Se rendre au contenu

Résultats de recherche pour 'Je lis pas à pas' (9885)

L'usure des jours
Grasset
Lorette Nobécourt est l'une de nos plus talentueuses écrivaines. Elle est l'auteur de plusieurs romans, parmi lesquels : La conversation, Horsita et En nous la vie des morts, tous publiés chez Grasset.

En 2007, Lorette Nobécourt quitte Paris et s'installe dans un village du sud. Pendant l'hiver qui suit, elle comprend qu'elle ne peut plus continuer. Ses repères se sont effondrés. Le froid est venu jusque dans sa maison. Dans le creux de ses mains qui tremblent. Dans ses os. Le miroir ne lui renvoie plus son visage, mais des éclats de tôle. Le monde se tord. La jeune femme dérive vers la prochaine station. Son monde est un crâne. Dans ce crâne, il y a ses enfants qu'elle aime sans plus pouvoir les rejoindre, un compagnon désemparé, des pages blanchies par le néant, une tornade de souvenirs, de peurs, de voyages, de voyants, de livres.

Lorette Nobécourt traverse cette saison effrayante. Remise au monde, elle fait son travail : écrire. D'où ces cent pages arrachées à la nuit. Bien sûr, on ne peut plus écrire " d'âge d'homme ", car notre temps n'a rien d'humain. Le temps nous use mais l'écrivain le lui rend bien. Quinze ans après La démangeaison, Nobécourt poursuit sa quête. Elle se livre au fil des pages. Analyse. Révèle. Qui es-tu, petite fille qui voit approcher une main d'ogre jusqu'à tes cuisses ? Es-tu celle qui écrit ? Es-tu l'héroïne d'un conte ? As-tu jamais grandi ?

Vous n'oublierez jamais ce livre, qui est comme un carnet posé sur une table de nuit. Sur ce carnet, une main fébrile cherche l'élucidation. Sur cette table, la littérature s'écrit. Dans la nuit, une femme ressuscite.

