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Résultats de recherche pour 'Un livre indestructible' (8225)

Le système de l'argent
Grasset
«  J’ai besoin d’un vieux, pour inspirer confiance. Des vieux, on en trouve partout. Mais des vieux comme toi, je n’en connais qu’un. Pendant toute ta vie, tu as réussi à oublier le petit garde rouge que tu étais dans ta jeunesse, le justicier des usines, le casseur de flics, le voleur de bibliothèques, l’ami des pauvres. Et tu as réussi à ne plus croire en rien. C’est très fort. Tu es un monstre, Lux. Quelqu’un qui ne croit en rien est capable de tout.  »  : ainsi s’adresse Christian Alexander Smith à Luc/ Lux Desanges.

Le premier, la trentaine, est un jeune self made man d’origine européenne, startupper richissime sans autre patrie que celle du profit, ami de tous les milliardaires libertariens de la tech, qui entreprend avec sa folie visionnaire apocalyptique d’acheter à prix d’or de gigantesques zones franches pour la survie des plus nantis, hors du contrôle des Etats impuissants (la Ligue des Territoires de demain), maniant avec dextérité la novlangue cynique d’un discours progressiste (écologie, expérimentation sociale, etc.) pour mieux camoufler ses intentions totalitaires et mercantiles.

Le second, 73 ans, est un ancien militant révolutionnaire établi en usine dans les Vosges. Ses rêves fracassés à 23 ans, il traine le cadavre de sa jeunesse pendant la Révolution des Œillets au Portugal, où il pille les riches bibliothèques privées pour faire commerce de livres anciens au point de devenir bibliophile (il fournit à ce titre un certain… François Mitterrand, qui le prend en affection et se confie à lui lors de ses déambulations parisiennes clandestines). Devenu riche, il se retire en ermite contemplatif et romantique dans une petite île bénie de l’archipel de Malte d’où va l’extirper Smith afin qu’il pilote le commando d’experts embauchés pour   faire main basse sur les médias influents, puis sur les vastes territoires (France, Europe, Afrique) des futures zones franches.

Ce roman-monde nous fait passer sans transition du monde d’en haut où voyagent sans frontière les tycoon de la finance dérégulée (Washington, Moscou, Tripoli, Benghazi, Beyrouth, Bruxelles, La Valette, Gozo, Kigali,   Malte, Lisbonne…) au monde d’en bas (les Vosges, la Lorraine… ) où s’agitent les petits insectes humains que les premiers tentent d’écraser  ; du plan large des kleptocrates idéologues au plan serré des femmes et des hommes encore porteurs d’un idéal  ; du point de vue panoramique des drones tueurs sans âme au point de vue subjectif des individus de chair et d’os (il en reste…).

Ce «  système de l’argent  » au plus haut niveau est-il assez huilé pour broyer les citoyens ordinaires et les déraciner de toutes leurs traditions, ou quelques grains de sable obstinés finiront-ils, dans l’arrière-pays du Mont Tomis (sud de la France), par enrayer la mécanique terrifiante de déshumanisation  ? Luc se réveillera-t-il de sa longue léthargie dépressive  ?
24,00 €
La Petite sauvage
Grasset
«  Car la haine est partout qui désarticule notre langue, et le diable lui-même se déplace dans le monde en voiture diplomatique. Je n’ai pas retrouvé la parole perdue, et il n’y aura donc rien d’autre pour nous hisser jusqu’à la haute tendresse que la  parole  présente, peu importe la vérité, désormais…  »

Ainsi se livre la «  Petite sauvage  », l’héroïne, le double d’enfance de Laurence Nobécourt, prise dans une des grandes guerres des familles : la succession.

Après le père, c’est la mère qui est morte, laissant trois sœurs blessées, peut-être aussi soulagées  : Stella, l’aînée  ; Petra, et puis la Petite sauvage elle-même, celle qui depuis toujours écrit, et vers qui tout converge, l’amour, la jalousie, la dépossession. Car il n’y a pas d’équilibre ou de justice, quand il faut répartir les biens, les séparer à jamais - maisons, tableaux, photos, menus papiers,  vaisselles  : dans ce combat dérisoire et violent, il n’y a plus d’adultes, seulement des histoires d’enfance  passionnelles. Stella était la préférée du père, l’adorée-adorée. Petra fut tant aimée de la Petite sauvage, telle une soeur tchekhovienne, vitale et chérie. Et la Petite sauvage, c’est simple  : la mère n’en voulait pas.

Alors, elle nous raconte  : son père, dans les dédales de l’argent et de l’extrême-droite, son oncle, qui l'aima comme il ne faut pas, et tout l’arbre familial, de blessure et de répétition, dans les branches duquel se vivent les souffrances, les rôles, et si peu la joie.

Le roman de Laurence Nobécourt nous montre comment la haine des familles, se charriant sur des générations, induit certains paysages politiques. En  mêlant histoire intime et  sociale, elle  clôt, après des années, le cycle familial initié avec *La  Démangeaison* et nous emmène vers la possibilité d’une vie nouvelle.
22,00 €
Bocuse
Grasset
De la cuisine il a fait un art, de son nom, une légende, et de sa vie, un roman.

Gautier Battistella nous plonge dans la fascinante histoire de Paul Bocuse, figure emblématique de la gastronomie française du xxe siècle. De ses racines familiales sur les rives de la Saône aux trois étoiles Michelin tant convoitées (il les conservera 53 ans, de 1965 à sa mort en 2018), ce roman biographique retrace le parcours d’un génie de la cuisine – et des affaires.

Le livre s’ouvre sur les années de formation de « Paulo » dans le village de Collonges-au-Mont-d'Or, où la nature et les traditions d’une dynastie d’aubergistes ont façonné ses premiers souvenirs. S’ensuit son apprentissage dans les cuisines de la grande Eugénie Brazier puis du célèbre Fernand Point, dont la philosophie et la rigueur vont laisser sur lui une empreinte indélébile. Après la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle le soldat Bocuse est grièvement blessé, l’esprit frondeur du jeune chef accompagne le réveil de la société française. De la Libération à la naissance du Concorde, c’est tout un siècle qui défile sous ses yeux et les nôtres. Création de ses plats signatures, amitiés indéfectibles avec Michel Guérard et les frères Troisgros, rivalités avec Gault et Millau, aventures féminines, rencontres avec Romain Gary ou encore Charles de Gaulle, ces décennies vont forger le mythe Bocuse. Paul comprend très tôt les ficelles de la communication et du capitalisme : il ne lui reste plus qu’à partir à la conquête du monde…

Avec humour, tendresse et un sens aigu du détail, *Bocuse* révèle la complexité d’un homme traditionnel et révolutionnaire, bon vivant et perfectionniste, délicat et ogre à la fois. On y découvre les coulisses de la « Nouvelle Cuisine », l’invention du chef médiatique, les aventures de Paul Bocuse en Amérique et au Japon, ainsi que ses doutes et la difficile question de son héritage. L’histoire d’un chef légendaire qui a transformé un métier en art national.
22,00 €
J'ai perdu un bédouin dans Paris
Grasset
Je m’appelle Arthur Essebag.

Depuis toujours, je vous divertis à la télévision. Je ne vous ai jamais parlé d’autre chose, car j’ai toujours considéré que ce n’était pas mon rôle.

Jusqu’à ce matin où l’impensable a surgi. Des milliers de terroristes. Des villages anéantis.

En quelques heures : 1 200 vies sauvagement brisées. D’autres traînées dans des tunnels, en otages.

Si le monde allait bien, il aurait pleuré. Comme moi j’ai souvent pleuré pour le monde. Mais ce jour-là, une partie de la planète s’est tue.

C’était le 7 octobre 2023. Le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah.

Ce fut une bascule, une descente aux enfers où j’ai entraîné ma famille, mes proches, dans une apnée interminable. Je voyais dans leurs yeux ma peur reflétée, ma colère, mon impuissance. Alors j’ai pensé à ma mère. À mes racines. À cette Histoire tatouée dans mon sang. Et mon ADN s’est mis à hurler : j’ai dit “Je” et j’ai dit “juif” .

