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Tout contre elles
Grasset
«  On raconte que le bonheur c'est le génie de l'enfance retrouvé à volonté. Pour moi, l'enfance est un territoire perdu et sauvage jalonné çà et là de fiévreuses expériences. J’ai vécu cette époque de ma vie comme une très longue agression. Dans l’incompréhension absolue du droit des adultes à disposer de nos corps et de notre temps. Très vite, j’ai vu les femmes se taire derrière leurs cris. Les secrets, les silences. Très vite, j’ai compris les règles du jeu. La puissance qu’il fallait enfouir. Le regard des hommes. Longtemps je n’ai rien pu en faire. À part espérer grandir le plus vite possible, quitte à en payer le prix fort. »

Marie Chiabrero

Dans ce récit d'apprentissage aux accents de révolte, Marie Chiabrero raconte son histoire, celle d'une jeune fille qui a grandi dans les années 2000. Des premiers émois de la cour de maternelle à l’entrée inquiète au collège, elle traque chaque sensation, chaque expérience qui la rapproche un peu plus de ce qu’elle perçoit être la liberté ultime : devenir grande et voler de ses propres ailes. L’année de ses treize ans, tout bascule lorsque Marie découvre qu’elle est enceinte… Il faut alors avorter, seule à l’hôpital, en secret de tous, à commencer de ses parents. Car quelque chose de plus se joue dans sa relation avec sa mère : des non-dits qui dévorent et un passé qui ne passe pas. Reste l’écriture pour exprimer l’innommable, conjurer la violence et interroger cette cicatrice invisible que se transmettent les femmes à travers les générations.

Avec *Tout contre elles*, Marie Chiabrero signe un premier texte bouleversant sur la jeunesse, l’IVG et le corps des femmes.
20,00 €
Nos coeurs déracinés
Grasset
«  Mes grands-parents ont grandi à l’Est de l’Europe, dans des pays de grands froids. Ils ont connu le chaos, les persécutions et l’exil.

Plus qu’un désir, une fascination, la France fut pour eux une intuition.

Même si tout cela m’est inconnu, cela ne m’est pas étranger. Je porte en moi leurs racines et aujourd’hui, sans que je les convoque, elles se rappellent à moi.  »

Dans ce récit, Marie Drucker remonte le temps et questionne l’héritage, menacé mais vivace, de son identité profonde.

L’histoire d’une famille au destin  exceptionnel qui, comme beaucoup d’autres, a  fait le choix de l’identité française.
17,50 €
Stanislas
Grasset
En septembre 1965 sur les conseils d’un oncle mathématicien facétieux le jeune Simon Louis Liberati est inscrit comme externe en 11e bleue au collège Stanislas. Numéro d’écrou : 103. Il y restera douze ans avant d’en être renvoyé. Dans ce récit en forme de confession, l’auteur de *Performance*  revient sur ses « années de bagne » dans une société française percutée par mai 68.

Tout commence par la destruction des bâtiments du vieux collège. Une grosse boule de fonte balancée au bout d’une chaine abattant les murs des internats poussiéreux sous les yeux des petits garçons en tabliers gris. C’est l’un d’entre eux — le gentil Jean Brisset — cinquante ans plus tard, semi-clochard à vélo atteint du syndrome de Diogène, qui réveille les souvenirs de l’écrivain en lui envoyant par pli chez Grasset un curieux et fétichiste collage. La machine se met en marche : précision cruelle du récit, portraits d’une certaine France, de « l’étonnante hypocrisie de la bourgeoisie catholique et de ses suppôts » laissant souvent la parole à des documents tirés des archives de l’auteur. Le collège y apparait — à travers parfois les mots de ses éducateurs — sous un jour inattendu, perméable à la libéralisation des mœurs et aux réformes scolaires, même s’il reste quelques médailles d’autrefois-Guynemer ou Pétain dans les bureaux des abbés.

Fils unique d’un poète surréaliste et d’une danseuse « sujet habillé des Folies Bergères », l’élève Libérati ne se sentit jamais très proche de ses condisciples de Stanislas, ni d’un personnel souvent médiocre ou pittoresque qui s’adressait à lui et aux ombres qui l’entourait comme à « l’élite de la nation ». Victime de harcèlement à l’âge de 15 ans, Liberati, que ses tourmenteurs surnommaient « Liboche », songea à se pendre dans les toilettes. La seule échappée restant l’amour de ses parents qui «  ne lui apprirent pas grand-chose de la vie parce qu’ils la connaissaient mal  » et les amis de ceux-ci, personnages de Dickens ou de Nerval, dont Liberati laisse des croquis plein d’une nostalgie purement romantique.

Un troublant récit d’apprentissage baigné d’une lumière d’un autre monde.
20,00 €
Apnée
Grasset
Traverser le XXème siècle, sous l’eau et en alexandrin – telle est l’ébouriffante expérience poétique à laquelle nous invite Yann Moix dans *Apnée*. Accompagné d’Emmanuelle, comme Dante avant lui de Béatrice, le narrateur retient son souffle et plonge en eau trouble où un siècle d’histoire bouillonnante, terrible et éclatante s’anime sous ses yeux. La Grande guerre, 39-45, le débarquement en Normandie, l’Indochine, la guerre froide…  dans cet univers liquide où tout n’est que courant, vortex, lumière et tourbillon, hommes et créatures sous-marines se mêlent et se métamorphosent. On y croise d’illustres figures qui ont marqué leur époque- soldats, artistes, écrivains, danseurs, sportifs, acteurs, chefs d’Etat, des héros magnifiques et d'inquiétants personnages – mais aussi des poissons, cétacés, coraux, algues, fleurs qui luisent, teintent et éclairent les tréfonds.  Ballotés au gré des caprices de l’océan, le narrateur et Emmanuelle dérivent, main dans la main, au cœur de ce singulier théâtre parmi les ombres d’hier qui ont fait et défait le XXème.

Renouant avec l’antique tradition de l’épopée en vers, Yann Moix se fait aède et nous propose avec *Apnée* un texte inclassable, parfaitement classique et résolument moderne. Une entreprise littéraire complète où la langue, l’Histoire, les Hommes, la matière et le sensible se déclinent en douze pieds pour redonner vie aux morts.
20,90 €
Le cercle des obligés
Grasset
Automne 1968, dans une décharge des Yvelines, Stefan Markovic, homme à tout faire et doublure d’Alain Delon, est retrouvé mort, ligoté dans une housse de matelas, le visage détruit et une balle dans la nuque. Automne 1993, sur le parking d’une résidence, le long des marais salants de la presqu’île de Giens, Henri Diana, grande figure du Milieu varois, est assassiné.

Vingt-cinq années, deux morts, et un peu de sable blanc de la côte d’Azur comme piste oubliée.

Ainsi commence Le cercle des obligés, le roman vrai de Philippe Brunel. Son héros, un jeune journaliste sans pratique mais avide de s'élever, suit les pas d’un reporter de légende, Pierre Salberg, qui enquête sur la plus sulfureuse des affaires des années 70. Simple règlement de compte, crime d’honneur, vendetta personnelle, complot politique, le meurtre de Markovic soulève autant de fantasmes que d’énigmes. Et maintient, égare, blesse les êtres dans une connaissance impossible.

On croise ici des ombres, le réalisateur Jean-Pierre Melville, dont le studio-maison s’enflamme ; Alain Delon, magnifique et provocateur ; Markovic, garde du corps, ami, amant de l'épouse de l'acteur ; des femmes de grande vie, des hommes de basse vertu, des chefs d’Etat ; et une France cinématographique, violente et trouble, entre Série noire et le Café de la jeunesse perdue.

A coup d’hypothèses, de rencontres et de choses vues, Philippe Brunel reconstitue l’histoire perdue derrière l’affaire Marcovic.
20,90 €
Un Arabe
Grasset
Dans le sud de la France, une vieille dame se fait voler trente-cinq euros et sa carte bleue, chez elle, alors qu’elle prépare son déjeuner. Les hommes du village viennent à son secours. Puisqu’ils doivent réparer l’injustice, défendre la société, ils désignent un coupable. Ce sera l’étranger du village, «  La Casquette  », «  L’Autre  » ou encore «  L’Arabe  », bouc-émissaire implacablement désigné. La traque peut commencer.

La narration alterne entre deux mouvements principaux. D’un côté, la chasse, la horde qui se forme et la tentative de fuite du présumé coupable. De l’autre, les portraits de tous les hommes qui participent à l’expédition punitive, vingt-et-un personnages dont on découvre les vies, les désirs et les frustrations, les hontes ou les colères. La masse a ses secrets. Ils nous sont exposés ici en galerie, comme autant d’individualités propres qui s’agrègent pourtant autour d’une haine commune, d’une violence qui les unit. Racisme, instinct grégaire, rumeur, voilà le cœur de ce récit haletant.

Écrit comme dans un souffle court, celui de l’homme traqué dont on sent la panique et qui jamais ne sera directement nommé, *Un arabe* regarde au microscope les rancœurs et les peurs qui crèvent le cœur de notre société.
18,50 €
Nuit blanche
Grasset
«  On se souvient de la légende de la gravure de Goya, «  le sommeil de la raison engendre des monstres  ». Bienvenue chez les monstres  !

Au fil de cinq chapitres entrecoupés eux-mêmes de fragments, comme autant d’éclats d’un temps suspendu, circulaire, où se perd la notion même du temps, voici le bestiaire de la nuit d’un insomniaque qui laisse s’écouler, à ciel ouvert, le flux de conscience de ses pensées, rêveries, souvenirs, portraits, cauchemars éveillés, associations d’idées cocasses, poétiques ou graves.

L’homme ne parvient plus à dormir  : parce qu’il «  en a trop vu  »  ? Parce qu’il hait le sommeil ou le redoute comme la mort ? Parce qu’il ne supporte pas de ne plus être en contrôle  ? Parce que ce temps perdu pourrait mieux être mis à profit pour d’autres «  recherches  »  ? Parce qu’il est devenu l’esclave d’un cocktail de somnifères qui tue en lui la faculté du rêve  ?

Ceux qui croient connaitre la caricature publique du personnage «  BHL  » seront surpris par cet autoportrait d’une vie intérieure en ébullition où se consigne méticuleusement le jaillissement d’un inconscient qui ne tarit jamais.

L’humour succède à l’intensité, la gravité à la dérision, le sens du tragique à la légèreté et la rage à l’auto-ironie. Jamais l’auteur n’avait fait preuve d’un tel «  lâcher-prise  », matière et manière confondues, ni n’avait livré autant de détails intimes sur ce qui a fait de lui ce qu’il est devenu. Enfance, amis, amours, présence des morts, obsession du Livre et des livres, échos du passé qui ne passe pas dans le présent le plus brûlant, tels sont les thèmes qui traversent ce récit.

Qui n’a rêvé de se retrouver «  dans la tête  » d’un autre – qui plus est écrivain, philosophe ? Entrez dans Nuit blanche  : vous y êtes  !  »

O.N.
18,50 €
Un homme seul
Grasset
Ce récit aurait pu s'intituler "Le Livre de mon Père". Frédéric Beigbeder part à la découverte de Jean-Michel Beigbeder (1938-2023),  dont il fait un vrai personnage de roman, à situer entre Roger Martin du Gard et Ian Fleming  : «  c’était un Français qui s’est cru Américain alors qu’il était Anglais  ».

Il tente de comprendre cet homme  solitaire et secret, fils d'une américaine et d'un béarnais, qui se qualifiait lui-même de "solipsiste". Une enfance dans un pensionnat militaire catholique, l'abbaye-école de Sorèze, puis après les «  kapos à chapelets  » de Sorèze, chez les frères marianistes de la Villa Saint-Jean à Fribourg, l'a endurci à vie. À peine majeur, il a fui son pays natal pour apprendre le management à Harvard Business School. Au début des années  1960, il a importé en France le métier de "chasseur de têtes" (executive search), «  plaçant  » tous les dirigeants du CAC 40 (ou presque), durant cinquante ans. Ou les débauchant («  la guerre économique est la seule dont les déserteurs sont récompensés  »). A moins que cette activité prestigieuse, le conduisant à voyager dans le monde entier et à tisser des réseaux dans toute ce que la France de l’époque comptait de «  décideurs  », n’ait été une parfaite couverture pour des activités d’honorable correspondant de la CIA ?