" L'usure des jours est aussi l'histoire du passage de la jeunesse à l'âge adulte, de la névrose à l'amour. Une mue qui a presque l'allure d'une récompense. "
13,10 €
L'ami posthume / Gérard Philipe, 1922-1959 : récit
Grasset
Cet essai biographique est né le jour où Olivier Barrot a découvert une photographie sur laquelle on voyait son propre père, un technicien de cinéma, sur un tournage aux côtés de Gérard Philipe, alors au sommet de sa gloire… Ce visage, à côté de celui de son père, lui a inspiré aussitôt une sorte de « fraternité » insaisissable – qui est devenue le fil conducteur de ce livre… C’est à un véritable « exercice d’admiration » que se livre l’auteur. Et à une enquête sur l’époque, ainsi que sur les milieux du théâtre et du cinéma… Car Gérard Philipe n’était pas seulement un comédien, mais aussi, dans une France meurtrie par la guerre, le symbole d’une renaissance juvénile et humaine. Olivier Barrot entreprend de suivre son ami posthume, de film en film, du Festival d’Avignon au théâtre de Chaillot, du « Cid » au « Prince de Hambourg ». Au passage, il se glisse dans toutes les coulisses, y compris celles de la politique et de l’Histoire (puisque Gérard Philipe était également le porte-drapeau d’un certain communisme porteur d’avenir radieux). Les années 1950-60 sont ainsi ressuscitées avec tendresse et lucidité. On s’y plonge comme dans un monde d’autrefois, rempli d’espérances et d’illusions…
18,90 €
Omnia
Grasset
Barbey d’Aurevilly est surtout connu pour ses romans. C’était aussi un essayiste de premier plan. Il a laissé une vingtaine de volumes de critique (Les Œuvres et les Hommes) et a fait connaître le dandysme en France grâce à son Du dandysme et de Georges Brummel. Moraliste, penseur, pamphlétaire, Barbey a toute sa vie tenu des carnets de notes et de réflexions, dont les fameux Memoranda. On croyait connaître l’intégralité de ces ouvrages jusqu’à la découverte récente de deux cahiers, intitulés Omnia (« tout », en latin) par Barbey lui-même. Commencés en 1855, ils permettent de mieux cerner l’imaginaire de l’auteur des Diaboliques. Suite de réflexions, d’observations, de notes de lectures, ils comprennent des clefs pour la compréhension de ses romans, mais aussi des remarques sans illusions (« Les enfants nous consolent de tous les chagrins, en attendant les épouvantables qu’ils ne manqueront pas de nous donner »), sarcastiques (« Quand on a des opinions courantes, je les laisse courir »), ainsi qu’un grand nombre de remarques éblouissantes sur ses contemporains, d’Henri Heine à Chateaubriand. Le livre est présenté et annoté par Joël Dupont, spécialiste de l’œuvre de Barbey d’Aurevilly.
13,10 €
Lettres à une jeune fille
Grasset
C’est en janvier 1946, alors qu’il est reclus depuis 28 ans dans sa chambre, que Joë Bousquet fait la connaissance d’une jeune étudiante prénommée Linette – qui le trouble par son charme, son intelligence, sa fraîcheur. Pendant quatre années, il va ainsi la rencontrer, lui parler – et, surtout, lui écrire des lettres admirables qui étaient restées inédites jusqu’à ce jour. A Linette, Bousquet veut tout enseigner, tout transmettre. Il veut, lui le paralytique, l’immobile « momie », lui dire combien la vie est immense, ainsi que la littérature, l’amour, le bonheur. Etait-il amoureux de Linette ? A coup sûr. L’aimait-elle en retour ? Oui, d’une certaine façon… Toujours est-il que ces lettres, outre leur charge poétique exceptionnelle, offrent un formidable panorama de la vie littéraire de l’immédiat après-guerre. D’où leur importance… Il se trouve que ladite « Linette », en 1949, rencontra son futur époux, le juriste Albert Brimo, et qu’elle préféra oublier pudiquement les traces de son impossible amour de jeunesse. C’est après la mort de Linette Brimo que ses enfants – Isabelle et Nicolas, actuel directeur du Canard Enchaîné et préfacier de ce volume – décidèrent de porter à la connaissance du public ce document majeur. Un cahier-photo, augmenté de fac-similes et de documents inédits, complète ce volume qui, à n’en pas douter, sera un événement pour les inconditionnels de Joë Bousquet.
23,90 €
L'empreinte des choses cassées
Grasset
Ce roman est un Discours de réception à l’Académie Française, mais un discours d’un genre bien particulier. Insolent. Brusque. Emouvant. Féroce. Au dénouement inattendu. La narratrice, reçue sous la Coupole en sa qualité d’écrivain de sexe féminin, en profite pour passer en revue les épisodes d’une vie. C’est l’heure du bilan, celui de régler les comptes, celui des révisions déchirantes, le moment où l’on se fiche de l’impudeur. Claire Gallois ne rate pas ses cibles. Les hommes ? « Plus on avance en âge et plus le lit devient un endroit très dangereux…J’ai toujours apprécié de dormir seule et ces temps-ci, je suis comblée. » Sa place légitime dans le monde ? « Depuis que dans un passé qui remonte à l’enfance, ma mère m’a demandé : « pourquoi n’es-tu pas morte à la place de ta sœur ? », j’ai toujours eu un doute. » L’institution ? « Les femmes que vous consentez à accueillir sous la Coupole sont choisies à une première condition : à savoir ne pas afficher leur sexe davantage que les anges. » S’il y a de l’autobiographique ici, la mort d’une sœur à dix-huit ans dans la chaleur d’un jour d’été, un grand-père rescapé de la première guerre, un voyage d’initiation en Europe de l’Est, un amant erratique et bohème, tout le talent de Claire Gallois tient à la liberté cinglante avec laquelle elle assemble le réel et l’imaginaire, le grave et le frivole ; le discours devient une méditation sur le temps et la vanité, qui commence comme une blague et s’achève la larme à l’œil.
13,10 €
Fenêtre mon navire
Grasset
Dans la continuité d’Images, mes catins, Le tremble et l’acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, Oboles, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, « définitions imagées », selon leur auteur, nous touchent d’autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare. Retouches à la bourrasque devant les fleurs du paravent blessées de jeux autrement traîtres dans le blanc lit de la fenêtre les arbres font l’amour au vent
12,90 €
Le voyage du fils
Grasset
Au départ de ce roman, un fait divers bien réel : une Chinoise s’est défenestrée pour échapper à une descente de police – qui, d’ailleurs, ne la visait en rien… De cette tragédie, Olivier Poivre d’Arvor a tiré un roman très original, émouvant, plein de rebondissements et de surprises… En effet, devant ce drame de la Chinoise défenestrée, l’opinion s’est émue et a organisé le voyage à Paris de Fan Wen Dong, son propre fils âgé d’une vingtaine d’années. Ce garçon sensible et poétique, à peine débarqué de sa ville de Fushun, va donc passer quelques jours à Paris avant de repartir en Chine avec les cendres de sa mère… Le roman que nous lisons s’inscrit, très exactement, dans cette semaine où s’entremêlent plusieurs trames de destins. Il y a là une femme – qui, précisément, réalise un film sur Marguerite Duras et qui, elle aussi, veut rencontrer « l’amant » chinois qu’elle rencontre, par hasard, à la faveur d’un accident de voiture. Il y a aussi un militant des droits de l’homme, un certain Schwartz, qui semble considérer Fan Wen Dong comme son fils… Ce Voyage du fils tisse, en brefs chapitres, une étrange histoire d’amours, de solitudes, de rencontres intenses. Olivier Poivre d’Arvor y raconte l’impossible face-à-face de la Chine et de l’Occident, du nanti et du démuni, de l’exilé et de son hôte…
17,30 €
Promenades sous la lune
Grasset
Le titre de Promenades sous la lune dit tout de ce livre. Tiré d’une lettre de Madame de Sévigné, il nous fait musarder de manière lunatique à travers les sujets les plus divers. De Stendhal aux potages, de Venise à la fatigue, de la ponctuation à Marcel Proust, il nous fait découvrir de la manière la plus inattendue la grande culture aussi bien que les plaisirs de la vie. Cette météorologie littéraire capricieuse révèle une personnalité lettrée, curieuse, paradoxale, rapide. Le livre commence par sa table des matières, car l’auteur souhaite qu’on le lise « comme au restaurant » : le lecteur lui aussi peut être capricieux, choisir, abandonner, revenir… Un livre où l’on apprend, un livre où l’on s’étonne, un livre où l’on se régale, par un enfant de Jorge Luis Borges, et, plus encore, du grand écrivain italien Mario Praz. Un style personnel et plein de charme. La découverte d’un écrivain.
18,80 €
Terre sans maître
Grasset
Ilya est un jeune homme qui cherche à atteindre un mur au sommet d’une montagne. Ce Mur est moins un objet qu’une présence, intacte depuis l’époque immémoriale de sa construction. On prétend au village que le Mur attire les fous. Cela se passe juste avant la deuxième guerre mondiale en Germanie. Ilya avance à tâtons et, peu à peu, se souvient d’où il est venu, ce qui l’a conduit à entreprendre son voyage et à quel traumatisme il doit d’avoir perdu la mémoire. Sur le versant creusé d’ornières, il semble mener une partie de cache-cache avec lui-même. La voix d’une enfant le hante qui chante sous son crâne une comptine. Une fois le Mur franchi, Ilya poursuit son chemin, rêveur lucide, aux abois. Un homme en effet veut sa peau et le traque sans relâche. Obligé de fuir, Ilya arrive à la porte d’un manoir où les dignitaires du régime célèbrent l’avènement d’une ère nouvelle. Il y retrouve la jeune femme dont le souvenir le poursuit, et dans le grand salon illuminé où se déroule la fête, son passé tout entier se dévoile. Se révèle aussi l’autre raison de son voyage : Ilya est un messager, il porte une parole folle, et dans le cercle hostile des convives, il s’en délivre. Mais on ne l’entend pas, et, à nouveau en danger de mort, il lui faut reprendre sa route au petit jour, descendre dans la vallée, de plus en plus loin…
16,80 €
L'inachevée
Grasset
Alors qu'elle n'est encore qu'une petite fille, Hannah est ballottée entre la folie destructrice de sa mère, la perversité des innombrables amants de celle-ci, et les caquetages insensés des autres membres de sa drôle de famille. Et puis, il y a son père, mort d'un cancer foudroyant alors que la gamine n'avait pas deux ans. Entre lui et Hannah, un rendez-vous manqué, un inachevé dont elle ne peut faire le deuil. Mais l'inachevée, c'est aussi Hannah elle-même, petit clown triste qui n'arrive pas à trouver sa place dans une vie qu'elle conjugue au passé décomposé. Comment sauver sa peau quand le roman familial prend toute la place et que les mots des autres dévorent l'espace du rêve ? Croyant fuir son destin, Hannah se promènera de corps en corps et choisira les mirages d'un exil doré en Asie, avant de sombrer dans la mélancolie. Quand elle renaîtra à la vie, elle comprendra que pardonner l'innommable est peut-être la seule voie possible pour pouvoir prendre son envol et enfin tourner la page.
15,90 €
L'ami de jeunesse
Grasset
Antoine Saint Bernard est psychiatre. Il a quarante-huit ans et, comme on dit, une situation enviable. Une épouse obsessionnelle qui ne laisse rien au hasard. Des jumeaux de dix ans qu’il confond encore. Une belle-mère antipathique et omniprésente. Un frère aîné qui vit à ses crochets, c’est-à-dire chez lui, et l’abreuve de conseils. Une secrétaire hypocondriaque choisie par son épouse. Des patients angoissés ou mélancoliques mais fidèles, quand sa femme ne l’est plus. Et surtout, Félix, l’ami de jeunesse, restaurateur, coureur, menteur, et dont l’insouciance heureuse le désespère. Car Antoine, lui, a des tendances dépressives – de nature plus que par les circonstances de l’âge. Dominé, par les autres, et par ses propres doutes. Indécis, tant le courage lui fait défaut face aux conséquences de ses choix : comme la vie est risquée, Antoine ne vit pas. Pourtant, parvenu au mitan de l’existence, Antoine décide soudain d’en changer. Incapable de franchir seul le pas, en solitaire qu’il est, il convainc Félix de le suivre : le psychiatre et le restaurateur iront donc apprendre l’histoire à la Sorbonne. Et tandis que le neurasthénique est englouti par l’univers kafkaïen de l’université et l’absence de son propre désir, l’ami de jeunesse fait des prodiges en matière d’examens et de conquêtes féminines. Il faudra qu’Antoine rencontre Charlotte pour que le doute s’efface… et laisse place au dilemme. L’ami de jeunesse est le roman drôle et tendre d’une crise existentielle et d’une résurrection sentimentale, l’histoire d’un homme réanimé par l’urgence de vivre.
18,20 €
Faux-père
Grasset
Turin, début du XXIe siècle. Un Français d’une trentaine d’années mène avec une Italienne de son âge la vie des jeunes couples d’aujourd’hui. Ils se voient irrégulièrement, ils font l’amour régulièrement, ils s’aiment. Un jour (peut-on dire un beau jour ?) Stefania annonce à son ami qu’elle est enceinte. Pour lui, c’est un choc. Car cet enfant, elle se l’est fait faire sans lui demander son avis. Il considère cela comme une forme de vol – sinon de viol. Il hésite à le dire à Stefania. Dans les paniques inavouées de la paternité qui s’approche, nous assistons aux intermittences du cœur de ce narrateur qui ne sait pas s’il le veut, cet enfant, ou non. Ce qui arrive est-il nécessairement naturel ? Est-ce parce qu’une femme est enceinte que son amant doit l’admettre ? L’indécision (typiquement masculine ?) du narrateur en fera-t-elle un faux-père, comme on dit faux-frère ? On retrouve ici les personnages typiques de Philippe Vilain : une héroïne belle, décidée, quasi divine, et un narrateur amoureux que son amour encombre aussi et qui hésite, hésite, jusqu’à prendre une décision qui n’est peut-être pas la bonne… Faux-père s’inscrit dans la lignée des précédents romans de Philippe Vilain, après la jalousie de L’Etreinte, l’amour filial de La dernière année, la différence d’âge et la séparation du Renoncement, le mariage de L’Eté à Dresde et l’adultère de Paris l’après-midi. A sa manière délicate et toute en finesse, Philippe Vilain y aborde un sujet rarement traité par les écrivains, la paternité. Serait-ce un des derniers tabous ?
15,00 €
Les graffitis de Chambord
Grasset
Trois hommes. Trois époques. Trois histoires. 2006 – Trevor est banquier d’affaires. Homme sans passé ni passion, il vit dans un grand appartement à Paris. Il ne connaît pas l’amour, ne cherche pas d’amitiés. Depuis que ses parents sont morts, il est seul et pleure parfois sans aucune raison. Un matin, il reçoit une grande enveloppe qui va bouleverser sa vie. 1945 – Simon est écrivain. Il est juif. Caché pendant la guerre dans un village près de Mâcon, il gagne Paris à la Libération. Ses parents ont disparu. Il les cherchera en vain, et n’aura de cesse de fouiller son passé pour fixer leurs visages et ses rares souvenirs. 1940 – Isaac est résistant. Il a abandonné sa famille pour suivre Dora, une femme libre et énigmatique, qu’il aime passionnément et qui rend les hommes fous de désespoir. Ils font partie du réseau « Chambord ». Ils partagent le quotidien de leurs frères d’armes, leurs peurs et leurs joies. Enfermés dans le château, ils errent dans les galeries, dans ses pièces froides et obscures aux murs maculés de graffitis, comme en des catacombes. Ce sont ces graffitis, dont certains datent du XVIIè siècle, qui vont mystérieusement rapprocher Isaac, Simon et Trevor. Quel est le lien souterrain, plus fort que la mort, qui unit ces trois destins ?
19,90 €
Le rÌâåve de Machiavel
Grasset
Quelques semaines avant sa mort, à Florence, Machiavel est surpris par la peste. La ville est comme son tombeau. Derrière les palissades, on vit dans la peur, on abandonne ses enfants, on vole du pain gris, on se lave au vinaigre. En quelques heures, l’humanité s’effondre. Sur les bords du fleuve, un prophète réclame des bûchers. Une sorcière tombe en transe. Etrange enfer que cette ville somptueuse, encerclée par les soldats, où se multiplient les meurtres et les viols… Tel est le piège dans lequel se trouve pris le grand penseur politique, l’homme parfaitement civilisé, le voyageur, l’intriguant, l’écrivain. Mis à nu par la maladie, seul, Machiavel garde les yeux ouverts. Sans trop savoir pourquoi, il sauve du bûcher une jeune femme malade…. « Et voici ce que je raconte, après dix années de doute et d’esquisses : le dernier amour de Machiavel. Comment le penseur tombe amoureux au milieu des corps et des mauvais rêves. Le prince qu’il n’est pas décide de soigner cette femme, il la lave, la dévêt, lui parle, l’embrasse, s’allonge contre elle, contre elle et contre tout, jusqu’au dernier instant…. Je prends Machiavel à son histoire. J’en fais un homme. Pour Machiavel, il a fallu ce long chemin. Il a fallu les voyages, l’exil, il a fallu les livres, les traités, les grandes découvertes, les femmes, la bizarre course du temps pour qu’il ne reste rien : rien du grand esprit, rien de la gloire. Car la peste renverse tout. » Christophe Bataille nous donne un magnifique roman sur la maladie et le néant, qui sonne comme un avertissement : le mal ne se dit pas, et ses formes sont légion. Mais c’est aussi un roman d’amour, car c’est un geste d’amour qui renverse Machiavel et le monde.
16,20 €
Ce que nous avons eu de meilleur
Grasset
Peut-on, comme Josué, arrêter la course du soleil ? Les morts sont-ils encore jaloux ? Pourquoi Marlon Brando écrivait-il des cartes postales qu’il n’envoyait à personne ? En quelle circonstance un débauché peut-il s’abandonner au fanatisme religieux ? Quels rapports y a-t-il entre Churchill, Alain Delon et un jeune berbère qui voudrait apprendre à nager ? Qui a inventé le monothéisme amoureux ? Et à quel instant, au juste, franchit-on la ligne de démarcation qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ? Telles sont, entre beaucoup d’autres, quelques unes des questions que se posent les héros de ce roman dont l’intrigue éclatée va et vient autour d’un lieu unique : le Palais de la Zahia (ce mot, en arabe, désigne la joie), situé quelque part, au sud, près d’un désert… Dans ce Palais – splendide, nécrosé, envahi par la végétation et les souvenirs – quelques amis, plutôt bien traités par l’existence, ont pris l’habitude de se retrouver dans une ambiance rieuse. Il y a là, parmi des créatures sexuellement très diversifiées, deux amis : un narrateur (très influencé par les livres de Stendhal et les films de Maurice Ronet ) et un certain Lewis, riche, célèbre, philosophe et épris d’ Ariane, son épouse rêveuse. Est-il nécessaire d’en dire davantage ? Ce roman – rythmé par une série d’interrogatoires confiés à un enquêteur énigmatique – revisite ainsi, dans un grand désordre de sensations et de péripéties: 1/ l’histoire d’une amitié 2/ La mémoire d’un Palais trop fréquenté par ses propres fantômes 3/ La chronique d’une passion clandestine avec une jeune veuve qui n’a pas froid aux yeux 4/ la lutte des uns et des autres contre le temps et ses alliés (haine, tempêtes de sable, solitude, vanité, peur, envie…) Bien entendu, il s’agit d’un roman. Et il va de soi que toute ressemblance avec des personnes existantes, etc, etc…
16,20 €
La beauté du monde
Grasset
Sur les photos de Martin et Osa Johnson, on voit ce couple vedette, ces amants de l’aventure, tels qu’ils prêtent à rêver, tels qu’ils inspirent à Michel le Bris ce roman-vrai du Continent noir : Osa, sensuelle, rayonnante, la carabine à l’épaule ou le viseur sur l’œil, saluant ici un chasseur au teint d’ébène, serrant ailleurs la main fripée d’un chimpanzé. Martin, l’ancien cuisinier de la croisière du Snark avec Jack London, l’ingénieux caméraman qui filma les réducteurs de têtes des Nouvelles Hébrides et les Big Nambas, maintenant commandant à une armée de porteurs, à l’assaut des territoires encore inviolés du Kenya. Martin et Osa Johnson, dans les années 1920, furent les grandes stars de l’aventure. Une certaine Winnie est chargée en 1938 d’écrire les mémoires d’Osa, veuve désormais, beauté flétrie réfugiée dans l’alcool. Commence un troublant face à face, où la jeune Winnie, outrepassant son rôle, prend peu à peu possession de son modèle, menant une enquête presque policière, traquant les zones d’ombres du couple qui révéla l’Afrique sauvage, mais paradisiaque, mais vierge, à l’Amérique. Mais il se pourrait bien que ce soit Osa, qui mène en fait le jeu, à travers ses confidences – Osa hantée par le mystère de la beauté du monde… Du New York des « Roaring twenties » à la jungle kenyane, de la « table ronde » de l’Algonquin, où Dorothy Parker et Zelda Fitzgerald furent les marraines new-yorkaises d’Osa, à la jungle étouffante du pays des Pygmées, des clubs de Jazz de Harlem où l’on ignorait résolument la prohibition tandis que s’inventait le style « jungle », au spectacle du monde primitif encore préservé : c’est toute une époque que Michel Le Bris nous fait revivre. Duke Ellington et King Kong, le Muséum d’histoire naturelle et les grands singes abattus, Hollywood et la fin du cinéma muet, les dernières heures de l’ « heureuse » colonisation, les couleurs fauves d’une ferme en Afrique : un roman en technicolor.