Presque malgré moi. Je suis devenu une voix, dans le vacarme et le mensonge.

Et j’ai écrit. Parce que je n’avais plus d’air. Pour survivre. Pour transformer la douleur en action.

De mes voyages en Israël, sous les missiles du Hamas, de mes amis perdus et de ceux retrouvés, entre les larmes et les rires, est né ce livre. Un cri qui traverse les frontières. De Tel-Aviv à Gaza. Un cri qui nous demande : où est passée notre humanité ?

*J’ai perdu un Bédouin dans Paris* est mon premier livre.

Et ce Bédouin, finalement… c’est moi.
22,00 €
La joie de l'ennemi
Grasset
Au fond de sa cabane, Jeffrey tire sur ses chaînes comme un animal en cage, un loup sous codéine. Livré à ses addictions et ses hantises, il tente d’assembler les fragments douloureux de son passé, mais les séances d’insulinothérapie que ses parents lui ont imposées dans sa jeunesse ont fait de sa mémoire un champ de ruines. Il n’a qu’un seul ami, Seymour, un cow-boy Noir et taiseux, avec qui il aime chevaucher au milieu de paysages grandioses, renouant avec une liberté sauvage. Mais cette fraternité ne suffit pas à repousser les assauts de l’ennemi tapi dans sa cervelle qui se réjouit de sa déchéance. Jeffrey a aimé autrefois Kathleen, une femme solaire et pleine de compassion. Une nuit, elle est partie, ne pouvant plus supporter ses dérives narcotiques et ses non-dits. Mais Kathleen l’a-t-elle vraiment quitté  ? Incapable de distinguer le cauchemar de la réalité, dévoré par la culpabilité, Jeffrey se lance dans une quête désespérée, reconstituant un crime qu’il n’est pas sûr d’avoir commis.

Un environnement impitoyable gangréné par la corruption et le vice, une nature somptueuse et indomptée traversée au triple galop, une violence paroxystique  : le roman emprunte aux codes du western pour interroger la masculinité, cette drogue à la fois euphorisante et toxique.

Librement inspiré de l’œuvre de Townes Van Zandt, le barde maudit de la musique country, imprégné de poésie biblique, *La joie de l’ennemi* est une ballade crépusculaire, l’exploration fiévreuse d’un lointain intérieur.
20,90 €
Avale
Grasset
Juillet 2018, soir de la finale de la Coupe du Monde de football. Un jeune homme se cache dans les WC d’un centre commercial, les mains couvertes de sang. Il se fait appeler Tom. Ce fils unique de 29 ans, de son vrai nom Romain Marais, est étudiant en pharmacie et depuis l’enfance l’objet de brimades, de rejets et de frustrations qui l’ont mué en homme largué et érotomane, aux prises avec d’étranges désirs de dévoration.

Jeune actrice noire en pleine ascension, Lame se livre à des séances d’hypnose pour soigner un eczéma qui la ronge. Plongée dans un état second, elle revisite son enfance en banlieue, sa rencontre décisive avec son amie Génia, ses rêves de cinéma… et tente ainsi d’échapper à un sentiment de menace qui la hante.

L’un est un monstre en puissance ; l’autre une comédienne en devenir qui réalise que ce corps, qu’elle veut offrir et voir vibrer au contact du monde, lui échappe et la met en danger. Les deux trajectoires vont se juxtaposer jusqu’à leur collision…

*Avale* est un livre *de genre* (à entendre dans sa polysémie), à l’écriture éclatante et sensuelle. Un premier roman qui ne laisse pas indemne, à l’image de son autrice dont le talent déjà connu sur scène s’exprime ici avec une force impressionnante.
20,00 €
Le livre de Kells
Grasset
*Le Livre de Kells* est le douzième roman de Sorj Chalandon a puisé dans son expérience personnelle pour raconter un épisode de sa vie.

À 17 ans, après avoir quitté le lycée, Lyon et sa famille, il arrive à Paris où il va connaître, durant presque un an, la misère, la rue, le froid, la faim.

Ayant fui un père raciste et antisémite, il remonte l’existence sur le trottoir opposé à celui de ce Minotaure sous le nom de *Kells*, en référence à un Evangéliaire irlandais du IXème siècle. Des hommes et des femmes engagés vont un jour lui tendre une main fraternelle pour le sortir de la rue et l’accueillir, l’aimer, l’instruire et le réconcilier avec l’humanité.

Avec eux, il découvre un engagement politique fait de solidarité, de combats armés et d’espoirs mais aussi de dérapages et d’aveuglements. Jusqu’à ce que la mort brutale de l’un de ces militants, Pierre Overney, pousse *La Gauche Prolétarienne*à se dissoudre.

Certains ne s’en remettront jamais, d’autres chercheront une issue différente à leur combat.

Ce fut le cas pour l’auteur, qui rejoignit «  Libération  » en septembre  1973.

*Le livre de Kells* est une aventure personnelle, mais aussi l’histoire d’une jeunesse engagée et d’une époque violente. Sorj Chalandon a changé des patronymes, quelques faits, bousculé parfois une temporalité trop personnelle, pour en faire un roman. La vérité vraie, protégée par une fiction appropriée…
23,00 €
Satie
Grasset
Dans ce roman vif et plein de fantaisie, Patrick Roegiers s’attache à la personnalité, à la fois célèbre et méconnue, d’Erik Satie qui le passionne depuis des années. Ce qui le fascine d’abord chez le musicien, trop souvent réduit à ses aspects  anecdotiques (ses manies, ses facéties, ses bons mots), c’est son extrême et radicale solitude, condition absolue et compagne sans partage de sa création. Et ensuite, la modernité de son oeuvre, longtemps incomprise et en avance sur son  temps, mais  sans cesse ravivée par l’émotion. On en suit l’évolution note par note, des  Gymnopédies aux Trois morceaux en forme de poire, du scandale de Parade  à Relâche, et à Vexations,, morceau de musique  répétitive avant l'heure qu’il  fallait jouer 840 fois.  De son vivant, Satie   a côtoyé Debussy, Ravel, Stravinsky. Mais aussi Picasso, Braque, Cendrars et Picabia dont il était l’ami. Dans ce livre d’admiration et d’imagination, qui détraque les horloges et la logique de la  chronologie, Satie, sur la fin, retrouve les grands créateurs  contemporains qu’il n’a jamais connus et qui sont aussi ses amis: Philippe Glass, John Cage, Bob Wilson ou Pina Bausch. Ainsi que Suzanne Valladon, son unique amour, et sa mère, décédée quand il avait 6 ans. Délivré du pittoresque et du folklore dont on l’affuble trop souvent, rendu à son génie, Satie apparaît ainsi tel qu’il est tout simplement. Un artiste, un individu, un  homme  original, singulier et très attachant.
22,00 €
Nuit blanche
Grasset
«  On se souvient de la légende de la gravure de Goya, «  le sommeil de la raison engendre des monstres  ». Bienvenue chez les monstres  !

Au fil de cinq chapitres entrecoupés eux-mêmes de fragments, comme autant d’éclats d’un temps suspendu, circulaire, où se perd la notion même du temps, voici le bestiaire de la nuit d’un insomniaque qui laisse s’écouler, à ciel ouvert, le flux de conscience de ses pensées, rêveries, souvenirs, portraits, cauchemars éveillés, associations d’idées cocasses, poétiques ou graves.

L’homme ne parvient plus à dormir  : parce qu’il «  en a trop vu  »  ? Parce qu’il hait le sommeil ou le redoute comme la mort ? Parce qu’il ne supporte pas de ne plus être en contrôle  ? Parce que ce temps perdu pourrait mieux être mis à profit pour d’autres «  recherches  »  ? Parce qu’il est devenu l’esclave d’un cocktail de somnifères qui tue en lui la faculté du rêve  ?

Ceux qui croient connaitre la caricature publique du personnage «  BHL  » seront surpris par cet autoportrait d’une vie intérieure en ébullition où se consigne méticuleusement le jaillissement d’un inconscient qui ne tarit jamais.

