé d’élans de tendresse, de colères tues, et met au centre le pouvoir de l’imaginaire.
18,50 €
L'ancien calendrier d'un amour
Grasset
«  Qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance.  » (Baudelaire)

Tel serait l’esprit de cette saga lapidaire – un siècle de fureur et de sang que va traverser Valdas Bataeff en affrontant, tout jeune, les événements tragiques de son époque.

Au plus fort de la tempête, il parvient à s’arracher à la cruauté du monde  : un amour clandestin dans une parenthèse enchantée, entre l’ancien calendrier de la Russie impériale et la nouvelle chronologie imposée par les «  constructeurs de l’avenir radieux  ».

Chef-d’œuvre de concision, ce roman sur la trahison, le sacrifice et la rédemption nous fait revivre, à hauteur d’homme, les drames de la grande Histoire  : révolutions, conflits mondiaux, déchirements de l’après-guerre. Pourtant, une trame secrète, au-delà des atroces comédies humaines, nous libère de leur emprise et rend infinie la fragile brièveté d’un amour blessé.
19,50 €
Noël à Versailles
Grasset
« Regarde, Christophe, il a neigé… Ma sœur a pris ma main et l’a gardée dans la sienne. Nous sommes restés collés à la vitre, ivres de surprise, riant de retenir notre respiration. Nous étions frissonnants, les flocons voletaient de tous côtés, couvrant les toits et les mansardes, les arbres du square… »

C’est Noël et il neige à Versailles, comme chaque année. Le jeune garçon marche rue de la Paroisse avec sa sœur et ses parents enlacés, à la recherche de cadeaux et sous les lumières vives. Plus tard, il frôlera les grilles dorées, cherchant aux vitres du château la silhouette d’un petit roi. La neige fait de nous des enfants. Place Hoche, un général mal-aimé tourne le dos à l’église. Du Trianon couvert de neige, en pleine nuit, semble s’échapper une musique lancinante qui effraie la sœur et le frère. Et qui est cette patineuse rouge et élancée, sur la glace, qui fait des signes au jeune homme ? Ainsi vont les souvenirs, féériques et tendres, jusqu’aux premières soirées dans les demeures de la ville…

Dans la tradition des plus  beaux contes de Noël, Christophe Bataille nous offre un court paradis, qui semble s’échapper aussi vite que la neige fond entre nos mains. Après La Brûlure, où la chaleur de l’été défiait la vie, Noël à Versailles éveille en tout lecteur les charmes de l’enfance, au pied du sapin ou dans les allées blanchies du parc. Et si la neige s’était réfugiée en ce conte inoubliable ?
10,00 €
Scènes de ma vie privée
Grasset
Le roman de la femme quittée est un topos de la littérature française, plus rares sont les romans de l’homme quitté dans sa vieillesse par une femme jeune.

« Le bonheur ancien m’étouffe. Il me chasse du présent, m’interdit l’avenir » : Lucien, un romancier français de mère turque, âgé de 68 ans, est dans un état de douleur hébétée depuis qu’il a été abandonné par sa femme Zoé, éditrice romancière d’origine italienne de 33 ans.

La tristesse brouille la chronologie du passé. En chapitres brefs, Lucien reconstitue la ronde de sa petite « bande de Saint-Germain des Prés », composée de trois amis sexagénaires en couple avec de jeunes trentenaires qui se trouvent être toutes écrivaines : l’ami de jeunesse Bob, chanteur célèbre, partage la vie de la jeune russe Natacha ; les deux éditeurs de Lucien, Eric et Guillaume, vivent respectivement avec Gwendoline, slovaque d’origine congolaise et Maria, grecque.

La solitude, l’abandon, la mort qui rôde, l’écriture pour survivre, les jeux de l’amour et du hasard, les combinaisons et combinatoires possibles entre écrivain(e)s et éditeurs/trices, la folie des prix littéraires, le caractère incestueux du petit monde des lettres parisien : autant de thèmes abordés ici sur un registre tour à tour désespéré et comique par un Besson à la dévastation tonique, particulièrement en verve dans l’autodérision et le lâcher-prise, et qui garde intact son sens de la formule (« l’italienne a été mon ambulance avant d’être mon corbillard »… « la vieillesse est une adolescence sans avenir »… « la passion : comédie pas intelligente qui tourne mal »…)
19,00 €
Morituri
Grasset
« La promenade des planches où il faisait bon déambuler était sous l’eau. Çà et là flottaient comme des débris les bouées d’enfants ou les vêtements de baigneurs surpris qui n’avaient pas eu le temps de se rhabiller, ainsi que quelques flacons de shampoing en matière plastique. »

Une étrange marée envahit les côtes de Trouville. Les touristes ont déserté les plages. L’eau commence à fissurer les murs et s’immisce dans les caves des villas à colombages et aux murs crème. L’orage gronde. La statue de Flaubert flotte déjà sur l’esplanade du casino. A l’horizon, une vague. Va-t-elle tout emporter ?

Face au déluge, Allison, Victor et Martin, la vingtaine, en vacances chez les grands-parents de ce dernier, ne renoncent pas à leurs envies. Les pieds dans l’eau, vêtements trempés, ils dévorent leur plateau de fruits de mer. Mais l’un d’eux est englouti par le flot. Qui sera le prochain ?

Dans ce récit catastrophiste et fantasque, l’auteur magnifique de *La Bataille* nous livre une fable climatique autour du dérèglement météorologique. Montée des eaux prémonitoire ou cauchemar passager ?
19,00 €
Patrouille au Grand Nord
Grasset
Tout commence par une missive inattendue que Patrice Franceschi reçoit depuis les brumes lointaines de Saint-Pierre et Miquelon, façon « Crabe-Tambour » : Sébastien Lemoine, jeune officier de marine dont il n’a plus de nouvelles depuis huit ans, lui annonce qu’il vient de prendre le commandement du patrouilleur Fulmar et s’apprête à partir en mission vers le cercle arctique. Il l’invite à le rejoindre. Huit ans plus tôt, il était second lieutenant à bord du trois-mâts La Boudeuse, dont le capitaine était alors Franceschi. Les rôles s’inversent et une étonnante expérience commence…

Patrouille au Grand Nord est le récit de ces retrouvailles et du périple rare qui va s’ensuivre. Au cours de leur navigation à travers les immensités polaires, les deux hommes et leurs onze camarades d’équipage se trouvent entraînés dans l’une de ces odyssées à la Jack London qui faisaient jadis la grandeur de l’aventure : danger des tempêtes au large de Terre Neuve, péril des icebergs errant partout, splendeur des glaciers cadenassant les fjords du Groenland, étourdissante beauté des aurores boréales, enchantement des baleines et rorquals hantant ces parages.

Menant des exercices de sauvetage avec la marine danoise, ils découvrent en même temps la vie des Inuits, partagés entre tradition et modernité, et prennent conscience que la beauté hors normes de leur monde est menacée par les enjeux géopolitiques dus au réchauffement climatique.

Au cœur de cet univers, les marins du Fulmar accomplissent leur mission et tirent de la contradiction entre leur existence dans le milieu clos de leur navire et les étendues démesurément libres où ils évoluent une forme  « d’harmonie des contraires ». Des figures humaines attachantes se dévoilent ainsi au milieu des espaces glacés et font de cette Patrouille au Grand Nord un récit littéraire où action et poésie s’entremêlent à chaque page.
19,50 €
Paris
Grasset
« La province fournit Paris en combustibles : je décidai donc de m’y brûler, et pas simplement les ailes. Je n’avais pas d’ailes de toute façon. Je n’avais rien, à part cent francs en poche et la chance, grâce à un gardien de nuit complaisant, de pouvoir dormir dans les travées de la bibliothèque du centre Beaubourg, parmi les livres. Du coup j’ai lu. A l’aube, je quittais les lieux, allant traîner mes drôles de guêtres dans les rues. Je n’avais aucune connaissance, pas vraiment d’amis, zéro petite amie. Je n’avais que moi, la solitude qui pesait sur moi, et ce ciel grand cendre au-dessus de ma tête. Je me nourrissais de grec-frites. J’ai fini par rencontrer des gens. Roger Knobelspiess, ex-lieutenant de Mesrine, m’a prêté un minuscule gourbi. J’ai vécu dans un squat. J’allais bien, je ne me plaignais jamais : j’étais heureux car je savais que vingt-cinq ans était un âge inventé pour cette misère marrante, cette mélancolie spéciale, cette errance pathétique. Je me regardais en train d’être ce que je voulais devenir, ou plutôt, je m’observais en train de devenir ce que je voulais être. Paris, c’était l’édition : j’allais donc tout donner pour faire mon trou, me faire un nom, devenir célèbre – ou finir dans le caniveau, sous la pluie battante, m’enrhumer, et mourir. J’ai surjoué tout ça, avec un zest de romantisme béat, assez content de ma condition, fier de n’être rien et de vouloir beaucoup. J’ai tapé à des portes. Des gens ont été méchants. J’ai insisté. D’autres ont été gentils.

Paris est une galerie de leurs portraits, mâtinée d’épisodes de galériens. J’ai beaucoup arpenté, beaucoup marché, beaucoup espéré, énormément souffert mais je dois dire que jamais je ne me suis ennuyé. Des instants de tragédie ? Il y en eut ; des scènes de comédie : plus encore. Vous allez me suivre ici en train de réussir et de rater, en train de séduire et d’échouer, en train de m’introduire dans cocktails et de m’y faire éjecter, en train de gagner un peu d’argent et d’en perdre beaucoup, en train de me faire quelques amis et de me fâcher avec eux, en train de rire souvent et de pleurer parfois. En train, surtout, d’oublier en moi le provincial, ce qui est toujours une erreur et mène droit au ridicule. Un Rastignac de plus parmi les pots d’échappements. Des débuts dans la vie ? Non : un commencement dans la carrière. Sauf que je n’ai jamais fait carrière dans quoi que ce soit. Voilà en tout cas, chers amis, comment tout a commencé. »

Y.M
20,50 €
Le cabaret des mémoires
Grasset
Demain matin, Samuel ira chercher sa femme et leur premier né à la maternité. Alors, en cette dernière nuit de solitude, à l’aube d’une vie qui ne sera plus jamais la même, Samuel veille. Partagé entre exaltation et angoisse, il se souvient du passé, songe à l’avenir, tente d’endosser son nouveau rôle de père.