26,00 €
Crépuscule ville / roman
Grasset
« La solitude de Colin Parler. Souvent Colin Parker composait de sa propre initiative la touche C pour confessionnal et pendant des heures, il répétait qu’il était seul. Et son assistant lui répondant : « Cher abonné, vous n’êtes pas seul puisque nous sommes là pour vous écouter… » Finalement, quand Colin Parker se donna la mort, le soir du grand black-out, il commençait tout juste à aller mieux. » Bienvenue à Clair-Monde ! Ici, quelque part dans un futur proche, sous une épaisse couche de nuages et de brumes, vivent les citoyens d’une cité idéale où l’on vous interdit pour votre bien tout ce qui pourrait vous faire du mal : des implants bancaires sous l’épiderme contrôlent vos dépenses, une brigade d’intervention contre le suicide surveille vos accès dépressifs, les êtres qui vous plaisent sexuellement apparaissent sur un écran-traceur à portée de main, les drogues sont en vente libre, on a le droit au lifting et à la quasi-éternité. Si vous ne voulez pas être heureux, alors vous avez le choix : vivre aux confins de la cité, morts bancaires, junkies, obèses, détraqués. « Avec Clair-Monde le bonheur n’est plus une utopie ». Sauf qu’il y Syd Paradine… Un flic brillant, cabochard, en instance de divorce, et qui refuse de se plier aux législations du bonheur obligé, aux oukases du S.P.S (service de protection contre soi-même). C’est en enquêtant sur un suicide collectif d’obèses (double aberration !) qu’il comprend les mensonges et les trahisons de Clair-Monde. De la guerre narcotique aux couloirs des laboratoires, de la tyrannie cosmétique à la pédophilie érigée au rang des beaux-arts, de l’utopie démocratique aux opiacés, Syd flanqué d’une étrangement belle créature du nom de Blue vont mettre un sacré désordre. Résoudre le mystère. Sauver leur peau sur fond d’apocalypse. Entre la satire d’une société utopique reposant sur l’axe d’un bonheur obligé et le polar chandlerien, entre l’emprunt au cinéma et à la littérature de genre, Lolita Pille change ici du tout au tout. Crépuscule Ville est un roman ambitieux, ample, qui se joue des conventions, et nous montre le destin d’êtres du futur qui nous ressemblent terriblement.
25,90 €
l'archer du pont de l'alma
Grasset
Un homme quitte sa femme, son fils, son travail, Paris… Pourquoi ? Il ne le sait pas lui-même, il suit son corps, saisi par des pulsions buissonnières, vagabondes. Commence une drôle de cavale qu’il n’a pas programmée et qui va l’entraîner sur les routes du Sud, jusqu’à Gibraltar, avant qu’il revienne à Paris pour devenir « l’archer du pont de l’Alma » : le héros d’un fait divers à peine croyable qui va bouleverser tout un pays. Que lui est-il arrivé ? Comment en est-il arrivé à ne plus maîtriser sa vie, son destin ? Comment a-t-il pu se retrouver ainsi propulsé à la une des journaux ? L’homme enquête sur sa propre histoire, sur les motivations de son corps, sur les raisons profondes de son comportement, sur son goût très inattendu pour le tir à l’arc – où il excelle soudain. Mais sait-on jamais ce qui vous porte ? L’homme veut le savoir à tout prix, pour se réconcilier avec lui-même. Pour cela, il n’hésite pas à s’appuyer sur l’enquête de la police, se lançant dans un étonnant pas de deux avec le commissaire chargé de le confondre… L’archer du Pont de l’Alma, second roman d’Hervé Algalarrondo, fait entrer le lecteur dans un univers décalé. On songe au Camus, de L’Etranger, au Kafka de La Métamorphose, au Pérec de L’homme qui dort : à chaque page, l’anormal grignote la norme, l’atypique chasse le stéréotype, le fantastique se mêle au quotidien. Est-ce un rêve que fait le héros, ou est-il plongé dans une mécanique implaquable, qui le révélera à lui-même ? Il y a au moins deux lectures à ce roman : l’une policière, qui s’attache strictement aux pas du héros, lancé dans une course effrénée, dont il ne perçoit pas l’issue ; l’autre onirique, qui fait apparaître le héros comme un somnambule, jouet de ses névroses : son corps se venge, parce qu’il a trop longtemps été bridé, son corps vit sa vie, parce qu’il a trop longtemps été placé sous l’éteignoir. La scène finale – que l’on ne dévoilera pas - ne tranche pas sur la nature du récit : il apparaît simplement que le corps est un compagnon indocile…
18,90 €
Résurrection
Grasset
« Un jour, il y a deux ans, Frédéric B. et Michel H., écrivains bien connus et amis de longue date, dans des genres différents, me tombent dessus : « Alors, Christophe, tu ne bois plus, tu ne te drogues plus ? Plus rien ? Tu as remplacé par quoi ? Par le sexe ? » J’ai dit « oui » pour leur faire plaisir. Difficile à l’époque de leur expliquer en quelques mots, comme je vais tenter de le faire pour vous, que j’avais découvert une ivresse bien plus puissante que tous les alcools, bien plus étonnante que toutes les drogues. Ni sexe, donc, ni shopping, ni télé, ni travail, ni histoires d’amour adultères, tout ce par quoi on comble habituellement son vide, par quoi on fuit le monde… Je n’avais simplement plus besoin d’être ailleurs. Seule la réalité m’emplissait. Cette réalité que j’avais fuie presque toute ma vie dans les produits interdits, les médicaments pour soigner le mal-être, la maladie, la dépression, les mensonges et les tromperies… Je retrouvais le monde avec sa dureté mais aussi sa beauté, celle d’un café pris au soleil ou d’un sourire dans la rue. Pour en arriver là, c’est un travail spirituel qu’il m’avait fallu accomplir. Spirituel, oui. Au-delà du spectaculaire, du combat contre le démon ou de la description de l’enfer à travers les souvenirs et les exemples concrets, ce livre est une aventure spirituelle. La plus inédite, la plus incroyable de toutes les aventures que j’ai vécues. Il est le récit d’une quête et des obstacles à surmonter pour parvenir au bout. Parvenir à accepter et à aimer cette réalité à laquelle j’avais tenté d’échapper depuis le traumatisme d’Il m’aimait : parvenir à retrouver l’estime de moi et la confiance. Ce livre s’appelle Résurrection parce que j’étais mort. Ce livre s’appelle Résurrection parce que j’ai cessé de porter ma croix. D’être une victime. Il raconte comment j’ai fait. Concrètement. Pas à pas. Il est la suite, et heureusement la fin, de Il m’aimait .»
18,90 €
Pas ce soir, je dîne avec mon père
Grasset
« Mon père appartient à cette génération qui, sous prétexte qu’elle est née après guerre et en plein progrès, a décidé que son combat d’une vie serait de ne pas mourir. De ne pas mourir, donc de ne pas vieillir. D’arrêter le temps. Au début, je croyais qu’il était le seul atteint. Et puis j’ai vu d’autres spécimens, je les ai parfois côtoyés : les faux jeunes. Au début je croyais que le syndrome ne touchait que les hommes de son âge, les éternels « baby-boomers », puis je me suis aperçue que la génération suivante était pire. Déjà faux jeune à quarante ans. Voilà le problème. Les gens ne veulent plus mourir. Alors ils volent la vie de leurs enfants. Ce sont des ogres » L’ogre est ici un père si juvénile et séduisant qu’il courtise de préférence des filles plus jeunes que la sienne. Il lui présente des nymphettes renouvelables à talons compensés, quand Marion alias « big » (son surnom !) pratique volontiers l’amant quinquagénaire cabossé par la vie. Au-delà du sujet de société - les pères et leurs filles, l’homme occidental en proie à l’obsession du jeunisme – Marion Ruggieri, tout en se moquant d’elle-même en adolescente à perpétuité, a réussi un roman qui tient du prodige : faire rire de nos travers virils et faire pleurer d’une si attachante liaison avec son géniteur. Comment grandir quand son père reste à jamais l’impossible M. Bébé ? A la fois pudique et réaliste, tendre et cruel, autobiographique mais universel, ce premier roman sur la confusion des âges devrait connaître un grand succès auprès de tous les publics. Car hélas ! nous sommes tous concernés par cette phrase : « Le problème avec les parents d’aujourd’hui, c’est qu’ils ne meurent jamais. Ou qu’on les aime trop. »
17,90 €
Quand Beretta est morte / roman
Grasset
Quand Beretta est morte raconte un moment de la vie d’une adolecente. Isabelle, la narratrice, tombe amoureuse de Beretta, dans un lycée de Strasbourg. Isabelle souffre de l’accusation de bizarrerie. Beretta, belle, méprisante et désespérée, la fascine par son intransigeance et sa radicalité. Elles vont devenir criminelles par dégoût du confort et de la vie ordinaire. Quand Beretta est morte, c’est La Boum en version noire. On est dans la haine du monde chez ces deux adolescentes de la classe moyenne, passionnées de littérature. Beretta et Isabelle se reconnaissent dans leur aversion commune pour la bêtise, la médiocrité et la banalité de la vie ordinaire. Les actes qu’elles accomplissent ont une valeur conjuratoire, et la passion amoureuse qui est née entre elles doit être inédite. Mais la perfection qu’elles recherchent se dérobe sans cesse&hellip.
18,90 €
Remy de Gourmont, cher Vieux Daim!
Grasset
Remy de Gourmont (né à Coutances en 1858 et mort à Paris en 1915) a été un des écrivains les plus importants de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Romancier, essayiste et poète, il a été un des fondateurs du Mercure de France, la revue la plus importante du temps. C’était un des chefs de l’école symboliste. Prodigieusement intelligent, délicieusement mordant et puissamment influent, il est l’auteur d’écrits aussi scandaleux que Le joujou patriotisme, aussi ironiquement décadents que son roman Sixtine, aussi passionnants que les Promenades philosophiques. Il a été l’ami de Léautaud. Son grand ennemi était Gide, qui rompit avec lui pour fonder la NRF, la future grande rivale du Mercure. Ses admirateurs les plus célèbres : Guillaume Apollinaire, Blaise Cendrars, T.S. Eliot. Son influence a parcouru tout le XXe siècle, de Jean Cocteau à Paul Valéry. Ezra Pound a dit de lui qu’il était « le meilleur résumé de l’esprit civilisé entre 1885 et 1915 ». De cet esprit rempli d’érudition et d’irrespect, qui a vécu pour la littérature et par elle, Charles Dantzig dresse un portrait passionné et passionnant qui, au-delà d’un homme, évoque le Paris littéraire du temps.
19,00 €
Ils ont tué Pierre Overney
Grasset
« A vrai dire je me sentais une dette vis-à-vis de Pierre Overney, une dette que Maos, mon précédent roman, ne me semble pas avoir comblée. J’ai songé qu’il eût été dommage de ne pas tirer un récit des milliers de documents que j’ai lus, de la soixantaine d’interviews que j’ai faites pour aboutir au roman Maos. Mais d’abord qui est Pierre Overney ? « Qui se souvient de lui aujourd’hui ? » me disait un de ses frères non sans amertume. Les nouvelles générations auront du mal à croire que, dans les années 70, plus de 200 000 personnes ont défilé à Paris derrière le cercueil de cet inconnu : Lionel Jospin, Simone Signoret, Jean-Luc Godard, André Glucksmann et j’en passe… Pierre Overney était un ouvrier maoïste de 24 ans que ses petits chefs de la Gauche prolétarienne ont envoyé en commando pour casser la gueule aux gardiens « fascistes » de l’usine Renault, à Boulogne-Billancourt. Un membre du service d’ordre, Jean-Antoine Tramoni, a sorti son arme : Overney-le-mao est mort d’une balle en plein cœur. C’était le 25 février 1972. Ironie de l’Histoire, au même moment, en Chine, le président des Etats-Unis, Richard Nixon, se congratulait avec… Mao. Simultanément, dans nombre de pays d’Europe, dont la France, des groupements gauchistes s’en prenaient avec violence moins au capitalisme qu’au parti communiste, à qui ils reprochaient de ne pas « faire la révolution ». La montée du terrorisme des années 70 a-t-elle été manipulée ? Pierre Overney, dans la naïveté de ses vingt ans, est-il mort à la confluence de jeux politiques et policiers souterrains qu’il était bien incapable de soupçonner ? Lors de l’enterrement d’Overney, le philosophe communiste Louis Althusser aurait dit : c’est le gauchisme qu’on enterre. On peut se demander maintenant si, ce jour là, ça n’est pas tout simplement la Gauche qui est morte. » Morgan Sportès
28,40 €
Je suis un écrivain japonais
Grasset
Montréal, de nos jours C’est l’histoire d’un homme qui ne fait rien, ou presque. Le narrateur prend des bains. Relit le poète japonais Basho. Ecrit à peine. Fait l’amour avec Midori. Reçoit la visite de Monsieur Mishima. Ce vice-consul de l’ambassade du Japon lui apprend qu’il est devenu célèbre à Tokyo. Célèbre à Tokyo ? Un jour, dans une interview, il a annoncé qu’il était en train d’écrire un livre intitulé Je suis un écrivain japonais, et le phénomène de la célébrité s’est emballé. Un écrivain japonais est allé jusqu’à écrire Je suis un écrivain noir. L’histoire dérape. La police s’en mêle. Que va-t-il se passer ? Ce roman construit en courts chapitres à la manière de Brautigan est, au-delà de son sujet, une brillante variation sur la créolité, la francophonie, la médiatisation et tous les carcans qui empêchent l’homme moderne de prendre son plaisir où il le veut. Avec ce livre diaboliquement intelligent, délicieusement sensuel et irrésistiblement humoristique, Dany Laferrière signe avec brio son retour au roman.
18,20 €
Je dois tout à ton oubli
Grasset
« La main de la mère qui saisit un oreiller blanc et l’applique sur le visage du nourrisson… » Cette scène d’une violence absolue obsède la narratrice, le docteur Selma Moufid, sans qu’elle comprenne si c’est un fantasme ou si cela a eu lieu. Cette image occultée depuis l’enfance va entraîner Selma dans son désert natal et lui faire revivre des moments qu’elle voulait oublier. C’est avant tout la relation à sa mère que ce roman met en question. Il s’agit de combattre de vieux fantômes et de comprendre pourquoi la culpabilité a inhibé le souvenir pendant tant d’années. Selma raconte les voyages qu’elle a entrepris pour enfin parler avec sa mère, pour tenter de briser le silence. Cette confrontation la renvoie à une réalité cruelle : si sa génitrice n’est qu’une pâle figure de Médée, d’autres femmes l’ont précédée dans ce rôle qu’elles s’évertuent à perpétrer pour ne pas enfreindre les tabous qui les ligotent… Un roman très fort de Malika Mokeddem où, pour la première fois, elle analyse la relation avec sa mère dont elle fait un ressort romanesque extrêmement émouvant.
16,90 €
Pardon mère / récit
Grasset
« Longtemps j’ai eu le temps. C’était quand ma mère vivait. J’étais désagréable avec elle, ingrat, méchant, je me disais : j’aime ma mère. Elle le sait ou elle finira bien par le savoir. J’ai le temps.(…) En attendant, le temps passait. Je rencontrais ma mère, je la blessais parce que tout en elle me blessait. Son esprit était droit, sa pensée juste, son élégance de bon goût, sa taille bien prise, son regard d’un bleu un peu gris était pur et me voyait. Et moi je n’étais pas digne de ce regard. » Un fils parle de sa mère, née à Vallorbe en 1910, morte le jeudi 15 février 2001, il regrette les méchantes pensées, l’indifférence, le temps de l’enfance évanouie trop vite. Sa mère, « le contraire de la vanité et du tapage », lectrice de la Fontaine au regard clair, et lui l’écrivain, l’excessif, le mauvais fils tapageur. Mais quand ce fils indigne s’appelle Jacques Chessex, alors c’est une relation forte, ambiguë, charnelle à la fois qui se noue avec sa mère. Tombeau et Résurrection, « fontaine de regret », violence et douceur, évocation pudique mais sans voile, ce livre autobiographique est l’un des plus beaux, des plus émouvants, de l’auteur. « Mère tu m’habites. Où es-tu dans ta mort ce matin ? ».
18,90 €
Ce que Dominique n'a pas su
Grasset
En 1863, Eugène Fromentin publiait Dominique, fiction autobiographique dans laquelle le héros éponyme raconte son amour impossible, quoique réciproque, pour Madeleine d’Orsel. Aujourd’hui, Julie d’Orsel, sœur cadette de Madeleine et personnage secondaire du roman de Fromentin, toujours vivante puisque « les héros de romans ne meurent jamais », raconte ce que Dominique n’a pas su... Car, si Dominique n’a d’yeux que pour la belle et blonde Madeleine, Julie, « noiraude et petite » selon ses propres mots, l’aime depuis toujours. Et si Madeleine, mariée à Alfred de Nièvres - bon parti et médiocre mari - renonce à son amour pour Dominique, Julie s’interdit d’aimer. Elle voudra au contraire faire le bonheur de sa sœur et ne cesse d’intriguer, mais en vain, pour que Dominique et Madeleine cèdent à leur passion… Julie, femme libre et moderne, féministe avant l’heure, refuse depuis l’adolescence le mariage en même temps que les bigoudis, et privilégie les plaisirs de la chair non contrainte, initiée en ceci, à sa demande, par son cousin, confident, et double masculin, le très libertin Olivier. Narratrice et démiurge de ces liaisons dangereuses, Julie s’insurge contre les conventions de tous ordres, contre l’esprit de soumission de ses contemporaines, contre l’idée d’une vertu nécessairement douloureuse. Et fustige Dominique, égoïste romantique, au fond trop occupé de lui-même et de son propre malheur. Comme le fut Eugène Fromentin&hellip.
24,90 €
Place rouge
Grasset
Raoul est un célèbre peintre parisien. Irina Korsakov, propriétaire d’une galerie à Moscou, l’invite à exposer son travail. Il espère de ce voyage bien plus qu’un succès professionnel. De mœurs très libres, séducteur impénitent, il n’est pas heureux de sa vie privée à Paris. La permissivité sexuelle, la facilité des rencontres sans lendemain ne le satisfont plus. Il aspire à un véritable amour, et ce qu’il sait de la Russie lui fait espérer une terre encore romantique. Le voilà donc parti. Il fait la connaissance d’Irina, une « nouvelle Russe », femme de poigne et d’action, et de son jeune frère, Iermolaï, plus rêveur, en qui il croit trouver l’idéal qu’il est venu chercher. L’intrigue et le drame vont naître de la rencontre entre deux civilisations, deux cultures, deux caractères&hellip.
21,25 €
Commissaire Krim
Grasset
« Je ne suis PAS musulman ! Combien de fois devrai-je répéter que ce n'est pas un truc qu'on chope par sa mère à la naissance, comme le judaïsme ou une maladie génétique ! Il faut se convertir. Et je n'ai fait ni mon baptême, ni ma première communion, encore moins ma confirmation ! Jésus est mort sur la croix, Mahomet dans son lit. Je ne juge pas, tous les goûts sont dans la nature. Si l'inverse s'était produit, les cathos se trimballeraient un matelas en pendentif et les minarets seraient cruciformes... N'étant pas sadomaso, je ne veux pas avoir à choisir entre trois religions dont la première est juive et les deux autres antisémites ! »
17,90 €
Emily ou la déraison
Grasset
La santé d’Emily à toujours été fragile, déjà petite tout l’effrayait : « la nuit, le vent, les passants, les sentiers déserts, les inconnus au téléphone, les chauves-souris, les couloirs d’hôtel, le grelot au cou des chats, la crème du lait ». Ces épouvantes vont s’étendre à tout ce qui l’entoure. Sa naissance même baigne dans la tragédie : sa mère meurt en la mettant au monde. Marquée par ce lourd passé, la petite grandit entourée par l’amour de son frère, son « bouclier », auprès d’une étrange tante revenue d’Asie, d’une grand-mère retranchée dans les souvenirs d’une vie rêvée, et d’un père sculpteur de proue. La disparition brutale et rapprochée des membres de sa famille va entraîner Emily plus loin dans les méandres de la folie. Ce sont les voix des morts qu’elle entend… Désormais seuls au monde, le frère et la sœur quittent Nîmes pour Paris. Emily se laisse peu à peu séduire par un voisin, Ivan Skobline, fils d’émigré russe jovial, son contraire parfait. Leur histoire d’amour s’achèvera par la mort du jeune homme. Ce coup du sort précipitera son repli dans un monde hanté par les images du passé, dont rien ne parviendra à la faire sortir, pas même les tentatives désespérées de son frère. C’est lui le narrateur, qui nous raconte cette destinée bouleversante. Emily, née dans un monde d’ombres, n’aura pas réussi, malgré les éclaircies de l’amour, à échapper à ses fantômes.
