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Résultats de recherche pour 'Les enquêtes du département V' (13365)

Voyage babylonien
Gallimard
«Un grand seigneur est tombé dans des difficultés conformes à l'air du temps et se trouve contraint d'abandonner son train de maison habituel. Avec deux compagnons, qui ne sont pas mieux lotis que lui, il mène la vie d'un pauvre diable, passe par un grand nombre de villes, dont nous ne nommerons que Bagdad, Constantinople et Paris, pour signaler l'ampleur de leurs efforts et des résistances auxquelles ils se heurtent. En chemin, ils rencontrent bien des obstacles, liés à l'amour, à la boisson, au mensonge, auxquels ils n'avaient été exposés jusqu'ici ni de près ni de loin. Lentement, juché sur les épaules des deux autres, le grand seigneur réussit à prendre pied. La paix dans l'âme, il tient. Lui qui ne s'était pas soumis volontairement aux fatigues du voyage, il doit à la fin reconnaître qu'il fut long, mais que cela valait la peine. Accessoirement, c'est l'histoire d'un Adam qui rencontre beaucoup d'Èves, mais non le péché, et qui a du mal à quitter le paradis. Accessoirement, l'histoire d'un tyran qui se croit pareil à Dieu, se trouve précipité dans les plaisirs et les misères de notre existence, et c'est son ascension à la pauvre humanité.» C'est ainsi qu'Alfred Döblin résume son Voyage babylonien, grand livre comique, qui se veut «une suite de choses burlesques, gaies, graves, ironiques, etc.» La question que pose ce texte est la suivante : comment survivre dans un monde où l'inhumanité triomphe, sans être tenté par la fuite et sans devenir cynique. D'une verve exceptionnelle, le roman révèle, à travers cette immense et jouissive déambulation, le goût des chemins de traverse, de la légèreté et la dérision, et surtout une liberté totale d'invention.

Traduction révisée par Michel Vanoosthuyse

Voyage babylonien, grand livre comique, se veut «une suite de choses burlesques, gaies, graves, ironiques, etc.» La question que pose ce texte est la suivante : comment survivre dans un monde où l'inhumanité triomphe, sans être tenté par la fuite et sans devenir cynique ?
12,50 €
Prostitution
Gallimard
I (9 à 29) «Alger. Une rue. Au 16 ter, bordel mâle. Dehors : Ali, prostitué du tenancier Paulo Martinez, pressé par une bande de jeunes clients, commente ce qui se fait à l'intérieur et qu'on devine à travers la vitre du bordel ; et identifie chacun des trois autres prostitués mâles : la «blonde», la «velue», Rabia (pages 9 à 16, ligne 22). Sortie et accouplement-causette, sur le trottoir et dans la rue, de la blonde avec son client le maçon blond (pages 16 à 18, ligne 18). La blonde passe le maçon à la velue, rentre au bordel. Une nouvelle bande écarte le maçon et presse la velue. La bande réclame la blonde (pages 18 à 25, ligne 5). La velue rentre pour convaincre la blonde, en état d'accouplement avec un nègre, de sortir. La blonde veut, en veut. Paulo, qui tient à la qualification de son favori dont il ferait bien son sous-maître, puis son héritier, refuse. Rébellion de la blonde. Appel du proxénète à la reconnaissance du prostitué. Rabia, le fellateur (pages 25 à 29, ligne 30). II (29 à 45) Comment à moi enfant, adolescent, la langue à écrire m'est venue. Le collège, les condisciples : Drevet, Farlay. La Bible, l'Antiquité, les Invasions barbares, le Japon légendaire, la Seconde Guerre mondiale, je m'y incarne en esclave, en prostitué, en martyr, dont la seule défense est le don poétique. L'État, la Religion, la Loi (Édit de Constantin) ne peuvent rien contre l'inextricable : l'enfant poète n'aura de génie que pour faire entendre ce qui du Monde lui fait le plus horreur et honte.» (Extrait du résumé)

«Comment à moi enfant, adolescent, la langue à écrire m'est venue. Le collège, les condisciples : Drevet, Farlay. La Bible, l'Antiquité, les Invasions barbares, le Japon légendaire, la Seconde Guerre mondiale, je m'y incarne en esclave, en prostitué, en martyr, dont la seule défense est le don poétique.»
12,50 €
Mildred Pierce
Gallimard
Mildred Pierce, petite femme aux cheveux blonds mousseux et aux yeux bleus limpides, décide de se séparer de son mari ; c'est, dit-elle, parce qu'il court après une certaine Mrs. Biederhof, mais surtout parce que, victime de la crise de 1929, il est sans travail et en prend trop aisément son parti. Elle doit pourtant gagner sa vie, et celle de ses filles, alors, pour s'en sortir, elle vend les «pies» fait maison, et travaille comme serveuse dans un restaurant. Mais cela ne suffit pas, du moins pas aux yeux de sa fille aînée, Véda, alors Mildred se lance dans les affaires et ouvre son propre restaurant «Mildred Pierce, Poulet - Gaufres - Pies», suivi d'un deuxième, puis d'un troisième. Elle fait aussi la connaissance de Monty Beragon, un jeune et élégant oisif, devient sa maîtresse, puis, lorsqu'il est ruiné, l'entretient. Or, pendant ces années de lutte, Véda grandit et devient une rivale redoutable au caractère orgueilleux, cupide et méprisant, et Mildred, rejetée et bafouée, se retrouve, après un drame affreux provoqué par sa propre fille, pauvre et vieillie... James Cain a écrit principalement des romans noirs et a acquis sa notoriété comme auteur de romans policiers. Mildred Pierce tient une place particulière dans son œuvre : c'est un roman de mœurs, une critique sociale et un portrait de femmes particulièrement réussi, émouvant et drôle.

James Cain a écrit principalement des romans noirs et a acquis sa notoriété comme auteur de romans policiers. Mildred Pierce tient une place particulière dans son œuvre : c'est un roman de mœurs, une critique sociale et un portrait de femmes particulièrement réussi, émouvant et drôle.
13,00 €
La Mort de Virgile
Gallimard
Virgile est mort à l'âge de cinquante et un ans, à Brindisi, le 21 septembre 19 av. J.-C., au retour d'un voyage en Grèce où il avait contracté la malaria. Déçu par son temps, il avait voulu, au cours de ses derniers jours, détruire le manuscrit de L'Enéide.

Tels sont les faits historiques qui ont servi de point de départ à l'ouvrage d'Hermann Broch, vaste méditation lyrique où les rêves du poète à l'approche de la mort se mêlent, dans le flux d'un monologue intérieur, aux ultimes conversations qu'il a avec ses amis.

Le livre s'ouvre sur la vision de la flotte romaine entrant dans le port de Brindisi. Le poète, déjà moribond, se trouve à bord d'un des vaisseaux. Porté à travers les rues misérables de la ville, Virgile arrive au palais impérial où il va lutter une nuit et un jour contre la mort. C'est là le premier «mouvement» du livre, «l'Eau», comparable à celui d'une symphonie. Le second mouvement, intitulé «le Feu», nous entraîne dans les régions de l'horreur et de la peur où s'abîme l'esprit du poète. Nous vivons la grande tentation qui s'offre à lui : brûler L'Enéide.

Avec le jour se lève le troisième mouvement, «la Terre» : Virgile reçoit ses amis, l'empereur Auguste notamment, qui obtient que L'Enéide soit sauvée. Le dernier mouvement, «l'Air», nous plonge dans les affres de l'agonie du poète.

La Mort de Virgile, par sa facture poétique et sa conception symphonique, évoque La Tentation de saint Antoine ou encore Moby Dick, mais c'est aux grands écrivains de l'Antiquité, à l'auteur de L'Enéide lui-même qu'il met en scène, à Platon à la fois philosophe et poète, que l'écrivain allemand a voulu se mesurer.