Ce tombeau d'un père brillant et absent est aussi le portrait d'une génération de jouisseurs. Ces hommes seuls que l'on appelle aujourd'hui les "boomers" ont forgé leur égoïsme pendant la Seconde Guerre mondiale. Le confort fut leur idéologie, le luxe leur utopie, le divorce leur fatalité, l'Amérique leur horizon. Ils n'étaient pas faits pour être des pères de famille. À la fois philosophe pessimiste et playboy de la jet-set, Jean-Michel Beigbeder a épousé le XXème siècle, ses plaisirs, sa mondialisation et ses errements.

Son fils contemple avec sensibilité la disparition d'un homme qui symbolise aussi l'écroulement d'un monde, et profile en creux son autoportrait au miroir de ce père si fraichement disparu, dont il peut enfin faire la connaissance…
20,00 €
Le vieux juif blonde
Grasset
Sophie, une jeune fille blonde de vingt ans, issue d’une famille catholique et bourgeoise affirme être Joseph Rosenblath, un vieux juif rescapé d’Auschwitz, enfermé dans un corps qui n'est pas le sien.

Dans le magnifique monologue d' Amanda Sthers, l’émotion contamine chaque réplique, et nous interroge sur notre propre identité.Tout semble lapsus, allusion, révélation. A l’ère des chocs et des confusions, un texte troublant et tendre sur le genre et les croyances.

«  Quand j’ai écrit  Le vieux juif blonde, j’avais vingt-six ans. J’étais enceinte de mon second fils, donc femme et homme à la fois, et prisonnière d’un corps qui ne me ressemblait plus. J'ai grandi entre plusieurs religions et cultures, et mon étrangeté est tricotée partout dans ce texte si personnel,  comment imaginer alors qu'il puisse devenir universel? Une multitude de thèmes se bousculent mais le propos central est de savoir si nous sommes obligés de ressembler à ce que notre enveloppe corporelle nous impose, si notre psyché est forcément en accord avec notre âge, nos traits, et notre sexe, si une jolie jeune fille blonde a le droit d’être profondément triste.  Ce monologue de théâtre dont le succès m'a dépassée a bouleversé ma trajectoire et ma vie. »
13,50 €
Pussy suicide
Grasset
Seule dans sa chambre, les yeux rivés sur son téléphone, Ottessa attend un message. Pourquoi Oscar ne lui répond-il pas  ? Elle l’aime, elle enrage, elle ne supporte pas qu’il l’ignore comme ça. Elle pense au suicide ou au moins à tout casser autour d’elle, mais ce n’est pas si simple quand on vit chez son père – un père qui se plie en quatre sans comprendre ce que traverse sa fille. Alors, Ottessa sort avec ses amies.

L’alcool et l’anesthésie par le sexe, c’est sa façon à elle d’éviter de souffrir. Enfin, c’est ce qu’elle se raconte, car les rencontres en boîte finissent souvent mal. Ottessa se met en danger en rentrant avec des sales types choisis au hasard. Mais ce samedi soir, alors que ses espoirs de renouer avec Oscar semblent évanouis et que l’ivresse a embué les esprits, Ottessa se fait embarquer par son amie Chloé. Celle-ci l’invite chez son mec du moment, un trentenaire séduisant qui leur propose de rester pour la nuit. Peut-être une nouvelle forme de désir qui pourrait sauver Ottessa de sa noirceur ? Mais lorsqu’on a seize ans, il n’est pas facile de discerner l’appel de la liberté des sirènes du danger…

Plongée sombre et charnelle dans la vie sentimentale d’une lycéenne, Pussy suicide décrit la tempête qu’est l’entrée dans l’âge adulte. Le temps d’un week-end, les angoisses et les corps s’entrelacent avec brutalité dans ce premier roman qui s’annonce déjà culte.
19,00 €
Patronyme
Grasset
Attendue sur le plateau de La Grande Librairie pour parler de son livre, Le Consentement, l’autrice est appelée par la police pour venir reconnaître le corps sans vie de son père, qu’elle n’a pas revu depuis dix ans. Dans l’appartement de banlieue parisienne où il vivait, et qui fut jadis celui de ses grands-parents, elle est confrontée à la matérialisation de la folie de cet homme toxique, mythomane et misanthrope, devenu pour elle un étranger. Tandis qu’elle s’interroge, tout en vidant les lieux, sur sa personnalité énigmatique, elle tombe avec effroi sur deux photos de jeunesse de son grand-père paternel, portant les insignes nazis. La version familiale d’un citoyen tchèque enrôlé de force dans l’armée allemande après l’invasion de son pays par le Reich, puis déserteur caché en France par celle qui allait devenir sa femme, et travaillant pour les Américains à la Libération avant de devenir «  réfugié privilégié  » en tant que dissident du régime communiste, serait-elle mensongère  ?

C’est le début d’une traque obsessionnelle pour comprendre qui était ce grand-père dont elle porte le nom d’emprunt, quelle était sa véritable identité, et de quelle manière il a pu, ou non, «  consentir  », voire collaborer activement, à la barbarie. Au fil de recherches qui s’étendront sur deux années, s’appuyant sur les documents familiaux et les archives tchèques, allemandes et françaises, elle part en quête de témoins, qu’elle retrouvera en Moravie, pour recomposer le puzzle d’un itinéraire plausible, auquel il manquera toujours des pièces. Comment en serait-il autrement dans une Tchécoslovaquie qui a changé cinq fois de frontières, de nationalité, de régime, prise en tenaille entre les deux totalitarismes du XXème siècle  ? À travers le parcours accidenté d’un jeune homme pris dans la tourmente de l’Histoire, c’est toute la tragédie du XXème siècle qui ressurgit, au moment où la guerre qui fait rage sur notre continent ravive à la fois la mémoire du passé et la crainte d’un avenir de sauvagerie.

Dans ce texte kaléidoscopique, alternant fiction et analyse, récit de voyage, légendes familiales, versions alternatives et compagnonnage avec Kafka, Gombrowicz, Zweig et Kundera, Vanessa Springora questionne le roman de ses origines, les péripéties de son nom de famille et la mythologie des figures masculines de son enfance, dans une tentative d’élucidation de leurs destins contrariés. Éclairant l’existence de son père, et la sienne, à l’aune de ses découvertes, elle livre une réflexion sur le caractère implacable de la généalogie et la puissance dévastatrice du non-dit.
22,00 €
Prisonnier du rêve écarlate
Grasset
Ce grand roman-destin retrace  un demi-siècle d'histoire de l'Union soviétique et de la France à travers l'intense aventure humaine de Lucien Baert, jeune communiste français "prisonnier du rêve écarlate".

Arrivé à Moscou en 1939 pour découvrir la promesse d'un paradis sur terre, il connaîtra l'envers du décor : l'extrême cruauté du régime, les tortures dans les camps du Goulag, la sauvagerie de la guerre. Mais aussi la communion des âmes meurtries et l'amour d'une femme, Daria, avec qui il saura reconstruire leurs vies brisées.

Près de trois décennies plus tard, Lucien parvient à traverser le rideau de fer pour tenter de retrouver les siens. Mais ce revenant du grand Nord ne reconnait plus sa patrie.   Comment pourrait-t-il se fondre dans le confort d'une "société d'estomacs heureux" et prendre au sérieux la révolution d'opérette de 1968 ? Lui faudra-t-il se renier, en effaçant son passé ? Ou bien tenter l'impensable retour à Tourok pour reconquérir son rêve de fraternité et son amour perdu  ?

Un puissant roman sur la barbarie stalinienne et le rejet de l'hypocrisie occidentale, où s’ exprime la foi dans une humanité digne de ce nom.
23,00 €
Mes musées en liberté
Grasset
«  Il n’y a pas que le Louvre dans la vie.  » Voici ce que nous dit Adrien Goetz dans ces Promenades dans les musées de France. Les musées, il les connaît si bien que, dès son enfance, il participait aux ateliers de son collège au musée de Caen. Depuis, il parcourt la France pour les visiter, y organiser des expositions, en rendre compte, mais aussi pour son plaisir.

Il nous le fait partager dans ce livre où il se promène avec nous dans cent vingt musées français dans un récit à la première personne. Non seulement il nous décrit les lieux et les œuvres, mais il nous fait part d’une multitude d’anecdotes aussi savantes que pétillantes.

Du plus petit musée (le musée baron Martin de Grey dans le Doubs) aux plus grands (Lille, Lyon, Rouen),

Du plus ancien (le musée de la BNF, qui vient du cabinet du roi) au plus récent (le Louvre Lens),

De la France métropolitaine à la Réunion (le musée Léon Dierx),

De six pages à six lignes pour chacun, avec une œuvre méconnue qu’il nous recommande,

Bien plus qu’un guide, un compagnon.
23,00 €
La fin du sentiment amoureux
Grasset
Dans un train immobilisé au milieu d’une immense plaine d'Europe centrale, un haut fonctionnaire de l'ONU et une jeune archéologue en voyage de noces discutent des surprises de la vie, des femmes et de l'amour.

Munzu raconte à Calliope, qui l'interroge sur le mariage, comment il épousé en Afrique du Sud la riche et jolie Stella, qui l'attend à la gare de Prague après une disparition de huit ans, et comment il a vécu pendant cette période avec deux réincarnations successives de la dite Stella, qui n'ont eu qu'un seul but : lui rendre la vie impossible.

Calliope, en l'écoutant, songe à sa rencontre avec Ben, persuadé de lui avoir sauvé la vie sur un chantier de fouilles en Tunisie. Embarquée sans y avoir réfléchi dans ce faux Orient-Express menacé par les drones de la guerre toute proche et les pillages des mafias locales, la jeune femme  se met à douter, en écoutant le récit drôle et attendri des aventures sentimentales du diplomate, convaincu qu'il est devenu trop dangereux, pour un homme, d'aimer les femmes.

Un huit clos, des dialogues brillants, vifs et ironiques, deux histoires pleines de rebondissements, et une conclusion qui tire la morale de l'évolution de nos mœurs : l'inéluctable fin du sentiment amoureux.
16,00 €
Mille façons d'aimer
Grasset
C’est l’histoire d’un garçon et d’une fille qui s’aiment depuis toujours.

Jeanne et Raphaël se sont connus enfants, visages ronds, fossettes, pères absents. Et tout de suite ils se sont adoptés.

Frères et sœurs, âmes sœurs, amis amoureux ? Peu importe. C’est autour d’un jeu de société, sur fond de Dalida et Barbara, qu’ils jurent fidélité et vérité, jusqu’à ce que la mort les sépare.

Ils ont ensemble quinze ans, dix-huit, les jeux d’école laissent place aux lectures, à la découverte de la sexualité, aux conflits ou au trouble. Et le monde continue lui aussi de tourner : le sida fait des ravages.

C’est cette histoire que nous raconte Jeanne, lors d’une première promenade sans Raphaël à travers les rues ensoleillées de Paris. Ce jour de printemps, elle se rend au cimetière, assister à l’enterrement de celui qui lui est essentiel. Hier encore, ils avaient vingt-cinq ans tous les deux. Et aujourd’hui, Raphaël n’est plus là. Jeanne nous raconte les histoires d’amour impossibles, la maladie, le père disparu, et la passion des mots. Parfois l’amour ne dit pas son nom. Au pays de la mélancolie et du bonheur partagé, Anne Goscinny écrit la plus belle des lettres à Raphaël.
17,00 €
Giulietta Shakespeare
Grasset
Benjamin, universitaire, tente de soigner sa mélancolie depuis que Juliet, son amoureuse danoise, l’a quitté sans explication. C’est le moment que choisit Andrea, son vieil ami italien, pour resurgir dans sa vie et lui faire part d’une étonnante découverte  : le journal de Scopritori, un spécialiste de Shakespeare, écrit à Turin pendant les années du fascisme. Fascinés par cette lecture, les deux chercheurs se rendent en Italie où le journal les conduit jusqu’à un livre unique, victime d’un autodafé et miraculeusement sauvé. Qui est donc ce Scopritori expert en littérature anglaise  ? Qu’a-t-il à nous révéler  ? Et qui est cette Giulietta dont les apparitions dans ses rêves troublent Benjamin ?