L’humour succède à l’intensité, la gravité à la dérision, le sens du tragique à la légèreté et la rage à l’auto-ironie. Jamais l’auteur n’avait fait preuve d’un tel «  lâcher-prise  », matière et manière confondues, ni n’avait livré autant de détails intimes sur ce qui a fait de lui ce qu’il est devenu. Enfance, amis, amours, présence des morts, obsession du Livre et des livres, échos du passé qui ne passe pas dans le présent le plus brûlant, tels sont les thèmes qui traversent ce récit.

Qui n’a rêvé de se retrouver «  dans la tête  » d’un autre – qui plus est écrivain, philosophe ? Entrez dans Nuit blanche  : vous y êtes  !  »

O.N.
18,50 €
Un homme seul
Grasset
Ce récit aurait pu s'intituler "Le Livre de mon Père". Frédéric Beigbeder part à la découverte de Jean-Michel Beigbeder (1938-2023),  dont il fait un vrai personnage de roman, à situer entre Roger Martin du Gard et Ian Fleming  : «  c’était un Français qui s’est cru Américain alors qu’il était Anglais  ».

Il tente de comprendre cet homme  solitaire et secret, fils d'une américaine et d'un béarnais, qui se qualifiait lui-même de "solipsiste". Une enfance dans un pensionnat militaire catholique, l'abbaye-école de Sorèze, puis après les «  kapos à chapelets  » de Sorèze, chez les frères marianistes de la Villa Saint-Jean à Fribourg, l'a endurci à vie. À peine majeur, il a fui son pays natal pour apprendre le management à Harvard Business School. Au début des années  1960, il a importé en France le métier de "chasseur de têtes" (executive search), «  plaçant  » tous les dirigeants du CAC 40 (ou presque), durant cinquante ans. Ou les débauchant («  la guerre économique est la seule dont les déserteurs sont récompensés  »). A moins que cette activité prestigieuse, le conduisant à voyager dans le monde entier et à tisser des réseaux dans toute ce que la France de l’époque comptait de «  décideurs  », n’ait été une parfaite couverture pour des activités d’honorable correspondant de la CIA ?

Ce tombeau d'un père brillant et absent est aussi le portrait d'une génération de jouisseurs. Ces hommes seuls que l'on appelle aujourd'hui les "boomers" ont forgé leur égoïsme pendant la Seconde Guerre mondiale. Le confort fut leur idéologie, le luxe leur utopie, le divorce leur fatalité, l'Amérique leur horizon. Ils n'étaient pas faits pour être des pères de famille. À la fois philosophe pessimiste et playboy de la jet-set, Jean-Michel Beigbeder a épousé le XXème siècle, ses plaisirs, sa mondialisation et ses errements.

Son fils contemple avec sensibilité la disparition d'un homme qui symbolise aussi l'écroulement d'un monde, et profile en creux son autoportrait au miroir de ce père si fraichement disparu, dont il peut enfin faire la connaissance…
20,00 €
Patronyme
Grasset
Attendue sur le plateau de La Grande Librairie pour parler de son livre, Le Consentement, l’autrice est appelée par la police pour venir reconnaître le corps sans vie de son père, qu’elle n’a pas revu depuis dix ans. Dans l’appartement de banlieue parisienne où il vivait, et qui fut jadis celui de ses grands-parents, elle est confrontée à la matérialisation de la folie de cet homme toxique, mythomane et misanthrope, devenu pour elle un étranger. Tandis qu’elle s’interroge, tout en vidant les lieux, sur sa personnalité énigmatique, elle tombe avec effroi sur deux photos de jeunesse de son grand-père paternel, portant les insignes nazis. La version familiale d’un citoyen tchèque enrôlé de force dans l’armée allemande après l’invasion de son pays par le Reich, puis déserteur caché en France par celle qui allait devenir sa femme, et travaillant pour les Américains à la Libération avant de devenir «  réfugié privilégié  » en tant que dissident du régime communiste, serait-elle mensongère  ?

C’est le début d’une traque obsessionnelle pour comprendre qui était ce grand-père dont elle porte le nom d’emprunt, quelle était sa véritable identité, et de quelle manière il a pu, ou non, «  consentir  », voire collaborer activement, à la barbarie. Au fil de recherches qui s’étendront sur deux années, s’appuyant sur les documents familiaux et les archives tchèques, allemandes et françaises, elle part en quête de témoins, qu’elle retrouvera en Moravie, pour recomposer le puzzle d’un itinéraire plausible, auquel il manquera toujours des pièces. Comment en serait-il autrement dans une Tchécoslovaquie qui a changé cinq fois de frontières, de nationalité, de régime, prise en tenaille entre les deux totalitarismes du XXème siècle  ? À travers le parcours accidenté d’un jeune homme pris dans la tourmente de l’Histoire, c’est toute la tragédie du XXème siècle qui ressurgit, au moment où la guerre qui fait rage sur notre continent ravive à la fois la mémoire du passé et la crainte d’un avenir de sauvagerie.

Dans ce texte kaléidoscopique, alternant fiction et analyse, récit de voyage, légendes familiales, versions alternatives et compagnonnage avec Kafka, Gombrowicz, Zweig et Kundera, Vanessa Springora questionne le roman de ses origines, les péripéties de son nom de famille et la mythologie des figures masculines de son enfance, dans une tentative d’élucidation de leurs destins contrariés. Éclairant l’existence de son père, et la sienne, à l’aune de ses découvertes, elle livre une réflexion sur le caractère implacable de la généalogie et la puissance dévastatrice du non-dit.
22,00 €
Mes musées en liberté
Grasset
«  Il n’y a pas que le Louvre dans la vie.  » Voici ce que nous dit Adrien Goetz dans ces Promenades dans les musées de France. Les musées, il les connaît si bien que, dès son enfance, il participait aux ateliers de son collège au musée de Caen. Depuis, il parcourt la France pour les visiter, y organiser des expositions, en rendre compte, mais aussi pour son plaisir.

Il nous le fait partager dans ce livre où il se promène avec nous dans cent vingt musées français dans un récit à la première personne. Non seulement il nous décrit les lieux et les œuvres, mais il nous fait part d’une multitude d’anecdotes aussi savantes que pétillantes.

Du plus petit musée (le musée baron Martin de Grey dans le Doubs) aux plus grands (Lille, Lyon, Rouen),

Du plus ancien (le musée de la BNF, qui vient du cabinet du roi) au plus récent (le Louvre Lens),

De la France métropolitaine à la Réunion (le musée Léon Dierx),

De six pages à six lignes pour chacun, avec une œuvre méconnue qu’il nous recommande,

Bien plus qu’un guide, un compagnon.
23,00 €
Giulietta Shakespeare
Grasset
Benjamin, universitaire, tente de soigner sa mélancolie depuis que Juliet, son amoureuse danoise, l’a quitté sans explication. C’est le moment que choisit Andrea, son vieil ami italien, pour resurgir dans sa vie et lui faire part d’une étonnante découverte  : le journal de Scopritori, un spécialiste de Shakespeare, écrit à Turin pendant les années du fascisme. Fascinés par cette lecture, les deux chercheurs se rendent en Italie où le journal les conduit jusqu’à un livre unique, victime d’un autodafé et miraculeusement sauvé. Qui est donc ce Scopritori expert en littérature anglaise  ? Qu’a-t-il à nous révéler  ? Et qui est cette Giulietta dont les apparitions dans ses rêves troublent Benjamin ?