Cette nuit est hantée par de nombreuses histoires. Celle de ses aînés, et d’abord celle de sa grand-tante, la fabuleuse Rosa, installée après la Seconde Guerre mondiale au Texas où elle a monté un cabaret extraordinaire. Celles que Samuel se racontait enfant, lorsqu’avec ses cousins il se déguisait en cow-boy et jouait à chercher sa grand-tante dans le désert d’une Amérique fantasmée, face à des ennemis imaginaires. Celles que Rosa, désormais ultime survivante d’Auschwitz, raconte chaque soir sur les planches. Toutes ces histoires, Samuel les partagera avec son fils, l’enfant de la quatrième génération qui naît alors que Rosa fait ses adieux à la scène.

Il n’y aura bientôt plus aucun témoin pour transmettre, mais il restera le récit, la fiction, capables de dévoiler ce qu’on croyait disparu, d’évoquer l’indicible,  d’empêcher les falsificateurs de dénaturer le passé. Au Cabaret des mémoires, il s’agit de ne pas oublier, jamais. Et pour Samuel, de comprendre que l’enfant qu’il a été doit passer le relais à celui qu’il s’apprête à accueillir. Roman intimiste, conte moderne, Le cabaret des mémoires entrelace les fils de la transmission au cours d’une bouleversante nuit initiatique à la puissance universelle.
16,00 €
Opéra des oiseaux
Grasset
À New York, Laïal tente de se détacher des siens. Au Portugal, Perla apprend à mourir, et sa fille Wanda à devenir mère. À Venise, le Cardinal Luigi de Condotti parle aux abeilles. Le jeune Kola, en Afrique, découvre ce qu’il en est de l’amour qui unit Mado, sa mère, à Youli. Dans l’hôpital de Sakhalin en Russie où un Indien se prend pour le patron de la CIA, Jozef ne fera peut-être jamais le deuil de sa femme… Voici quelques-unes des voix qui peuplent ce roman hors du commun : elles communiquent furtivement par élans charnels, émotionnels ou spirituels. Est-ce par hasard que toutes partagent la lecture des livres de Yazuki, cet écrivain japonais qui cherche son point final et dont tout le monde quête l’opus mythique, Opéra des oiseaux ?

Ainsi se déploie le grand roman de Laurence Nobécourt, tel une partition, de pays en cultures différentes, de langages en paysages inattendus, parfois ressemblants. Les destins s’entrelacent, à l’insu souvent des protagonistes : chacun poursuivant l’équilibre de sa vie, et déséquilibrant peut-être celle d’une autre. Chaque personnage est comme un passage vers un monde, une famille, une psyché ou un trouble. Parfois c’est un enfant, parfois une femme très âgée, parfois un homme dont la voix semble changer, traverser le temps et l’amour.

Entrer dans ce livre magnifique, en 365 jours vastes comme le monde et le temps, c’est accepter de ne plus maîtriser tout à fait le cours des choses, et de s’abandonner à l’énergie déconcertante de la littérature.
24,00 €
Le Président se tait
Grasset
L’« affaire des diamants »  ! Qui ne se souvient de ce scandale politique qui a agité la Cinquième République de Giscard d’Estaing, et a marqué pour celui-ci le début de sa fin  ? Sans qu’il y soit jamais nommé autrement que «  le Président  », il est l’objet de toute la stupéfaction, de toutes les spéculations, de toutes les interrogations dans ce roman satirique et brillant. Tout Paris bruit dans le silence. Accusé par la presse d’avoir accepté des diamants de la part d’un dictateur africain, le Président se réfugie dans un silence offensé. Il va se taire pendant quarante-neuf jours.

Et pendant ces quarante-neuf jours a lieu la ronde des personnages que Pauline Dreyfus convoque en maîtresse de cérémonie impitoyable et moqueuse : une immigrée portugaise, un night-clubber, un dissident russe, une journaliste espérant la gloire, un chef du protocole de l’Elysée atterré, un châtelain ruiné, un chômeur pilier de bar, une militante féministe, un inspecteur des Renseignements généraux, sont à leur façon bousculés en ce singulier automne politique. Le pouvoir se désincarne, les forces de la dérision s’agitent. C’est peut-être là, pour la première fois, qu’on les a vu apparaître sous la Cinquième République. Les diamants sont un de ces prétextes comme savent en trouver les dieux pour bousculer les destins.

Le jour où le Président se décide à s’expliquer, tous les protagonistes de cette histoire sont devant leur poste de télévision. Depuis le temps qu’ils attendaient des explications ! Les auront-ils ? Tout le talent de Pauline Dreyfus pour les comédies sociales, qui ne sont pas sans tragique, éclate dans ce roman.
20,50 €
Assemblées
Grasset
Lila, Estelle, Jeanne  : trois femmes dans la vie d’Antoine Polin, député quadragénaire brillant et pressé, figure médiatique du parti qui gouverne.

Après vingt ans de vie commune, Estelle, la femme d’Antoine, ne sait plus si elle a encore envie de la folle quête du pouvoir qui obsède son mari. Jeune assistante parlementaire, Jeanne s’interroge sur son désir pour cet homme qui l’attire comme une drogue et dont elle n’est que la maîtresse occasionnelle. Économiste atterrée, mère célibataire, Lila rencontre cet ambitieux  et c’est le coup de foudre. Aveuglée par la passion, elle refuse de se demander pourquoi elle a succombé à ce technocrate en costume cravate, si peu son genre.

Pendant ce temps, l’Assemblée est confrontée au cas d’un député accusé de harcèlement conjugal. Sa femme, à qui la justice a mis à disposition un téléphone grand danger, est menacée mais la loi du silence l’emporte. Jusqu’à quand  ?

Par la voix de ces femmes, et d’autres encore, le pouvoir politique apparaît comme un révélateur des mécanismes de séduction et un terreau de violences sexistes et sexuelles. Mais à l’heure de #MeeToo, les codes anciens comme les vieilles routines sontébranlés.

Amoureuses d’un même homme, parfait mâle alpha, trois femmes libres et entreprenantes font face à leurs contradictions en évoluant avec la société, ses pesanteurs et ses changements. Une comédie des sentiments aiguisée et tendre, par une observatrice sagace des mœurs politiques. Vif, réjouissant, engagé, étonnant  : un premier roman qui est une réussite.
20,00 €
Sans départir
Grasset
« J’avais 21 ans, j’étais seule avec Andy Warhol à la Factory. Il me lance : ''Diane, tu dois te mettre à écrire ton journal'', je le regarde  : ''Je n’ai que 21 ans, j’ai déjà un pied dans la tombe, tu veux que j’y mette les deux  ?'' Réponse de Andy : ''Just do it.'' »

Quitter le luxe de l’avenue Foch, les dorures des châteaux lorrain et portugais, les jardins à l’anglaise, les dizaines de domestiques, les robes à smocks et autres excentricités aristocratiques familiales  ? Il en faudrait plus pour effrayer Diane, la petite dernière des princesses Beauvau-Craon, qui débarque dans un New-York en pleine effervescence artistique.

Bien décidée à mener une existence hors du commun, elle devient à 18 ans, en 1973, l’apprentie de Roy Halston, le Yves Saint Laurent américain, avant de créer elle-même sa collection de vêtements. Très vite, elle est l’une des plus étonnantes figures du milieu underground new-yorkais. Ivre de vin blanc et de cocaïne, elle écume les boîtes de nuit en compagnie de Warhol et Mapplethorpe, avec qui elle se lie d’amitié. De la Factory au Studio 54, en passant par les grands défilés de mode, elle côtoie tous les artistes mythiques des années 1970-1980  : Mick Jagger, John Lennon et Yoko Ono, Margaux Hemingway, Diana Vreeland, Timothy Leary... Dans cet univers de paillettes et d’acide, Diane vit à cent à l’heure.

De rencontres exceptionnelles en péripéties romanesques, des affres de la dépendance aux années sida, Diane de Beauvau-Craon dresse le portrait d’une époque libre. Sans départir sont des mémoires généreux où le faste ne va pas sans légèreté. Une ode à la vie, pleine d’humour et de tendresse pour un monde aujourd’hui disparu.
22,00 €
Petite nécropole littéraire
Grasset
Une centaine de chroniques instructives et surprenantes, écrites dans la langue savoureuse qu'on connaît à l'auteur, constituent un volume où le plaisir de lecture est constant. Il s'agit de chroniques parues de 2010 à 2021, dans Lire, devenue Lire-Magazine littéraire. Chacune d'entre elles évoque un ouvrage de la collection de l'auteur, choisi pour l'étrangeté de son sujet et souvent la biographie singulière de son auteur, les deux allant volontiers ensemble. Un livre très oberléen, comme on peut s'y attendre, d'une bibliophilie souriante, d'une érudition à la fois précise et bon enfant. Les ouvrages recensés sont des curiosités au sens large, sans être des curiosa, sauf exceptions. Ainsi, au fil des chroniques, de thème en thème, on passe de la recension d'un essai paru en 1800 sur Les combustions humaines  produites par un long abus des liqueurs spiritueuses, phénomène sur lequel sont revenus en leur temps Dickens et Zola, à un roman de Ducos du Hauron, Les noces de Poutamouphis, publié par  Poulet-Malassis en 1861 et racontant le mariage à Paris d'une momie égyptienne. Ailleurs, il est question d'orbilianisme, c'est à dire de la "médecine spirituelle" administrée jadis chez les jésuites par des fouetteurs spécialisés. L'ouvrage, anonyme, est de 1763 à Genève. Ailleurs encore, on croise un précurseur de Goethe, auteur des Aventures du docteur Faust et sa descente aux Enfers, Frédéric Maximilien von Klinger, qui fut aussi le dramaturge de Sturm und Drang …qui donna son titre au mouvement romantique allemand.
24,00 €
La fille de Deauville
Grasset
Une poignée de femmes et d’hommes radicalisés a décidé de mettre la France à feu et à sang. Pour détruire le capitalisme et les classes dirigeantes qui l’incarnent, elle a opté pour la lutte armée. Braquages, attentats à la bombe, et bientôt assassinats, les terroristes frappent puis disparaissent, dans un souffle âcre de tracts, d’explosifs et de terreur. Leur nom de guerre : Action directe.

En ce mitan des années 1980, la police a placardé leurs visages flous sur les murs de France. Commence alors une traque intense et chaotique menée par des équipes aguerries qui suivent leurs traces du bitume lyonnais aux fermes les plus reculées, des HLM de banlieue aux librairies de la gauche radicale. Luigi Pareno, solitaire et douloureux, méthodique et taciturne, y consacre toute son énergie, sa rage et ses obsessions.