Cet ouvrage a paru pour la première fois en 1945.
17,00 €
La Bâtarde
Gallimard
«Mon cas n'est pas unique : j'ai peur de mourir et je suis navrée d'être au monde. Je n'ai pas travaillé, je n'ai pas étudié. J'ai pleuré, j'ai crié. Les larmes et les cris m'ont pris beaucoup de temps [...]. Le passé ne nourrit pas. Je m'en irai comme je suis arrivée. Intacte, chargée de mes défauts qui m'ont torturée. J'aurais voulu naître statue, je suis une limace sous mon fumier.»
14,00 €
L'Origine
Gallimard
Salzbourg, c'est la beauté, l'art, la culture. C'est aussi une ville au climat pourri, peuplée de bourgeois bornés, mesquins, matérialistes, hypocrites, une ville haïe de l'auteur qui y est né, qui ne peut jamais y retourner sans se sentir à nouveau accablé par l'atmosphère qui s'en dégage, où tout être sensible se sent condamné à tous les abandons et parfois au suicide. C'est l'idée du suicide qui obsédait le collégien lorsque, dans le cagibi à chaussures de l'internat où l'avait placé son grand-père, il étudiait le violon. Internat dirigé par un nazi, selon des méthodes éprouvées, guère différentes de celles des bons catholiques qui le remplacèrent après la défaite. Entre-temps il y a eu la guerre et les bombardements avec leurs visions d'horreurs.Premier volume autobiographique de Thomas Bernhard, L'origine nous plonge dans l'enfer quotidien de l'internat dans lequel il a passé son adolescence. D'abord tenu par les nazis, il est reconverti en établissement catholique, après la chute du IIIᵉ Reich, mais les méthodes restent les mêmes... Un surprenant roman d'éducation écrit dans une langue admirable.

Premier volume autobiographique de Thomas Bernhard, L'origine nous plonge dans l'enfer quotidien de l'internat dans lequel il a passé son adolescence. Un surprenant roman d'éducation écrit dans une langue admirable.
9,50 €
Mauve le vierge
Gallimard
Les curieux personnages de ces récits ne seraient-ils pas chaque fois Hervé Guibert, ayant changé ses identités pour mieux se déguiser, en homme vierge, en amoureux fiévreux, en victime d'un tremblement de terre, ou en disciple du grand philosophe qu'il accompagne jusqu'à la tombe ? Ce n'est pas tout à fait sûr, puisque trois portraits de femmes se dessinent aussi dans ces pages : la concierge Mémée Nibard, à qui il arrive de féeriques malheurs, la directrice fine mouche du musée de cire, et la jeune voisine, qui a ses raisons pour s'arrêter de jouer du piano. Dans ce livre, Hervé Guibert exprime sa volonté de tout dire, sur lui et sur les autres, ce qu'on pense et qu'il ne faudrait pas, et parfois même un peu plus que la vérité.

Les curieux personnages de ces récits ne seraient-ils pas chaque fois Hervé Guibert, ayant changé ses identités pour mieux se déguiser ? Dans ce livre, il exprime sa volonté de tout dire, sur lui et sur les autres, ce qu'on pense et qu'il ne faudrait pas, et parfois même un peu plus que la vérité...
9,00 €
Collection L'Imaginaire Un thé au Sahara
Gallimard
Réédité en tirage limité à l'occasion des trente ans de la collection L'Imaginaire, le roman de Paul Bowles est ici accompagné du DVD du film de Bernardo Bertolucci. Réalisé en 1990 par l'auteur du somptueux film Le dernier empereur, tourné dans les superbes décors de l'Algérie et du Niger, Un thé au Sahara est si fidèle au livre que le rôle du narrateur est tenu par... Paul Bowles lui-même !

Le roman de Paul Bowles est ici accompagné du DVD du film de Bernardo Bertolucci, réalisé en 1990 et tourné dans les superbes décors de l'Algérie et du Niger. Le rôle du narrateur y est tenu par... l'auteur lui-même !
12,65 €
Maudits soupirs pour une autre fois
Gallimard
Si ce récit ne fait pas partie de l'œuvre de Céline au sens strict, puisqu'il n'a pas été publié par lui tel quel, il n'en est pas moins un texte pleinement célinien. Il s'agit d'une première version de Féerie pour une autre fois, dont le titre est déjà trouvé pour moitié. Quant au récit, s'il est déjà proche du texte définitif dans ses premières pages, il en diffère assez par la suite pour faire figure d'inédit. Le roman publié s'en est en effet éloigné, d'abord parce que Céline a éprouvé le besoin de faire suivre ces premières pages d'un prologue polémique (Féerie I), ensuite parce qu'il a renoncé à reprendre pour le parfaire le récit de tous les épisodes qui suivaient le bombardement de Montmartre (Féerie II). On a donc ici affaire au Féerie pour une autre fois tel que Céline l'avait imaginé et écrit à l'origine.

Une version primitive de Féerie pour une autre fois

Si ce récit ne fait pas partie de l'œuvre de Céline au sens strict, puisqu'il n'a pas été publié par lui tel quel, il n'en est pas moins un texte pleinement célinien. Il s'agit d'une première version de Féerie pour une autre fois, qui en diffère assez pour faire figure d'inédit.
11,00 €
Deux dames sérieuses
Gallimard
La première de ces deux dames «sérieuses» avec lesquelles le lecteur est invité à faire connaissance est en fait une demoiselle, Miss Christina Goering. Jeune fille distinguée, issue d'une excellente famille, elle est dotée de moyens d'existence confortables. Mais notre héroïne a manifesté, durant son enfance, un tempérament particulier et aussi un mysticisme qui a grandi avec les années. Et maintenant, Miss Goering est décidée à assurer son salut et à tout faire pour atteindre la sainteté. Par quels moyens ? En luttant contre sa nature profonde, c'est-à-dire en se contraignant à accepter les avances que voudront bien lui faire les personnes de l'autre sexe. Voilà bien une destinée exemplaire et l'auteur, pour en souligner le côté édifiant, la met en parallèle avec celle, tout à fait opposée, de la seconde de ces dames «sérieuses». Mrs Frieda Copperfield est mariée à un homme à qui elle voue une affection sincère. Mais, à l'occasion d'un voyage en Amérique centrale, elle prend conscience de ses aspirations véritables ; elle mettra un terme aux plaisirs discutables de la vie conjugale pour goûter une félicité parfaite, mais non exempte d'une certaine agitation, en compagnie de dames charmantes et bien intentionnées. Deux dames sérieuses est une comédie de mœurs peuplée de personnages bizarres, hautement pittoresques. C'est aussi une satire mordante et mémorable de certains milieux américains du début du XXᵉ siècle.

Deux dames sérieuses est une comédie de mœurs peuplée de personnages bizarres, hautement pittoresques. C'est aussi une satire mordante et mémorable de certains milieux américains du début du XXᵉ siècle.
9,00 €
Collection L'Imaginaire Tous les feux le feu
Gallimard
Réédité en tirage limité à l'occasion des trente ans de la collection L'Imaginaire, Tous les feux le feu est accompagné ici d'un CD : André Dussolier lit la nouvelle Tous les feux le feu en restituant toutes les subtilités de cette œuvre attachante, et Julio Cortázar délivre quelques clés de son œuvre : l'enfance, le rêve, le fantastique.

Tous les feux le feu est accompagné ici d'un CD : André Dussolier lit la nouvelle Tous les feux le feu, et Julio Cortázar délivre quelques clés de son œuvre : l'enfance, le rêve, le fantastique...
10,10 €
La brèche
Gallimard
La nuit n'en finit pas de tomber sur Moscou. La ville, que désertent peu à peu ses habitants, est encore hantée par des foules sporadiques et inquiétantes. Plus rien ne fonctionne : téléphoner, prendre l'autobus, se procurer des produits de première nécessité relève de l'exploit. Les intellectuels, eux, vivent dans un monde souterrain auquel on accède par un boyau très étroit débouchant directement dans un restaurant. Attablés là, ils échangent de brillantes et profondes pensées. Mais l'oxygène y est rare et l'éclairage artificiel blesse les yeux. Klioutcharev, l'un des rares intellectuels demeurés à la surface, subsiste tant bien que mal avec sa femme et son fils, arriéré mental, grâce à des descentes régulières dans ce monde souterrain. Mais la brèche, inexorablement, se rétrécit... Parabole sur l'impasse de la société soviétique, La brèche a également une résonance plus universelle. Le héros de Makanine, rampant comme un ver dans son étroit tunnel et retrouvant en lui une sorte d'animalité archaïque, n'est pas sans évoquer Kafka. C'est aussi l'image de l'homme aujourd'hui, en suspens entre divers périls, et cheminant, douloureusement, vers quelque improbable renaissance.