Il est aujourd’hui communément admis que le «  Barde  » de Stratford-upon-Avon n’avait ni le talent ni les connaissances nécessaires pour devenir le dramaturge génial qui nous bouleverse encore aujourd’hui. Depuis des siècles, de grands auteurs, des amateurs éclairés, des comédiens de renom ont questionné l’identité réelle de William Shakespeare. Parmi eux, l’essayiste italo-canadien Lamberto Tassinari, dont la thèse invitait à chercher le dramaturge du côté de l’Italie. Sous forme romanesque, Patricia Reznikov suit ses traces et nous convie à un périple éblouissant qui entremêle trois récits, à trois époques différentes  : celui de Benjamin et Andrea, nos contemporains, embarqués dans une quête inattendue  ; celui du mystérieux Scopritori, à Turin, dans les années 30  ; celui, enfin, de William Shakespeare et ses doubles dans le monde élisabéthain. Avec eux, nous vivons le quotidien d’un homme de la Renaissance, dans un Londres effervescent, à la fois trivial et raffiné, où la foi, le théâtre, l’amour de l’Italie et la peste se partagent les premiers rôles, parmi ses chevaliers-poètes, les questions de religion et de pouvoir qui hantent la cour, et la naissance de cet extraordinaire théâtre de l’humain dont Shakespeare reste le maître incontesté et le symbole.

Questionnement sur l’amour, hommage aux femmes, amantes ou poétesses, ode à l’Italie, si présente dans l’œuvre shakespearienne, aux vertiges du langage, en un temps où la langue anglaise s’invente littéralement, réflexions sur les souffrances et les bonheurs de l’exil, Giulietta Shakespeare envoûte par ses jeux de miroirs et ses mises en abîmes. Et si l’œuvre de William Shakespeare avait été écrite par deux personnes  ? Un homme et une femme  ?
22,00 €
Le Chant des livres
Grasset
«  Dans ma famille, père chômeur depuis la fin de la guerre et mère brodeuse à domicile, les livres étaient rares…  »

Dans les années 50, Gérard Guégan, lycéen fou de littérature, s’identifie à Rimbaud au point de prétendre se prénommer Arthur. Paulhan le sauvera plus tard d’une identification stérilisante en lui conseillant  : «  N’imitez que ce que vous croyez détester.  »

Militant communiste, journaliste encarté puis désencarté mais toujours engagé, romancier, essayiste, critique, éditeur (Champ Libre, Le Sagittaire), Guégan a écumé plus d’un demi-siècle de vie littéraire française.

Il nous fait revivre par petite touches ce temps où l’on prenait la lecture pour l’argument décisif, où l’on s’aimait, où l’on se brouillait, autour des livres, mais où l’on existait en faisant partager ses découvertes, grâce à quoi les affinités électives décidaient de tout.

À sauts et gambades, ce livre-vitrail fait miroiter les facettes d’une légende littéraire  toute subjective.

L’auteur y raconte sa rencontre avec des écrivains (Giono, Mohrt, Miller, Sollers, Bukowski, Boudard…).

Se côtoient ici des ténors et des «  subjectivistes  », talents souvent moins célébrés mais plus électifs (Béatrix Beck, Bernard Frank, Jean-Pierre Martinet, Armand Robin, Jean-Pierre Enard, Alain Chany, Hervé Prudon et tant d’autres).

En sorte que cet autoportrait constitue une sorte d’arche de Noë dans laquelle Guégan entend sauver les siens.
16,00 €
De vive voix
Grasset
Au fil des années, en parallèle avec essais, journaux ou romans, Marc Lambron a réalisé de nombreux entretiens avec écrivains, acteurs, chanteurs, créateurs de mode, artistes en général. Pour la première fois, il rassemble les transcriptions d’une soixantaine de ces rencontres selon le verbatim alors enregistré puis transcrit par ses soins.

On y trouvera de grands disparus, Jeanne Moreau, Juliette Gréco, Charles Aznavour, Raymond Devos, Françoise Gilot, Johnny Hallyday, Karl Lagerfeld, Jane Birkin, et du côté des écrivains Alberto Moravia, Tom Wolfe ou Martin Amis.

Beaucoup de cinéma : les actrices françaises les plus en vue, de Catherine Deneuve à Isabelle Adjani, d’Isabelle Huppert à Fanny Ardant, y apparaissent, tout autant que des Anglo-Saxons tels Robert Redford, Faye Dunaway, Woody Allen, Charlotte Rampling ou John Malkovich.

La réputation de mutisme d’un Sami Frey ou d’un Hedi Slimane s’y trouve démentie, tandis que Patti Smith, Gérard Garouste ou Philippe Starck, parmi beaucoup d’autres, y revisitent leur carrière.

Au fil de ces entretiens, l’auteur cultive continument une même approche : proposer à ses interlocuteurs, regardés comme des personnages de roman, de se livrer à une sorte d’autobiographie parlée, de la naissance d’une vocation à ses accomplissements majeurs. Pour la plupart conduites en longueur, ces rencontres offrent comme la photographie verbale d’un parcours restitué par le locuteur lui-même. L’ensemble constitue une archive unique mise en perspective, de vive voix, sur le mode de la confidence et de la remémoration.
26,00 €
L'invention de la famille
Grasset
Prémenry est une vaste propriété en bord de Loire où les grands-parents maternels de Sonia David, Lili et Ruben, ont fait le choix de s’installer dans les années 50 alors que rien ne les liait à la région. Le couple y accueillera jusqu’à leur mort leurs cinq enfants et treize petits-enfants.

Si les robinets dans chaque chambre alimentaient ses rêves de petite fille, Sonia David en retient surtout un lieu ouvert aux arts et au débat, lieu mouvant où les meubles allaient et venaient sans attache particulière. Car jamais le passé n’y était célébré, au contraire : Lili et Ruben n’ont eu de cesse d’y transmettre l’esprit critique, le goût de l’altérité, le sens des responsabilités, le devoir de se modeler son propre destin, et de partir. La mère de l’autrice, tout comme ses quatre oncles ont pris la route, et d’autres nationalités. Ses douze cousines et cousins également, éparpillés à travers le monde, qui parfois même ne se connaissent plus les uns les autres. Peut-on encore parler de famille, et à quoi tient-elle précisément ? Et pourquoi cette injonction au départ ? Celle-ci trouve évidemment ses raisons dans l’histoire de Lili et Ruben : elle, issue de la grande bourgeoisie catholique marseillaise, lui, juif russe émigré et ancien déporté.

Dans ce livre bouleversant d’humanité et de sincérité, Sonia David sonde les secrets, déroule un XXe siècle cosmopolite au fil des choix et parcours de chacun, et de chapitre en chapitre, explore cet héritage commun : le devoir de s’inventer.
24,00 €
Les Jeux Olympiques de littérature
Grasset
Le saviez-vous  ? De 1912 à 1948, les Jeux Olympiques comprenaient des épreuves d’art et de littérature. Inspiré par l’Antiquité, Pierre de Coubertin croyait essentiel d’associer écrivains et artistes à sa nouvelle religion du sport.

À l’olympiade parisienne de 1924, on recrute pour les lettres des jurés prestigieux  : les diplomates Jean Giraudoux et Paul Claudel, le pirate décadent Gabriele d’Annunzio, le poète Paul Valéry, la romancière Edith Wharton, les prix Nobel Maurice Maeterlinck et Selma Lagerlöf… Parmi les concurrents, on remarque les jeunes Henry de Montherlant et Robert Graves.