Une jeune femme à l’air presque sage, toujours vêtue de jeans, occupe particulièrement ses pensées. La police la surnomme « la fille de Deauville » en attendant de mettre un nom sur son visage. Née dans les beaux quartiers, Joëlle Aubron deviendra l’une deux meurtrières d’Action directe. Pareno l’observe à distance, des rues de Paris à la cellule de Fleury Mérogis où elle est un temps incarcérée, d’une planque en Belgique au Loiret enneigé où elle se cache avec ses amis Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon. Elle l’intrigue, il la hait autant qu’il s’attache.

La fille de Deauville est le roman de la colère et du feu, d’une folie révolutionnaire qui sème des cadavres sur sa route, et des rêves d’absolu. Traqués, reclus, les membres du dernier carré d’Action directe s’aiment, se désirent, se déchirent, comme dans l’attente d’une fin inéluctable. La vie de Luigi Pareno semble suspendue à leur capture : même sa douce Chantal finit par s’écarter de lui, tant la violence emporte tous ceux qui l’approchent.

Vanessa Schneider nous propose aujourd’hui le roman de l’impossible révolution, traversé d’espoir et de cris, mais aussi de mélancolie et de douceur. Paysages et silences, lits tièdes ou pavés brûlants, elle nous embarque avec ces femmes et ces hommes qui se croyaient libres.
20,00 €
L'homme de trop, II
Grasset
Voici le deuxième volet du diptyque *L’homme de trop* dont le premier opus a été publié en mars 2021.

L’auteur poursuit l'exploration de la question gay aujourd'hui, aussi bien dans ses aspects extrêmes et périlleux que dans sa progressive normalisation. On suit les péripéties et les polémiques suscitées par le mariage pour tous, à travers deux des principaux personnages du premier tome, Gaël et Morgan. On assiste à leur mariage, aux réactions qu'il provoque, en particulier chez un gay de la génération précédente, Lucas. Celui-ci est partagé entre le bonheur de constater le considérable progrès des mœurs, et le regret et la mélancolie de voir comment les gays, autrefois force vive de contestation dans la société, s'embourgeoisent peu à peu dans le confort que procure la liberté.
24,00 €
Meta Carpenter
Grasset
Meta Carpenter est  *camgirl*. Assouvir les fantasmes d’hommes cachés derrière leurs écrans, c’est sa façon d’exister. Et si le plus souvent ses clients la dégoutent, c’est autant par la médiocrité de leurs requêtes sexuelles que pour leur misogynie idiote. Heureusement, les mercredis, elle officie avec Hafsia Dinur. Les deux jeunes femmes filment leurs ébats amoureux avec l’aide d’un drone domestique. A l’heure de la pornographie planétaire, leurs vidéos deviennent culte jusqu’au cauchemar.

Un seul homme trouve grâce aux yeux de Meta. Sous le pseudonyme de Corsaire-Satan, il observe la jeune fille et échange avec elle images et récits enragés sur la violence faite aux femmes. Une étrange relation amoureuse se noue, à laquelle se joint bientôt Hafsia. Tous trois ont en commun de savoir que le monde n’a jamais voulu d’eux, comme il n’a jamais voulu des femmes libres. Leurs conversations engagent Corsaire-Satan à dépeindre son enfance  : il évoque ses deux mères, la biologique, fantôme obsédant, et l’adoptive, femme-bouclier avec laquelle il a partagé joies et complicité. Mais il se souvient aussi de son père d’accueil, haineux envers l’enfant parce qu’il n’avait pas la bonne couleur de peau, et d’un voisinage empreint de violence sociale et de racisme ordinaire…

A travers le portrait de ses mères, Corsaire-Satan se fait porteur d’un chant sacré d’amour aux femmes. Sa confession d’un lyrisme à l’os ravive le feu d’une lutte intérieure qu’il partage avec Meta et Hafsia, et tous trois vont alors prendre la route à la recherche d’une possible délivrance. Et avant que n’éclose un nouveau monde, c’est une enfant qui va naître. L’hommage aux mortes va se faire hymne à la vie.

Dans une langue ciselée, nerveuse et foisonnante, John Jefferson Selve explore avec ce trio magnifique une utopie amoureuse parfaite, il sonde aussi notre époque, et l’urgence à ne plus vivre sous le regard technique de l’autre. Seule solution pour s’extraire de l’aveuglement et voir à nouveau.

"J'aime ce livre radical, incandescent, d'un lyrisme inouï" Yannick Haenel.
17,50 €
Comme des dieux
Grasset
Une émission de téléréalité pour se choisir un dieu ? C’est l’idée folle et géniale lancée par une église évangélique américaine. Le principe en est simple : après un gigantesque casting mené dans le monde entier, treize candidats choisis pour leurs aptitudes extraordinaires, réelles ou prétendues, concourent dans l’émission He is alive ! et c’est au peuple – nous, les millions de téléspectateurs – de voter pour le messie des temps modernes. Notre messie.

Qui éliront-ils ? Martin Schnapper dont le tatouage en forme de cœur saigne comme un stigmate ? Lei qui affirme n’avoir jamais dormi de sa vie et qui considère, étant asiatique, que ses chances d’être choisi par la providence sont supérieures statistiquement ? Ou encore la belle Dorothy Olsen, fille d’agriculteurs du Colorado, qui ressuscite des animaux et n’a pas de mère connue sur Terre ?

Ce projet fantasque ne peut manquer d’attirer l’attention de Jeff Jefferson, un universitaire franco-américain qui, il y a une vingtaine d’années, a écrit sa thèse sur le groupe sectaire qui donne lieu aujourd’hui à cette révolution évangélique. Le voici arraché à son chemin mélancolique, et plongé dans un phénomène télévisuel au cœur de l’Amérique  : entre cynisme et grâce….

Ce roman aux allures de quête métaphysique est à la fois drôle, puissant, essentiel : et si Jésus revenait réellement, combien de temps la société du spectacle s’y intéresserait-elle  ?

Gérald Bronner, romancier, sociologue, passionné de raison, nous offre un texte jubilatoire et sombre, analysant avec finesse nos comportements humains tout en interrogeant la possibilité du sublime dans un monde désenchanté.
20,90 €
La vie la plus douce
Grasset
«  La vie la plus douce, c’est de ne penser à rien  », confie son grand-père à Adrien. Peut-être est-ce le secret que l’enfant appliquera sans d’abord le comprendre, lui qui subit, très jeune, les surprises de la vie.

C’est l’agonie du petit frère. Puis les coups reçus en pension, dès six ans, et la violence d’un grand frère vite abonné aux drogues dures. Et toujours, l’absence des parents  : la mère, beauté diaphane, peintre noyée dans l’alcool et la térébenthine, le père occupé aux affaires industrielles et extraconjugales.

C’était au siècle passé, une décennie où soufflait un grand vent de liberté. Dans les maisons familiales de Paris ou de Saint-Tropez, passent alors bien d’autres personnages  : la tante proustienne et magicienne, l’héritier des empereurs de Byzance, le petit-neveu de Goering,   ou encore Jici, l’apôtre enthousiaste de Pol Pot. Et tant d’autres ombres, comiques, attachantes ou sinistres, retournées rapidement au néant.

Dans ce monde pittoresque et dingue où se mêlent grands bourgeois, junkies, maoïstes, stars de cinéma, pornocrates, aventuriers, et où il est exigé de jouir de tout, Adrien garde en toutes circonstances un détachement de dandy. Mais une jeune femme cherchera à le sauver en lui inoculant une certaine idée du bonheur. Candice, l’adolescente aux seins nus, qui ne lui refuse aucune liberté parce qu’elle ne s’en refuse aucune.

Autobiographie, souvent. Rêves, parfois. Roman, toujours. Car la réalité n’est-elle pas une déformation de la fiction  ? Fabrice Gaignault fait siens les mots du poète Stanley Kunitz  : «  J’ai traversé beaucoup de vies, certaine étaient les miennes.  »
20,90 €
La Tour
Grasset
Les Olympiades. C’est là, autour de la dalle de béton de cet ensemble d’immeubles du Chinatown parisien que s’est installée la famille Truong, des boat people qui ont fui le Vietnam après la chute de Saigon. Victor Truong chérit l’imparfait du subjonctif et les poésies de Vic-to-Lou-Go (Victor Hugo). Alice, sa femme, est fan de Justin Bieber mais déteste Mitterrand, ce maudit «  communiste  » élu président l’année où est née leur fille Anne-Maï, laquelle, après une enfance passée à rêver d’être blonde comme une vraie Française, se retrouve célibataire à 40 ans, au désespoir de ses parents.

Cette tour de Babel de bric et de broc, où bruisse le murmure de mille langues, est une cour des miracles aux personnages hauts en couleurs. Voilà Ileana, la pianiste roumaine, désormais nounou exilée ; Virgile, le sans-papier sénégalais, lecteur de Proust et virtuose des fausses histoires, qui squatte le parking et gagne sa vie comme arnaqueur. On y croise aussi Clément, le sarthois obsédé du Grand Remplacement, persuadé d’être la réincarnation du chien de Michel Houellebecq, son idole. Tous ces destins se croisent, dans une fresque picaresque, faite d’amours, de deuils, de séparations et d’exils.

La Vie mode d’emploi de Perec est paru en 1978, quand les Olympiades sortaient de terre. Comment Perec raconterait-il le Paris d’aujourd’hui  ? Ce premier roman de Doan Bui tente d’y répondre, en se livrant lui aussi à une topographie minutieuse d’un lieu et de ses habitants. L’auteure y décrit la France d’aujourd’hui, de la coupe du Monde 98 aux attentats de 2015 dans un roman choral d’une drôlerie grinçante.
20,90 €
Blanc résine
Grasset
Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs

Elle s’appelle Daã. Née dans un couvent niché au cœur de la forêt boréale et construit par des femmes, elle grandit libre, loin du monde des hommes, parmi vingt-quatre religieuses. Elles règnent sur Cusoke, pays de roches et de glace où les codes sociaux sont réinventés. Enfant sauvage, Daã parle la langue d’Ina Maka, la Terre-Mère, dont elle apprend les cycles, les ordres et les lois.

Lui se prénomme Laure. Enfant albinos rejeté par les autres, fils d’ouvrier de la mine Khole Co, il voudrait se fondre parmi les visages noirs des mineurs. Mais après la mort de sa mère, son père lui rêve un destin meilleur que le sien, loin des galeries et de la misère assassine. Envoyé à la ville, il deviendra médecin malgré lui.