Il est aujourd’hui communément admis que le «  Barde  » de Stratford-upon-Avon n’avait ni le talent ni les connaissances nécessaires pour devenir le dramaturge génial qui nous bouleverse encore aujourd’hui. Depuis des siècles, de grands auteurs, des amateurs éclairés, des comédiens de renom ont questionné l’identité réelle de William Shakespeare. Parmi eux, l’essayiste italo-canadien Lamberto Tassinari, dont la thèse invitait à chercher le dramaturge du côté de l’Italie. Sous forme romanesque, Patricia Reznikov suit ses traces et nous convie à un périple éblouissant qui entremêle trois récits, à trois époques différentes  : celui de Benjamin et Andrea, nos contemporains, embarqués dans une quête inattendue  ; celui du mystérieux Scopritori, à Turin, dans les années 30  ; celui, enfin, de William Shakespeare et ses doubles dans le monde élisabéthain. Avec eux, nous vivons le quotidien d’un homme de la Renaissance, dans un Londres effervescent, à la fois trivial et raffiné, où la foi, le théâtre, l’amour de l’Italie et la peste se partagent les premiers rôles, parmi ses chevaliers-poètes, les questions de religion et de pouvoir qui hantent la cour, et la naissance de cet extraordinaire théâtre de l’humain dont Shakespeare reste le maître incontesté et le symbole.

Questionnement sur l’amour, hommage aux femmes, amantes ou poétesses, ode à l’Italie, si présente dans l’œuvre shakespearienne, aux vertiges du langage, en un temps où la langue anglaise s’invente littéralement, réflexions sur les souffrances et les bonheurs de l’exil, Giulietta Shakespeare envoûte par ses jeux de miroirs et ses mises en abîmes. Et si l’œuvre de William Shakespeare avait été écrite par deux personnes  ? Un homme et une femme  ?
22,00 €
Le roman des artistes
Grasset
Voici le premier volume d’une tétralogie, Le roman des Artistes, qui racontera, de 1820 à 1885, la vie de tous les grands créateurs aux prises avec le temps des Révolutions (1830, 1848, La Commune…). On retrouve ici tout le talent addictif dont l’auteur a déjà fait preuve dans sa fameuse trilogie Le temps des Bohèmes (Bohèmes, Libertad et Minuit).

Le cadre historique de ce premier volume va des Cent jours du « Vol de l’aigle » (le retour de Napoléon en 1815) à la veille de la Révolution de 1848 en passant par les Trois glorieuses.

« Je m’en vais, Monsieur, et vous venez » dit Chateaubriand à Hugo, marquant la bascule vers le romantisme triomphant au terme de batailles homériques qui scandent cette vaste fresque dont les querelles esthétiques redoublent les révolutions politiques.

Dumas, Hugo, Balzac, Marie d’Agoult, Lamartine, Musset, Sainte-Beuve, Vigny, Mérimée, Nerval, George Sand, Théophile Gautier, Chateaubriand, Marceline Desbordes, Baudelaire, Delphine Gay pour la plume ; Beethoven, Berlioz, Liszt, Chopin, Marie Pleyel pour la musique ; Gericault, Delacroix, Ingres pour le pinceau ; Mlle Mars, Marie Dorval, Juliette Drouet pour la scène : autant de personnages de chair et de sang dont nous partageons les combats, les engagements, les amitiés, les amours passionnées, les coucheries d’un soir (« J’ai eu Mérimée cette nuit, ce n’était pas grand-chose » dit George Sand…), les querelles, les brouilles et les réconciliations, le génie et les bassesses.

Et voici que tous ces artistes qui sont devenus pour nous des « classiques » quittent la poussière des étagères et des bancs d’école pour s’ébrouer au grand vent de l’Histoire, dans un tourbillon palpitant où ils inventent à la fois la presse moderne, la littérature moderne et les lieux de la sociabilité littéraire (salons, etc).
24,00 €
La taille de nos seins
Grasset
«  Nous étions trois amies, venues d’horizons complètement différents. Je débarquais de Sarcelles, Isabelle d’Amérique, et Cécile de la rue Poliveau. Nous avions sept ans quand nous nous sommes rencontrées à l’école de la rue Buffon, et nous avons découvert ensemble les garçons, la transformation de nos corps, le point de vue de l’autre, et l’infini réconfort de l’amitié.

C’est cette histoire que j’ai voulu raconter, avec les dessins de Cécile, peintre que j’admire et qui, comme Isabelle, est toujours mon amie chérie, plus de cinquante ans après notre rencontre. »

A. J.

Où l’on rencontre Mademoiselle Sahoute, la maîtresse-juge suprême, Couik, le caniche sans poils, des parents en plein apprentissage de la liberté des années 70, l’exhibitionniste du Jardin des Plantes, les poupées Barbie et les Claudette, le premier amoureux (sur une balançoire), les enfants tyranniques… Autant de personnages qui façonnent le quotidien de «  Mademoiselle Chichi  », surnom donné par une maîtresse à la petite Agnès.

Pour la première fois, Agnès Jaoui prend la plume et raconte  : l’amitié, d’abord, indéfectible mais aussi faite de rivalités, d’étonnements, de trahisons. L’apprentissage de son genre, joyeux ou angoissant, empreint de doutes et d’injonctions parfois douloureuses. Et les humiliations scolaires, les codes sociaux, le mépris de classe, tout ce qui a forgé sa personnalité convaincue et déterminée. Tendre, cocasse, absolument personnel, l’ouvrage prend vie avec les illustrations de Cécile Partouche, pleines d’esprit et de sensibilité.
19,00 €
Nuits
Grasset
«  J’avais vingt ans, le jour me rebutait. Je n’aimais pas le sort qu’il me réservait et moins encore l’avenir qu’il me promettait. Alors, à l’heure où d’autres regagnaient leurs lits, je sortais du mien et trouvais refuge dans la nuit. De couchers en réveils tardifs, je me trouvai bientôt en parfait décalage avec le reste du monde : dormant le jour, vivant la nuit. Combien de temps dura cette période ? Un an, deux ans ? En suis-je jamais sorti ?  »

Dans Nuits, son deuxième roman, Pierre Deram se remémore ses nuits d’errance et tout ce qui le torturait alors : d’un côté le dégoût, l’alcool, une sexualité effrénée avec des prostituées et l’envie de se perdre dans l’obscurité, de l’autre la grâce, la recherche de la tendresse et de l’amitié, l’espoir d’un bonheur possible en compagnie d’une jeune femme qu’il ne parvient pourtant pas à aimer. Des bars de Belleville aux saunas libertins de Nice en passant par des moments paroxystiques d’enivrement à Toulouse, un homme se perd en cherchant à se trouver.

«  Longtemps je n'allais rien demander d'autre à la vie que de me permettre d'errer pour toujours dans ce pays de brume et de tendresse, à mi-chemin de la perdition et de la grâce  », écrit Pierre Deram. Il a trouvé la lumière grâce à ces bouleversantes Nuits.
19,00 €
« Vous êtes l'amour malheureux du Führer »
Grasset
1969 : Albert Speer, architecte favori et Ministre de l'armement d'Hitler, publie ses Mémoires. Revisitant son passé, de ses mises en scène des congrès nazis à la chute du Reich, il parachève l'ultime métamorphose qui a sauvé sa tête au procès de Nuremberg et va faire de lui la star de la culpabilité allemande. Affirmant n'avoir rien su de la Solution Finale, il se déclare "responsable, mais pas coupable." Les historiens auront beau démontrer qu'il a menti, sa version de lui-même s'imposera toujours.

Comment écrire sur un homme qui a rendu la fiction plus séduisante que la vérité ?

A l'heure des fake news et de la guerre des récits, voici le roman d'un des plus grands mensonges de l'Histoire. Traquant les scènes de la vie de Speer, s'interrogeant sur leur vraisemblance, éclairant certains aspects, allant là où il s'arrête en convoquant les acteurs capitaux d'après guerre, notamment l'historienne Gitta Sereny, l'auteur propose une lecture vertigineuse de celui à qui l'un de ses collaborateurs affirmait : « Savez-vous ce que vous êtes ? Vous êtes l'amour malheureux du Führer ».
20,90 €
Le Pays de Nulle part
Grasset
«  Je vous parle d’un endroit secret où les enfants perdus ne grandiront jamais  : le Pays de Nulle part.

Je vous parle de l’une d’entre eux, petite fille morte à quinze jours.

Je vous parle d’une mère qui veut “réussir son deuil”, à défaut d’avoir “réussi son enfant”.

Je vous parle de toutes ces mères au ventre vide.

Je vous parle de la mère de Peter Pan, qui un jour ferma sa fenêtre, le condamnant à rester dans Neverland, et de Stéphanie Verlaine, qui conserva chez elle ses fœtus dans des bocaux de verre.

Je vous parle de la honte et de la douleur des mères.

Je vous parle de l’une d’entre elles.  Parce que c’est apaisant, la fiction d’une autre.

Et pour me convaincre que je ne suis pas elle.  » D.B

Déclaration d’amour et anti-manuel de deuil, Le Pays de Nulle part est un texte très personnel dont Doan Bui entama l’écriture il y a plus de dix ans. Un roman bouleversant où le tragique côtoie le rire, où l’intime dit l’universel. Un magnifique hommage à la ténacité des mères, et aux enfants trop tôt disparus.
20,00 €
Il neige sur le pianiste
Grasset
«  J’ignorais que le musicien venait de tomber dans le cercle magique annoncé quelques minutes plus tôt par le renard, qu’il s’agirait d’un bizarre roman d’amour, qu’il en serait le personnage, et qu’avec le renard ça m’en ferait deux, et que jusqu’à la fin je ne saurais pas lequel des deux j’allais aimer le plus.  »

Un soir de première neige, loin de tout, une vieille romancière enracinée dans sa forêt reçoit la visite d'un pianiste, voyageur planétaire, connu pour ses interprétations de Jean-Sébastien Bach. Ils ne s'étaient jamais vus. Il était prévu qu'il ne resterait qu'un soir, mais la romancière n'a pas du tout envie de le laisser repartir. Comme la neige n'en finit pas de tomber et qu'il y a un Steinway sur place, elle va le séquestrer dix jours et onze nuits. Captivée par ce personnage, et même troublée, le soir du troisième jour, elle ajoute quelques gouttes de plus au somnifère qu'il lui demande pour se remettre de son décalage horaire.

On n'est pas loin du roman de Kawabata, Les belles endormies. Le thème du désir et de la viellesse est ici abordé, mais de façon inversée, et c'est sans doute un peu plus dérangeant : il ne s'agit pas d'un vieil homme qui entre dans le lit de jeunes beautés endormies, mais d'une femme vieille qui s'assoit au bord du lit d'un homme qu'elle a endormi, plus jeune qu'elle, et très beau.

Le même soir que le pianiste était arrivé un petit renard en très mauvaise forme. La romancière le soigne. Elle le sauve. Observer chaque soir cet extraordinaire petit renard devient une sorte de rite, et les rites, se dit-elle, sont là pour remetter de l'ordre dans le monde.

Il est donc question de soigner le monde, grâce à un pianiste et grâce à un renard. Et il est aussi question de deux amours. Un du jour, un de la nuit. L’un venu du dehors, apportant sa vie concrète, terrestre et menacée. L’autre, on dirait, venu de derrière la mort, nous assurant que tout a déjà eu lieu. Les horreurs ont été lavées à grande eau. Le monde resplendit.
20,00 €
Le rôle du père
Grasset
Tout le monde se souvient de Bruno Cremer, un des plus célèbres acteurs du cinéma français du XXe  siècle. Du  Bon et les méchants  de Claude Lelouch à  Une histoire simple  de Claude Sautet et Noces blanche de Jean-Claude. Brisseau, en passant par sa célèbre interprétation du commissaire Maigret à la télévision, il est resté dans la mémoire collective comme l’incarnation de la virilité bienveillante.

Dans ce récit, son fils Stéphane nous raconte tout autre chose. «  Qu’est-ce que ça te ferait si ta mère se prostituait  ?  ». Telle est la question que son père lui a posée, alors qu’il avait treize ans. Et ce n’est là qu’une des multiples cruautés qu’il a eu à subir. «  Je ne veux pas tenir le rôle du père  », lui a dit l’acteur. Là, il n’a pas menti. L’envers d’une légende.

D’une écriture précise, qui mêle force et humour, lucidité et ironie, sans s’épargner lui-même, Stéphane Cremer nous fait vivre la duplicité d’un homme qui en était un autre, jusque contre son fils.
17,50 €
Le Chant des livres
Grasset
«  Dans ma famille, père chômeur depuis la fin de la guerre et mère brodeuse à domicile, les livres étaient rares…  »

Dans les années 50, Gérard Guégan, lycéen fou de littérature, s’identifie à Rimbaud au point de prétendre se prénommer Arthur. Paulhan le sauvera plus tard d’une identification stérilisante en lui conseillant  : «  N’imitez que ce que vous croyez détester.  »

Militant communiste, journaliste encarté puis désencarté mais toujours engagé, romancier, essayiste, critique, éditeur (Champ Libre, Le Sagittaire), Guégan a écumé plus d’un demi-siècle de vie littéraire française.