15,90 €
Insomnies
Grasset
« Identité est le mot du jour. « Donnez-moi votre carte d’identité ». « Quelle est votre identité ? » Je m’avise tout d’un coup que l’une de mes premières activités fut de fabriquer des fausses cartes d’identité. Vous me direz que les temps étaient troubles. C’est vrai. Mais il y a une certaine nostalgie qui s’attache à toute jeunesse trouble. J’ai conservé quelques fausses cartes. J’ai perdu les vraies, « engagé volontaire », « évadé », « terroriste », comme on disait lorsque l’on ne connaissait pas le sens des mots. Mon identité. Etranger à moi-même. » André Brincourt
17,90 €
Trop bien élevé
Grasset
« Je vais tenter, dans ce bref récit, de parler de mon enfance. Au fil des ans me sont souvent revenus des visages, des gestes, des scènes, parfois même des mots que je souhaiterais avoir assemblés avant que vienne la nuit. Ce n’est pas que mon aventure humaine, ma personne de petit bonhomme dans les immenses fourmilières de tous les temps me semble mériter intérêt ; j’ai l’impression de me divertir d’un sujet secondaire : nulle modestie dans cette indifférence, peut-être de l’ogueil d’abord déçu puis dispersé. Mais cet enfant triste, ce figurant pétri de bonnes manières, cet adolescent tourmenté, cet éternel patient sous toutes ses identités, ils ne me quittent guère. Peut-être les ai-je trop remués ? Peut-être m’a-t-on trop longtemps laissé seul avec moi ? Ce que je voudrais ici, c’est décrire les premières années d’un enfant trop éduqué, et, à travers lui, si je le puis, les sentiments, les mentalités, les rites qui dominaient encore une part de la bourgeoisie quand vint la guerre de 1939. Je voudrais tâcher de retrouver ceux que j’ai connus, aimés, et chez eux, toute la peine qu’ils se donnaient pour fabriquer des enfants très solitaires et parfaitement bien élevés […]. Excusez-moi, oui, excusez-moi, si je suis là, car je vous gêne. Si vous m’avez bousculé, c’est que je n’aurais pas dû me trouver sur votre chemin. Si vous êtes de mauvaise humeur, je dois y être pour quelque chose. Comment vivre, marcher, respirer, sans déranger ? Frapper avant d’entrer, s’effacer dans les portes, sourire, toujours sourire … Il ne suffira pas d’une vie entière pour se faire pardonner d’exister. » J-D. Bredin
12,90 €
Mon petit mari
Grasset
On connaît la chanson populaire : « Mon père m’a donné un mari, Mon Dieu, quel homme, quel petit homme, qu’il est petit… », mais sait-on que la plaisante ritournelle pourrait devenir réalité ; au moins chez Pascal Bruckner, amateur de conte cruel, où l’enfance perverse voisine avec l’âge adulte… Le jour de son mariage, Léon doit se hisser sur les pieds pour embrasser son épouse, la plantureuse Solange. Quoique de gabarits différents, ce couple idéal donne naissance à de robustes enfants. Etrange ! A chaque naissance, Léon perd quelques centimètres : cet avorton de la toise rapetisse inexorablement, et il a beau consulter le corps médical, rien n’y fait. Avec sa taille, ses responsabilités diminuent, son autorité s’émousse. C’est bientôt Liliput, Léon le moucheron, un corpuscule, et de père idéal il s’inverse en victime des appétits familiaux... Le microbe survit en se cachant dans la bibliothèque, bivouaquant dans de la mie de pain : la description de son calvaire permet à l’auteur des pages drôlissimes, grinçantes et cruelles à la fois ! On ne vous dira pas la fin. Tout conte a une morale.
18,00 €
Ni vous sans moi, ni moi sans vous
Grasset
« On pourrait dire, si l’expression n’était pas si dévaluée, qu’il s’agit d’un roman d’amour, ou plutôt d’un roman sur l’amour, sa présence, son absence, son retour. C’est un peu La Ronde de Schnitzler, avec un dénouement plus optimiste, et dans l’ambiance brève mais intense de cet Art Nouveau qui fleurit en même temps à Paris, à Berlin, à Bruxelles. Abandonnée par sa mère Évelyne – du moins le croit-elle – Julia ne s’en est jamais consolée et a fait, à trente ans, un mariage idiot. Gérald, son père, sous des dehors maussades, regrette aussi sa femme, bien qu’il ait pris une maîtresse, Tania. Julia a deux amis homosexuels, Marc et Siggi, qui sont aussi ses voisins. Ils habitent une étrange villa « La Pagode », construite par l’oncle de Marc, Bram, au début du siècle. Ces deux jeunes gens s’aiment, semble-t-il, mais Marc, d’un caractère anxieux, s’interroge sur son compagnon, plus jeune que lui. Est-ce un caprice ? Est-il intéressé ? L’angoisse de Marc provient sans doute du fait que sa mère, Jeanne, l’a toujours détesté. En secret, elle aimait son beau-frère, Bram, le séduisant architecte, qui, lui, n’aimait que son art, ce qui est aussi une forme d’amour, et ne s’est même pas aperçu des sentiments passionnés de Jeanne, qui sont devenus de la haine, tant à l’égard de Bram, maintenant mort, qu’à l’égard de Marc, fruit d’un bref égarement où elle a entraîné l’architecte. L’annonce du mariage légal de Marc (qui a surmonté ses doutes) et de Siggi augmente encore la colère de Jeanne qui tente, mais sans y réussir, de l’empêcher. Tout se dénouera plus ou moins grâce à Tania, peu intelligente mais généreuse, qui consulte un détective privé et retrouvera Évelyne dont elle apprendra la triste et romanesque histoire. Ainsi Tania a-t-elle perdu Gérald, qui ne l’aimait pas, mais elle va vite s’apercevoir que le détective, Charles, l’aime depuis le début, et sans doute l’aimera-t-elle un jour, elle aussi. Il n’est pas bien riche, mais que veut-elle sinon être aimée, car elle a senti depuis quelque temps qu’elle n’était auprès de Gérald qu’une figurante. Gérald retrouvera Évelyne, et Julia poursuivra son chemin, éternelle orpheline de ses parents qui ne voient que leur propre amour. » Françoise Mallet-Joris
18,90 €
La grammaire en s'amusant
Grasset
« Ce projet a une histoire. Tout a commencé à Rennes en novembre 1997, devant un amphithéâtre bondé : venus de toute la France, des élèves de cinquante lycées avaient désigné le Goncourt des lycéens. Sur la scène on avait planté deux Goncourt officiels, Erik Orsenna et moi, pour débattre sur la grammaire et son enseignement. Pourquoi les manuels scolaires dégoûtaient les jeunes ? Pourquoi cette langue affectée, pourquoi tant de préciosité et de graphiques idiots pour énoncer des principes simples ? On avait l’impression que les nouveaux grammairiens cherchaient à se valoriser au détriment des élèves, de leurs parents et de leurs maîtres consternés. Ce jour-là, donc, deux écrivains qui vivaient et travaillaient avec les mots ont lancé aux lycéens rassemblées : « Nous allons vous écrire une grammaire lisible ! C’est juré. » Erik et moi sommes ensuite retournés à nos travaux, nous croisant de loin en loin. Il a tenu parole le premier, et traité le sujet sous forme de contes. Je lambinais. Dans mes déplacements de Perpignan à Lille, Dreux, Amiens, Besançon, j’ai bavardé avec des lectrices et des lecteurs, des profs de français, des lycéens, des parents. Ils me poussaient : - Vous vous y mettez quand ? - Revenez nous voir avec votre grammaire ! Je devais tenir à mon tour la promesse de Rennes. Nous pouvons déchiffrer, gribouiller, ânonner, nous suffire d’un langage pénible et hésitant, mais dans la vie moderne, même pour se promener sur Internet, mieux vaut lire, écrire et parler clair. La grammaire n’est qu’un mode d’emploi qui évolue avec l’usage et le temps. Ce n’est pas une punition mais une nécessité, un droit, une chance et un jeu. » P.R.
12,10 €
Un secret Le film
Grasset
Philippe Grimbert est psychanalyste. Il a précédemment publié trois essais, Psychanalyse de la chanson (Les Belles Lettres 1996), Pas de fumée sans Freud (Armand Colin 1999, Hachette Littérature 2001) et Chantons sous la psy (Hachette Littérature 2002). La petite robe de Paul, paru chez Grasset en septembre 2001, était son premier roman. Un secret est son deuxième roman. Le Livre: Au commencement de ce roman, le narrateur raconte que, petit garçon et fils unique, il s'est inventé un frère : « J'ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes relations de vacances, à mes amis de passage. J'avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère aîné, glorieux, invisible. » Ce fantôme tyrannique a hanté ses jeunes années. Entouré de silence, ployant sous une culpabilité familiale, le narrateur éprouve le besoin de raconter un passé qu'il s'imagine lisse et tranquille jusqu'à ce que Louise, vieille amie de ses parents et confidente de l'enfant, vienne tout d'un coup lui révéler un secret lourd et bouleversant. Ce frère inventé, Simon, a réellement existé et il est mort en camp de concentration avec sa mère, Hannah, la première épouse de Maxime. Soudain tout le poids de ce passé noir et caché va surgir et bouleverser la représentation du monde que s'était forgée l'enfant. Il imagine alors Maxime et Tania, ses parents, vivant leurs amours coupables. Quant aux morts sans sépulture, héros d'une tragédie trop longtemps occultée, ils vont provoquer un véritable retournement : c'est ce secret révélé qui fait naître chez le narrateur sa vocation de psychanalyste. Ici le travail d'écriture est devenu travail de deuil et l'auteur, tout en livrant sa part la plus intime, nous montre comment celui qui a souffert du silence peut devenir celui qui va en délivrer les autres.
15,80 €
Un effondrement
Grasset
« Je voulais écrire ce livre avec une voix douce, cette histoire pour laquelle j’étais restée longtemps sans voix. J’ai raconté mon effondrement comme un tremblement de terre sans bruit, et la traversée des jours où j’avais tout perdu sans bien comprendre, en saisissant l’étrangeté de ce qui était là, parce que je n’arrivais plus à vivre et que tout était étrange. J’ai construit ce récit sans écrire le mot dépression, je n’ai pas cherché à exposer la maladie ou ses raisons. Je n’ai pas pris le ton de l’autobiographie, ce qu’on apprend de la vie de la narratrice prend peu de place. Ce sont les journées qu’elle vit que j’ai cherché à écrire. Les lieux, ce qu’elle y trouve, ce qu’elle sent d’elle et des autres. Les situations où elle touche ce vide qui la cerne jusqu’à l’insupportable. La vie qu’elle guette, qu’elle attend, qu’elle ne sait pas comment attraper mais dont elle attend tout le temps un signe. Et ceux qui sont là, qu’elle scrute, qui la désespèrent, qu’elle ne comprend pas ou qu’elle se met à rechercher parce que, auprès d’eux, ce sera enfin l’ouverture. J’ai voulu raconter cet effondrement sans pathos, sans plainte surtout, parce que l’état de dénuement m’a paru riche. Une réponse à la honte. J’ai cherché à le faire vivre ce dénuement avec des mots et des phrases qui tâtonnent, qui suivent le singulier trajet que fait la peur dans la tête, ou la stupeur. Je me suis émerveillée de la netteté des images qui étaient restées après plus de trente ans, elles étaient si fortes qu’elles se détachaient. Elles ne comptaient plus pour moi mais pour ce qu’elles racontaient. Ce qui s’est dessiné derrière le livre que j’écrivais, c’était cette question, comme c’est difficile d’être un être humain, une personne. C’est devenu le titre dans ma tête, la phrase qui me guidait. La narratrice est face à ce qu’elle est ou n’arrive plus à être, face à l’incertitude de vivre. Tout doucement et comme sans s’en apercevoir, les autres, un voisin de chambre, Robert, l’herbe sur laquelle elle vient s’asseoir avec eux à la tombée du jour, ce moment volé à la clinique, vont devenir réels à ses yeux, vont exister pour ce qu’ils lui donnent, sa vie à elle. » .
15,00 €
L'autre rive
Grasset
Georges-Olivier Châteaureynaud a écrit ici un roman-monde. Entre fresque populaire dans la tradition du feuilleton et fable empruntant à la mythologie, entre l’ici et l’ailleurs, le familier et le surprenant, l’auteur dresse la carte d’un univers qui nous est parallèle. Nous sommes à Ecorcheville, face à L’autre rive, celle du Styx, mieux connu pour être le fleuve des morts. Ecorcheville, la cité des secrets et des mensonges, hérissée de tourelles gothiques telle une réplique de Gotham City sur une Riviera désolée ou un Monaco loufoque, dresse ses palais, ses gratte-ciels aux deux tiers vides, son orphelinat sinistre, sa cathédrale désaffectée qui abrite les monstres, sirène, centaure, satyre, que les eaux du fleuve déposent sur la berge. A Ecorcheville, il pleut des salamandres, l’esclavage n’a pas été aboli, une machine à s’auto-suicider permet d’en finir avec les états d’âme, les fils de famille rivalisent de vitesse sur la corniche comme s’ils jouaient La fureur de vivre, les enfants du Styx tutoient Charon, le passeur des morts, bref tout y est presque normal… C’est donc aussi un destin singulier que nous suivrons : fils adoptif d’une chirurgienne devenue embaumeuse, Benoît Brisé, quand il ne fréquente pas sa bande de copains, Onagre, Cambouis et l’orpheline Fille-de-Personne tente de percer le mystère de ses origines… On n’en dira pas plus, sinon qu’au cours de quelque 700 pages, on découvre avec jubilation, suspense, drôlerie, tendresse, tragédie, tous les ressorts de l’âme humaine.
23,30 €
Un roi sans lendemain
Grasset
: « Un beau matin, Simon Lechinar appelle Henri Norden pour lui demander d’écrire un scénario de film sur Louis XVII. Henri ne sait pas qui est Louis XVII, mais pendant que Simon Lechinar lui explique que sa fille productrice ne désire rien de plus que de produire un film sur Louix XVII, Henri a le temps de regarder dans le Petit Robert où il découvre que Louis XVII est le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, et qu’il est mort dans la prison du Temple à l’âge de dix ans, en 1795. Des théories sur Louis XVII, il y en a eu des dizaines depuis deux siècles, à travers leurs approximations, leurs erreurs, leur utilisation partisane, ces légendes rendent compte de l’interdit qui pèse sur l’histoire de France depuis la Révolution française. Royalistes et révolutionnaires s’accordent à faire silence sur un crime dont ils portent les uns et les autres la responsabilité. La mort du petit roi n’est pas un dommage collatéral dans le vent inévitablement violent de l’Histoire. D’après Henri, Louis XVII est l’enjeu principal de la Révolution. Tout ce qu’il découvre lui montre qu’à l’époque, tout tournait autour du destin de cet enfant. C’est seulement après que les historiens, les politiciens, chacun à leur façon se sont évertués, pour des raisons diverses, à en réduire l’importance, en nier la réalité, jusqu’à n’en plus parler du tout. Les historiens, dit Henri, ont laissé à quelques hurluberlus survivantistes le soin de ridiculiser une affaire qui est en fait le secret d’Etat le mieux gardé de notre histoire. C’est sans doute sa méconnaissance presque complète du sujet qui met l’innocent scénariste sur une piste que personne n’a encore explorée. Sa démarche se résume en une question pourtant fort simple : Qui a tué Louis XVII ? Jacques-René Hébert, répond Henri. Hébert, le fondateur du Père Duchesne, pamphlet périodique le plus odieux et le plus lu sous la Révolution. Reparler de l’enfant du Temple, et au-delà de l’émotion suscitée par ce destin atroce, faire remonter à la surface de notre conscience le passé sacrificiel sur lequel notre société française, laïque et républicaine, vacille aujourd’hui, telle est la tâche que s’est fixé Henri Norden ; il veut rappeler dans un film à dix millions d’entrées, que le « sang impur », qui abreuve le sillon de notre hymne national, c’est aussi celui d’un enfant martyr. La différence entre Henri Norden et moi, c’est que je ne suis pas fou : à aucun moment, je n’ai pensé que ce film irait au bout. J’ai toujours su que j’écrirais finalement un livre sur Louis XVII. Parce que j’ai vraiment été élevé dans l’imminence d’une révolution finale dont je serais le chef. Les livres que j’ai écrits ont raconté la vie de cet enfant en révolte. Puis de l’adulte en révolte contre la révolte. Mais la sortie de ce cycle vicieux, c’est le roi des enfants-rois qui me l’a signalé : il a fait de son cachot une chapelle expiatoire. » C.D.
21,25 €
Je m'appelle François
Grasset
Je m'appelle François » est peut-être la seule phrase où je n’aie jamais menti dans ma vie. Elle m'a servi de digue. Tout le monde a besoin de mentir à un moment ou l’autre. J'ai voulu être un autre moi, un moi meilleur, le monde ne l’a pas permis. » Né prés de Tarbes, entre un père qui a déserté la maison et une mère un peu plus que volage, avec qui il aura un compte de tendresse à régler toute sa vie, François Darré apprend tôt que la vie sourit aux audacieux. Alors, ce jeune homme trop sensible sera séducteur, jouant de son physique de brun aux dents si blanches, empruntant les identités les unes derrière les autres, faisant peau neuve, conservant comme un talisman ce prénom de François. Fuir Tarbes, d'abord. Puis à Paris ensorceler une famille aristocratique crédule et riche. A Los Angeles, s'appeler François Depardieu, rouler en décapotable, pratiquer l'escroquerie d'envergure. Tenter d'aimer avant de se faire arrêter comme un malfrat, triompher de la prison par une revanche médiatique, un livre, des émissions, des compliments et des insultes, devenir le voyou qu'on voudrait recevoir chez soi. Jusqu'où ira-t-il ? Jusqu'au meurtre, vraiment ? Enfin, qu'ira-t-il faire à Dubaï, dans une mer que surplombent les gratte-ciels construits en une nuit, « le nez vers les étoiles pour oublier notre passé de boue » ? Charles Dantzig nous donne son meilleur roman, le plus ouvert, le plus moderne, le plus émouvant aussi. Son héros ressemble au Zélig des époques médiatiques, à l’aise devant une caméra ; cet enfant des années 80 a la débauche élégante des personnages de Truman Capote, frayant avec la pègre, couchant avec la bourgeoisie, lui qui n'appartient à aucun milieu. François joue et se joue de nous, dans un roman virtuose, beau comme le chagrin.
19,20 €
La passion selon Juette
Grasset
Juette est née en 1158 à Huy, une petite ville de l’actuelle Belgique. C’est à travers un texte de Georges Duby (Dames du XIIè siècle, Gallimard), où Juette se trouve entre Aliénor d’Aquitaine et Iseut, que l’auteur rencontre cette figure singulière : enfant solitaire dans la demeure de ses riches parents créanciers de l’évêque, pucelle mariée malgré elle à treize ans, veuve à dix-huit, elle refuse toutes les autorités de son temps. Pour éviter un remariage, Juette entre dans l’ordre des veuves, regroupe quelques irréductibles, se retranche dans une léproserie, et finit sa vie en béguine silencieuse pendant 37 années de réclusion volontaire. Mélange de bravoure et d’insoumission, de tourment moral et d’hystérie du corps, Juette est une sainte laïque. Elle a des visions, le diable lui apparaît, la Vierge en dame blanche fait reculer les prétendants au mariage. Si l’on pouvait parler avant l’heure de féminisme, on dirait que la quête de Juette est aussi une guerre des sexes, une guerre contre le pouvoir de l’Eglise, alors que montent en Flandre, en Champagne, en Rhénanie, les premières clameurs des hérésies cathares. Juette meurt en 1228, respectée, en quasi sainte. Clara Dupont-Monod en fait ici une figure de roman, tour à tour passionnée, véhémente, amoureuse sans autre objet qu’un prêtre de l’Abbaye de Floreffe, Hughes, son confident, son seul ami. Roman à deux voix, ce livre de grand talent nous fait découvrir de l’intérieur le Moyen Age des mystiques et des guerriers.
19,00 €
Au secours pardon
Grasset
Au secours pardon raconte l?histoire d?un homme qui se croit libre comme la Russie, et qui va s?apercevoir que la liberté n?existe pas. « C?est l?année de mes quarante ans que je suis devenu complètement fou. »