Tout oppose cette femme-forêt et ce garçon-translucide, deux marginaux qui aspirent, l’un à se faire accepter, l’autre à s’émanciper. Mais un jour leurs destins se croisent et l’amour les lie. Blanc Résine raconte leur histoire. Avec Laure, Daã ira vivre en ville, fera trois enfants. Mais jamais elle n'acceptera de se plier aux lois des hommes. Et cela a un prix.

Tout à la fois conte réaliste, drame romantique et fable féministe, Blanc Résine nous transporte dans un univers rude et troublant, au cœur de la nature, pour fouiller nos plus extrêmes sentiments  : l’amour, le désir, la colère. Audrée Wilhelmy y déploie son lyrisme sauvage et son imaginaire avec une maturité et une maîtrise rares. Elle signe ainsi un livre inclassable, spectaculaire.
22,00 €
Alphabet
Grasset
“Un jour, j’ai cessé de vivre. Mon corps chutait. Je disparaissais. Il fallait écrire l’inceste. Non pas écrire sur l’inceste. Mais écrire par l’inceste. Par circonvolutions. Par va-et-vient. Écrire par le chaos. Il était temps de “donner forme à la mémoire”. Je suis allée en Atlantique. J’ai rendu visite à mon oncle Yórgos. J’ai tout enregistré. Il disait, “dis-moi où et quand”. J’étais dans son pavillon, comme vingt-sept ans auparavant. Mon oncle m’exhortait de dire. Je me taisais. On disait qu’il était violent. On disait qu’il était armé. Dans cet espace clinique, les morts reviennent. Des guerres surgissent. La violence des générations anciennes nous traverse. L’instant de l’inceste demeure palpable. Alors, j’ai écrit Junon, mon double. J’ai écrit Yórgos. La frontière entre cette enclave atlantique et sa Grèce natale, que je n’ai jamais vue. J’ai écrit la famille. Par l’inceste, j’ai puisé dans notre violence un alphabet.”

J. Bo

Un extraordinaire roman, porté par une écriture qui fouaille, questionne, parcourt – un texte pour la vie et la vérité.
19,00 €
Et même l'enfer c'est pas grand-chose
Grasset
La sonnerie du collège retentit. Lucie, 13 ans, arrache d’un coup de dents un bout de l’oreille d’Enzo, un camarade de classe qui a posté sur Facebook un répugnant montage d’elle. Le sang coule. Et la sentence tombe  : elle est exclue de l’école. Ça ne suffit pas pour le père d’Enzo qui se présente au HLM de Lucie et de sa mère célibataire Juliette. Il leur réclame 1 000 euros, sinon il portera plainte pour agression.

Lucie veut régler sa dette. Le temps d’un été fiévreux, elle erre dans sa banlieue et cherche les moyens d’y parvenir. Autour d’elle, personne ne semble pouvoir l’aider : ni sa mère qui ne rêve que de chanteurs de variété et de jeux télévisés, ni son frère parti faire ses études à Paris, ni son petit copain Jordy qui ne pense qu’au sexe. Et encore moins Esther, la SDF fumeuse de crack, ou Dzaz, l’inquiétant vendeur de kebabs… Lucie ne peut compter que sur elle-même.

Bruno Lus nous offre un roman poétique et brutal, où violence physique et sociale se télescopent, sur l’horizon bouché de ceux qui ne sont pas nés où il faudrait. Porté par une oralité cinglante et une bande-son pop, ce texte résolument moderne met en scène des jeunes adolescents livrés à eux-mêmes dans un monde qui ne cherche plus à les comprendre. À un âge où l’existence numérique prend le pas sur la vie réelle, dans un milieu où la drogue apparaît comme la seule échappatoire, Lucie cherche la lumière.
19,00 €
Sur la route avec Bashô
Grasset
Voici le troisième roman dessiné de Dany Laferrière chez Grasset. Après «  Autoportrait de Paris avec chat  » et «  L’exil vaut le voyage  », «  Sur la route avec Bashô  » suit la méthode nonchalante et néanmoins réfléchie de Bashô, le moine-poète japonais du XVIIe siècle, une des inspirations constantes de l’auteur (qui comme on sait est un écrivain japonais). Le narrateur de cette histoire parcourt le monde d'aujourd'hui, de l’Amérique au Japon en le prenant par surprise. Qui se méfierait d’un rêveur ? Il ne rêve pas du tout. Il admire (les femmes écrivains qu’il lit, de Jean Rhys à Zora Neale Hurston). Il se remémore (les divinités vaudoues). Il éprouve de l’affection (envers une de ses voisines alors qu’il séjourne à New York). Des dessins stylisés parcourent le texte, qui sont peut-être la rêverie de ce narrateur « dans ce monde sans pitié ». Voyageant dans le monde contemporain, il ne peut que constater que la menace est partout. Dessinant ce qu’il voit, le narrateur écrit aussi des mots. Et par exemple ceux-ci : « Black lives matter ». « Un nègre est un homme et tout homme est un nègre », a-t-il dit au début de sa pérégrination. Nègres sont donc les manifestants de Hong Kong qu’il voit réclamer la liberté. Pourtant, son intention n’est pas de changer le monde, nous dit-il, « simplement d’y vivre ». Et l’on comprend alors que, comme le disait Pavese, c’est un métier de vivre.

Heureusement, il y a la littérature, le jazz, les femmes élégantes, les cafés et les fleurs. Il y a encore des rayons de soleil.
22,00 €
Les raisons du coeur
Grasset
Par quelle alchimie une peine de cœur peut-elle se transformer en accident cardiaque  ?

Que se passe-t-il secrètement dans un cœur ardent et vivant qui, d'un coup, se brise  ?

Tel est le mystère que tente d’éclaircir ce récit véridique, drolatique et fantasmagorique.

On y croise des balles de tennis et le chat de Schrödinger, des femmes fatales et un héros virgilien, une Thunderbird rutilante et des effluves d’outremer, Françoise Sagan et Michel Berger, des amitiés salvatrices, quelques doses de morphine et des souvenirs embrouillés de rêves.

Une saison en enfer ? Un aller-retour dans le néant ? Certainement pas.

Voici plutôt la confession d’un homme allégé, réconcilié, détaché, libéré, qui choisit d'en finir avec sa part de comédie.

Et de se raconter, soudain, à cœur ouvert.
19,00 €
La France goy
Grasset
« Trente ans après L’Esprit de vengeance, qui évoquait mes sentiments envers mon grand-père, Jean Gosset, le temps était venu de chercher à savoir pourquoi cet homme s’était engagé dans la Résistance, qui le conduirait au camp de concentration de Neuengamme où il allait mourir. Les réponses, c’était son père qui allait me les fournir. »

C.D.

L’enquête s’emballe quand un trésor est découvert dans les archives familiales : lettres, journaux intimes, articles de presse, manuel d'escrime, de la main d'Henri Gosset, le père de Jean. C’est l'étincelle qui fait exploser le réel, et le romanesque s'impose autour du personnage de Henri et de sa correspondance, qui nous font remonter à la fin du XIXème siècle, jusqu’aux racines de l’antisémitisme français et à son «  patient zéro  », Edouard Drumont. Si Henri Gosset, en arrivant à Paris, en 1892, à seize ans et demi, n’a pas rencontré l’auteur du best-seller haineux La France juive, il a en revanche très bien connu son disciple et successeur, Léon Daudet, le fils du célèbre écrivain. Léon initie Henri à l’antisémitisme et lui présente le professeur Bérillon, praticien réputé de l’hypnose, fondateur de l’Ecole de psychologie dont Henri devient un des professeurs et son trésorier.  Mais les mauvaises fréquentations d’Henri ne l’empêchent pas de tomber follement amoureux d’une jeune institutrice anarchiste, Marcelle Bernard. De l’union de ces extrêmes naîtra Jean Gosset...

Léon Daudet, Edouard Drumont, Charles Maurras, les leaders anarchistes Gustave Hervé et Almeyreda, Clemenceau, Caillaux, le directeur du Figaro Calmette, Dreyfus, Zola, Jules Bonnot, Jean Jaurès et tant d'autres, c'est une humanité grouillante et furieusement vivante qui habite La France goy. La fresque couvre les deux décennies qui précédent la première guerre mondiale. L'époque est féroce, avec ses scandales (Panama), ses campagnes de diffamation contre les Juifs, les capitalistes dénoncés comme espions par L’Action Française, les procès, les grèves, les attentats anarchistes, et les duels au petit matin blême… Au carrefour de tous ces complots, la presse, corrompue par la politique et inversement, la littérature, le théâtre, et même du cinéma puisque c’est de cette tourbe que naîtra le cinéaste Jean Vigo. Avec ce roman, Christophe Donner suggère une histoire de France hantée par une « question juive  » qui déterminerait plus que ce qui a été dit. Il découvre à travers la saga familiale une haine des Juifs, ancestrale, qui se réinvente en antisémitisme, se déchaîne, et participe à l’inexorable montée des nationalismes qui entraîneront l’Europe dans la Grande Guerre.
24,00 €
Le dernier tribun
Grasset
Nous sommes à Rome, juste à l’heure où elle va dominer le monde, au septième siècle, au temps de César.

C’est la capitale du monde, une ville immense et monstrueuse où s’observent et se haïssent Crassus, Cicéron, Catulle, Pompée, César ou Caton.

Spartacus vient d’être tué, Cléopâtre est en ville, l’ambition et la violence sont en ménage, l’art et le sexe s’entendent comme la vis et l’écrou.

Tous les vices qui rendent la vie irrésistible s’épanouissent quand les vertus qui la rendent pénible s’évanouissent.

Cicéron a fait de la morale son fonds de commerce, se présentant comme la voix du peuple alors qu’il est un défenseur acharné du Sénat et des intérêts de l’aristocratie.

Publius Claudius Pulcher, héritier de la famille la plus noble de Rome, se fait adopter par un esclave, change son nom en Clodius, se fait élire tribun de la plèbe et chasse Cicéron de Rome.

Cicéron prend le parti de Pompée, Clodius celui de César. La guerre entre eux dura dix ans et la République n’y survécut pas.

Leur lutte est racontée ici par un philosophe grec, Metaxas, l’ami le plus brillant et le plus sarcastique de Clodius qui le fait venir d’Athènes à Rome pour lui écrire les discours qui lui permettront d’affronter Cicéron à armes égales dans des joutes oratoires où il oppose la démocratie réelle de Clodius à la démocratie formelle de son adversaire.

Metaxas tombe sous le charme de cette ville merveilleuse, accueillante, féminine et effrayante. Puis il va découvrir le sort des capitales qui règnent sur le monde  : quand elles n’ont plus d’ennemis étrangers à leur mesure, elles se suicident.