Parabole sur l'impasse de la société soviétique, La brèche a également une résonance plus universelle. Le héros de Makanine, rampant comme un ver dans son étroit tunnel et retrouvant en lui une sorte d'animalité archaïque, n'est pas sans évoquer Kafka...
8,00 €
Les Extravagants
Gallimard
Voici le tout premier roman de Paul Morand, écrit en 1910-1911, et inédit jusqu'en 1986. On pensait que le manuscrit de cette oeuvre de jeunesse avait été détruit par l'auteur. Il a été retrouvé en 1978 chez un libraire de Los Angeles, et acquis par la bibliothèque de l'Université Yale. À vingt-deux ans, l'auteur n'a pas encore trouvé son style, bref, ironique, détaché. C'est du Morand d'avant Morand. Mais l'intrigue ne manque pas de charme. Les extravagants est un roman d'éducation esthétique et morale où l'écrivain a mis beaucoup de sa jeune expérience : Paris, Londres, Oxford, Caen (où il fait son service militaire), Venise. Le héros, Simon de Biéville, s'attachera à deux héroïnes : Mrs Hyde, l'Anglo-Indienne en qui s'affrontent deux races mêlées, et la princesse Lemska, fière Polonaise vaincue par l'amour. Ce qui donne aux Extravagants toute leur valeur aux yeux du lecteur familier de l'oeuvre de Morand, c'est d'y trouver exposé pour la première fois le thème auquel son nom est demeuré attaché : le cosmopolitisme.
8,00 €
La Matrice
Gallimard
«L'armée : gadoue, puanteur, abomination de la désolation.» L'homme qui écrit cela et qui se trouve être colonel, célèbre, voire «roi sans couronne», s'engage incognito comme simple soldat dans l'aviation de Sa Majesté. Quand on a exercé le pouvoir en s'en défiant et sans l'aimer, pourquoi ne pas tâter de l'obéissance absolue, de la servitude ? Et au fond, plutôt que de sombrer dans la gloire ou la folie, pourquoi ne pas rester un temps en friche, dans le terre à terre parfait de l'abrutissement militaire, en marge du monde et de sa propre vie ? C'est de l'épreuve vécue jour après jour, consignée nuit après nuit, que naîtra La matrice, un supplice. Et c'est avec un souci de vérité photographique que T.E. Lawrence enregistra son expérience dans le broyeur : les mille détails, tous éprouvés, tous authentiques, furent notés très serré, sans recul, en une sorte de «sténographie émotive et intellectuelle». Puis, des mois durant, T.E. Lawrence travailla inlassablement cette matière pour la mettre en forme. Et de l'abîme qu'il laisse parfois entrevoir monte un souffle brûlant qui vient lécher dangereusement nos frêles raisons de vivre.

Nouvelle édition en 2006

«L'armée : gadoue, puanteur, abomination de la désolation.» L'homme qui écrit cela et qui se trouve être colonel, célèbre, voire «roi sans couronne», s'engage incognito comme simple soldat dans l'aviation de Sa Majesté...
8,50 €
La place du Diamant
Gallimard
«Sans travail, sans rien en vue, j'ai fini de vendre ce qui me restait : mon lit de jeune fille, le matelas du lit aux colonnes, la montre de Quimet que je voulais donner à Antoni lorsqu'il serait grand. Tout le linge. Les coupes, les tasses, le buffet… Et quand il ne me restait rien en dehors de ces monnaies qui me semblaient sacrées, j'ai fait taire ma fierté et je suis allée chez mes anciens patrons.» Une Catalane, femme du peuple, originaire du quartier de Gràcia à Barcelone, raconte sa vie. Avec délicatesse et discrétion, Natàlia évoque son adolescence, le travail - elle est alors vendeuse dans une pâtisserie du quartier -, son mariage, les maternités, la mort de son mari, milicien dans l'armée républicaine, la guerre civile, la faim, le désespoir, son remariage… Ce témoignage émouvant par la simplicité d'une vie banale en apparence, mais qui se déroule pendant une époque mouvementée, la guerre civile puis les années noires qui suivent la victoire du franquisme, est considéré comme le chef-d'œuvre du roman catalan depuis un quart de siècle.

Une Catalane, femme du peuple, originaire de Barcelone, raconte sa vie. Ce témoignage émouvant par la simplicité d'une vie banale en apparence est considéré comme le chef-d'œuvre du roman catalan depuis un quart de siècle.
11,50 €
Quand vient la fin / Après la fin
Gallimard
«Mais, tout de même, quand vient la fin, c'est là qu'on mesure à quel point tant et tant de perceptions, de visions, d'émotions, de sensations restèrent étrangères à mon père. Il s'est ruiné la santé, il s'est tué de travail, il a toujours vécu comme un malheureux, comme un paria, comme un esclave, et tout cela pour aboutir à quoi ? à cette faillite totale, à cette chute dans le trou sans fond d'une atroce maladie mortelle ! Oh ! je tiens compte des circonstances parfois pénibles dans lesquelles il dut se débattre. On ne peut pas juger avec les mêmes règles la vie de l'enfant riche et la vie de l'enfant pauvre. Il fallait que mon père se batte avec la vie avant de songer à en jouir.» «Quand vient la fin n'a visé qu'à atteindre une certaine crédibilité par dessus les principes et les conventions. Je ne prétends pas que l'art doive uniquement enfanter des œuvres d'entomologiste ou de clinicien, et j'admets un art de la fiction où l'auteur tiendrait compte des illusions qui permettent aux faits nus d'avoir aussi leur climat fabuleux. C'est ce que j'ai appelé la mythologie de la réalité. Chaque écrivain pouvant créer la sienne, selon son tempérament.» Raymond Guérin.

«Quel homme est mon père ? Quel homme a-t-il été ou n'a-t-il pas été ? Comment a-t-il vécu ? Qu'a-t-il espéré, exigé de la vie ? Qu'a-t-il réalisé ?»
10,50 €
Les trois arbres de Palzem
Gallimard
«Pourquoi ne ferions-nous pas, de temps en temps, un peu de toilette spirituelle ? Pourquoi pas aujourd'hui, par exemple ? Je ne parle pas de la grande lessive, telle qu'elle ne sera faite qu'une fois au jour du Jugement, et pour laquelle il faudra des volumes, si on entre dans le détail ; non, un simple petit débarbouillage : un tour d'oreille.» La plume de Jean Giono chroniqueur n'est pas différente de celle du romancier. En peu de mots, il crée des mondes, il enchante. Ici, il nous fait part d'une sagesse un peu amère. Dans ces textes écrits de 1951 à 1965, l'écrivain découvre que le monde est mauvais, que l'homme aime le sang, qu'il s'acharne à détruire la nature. Giono, toujours du côté de l'individu contre la masse, du travailleur contre ceux qui le gouvernent, peut paraître passéiste, sans doute, mais c'est parce que le monde de naguère lui semble plus humain. Quelques pages lui suffisent pour inventer une histoire fabuleuse, l'œil toujours prêt à croquer sur le vif personnages et paysages, et à les mettre en scène pour un de ces merveilleux spectacles que lui dicte son imagination.

«Pourquoi ne ferions-nous pas, de temps en temps, un peu de toilette spirituelle ? Pourquoi pas aujourd'hui, par exemple ? Je ne parle pas de la grande lessive, telle qu'elle ne sera faite qu'une fois au jour du Jugement, et pour laquelle il faudra des volumes, si on entre dans le détail ; non, un simple petit débarbouillage : un tour d'oreille.»
9,50 €
L'ivrogne dans la brousse
Gallimard
«Je me soûlais au vin de palme depuis l'âge de dix ans. Je n'avais rien eu d'autre à faire dans la vie que de boire du vin de palme.»C'est ainsi que le narrateur, qui se nomme lui-même «Père-Des-Dieux-Qui-Peut-Tout-Faire-En-Ce-Monde», se présente. Les 560 000 palmiers de sa plantation lui fournissaient suffisamment de vin de palme pour en boire quotidiennement plus de deux cents calebasses. Mais un jour son «malafoutier», l'homme qui lui préparait son vin de palme, tombe du haut d'un arbre et se tue. Voilà un bien grand malheur ; impossible de trouver un «malafoutier» aussi expert que le défunt, et la soif se fait sentir. Le narrateur décide donc d'aller chercher son «malafoutier» dans la Ville-des-Morts, et ce sont ses aventures dans la Brousse et le Monde des Êtres Étrangers et Terribles, qui constituent le sujet de ce récit écrit directement en anglais par Amos Tutuola, Yoruba de l'ancienne Nigeria britannique. Raymond Queneau s'est efforcé de rendre le caractère d'«art brut» de ce conte et les «contradictions» d'un des tout premiers romans africains.