Raconter ce concours et ses médailles, c’est plonger dans l’histoire du sport durant les Années folles, quand il devient un objet politique en démocratie comme en dictature. C’est aussi réfléchir aux liens entre spectacle littéraire et spectacle sportif. Sueur, argent, célébrité, paniers de crabes mais aussi camaraderie  : ce livre s’attache à rendre un corps aux littérateurs. D’anecdotes en exploits, il propose une flânerie sur un terrain méconnu, à une époque où l’écriture passionnait les foules autant que les prouesses athlétiques.
20,00 €
Avant l'âge
Grasset
Comme un écho de *L’inconnue*, le premier livre de l’auteur, salué par une critique unanime, ces cinquante poèmes jalonnent la traversée d’une vie dans ce *ravin du monde* dont parlait Lao-Tseu. Un voyage d’hiver où l’auteur remonte, depuis l’effarement d’une enfance tôt obscurcie, le cours du ruisseau gelé où se reflètent parfois des lueurs, mais qui le plus souvent n’offre au ciel que le mystère opaque d’un monde déserté. La grâce n’est pas absente de ce corps à corps avec un néant qu’elle traverse fugitivement, portée par la langue de ces textes brefs et denses.
15,00 €
Si le soleil s'en souvient
Grasset
Le livre s’ouvre en 1960, à Mascara, petite ville des hauts-plateaux de l’Algérie française, avec l’inauguration d’un cinéma trop luxueux pour ce monde en sursis. Ce cinéma, le Vox, c’est le père du narrateur, Edmond, qui l’a bâti à grands renforts d’enthousiasme, de naïveté et d’illusion. On doit y projeter  «  Moby Dick  », le film de John Huston – mais comment montrer la beauté sous un ciel voluptueux, quand la violence, la haine et la folie des hommes se déchaînent  ? Ce soir de juin, qui devait être joyeux, a lieu un affreux massacre…

À partir de cette scène primitive, tout se tisse dans ces pages d’allers-retours entre hier et aujourd’hui. Le narrateur nous guide dans son adolescence éperdue, dans un enfer ensoleillé, concentré d’aveuglements, d’injustice, de fausses allégresses et d’exil. Le père, magnifique et désespéré. La mère, silencieuse et protectrice. Le grand-père, légendaire légionnaire d’origine hollandaise. Tous prêts au départ vers la métropole. On croise aussi Camus, un certain Omar-Le-Fou, un pêcheur anti-franquiste. Sans oublier les photos du studio Harcourt, le bordel caché, et la guerre, toujours, partout….

Si le soleil s’en souvient  n’est pas  l’évocation du «  paradis perdu  », mais le roman de la jeunesse et de la nostalgie, entre bonheurs défunts, jouissances sensuelles, et découverte de la vie tragique. Jean-Paul Enthoven nous offre l’éducation sentimentale, érotique, littéraire, politique, d’un adolescent qui s’égare et se retrouve en parcourant le chemin qui le sépare de l’âge adulte...
19,00 €
Le Carnaval sauvage
Grasset
Chaque année à Cambaron, petit village du Sud de la France, le carnaval sauvage vient clore les vendanges. Le temps d’une journée, la population s'adonne à un rituel païen et orgiaque où les hommes, masqués et habillés comme des bêtes, chassent les femmes vêtues de blanc, victimes consentantes bientôt traînées dans la lie de vin et les excréments.

Maria n’y a pas assisté depuis qu’elle a intégré l’Ecole Normale Supérieure et enfin pu quitter son «  village d’arriérés  » où la jeunesse croupie et les femmes comme elle, les homosexuelles, sont moquées ou rejetées. Ce jour-là, elle a laissé son père, veuf taciturne et mutique, en se disant qu’elle devait vivre. Et Agnès, son premier amour, pensant qu’elle pourrait l’oublier. Elle n’a pas pu. Elle revient trois ans plus tard, à l’occasion des vendanges, pour, pense-t-elle, la sauver en la tirant de là. Tandis que la fête sauvage se prépare, son retour ravive les tensions et les haines, prêtes à exploser le jour du carnaval…

Construit comme une bombe à retardement, le roman s’ouvre en pleine bataille, au milieu du carnaval dans lequel Maria cherche Agnès. Il revient ensuite en arrière, au jour de son retour, et avance ainsi jusqu’à rejoindre les festivités et se clore dans le bain de sang de leurs dernières heures. Pierre de Cabissole s’y révèle maître du suspens, aussi fin observateur des nobles sentiments que des ressorts de la rage et de la jalousie. Un livre palpitant, contemporain, une héroïne complexe, et la découverte d’un romancier de talent..
20,00 €
Mon oncle d'Australie
Grasset
« Que serait une famille sans secret de famille ? » : voici la question qui hante ce livre.

Dans la famille Garde se murmure à voix très basse l’histoire de l’oncle Marcel, exilé à vingt ans par son père en Australie en 1900. Désireux de rendre justice à cet inconnu, l’auteur commence par inventer le roman d’aventures du banni : son arrivée à Sydney, sa résolution de devenir un autre dans cette Terre promise.

Mais en enquêtant sur cette vie effacée, l’auteur s’avise que le récit familial n’est pas fiable. Si Marcel n’a pas disparu en Australie, il faut remonter de branche en branche dans un arbre généalogique troué de silences et de morts pour retrouver la trace de ce jeune homme au destin tragique.

Comment approche-t-on au plus près la vérité d’un être  ? Par les lacunes de la mémoire transmise, par les archives, par la fiction  ? Les légendes, les omissions ou les dissimulations vieilles de plus d’un siècle se transmettent de génération en génération, en sorte que les fantômes déterminent parfois le destin de leurs descendants…
20,00 €
L'homme aux mille visages
Grasset
« Il se fait appeler Ricardo, Alexandre, Daniel ou Richard. Il est argentin, brésilien ou portugais. Il se prétend chirurgien, ingénieur, photographe ou policier, sans qu’aucune femme ne doute de la réalité de ses activités. Car ce menteur de haut vol parvient à mener en parallèle quatre vies conjugales dans plusieurs pays et sous différentes personnalités imaginaires, toutes plus séduisantes les unes que les autres.

Lorsqu’une de ses compagnes m’a contactée et que j’ai découvert l’histoire de celui que je nommerai Ricardo, elle s’est immédiatement imposée. Les hommes que j’ai aimés étaient souvent malhonnêtes et menteurs. Et dans mon travail, je me suis beaucoup intéressée aux baratineurs, bonimenteurs, vendeurs de bobards de tout acabit.

Ricardo, c’était le niveau supérieur. Il est devenu un nouvel objet à l’intérieur d’une quête personnelle sans fin ni vérité, mais dont le chemin me passionne. Quels invraisemblables stratagèmes utilise-t-il  ? Pourquoi  vivre sur un fil, de légende en légende? Dangereux manipulateur, grand malade, amoureux compulsif  ? J’ai décidé d’enquêter, persuadée que si je n’avais pas croisé sa route, si je ne figurais pas sur la liste de ses victimes, c’était une simple coïncidence. Il m’a fascinée, terrifiée, amusée aussi.

Ce livre raconte un imposteur extraordinaire, à travers les témoignages des femmes qui l’ont aimé, un détective privé qui l’a suivi, les policières qui l’ont attrapé. De Paris à Varsovie en passant par les favelas du Brésil, un incroyable voyage à la recherche d’un caméléon de génie. Elles cherchaient l’homme idéal, il composait l’amoureux de leurs rêves. Au risque de tout perdre, et de se trouver pris à son propre piège  : le nôtre, celui du livre et de la fiction ».

Sonia Kronlund.
19,00 €
Un certain art de vivre
Grasset
Voici l'art de vivre de Dany Laferrière. Sous forme de maximes, de réflexions commentées, de rêveries, cent pages pour devenir soi-même un peu japonais.

«  J’ai voulu savoir comment les choses s’étaient passées dans cette vie où je n’ai pas cessé de bouger, souvent malgré moi. Toutes ces villes où j’ai vécu (Port-au-Prince, Petit-Goâve, Montréal, New-York, Miami, Paris, Tokyo), assez pour les intégrer en moi sans devenir sédentaire pour autant. Je suis passé, à peine étonné, du sud au nord, du rhum au vin, de l’été à l’hiver, jusqu’à devenir un cerisier en fleurs. J’ai franchi clandestinement les frontières de classes, de races ou encore celles qui séparent un pays d’un autre. J’ai accumulé diverses expériences au fil des jours ensoleillés ou pluvieux, mais je n’avais pas encoreévalué ce parcours.

L’été dernier, j’ai découvert sous forme de réflexions fulgurantes, de haïkus langoureux, de descriptions hâtives d’un lieu, d’une situation ou d’un état d’esprit, ce qui s’était passé dans ma vie durant ce dernier demi-siècle. Lecteur horizontal, j’ai choisi de vivre dans ma baignoire ou dans mon lit sans quitter l’espoir qu’une inconnue frappe à ma porte. Je note que la plupart des gens veulent savoir ce que l’écrivain cache alors que je me contente de ce qu’il tente de me faire voir.