Voici ses Mémoires, qui racontent la chute de la République romaine et la mort de Cicéron.
20,90 €
Le rire des déesses
Grasset
Au Nord de l’Inde, dans une ville pauvre de l'Uttar Pradesh, se trouve La Ruelle où travaillent les prostituées. Y vivent Gowri, Kavita, Bholi, ainsi que Veena, et Chinti, sa fille de dix ans. Si Veena ne parvient pas à l'aimer, les femmes du quartier l'ont prise sous leur aile, surtout  Sadhana. Elle ne se prostitue pas et habite à l’écart, dans une maison qu’occupent les hijras, ces femmes que la société craint et rejette parce qu’elles sont nées dans des corps d’hommes. Ayant changé de sexe et devenue Guru dans sa communauté, Sadhana veille sur Chinti.

Leurs destins se renversent le jour où l’un des clients de Veena, Shivnath, un swami, un homme de Dieu qui dans son temple aime se faire aduler, tombe amoureux de Chinti et la kidnappe. Persuadé d’avoir trouvé la fille de Kali capable de le rendre divin, il l’emmène en pèlerinage à Bénarès. Comment se douterait-il que sur ses pas, deux représentantes des castes les plus basses, une pute et une hijra, Veena et Sadhana, sont parties pour retrouver Chinti, et le tuer ?

Des bas-fonds de l’Inde où les couleurs des saris trempent dans la misère à sa capitale spirituelle, Ananda Devi nous entraîne dans un roman haletant et riche pour fouiller, à sa manière, les questions brûlantes de notre époque : la place des femmes et des transsexuels, le règne des hommes et la sororité  ; les folies de la foi, la pédophilie  ; la religion, la colère et l’amour. Avec son style incisif et poétique, elle brise le silence des dieux pour faire entendre et résonner le cri de guerre des femmes – le rire des déesses.
19,50 €
Rien que le soleil
Grasset
«  La première fois que Sofiane est entré dans ma salle de classe, j’ai tout de suite compris qu'il était maître en son royaume.  »

C’est l’hiver. Jeune enseignante mutée à Garges-lès-Gonesse, Norah Baume s'ennuie. Bien sûr, il y a Paul, le chat, le vin, Venise, la peinture et les songes, mais ça n’est pas assez. Alors, au fond de la classe, une perspective : Sofiane, première technologique. Survêtement, beau visage, insolence. Un lien se tisse. Jusqu’au jour où, hantée par le désir de transgression, Norah prend la fuite. C’est le printemps. Sur les quais du Vieux-Port de Marseille, elle croise Freddy, figure de son enfance, et découvre avec lui un univers interlope, des deals, des squats, une jeunesse masculine qui clope sur les plages. Le soleil brûle déjà. C’est bientôt l’été. Norah est seule, elle rêve : sur le pont du ferry pour Alger, la mer s’ouvre, la ville blanche apparaît, ultime ailleurs…

La tentative d’évasion d’une femme en quête d’elle-même, libre et romantique, indécise et passionnée. Dans une langue d’une puissante tension charnelle, Lou Kanche dit l’incertitude de l’époque et de la jeunesse, le vertige de l’impossible, les contradictions entre confort et attrait des lointains. Norah Baume ou la puissance du désir, qui contient toutes les échappées possibles, tous les rêves et toutes les sensations nouvelles.
18,50 €
Delta blues
Grasset
Printemps 1932, dans le delta du Mississippi. Une chaleur suffocante écrase la campagne et menace les récoltes. Un assassin sans visage frappe la nuit, et une injustice sans nom règne le jour. Des croix brûlent sous la lune, les cavaliers fantômes du Ku Klux Klan font régner la terreur et le Mississippi prend les couleurs de l’enfer. Au milieu du désastre, deux amants  : Betty et Steve. Ils sont jeunes, Noirs et pauvres, mais persuadés que leur amour les sauvera…

Vaste fresque historique et musicale, aux accents faulknériens, Delta Blues déploie une galerie de personnages  : Noirs, Blancs, Indiens et métis, planteurs et bluesmen errants, prêcheurs, sorcières, politiciens véreux, bagnards, trafiquants d’alcool et Legba, le dieu vaudou, «  Maître des carrefours  » qui, tel un détective d’outre-monde, veille sur le destin de chacun.

Au fil des pages, un monde renaît : le Delta, la terre où naquit le blues, où des femmes et des hommes opprimés trouvèrent les voix qui firent écho à leur humanité.

Inspiré par le réalisme magique, écrit dans une langue vibrante et poétique, Delta Blues est un chant universel, bouleversant.
24,00 €
S'il n'en reste qu'une
Grasset
L’héroïsme des bataillons de combattantes kurdes contre Daech attendait son grand roman. Le voici.

Une journaliste occidentale croit pouvoir enquêter impunément sur le destin magnifique de deux figures légendaires, Tékochine et Gulistan, afin de raconter la pureté de leur cause, l’inflexibilité de leur lutte, les circonstances exceptionnelles de leur mort dans les décombres d’une ville assiégée de l’ancienne Mésopotamie.

Mais accéder au premier cercle des dirigeants clandestins de cette guerre-là se mérite, et peut-être ne peut-on révéler la vérité qui se cache derrière tant de récits lacunaires et contradictoires qu’en se perdant à son tour  : son enquête devient peu à peu parcours initiatique, remontée du fleuve du souvenir, hymne à une liberté dont nous avons perdu le sens en cessant d’être prêts à en payer le prix.

Dans un paysage de sable et de lumière, S’il n’en reste qu’une est l’histoire de ces femmes confrontées à ce qu’il peut y avoir d’incandescent dans la condition humaine.
19,50 €
L'homme qui peignait les âmes
Grasset
Acre, quartier juif, 1078. Avner, qui a quatorze ans, pêche avec son père. À l’occasion d’une livraison à un monastère, son regard tombe sur une icône. C’est l’éblouissement. «  Il ne s’agit pas d’un portrait mais d’un objet sacré, lui dit le supérieur du monastère. On ne peint pas une icône, on l’écrit, et on ne peut le faire qu’en ayant une foi profonde  ».

Avner n’aura de cesse de pouvoir «  écrire  ». Et tant pis s’il n’a pas la foi, il fait comme si, acquiert les techniques, apprend les textes sacrés, se fait baptiser, quitte les siens. Mansour, un marchand ambulant musulman, le prend sous son aile. C’est l’occasion d’un merveilleux voyage initiatique d’Acre à Nazareth, de Césarée à Jérusalem, puis à Bethlehem, jusqu’au monastère de Mar Saba, en plein désert de Judée, où Avner reste dix années où il devient l’un des plus grands iconographes de Palestine.

Refusant de s’astreindre aux canons rigides de l’Eglise qui obligent à ne représenter que Dieu et les saints, il ose reproduire des visages de gens de la vie ordinaire, cherchant dans chaque être sa part de divin, sa beauté. C’est un triomphe, c’est un scandale. Se prend-il pour un prophète  ? Il est chassé, son œuvre est brûlée. Quel sera le destin final d’un homme qui a osé défier l’ordre établi ?

Le roman de l’artiste qui, envers et contre tous les ordres établis, tente d’apporter de la grâce au monde.
20,00 €
Les douces
Grasset
Ils étaient quatre, trois filles et un garçon  : Dolorès, Zineb, Bianca et Hannibal. Quatre meilleurs amis devenus comme frère et sœurs, ayant grandi ensemble, connu les joies de l’enfance et les tourments des premiers sentiments, se jurant de ne jamais se séparer. La vie s’ouvrait à eux  ; le lycée terminé, ils quitteraient leur village du Sud, découvriraient Paris. Mais le soir du bal de fin d’année, Hannibal disparaît et laisse celles qu’il appelait mes douces, seules et interdites.

Huit ans plus tard, son corps est retrouvé, enterré dans la propriété d’Auguste Meyer, sculpteur célèbre de la région et professeur de poterie des quatre enfants qui, jusqu’à sa mort, a nourri pour Dolorès, sa beauté, une étrange fascination. L’Officier Casez est chargé d’enquêter, il convoque les trois jeunes femmes  ; l’une est devenue célèbre sur les réseaux sociaux, l’autre étudiante, la dernière travaille dans un cinéma. Elles ne se parlent plus mais continuent de recevoir d’énigmatiques emails signés Hannibal. L’une le croit vivant, les autres pas.

A mesure qu’il essaie de percer le mystère de leur amitié, Léo Casez bute sur les interrogations  : quel pacte les liait  ? Qui était vraiment Auguste Meyer et pourquoi la mère de Dolorès le protégeait-elle ? En rouvrant les archives du passé, il force les secrets et nous entraîne dans les souvenirs de cet été brûlant, les joies et les tourments de quatre adolescents devenus si tôt adultes.

Un premier roman haletant, envoûtant comme un tour de magie.
20,90 €
De mon plein gré
Grasset
Elle a passé la nuit avec un homme et est venue se présenter à la police. Alors ce dimanche matin, au deuxième étage du commissariat, une enquête est en cours. L’haleine encore vive de trop de rhum coca, elle est interrogée par le Major, bourru et bienveillant, puis par Jeanne, aux avant-bras tatoués, et enfin par Carole qui vapote et humilie son collègue sans discontinuer.

Elle est expertisée psychologiquement, ses empreintes sont relevées, un avocat prépare déjà sa défense, ses amis lui tournent le dos, alors elle ne sait plus exactement. S’est-elle livrée à la police elle-même après avoir commis l’irréparable, cette nuit-là  ?

Inspiré de l’histoire de l’auteure, De mon plein gré est bref, haletant, vibrant au rythme d’une ritournelle de questions qui semblent autant d’accusations. Mathilde Forget dessine l’ambiguïté des mots, des situations et du regard social sur les agressions sexuelles à travers un objet littéraire étonnant, d’une grâce presque ludique. Il se lit comme une enquête et dévoile peu à peu la violence inouïe du drame et de la suspicion qui plane très souvent sur sa victime.
15,00 €
Les hyènes
Grasset
L’hyène est un animal perfide dont le cri est un rire qui laisse imaginer sa cruauté. Les plus retorses sont les femelles qui dominent les mâles, les matent, les dévorent. Elles ne s’accouplent que pour se reproduire. Terrorisent ceux qui les défient. Et enseignent méticuleusement à leur descendance à faire de même. Sur ce point néanmoins, les femmes de la famille de Blanche, qu’on surnomme les hyènes parce qu’elles ont tous leurs traits, ont failli. Preuve en est, ce matin, Blanche, 44 ans, s’apprête à annoncer à sa mère qu’elle sera la dernière hyène de sa lignée puisqu’elle a décidé d’avorter.