«Je me soûlais au vin de palme depuis l'âge de dix ans. Je n'avais rien eu d'autre à faire dans la vie que de boire du vin de palme.» C'est ainsi que le narrateur, qui se nomme lui-même «Père-Des-Dieux-Qui-Peut-Tout-Faire-En-Ce-Monde», se présente...
8,50 €
Le 19 octobre 1977
Gallimard
«On connaît les ingrédients des récits ; je n'en refuse aucun, et voici de la conversation, de l'amour, de l'amitié, des rencontres, de la mort, des lectures..., mais tout cela est également ce qui fait la vie. M'intéresse le portrait que les uns tirent de l'autre à travers cette boîte qu'on appelle la tête. Et dans la tête m'intéressent surtout les yeux, qui sans cesse transforment le visible en pensée par une opération dans laquelle la ressemblance tient lieu de vérité. N'en va-t-il pas du vécu comme du visible ? Ils s'articulent inséparablement dans ce mensonge qui, en les disant, en les écrivant, court après la vérité - et qui les fixe en quelques instantanés très ressemblants. Il n'y a pas de suite, mais un perpétuel fondu enchaîné qui fait comme si. On rêve d'un miroir à trois faces qui permettrait de voir la vie de dos. On écrit dans ce sens, et puis, après tant de livres axés sur l'intérieur, sur l'ordre du dedans, ce 19 octobre 1977 remet le je du narrateur à sa place de simple figure optique. Du coup, tout n'est que matériau de la pensée.Toujours et malgré les innombrables leurres, la pensée assemble et permute de l'extérieur. C'est pourquoi ce livre est aussi le premier monologue extérieur.»

Au hasard de ses flâneries sur les quais de Seine, le 19 octobre 1977, le narrateur fait l’acquisition, auprès d’un bouquiniste, d’un livre qui a la curieuse particularité d’être « muet », c’est-à-dire dépourvu de titre, de couverture et, naturellement, de tout nom d’auteur…
7,00 €
La fuite sans fin
Gallimard
Chassés du Sin-Kiang par la guerre civile, sept Européens se joignent à la caravane d'un riche marchand de fourrures chinois et tentent, perdus en plein milieu de l'Asie, de gagner l'Est. Dans l'étrange ville d'Aksou, ils sont obligés de se séparer. Ce sont les aventures de chacun d'eux que Frederic Prokosch raconte en autant de récits pathétiques d'une saisissante puissance d'évocation. Mais l'intérêt le plus profond du livre se situe ailleurs. Jeté en pleine solitude, chacun des sept Européens se voit confronté à sa propre destinée et aux éternelles questions de la vie, de la mort, de l'amour. Et tout le problème de la condition humaine, sous ses aspects multiples et contradictoires, se trouve ici magistralement posé.

Nouvelle édition en 2005

Nouvelle édition.
10,05 €
Vie de Samuel Belet
Gallimard
Il n'y a peut-être pas de livre de Ramuz qui soit plus représentatif de son genre que la Vie de Samuel Belet. Dans le déroulement de cette existence qui, par le chemin des passions et de la violence, aboutit au renoncement joyeux et à la paix de l'âme, Ramuz semble avoir fait tenir toute sa riche expérience humaine. Ce petit paysan suisse que l'amour et l'ambition arrachent à son milieu et à sa patrie - pour qui le désespoir n'est pas la leçon de l'échec, non plus que l'envie ne peut être celle de la pauvreté -, qui croit envers et contre tout à l'amour, à l'amitié et à la pureté, nous enrichit d'une leçon qui est la leçon même de l'œuvre de Ramuz. Ce livre a le rythme même de la vie qu'il conte - une vie simple et pleine, dont l'effort est la grande loi, mais qui accueille également la passion dont la fatalité est aussi une grande loi de la vie de l'homme. Les fautes de Samuel Belet sont, comme ses vertus, nées du plus profond de lui-même ; elles sont, les unes et les autres, son expression complète. De là, le merveilleux équilibre de l'un des récits les plus humains qui soit tombé de la plume de Ramuz.

Nouvelle édition en 2005

Il n'y a peut-être pas de livre de Ramuz qui soit plus représentatif de son genre que la Vie de Samuel Belet. Il a le rythme même de la vie qu'il conte - une vie simple et pleine, dont l'effort est la grande loi, mais qui accueille également la passion dont la fatalité est aussi une grande loi de la vie de l'homme.
12,50 €
Toute la vie
Gallimard
L'univers où s'exerce l'invention littéraire d'Alberto Savinio est celui d'un réalisme proprement métaphysique, fortement gauchi, fût-ce face à la démence, par une ironie à toute épreuve. Mais peut-être faudrait-il remplacer le terme ironie par celui d'humeurs, humeurs du plus beau noir. Ce n'est pas pour rien que Savinio figure dans l'Anthologie de l'humour noir » et qu'André Breton le comptait, ainsi que son frère Giorgio de Chirico, parmi les précurseurs du surréalisme. Toutefois, Chirico, depuis, s'est délibérément rangé. Alors que Savinio restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie aux jeux singuliers et souvent pathétiques d'une fantaisie effrénée, volontiers désobligeante, où les objets agissent ainsi que les hommes, où les dieux se heurtent aux barreaux d'un poulaillier et où le véritable sacré est celui que sous-entend la définition célèbre du « couteau sans lame auquel il manque le manche ». Ici, dans ce choix de nouvelles, seul règne l'Ange du bizarre...

L'univers où s'exerce l'invention littéraire d'Alberto Savinio est celui d'un réalisme proprement métaphysique, fortement gauchi, fût-ce face à la démence, par une ironie à toute épreuve. Ici, dans ce choix de nouvelles, seul règne l'Ange du bizarre...
9,50 €
Le puits de solitude
Gallimard
«On la jugeait singulière, ce qui, dans ce milieu, équivalait à une réprobation. Troublée, malheureuse, comme un tout petit enfant, cette large créature musclée se sentait seule, elle n'avait pas encore appris cette dure leçon : elle n'avait pas encore appris que la place la plus solitaire en ce monde est réservée aux sans-patrie du sexe.»Le puits de solitude fit scandale lors de sa parution à Londres en 1928, où il fut interdit et les exemplaires imprimés jetés au feu. Marguerite Radclyffe Hall y dépeint l'amour de deux femmes, contrarié par une société hostile, et prend la défense de cette minorité incomprise et méprisée. Véritable plaidoyer en faveur de l'homosexualité, Le puits de solitude est aujourd'hui une référence littéraire reconnue par tous.

Le puits de solitude fit scandale lors de sa parution à Londres en 1928. Véritable plaidoyer en faveur de l'homosexualité, ce roman est aujourd'hui une référence littéraire reconnue par tous.
16,50 €
Corrections
Gallimard
Roithamer, Autrichien de quarante-deux ans, biologiste et professeur à Cambridge, s'est pendu à un arbre de la forêt de Kobernauss, au coeur de laquelle il avait construit le Cône d'habitation : un édifice parfait destiné à sa soeur bienaimée, censé lui offrir le bonheur mais dont elle n'a pu supporter la vue. Le narrateur, ami et exécuteur testamentaire, s'attelle au tri des manuscrits illisibles du professeur. Peu à peu se révèle une figure non pas folle mais géniale, évoquant Wittgenstein : un homme d'une exigence extrême, rejetant famille, Autriche et savoir imparfait, voué à corriger tout ce qui dévie de la perfection, jusqu'à sa propre destruction.
13,00 €
Les boutiques de cannelle
Gallimard
Drohobycz, tranquille bourgade provinciale où Bruno Schulz vécut et enseigna le dessin, devient le lieu de toutes les terreurs et de toutes les merveilles : ses places, ses rues, la boutique familiale de draps et de tissus se métamorphosent. Dans une ambiance de sourde étrangeté, hantée par la figure emblématique du père, se déploient le thème obsessionnel des mannequins et le contraste, si spécifique à Bruno Schulz, entre beauté et pacotille.Entre innocence et perversité, entre cauchemar et merveilleux, les récits des Boutiques de cannelle se situent dans un «treizième mois, postiche et superfétatoire, en marge du temps réel, sur ses voies de garage».