A Moscou, Octave Parango est chargé par une marque de cosmétiques de trouver la plus jolie femme du monde. Lena a la détermination boudeuse des jeunes filles et la beauté d?un ange démoniaque. On se damnerait pour la sauver ou se perdre avec elle. A Moscou, puis à Saint-Petersbourg, Octave fera les deux. Dans la cathédrale récemment reconstruite, il confesse ses turpitudes à un pope qui hoche la tête avec compassion. Lequel des deux sauvera l?autre ? Lequel des deux périra le premier ?
20,20 €
La grande garde Prix Académie Médecine 2007
Grasset
« Il faut avoir vécu une grande garde, l'avoir vécue seul, dans un chaos de sirènes, de sonneries, d'éclairs. Seul, dans la caisse de résonance des urgences, le bruit des voitures, des chariots, dans les lumières blessantes des néons et des gyrophares? Lire dans les yeux des malades, comme on lit dans les mains, leur avenir, leur chance pour les douze heures de la nuit. Il faut savoir déchiffrer les destins dans les chairs, les entrailles. Il faut être plus que médecin. »

Dans le chaos de la garde de neurochirurgie, un interne prénommé Pierre, médecin sans vocation, indécis de talent, observe la chorégraphie mécanique des opérations en urgence. Il la contemple plus qu'il n'y agit. Autour du professeur Vadas, artiste du geste opératoire, tout en silences, gravitent les constellations d'internes, de rivaux, de jaloux nuisibles. On se bat au bistouri pour une faveur. Une nuit au bloc opératoire, parce qu'on est étourdi de fatigue, il y aura un geste en trop. Qui a commis l'erreur ? Qui en porte la responsabilité ? Qui doit payer ? Le patron, ou le subordonné trop obéissant ?