Le temps d’un déjeuner, la narratrice déroule ses souvenirs et convoque à la table ses ancêtres, Clara, Louise-Huguette, Georgette, pour raconter l’histoire de sa famille, et expliquer son geste. Surgit un monde ancien où les femmes se transmettent, non l’amour et la tendresse, mais la rage, la haine des hommes et la soif de vengeance. Un cycle de violence auquel Blanche n’échappera pas tant elle sait que les traumas de nos aînés informent jusqu’à nos gènes, mais auquel elle met fin. A travers ce récit familial sur cinq générations, Annie Ferret remonte le cours du temps pour montrer comment le legs familial ne se résume pas à l’ADN et retrouver la source de cette colère, le premier acte qui fit un jour d’une femme, une hyène.
19,00 €
Je te verrai dans mon rêve
Grasset
1971. Tout juste sorti de prison, Gégé, dit Blaise, retrouve le bar familial dont il a hérité à la mort de son père. Son rêve  de toujours  : le transformer en café-concert pour en faire un rendez-vous incontournable de la scène jazz. Il se lance, résolu à faire bouger sa ville terne et sans âme.

Mais un bébé, la petite Nour, et sa mère défaillante arrivent par effraction dans sa vie solitaire. Blaise fait tout pour les garder à distance. Hanté par son passé, il craint plus que tout de s’attacher… Mais d’un regard, l’enfant fait tomber ses résistances, et il va désormais veiller sur elle à sa façon. Ce faux père la protège tant bien que mal, l’initie à la musique, lui offre sa première guitare et son premier concert. Il la regarde grandir, adolescente écorchée vive qui se brûle aux accidents de la vie, ceux qui menacent à coup sûr les gamines sans repères.

En ville règne une atmosphère de perdus, d’à quoi bon, alcoolisée et souvent brutale. Au milieu de tous les dangers, Nour chante. Et entre deux concerts de jazz mythiques dans le bar de Blaise, elle compose, pour fuir son enfance, tracer son destin, tenter de défier la mort.

Blaise, l’ancien taulard paumé et farouche, s’est mis à aimer. Et parce qu’il est la victime d’un secret de famille, il va tout faire pour sauver Nour. Jusqu’à la dernière page, nous respirons avec eux et tremblons pour eux. Romanesque, haletant, sensible et bouleversant.
18,00 €
Le Cuisinier
Points
« Je n’ai qu’une chose à dire : encore plus excitant. Mes félicitations au cuisinier. » Maravan, jeune réfugié tamoul, coupe les légumes et fait la vaisselle dans un restaurant suisse fréquenté par le monde de la finance. Au Sri Lanka, il était un cuisinier prometteur, spécialiste des préparations ayurvédiques. Lorsqu’il est licencié, Andrea, son ancienne collègue, s’associe avec lui pour servir des dîners aphrodisiaques à domicile. Malgré la crainte de corrompre sa passion, Maravan se lance dans l’aventure. Qui le précipitera dans un écheveau d'expérimentations culinaires, de tractations avec des Tigres tamouls suspects, le tout sur fond de crise financière mondiale.

Martin Suter est né à Zurich en 1948. Ancien publicitaire, il est aussi journaliste et scénariste. Il vit entre la Suisse, l’Espagne et le Guatemala. Ses romans sont disponibles en Points.

« Un polar culinaire à base de miel et de fiel. Succulent. »

L’Express

Préface inédite de Serge Joncour

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni
10,20 €
L'homme de trop
Grasset
Ce roman est le premier volume du diptyque «  L’homme de trop  », sous-titré *L’arc-en ciel interdit.*

Cette somme romanesque peut se lire comme le pendant du célèbre roman *L’étoile rose* (Grasset, 1978, réédité en 2012 en CR) puisqu’elle interroge la question gay aujourd'hui, après l'adoption du mariage pour tous.

Lucas Fabert est un photographe de 64 ans. Dans sa jeunesse, il se sentait un paria ; aujourd'hui, il constate, avec des sentiments mêlés, l'insouciance des jeunes homos complètement libérés, complètement intégrés. S'il se réjouit du progrès des mœurs qui leur a apporté le bonheur, il se demande s'ils n'ont pas perdu la force de contestation qui était autrefois la contrepartie glorieuse de leur angoissante marginalité : en un mot, s'ils ne se sont pas embourgeoisés. Jadis "homme de trop" parce qu'il faisait partie de la minorité exclue, il reste "homme de trop" par son refus d'abolir ce qui faisait sa différence, de se banaliser, de se fondre dans le conformisme ambiant.

Dans ce premier tome, Lucas se confie à ses jeunes amis oublieux du passé et ne comprenant pas ses réticences à l’idée que le droit à la différence se soit transmué en devoir de ressemblance.  Il leur raconte ce que furent son adolescence, son éducation sentimentale et les épisodes marquants de sa vie jusqu'à la libération des mœurs des années 70. Dans le second volume, sous-titré "La liberté trahie" (à paraître en mars 2022), il évoquera les péripéties de la campagne pour le mariage pour tous et s'interrogera sur les conséquences de la victoire remportée.

Une comédie humaine qui nous fait traverser un demi-siècle d’histoire de France à la boussole de l’homosexualité, une histoire des mœurs romancée qui déborde de personnages et regorge d’événements.
23,00 €
Derniers jours
Grasset
Sept nouvelles admirables qui déclinent le thème des derniers jours  : ce qui se défait, se brise, s’achève dans la vie des êtres, dans leurs amours, dans leurs rêves, dans la transmission, dans notre monde…

Dans «  Sous la mer  », une jeune mathématicienne qui n’a pu donner la vie se tourne vers les «  sciences du vivant  » et, consciente du péril qui nous guette, choisit de fusionner avec le monde sous-marin lors d’une ultime plongée en mer d’Oman.

Dans «  Toussaint  », un vieux garçon vierge et sensible, chef de bureau de la préfecture de Bastia, se blesse en rentrant chez lui. Une jeune gitane lui porte secours. C’est la seule fois de sa vie qu’il tiendra, fugitivement, une femme dans ses bras. Un geste maladroit et l’oiseau s’envolera…

Dans «  Un fait divers  », une vieille dame qui toute sa vie fut enseignante de français en Belgique est agressée dans la banlieue de Lille. A l’hôpital, elle est gagnée par le ressac des émotions littéraires de sa vie. Son esprit s’y abandonne avant de s’éteindre dans le magnétisme heureux de ce monde intérieur.

A «  Hosterre  », dans les années 20 du siècle dernier,  le gardien solitaire d’un domaine abandonné dans les brumes de l’Atlantique, veuf sans enfant, se prend de tendresse pour la fille du Marquis d’A+++. L’enfant se noie par accident, un jour où il est absent. Le retour sur les lieux de la mère de la petite noyée mettra à nu son obsession, et le conduira à une issue tragique.

Dans «  Armal  », un diplomate   part dans les Asturies pour y revoir l’ancien maître d’hôtel de la femme qu’il a aimée, qui lui a écrit pour lui demander d’aider sa fille après sa mort, toute proche. Il arrive trop tard, tombe amoureux de la jeune femme dans les jours de deuil et de trouble qui suivent les obsèques. Avant d’être rendu à sa solitude …

Dans «  Samedi saint  », le curé d’une paroisse romaine qui a perdu la foi erre dans l’attente de Pâques au fil des rencontres prévues ou imprévues d’une longue journée. Le handicap profond du fils d’un ami très proche le hante et il songe, tandis qu’approche la nuit pascale,   à quitter l’Eglise, sans en attendre de remède.

Dans «  Le dernier élève  », une ancienne cantatrice, devenue professeur de chant, n’a plus qu’un élève, un jeune ténor japonais, qui observe avec affection cette femme qui enveloppe ses regrets d’un halo de grandeur rêvée. Lors d’une de leurs leçons, son mari, auquel le jeune homme porte un attachement discret,  meurt d’une attaque. C’est leur ultime rencontre…

Une écriture somptueuse, une sensibilité extrême domptée par le classicisme de la langue  : un bijou de littérature  !
16,00 €
Le doigt
Grasset
16 janvier 2018, 7h28 : il fait encore nuit devant le lycée, en périphérie d’une ville auvergnate. Emmitouflée dans sa doudoune, la prof se repasse le plan de son cours de philo et traverse la rue en dehors des passages piétons. Un klaxon la surprend, elle ne se retourne pas, fait un doigt d’honneur. La voiture se gare, un homme en sort précipitamment, hurle, la défie : « Recommence ! » Face à lui, nouveau doigt d’honneur. Il la gifle.

Ce n’est pas la première fois qu’elle rencontre la violence.

Battue dans son enfance, devenue adulte elle a été rouée de coups par un de ses élèves et plus tard insultée par un autre. Pourquoi ? Quel lien existe-t-il entre son corps et la brutalité ? A qui était destiné ce doigt ? Ce roman est une enquête sur deux minutes qui brisent sa vie. Parmi les profs, l’événement perturbe. Qui est coupable de la gifle ? Pourquoi a-t-elle pris le risque de ce second doigt d’honneur ?

En alternant dialogue en salle des profs et récits des faits, l’écriture tendue de ce Hors les murs de l’éducation nationale, interroge la question de l’origine de la violence. Celle qu’on subit, celle qu’on exerce, celle qu’on désire, celle qui arrive inévitablement, quand on est femme, quand on est arabe, quand on est prof.

Entre burlesque et lucidité profonde, Le doigt retrace à un rythme haletant les événements qui permettent de comprendre cette « victime en récidive », au travers de la comédie sociale des supérieurs, des médecins et de la justice qui sans cesse minimisent la violence.
19,00 €
La vie rêvée du joueur d'échecs
Grasset
«  Bien que lecteur et joueur de balles assidu dès mon plus jeune âge, j’ai fini par découvrir que le jeu d’échecs surpassait tous les autres en raison du pouvoir qu’il a de nous plonger au plus profond du rêve. Dans ce livre, je raconte comment, dans ma jeunesse, après avoir échappé de justesse au danger de l’enfermement mental qu’il peut aussi induire, j’ai fini par apprendre à m’en servir comme d’un moyen très sûr de traverser les périodes difficiles de l’existence, ce qui m’a été d’un secours providentiel.

Outre ce pouvoir d’évasion, j’essaie de montrer dans ce livre en quoi la compétition échiquéenne constitue tout à la fois une excellente école de circonspection dans nos jugements, une pierre de touche de l’exactitude de nos raisonnements, et une précieuse ouverture sur la connaissance de soi-même.