Il nous fait revivre par petite touches ce temps où l’on prenait la lecture pour l’argument décisif, où l’on s’aimait, où l’on se brouillait, autour des livres, mais où l’on existait en faisant partager ses découvertes, grâce à quoi les affinités électives décidaient de tout.

À sauts et gambades, ce livre-vitrail fait miroiter les facettes d’une légende littéraire  toute subjective.

L’auteur y raconte sa rencontre avec des écrivains (Giono, Mohrt, Miller, Sollers, Bukowski, Boudard…).

Se côtoient ici des ténors et des «  subjectivistes  », talents souvent moins célébrés mais plus électifs (Béatrix Beck, Bernard Frank, Jean-Pierre Martinet, Armand Robin, Jean-Pierre Enard, Alain Chany, Hervé Prudon et tant d’autres).

En sorte que cet autoportrait constitue une sorte d’arche de Noë dans laquelle Guégan entend sauver les siens.
16,00 €
De vive voix
Grasset
Au fil des années, en parallèle avec essais, journaux ou romans, Marc Lambron a réalisé de nombreux entretiens avec écrivains, acteurs, chanteurs, créateurs de mode, artistes en général. Pour la première fois, il rassemble les transcriptions d’une soixantaine de ces rencontres selon le verbatim alors enregistré puis transcrit par ses soins.

On y trouvera de grands disparus, Jeanne Moreau, Juliette Gréco, Charles Aznavour, Raymond Devos, Françoise Gilot, Johnny Hallyday, Karl Lagerfeld, Jane Birkin, et du côté des écrivains Alberto Moravia, Tom Wolfe ou Martin Amis.

Beaucoup de cinéma : les actrices françaises les plus en vue, de Catherine Deneuve à Isabelle Adjani, d’Isabelle Huppert à Fanny Ardant, y apparaissent, tout autant que des Anglo-Saxons tels Robert Redford, Faye Dunaway, Woody Allen, Charlotte Rampling ou John Malkovich.

La réputation de mutisme d’un Sami Frey ou d’un Hedi Slimane s’y trouve démentie, tandis que Patti Smith, Gérard Garouste ou Philippe Starck, parmi beaucoup d’autres, y revisitent leur carrière.

Au fil de ces entretiens, l’auteur cultive continument une même approche : proposer à ses interlocuteurs, regardés comme des personnages de roman, de se livrer à une sorte d’autobiographie parlée, de la naissance d’une vocation à ses accomplissements majeurs. Pour la plupart conduites en longueur, ces rencontres offrent comme la photographie verbale d’un parcours restitué par le locuteur lui-même. L’ensemble constitue une archive unique mise en perspective, de vive voix, sur le mode de la confidence et de la remémoration.
26,00 €
Cendrillon est en prison
Grasset
États-Unis, aujourd’hui. Cindy est en prison, accusée du meurtre de sa mère, Angela. Un podcasteur qui suit l’affaire depuis ses débuts nous raconte l’histoire, devenue un événement médiatique colossal, au point qu'un grand studio de production  a acheté les droits du podcast pour en faire un film.

Enfant, Cindy a été instrumentalisée par sa mère, qui l’a bourrée de médicaments et rendue intentionnellement malade afin de publier sur les réseaux sociaux des photos d’elle décharnée et défigurée, qui lui ont permis de soutirer des centaines de milliers de dollars aux internautes attendris. Seulement voilà, la fille n’est pas moins manipulatrice que la mère  : Cindy échafaude un stratagème qui lui permettrait de s’enfuir avec cet argent si vicieusement gagné. Il tourne mal, Angela est tuée par un garçon naïf que Cindy avait attiré dans sa machination. Cindy est-elle coupable  ?

Fondée sur un fait-divers authentique, un roman captivant qui dresse le portrait impitoyable de l’inculture et de la dégénérescence d’une certaine classe moyenne américaine.
19,00 €
Carat
Grasset
De sa mère, Agathe pensait tout connaitre. Notamment qu’elle était une femme excentrique et belle, adorée et courtisée. Elle sait qu’elle a collectionné les amants, elle les a vus défiler chez elles sans pour autant qu’Aimée ait jamais pu lui dire lequel aurait pu être son père. Elle sait aussi combien elle aimait l’art, leur unique point commun puisqu’Agathe en a fait son métier, commissaire-priseur chargée d’organiser les ventes d’œuvres rares. Pour le reste, elle est son opposée. Toujours de noir vêtue, elle est discrète et solitaire, n’a aimé qu’un homme, a une amie, et concentre ses efforts sur son travail et son projet  : ouvrir sa propre étude. Aussi, lorsqu’en vidant l’appartement d’Aimée après son décès elle découvre, dans un coffre, une dizaine de bijoux frappés du poinçon du joailler Van Cleef & Arpels, elle décide de les envoyer à la maison mère pour en connaitre la valeur. Elle ne se doute pas que deux d’entre eux dont elle ne connait pas l’origine, ainsi qu’un paquet de lettres cachées, vont changer sa vie et lui donner la chance de découvrir la vérité sur sa mère, et peut-être l’identité de son père. Mais le veut-elle vraiment  ? Est-elle prête à laisser les carats raconter leur histoire ?

Après L’âme du violon, Marie Charvet revient et signe un deuxième roman aussi brillant que les carats qu’elle fait scintiller sous nos yeux. Avec Agathe, elle nous emporte dans l’univers de la joaillerie et les coulisses de la Maison Van Cleef & Arpels pour laquelle elle travaille depuis des années. C’est là qu’elle fera basculer le destin de son héroïne en lui offrant la possibilité de changer pour apprendre à aimer, sa mère, elle-même, et peut-être ce client indien, qui sait  ? Vibrant, battant, sensible et passionnant, Carat nous rappelle que le plus précieux n’est pas toujours fait de pierres, mais de sentiments.
22,00 €
L'invention de la famille
Grasset
Prémenry est une vaste propriété en bord de Loire où les grands-parents maternels de Sonia David, Lili et Ruben, ont fait le choix de s’installer dans les années 50 alors que rien ne les liait à la région. Le couple y accueillera jusqu’à leur mort leurs cinq enfants et treize petits-enfants.

Si les robinets dans chaque chambre alimentaient ses rêves de petite fille, Sonia David en retient surtout un lieu ouvert aux arts et au débat, lieu mouvant où les meubles allaient et venaient sans attache particulière. Car jamais le passé n’y était célébré, au contraire : Lili et Ruben n’ont eu de cesse d’y transmettre l’esprit critique, le goût de l’altérité, le sens des responsabilités, le devoir de se modeler son propre destin, et de partir. La mère de l’autrice, tout comme ses quatre oncles ont pris la route, et d’autres nationalités. Ses douze cousines et cousins également, éparpillés à travers le monde, qui parfois même ne se connaissent plus les uns les autres. Peut-on encore parler de famille, et à quoi tient-elle précisément ? Et pourquoi cette injonction au départ ? Celle-ci trouve évidemment ses raisons dans l’histoire de Lili et Ruben : elle, issue de la grande bourgeoisie catholique marseillaise, lui, juif russe émigré et ancien déporté.

Dans ce livre bouleversant d’humanité et de sincérité, Sonia David sonde les secrets, déroule un XXe siècle cosmopolite au fil des choix et parcours de chacun, et de chapitre en chapitre, explore cet héritage commun : le devoir de s’inventer.
24,00 €
Les Jeux Olympiques de littérature
Grasset
Le saviez-vous  ? De 1912 à 1948, les Jeux Olympiques comprenaient des épreuves d’art et de littérature. Inspiré par l’Antiquité, Pierre de Coubertin croyait essentiel d’associer écrivains et artistes à sa nouvelle religion du sport.

À l’olympiade parisienne de 1924, on recrute pour les lettres des jurés prestigieux  : les diplomates Jean Giraudoux et Paul Claudel, le pirate décadent Gabriele d’Annunzio, le poète Paul Valéry, la romancière Edith Wharton, les prix Nobel Maurice Maeterlinck et Selma Lagerlöf… Parmi les concurrents, on remarque les jeunes Henry de Montherlant et Robert Graves.

Raconter ce concours et ses médailles, c’est plonger dans l’histoire du sport durant les Années folles, quand il devient un objet politique en démocratie comme en dictature. C’est aussi réfléchir aux liens entre spectacle littéraire et spectacle sportif. Sueur, argent, célébrité, paniers de crabes mais aussi camaraderie  : ce livre s’attache à rendre un corps aux littérateurs. D’anecdotes en exploits, il propose une flânerie sur un terrain méconnu, à une époque où l’écriture passionnait les foules autant que les prouesses athlétiques.
20,00 €
Bobby Nazebroque
Grasset
Que feriez-vous si, chaque fois que vous buvez pour oublier vos problèmes, l’enfant que vous étiez à 10 ans vous apparaissait pour vous demander des comptes  ? C’est ce qui arrive au narrateur de ce roman, Robert, jeune homme de 29 ans, alcoolique solitaire, Brautigan citadin et sorte de Werther contemporain (le lyrisme en moins et la picole en plus), dont la vie se résume à une longue suite de cuites. Sans emploi, désœuvré, ultrasensible et isolé, ils ne parlent à ses parents que pour apprendre qu’ils divorcent ou se sont réconciliés, fuit ses amis pour éviter leur jugement. Et maintenant celui de Bobby, l’enfant qu’il était, qui ne lui apparaît que dans l’ivresse et le supplie chaque fois de se rappeler leurs rêves pour les réaliser. Peut-être pas certains, être archéologue ou rockeur. Mais au moins ces deux-ci  : être amoureux et heureux. Après avoir essayé de s’en débarrasser, Robert va peu à peu l’écouter. Et accepter de se souvenir de l’homme qu’il voulait devenir.

Des rues de Paris où ils vont cheminer ensemble pour retrouver une femme, aperçue dans un bar, mais dont le narrateur pressent qu’elle pourrait être l’amour de sa vie, au centre de désintoxication où Robert tentera, cette fois, de retrouver sa santé, on les suit dans ce bildungsroman à l’envers, où l’enfant devient le guide. Mordant et tendre, grave et léger, drôle ou grinçant, Paul Cluzet use de toutes nos émotions pour peindre avec honnêteté et talent la difficulté de grandir et l’espoir que l’enfance abritait, et qui parfois nous revient. Un premier roman qui parlera à tous et toutes, puisque nous avons tous été enfants avant que d’être adultes.
18,50 €
Avant l'âge
Grasset
Comme un écho de *L’inconnue*, le premier livre de l’auteur, salué par une critique unanime, ces cinquante poèmes jalonnent la traversée d’une vie dans ce *ravin du monde* dont parlait Lao-Tseu. Un voyage d’hiver où l’auteur remonte, depuis l’effarement d’une enfance tôt obscurcie, le cours du ruisseau gelé où se reflètent parfois des lueurs, mais qui le plus souvent n’offre au ciel que le mystère opaque d’un monde déserté. La grâce n’est pas absente de ce corps à corps avec un néant qu’elle traverse fugitivement, portée par la langue de ces textes brefs et denses.
15,00 €
Corrompre
Grasset
Comment la Compagnie Fermière de France s’est-elle enlisée en Asie Centrale, sous-traitant son entreprise de corruption à la mafia de ce petit bout de banquise soviétique à la dérive sans veiller à ce que les sommes promises soient effectivement versées  ?

Corrompre est le bûcher des vanités d’une élite tricolore masculine à l’entrée du troisième millénaire  : l’extinction des dinosaures du vieux capitalisme consanguin sous le choc d’une mondialisation chaotique et brutale.

Une dizaine de personnages principaux (le Pdg de la multinationale et son conseiller, le directeur des affaires publiques et institutionnelles, le directeur de la région Alpes-Côte d’Azur, l’administrateur des filiales italiennes, la directrice des ressources humaines, le déontologue, un journaliste d’investigation coriace, le directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, une ancienne barbouze de la guerre d’Algérie en charge de l’intelligence économique…) pataugent dans ce marigot dont les remous (une première tentative d’ assassinat pour l’exemple, une menace à prendre au sérieux…) font remonter la vase des anciens jeux de pouvoir.