Dans la continuité du J'accuse salvateur qu'était Blouse, mais insufflant à son livre la mélancolie rebelle de personnages cruellement décrits, du patron politique au psychiatre dépressif, Antoine Senanque nous donne ici le roman de la faute.

Dans la pénombre de la grande garde, un portrait sans compassion mais sans injustice de la condition humaine, médecins et malades intimement liés.
17,30 €
Bel de nuit Gerald Nanty
Grasset
Peu nombreux sont ceux qui connaissent le nom de Gérald Nanty, et pourtant celui-ci est une véritable légende de la nuit, des noctambules, voire des « snobnambules »? En effet, entre les illustres Castel et Régine, il est le troisième roi des nuits parisiennes, et ce depuis près d'un demi-siècle. C'est cette époque, précisément, entre le milieu des sixties et aujourd'hui, qui revit dans le livre que lui consacre Elisabeth Quin? Il ne s'agit pas d'un livre de souvenirs, ni d'une biographie : Gérald Nanty et sa mémoire sont pris comme fils conducteurs d'une longue promenade à travers les êtres et les lieux les plus mythologiques de la vie nocturne.

Les êtres ? Gérald Nanty a fréquenté « tout le monde », des couturiers (Valentino, Saint-Laurent, Gaultier?) aux écrivains (Sagan), des artistes (Bernard Buffet?) aux maffieux, des mondains aux drogués. A travers lui, défile ainsi toute une faune aux m'urs libres pour laquelle la nuit est un refuge. De Amanda Lear à Manouche, de Roger Peyrefitte à Thierry le Luron, d'un caïd à une galerie de michetons ou de « belles de nuit », les anecdotes et les portraits se succèdent sur des rythmes divers. Car la nuit, qui sait offrir sa légèreté, peut ausssi être tragique.

Les lieux ? Ce sont, pour l'essentiel, les « boîtes » crées par Gérald Nanty du « Club 65 » au « Bronx », du « Colony » jusqu'à l'actuel « Mathi s », ce bar restaurant de la rue de Ponthieu où l'on retrouve, à chaque aube, tous ceux qui « font » Paris.

Bien sûr, le destin personnel de Gérald Nanty, son goût de l'excès et de la liberté, sont ici explorés dans leurs détails les plus croustillants. Mais, par delà l'histoire subjective d'un individu drôle et artiste, c'est toute une génération de noceurs et de fêtards qui ressuscite dans ces pages émouvantes, brillantes, pétillantes?
16,20 €
Java Opéra
Grasset
Un jeune homme d'origine hollandaise quitte sa famille implantée à Java depuis plusieurs générations. Il décide d'aller séjourner à Paris.

Java-Opéra est le récit des 36 premières heures de sa vie parisienne. Une vie fort mouvementée puisque le narrateur, dès son arrivée, adopte une liberté de propos et de mouvements qui va donner à chaque rencontre une ampleur imprévue et à chaque instant vécu, l'importance d'une courte aventure.

Au cours d'une déambulation haletante, le narrateur traite le monde avec une insolente fraternité. La vie ordinaire devient existence vive !