Présentation par Maurice Nadeau

Entre innocence et perversité, entre cauchemar et merveilleux, les récits des Boutiques de cannelle se situent dans un «treizième mois, postiche et superfétatoire, en marge du temps réel, sur ses voies de garage».
10,00 €
Jack dans la brousse
Gallimard
Jack Grant, un jeune Anglais, arrive en Australie en 1882 pour commencer une nouvelle vie après avoir été renvoyé du collège et de son école d'agriculture. Dans ce pays neuf, sauvage, au sein d'une famille qui le fascine et pour laquelle il se prend d'un amour profond, il va, au risque d'y perdre son âme, se mettre en quête de sa propre identité. Il domptera des étalons, luttera contre des kangourous, deviendra chercheur d'or et finira par réussir et imposer sa personnalité.Cette histoire d'un adulte qui émerge, après une lutte longue et opiniâtre pour triompher de toutes les épreuves morales et physiques et des pièges mortels de la brousse, est une des denières œuvres de D.H. Lawrence.

Nouvelle édition révisée par Janine Hérisson

Jack Grant, un jeune Anglais, arrive en Australie en 1882 pour commencer une nouvelle vie. Il va, au risque d'y perdre son âme, se mettre en quête de sa propre identité...
11,50 €
L'Homme à la colombe
Gallimard
L'ONU est en émoi. Un fantôme hante les couloirs de l'Organisation. On découvre qu'il s'agit d'un jeune cow-boy du Texas, venu faire des études supérieures à New York, au grand dam de son père. Dévoué avec passion à l'idéal des Nations unies, le jeune homme loge avec sa colombe dans un réduit secret du gratte-ciel. Il s'aperçoit vite que l'ONU est une machine qui fonctionne à vide. Déçu, le héros extravagant et tragique conçoit alors un complot qui doit ridiculiser l'institution... Romain Gary a publié ce roman en 1958 sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi. L'auteur occupait alors des fonctions diplomatiques qui l'empêchaient de signer un tel texte. Il inaugure avec ce livre le recours au pseudonyme, qui lui permit de recevoir deux fois le prix Goncourt.
8,00 €
Aminadab
Gallimard
«Il faisait grand jour. Thomas qui jusque-là avait été seul vit avec plaisir un homme d'aspect robuste, tranquillement occupé à balayer devant sa porte. Le rideau de fer du magasin était à demi levé. Thomas se pencha un peu et aperçut à l'intérieur une femme couchée dans un lit qui tenait toute la place laissée libre par les autres meubles. Le visage de la femme, quoique tourné vers le mur, n'échappait pas à la vue : doux et fiévreux, tourmenté et pourtant déjà gagné par le repos, voilà ce qu'il était. Thomas se redressa. Il n'avait qu'à continuer sa route. Mais l'homme qui balayait l'interpella : - Entrez, dit-il tandis que son bras se tendait vers la porte et indiquait le chemin à suivre.»

Maurice Blanchot (1907-2003) fut romancier et critique. Sa vie fut entièrement vouée à la littérature et au silence qui lui est propre.
11,00 €
Tous les feux le feu
Gallimard
Qui de nous ne s'est jamais trouvé pris dans un embouteillage ? Qui n'a tenté de tuer le temps en observant les passagers des voitures voisines, en essayant de gagner quelques mètres sur eux et en échangeant des pronostics, bons ou mauvais, sur le développement de la situation ? Mais que se passe-t-il si l'embouteillage dure des jours, des semaines, des saisons ? C'est ce que Cortázar imagine dans L'autoroute du Sud, la première des huit nouvelles de ce recueil. En décrivant les rapports de solidarité et de peur, de tendresse et de hargne qui s'établissent entre les victimes de cet «état de siège» moderne, c'est toute une nouvelle sociologie - tantôt drôle ou tendre, tantôt tragique - qu'il invente au cours des péripéties.Ainsi, dans l'admirable Autre ciel, l'on voit le protagoniste circuler avec la plus grande aisance entre le passage Güemès à Buenos Aires, où il laisse sa fiancée Irma à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et la galerie Vivienne à Paris, où il retrouve la prostituée Josiane à la fin de la guerre de 70... Dans la nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage, le parallélisme de deux séries temporelles nettement distinctes brise résolument la succession linéaire du temps, comme la structure euclidienne de l'espace, pour atteindre à une vérité plus humaine...Pour Julio Cortázar, rien, en effet, n'est plus inquiétant que la plus banale des réalités, et la trame du quotidien est tissée de signes insolites, pour qui sait les lire.

Pour Julio Cortázar, rien n'est plus inquiétant que la plus banale des réalités...
10,00 €
La Pierre et l'oreiller
Gallimard
«J'avais dormi à l'hôtel du Chemin de Fer. J'avais fait ce que j'avais pu, j'avais couru et marché, j'avais dormi, j'avais écrit et lu, j'avais eu des contacts avec les femmes, l'histoire, j'avais même été communiste, l'art, la culture. Tout ça pour en arriver à se coucher. [...]Je comprenais ainsi pourquoi elle s'était finalement attachée à moi : parce que je lui offrais et l'aventure et l'organisation, et l'instabilité et la stabilité, la stabilité du mari et l'instabilité de l'amour, l'oreiller et la pierre.»

Poète, essayiste, romancier, critique d'art, Christian Dotremont (1922-1979) a tenu une place importante dans le surréalisme sous l'Occupation et après la guerre, et dans les mouvements artistiques.
7,80 €
Sergent Getúlio
Gallimard
Sergent de la police militaire, fanfaron et roublard, Getúlio est aussi, comme la plupart de ces fonctionnaires en ces terres misérables et arriérées du sertão brésilien, à la solde d'un grand propriétaire terrien. Le voici chargé de conduire un «prisonnier», indésirable aux yeux du propriétaire, d'un village à l'autre pour le livrer à la justice. C'est ce voyage en compagnie du chauffeur qui conduit la vieille Hudson, que le sergent Getúlio nous raconte ici, comme une épopée, en un monologue hallucinatoire.À travers cette équipée riche en péripéties nous sont contés toute la violence de ces hommes primitifs, la fabuleuse nature du sertão, le climat de luttes politiques et les vengeances personnelles qui se règlent à coup de cadavres.

João Ubaldo Ribeiro est né en 1941 dans l'île d'Itaparica (État de Bahia) au Brésil. Sergent Getúlio, son second roman, a connu un succès mondial.
7,65 €
Le cœur pur
Gallimard
L'histoire de Cupidon et Psyché forme la trame du Cœur pur, roman d'amour dans l'Angleterre victorienne. Une adolescente de seize ans, orpheline, naïve et amoureuse obstinée, Sukey, prend peu à peu possession d'un paysage de marais verts et de ruisseaux bleus, celui de ses randonnées amoureuses et de ses ferveurs, avec l'innocence et la délicatesse d'un «cœur pur» qui défie à sa manière les certitudes des gens de raison et de pouvoir.Un roman où se côtoient humour, insolence et tendresse.

L'histoire de Cupidon et Psyché forme la trame du Cœur pur, roman d'amour dans l'Angleterre victorienne, où se côtoient humour, insolence et tendresse.
10,15 €
Minuit sur les jeux
Gallimard
«On m'a appris à regarder et à écouter. Et comme depuis le lycée j'ai un souci d'excellence, je regarde et j'écoute excellemment. Mes misères viennent de là. Lorsque j'écoute on dirait que ma vie tout entière dépend de mon interlocuteur. Petit à petit son discours lui apparaît du plus grand intérêt, et cette bouffée de confiance en soi le conduit assez naturellement au désir. Mes problèmes viennent de là. La courtoisie doit-elle satisfaire au désir qu'elle a provoqué ?»