Pour rester dans cette simplicité proche de l’enfance, j’ajouterai que je lis une page les yeux ouverts, pour la repasser dans ma tête les yeux fermés. L’eau chaude de la baignoire me permet de fuguer en regrettant de ne pas l’avoir fait à certains moments comme la fois où j'ai manqué de prendre cette petite route de terre qui m’appelle depuis si longtemps, et cela même si j’ignore où elle me mènera. J’ajouterai que c’est quand on n'a rien à faire que le temps devient précieux. Mais pensant que la vie est linéaire, je tente vainement d’en sortir en prenant le bon chemin au mauvais moment. Pour finalement comprendre que ces petites notes, comme des touches de couleur, me dessinent un portrait naïf. Ce mince livre m’aura pris plus de temps qu’aucun autre.  »

D.L
15,00 €
Sensibilités
Grasset
Il était une fois une femme qui avait décidé de faire le BIEN. Et c'est toujours bien de faire le BIEN, n'est-ce pas ? Cette femme travaillait dans une prestigieuse maison d'édition cotée en bourse, Feel Good était son nom. Chez Feel Good, on tenait par-dessus tout à ce que les actionnaires et les lecteurs soient heureux et calmes. Oui, on y mettait un point d'honneur. Mais, après tout, être heureux et calmes n'est-ce pas ce que nous voulons tous ? Cette femme, celle qui voulait faire le BIEN, se disait que les livres devaient être la première étape du chemin qui mènerait au bonheur. Déterminée, méthodique, rigoureuse, elle avait décidé que sa mission serait de nettoyer chaque mot de chaque texte pour que plus jamais personne ne soit heurté dans sa sensibilité. Corriger, à la source, chaque manuscrit dans un esprit Feel Good afin que tout le monde se sente bien, confortable. Se sentir bien, c'est important, n'est-ce pas ? Désormais, la seule et unique question qui la guiderait serait : est-ce que ce texte, cette phrase, ce mot peut être source d'inconfort ? Car l'inconfort n'était pas bon pour les lecteurs, pas bon pour les actionnaires, pas bon pour la vie sociale, il n'était pas Feel Good. Et être Feel Good c’est ce que nous voulons tous, n’est-ce pas? Mais on n’efface pas les maux de la société comme on efface les mots des manuscrits. Dehors, le monde est en colère, chaque jour apporte son nouveau lot de violence, de haine, de racisme… Être Feel Good ? Quitte à se laisser aveugler par le soleil du Bien et retirer des rayons les livres qui dérangent ? Quel en sera le prix  ?

Dialogues hilarants. Situations justes et si souvent vraies, où l’ironie se mêle à la tendresse moqueuse. Une fable sur notre temps.
18,00 €
Rose nuit
Grasset
Ils sont trois et vivent à des milliers de kilomètres. Il y a Nana, jeune éthiopienne discrète et contemplative  ; Jan, trentenaire hollandais embourbé dans sa solitude  ; Ali, bangladeshi arrivé à Paris pour tirer sa famille de la misère. Leurs quotidiens sont radicalement opposés mais une chose les relie, une fleur  : la rose. La première les cueille sous une serre dans la vallée du Rift. Elle épuise son corps tout le jour et découvre la vie par la douleur. Jan les achète ensuite par lots depuis Amsterdam. Assis dans les gradins du marché aux fleurs, il lui suffit d’appuyer un bouton et le tour est joué. Du moins s’il joue bien. Elles seront alors envoyées aux quatre coins de l’Europe, notamment à Paris où les vendeurs à la sauvette les récupèrent, parmi lesquels Ali. La silhouette courbée tendant son bouquet aux terrasses des cafés, c’est lui.

Dans ce roman contemporain et réaliste, écrit à l’os, sans pathétique, on les suit, à tour de rôle, sur plusieurs mois, pour découvrir, derrière le symbole romantique, la réalité de celles et ceux qui les portent. Avec adresse et vérité, Oscar Coop-Phane taille leur portrait pour révéler un monde où la loi du marché et celle du plus fort régulent les existences et abrutissent les corps. Un livre qui vous fera à jamais voir autrement ces roses tendues vers vous dans les rues.
18,00 €
Un été chez Umberto Eco
Grasset
Apostille au livre d’entretiens entre Umberto Eco et Jean-Claude Carrière dont Jean-Philippe de Tonnac avait été l’initiateur obstiné et l’accoucheur inspiré, publié en 2009 sous le titre N’espérez pas vous débarrasser des livres et traduit depuis dans vingt-six langues, Un été chez Umberto Eco nous fait pénétrer dans les coulisses des rencontres, nous livrant à la fois le portrait des protagonistes, la description des lieux, la nature des conversations - bref, tout le « hors champ » de ce que le premier ouvrage ne pouvait révéler, et les perles de conversation qui n’avaient pu y être retenues.

Nous assistons ici à la danse de séduction de l’auteur auprès des deux monstres sacrés pour les convaincre de dialoguer sur les cinq mille ans d’histoire du livre, du papyrus au fichier électronique ; la visite initiatique à Milan où le «  Professore » ouvre au profane sa « salle des coffres », collection de livres rares consacrés aux sciences occultes, fausses, farfelues, et aux langues imaginaires ; les premières journées de travail chez Jean-Claude Carrière à Paris ; et enfin cet été à Monte Cerignone, la maison de vacances d’Umberto Eco, où tout crépite et étincelle, du salon des joutes oratoires à la piscine et des promenades aux repas.

Quel est le plus beau livre du monde ? Pourquoi un livre est-il un incunable avant le 31 décembre 1500, un « simple » livre après ? Le collectionneur passionné est-il davantage guidé par la quête ou par la possession ? En quoi la bêtise est-elle fascinante et quelles en sont les différentes formes ? Pourquoi le livre va survivre à toutes les métamorphoses induites par la technique et en quoi est-il, pour l’éternité, un vecteur de liberté ?

Voici quelques-unes des questions qui parcourent cet ouvrage où deux puits de culture et d’esprit rivalisent de gai savoir, d’érudition joyeuse, de plaisirs des sens et de l’esprit. Un vade mecum délicieux par nos temps d’obscurantisme galopant.
18,50 €
La prophétie de Dali
Grasset
Balla voit son monde s'effondrer lorsque son père abandonne subitement la concession familiale. Jusqu’alors, lui et ses amis jouaient, insouciants, dans la brousse de l’Ouest malien. Souhaitant garantir un avenir à ses enfants, sa mère quitte le village et emmène sa progéniture de Kayes à Bamako et de Bamako à Paris. Arrivé dans une France froide et inhospitalière, Balla ne connaît rien des codes de ce nouveau pays et devient, à six ans, la risée de son école et bientôt de toute sa famille. Squattant chez les uns chez les autres, l’enfant nomade se plonge dans le mutisme et rêve secrètement de revoir son père. Dali, une griotte qui pratique l’art de la divination, prédit un avenir radieux à l'élève parqué dans une classe destinée “aux enfants arriérés". Depuis, le petit garçon est obsédé par l’intelligence et l’acquisition de la connaissance. Mettra-t-il fin au désespoir de sa mère qui l’emmène de force dans ses cours d’alphabétisation pour essayer de le sortir d'affaire ? Parviendra-t-il à se faire une place dans sa fratrie qui ne croit pas en lui ? La prophétie de Dali se révélera bien plus qu’une simple chimère…

Dans une langue aussi imagée qu’enjouée, Balla Fofana nous livre un très beau premier roman, largement inspiré de sa propre histoire. Il y raconte l’exil à hauteur d’enfant, la violence sourde qu’il engendre, mais surtout la force d’une femme, sa mère, à laquelle il rend un magnifique hommage.
19,50 €
Le diable bat sa femme
Grasset
Maximilien Zorn, avocat parisien, est convoqué par Jupiter, son ami d’enfance et son ex beau-frère, devenu président de la République.

A quelques mois de la campagne en vue de sa réélection, Jupiter a reçu de Bébé, un amour d’adolescence, un message menaçant  : elle prétend avoir été violée par lui à l’époque, ce qui pourrait lui valoir une convocation par la Haute Cour de la République et anéantir sa réputation comme sa carrière.