Chemin faisant, j’en profite pour brosser les portraits de divers joueurs passionnés dont les éventuelles prouesses intellectuelles – du moins dans le cas des meilleurs - s’allient à des manies hautement excentriques, offrant ainsi un spectacle baroque où l’aspect comique le dispute au pathétique.

Enfin, j’essaie de mener une réflexion sur la fonction sociale du jeu, dont il me semble qu’elle pourrait nous montrer la voie d’une convivialité nettement plus enviable et chaleureuse que celle qui nous est proposée par l’esprit résolument utilitariste et planificateur qui a commencé de désenchanter le monde d’aujourd’hui.  »
19,00 €
Le mal des ruines
Grasset
«  Il m’arrive encore de me demander qui je suis, après tant d’années, mais je sais bien d’où je viens. Il me suffit d’attraper un avion à Orly et de retrouver une heure et demie plus tard la Corse pour avoir la certitude de toucher à mes origines. Comme si cette île m’avait défini avant même que je ne me soucie de le faire.  »

Pour beaucoup, «  le pays de l’enfance  » est un monde fait de souvenirs idéalisés. Pour Claude Arnaud, descendant des Zuccarelli, une famille qui tint longtemps la mairie de Bastia et celle de Santa-Lucia-di-Mercurio, petit village niché entre deux lignes crêtes, c’est une terre bien réelle où il passa ses premiers étés et revient dès qu’il peut. Un Eden où la nature déploie encore ses merveilles, hautes montagnes à pic, maquis aux parfums envoûtants, vallées de solitude et villages intouchés. Mais une origine suffit-elle à définir une identité  ? Que faire quand son paradis se change en enfer où les maisons des siens cèdent sous les bombes, où l’un de ses frères va se noyer, et où un corps sans tête est retrouvé dans son village même  ? Qu’est-ce qu’une terre dit de soi  ? Et que faire d’une île aussi belle que mortelle  ?

Dans cet époustouflant road trip à travers les routes sinueuses de la Corse, Claude Arnaud retrace l’histoire de sa famille, revisite les morts et les vivants, revient sur   l’énigme de ce meurtre survenu en 2005 (une partie de poker qui tourne mal, un corps jeté aux cochons, une tête enfouie sous 700 kilos de gravats et les secrets de l’île qui ressurgissent). A jamais marqué par cet ailleurs qui est en lui, il fait le portrait de cette île souvent fantasmée, toujours mystérieuse. Une éblouissante traversée.

Prix du Mémorial d'Ajaccio
15,00 €
Les héroïques
Grasset
Quelques jours de la vie d’une femme, Wanda. Les derniers, et les plus intenses, peut-être  ?

A 70 ans, Wanda  est l’audace incarnée. Atteinte d’un cancer généralisé, elle sait sa fin imminente. Son état se dégrade à vue d’œil, mais dans cette course contre la montre, pas question de se laisser abattre, encore moins d’avoir peur. Plutôt aller de l’avant, aujourd’hui comme hier, en ces temps de sa jeunesse que Wanda se remémore  : le concert des Rolling Stones à Varsovie, en avril 1967, où elle rencontre Edward qu’elle épousera et dont la brillante carrière accompagnera les paradoxes de l’Histoire polonaise contemporaine  ; son engagement dans une troupe de théâtre expérimental  ; sa passion pour Konrad, son étudiant devenu amant après la chute du mur  ; et bien sûr ses deux filles, insaisissables et lointaines.

Face aux assauts du siècle, à sa violence, aux renoncements idéologiques, Wanda et ses proches ont toujours cultivé l’ironie et tenté de préserver ce qu’il restait de beauté. Héroïques à leur façon et nourris d’utopies, ils ont su rester libres. C’est à cette liberté que Wanda n’entend pas renoncer. Elle décide de s’évader de l’hôpital où elle était soignée, convaincue qu’il existe des lieux autrement plus recommandables pour trépasser. Et si son histoire commençait là où on la croit achevée? Et si, jusqu’au bout, il était possible de relancer les dés  ?

Une fabuleuse leçon de cran, d’intelligence et de vie, portée par une langue vibrante et réjouissante.
19,00 €
Amours diplomatiques
Grasset
Un ambassadeur exilé d’un lointain pays en proie à la guerre civile revit les espoirs et les illusions d’une existence balayée par l’histoire, comme son grand amour d’antan. Un attaché culturel japonais poursuit la femme de ses rêves, de Rome à la veille de la guerre jusqu’à Tokyo vingt ans plus tard et à Denver de nos jours. Une belle femme alcoolique conduit son Alfa Romeo le long du lac de Genève, en quête de l’homme  de sa vie qui vient de s’éteindre- ce qu’elle feint d’ignorer.

Trois histoires éblouissantes et drôles, qui composent un seul roman, empreint d’une mélancolie glaçante et d’une parodie douloureuse.
20,90 €
Les enquêtes de Pénélope Intrigue en Egypte
Grasset
Voici la cinquième enquête artistique et historique de Pénélope, la pétulante (quoiqu’inquiète) conservatrice de musée, et de Wandrille, éternel pigiste qui n’arrive pas à se prendre au sérieux. En 1799, lors de l’expédition d’Egypte, Bonaparte aurait caché un objet destiné lui permettre de régner sur la France. De nos jours, un cambriolage a lieu à Reims, dans le trésor des sacres  des rois, faisant disparaître un anneau égyptien portant le cartouche de Néfertiti qui avait été offert au musée par l’impératrice Eugénie. Pénélope, chargée des collections de bijoux égyptiens au Louvre, est dépêchée de toute urgence sur le site archéologique des ermitages coptes de Baouit. Quel est le lien secret qui unit les Bonaparte et les Bourbon, et dont la clé se trouverait encore au pays des Pharaons  ?

Erudite et humoristique, cette *Intrigue* qui, comme les précédentes, nous fait apprendre mille détails de l’histoire de l’Art mêlés à des aventures rocambolesques. Pénélope et Wandrille courent à la recherche de la clef (ou de la bague) de l’affaire, accompagnés de nouveaux personnages tout aussi pittoresques, comme Diane, irrésistible blonde aux yeux verts qui veut épouser Wandrille, ou la présidente du musée du Louvre, qui résiste à des manifestants ayant envahi le département des Antiquités égyptiennes, sans parler d’un médecin médiatique et d’un escroc corse. Nous voici conduits, sur un rythme frénétique, de Paris à l’Egypte, en passant des hauteurs d’Ajacccio. Quel est donc le secret du talisman égyptien de Bonaparte  ?
19,50 €
Des rêves à tenir
Grasset
Un dimanche d’hiver, dans un petit port de pêche, Job réapparaît après trente ans d’errance. Au bar local, sa présence silencieuse et son éternel verre de whisky chaud intriguent une bande de joyeux rêveurs. Autoproclamés les Partisans de la langouste, ils cherchent comment sauver ces dernières – et, par elles, l’humanité devenue folle.

A l’affût des échos du monde, l’un de ces utopistes bricole de vieilles radios sur lesquelles il capte des fréquences lointaines. Prêtant l’oreille aux échanges nocturnes de marins solitaires, il apprend l’existence d’une nouvelle Arche de Noé, une ZAD maritime géante… Le moment est peut-être venu d’incarner ses rêves.

La micro-société des Rêves à tenir agrandit le champ des possibles, et son irrévérence réjouissante bouscule l’âpreté du réel. Avec une douce pudeur, elle tisse un écheveau de questions sur soi-même et sur l’autre, sur l’absence, et sur ce qui nous rend dignes du nom d’hommes.

Une fable universelle, toute en humour espiègle et en grâce poétique.
18,00 €
L'historiographe du royaume
Grasset
«  Je fus en grâce autant qu’en disgrâce. De l’un ou l’autre état les causes me furent souvent inconnues. À l’âge de quinze ans j’avais été placé au Collège royal, dans la classe de l’aîné des princes…  »

Celui que le destin projette ainsi dans l’entourage du futur roi du Maroc, Hassan II, aurait tort de trop croire en son étoile et de ne mettre aucune borne à ses ambitions. Il n’est pas sans risque d’avoir systématiquement devancé un prince au tableau d’honneur.

Attend-il d’être appelé au gouvernement  ? On l’envoie en exil. Se croit-il perdu à jamais  ? On le nomme historiographe du royaume, comme Racine sous Louis XIV, comme Voltaire sous Louis XV. Ce n’est pas pour déplaire à ce conseiller lettré, qui cultive une écriture d’un classicisme achevé.

Mais il a appris à redouter dans toute faveur apparente un jeu dont il serait obscurément la proie. Et qu’adviendra-t-il de sa loyauté à toute épreuve, lorsqu’une insaisissable jeune femme viendra lui murmurer les secrets des rébellions qui s’organisent clandestinement dans le royaume  ?

Une transposition virtuose des *Mille et Une Nuits* et des Mémoires de Saint-Simon au xxe siècle, qui nous fait revivre trente ans d’histoire du Maroc, entre le crépuscule du «  protectorat  » et le début des «  années de plomb  ».
22,00 €
Ce qui plaisait à Blanche
Grasset
« Certains êtres sont parfois des virtuoses involontaires de l’instrument que nous sommes. Et ils le sont parce qu’un don mystérieux leur a offert un accès immédiat, presque violent, à ce que, d’ordinaire, nous dissimulons.

Ces êtres, que nous identifions à peine quand le hasard nous met en leur présence, jouent d’instinct de cet instrument, donc de nous-mêmes. Rien, pourtant, ne les a préparés à l’exercice auquel ils vont exceller sans le savoir.

Parfois, ils y prennent du plaisir. Parfois, ils s’en acquittent sans y songer. Comme des despotes qui se sentent obligés d’être despotiques, par conformité à leur nature, et presque à leur insu.

Ces êtres sont redoutables car ils vont nous gouverner avant même d’avoir pris la peine de le vouloir.

Mais nous aimons à la folie l’illusion qu’ils nous procurent d’être compris, ainsi que les doses de ravissement qu'ils ont versées dans notre existence – en même temps qu’ils y ont versé leurs doses de venin.