Minuit sur les jeux, publié en 1973, est le premier roman de Florence Delay élue à l'Académie française en décembre 2000.
7,80 €
Cahier Kangourou
Gallimard
"Malgré moi, je me suis mis sur la pointe des pieds. J'avais le sentiment que, ainsi, je pourrais m'éloigner, un tant soit peu, de mes propres jambes. Pendant les heures que j'avais passées dans la salle d'attente, la croissance s'était accélérée. Elle était d'autant meilleure qu'on se rapprochait des genoux : la tige atteignait environ un centimètre, deux feuilles parfaites s'ouvraient à son extrémité et la concentration était telle qu'on ne voyait plus ma peau." Un homme se réveille un matin les mollets recouverts d'une espèce de légume qui ressemble à de la luzerne. Il se précipite chez un dermatologue aussi stupéfait que lui devant ces étranges symptômes. Dès lors, la journée du malade se déroule comme un rêve d'une extraordinaire précision réaliste. Des événements plus incongrus les uns que les autres s'enchaînent ... Kôbô Abe, qui devait mourir moins d'un an après la parution de ce dernier roman, était atteint d'une grave maladie. Sur un ton tour à tour guilleret et dramatique, il décrit dans cette fable onirique les dernières heures d'un malade.
9,00 €
Le Professeur Frœppel
Gallimard
«Le présent ouvrage rassemble tout ce que l'on sait actuellement du Professeur Frœppel : le journal de sa folie, le récit de sa mort, ses œuvres théâtrales, scientifiques, poétiques et pédagogiques connues, mais revues corrigées et augmentées de nombreux inédits.La première découverte de ses œuvres se situe entre 1944 et 1947. Leur première publication, aux Éditions Gallimard, date de 1951, sous le titre : Un mot pour un autre.Outre les ouvrages publiés il y a plus de trente ans, comme le Journal intime, la célèbre comédie Un mot pour un autre, Le Dictionnaire des Mots Sauvages de la Langue Française, les Petits problèmes et travaux pratiques, l'édition que voici comporte de nombreux inédits récemment retrouvés, tels que les esquisses comiques : Finissez vos phrases et De quoi s'agit-il ?, La Poésie usuelle, un essai mnémotechnique : Au chiffre des grands hommes, diverses adjonctions aux œuvres pédagogiques, ainsi que la principale œuvre plastique du Professeur : les Variations sur une ligne.»

Nouvelle édition revue et augmentée d'Un mot pour un autre

«Tous les malheurs de l'homme viennent de ce qu'il s'arrête en chemin. J'irai, moi, j'irai plus loin : passionnante rencontre de la linguistique, de la mimologie, de la psychanalyse, de la sociologie, de l'ethnographie et du magnétisme.» Professeur Frœppel.
9,50 €
La chevelure sacrifiée
Gallimard
Dans l'atmosphère de l'entre-deux-guerres, un passé révolu renaît sous nos yeux, porté par la grâce de l'amour et de la mémoire. Dans une ville paisible, Maryška, l'épouse flamboyante du brasseur, bouscule les conventions. Elle dépèce les porcs avec assurance, raccourcit sa jupe pour enfourcher sa bicyclette, escalade la cheminée de l'usine, savoure la vie avec une gourmandise assumée et laisse sa chevelure flotter au vent. Son mari semble bien terne à ses côtés, prisonnier de sa timidité et des convenances. Leur couple atypique est rejoint par un oncle tonitruant qui ne tarde pas à scandaliser leur petite communauté de Bohême. Ce roman, à la fois drôle et poétique, cocasse et débridé, nous plonge au coeur des sensations de la vie. Il est un appel à la liberté, contre les conservatismes, pour la joie de vivre.
9,50 €
Octaèdre
Gallimard
Telles les faces d'un prisme qui captent et réfractent chaque rayon lumineux, les huit nouvelles de ce recueil s'emparent de la réalité quotidienne, la fractionnent en milliers de particules infimes pour lui donner une dimension inattendue : une rame de métro un soir d'hiver est un lieu chargé de mystère, un cheval blanc rôde autour d'une maison isolée où vit un couple désuni...Cortázar ne se contente pas de la surface des choses : il leur confère un volume qui conduit le lecteur dans cet espace inexploré où se situe la véritable relation entre les hommes.

Telles les faces d'un prisme qui captent et réfractent chaque rayon lumineux, les huit nouvelles de ce recueil s'emparent de la réalité quotidienne, la fractionnent et lui donnent une dimension inattendue.
8,50 €
La Photo du colonel
Gallimard
«Il se leva, mit son chapeau de feutre orné d'un crêpe noir, son pardessus gris-fer, prit sa lourde serviette bourrée qu'il laissa tomber avant d'avoir fait un pas. Celle-ci s'ouvrit dans sa chute. Nous nous précipitâmes, en même temps. D'une des poches de la serviette, des photos s'étaient échappées, représentant un colonel en grand uniforme, moustachu, un colonel quelconque, une bonne tête plutôt attendrissante. Nous mîmes la serviette sur la table, pour y fouiller plus à l'aise : nous en sortîmes encore des centaines de photos avec le même modèle."Qu'est-ce que cela veut dire ? demandai-je, c'est la photo, la fameuse photo du colonel ! Vous l'aviez là, vous ne m'en aviez jamais parlé !"»Les récits de ce recueil constituèrent le point de départ de quelques-unes des plus célèbres pièces de Ionesco (Rhinocéros, Victime du devoir). Comme dans son théâtre, leur réalisme précis rejoint tout naturellement le fantastique, l'imaginaire.

Tout comme dans le théâtre de leur auteur, le réalisme précis de ces nouvelles rejoint naturellement le fantastique et l'imaginaire.
9,00 €
Le Club des métiers bizarres
Gallimard
«La nature de cette société [...] peut facilement se résumer en quelques mots : c'est un club excentrique et bohème ; la seule condition exigée pour en faire partie consiste en ceci, que le candidat doit avoir inventé la profession qui le fait vivre, et que cette profession doit être entièrement nouvelle. La définition exacte de cette exigence tient en deux règles principales : 1° Il ne faut pas que ce soit une simple application ou variante d'un métier déjà existant. Ainsi, par exemple, le club n'accepterait pas comme membre un agent d'assurances simplement parce que, au lieu d'assurer le mobilier des gens contre l'incendie, il assurerait, mettons, leur culotte contre les morsures d'un chien enragé. [...]2° Cette profession doit être une véritable source de revenus commerciaux, le gagne-pain de son inventeur. Ainsi, le club n'admettrait pas comme membre un individu simplement parce qu'il lui plairait de passer ses journées à ramasser des boîtes à sardines vides, à moins qu'il ne réussisse par ce moyen à gagner un argent fou.»

Fantastique, bizarre, brillamment original, audacieux et paradoxal sont les adjectifs invariablement appliqués aux œuvres de Chesterton...
10,00 €
Le Destin de A. D.
Gallimard
Officier de la Reichswehr, amoureux d'une jeune communiste, A. D. essaie d'intervenir en faveur de son beau-père qui risque d'être arrêté. Lorsqu'il apprend que la police a retrouvé son nom dans une circulaire destinée aux membres du Parti communiste, il déserte, affolé, avant de se constituer prisonnier. Il est condamné à quatorze ans de réclusion.Transféré en 1933 dans un camp de concentration comme communiste, puis à Buchenwald, il est à nouveau condamné par les Américains à la fin de la guerre avant d'être, enfin, réhabilité. Il aura passé vingt-sept ans en prison.Le destin incroyable d'un homme, témoin impuissant et victime d'une époque tragique.

Le destin incroyable d'un homme, témoin impuissant et victime d'une époque tragique.
12,10 €
La Cave
Gallimard
"Aller dans le sens opposé." À seize ans, Thomas Bernhard prend une décision inconcevable aux yeux de tous : quitter le lycée pour travailler comme commis dans une épicerie sordide, au coeur d'un quartier ouvrier de Salzbourg. C'est dans cette cave humide, parmi les exclus, les vieillards, les alcooliques et les mendiants, qu'il affirme son rejet du monde bourgeois et de ses hypocrisies. Avec son style inimitable, fait de martèlement, d'obsession et d'ironie rageuse, Bernhard transforme ce geste de rébellion en acte fondateur. La cave est moins un récit d'apprentissage qu'un manifeste contre la norme, un refus de se soumettre aux attentes sociales, familiales ou scolaires, un éloge de la marge. Deuxième volume de son cycle autobiographique, ce texte d'une intensité implacable montre un jeune homme qui choisit de descendre pour mieux voir - et mieux penser. Bernhard y polit déjà cette langue furieuse qui fera de lui l'un des écrivains les plus singuliers du XXᵉ siècle.
8,50 €
Les muses parlent
Gallimard
En 1955, en pleine guerre froide, une troupe de chanteurs noirs va de Berlin à Leningrad pour y jouer le fameux opéra de George Gershwin, Porgy and Bess.Truman Capote suit la tournée comme correspondant du New Yorker et tient une chronique précise et pleine de malice des aventures - et mésaventures - de la troupe dans la Russie soviétique : voyage en train spécial, accueil par les officiels russes qui ignoraient que les chanteurs étaient noirs, description des grands magasins, balades en bus jusqu'au soir de la générale...Malgré une impartialité affichée, Truman Capote excelle à rendre les situations, les personnages et les dialogues dans un style vivant et poétique et nous offre un grand moment de littérature.