Il ne peut mettre dans la confidence aucun service de l’Etat et compte sur Zorn, qui fut lui aussi l’amant de Bébé dans leurs années étudiantes,   pour résoudre une énigme  : pourquoi Bébé le menace-t-elle de révéler un crime qu’il n’a jamais commis  ?

Bébé est-elle vraiment à l’initiative de cette menace  ? Est-elle l’instrument d’une déstabilisation politique venue de l’Est, puisqu’elle vit désormais avec un oligarque russe  ?

Sursauts, rebondissements et coup de théâtre final  : ce court roman haletant, mené tambour battant, nous plonge à la fois dans les coulisses du pouvoir et les travers d’une époque où tout soupçon vaut preuve.

Avec humour et légèreté, Stéphane Denis nous livre une satire politique acerbe et interroge les valeurs de notre société.
17,00 €
Visiteur
Grasset
«  Ce roman en trois mouvements fait suite aux Amours Diplomatiques, qu’il complète et termine. Les deux livres et les six récits qui les composent n’en constituent, idéalement, qu’un seul. Dans L’Exilé de la costiera, j’ai souhaité mettre un Jacques le fataliste de nos jours face aux deux pôles, positif et négatif, qui dominent une existence volontairement en marge. Terminus Phnom Penh  ? a été  conçu bien avant la pandémie, que les hallucinations du protagoniste semblent, hélas, annoncer. Suleika et le Gouverneur est avant tout un exercice de style en hommage aux classiques français et européens de la nouvelle  : car, en littérature, j’admire surtout ce qui est ramassé. Le congé «  gothique  » représente une modeste tentative de payer ma dette.

Ces pages sont volontiers fragmentaires, pointillistes, en pizzicato, comme la vie l’est à mes yeux. La nature des personnages qu’elles évoquent m’intéresse moins que le mouvement qui les porte. Certaines touches y sont fortement relevées, d’autres allusives ou effacées. S’il existe entre elles une unité secrète, une affinité intime, il appartient désormais au lecteur de les découvrir.  »

MS
22,00 €
Mensonges au paradis
Grasset
« De l’âge de 6 ans à celui de 20 ans, j’ai passé toutes mes vacances dans un Home d’enfants situé dans une vallée paradisiaque, en Suisse. Une vie à la dure, des heures de marche dans la montagne, des punitions, des frites : tout me plaisait. Le chalet était tenu par Karl et Anne-Marie Ammann, avec leurs enfants Patou et Vava. Ils ont été ma famille d’adoption alors que mes parents étaient absents. Trente ans après, je suis retournée dans la vallée. Je l’ai retrouvée intacte. J’ai commencé à écrire un livre, je souhaitais qu’il soit tendre et pur comme ce passé. Et voilà que commençant ce livre, j’ai appris qu’il y avait eu mensonge au paradis.  Patou était en prison pour escroquerie, il avait passé sa vie à mentir et à voler. Sa sœur Vava, mon amie d’enfance, souffre de délires paranoïaques. Elle est schizophrène, ne sort plus de chez elle, passe ses journées sur les réseaux sociaux. Sidérée, j’ai enquêté de manière obsessionnelle. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi ont-ils renoncé à la réalité pour vivre au pays du mensonge ? Mais répondre à ces questions n’était pas suffisant. Pour écrire enfin la vérité, avoir la force de l’accepter, il fallait que je me regarde en face. Pourquoi, alors que j’avais été si heureuse dans cette vallée, n’y étais-je jamais retournée ? Il a fallu que je termine une première fois ce livre pour admettre mon aveuglement. Moi aussi je mentais. En enquêtant sur le passé des autres, j’ai pu ouvrir les yeux sur le mien. Je devais tout réécrire, en acceptant la face triste de ma propre enfance, la face violente de ma vie d’adulte. Est-ce que mes livres précédents n’étaient pas des fictions alors que j’avais l’ambition d’écrire la vérité ? S’il faut « un cœur d’airain » pour accepter la réalité, j’étais enfin prête à le faire. »

Colombe Schneck
18,50 €
Picasso tout contre Cocteau
Grasset
Mon premier est espagnol : trapu comme un taureau, peintre précoce et surdoué, il arrive à Paris en 1900. Il y travaille d'arrache-pied, invente des formes nouvelles, s’en lasse vite aussi. Charismatique, il s'entoure de rapins fascinés et de poètes qui chantent ses louanges et font de lui le prophète du mouvement moderne. Il n’a en apparence besoin de personne et impressionne tout le monde. Mon second est français : silhouette d'elfe et talents multiples, il écrit, dessine, coud des costumes et fabrique des décors dès l'enfance. Lui évolue plus lentement et fréquente les salons pour trouver les modèles qui l'aident à s’inventer par imitation. Survient la guerre de 14. Le caméléon de 26 ans comprend que plus rien ne sera comme avant et fait tout pour approcher l'Espagnol de dix ans son aîné. Ainsi Cocteau rencontra Picasso. Ce livre est l'histoire de leur longue amitié.

De leur premier rendez-vous en 1915 à la publication de Picasso de 1916 à 1961, l'un des tous derniers livres de l'écrivain, de leur première dispute qui leur servira de schéma directeur (Picasso blesse un Cocteau incapable de ne pas lui pardonner) à la mort de ce dernier en 1963, et de Paris à Vallauris en passant par Rome et la villa Santo-Sospir, Claude Arnaud survole cinquante ans de leurs vies en éclairant les liens intimes qui les unirent. Deux créateurs peuvent-ils œuvrer ensemble en s'aimant ? Comment un être aussi laconique et cruel que Picasso aurait-il gardé près de lui Cocteau s'il n'avait été ébloui par son intelligence ? En 10 chapitres serrés, menés tambour battant, Claude Arnaud répond avec virtuosité, intelligence et affection, et montre comment l’un l’autre se sont soutenus, nourris, aimés et détestés, avec sincérité.

Prix André Malraux 2023 de l'essai d'art et prix Khöra de l'Institut
20,90 €
Madjik ou l'incertitude
Grasset
Livreurs à vélo, Diesel, Madjik et Lo sillonnent la ville à un rythme effréné, prêts à tout risquer pour quelques points sur l’appli, quelques courses supplémentaires, quelques euros gagnés. L’un a failli devenir cycliste professionnel, l’autre est un étudiant en rupture de ban, le troisième a le flow dans le sang… Trois surnoms, trois copains qui tentent de conjurer leur précarité en jouant chaque jour un peu plus avec la vitesse, tandis que se tisse entre eux une amitié improbable et profonde.

Leurs courses inlassables dessinent un étrange ballet urbain où d’autres personnages évoluent selon leur propre urgence. Kristell, quadragénaire empêtrée entre ses sentiments amoureux et l’ombre pesante de son père, descend d’avion et passe commande sur l’appli avant de sauter dans un taxi pour rejoindre la ville. A l’aéroport, son chemin croise celui d’un autre éclopé, Bassem, homme de ménage écrasé par la désolation laissée au pays. Lui attrape le RER où un individu inquiétant le ramène aux souvenirs qui le hantent.

Tous tournent, tournent et tournent à travers la ville. Si différents soient-ils, tous sont fragiles, partagent une profonde incertitude sur eux-mêmes et sur le monde comme il va. Tous étouffent et aspirent à se libérer. La mécanique de la cité toujours plus folle va-t-elle les rapprocher ou les broyer  ?

Une ronde urbaine pleine d’humanité qui nous entraîne dans un vertige étourdissant.
18,00 €
Ce que faisait ma grand-mère à moitié nue sur le bureau du Général
Grasset
Le roman de Christophe Donner commence en 2020, quand il fait la connaissance d’un oligarque russe, Otto Zorn, magnat du numérique et grand collectionneur d’art conceptuel qui lui achète l’ensemble des fichiers vidéo du roman qu’il est en train d’écrire. Ces milliers d’heures d’enregistrement, capturées par un des logiciels de son ordinateur, contiennent ainsi l’intégralité du processus de création de l’écrivain. L’oligarque et l’écrivain viennent de créer le plus gros NFT (Non-funginble token) littéraire de la jeune histoire du métavers.