Il arpente Paris. Au fil des rencontres, il éprouve ou provoque des sentiments qui vont de la haine discrète à l'amour le plus immédiat. Ainsi se trame une fiction dont la structure cinématographique va rappeler un à un, sur le devant de la scène, les personnages aperçus au cours du récit :

- Une employée du téléphone rose

- Un ancien légionnaire

- Une pharmacienne très séduisante

- Un peintre

- Un maquereau sourd-muet

- Des couples, des serveurs, des maîtres d'hôtel, des psychanalystes?

Dans ce roman, l'absurdité de l'existence se transforme en légèreté.
16,90 €
L'engagement
Grasset
Sculpteur commercial spécialisé dans le lion de marbre géant ou le Poséidon de salle de bain que lui réclament ses riches commanditaires, le narrateur jouit d'une situation confortable dans la Californie d'aujourd'hui.

Lors d'une folle soirée à San Fransisco, il rencontre Ferenczi, sculpteur génial et méconnu, qui lance des prunes contre les murs, et les expose à un petit nombre d'admirateurs. Ferenczi est en colère : il vient d être fait cocu, et il compte bien régler son compte au tout nouvel amant de sa compagne. Mais au cours de la conversation, le narrateur découvre que cet amant n'est autre? que lui-même. Cette rencontre avec Ferenczi est décisive et salutaire. Elle ouvre au narrateur les portes d'un monde inconnu : le monde de la révolution.

Comme aux temps passés de l'engagement et du grand soir, Ferenczi n'est pas seulement un génie ignoré. Il est surtout le « frère secret », le vrai responsable du « Mouvement », réseau contestataire dont les implantations dépassent la seule Californie. Sous l'influence de Ferenczi, le narrateur rompt avec son ancienne vie et s'engage dans le Mouvement. Il y découvre la gloire et l'influence de Ferenczi, quand lui n'est qu'un quidam dont l'art médiocre et l'engagement tardif font sourire. Il s'émerveille aussi de la beauté de Kate, leader charismatique, à l âme bonne et généreuse. Mais à l'intérieur du Mouvement, la contestation gronde?

Un roman étonnant sur l'engagement, l'art, la culpabilité, la révolution.
22,40 €
Victor
Grasset
Victor est un charmant octogénaire, ancien libraire qui cite volontiers Victor Hugo et raconte à qui veut l'entendre un passé étourdissant. Alice, sa voisine de palier, jolie stagiaire à Global, le trouve un soir d'hiver dans un état de grand désespoir. Usé, catarrheux, ruiné, Victor va être expulsé d'ici peu de son réduit mangé par les livres et les journaux. Comment le sauver de la rue ? L'ambitieuse stagiaire a une idée. En organisant une chaîne de générosité, qui puisse satisfaire à la fois le voyeurisme compassionnel du magazine à gros tirage Global et garantir à Victor une fin de vie heureuse.

Adopter un vieillard ? Les lecteurs s'enthousiasment pour son sort. C'est à la famille parisienne Saillard que revient le privilège de recueillir un grand-père adoptif, malicieux, érudit. Ah ! tout avait l'air si facile, et même les enfants du couple Saillard, le père opticien à la bonhomie toute en rondeurs, la mère adepte des régimes minceur, se réjouissent.

Mais Victor n'est pas celui qu'on croit? Crises conjugales, méchancetés, escroqueries, petits arrangements avec la vérité, manipulations, tromperies : tous ceux qui ont approché ce vif exemple de la malignité humaine en seront pour leurs frais. Ils en sortiront changés, marqués, certains pour le pire, d'autres pour le meilleur. Victor ou la grande illusion?
24,90 €
Archaka
Grasset
Ce livre est le récit d'une relation d'exception entre l'auteur et un jeune homme plus jeune dont elle a d'emblée perçu la singularité. C'est écrit à bâtons rompus, comme une recherche à la fois douloureuse et fascinante des temps d'une vie hors du commun. La mémoire comme seul guide qui, tantôt bat la campagne et tantôt se rapproche à la façon d'un entomologiste pour isoler un instant, une parole, un regard, tout ce qui fait la vérité d'un être qui, il faut bien le dire, fut méconnu.

Contre l'injustice de cette méconnaissance et pour donner toute la lumière nécessaire à la compréhension de ce que fut Alexandre Kalda (son surnom sanskrit Archaka signifie « celui qui invoque la lumière » ), il a fallu que l'auteur revive les moments les plus forts de cette destinée. Elle s'est appuyée sur la correspondance d'Archaka qui était riche de toutes sortes de révélations. De son vivant, il était tellement impliqué dans sa quête spirituelle qu'il ne voulait pas entendre parler de ce que révélait ces lettres, sa vie à lui, une vie qui aurait passionné tout lecteur curieux.
15,90 €
Promenade en Inde
Grasset
Pour comprendre l’Inde, il faut y avoir vécu plus de vingt ans comme le fit Alexandre Kalda. Promenade en Inde est le fruit de cette expérience exceptionnelle qui permit à l’auteur d’étudier la civilisation, la culture et la vie quotidienne d’un pays tellement étranger à l’Occident.

A la fois Mémoires, récit de voyage, quête d’ethnologie et essai métaphysique, ce texte vivant, documenté et attachant permet une approche originale et authentique de l’Inde. Attentif et passionné, le regard d’Alexandre Kalda a su discerner, derrière les visages, les paysages et les mots, l’âme de l’Inde.
22,40 €
Beckett avant la lettre
Grasset
Une période mal connue de la vie de Samuel Beckett est celle où il enseigna le français à l'Université de Dublin en 1930. Il n'a pas encore écrit son premier roman et se consacre pendant un an à l'enseignement des auteurs français pour les étudiants de Trinity College.

Alors qu'on croyait ses cours définitivement perdus, on a découvert, dans les archives de l'université, un cahier de notes prises par une de ses étudiantes. C'est ce document capital pour la compréhension de l'oeuvre de Beckett et, d'une façon plus générale, pour sa conception de la littérature, que Brigitte Le Juez analyse ici : Gide et Balzac (ou Gide contre Balzac ?) Racine et Corneille (ou Racine contre Corneille ?), le roman, le théâtre et la modernité, voici éclaircis les fondements de la pensée littéraire d'un des plus grands auteurs de notre temps.
12,90 €
Loin de Kharkov
Grasset
Bien sûr, il s'agit, encore, d'un roman farfelu, mais plus « policé » que d'habitude Et, bien sûr, les personnages de ce roman - Anna-Victorina, Abraham, Mme Tardieu - ne sont pas des créatures rigoureusement « réalistes » Mais c'est ainsi que Roger Hanin visite son imaginaire : introduire une dose de délire dans la logique du monde. Car le délire, selon lui, déplace la vérité et la montre mieux Avec Loin de Karkhov, on est donc dans une histoire d'adoption : un couple, natif de Béziers (en apparence ) va dans un orphelinat de Karkhov pour adopter la petite Anna-Victorina, blonde, intelligente, précoce Celle-ci va semer le plus grand trouble dans sa nouvelle famille, contraignant chacun à se rapprocher de sa vérité enfouie Les uns vont s'avouer leur amour secret, d'autres vont se suicider, d'autres encore vont accepter de révéler le secret d'une identité méticuleusement dissimulée « Lorsque l'enfant paraît », le monde des adultes réajuste ses manières. Ce roman aspire à l'innocence trouble de la petite Anne-Victorina. Il l'atteint, mais non sans quelques dégâts pour les personnages qui s'y brûlent sous l'oeil de la petite poupée russe. Sur cette trame, Roger Hanin propose un roman qui « dérape » à dessein. Dialogues et situations bizarres ; coups de théâtre ; onirisme et fansaisie garantis Roger Hanin expliquera peut-être, lors du lancement de ce roman, l'arrière-fond autobiographique qui le sous-tend. Mais, peut-être, préférera-t-il se taire. Avec lui, on ne sait jamais...
19,90 €
Le côté d'Odessa / roman
Grasset
Tout commence ici par la réapparition d'un tableau : « La source », copie par Picasso d'un célèbre tableau d'Ingres, a disparu en 1940 à Paris en même temps que d'autres biens appartenant à un collectionneur d'origine juive, Léopold. C'est à Odessa, entre les mains d'un affairiste russe, que la toile réapparaît mystérieusement, identifiée par un historien d'art, mêlé malgré lui à cette intrigue presque policière. Faut-il le restituer à l'héritière, Marina, qui vit à Volterra dans la villa que lui légua son grand-père Léopold, génial mais ambigu collectionneur ? Faut-il au contraire garder le secret au risque de spolier encore une fois Marina ? Le passé se visite comme une maison aux recoins secrets : Marina en orpheline de la mémoire ignore tout des conditions tragiques dans lesquelles sa grand-mère déportée trouva la mort ; en écho à cette révélation, le narrateur enquête sur le judaïsme possible d'une partie de sa famille native d Odessa, ressuscite les pogroms russes et les conversions forcées, auscultant en lui la part d'étrangeté qu'on lui a longtemps cachée. « La source » devient le sésame d'une quête des origines où progressivement le désir, et peut-être l'amour, vont sceller un pacte entre Marina et le narrateur. Le présent leur apporte alors les réponses que le passé leur refuse. Une nouvelle page s'ouvre.

D une demeure en toscane au cimetière juif de Livourne, d Odessa cosmopolite et baroque à New York éternel refuge des immigrés, se noue une intrigue habillement tressée où les jeux de l'amour et du hasard entraînent les personnages à la découverte d'eux-mêmes : mais sait-on jamais qui nous sommes ?
18,90 €
La biographe
Grasset
« J'ai eu envie de revoir La Passante du sans-souci. L'intrigue, les noms de personnages, les visages s'effacèrent, mais certaines images de ce film un peu convenu se gravèrent dans ma mémoire, éveillant un sentiment confus et pénible.

Et puis un jour, j'ai compris : ces visions me hantaient parce qu'elles prenaient leur source en moi. Des pans entiers d'une histoire oubliée, que j'avais VOULU oublier avant même de la connaître. Celle de ma mère, juive allemande, et de toute sa famille. La passante que Romy Schneider avait incarnée surgissait d'un monde enfoui, mais étrangement familier.

Ma mère Romy. Dos à dos, tendues dans le même effort pour surmonter le passé. Rien ne justifie ce rapprochement, tout le légitime. A la question que Romy Schneider s'est posée toute sa vie : « Comment peut-on être allemande ? » répond l'écho : « Comment peut-on être juive allemande ? »

Et si chacune d'elle possédait un fragment de la vérité de l'autre ? Elles sont les deux faces d'une même mémoire, la mienne, celle de la biographe que je suis. »

E.B.-D.

S emparant de l'histoire de Rosemarie Albach, alias Romy Schneider, Evelyne Bloch-Dano tente d y lire l'histoire en miroir de sa propre famille : « la biographe » passe de l'une à l'autre, tressant, pour les entrelacer et les éclairer, ces vies à priori si différentes, l'une, exemplaire parce que célèbre, l'autre, anonyme et pour cela universelle.