Correspondant du New Yorker, Truman Capote a suivi, en pleine guerre froide, la tournée d'une troupe de chanteurs noirs américains en Russie...
10,00 €
Le Naufrage
Gallimard
«Quand Ramesh reprit ses sens, il se trouva étendu sur les bords d'une île de sable. Il eut quelque peine d'abord à se rendre compte de ce qui lui était arrivé, puis, comme dans un rêve fiévreux, le souvenir de la catastrophe lui revint, et il se leva vivement. Sa première pensée fut pour son père et ses amis. Il regarda autour de lui, mais il ne vit pas trace humaine. Il erra le long des rives, cherchant en vain. Cette île d'une blancheur de neige s'étendait comme un enfant nouveau-né dans les bras de sa nourrice, doucement posée entre deux embranchements de la grande rivière Padma, affluent du Gange. Ramesh passa de l'autre côté de l'île, et soudain distingua quelque chose de rouge. Pressant le pas il vit alors, évanouie à terre, une jeune femme vêtue d'écarlate, comme une nouvelle mariée.»

«Personne ne doutait que Ramesh réussirait à son examen de droit. La Déesse du Savoir, qui veille sur nos Universités, avait toujours, de ses lotus d'or, répandu une pluie de pétales sur lui...»
11,50 €
La Mer couleur de vin
Gallimard
Ce recueil groupe des récits écrits entre 1959 et 1972. Presque tous ont pour cadre la Sicile et sa «mer couleur de vin». Avec l'ironie et la rigueur qui lui sont propres, Sciascia regarde autour de lui la misère du peuple, les ravages de la mafia alliée à l'Église et aux nantis. Mais c'est à travers un réjouissant humour que s'opère la dénonciation.

Édition revue et corrigée par Mario Fusco en 2002
10,00 €
Les Oncles de Sicile
Gallimard
"Après avoir déjeuné - nous mangions presque tous du pain avec des sardines salées et de l'oignon cru - nous reprîmes le travail. Mon oncle nous recommanda une fois encore : "tenez vos lampes très bas", une minute plus tard, il vint du fond de la galerie un rugissement de feu ; le feu vint vers nous en hurlant comme l'eau que j'avais vue au cinéma se ruer par les vannes ouvertes ; mais cela, je le pense maintenant, et je ne suis pas sûr que cela ait été exactement comme ça, je voyais le feu qui m'arrivait dessus et je ne comprenais rien, mon oncle criait "le grisou !" et m'entraînait, et je courais déjà comme dans un rêve. " Dans chacune de ces nouvelles de Leonardo Sciascia, le petit monde sicilien se trouve transformé par un tournant de l'Histoire : la victoire de Garibaldi bouleverse la vie d'un hobereau monarchiste ; pendant la guerre d'Espagne, un paysan engagé du coîté des franquistes découvre qu'il se bat contre ses frères ; à la Libération, les Américains débarquent avec leurs bienfaits, mais aussi leurs incompréhensions ; à la mort de Staline, un cordonnier ne se remet pas des révélations du XXᵉ Congrès.
12,00 €
Nuits sans nuit et quelques jours sans jour
Gallimard
Qu'est donc le rêve ? Si quelques-uns, sans être dupes, puisent dans leurs rêves une mythologie et, sans être des savants, prennent soin de scrupuleusement les noter, c'est que le rêve - mirage qui scintille sur un fond de ténèbres - est essentiellement poésie.Tel est (s'il en faut) le mot clé de cette suite de récits, tantôt d'événements rêvés, tantôt d'événements réels, qui semblent au narrateur avoir projeté par instant sur sa terne silhouette un même éclairage de seconde vie.

Recueil de courts récits, tantôt d'événements rêvés, tantôt d'événements réels, dans le même éclairage d'une sorte de seconde vie.
7,80 €
Béatrice Cenci
Gallimard
En 1595, François Cenci, noble Romain, débauché, criblé de dettes et torturé de jalousie, emmène et séquestre dans les monts Albains sa seconde femme Lucrèce et sa fille Béatrice. Celle-ci se morfond dans sa solitude et finit par céder au bel Olimpio Calvetti, l'intendant du château. Les deux amants assassinent François Cenci...Du palais Cenci à la prison de Tordinona, toute l'Italie de la Renaissance est reconstituée avec un pittoresque coloré. Après Shelley et Stendhal, Frederic Prokosch raconte cette célèbre et dramatique affaire judiciaire en une œuvre éblouissante.

Une éblouissante reconstitution de la Renaissance italienne, avec, en contrepoints, la densité d'un drame et la violence des passions...
13,20 €
Le Fils et autres nouvelles
Gallimard
Ce recueil réunit trois nouvelles : Le pélican, écrite en 1898, Les lettres en 1930, et Le fils en 1933.Toutes les trois traitent de la maternité, thème cher à Edith Wharton, trop tôt privée d'un père adulé, meurtrie par une relation difficile avec une mère égoïste et frivole, et victime d'un mariage désastreux et stérile qui la conduira au divorce.L'auteur impose une fois de plus, par son art incomparable de soulever les voiles du mystère, une atmosphère de «suspense» psychologique au charme envoûtant.

Trois nouvelles admirables au charme envoûtant, qui traitent de la maternité, thème cher à l'auteur.
10,50 €
L'Épingle du jeu
Gallimard
Tandis qu'en cet hiver 1944 la guerre s'enfonce dans l'horreur, quelques jeunes gens cherchent un sens à la vie. Ils croient le trouver dans cette liberté même qui leur est refusée et se réfugient dans une révolte permanente.Un homme pourrait les sauver, le Préfet des Études, personnage ambigu, matamore et despote, mais doué d'un pouvoir de séduction peu commun. Il leur parle d'héroïsme et de vertu...Un livre irrespectueux, un livre de colère et de passion.

Un livre irrespectueux, un livre de colère et de passion.
11,00 €
Au-dessus de l'abysse
Gallimard
Un auteur dramatique américain fait la traversée New York-Angleterre. Il raconte tous les détails du bateau, les personnages qu'il vit évoluer autour de lui, les potins du bord, et se trouve plus ou moins séduit par plusieurs jeunes femmes. Il est pourtant parti à la recherche de celle qu'il aime, en Europe... et il la rencontre un jour sur le pont des «premières» où il faisait une incursion interdite. Elle va se marier...Un roman où abondent les descriptions étonnantes de couleur, des personnages observés avec une ironie perçante. Ce roman, subtil et cocasse, permet d'entendre la voix originale d'un écrivain mal connu, disparu en 1973. Malcolm Lowry, sur qui il exerça une grande influence, partageait avec lui le même désir de dépassement et de liberté.

Un roman où abondent les descriptions, étonnantes de couleur, des personnages observés avec ironie.
11,50 €
Une vie
Gallimard
"Il erra par les rues de la ville, mécontent de lui-même et des autres. Comme il avait l'habitude de monologuer lorsqu'il était agité, il en vint à comprendre combien sa colère était ridicule. Il suffit, même dans le rêve le plus abstrait, qu'une parole précise soit prononcée pour qu'elle vous ramène à la réalité. Il en était arrivé à désirer Annetta, à l'aimer, à en être jaloux ; elle, au contraire, savait à peine quel pouvait être le son de sa voix. À qui devait-il s'en prendre ?" Ce roman retrace quelques années de la vie d'Alfonso Nitti, un jeune campagnard transplanté à Trieste, où il fait à la fois la découverte du monde du travail et celle de l'amour. Mais cette double initiation révèle une double faillite... Une vie, premier ouvrage d'Italo Svevo, présente une multiplicité d'intrigues autour d'un jeune homme dont les rêves se heurtent à la réalité brutale. Au long d'un récit à la fois critique et introspectif, le lecteur se retrouve au coeur des pensées sinueuses du personnage, de ses hésitations, de ses doutes ; dans une forme littéraire qui annonce le XXᵉ siècle.
13,00 €
Ballets sans musique, sans personne, sans rien
Gallimard
Quand Céline rencontre les dieux et revisite la mythologie, quand il met en scène son imaginaire, on assiste à un spectacle total où l'amour, la jalousie, les sons et les lumières se mêlent en une sarabande extravagante d'invention et de drôlerie. Et Céline n'est jamais loin de la scène. Ne serait-ce pas lui-même qui parle ainsi du dieu Mars : «En musique formidable, il rémoule, rémoule... Je vous roule tous dans la farine ! Voilà son invective finale.»