Blanche était de ces êtres-là…  »

J-P. E
22,00 €
Le Male Blanc - Roman
Grasset
« La Morénie du prince Albéric, dit « le mâle blanc », a été l’an dernier le théâtre d’événements abondamment repris par les journaux, radios et chaînes de télévision de ses voisins de l’Union européenne. Ils ont entrainé une réprobation très vive des commentateurs et une condamnation sans équivoque de la part de plusieurs gouvernements. Me trouvant sur place, j’ai pu constater une réalité bien différente de celle qui a été présentée. Il m’a semblé de mon devoir de dire ce que j’ai vu et appris en sept mois. »

Le margraviat de Morénie est une petite monarchie absolue située quelque part entre la France, l’Allemagne et la Belgique. Confits dans le flegme, l’amour de la discussion et une farouche indépendance, les Moréniens ont su se prémunir des guerres ravageuses du XXème siècle et préserver la douce quiétude anachronique de leur Etat. Mais tout bascule quand la douairière Irène se met en tête de marier son fils Albéric. Entre un prince insaisissable trop occupé à chasser et conter fleurette à la fille du pâtissier, une mère américaine et autoritaire, un conseiller débonnaire, un préfet bonapartiste, un métropolite ondoyant et un pamphlétaire impétueux qui n’a que le mot démocratie à la bouche, la Morénie est à l’aube d’une crise politique sans précédent : plus malin qu’il n’y paraît, le Prince Albéric se met en tête de faire diversion en donnant la parole au peuple par voie de référendum à répétition sur tous les sujets qui passent et qui fâchent. Avec le suffrage universel, Les Moréniens ont rendez-vous avec l’Histoire…

Dans cette fable savoureuse, Stéphane Denis s’en prend aux mœurs, à la morale et aux ridicules d’un petit pays ravagé par la tyrannie de tous les « politiquement correct » de notre époque : et si la Morénie était française ?
15,00 €
La femme sans tête / roman
Grasset
Santa Lucia, Cap Corse, 8 août 1988. Au fond d'un caveau familial, le corps décapité d'une femme est retrouvé. Très vite, le major Serrier, surnommé « L'Enquêteur numéro un » au sein de la Brigade de recherches, retrouve son identité ; il s'agit de Gabrielle Nicolet, disparue en août 1979 alors qu'elle se trouvait en vacances en Corse avec son fils de huit ans. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi, après avoir massacré le corps de cette jeune femme, l'assassin lui a-t-il arraché la tête ? Où est le petit Yann ? Dix ans après leur disparition, Serrier est parti sur leurs traces.

De filatures en planques nocturnes, de la plage de Santa Lucia aux trottoirs parisiens, cette affaire a plongé Serrier dans la folie. Antoine Albertini rouvre le dossier. Une enquête où rancunes familiales, silences et combines locales s'entrecroisent pour brouiller la vérité.
20,00 €
La meute
Grasset
Y aurait-il donc une « Affaire Polanski » comme il y eut une « Affaire Dreyfus »? Beaucoup dont Yann Moix, le croient. Tandis que d’autres, plus nombreux, semble-t-il, s’indignent d’une telle comparaison… D’où ce livre qui, a n’en pas douter, fera débat. La thèse ? D’un côté, on le sait, ceux qui disent à juste titre que tout crime ou délit mérite son jugement et sa sanction. Qu’il n’y a pas une loi pour les « élites » et une loi pour les « obscurs ». Dont acte- puisque telle est la règle démocratique. Face à ceux-là, Moix fait simplement observer que « l’Affaire Polanski » serait enterrée depuis longtemps si Polanski avait été un « Monsieur tout- le- monde ». Au nom de la règle démocratique, on en arriverait donc à trouver naturel qu’il y ait des lois (d’exception) pour un homme célèbre, et un droit à l’oubli pour les autres... C’est contre ce fait que Moix s’emporte et s’indigne. Au passage, bien sûr, il entre dans les détails de « l’Affaire » : le retrait de plainte de la victime ; l’arrangement financier ; le rôle de la mère de la victime ; l’attitude pour le moins étrange du gouvernement suisse ; le fait que Polanski, en trente ans, n’ait jamais « récidivé » ; le rôle des juges (élus) aux Etats-Unis. Du coup, il en vient à décrire notre époque, où l’idéologie égalitariste instille une haine particulière du talent, de la singularité. Selon Moix, « la meute » veut immoler (tout en les adorant) ses idoles. Il faut qu’elles soient punies. Freud n’avait pas démontré autre chose dans Totem et Tabou.
17,30 €
Auteur academy
Grasset
« Dans ce siècle, la télévision était plus puissante que le plus puissant des ministères ». Sélectionné pour participer à une émission de téléréalité qui doit permettre aux spectateurs de suivre étape par étape la fabrication d’une carrière d’écrivain, le narrateur, Pierre, s’installe pour un an sur une île grecque – ou plutôt, il est enfermé dans un monastère vieux de deux mille ans, en compagnie de douze autres candidats à la gloire, et concurrents ipso facto. Dans cette Villa Médicis version « Loft Story », les apprentis écrivains sont filmés 24h sur 24… Le soir, sur les plateaux de « praïme », ils s’entretiennent avec l’auteur controversé Michel Hache, écoutent sa narcissique consoeur Christine Hang faire la lecture de son dernier livre, et prennent, la journée, des cours de « marquetine littéraire » auprès de l’Académicien au teint halé Jeandeau, ou des leçons d’interviou avec le célèbre animateur à la retraite, Bernard Paix. Amitiés de circonstance, amour et jalousies, ambition et mesquineries, cette « île de la création » est un « Koh Lanta » pour aspirants au Goncourt. Avec une ironie lucide et un cynisme plein d’humour, l’auteur ridiculise les travers d’une société du divertissement, où l’on croit qu’il est possible de fabriquer des écrivains. Il croque avec justesse une galerie de fantoches, et fait rire le lecteur aux dépens de ses personnages, le producteur et son assistante, les candidats médiocres et les auteurs médiatiques, dont la seule compétence est de dispenser à leurs cadets des cours de parisianisme…
25,90 €
Une amitié espagnole
Grasset
« Je suis professeur israélien, j’enseigne les sciences politiques dans une grande université israélienne depuis de nombreuses années. Au fil du temps, l’un des sujets qui m’ont le plus fasciné est celui du leadership. Qu’est-ce qui fait un véritable homme d’Etat ? Regardant autour de moi, en Israël comme en France ou en Europe, j’ai vu beaucoup de politiciens, très peu d’hommes d’Etat. Dans mon pays, les seuls qui sont dignes de ce nom ont sans doute été David Ben Gourion, qui a créé l’Etat d’Israël et Itshak Rabin, qui a osé signer les accords d’Oslo. En France, j’avoue avoir été fasciné par deux personnages : Charles de Gaulle et Léon Blum. Blum, surtout, un homme qui, dans sa jeunesse a été un des grands intellectuels, versé dans toutes les littératures, en poésie comme en théâtre, peut-être le plus grand critique littéraire d’avant la première guerre mondiale, l’un des piliers de la célèbre Revue Blanche qui joua un rôle central dans l’évolution des idées et dans le combat pour Dreyfus. Son passage à la politique m’a toujours paru, en soi, quelque chose d’extraordinaire : comment un homme dont toute la vie est centrée sur l’écriture, le roman et le théâtre peut-il se trouver tout-à-coup au cœur des événements, qui sont, avec la montée des fascismes, les évènements les plus dramatiques de l’histoire contemporaine ? Comment cet homme, dont la fidélité en amitié était légendaire, pour qui les relations d’altérité étaient aussi fondamentales, a-t-il vécu son impuissance à agir lors de la Guerre d’Espagne, lorsque ses amis républicains étaient massacrés et qu’il ne pouvait agir pour les sauver ? J’ai voulu écrire un roman autour d’un personnage qui ressemble à Léon Blum. L’intellectuel est-il vraiment fait pour entrer en politique et se salir les mains ? Quel rôle les liens d’amitié personnels, les liens de jeunesse jouent-ils dans la vie de l’homme d’Etat ? Comment rester fidèle à ce que l’on a été ? Une Amitié espagnole raconte l’histoire d’un homme très singulier, qui s’est trouvé confronté à toutes ces questions, au travers de l’amitié intense qu’il a nouée avec une jeune fille de Madrid. Il était socialiste et humaniste, elle était communiste, ils ont vécu quelque chose d’un lien entre amour et amitié, mais la vie les a séparés. »
22,40 €
L'esplanade
Grasset
Dans la continuité d’Images, mes catins, Le tremble et l’acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, Oboles et Fenêtre mon avenir, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, « définitions imagées », selon leur auteur, nous touchent d’autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare.
12,90 €
HHhH
Grasset
Derrière le titre énigmatique de ce livre, se cache la phrase suivante : « Himmlers Hirn heißt Heydrich », le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich. Heydrich était le chef des services secrets nazis, la planificateur de la solution finale et était surnommé « Le bourreau de Prague » tant il y faisait régner la terreur. C’est dans ce contexte qu’en 1942 se déroule l’opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchécoslovaques ont pour mission d’assassiner Heydrich.
21,25 €
Le dernier crâne de M. de Sade
Grasset
« Un vieux fou est plus fou qu’un jeune fou, cela est admis, quoi dire alors du fou qui nous intéresse, lorsque l’enfermement comprime sa fureur jusqu’à la faire éclater en scènes sales ? » Quel est l’homme de 74 ans enfermé dans l’hospice de Charenton, au printemps 1814, qui a commis tant de crimes et semble ne se repentir en rien ? Fuyard, brûlé en effigie, rescapé, embastillé, sodomite, blasphémateur, soupçonné d’inceste, et pourtant encore là, bouillant d’idées et d’ulcères, désireux de poursuivre l’œuvre de chair. Quel usage Mademoiselle Madeleine Leclerc fait-elle de ses 16 ans, de son corps efflanqué, vicieux ? D’où viennent ces hurlements ou ces soupirs ? A quoi l’isolement contraint-il ces libertins en chambre ? N’aurait-il pas au moins peur de la mort, où « chacune de ses paroles, chacun de ses actes résonnent plus fort ? » Le forcené a en effet trois mois à vivre. Cet homme se nomme Monsieur de Sade. La figure dont Jacques Chessex tire la matière de son récit, ce n’est pas le Sade en gloire, mais le malade fulgurant, et plus encore ce que le romancier complice à travers les âges raconte ici, ce sont ici les destins successifs de son crâne, comme une extension naturelle du corps sadien. Sade meurt en décembre 1814, sa tombe au cimetière de Charenton sera ouverte en 1818, et son crâne « ornement lui-même, de magie intense, de hantise sonore » passe dans les mains du docteur Ramon, le jeune médecin qui le veilla jusqu’à la mort. Relique, vanité, rire jeté à la face de toutes choses, effroi érotique, le crâne de M. de Sade roule d’un siècle à l’autre, incendiant, révélant et occupant le narrateur de ce livre.
16,90 €