A travers l’exploration amusée du désarroi de personnages désorientés par de nouvelles règles du jeu se dessine, dans ce roman tendu comme un polar mais écrit comme un traité du Grand Siècle, une méditation sur la liberté, et ce qui arrive quand on l’abdique au sein d’une organisation.
17,00 €
Si le soleil s'en souvient
Grasset
Le livre s’ouvre en 1960, à Mascara, petite ville des hauts-plateaux de l’Algérie française, avec l’inauguration d’un cinéma trop luxueux pour ce monde en sursis. Ce cinéma, le Vox, c’est le père du narrateur, Edmond, qui l’a bâti à grands renforts d’enthousiasme, de naïveté et d’illusion. On doit y projeter  «  Moby Dick  », le film de John Huston – mais comment montrer la beauté sous un ciel voluptueux, quand la violence, la haine et la folie des hommes se déchaînent  ? Ce soir de juin, qui devait être joyeux, a lieu un affreux massacre…

À partir de cette scène primitive, tout se tisse dans ces pages d’allers-retours entre hier et aujourd’hui. Le narrateur nous guide dans son adolescence éperdue, dans un enfer ensoleillé, concentré d’aveuglements, d’injustice, de fausses allégresses et d’exil. Le père, magnifique et désespéré. La mère, silencieuse et protectrice. Le grand-père, légendaire légionnaire d’origine hollandaise. Tous prêts au départ vers la métropole. On croise aussi Camus, un certain Omar-Le-Fou, un pêcheur anti-franquiste. Sans oublier les photos du studio Harcourt, le bordel caché, et la guerre, toujours, partout….

Si le soleil s’en souvient  n’est pas  l’évocation du «  paradis perdu  », mais le roman de la jeunesse et de la nostalgie, entre bonheurs défunts, jouissances sensuelles, et découverte de la vie tragique. Jean-Paul Enthoven nous offre l’éducation sentimentale, érotique, littéraire, politique, d’un adolescent qui s’égare et se retrouve en parcourant le chemin qui le sépare de l’âge adulte...
19,00 €
La voix des Saules
Grasset
Contactée pour animer des ateliers d’écriture en milieu psychiatrique, Nathalie Skowronek, qui n’en a jamais dispensé, se demande bien ce qu’elle pourrait apporter à des gens atteints de troubles psychiques. Pourtant, sans en comprendre les raisons, elle accepte. Autour de la table, entre exercices d’écriture et confidences lâchées avec une sincérité qui la désarme, elle découvre une humanité en souffrance, digne, sans fard, sans complaisance sur son état de perte, prompte à rire d’elle-même. Elle y reconnaît cette éternelle difficulté de vivre qui attend consolation et reconnaissance. De quoi se poser la question  : et elle, où en est-elle dans sa vie, qu’en attend-elle  ?

Au fil des séances, de plus en plus confuse et vulnérable, elle voit la distance s’amenuiser entre les participants et elle. Basile qui fuit l’atelier car il lui cause trop d’hallucinations, Pierrot qui déconstruit les phrases des uns et des autres par des jeux de mots vertigineux, Lina, la fine mouche, qui se demande si leur animatrice va aussi bien qu’elle le dit. Sans nier le gouffre de souffrance qui les sépare, elle lit ses angoisses dans le regard de ceux à qui elle est censée apporter son soutien. Le vrai et le faux, l’art et la vie, le contrôle et le lâcher-prise, le dedans et le dehors, tout s’entremêle dans ce chemin qu’elle parcourt avec ses compagnons de détresse, où l’on croise aussi Virginia Woolf, Ionesco, Prévert, Stevenson. Jusqu’à avoir le sentiment de basculer de l’autre côté du miroir. C’est un nouveau monde qui se dévoile alors, où les faux-semblants, les conventions sociales, les zones de confort s’évanouissent.

Dans ce remarquable récit, aussi puissant que ses personnages sont fragiles, émouvant mais dépourvu de pathos, Nathalie Skowronek nous fait remettre en question une certaine idée de la normalité.
17,00 €
L'île de la Française
Grasset
Fin de l’été 1950, au large des côtes turques. L’île grecque de Saint Spyridon vit au ralenti. Petite, caillouteuse, rugueuse, dure au mal, elle souffre. Après les quatre années de guerre civile qui ont bouleversé le pays, la misère est partout, les gens ont faim.

Odile, photographe à Paris, y possède une maison.   Elle a appris le grec, aime profondément l’endroit, photographie ses habitants avec passion. Ils ont développé une affection d’abord méfiante puis sincère pour I Gallida, la Française, comme ils la surnomment. Une jeune fille de l’île, Clio, l’aide au ménage. Se développe entre la Française et la jeune Grecque une amitié complice. Pénélope, la fille d’Odile, la vit douloureusement. Du même âge que Clio, elle lui voue une détestation violente.

Arrivée à l’âge où tant de filles de l’île prennent le voile, Clio entre au monastère de l’île. L’higoumène y tient ses ouailles d’une main de fer. L’irruption d’un appareil photographique au sein du monastère bouleversera la vie des moniales dans un sens inattendu.

Pénélope disparaît. L’île est en émoi. À Paris, une exposition de photos qu’elle avait prises au monastère crée le scandale. A Saint Spyridon, Odile devient une réprouvée. On la conspue, on l’injurie. Où est Pénélope  ? Qu’a fait la Française  ?

Mystérieux et âpre comme l’île, le roman de Metin Arditi brasse ses thèmes favoris : l’art, l’exil, le mystère de la filiation, la foi et le rapport au corps. La tragédie est toujours grecque.
20,00 €
Fantasia
Grasset
L'intelligence artificielle. Elle lutte contre la fraude et détruit des emplois, promeut l'éducation et favorise la triche, donne accès au savoir et propage les fake news. Elle nous obsède et nous effraie, mais qui est-elle réellement  ? Grâce à une série d’anecdotes, d’épisodes méconnus, de contes et de micro-récits, Laura Sibony dresse un état des lieux. Elle raconte sans les juger les principaux concepts de l'I.A., ses enjeux et ses conséquences.

Au lieu de s’appuyer sur un discours théorique, c'est à travers des dizaines d’histoires qu’elle nous permet de saisir au mieux ce qu'est l’intelligence artificielle – et ce qu’elle n’est pas. Ce qu’elle peut changer – et ce qu’elle ne pourra jamais changer. Ce qu’elle promet – et les promesses qu’elle n’arrivera pas à tenir. Une partie d’échecs entre Napoléon et le Turc mécanique, un algorithme pour reconnaître les fromages, la voix artificielle des patients atteints de la maladie de Charcot ou encore Poutine en décolleté : le machine learning, les deepfakes ou le tagging se pensent en images.

Loin de se limiter aux aspects techniques, Laura Sibony nous emmène dans les coulisses de la Silicon Valley et nous transporte au Kenya, chez les éboueurs de l’IA.  Fantasia, ce sont des textes aussi drôles que pédagogiques, un voyage pour comprendre l’objet de nos fantasmes et de nos craintes les plus profondes  : l’intelligence artificielle.
22,00 €
Adikou
Grasset
Elle sait à peine prononcer son nom, Adikou, que la narratrice décrit tour à tour comme un lézard et comme un vautour, un double et une étrangère. Sa lignée est floue, son histoire familiale trouble. Pourtant le monde entier voudrait qu’elle donne son origine, coche noire, ou blanche, ou bien fifty-fifty. Qu’elle accepte de se ranger.

Alors, un lourd jour d’été, Adikou n’y tient plus. Elle s’échappe, prend la route du Togo, pays du père dont elle sait si peu de choses, et la narratrice n’a d’autre choix que de la suivre. C’est un départ qui fait écho à d’autres  : une dégringolade du Nord vers le Sud des Etats-Unis lors d’un séjour d’étude, une tentative de retour à la source avec une ONG humanitaire. Mais cette fois-ci, elle est décidée à y séjourner aussi longtemps qu’il faudra pour trouver quelque chose d’elle-même. Un nom, une famille, une trace, une présence. Ou peut-être simplement un air plus respirable.

Lomé ne sera qu’un début, un avant-goût moite et poussiéreux d’avancées vers des zones toujours plus mouvantes. Territoires intérieurs, qui la renvoient vers son insoluble lien au métissage. Territoires familiaux et géographiques, en quête des origines d’un père qui a depuis longtemps fui son pays. Territoires historiques marqués par l’esclavage puis la colonisation.

Dans ce road trip initiatique, l’identité est une affaire d’interstices, de miroirs brisés et de parentés inventées —  et la littérature son territoire d’affirmation. Un premier roman dans lequel l’appartenance s’exprime dans sa complexité et à travers une langue puissante, charnelle, à la fois âpre et douce, intérieure et comme à distance d’un «  soi  » introuvable. Une voix qui va compter.
19,50 €
J'ai péché, péché dans le plaisir
Grasset
Téhéran, 1955. A la suite d’une lecture de ses poèmes, le regard de Forough Farrokhzad (1934-1967), égérie des milieux littéraires iraniens qui n’a que vingt ans, est accroché par celui d’un jeune homme. Elle s’apprête à repousser les avances de Cyrus, ou la Tortue, comme elle le surnomme, et ignore qu’il va bouleverser son existence. Erudit, francophile, Cyrus lui traduit en persan les poèmes de Pierre Louÿs tout en lui racontant la vie du poète et celle de son grand amour, Marie de Régnier.

A travers celle de Marie, Forough entrevoit la vie dont elle aurait rêvé. Grâcieuse, intelligente, perverse, la fille du grand poète José-Maria de Heredia est une des reines de la très libre Belle Epoque, tout Paris se l’arrache. Elle collectionne amants et maîtresses, publie sans cesse et s’amuse dans les salons les plus prestigieux. La poétesse iranienne, elle, mariée à 16 ans à un artiste sans fantaisie, est bridée par sa famille, son militaire de père et les mœurs de son pays. Tout le monde s’épie, tout se sait. Mais Forough ne sait qu’être libre et provoque scandale sur scandale au fil de la parution de ses recueils. Elle célèbre la chair, la vie, l’émancipation et ne se renie pas. Toute son existence, Forough cheminera avec l’histoire de Marie de Régnier et de Pierre Louÿs au cœur, au point de venir à Paris avec Cyrus, sur les traces des deux amants et de leur cohorte d’amis, Claude Debussy, Marcel Proust, Léon Blum, Liane de Pougy et Nathalie Clifford-Barney. Sa mort tragique, à 32 ans, mettra un terme à son œuvre d’une immense intensité, qui en fait sans aucun doute la plus grande poétesse de l’Iran contemporain.

Dans ce roman puissant et subtil, au rythme effréné, Abnousse Shalmani met en regard les vies extraordinaires de ces deux écrivaines qui firent toujours le choix de la passion, amoureuse, poétique ou purement sensuelle, au risque de s’en brûler les doigts. Une ode très contemporaine à la liberté artistique et à celles qui ne renoncent jamais, en Occident comme en Orient.
19,50 €
Paris dans tous ses siècles
Grasset
Que peuvent avoir en commun Victor, écrivain vieillissant qui ne publie plus et devient un commentateur d’actualité grincheux, son amie Gabrielle, galeriste quinquagénaire éprise d’un homme beaucoup plus jeune, le fils de Victor, la mère et la fille de Gabrielle, des étudiants qui tentent de devenir artistes, des provinciaux qui rêvent de se faire une place, un escort brésilien, le chat Xanax et le teckel Guillaume, un cadavre qui disparaît, un éléphant qui s’échappe et tant d’autres personnages de cette ronde qui efface les frontières entre les espèces, les espaces et les temps  ?

Tous vivent à Paris, cette scène du jugement perpétuel. Or, «  Paris est un combat ». Certains cherchent la clef pour conquérir la capitale, d’autres croient l’avoir, d’autres l’espèrent, d’autres pensent qu’elle n’existe pas. Qu’adviendra-t-il des ambitions de chacun  ?

Parmi les mille inventions de ce roman qui fourmille de trouvailles, de traits d’esprit, de brio et de profondeur, soulignons quelques surprises  :

Au début de chaque chapitre, un animal parle, animal domestique ou symbolique du personnage qui va suivre, et traité à égalité avec lui. De temps à autre, les rues de Paris se complètent de «  déroulés historiques  » : leur bitume est retiré, des rambardes s’élèvent et les passants assistent, comme du balcon d’un théâtre, à des scènes du passé, celles de la Libération aussi bien que des conversations des «  précieuses  » de l’hôtel de Rambouillet.