Au-delà de la figure irradiante de Romy Schneider dont il fait le portrait, ce livre est aussi une histoire d'amour et de haine de la mère-patrie, l'Allemagne, et plus simplement : le livre des mères, comme on sait sujet de prédilection de l'auteur celle, entre autres, de Romy, Magda la Bavaroise, elle-même actrice populaire de l'époque, dont Hitler fut un fervent admirateur et peut-être l'amant, Magda, terrible Pygmalion pour sa fille, et qui fut, finalement, effacée dans les mémoires par sa créature?
17,30 €
Le paradis d'en face
Grasset
« Au début, je n'y ai pas vraiment prêté attention. La première fois que j'ai garé la moto près du numéro huit de la rue Girardon, elle a ouvert sa fenêtre, au cinquième étage, s'est penchée à moitié et a demandé d'une voix forte : « Nicolas, c'est toi ? » J'ai levé la tête et regardé tout autour de moi, j étais seul sur le bord de cette rue, pas même une ébauche de profil. »

Chaque jour, quand Thomas rentre chez lui, la même scène se produit : au bruit du moteur, une voix féminine, surgie de l'immeuble voisin, l'appelle, avec un mélange de surprise, d'excitation et de soulagement : « Nicolas, c'est toi ? ». Un soir, intrigué, attendri peut-être, Thomas finit par répondre à cette inconnue qui le prend pour un autre. Il pénètre alors dans la vie d'une vieille femme solitaire, et découvre très vite qu'elle a, dix ans auparavant, perdu son fils unique, Nicolas, victime d'un accident de moto. Ce jour-là, le temps s'est brutalement arrêté ; il n'a, depuis, jamais repris son cours.

Pour Marguerite, dont l'existence n'est plus que dans l'illusion d'un souvenir vivant, Thomas accepte de devenir Nicolas. Entre le jeune homme et la petite dame, Harold et Maud d'aujourd'hui, débute ainsi une singulière histoire d'amour, née d'un malentendu dont, au fond, ni l'un ni l'autre n'est dupe : il suffit juste d y croire?

Lyrique et malicieux, tendre et cru, Paul Marchand fait le portrait émouvant de la vieillesse solitaire. A travers le roman d'une complicité singulière, dans le style inventif qu'on lui connaît, il donne aussi des mots au drame qui, dans notre langue, n'en a pas : la perte d'un enfant. Après l'inceste qui faisait l'objet de son précédent roman, c'est encore, d'une autre manière, sur nos douleurs et nos tabous qu'il se penche.
19,90 €
Kung fu
Grasset
La première scène rappelle le narrateur à son impuissance : il assiste au tabassage en règle d'un passager dans le métro. En d'autres temps, il aurait réagi, implacable, corps délié, volonté de fer, mais il ne bouge pas, la peur au ventre. La mémoire réveillée tisse les liens entre les époques : hier, dans la mouvance de la Gauche Prolétarienne, l'ex-minet du Drugstore aux pulls shetland et aux boots glacées, s'inscrit virilement aux cours du Vô-Vietnam ; dans l'odeur âcre de la salle de boxe parisienne, il apprend à souffrir, découvrant les dures leçons de la sagesse orientale. Hier, pour échapper à l'amour fou qu'incarne Ursula, beauté androgyne, hussarde des seventies condamnée par une overdose, il suit son meilleur ami jusque dans la cité interdite, le légendaire monastère kung-fu de Shaolin dont il sera le premier disciple blanc. Aujourd'hui, aguerri par les coups qu'il a reçus plus que par ceux qu'il a donnés, le narrateur retrouve en Louise la force d'aimer, les larmes enfouies, la fragilité du jeune tigre qu'il fut. L'amour est un combat. Passion et révolution, d'un visage féminin l'autre, en frôlant les dangers.

C'est toute une époque que François Armanet convoque, avec la grâce et la précision qu'on lui sait, une époque qui va des dandys de la nébuleuse gauchiste aux rivages de l'Asie, de l'herbe fumée aux cendres amères des camarades perdus en route, des maîtres du Tao à la rédemption des combattants de l'ombre.
15,90 €
Faut-il brûler la Galigaï ?
Grasset
Léonora Galigaï est florentine. Elle se nomme en vérité Dianora Dosi. Elle est la fille d'un menuisier et d'une blanchisseuse que leur travail mène souvent au palais Grand-Ducal (palais Pitti). Léonora y est appelée pour distraire la jeune princesse de Toscane, Marie de Médicis. Elle devient sa coiffeuse. Elle s'insinue, fait rire cette enfant capricieuse et balourde. Bien vite l'astucieuce Léonora sort de son modeste rôle d'amuseuse pour s'installer dans l'intimité de la petite princesse. Son empire devient immense. C'est une manipulatrice née. Chacun, au palais, s'interroge sur sa fulgurante ascension. Elle serait, dit-on, la soeur de lait de Marie de Médicis, c'est faux, cependant la légende de la Galigaï a déjà commencé, elle rachète ce nom au dernier de cette illustre famille avant de suivre Marie en France.

Ce livre nous fait revivre tous les crimes de la cour des Médicis. Les passions dévorantes aussi, comme celle du grand duc François-Marie pour sa seconde femme, la vénitienne Bianca Capello. On assiste à la dernière rencontre de Catherine de Médicis et de Henri de Navarre, aux exécutions du duc de Guise et de son frère, le cardinal, au château de Blois, puis à la réconciliation de Henri de Navarre avec son cousin Henri III et à l'assassinat de ce dernier. Léonora imagine les complots, se fait raconter les maîtresses du roi Henri IV. Son amie Marie est devenue reine, quant à elle, elle est tombée amoureuse de Concino Concini, un garnement qui vit d'expédients. Tous deux feront équipe en louvoyant dans cette cour de France où les florentins sont suspects, puis, après l'assassinat d'Henri IV, en gouvernant dans l'ombre. Leur étrange association conjugale mettra en coupe réglée les finances du royaume. La Galigaï devient marquise d'Ancre puis Maréchale. Eh oui ! Puisque la reine a donné un bâton de maréchal à Concini.

Noiraude, maigre et sans beauté, elle tient la reine Marie sous sa coupe. Elle gouverne son mari. Elle est une véritable tête politique. Une découvreuse de talents comme ce petit évêque qui deviendra le puissant cardinal de Richelieu. Elle rêve en plein jour. Elle porte un voile, de peur qu'on lui jette un sort. Elle court les couvents de Paris, la nuit, pour se faire exorciser.

Son unique faute est de ne pas avoir su deviner le caractère dissimulé de Louis XIII. Son côté Médicis. Il fera tuer Concini aux portes du Louvre. Elle sera brûlée en place de Grève. Destin étrange qui court sur cinquante ans. Alcôves, complots, prévarications, meurtres.
22,40 €
Sa passion
Grasset
Sa passion est le récit d'une enfance revécue le temps d'une nuit par une jeune femme amoureuse et humiliée.

Hélène a 35 ans, elle est écrivain, et cette nuit-là elle dort dans un hôtel isolé de Sologne où elle s'est rendue pour une foire du Livre. Il y a dix jours elle a quitté Patrick, le seul homme qu'elle ait aimé, mais marié, et qui n'a pas choisi de tout quitter pour elle. Cette nuit-là, après dix jours d'insupportables silences, ils se parlent au téléphone, conversation troublée et maladroite où Hélène relate (ou invente, peu importe) qu'un homme vient de lui faire des avances et a déclaré vouloir quitter sa femme pour elle.

A l'autre bout du fil, depuis Paris, l'homme aimé, adoré, rit? Hélène éteint son téléphone? La nuit commence?

De l'énigme même de ce rire va surgir l'énigme de l'amour. Celui d'un homme pour une femme, bien sûr, mais aussi celui (premier et fondateur), des parents pour un enfant?

Dans la chambre d'hôtel froide et anonyme, alors qu'au dehors les bêtes sauvages redoutent l'aube qui annoncera la reprise de la chasse, Hélène se souvient. Le prix de l'amour. Le chèque mensuel que la cousine faisait à ses parents pour avoir le droit de l'avoir en alternance. Les incessants va et vient entre deux mondes opposés, les pauvres et les riches, les nécessiteux et les puissants?

Qui l'aimait alors ? Tout le monde. Qui l'avait choisie vraiment ? Personne?

Et surtout, qui lui manquait réellement, aujourd'hui ? Quel homme ? Le père, adoré, dont elle n'aura jamais comblé la pauvreté ? Où Patrick, son premier amour, dont le rire a brouillé les sentiments et les souvenirs ?

Tous les deux : combien ont-ils donné pour elle ? Combien vaut cette femme-là ?

Après une nuit d'insomnie, dans les premières lueurs du matin, Hélène rejoint le monde des chasseurs et des bêtes traquées et décide de résoudre à jamais, l'énigme de sa passion?
15,90 €
Douce France
Grasset
« Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie en situation irrégulière. Il me semblait qu'à tout moment quelqu'un pouvait surgir chez moi en hurlant : Police ! Contrôle d'identité ! Et me contraindre à le suivre. C'était absurde, personne n'avait songé à me mettre à la porte, mon casier judiciaire était vierge et je n'envisageais aucune action terroriste ».

La narratrice, un écrivain français de trente ans, est arrêtée par erreur avec des immigrés clandestins lors d'un contrôle d'identité sauvage. Mi-fascinée, mi-voyeuse, elle décide de se faire passer pour une immigrée roumaine et devient malgré elle victime de la machinerie bureaucratique. Placée dans un centre de rétention administrative de la région parisienne, elle découvre ces immigrés séquestrés qui tournoient dans l'attente hébétée d'une décision du juge : libération ou renvoi au pays, la tour de Babel des langues et des codes, le racisme entre noirs et arabes, la course à l'identité, n'importe laquelle, pourvu qu'on vous laisse en paix. Là-bas, elle va connaître des sentiments contradictoires, entre amour et crainte, pour un clandestin séducteur et manipulateur? Mais ces exilés la ramènent à son propre statut : fille d'immigrés juifs, née en France, elle s'est toujours sentie en situation irrégulière.

Sur ce sujet ô combien d'actualité ! Karine Tuil pose les bonnes questions : pourquoi cherchons-nous à être aimés quand il suffirait qu'on nous tolère ? Quel prix à payer pour avoir la certitude d être français ? Sommes-nous tous des immigrés ? L'auteur, qui a eu exceptionnellement accès au centre de Roissy, a écrit ici un roman coup de poing, bouleversant d'inquiétude, à mi-chemin entre le pamphlet et la lettre d'amour aux siens. Un livre où Karine Tuil s'obsède à traquer l'assimilation impossible à la Douce France.
16,50 €
Le Silence
Grasset
Depuis 1944, l'écrivain Simon Leibowitz n'a plus prononcé un mot : il avait alors 10 ans. Fascinée par ce mutisme et le mystère qui entoure l'homme, Livia, une jeune française orpheline, étudiant l'histoire à Rome, décide de lui écrire. Ils échangent quelques lettres avant que Simon ne mette brutalement fin à leur correspondance. Dans son dernier courrier, quelques vieilles photographies : une église de campagne ; un portrait d'enfant aux côtés d'un chien avec en arrière-plan, un homme au sourire figé ; un groupe de jeunes gens armés, à la lisière d'une forêt?

Dès lors, Livia n'aura de cesse de comprendre. Le mutisme de Simon est-il un refus du monde ou au contraire la décision d'un sage ? Où ont été prises ces photographies ? Pour quelle raison Simon s'enferme-t-il dans son silence ? Pourquoi quelques années auparavant a-t-il tiré en pleine rue sur un ancien officier allemand ? Avec l'aide de son ami Ignatio et des souvenirs de son père Giorgio, ancien résistant italien dans les Appenins, qui a connu le père de Simon, Livia plonge dans le passé de l'écrivain, au coeur des Alpes et de la seconde guerre mondiale. Ce faisant, c'est, à son insu, son propre passé qu'elle explore?
19,90 €
Oboles
Grasset
Dans la continuité d?Images, mes catins, Le tremble et l?acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, « définitions imagées », selon leur auteur, nous touchent d?autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare.

?

?Retouches à la compréhension

?

?Ta voix de tout s?irrite

?Qui tant aimait m?entendre

?Ton oeil même m?évite

?Dès que je deviens tendre

?Tu ne veux plus répondre

?Et vrai le pourrais-tu

?Un oeuf n?est pas à tondre

?Déjà me disais-tu
15,90 €