Céline, dans ces textes pleins de chants et de danses mais aussi de morts, prouve que son style peut s'adapter à tous les genres.
11,00 €
H
Gallimard
«Les raisons pour lesquelles ce livre ne peut pas comporter de présentation seraient sans doute aussi longues à exposer que ce livre lui-même. Il faut donc éprouver son rythme : dictions, timbres, accents, ponctuation latente, tourbillon, flot, appel. Au-delà de l'automatisme un calcul joue, veille, critique, partant à la fois de tous les points de l'histoire. Ce calcul se dit par masses dans l'unité discontinue de ses coupes. Il module, frappe, chuchote, apostrophe, marque, efface, compte, signale l'absence mouvante mais cependant adressée, dialoguée, de toute langue de fond.Voilà, détendez-vous, c'est clair. Restez sur le sens, c'est simple. Ils sont deux, ici, dans la nuit. Tempo.»Philippe Sollers, 1973.

«qui dit salut la machine avec ses pattes rentrées son côté tortue cata socle ses touches figées accents toniques [...]»
8,00 €
Le lit à colonnes
Gallimard
«Son visage cerné d'ombre et ses yeux, dont il distinguait la large place sous son front, avaient l'expression que l'on voit à certains portraits d'inconnues dans les châteaux : quelque chose de fatal et d'éperdu qui rend plus touchante la beauté de la jeunesse et fait haïr le temps."Qui est-elle ?" murmura-t-il. Comme il se posait cette question, une chauve-souris vint se coller à la vitre illuminée et sembla coiffer Marie-Dorée d'un présage de malheur.»
12,50 €
L'Inconnu sur la terre
Gallimard
«Ceci n'est pas tout à fait un essai, pas tout à fait une tentative pour comprendre quelques mystères, ou pour forger quelques mythes. Ceci est une histoire, écrite sur plusieurs cahiers d'écolier italiens, en même temps que, selon un autre mode, et sur des feuilles de papier machine 21 x 27, s'écrivaient les phrases de Mondo et autres histoires.C'est une longue histoire, qui pourrait être celle d'un oiseau, celle d'un poisson et celle d'un arbre, car elle parle beaucoup du ciel, de la mer et de la terre où avancent les racines. À la fin de cette histoire, rien n'a changé, ou presque. Mais c'est comme une très longue journée, qui serait passée, depuis la première heure de l'aube jusqu'à la nuit.Ceci est peut-être aussi, tout simplement, l'histoire d'un petit garçon inconnu qui se promène au hasard sur la terre, pas loin de la mer, un peu perdu dans les nuages - et qui aime la lumière extrême du jour.»J.M.G. Le Clézio.
13,00 €
Sous la lame
Gallimard
«Il s'agit ici, bien entendu, de la lame du couteau, qui par le simple fait de sa nudité introduit l'érotisme dans le récit en même temps qu'elle y annonce l'apparition du sang et de la mort.La lame, par synonymie, est encore la vague marine des graveurs de l'ancien Nippon, sœur du mascaret et de la marée, spirale où l'homme tournoie "dans le déroulement infini" avant d'être jeté aux pieds de la femme. Mais tout homme qui va joindre une femme pour la première fois n'est-il pas une sorte de kamikaze ? Et la lame du poignard, instrument de blessure, ne se peut-elle concevoir aussi comme un trait d'union entre le déchirant et le déchiré, c'est-à-dire comme une flèche d'amour ?»André Pieyre de Mandiargues.

Recueil de nouvelles paru initialement en 1976.
7,00 €
Effi Briest
Gallimard
Effi Briest, jeune femme adultère, brisée par une société d'hommes, est la victime d'un monde soumis aux lois des conventions morales. Dans la Prusse dévergondée par l'argent, le destin de cette femme n'est que résignation et mélancolie.Dernier roman de l'écrivain allemand Theodor Fontane, Effi Briest est l'un des chefs-d'œuvre de l'école réaliste allemande.

Dernier roman de Theodor Fontane (1819-1898), Effi Briest est l'un des chefs-d'œuvre de l'école réaliste allemande.
12,00 €
Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits
Gallimard
«Non ! Je ne puis affirmer qu'avec la fin de ce cahier, tout sera clos ; que c'en sera fait. Peut-être aurai-je le désir de rajouter encore quelque chose. De rajouter je ne sais quoi. De rajouter. Peut-être. Au dernier instant, de rajouter encore quelque chose... J'ai sommeil, il est vrai ; mais je n'ai pas envie de dormir. Il me semble que je pourrais être encore plus fatigué. Il est je ne sais quelle heure de la nuit ou du matin. Ai-je encore quelque chose à dire ? Encore à dire je ne sais quoi. Ma propre position dans le ciel, par rapport au soleil, ne doit pas me faire trouver l'aurore moins belle.»

Nouvelle édition revue et augmentée

«Je ne sais ce que ça donnera : j'ai résolu d'écrire au hasard. Entreprise difficile : la plume (c'est un stylo) reste en retard sur la pensée.»
8,50 €
Les Irresponsables
Gallimard
"Le roman décrit des situations et des types allemands de la période préhitlérienne. Les personnages choisis pour les représenter sont dépourvus de convictions politiques. Dans la mesure où ils en ont, ils flottent dans le vague et le nébuleux. Aucun d'eux n'est directement “responsable” de la catastrophe hitlérienne. C'est pourquoi le livre s'appelle Les irresponsables. C'est, malgré tout, dans cet état d'âme que le nazisme a puisé sa vraie force." C'est par ces mots que Hermann Broch définissait le projet de ce grand roman, le dernier qu'il a publié. Critique virulente d'une petite bourgeoisie allemande indifférente à l'éthique et incapable d'assumer ses choix face à la montée des périls, Les irresponsables se distingue par son atmosphère onirique, qui évoque de façon extrêmement précise et vivante la période précédant l'arrivée de Hitler au pouvoir. Roman d'une société en crise minée par l'individualisme, le livre interroge de façon très actuelle notre responsabilité dans les tragédies collectives et les failles de la condition humaine.
13,00 €
Le bouquet
Gallimard
«Le bouquet n'est pas un roman, mais l'histoire du mitrailleur Adrien Gaydamour qui n'avait pas de mitrailleuse, un soldat de quarante, depuis son incorporation au "... ième Débineurs" jusqu'à sa levée d'écrou. Il s'agirait donc plutôt d'une tranche de mauvaise vie qu'il n'a pas été le seul à avaler. Avant, Gaydamour a suçoté une existence des plus quelconques : l'école, la caserne, le chômage, l'autobus quotidien, le bureau, en compagnie d'autres Gaydamour. Mais voilà qu'on l'invite à entrer dans un conflit mondial. Puis il est fait prisonnier : le bouquet.Adrien a pu s'échapper. Mais, il reste là-bas une chiourme innombrable. D'autres parleront après lui. C'est une histoire répandue par le monde à des millions d'exemplaires. Des variations sur le froid, la faim, l'ennui et la mort. Des histoires toutes simples qui ne s'inventent pas. J'ai fait ce livre en 1942, dans un village de montagne pendant un printemps, un été. Fait après l'avoir souffert. Et aujourd'hui que nous sommes enfin libres, ce récit peut venir au grand jour. Je n'y ai rien changé.»Henri Calet, octobre 1944.

Fait prisonnier en juin 1940, Henri Calet s'évada après sept mois de captivité ; de ses souvenirs, il tira Le bouquet qui ne parut qu'en 1945.
9,00 €