En bas de page, quand les personnages se trouvent dans la rue, sont notées des bribes de phrases qui forment la bande passante de conversations saisies au vol en marchant. On n’est pas plus obligé de les lire que de les écouter, mais elles contribuent à donner sa tonalité à la capitale.

Une façon nouvelle de raconter des vies nouvelles, dans un Paris désordonné, vivace, imprévisible, créatif. Sous les auspices de l'Ulysse  de Joyce, du Berlin Alexanderplatz de Döblin et du Petersbourg de Biély, une histoire à la fois contemporaine et mythologique, un grand roman de la ville.
22,00 €
Le Jardin des Plantes
Grasset
En créant en 1635 un jardin des plantes médicinales à Paris, directement placé sous son autorité, Louis XIII fonde non seulement l’une des plus anciennes institutions scientifiques de France avant l’Académie des Sciences (1666) et l’Observatoire de Paris (1667), mais aussi l’une des plus modernes. Des cours gratuits, donnés en français et non plus en latin au tout-venant  : du jamais vu, qui fait froncer les sourcils à la Sorbonne  !   Car le succès est immédiat, les carabins s’en donnent à cœur-joie de disséquer des cadavres, de ridiculiser les Diafoirus, de découvrir une sexualité aux plantes  : médecine et botanique ne font qu’un au XVIIème siècle et c’est le premier médecin du roi, Guy-Crescent Fagon, qui administre le jardin jusqu’à la fin du règne de Louis XIV.  Au XVIIIème siècle, c’est la surproduction de tout  : des espèces végétales, animales et minérales rapportées par ces missions scientifiques qui sillonnent l’univers, des cabinets de curiosité des grands de ce monde, des touristes qui affluent de toute l’Europe au jardin des Plantes pour rencontrer Buffon, l’auteur d’un des best-sellers de son temps, une Histoire naturelle en 36 volumes qui ignore sèchement son contemporain, le savant suédois Carl von Linné dont la classification fait encore autorité.  Nationalisé à la révolution, sauvé par Lakanal qui voit surtout son aspect éducatif, voici le jardin Royal transformé en muséum. Douze professeurs vont chacun occuper une chaire et administrer l’institution pendant deux cents ans et aucun des promeneurs, peintres ou écrivains qui découvrent avec délices au XIXème siècle la ménagerie, les grandes galeries, le jardin d’Acclimatation (1860), au bois de Boulogne, le musée d’Ethnographie, ancêtre du musée de l’Homme, au Trocadéro (1878) ou le zoo de Vincennes (1934) ne se doute des querelles qui agitent les coulisses de l’établissement et se nomment fixisme, transformisme, Darwinisme, colonialisme, adaptation ou refus de la révolution industrielle, déclin scientifique. L’homme est-il un singe  ? La France apporte-t-elle aux peuples colonisés l’ombre ou la lumière  ? A quoi sert le muséum  ? Comme la pluie qui tombe dans les grandes galeries, faute de crédits, après la Seconde Guerre mondiale et surtout après les Trente Glorieuses, l’histoire naturelle est-elle en train de tomber dans l’oubli  ?

L’ADN découvert en 1953, qui révèle tout de vous, de votre passé et de celui du vieux renard empaillé ou de la roche emprisonnée, fait-il encore de nous des être humains  ? La numérisation viendra-t-elle à bout du trop plein des musées  ? Va-t-elle rendre à leurs pays d’origine tout ce qui en a été emporté  ? Et la terre qui se décroche par mottes entières sous nos yeux, où va-t-elle  ? C’est dire qu’au XXIème siècle, le muséum a encore devant lui de beaux jours et de belles promenades parmi les dangers de la terre. «  [Celle-ci] peut bien disparaître, disait August Strinberg en 1894, si le jardin des Plantes est épargné, la création sera sauvée.  » Puisse l’avenir lui donner raison  !
22,00 €
Les corps hostiles
Grasset
« J’avais envie que ce corps-là, ce corps inouï, me terrasse et m’étreigne, me fragilise, m’amplifie. Ça n’arrive pas si souvent, un désir qui vous foudroie la moelle et s’impose avec une telle puissance. Je suis fatiguée, si fatiguée d’être, parfois… »

Ainsi parle Maude, hostile, puissante et fragile, en lutte contre les images ou les stéréotypes de son époque. Parolière réputée, elle a accepté de travailler à un album avec Loïc Quemener, ancien délinquant fiscal reconverti dans le pop-rock et le développement personnel, corps instagramé et un peu en déclin. Tout au centre, Maude aime les marges. La moto, sur route ou sur circuit. Les mots, s’ils ne sont pas surgelés ou en boîte. Un homme, Franck, qui documente l’économie du déchet, et que Maude quitte pour Loïc, pourtant pas son genre…

Loïc est une légende à sa façon, et un homme d’aujourd’hui : sculptural, mécanique, travaillé par l’impuissance et l’angoisse – une virilité déchue en quête de force. Maude lui donnera des mots pour sa musique, un désir nouveau et…. l’occasion d’un combat.

Dans ce roman magnifique, et dans une écriture libre, scandée, profonde, Stéphanie Polack nous fait vivre, aimer et rire, combattre parfois. Transmutée en Maude, elle documente ce que signifie être une femme dans un temps où chacun doit se définir. Elle réactive les figures masculines d'un Jean Genet, queer avant la lettre. Maude dérange. Cabosse. Frôle. Esquive. Et traverse avec nous une époque où il faut à tout instant choisir l’hostilité, tendre façon d’être avec l’autre.
20,90 €
L'homme aux mille visages
Grasset
« Il se fait appeler Ricardo, Alexandre, Daniel ou Richard. Il est argentin, brésilien ou portugais. Il se prétend chirurgien, ingénieur, photographe ou policier, sans qu’aucune femme ne doute de la réalité de ses activités. Car ce menteur de haut vol parvient à mener en parallèle quatre vies conjugales dans plusieurs pays et sous différentes personnalités imaginaires, toutes plus séduisantes les unes que les autres.

Lorsqu’une de ses compagnes m’a contactée et que j’ai découvert l’histoire de celui que je nommerai Ricardo, elle s’est immédiatement imposée. Les hommes que j’ai aimés étaient souvent malhonnêtes et menteurs. Et dans mon travail, je me suis beaucoup intéressée aux baratineurs, bonimenteurs, vendeurs de bobards de tout acabit.

Ricardo, c’était le niveau supérieur. Il est devenu un nouvel objet à l’intérieur d’une quête personnelle sans fin ni vérité, mais dont le chemin me passionne. Quels invraisemblables stratagèmes utilise-t-il  ? Pourquoi  vivre sur un fil, de légende en légende? Dangereux manipulateur, grand malade, amoureux compulsif  ? J’ai décidé d’enquêter, persuadée que si je n’avais pas croisé sa route, si je ne figurais pas sur la liste de ses victimes, c’était une simple coïncidence. Il m’a fascinée, terrifiée, amusée aussi.

Ce livre raconte un imposteur extraordinaire, à travers les témoignages des femmes qui l’ont aimé, un détective privé qui l’a suivi, les policières qui l’ont attrapé. De Paris à Varsovie en passant par les favelas du Brésil, un incroyable voyage à la recherche d’un caméléon de génie. Elles cherchaient l’homme idéal, il composait l’amoureux de leurs rêves. Au risque de tout perdre, et de se trouver pris à son propre piège  : le nôtre, celui du livre et de la fiction ».

Sonia Kronlund.
19,00 €
Fellini Blues
Grasset
"Tout a été dit et l’on vient trop tard, a dit un auteur mais je croirai plutôt que l’on vient toujours à l’heure où personne ne nous attend à part nos parents ébahis et une vieille sage-femme. Cela s’appelle la vie. On débarque sur un seuil où des gens s’amusent ou se font la gueule, on se mêle à eux un moment, puis l’on se détache du groupe, on cherche ses clés de voiture et l’on part se fracasser loin des regards."

Valentin, 50 ans, vit avec sa mère. Il a peu lu, alors qu'il travaille comme magasinier dans une bibliothèque, et nourrit un complexe d'infériorité intellectuelle. Il est fin cuisinier et amateur de bons vins. A l'orée du texte, il rencontre par hasard Marc Chalinski, chirurgien ORL. Les deux hommes ont le sentiment d'avoir été condisciples, mais ils ne sauraient dire où… Avant que Chalinski ne meure dans un accident, ils auront eu le temps de nouer un curieux rapport, Chalinski faisant appel à Valentin pour organiser chez lui des repas de fête ou garder sa luxueuse villa en son absence.

La "timidité sociale" de Valentin n'empêche pas certains succès. Des femmes se succéderont dans sa vie. Outre Rose sa mère très aimée et très encombrante, et sa patronne, la tyrannique Mme Angin, il y aura Linda Lopez, étudiante en Lettres, intéressée et perfide  ; Gaétane, névrosée  ; Manon qui ne songe qu'à "réussir"  ; Bettina, ex-femme battue  ; et enfin Tancrelle, prof de français dont Fellini est le cinéaste préféré, qui l'aidera à surmonter ses complexes...

Mais le bonheur d’un Valentin métamorphosé peut-il durer  ?

Un roman "humain", chaleureux, nostalgique, aussi imprévisible que l’est la vie, aussi guetté par la fin que nous le sommes tous  : comme un blues de nos existences trop brèves…
18,00 €
Un certain art de vivre
Grasset
Voici l'art de vivre de Dany Laferrière. Sous forme de maximes, de réflexions commentées, de rêveries, cent pages pour devenir soi-même un peu japonais.

«  J’ai voulu savoir comment les choses s’étaient passées dans cette vie où je n’ai pas cessé de bouger, souvent malgré moi. Toutes ces villes où j’ai vécu (Port-au-Prince, Petit-Goâve, Montréal, New-York, Miami, Paris, Tokyo), assez pour les intégrer en moi sans devenir sédentaire pour autant. Je suis passé, à peine étonné, du sud au nord, du rhum au vin, de l’été à l’hiver, jusqu’à devenir un cerisier en fleurs. J’ai franchi clandestinement les frontières de classes, de races ou encore celles qui séparent un pays d’un autre. J’ai accumulé diverses expériences au fil des jours ensoleillés ou pluvieux, mais je n’avais pas encoreévalué ce parcours.

L’été dernier, j’ai découvert sous forme de réflexions fulgurantes, de haïkus langoureux, de descriptions hâtives d’un lieu, d’une situation ou d’un état d’esprit, ce qui s’était passé dans ma vie durant ce dernier demi-siècle. Lecteur horizontal, j’ai choisi de vivre dans ma baignoire ou dans mon lit sans quitter l’espoir qu’une inconnue frappe à ma porte. Je note que la plupart des gens veulent savoir ce que l’écrivain cache alors que je me contente de ce qu’il tente de me faire voir.

Pour rester dans cette simplicité proche de l’enfance, j’ajouterai que je lis une page les yeux ouverts, pour la repasser dans ma tête les yeux fermés. L’eau chaude de la baignoire me permet de fuguer en regrettant de ne pas l’avoir fait à certains moments comme la fois où j'ai manqué de prendre cette petite route de terre qui m’appelle depuis si longtemps, et cela même si j’ignore où elle me mènera. J’ajouterai que c’est quand on n'a rien à faire que le temps devient précieux. Mais pensant que la vie est linéaire, je tente vainement d’en sortir en prenant le bon chemin au mauvais moment. Pour finalement comprendre que ces petites notes, comme des touches de couleur, me dessinent un portrait naïf. Ce mince livre m’aura pris plus de temps qu’aucun autre.  »

D.L
15,00 €
Ici-bas
Grasset
Après  *L’Autre rive*, qui remporta en 2007 le Grand Prix de l’Imaginaire, et *A cause de l'éternite*, *Ici-bas* vient clore la trilogie de l’univers parallèle mythologique et insolite créé par Georges-Olivier Châteaureynaud en 2000 pages, 90 personnages et une décennie d'écriture.

De nos jours, à Ecorcheville-sur-Styx, que hantent centaures, sphinges, et autres minotaures échoués sur la berge, l'esclavage n'a toujours pas été aboli, et trois grandes familles, les Propinquor, les Esteral et les Bussettin se disputent et se partagent le pouvoir.

Tandis que la bonne société s'apprête à fêter par un grand bal mondain les vingt ans d’Angelina Farewell, égérie mutante de la jeunesse dorée, les eaux du Ciel se mêlent à celles du Styx et menacent d'engloutir la cité.

La République alarmée envoie un Haut-Commissaire prendre sur place la mesure de la situation. Accueilli par le maire Coriandre Bussettin, ce super-préfet volant découvre que certaines créatures d'essence divine vivent intégrées à la population. C'est le cas du Pr Bifrons, psychiatre directeur de l'Institut Ouranos, et d'un trio de modistes à l'enseigne de *Lachésis Fashion*... Peut-être aussi d'étranges métis, hybrides ou mutants apparus au sein de la jeunesse locale, tels Angelina Farewell et Biquet Bogue, dont les parents dissimulent jalousement le front cornu et les pieds fourchus.

Est-ce une apocalypse ou une nouvelle ère qui s'annonce ainsi, et qui commencerait à Ecorcheville-sur-Styx, au bord de ce fleuve nourricier de l'imaginaire occidental ?
24,00 €
Les injusticiers
Grasset
Ce roman vrai gravite autour de deux personnages principaux  : Andreï Vychinski d’une part, procureur général des procès de Moscou organisés par Staline et John Parnell Thomas d’autre part, procureur de la Liste Noire à Hollywood à l’époque de la «  chasse aux sorcières  » engagée par la Commission des activités anti-américaines créée et dirigée par J. Parnell Thomas avec l’appui du sénateur Mac Carthy et du chef du FBI Edgar Hoover.

Au nom d’une justice dévoyée, tous deux ont trahi les devoirs de leur charge, traqué des innocents et déchainé la haine.

Mensonges, menaces, fausses accusations, dénonciations en rafale  : la férocité, la lâcheté et le cynisme sont communs à la Russie stalinienne de longue date et l’Amérique à l’aube de la guerre froide, les grandes figures de la littérature soviétique appelant à la mise à mort des traitres supposés comme les acteurs, scénaristes et réalisateurs américains dénoncent leurs amis pour sauver leur peau ou leur gagne-pain.

Notables soviétiques, mafieux américains, scénaristes et acteurs hollywoodiens, espions et truands sont les «  héros  » de cette épopée de l’abjection que le scénariste Dalton Trumbo a appelée l’ «  ère du crapaud  ».

L’infâmie du grand nombre ne fait apparaitre que plus héroïque la résistance de quelques-uns (réunis au «  Comittee for the First Amendment  » qui comprend notamment Brecht, John Huston, Billy Wilder, Gene Kelly, Rita Hayworth, Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Bette Davis, Henry Fonda…)

Le destin des deux anciens procureurs converge lorsque Vychinski, nommé représentant permanent de l’Union soviétique au Conseil de sécurité de l’ONU après la mort de Staline et menacé par la haine vigilante de Malenkov, prépare sa défection à l’Ouest en écrivant ses Mémoires qu’il s’apprête à remettre à… J. Thomas Parnell, devenu éditeur après s’être retrouvé emprisonné en compagnie de deux scénaristes qu’il avait fait condamner… Mais ils ne se rencontreront jamais, Vychinski mourant brutalement à New York en 1954 avant de mettre son projet à exécution.

Fondé sur des archives retrouvées et des rencontres personnelles, ce roman raconte une tragédie humaine hantée par la question  : qu’est-ce que la justice  ? Et que devient la Loi quand elle est aux mains des injusticiers  ?
20,90 €
Sensibilités
Grasset
Il était une fois une femme qui avait décidé de faire le BIEN. Et c'est toujours bien de faire le BIEN, n'est-ce pas ? Cette femme travaillait dans une prestigieuse maison d'édition cotée en bourse, Feel Good était son nom. Chez Feel Good, on tenait par-dessus tout à ce que les actionnaires et les lecteurs soient heureux et calmes. Oui, on y mettait un point d'honneur. Mais, après tout, être heureux et calmes n'est-ce pas ce que nous voulons tous ? Cette femme, celle qui voulait faire le BIEN, se disait que les livres devaient être la première étape du chemin qui mènerait au bonheur. Déterminée, méthodique, rigoureuse, elle avait décidé que sa mission serait de nettoyer chaque mot de chaque texte pour que plus jamais personne ne soit heurté dans sa sensibilité. Corriger, à la source, chaque manuscrit dans un esprit Feel Good afin que tout le monde se sente bien, confortable. Se sentir bien, c'est important, n'est-ce pas ? Désormais, la seule et unique question qui la guiderait serait : est-ce que ce texte, cette phrase, ce mot peut être source d'inconfort ? Car l'inconfort n'était pas bon pour les lecteurs, pas bon pour les actionnaires, pas bon pour la vie sociale, il n'était pas Feel Good. Et être Feel Good c’est ce que nous voulons tous, n’est-ce pas? Mais on n’efface pas les maux de la société comme on efface les mots des manuscrits. Dehors, le monde est en colère, chaque jour apporte son nouveau lot de violence, de haine, de racisme… Être Feel Good ? Quitte à se laisser aveugler par le soleil du Bien et retirer des rayons les livres qui dérangent ? Quel en sera le prix  ?

Dialogues hilarants. Situations justes et si souvent vraies, où l’ironie se mêle à la tendresse moqueuse. Une fable sur notre temps.
18,00 €
L'Arrestation
Grasset
«  A neuf heures, je suis descendu de chez moi. Un soleil pâle égayait les trottoirs. J’ai repéré une voiture blanche sur le trottoir d’en face. Quatre hommes en sont sortis. J’ai pensé  : «  On dirait des flics  ». C’étaient des flics.  Ils m’ont entouré, ont exhibé des cartes barrées tricolore. L’un d’eux a dit  : «  Brigade criminelle.  »

Filé et écouté par la police d’août 1983 à mars 1984 après avoir été dénoncé par lettre anonyme dans le cadre de l’enquête sur le groupe Action Directe, Dan Franck est incarcéré à la prison de la Santé le 17 octobre 1984, date anniversaire de ses 32 ans.

Depuis, il n’a cessé d’interroger cet événement qui a matraqué sa vie. Pourquoi cette arrestation  ?  Croisant  les rapports de filatures, les interrogatoires de la Brigade criminelle, ses carnets de prison, ses souvenirs d’enfant de mai 68, il achève son enquête sur un ultime témoignage  : celui du policier qui l’a arrêté et interrogé quarante ans plus tôt.

Dès lors, la boucle est bouclée  : il peut enfin écrire, sous toutes ces facettes, cette aventure qui bat comme le cœur secret de son existence.
20,00 €
Rose nuit
Grasset
Ils sont trois et vivent à des milliers de kilomètres. Il y a Nana, jeune éthiopienne discrète et contemplative  ; Jan, trentenaire hollandais embourbé dans sa solitude  ; Ali, bangladeshi arrivé à Paris pour tirer sa famille de la misère. Leurs quotidiens sont radicalement opposés mais une chose les relie, une fleur  : la rose. La première les cueille sous une serre dans la vallée du Rift. Elle épuise son corps tout le jour et découvre la vie par la douleur. Jan les achète ensuite par lots depuis Amsterdam. Assis dans les gradins du marché aux fleurs, il lui suffit d’appuyer un bouton et le tour est joué. Du moins s’il joue bien. Elles seront alors envoyées aux quatre coins de l’Europe, notamment à Paris où les vendeurs à la sauvette les récupèrent, parmi lesquels Ali. La silhouette courbée tendant son bouquet aux terrasses des cafés, c’est lui.

Dans ce roman contemporain et réaliste, écrit à l’os, sans pathétique, on les suit, à tour de rôle, sur plusieurs mois, pour découvrir, derrière le symbole romantique, la réalité de celles et ceux qui les portent. Avec adresse et vérité, Oscar Coop-Phane taille leur portrait pour révéler un monde où la loi du marché et celle du plus fort régulent les existences et abrutissent les corps. Un livre qui vous fera à jamais voir autrement ces roses tendues vers vous dans les rues.
18,00 €
Le grand feu
Grasset
«  Le grand feu, c’est celui qui m’anime, et me consume, lorsque je joue du violon et lorsque j’écris.  »

Léonor de Récondo

En 1699, Ilaria Tagianotte naît dans une famille de marchands d’étoffes, à Venise. La ville a perdu de sa puissance, mais lui reste ses palais, ses nombreux théâtres, son carnaval qui dure six mois. C’est une période faste pour l’art et la musique, le violon en particulier.

À peine âgée de quelques semaines, sa mère place la petite Ilaria à la Pietà. Cette institution publique a ouvert ses portes en 1345 pour offrir une chance de survie aux enfants abandonnées en leur épargnant infanticides ou prostitution. On y enseigne la musique au plus haut niveau et les Vénitiens se pressent aux concerts organisés dans l’église attenante. Cachées derrière des grilles ouvragées, les jeunes interprètes jouent et chantent des pièces composées exclusivement pour elles.

Ilaria apprend le violon et devient la copiste du maestro Antonio Vivaldi. Elle se lie avec Prudenza, une fillette de son âge. Leur amitié indéfectible la renforce et lui donne une ouverture vers le monde extérieur.

Le grand feu, c’est celui de l’amour qui foudroie Ilaria à l’aube de ses quinze ans, abattant les murs qui l’ont à la fois protégée et enfermée, l’éloignant des tendresses connues jusqu’alors. C’est surtout celui qui mêle le désir charnel à la musique si étroitement dans son cœur qu’elle les confond et s’y perd.

Le murmure de Venise et sa beauté sont un écrin à la quête de la jeune fille : éprouver l’amour et s’élever par la musique, comme un grand feu.
19,50 €
Le jour des caméléons
Grasset
Une île  : Maurice, la narratrice du roman. Quatre personnages  : un oncle las de la vie, sa nièce, unique lumière pour lui, une femme qui vient de quitter son mari, un chef de bande assoiffé de vengeance.

Une journée où tout va exploser  : la cité, les haines, peut-être l’île. Enfin, d’étranges animaux qui attendent patiemment que les humains finissent de détruire ce qui leur reste  – leur humanité, leur foyer  – pour vivre seuls, en paix  : les caméléons. Unité de lieu, de temps, d’action. Le compte à rebours est lancé, le drame peut commencer.

Mais reprenons. Le roman s’ouvre, la ville est à feu et à sang. Zigzig, le caïd meneur, tient dans ses bras une fillette ensanglantée. Les plus pauvres viennent de s’attaquer aux plus riches dans le centre névralgique de l’île  : le shopping center, désormais en ruines. Au loin, un volcan gronde. Comment en sommes-nous arrivés là  ? Quelques heures plus tôt, Zigzig partait avec les siens attaquer ses rivaux tandis que Sara regardait danser une femme libérée sur une plage abandonnée. L’île rembobine et nous raconte. On suivra tour à tour chacun des personnages jusqu’à ce que leur destin se mêle. On remontera aussi le cours de l’Histoire pour comprendre comment les peuples, les servitudes et les logiques du monde moderne ont saccagé cette terre de merveilles et divisé ses habitants.

Avec sa langue tour à tour tendre et ironique, tranchante et poétique, Ananda Devi nous emporte dans un roman impossible à lâcher pour nous plonger dans le chaos des hommes. Le destin est en marche. Mais dans cette histoire-là, ceux qu’on croit les plus féroces seront peut-être les seuls héros.
20,90 €
Croix de cendre
Grasset
1348. La peste noire déferle sur l’Europe

1367. Deux jeunes frères dominicains se rendent à Toulouse pour trouver le précieux papier sur lequel leur prieur entend écrire le récit de sa vie. Et sa confession risque de faire basculer l’Eglise en révélant la vérité sur les origines de la Peste et la façon dont elle fut liée au destin de son maître, Eckhart de Hochheim, dit Maître Eckhart, théologien mystique et prêcheur le plus admiré de la chrétienté. Puis maudit.

Guerres, inquisition, persécution et trahisons  ; des bancs de la Sorbonne aux plaines reculées d’Asie centrale, Antoine Sénanque mêle les destins de personnages historiques et de fiction, marie petite et grande Histoire, et signe un texte exceptionnel, tout à la fois roman d’aventures, fresque historique, étude théologique et policier médiéval. Un page-turner spirituel et dramatique dans lequel les paroles d’Eckhart et les choix de nos héros font sonner autrement le beau nom grave de fraternité. Un coup de maître.
22,50 €
Perspective(s)
Grasset
Florence, 1557. Le peintre Pontormo est retrouvé assassiné au pied des fresques auxquelles il travaillait depuis onze ans. Un tableau a été maquillé. Un crime de lèse-majesté a été commis. Vasari, l’homme à tout faire du duc de Florence, est chargé de l’enquête. Pour l’assister à distance, il se tourne vers le vieux Michel-Ange exilé à Rome.

La situation exige discrétion, loyauté, sensibilité artistique et sens politique. L’Europe est une poudrière. Cosimo de Médicis doit faire face aux convoitises de sa cousine Catherine, reine de France, alliée à son vieil ennemi, le républicain Piero Strozzi. Les couvents de la ville pullulent de nostalgiques de Savonarole tandis qu'à Rome, le pape condamne les nudités de le chapelle Sixtine.

Perspective(s) est un polar historique épistolaire. Du broyeur de couleurs à la reine de France en passant par les meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, chacun des correspondants joue sa carte. Tout le monde est suspect.
21,50 €
De la main d'une femme
Grasset
Il y a 230 ans, le 13 juillet 1793, Marie Anne Charlotte de Corday d’Armont, 24 ans, assassinait l’ami du peuple Jean-Paul Marat. Quatre jours plus tard, elle était guillotinée.

Figure aujourd’hui figée des manuels scolaires, «  ange de l’assassinat  » pour Lamartine, qui était vraiment Charlotte Corday  ? Jeune femme fragile instrumentalisée par les forces de la réaction  ou héroïne en quête de liberté  ? Criminelle aveugle ou redresseuse des torts de la Révolution  ? Martyre,   bourreau, féministe avant la lettre  ?

Lointaine cousine fascinée par cette parente, Astrid de Laage s’est plongée dans l’histoire. Elle interroge son propre rapport à la noblesse, au lignage, aux contraintes sociales si oppressantes pour une jeune femme du XVIIIe siècle. Et elle retrace le chemin qui aura mené Charlotte de Caen jusqu’à Paris, ce fatal soir de juillet. Imprégnée de littérature antique et d’idéal romantique, républicaine proche des Girondins, révulsée par la tyrannie sanguinaire qu’illustre Marat, Charlotte passe à l’action. Elle assumera totalement son geste, affrontera sur l’échafaud la haine populaire, persuadée de sauver son pays.

Astrid de Laage donne une présence sensible à Charlotte mais aussi à Marat et aux femmes qui l’entourent. Elle raconte une journée comme les autres du Paris révolutionnaire, la frénésie urbaine, la tension brûlante qui anime Charlotte au fil de son périple, les souffrances d’un Marat éreinté par la maladie, les craintes de ses proches, les violentes critiques dont il est l’objet. Elle rend aussi à la jeune femme le mystère qui est le sien. Car de ce choix ultime, suicide pour la cause, volonté sans faille, nul ne peut mesurer la profondeur et l’enjeu personnel. Pour sa cousine contemporaine, mesurant les forteresses qui enfermaient les femmes de l’époque, Charlotte n’a pas le choix. Seule possibilité pour sortir de sa condition  : la violence. Se perdre pour exister. Ou faute de ne pouvoir exister autrement.
19,50 €
Drag
Grasset
Tony / Nita. Le jour / la nuit. Noisy / Paris. L’un est un jeune type de cité, il vit encore chez ses parents et rêve de devenir comédien mais passe des castings sans succès. L’autre est une drag-queen adulée. Elle illumine les soirées de la capitale, mais, comme Cendrillon, doit, à l’aube, quitter ses beaux atours pour disparaitre sous les traits de Tony.

Pile et face d’une même médaille, l’un vit en jogging et parle en argot quand l’autre est une diva qui soigne autant son maquillage que son langage. On les suit à tour de rôle dans la narration comme deux personnages différents. Mais le destin va bientôt les obliger à se réunir.

Des tours grises de la cité où le masque de caïd permet à Tony de s’en sortir à l’univers scintillant des drag-queens où la vie semble une fête, Johann Zarca nous fait passer d’un monde à l’autre jusqu’à les faire se rencontrer pour confronter son personnage au seul choix qui lui reste  : s’unir ou mourir.
20,00 €
Le choix du roi
Grasset
Jusqu’ici Maxime était le fils parfait. Aîné brillant, garçon sportif, à 20 ans il s’apprête quitter le foyer toulonnais pour intégrer Polytechnique quand sa cadette, Lisa, enchaîne les colorations capillaires, les piercings et les affronts, au point de décourager sa mère. "Le choix du roi" se vantait jusqu’ici Fabien, leur père. "Un fils en or" clamait Karine. Jusqu’à cette nuit de juillet.

Le 8 au petit matin, Maxime réveille sa mère. Il sent l’alcool, sa chemise est pleine de sang. Il vient de renverser une fille en rentrant d'une soirée. Il l’a laissée sur le chemin où le choc l’a tuée. Avant que le jour vienne, Maxime demande à Karine de se débarrasser de la chemise et de garder entre eux leur macabre secret.

Avant, pendant, après, Laurence Lieutaud rembobine puis accélère le temps en nous faisant vivre les jours qui ont précédé et qui suivent l’accident, du point de vue de différents personnages  : la mère de Maxime, la soeur de Maxime, la mère de la victime. A mesure que les policiers mènent l’enquête, Karine découvre son fils sous les traits d’un monstre froid plus occupé à jouer et tuer des soldats sur son ordinateur qu’à penser aux familles qu’il a brisées.

De la première ligne à la dernière, Laurence Lieutaud nous fait traverser les enfers de ses personnages. Certains se débattent dans les filets de la culpabilité et de la peine, d'autres essaient de percer la vérité. Un tel secret peut-il être ainsi enfoui ?
20,00 €
Qui a tué Spinoza ?
Grasset
Et si derrière la mort de Spinoza se cachait, non une santé fragile, mais un assassinat ? Quand Baruch Spinoza s’éteint à seulement 44 ans, en 1677, à La Haye, il laisse dernière lui une œuvre philosophique révolutionnaire mais aussi des énigmes. Qui est cette mystérieuse personne qui lui a rendu visite le jour de sa mort ? Et pourquoi des lettres et des manuscrits inédits ont-ils disparu de son secrétaire ? A qui donc profite le crime de cette mort étrange ? Catholiques, protestants, monarchistes, juifs, adversaires théoriques, Français, Hollandais… de son vivant, le philosophe ne manquait pas d’ennemis.

Nous voici plongés dans la Hollande du XVIIe siècle, carrefour de tous les savoirs et du commerce, terre de paix et de tolérance où Juifs, catholiques et protestants pratiquent librement leur culte. Mais l’équilibre est fragile et les passions nombreuses. On se méfie de Spinoza, trop libre, inclassable. Sa philosophie dérange autant qu’elle fascine, en cette époque où les guerres de religion déchirent l’Europe : Dieu n’est pas une personne mais la Nature. Il n’y a ni providence, ni miracles, ni paradis, ni enfer, ni immortalité de l’âme. Autant de propositions qui défient l’ordre social et céleste. Du sommet de l’État au presbytère en passant par la Synagogue et les cercles de pensée concurrents, tout conspire, en secret, pour faire taire ce génie séditieux.

Dans ce thriller philosophique et historique d’une grande exactitude, Jean-François Bensahel nous fait marcher dans les traces de Spinoza, à travers les complots et les mystères d’une Europe à feu et à sang, où les querelles d’idées sont souvent les plus meurtrières. Un roman incisif et haletant.
20,00 €
Un été chez Umberto Eco
Grasset
Apostille au livre d’entretiens entre Umberto Eco et Jean-Claude Carrière dont Jean-Philippe de Tonnac avait été l’initiateur obstiné et l’accoucheur inspiré, publié en 2009 sous le titre N’espérez pas vous débarrasser des livres et traduit depuis dans vingt-six langues, Un été chez Umberto Eco nous fait pénétrer dans les coulisses des rencontres, nous livrant à la fois le portrait des protagonistes, la description des lieux, la nature des conversations - bref, tout le « hors champ » de ce que le premier ouvrage ne pouvait révéler, et les perles de conversation qui n’avaient pu y être retenues.

Nous assistons ici à la danse de séduction de l’auteur auprès des deux monstres sacrés pour les convaincre de dialoguer sur les cinq mille ans d’histoire du livre, du papyrus au fichier électronique ; la visite initiatique à Milan où le «  Professore » ouvre au profane sa « salle des coffres », collection de livres rares consacrés aux sciences occultes, fausses, farfelues, et aux langues imaginaires ; les premières journées de travail chez Jean-Claude Carrière à Paris ; et enfin cet été à Monte Cerignone, la maison de vacances d’Umberto Eco, où tout crépite et étincelle, du salon des joutes oratoires à la piscine et des promenades aux repas.

Quel est le plus beau livre du monde ? Pourquoi un livre est-il un incunable avant le 31 décembre 1500, un « simple » livre après ? Le collectionneur passionné est-il davantage guidé par la quête ou par la possession ? En quoi la bêtise est-elle fascinante et quelles en sont les différentes formes ? Pourquoi le livre va survivre à toutes les métamorphoses induites par la technique et en quoi est-il, pour l’éternité, un vecteur de liberté ?

Voici quelques-unes des questions qui parcourent cet ouvrage où deux puits de culture et d’esprit rivalisent de gai savoir, d’érudition joyeuse, de plaisirs des sens et de l’esprit. Un vade mecum délicieux par nos temps d’obscurantisme galopant.
18,50 €
Nouvelle vague, roman
Grasset
Agnès  Varda, Louis Malle, Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Chabrol, Eric Rohmer…

Ils sont tous là, les réalisateurs, scénaristes, acteurs, producteurs, personnes réelles devenus personnages du roman  de Patrick Roegiers : le plus beau casting imaginable, mis en scène par l’auteur dans ce « cinéroman » virtuose qui estompe avec malice les frontières entre le réel et l’imaginaire, l'écriture et l’écran, les mots et les images.

A travers une bonne quinzaine de films dont l’auteur dévoile ici les coulisses, on découvre les conceptions du cinéma qu’ils défendent et les partis pris esthétiques qu’ils incarnent. A chacun son monde.

La Nouvelle Vague a eu ses exégètes et ses laudateurs (autant que ses détracteurs), mais elle attendait son grand « filmroman ». Le voici. On n’a jamais rien écrit de plus passionné, enlevé, inventif, savant et ludique sur la Nouvelle Vague et sa vaste mouvance des années 1960, 1970 et 1980 : on rit, on s’attendrit, on s’étonne, on applaudit à ce tour de force.

De Rivette à Pialat, Sautet et Resnais (on déborde ici le lit de la Nouvelle Vague proprement dit), des Cahiers du cinéma à l’orée des années 2000, c’est toute une époque qui ressurgit avec des figures que l’on croyait familières mais que l’on regarde sous un jour nouveau.

« On connait la chanson », direz-vous ? Eh bien non, on ne la connait pas : jamais plus vous ne verrez du même œil Jean Seberg ou Brigitte Bardot, Belmondo et Gabin, Maurice Ronet, Michel Bouquet et Stéphane Audran, Jean-Pierre Léaud ou Delphine Seyrig, Michel Piccoli ou Michael Lonsdale, Romy Schneider, Sami Frey, Yves Montand, André Dussollier, Jean-Pierre Bacri…
24,00 €
Le diable bat sa femme
Grasset
Maximilien Zorn, avocat parisien, est convoqué par Jupiter, son ami d’enfance et son ex beau-frère, devenu président de la République.

A quelques mois de la campagne en vue de sa réélection, Jupiter a reçu de Bébé, un amour d’adolescence, un message menaçant  : elle prétend avoir été violée par lui à l’époque, ce qui pourrait lui valoir une convocation par la Haute Cour de la République et anéantir sa réputation comme sa carrière.

Il ne peut mettre dans la confidence aucun service de l’Etat et compte sur Zorn, qui fut lui aussi l’amant de Bébé dans leurs années étudiantes,   pour résoudre une énigme  : pourquoi Bébé le menace-t-elle de révéler un crime qu’il n’a jamais commis  ?

Bébé est-elle vraiment à l’initiative de cette menace  ? Est-elle l’instrument d’une déstabilisation politique venue de l’Est, puisqu’elle vit désormais avec un oligarque russe  ?

Sursauts, rebondissements et coup de théâtre final  : ce court roman haletant, mené tambour battant, nous plonge à la fois dans les coulisses du pouvoir et les travers d’une époque où tout soupçon vaut preuve.

Avec humour et légèreté, Stéphane Denis nous livre une satire politique acerbe et interroge les valeurs de notre société.
17,00 €