Ce livre n’est autre qu’une suite de La France goy pendant l’entre-deux guerres, avec une spirale qui tourne autour de trois axes  : l’axe familial (le Dr Henri Gosset, arrière-grand-père de l’auteur), l’axe Léon Daudet et son fils Philippe (dont Henri Gosset fut le médecin), l’axe Pétain/De Gaulle.

Trois histoires oedipiennes où des fils tuent des pères…

Christophe Donner nous explique ici pourquoi Léon Daudet, le fondateur de L’Action Française, leader charismatique de l’extrême droite, royaliste, antisémite, antidreyfusard incorrigible, élu député de Paris, n’est jamais devenu le Mussolini, le Franco, le Hitler qu’il ambitionnait de devenir. Il raconte comment c’est le fils de Léon Daudet, Philippe, alors âgé de 14 ans, qui va briser cette ambition. Au terme d’une fugue des plus insensée, l’adolescent décide d’aller assassiner son père Léon Daudet en criant Vive l’anarchie  ! Armé d’un revolver, il renonce en chemin et se tire une balle dans la tête. Mais par ce geste sidérant, sacrificiel, Philippe aurait sauvé les Français d’un fascisme européen qui, au milieu des années 20, n’aurait rien eu à envier à celui de ses voisins.

Ce livre virtuose frappe à la porte d’une histoire de France qui n’avait jamais été racontée de cette façon. Quant à savoir ce que faisait la grand-mère maternelle, à demi-nue, sur le bureau du Général, c’est le suspens par lequel l’auteur finit de tisser son intrigue, et maintient son mécène, et ses lecteurs, en haleine.
22,00 €
Morituri
Grasset
« La promenade des planches où il faisait bon déambuler était sous l’eau. Çà et là flottaient comme des débris les bouées d’enfants ou les vêtements de baigneurs surpris qui n’avaient pas eu le temps de se rhabiller, ainsi que quelques flacons de shampoing en matière plastique. »

Une étrange marée envahit les côtes de Trouville. Les touristes ont déserté les plages. L’eau commence à fissurer les murs et s’immisce dans les caves des villas à colombages et aux murs crème. L’orage gronde. La statue de Flaubert flotte déjà sur l’esplanade du casino. A l’horizon, une vague. Va-t-elle tout emporter ?

Face au déluge, Allison, Victor et Martin, la vingtaine, en vacances chez les grands-parents de ce dernier, ne renoncent pas à leurs envies. Les pieds dans l’eau, vêtements trempés, ils dévorent leur plateau de fruits de mer. Mais l’un d’eux est englouti par le flot. Qui sera le prochain ?

Dans ce récit catastrophiste et fantasque, l’auteur magnifique de *La Bataille* nous livre une fable climatique autour du dérèglement météorologique. Montée des eaux prémonitoire ou cauchemar passager ?
19,00 €
Lignes de vie
Grasset
"Rien ne justifie, ni n’éclaire d’un jour cohérent l’assemblage de méditations, de portraits, d’appels de fiction, d’euphorismes, de citations, de rêves, d’observations, d’esquisses, de digressions, qui se suivent ici   au gré de mon bon plaisir, de mes lectures et de mon commerce amusé  avec certains de mes contemporains.  »

JPE

Ces quelques lignes, qui ouvrent l'avant-propos de ce livre, disent très précisément ce qu'il est : une mosaïque, un "crachoir" (comme on disait au temps de Diderot) ou un "drageoir" (c'est le mot qu'emploie Huysmans) C'est dire qu'on y rencontre tout un labyrinthe de pensées dont les fils d'Ariane tissent quatre thèmes: l'amour, les femmes, la littérature, les sentiments... On y trouvera également quelques développements plus continus consacrés à Louis Aragon, à François Truffaut, au Prince de Ligne, à Giacomo Casanova - dont l'auteur a, depuis longtemps, fait ses héros les plus intimes.
20,90 €
Il n'y a pas de Ajar
Grasset
L’étau des obsessions identitaires, des tribalismes d’exclusion et des compétitions victimaires se resserre autour de nous. Il est vissé chaque jour par tous ceux qui défendent l’idée d’un «  purement soi  », et d’une affiliation «  authentique  » à la nation, l’ethnie ou la religion. Nous étouffons et pourtant, depuis des années, un homme détient, d’après l’auteure, une clé d’émancipation  : Emile Ajar.

Cet homme n’existe pas… Il est une entourloupe littéraire, le nom que Romain Gary utilisait pour démontrer qu’on n’est pas que ce que l’on dit qu’on est, qu’il existe toujours une possibilité de se réinventer par la force de la fiction et la possibilité qu’offre le texte de se glisser dans la peau d’un autre. J’ai imaginé à partir de lui un monologue contre l’identité, un seul-en-scène qui s’en prend violemment à toutes les obsessions identitaires du moment.

Dans le texte, un homme (joué sur scène par une femme…) affirme qu’il est Abraham Ajar, le fils d’Emile, rejeton d’une entourloupe littéraire. Il demande ainsi au lecteur/spectateur qui lui rend visite dans une cave, le célèbre «  trou juif  » de La Vie devant soi  : Es-tu l’enfant de ta lignée ou celui des livres que tu as lus ?  Es-tu sûr de l’identité que tu prétends incarner  ?

En s’adressant directement à un mystérieux interlocuteur, Abraham Ajar revisite l’univers de Romain Gary, mais aussi celui de la kabbale, de la Bible, de l’humour juif… ou encore les débats politiques d’aujourd’hui (nationalisme, transidentité, antisionisme, obsession du genre ou politique des identités, appropriation culturelle…).

Le texte de la pièce est précédé d'une préface Delphine Horvilleur sur Romain Gary et son œuvre. Dans chacun des livres de Gary se cachent des «  dibbouks  », des fantômes qui semblent s’échapper de vieux contes yiddish, ceux d’une mère dont les rêves l’ont construit, ceux d’un père dont il invente l’identité, les revenants d’une Europe détruite et des cendres de la Shoah, ou l’injonction d’être un «  mentsch  », un homme à la hauteur de l’Histoire.

«  J’avais 6 ans lorsque Gary s’est suicidé, l’âge où j’apprenais à lire et à écrire. Il m’a souvent semblé, dans ma vie de lectrice puis d’écrivaine que Gary était un de mes «  dibbouks  » personnels… Et que je ne cessais de redécouvrir ce qu’il a su magistralement démontrer  : l’écriture est une stratégie de survie. Seule la fiction de soi, la réinvention permanente de notre identité est capable de nous sauver. L’identité figée, celle de ceux qui ont fini de dire qui ils sont, est la mort de notre humanité.  »
14,00 €
Paris
Grasset
« La province fournit Paris en combustibles : je décidai donc de m’y brûler, et pas simplement les ailes. Je n’avais pas d’ailes de toute façon. Je n’avais rien, à part cent francs en poche et la chance, grâce à un gardien de nuit complaisant, de pouvoir dormir dans les travées de la bibliothèque du centre Beaubourg, parmi les livres. Du coup j’ai lu. A l’aube, je quittais les lieux, allant traîner mes drôles de guêtres dans les rues. Je n’avais aucune connaissance, pas vraiment d’amis, zéro petite amie. Je n’avais que moi, la solitude qui pesait sur moi, et ce ciel grand cendre au-dessus de ma tête. Je me nourrissais de grec-frites. J’ai fini par rencontrer des gens. Roger Knobelspiess, ex-lieutenant de Mesrine, m’a prêté un minuscule gourbi. J’ai vécu dans un squat. J’allais bien, je ne me plaignais jamais : j’étais heureux car je savais que vingt-cinq ans était un âge inventé pour cette misère marrante, cette mélancolie spéciale, cette errance pathétique. Je me regardais en train d’être ce que je voulais devenir, ou plutôt, je m’observais en train de devenir ce que je voulais être. Paris, c’était l’édition : j’allais donc tout donner pour faire mon trou, me faire un nom, devenir célèbre – ou finir dans le caniveau, sous la pluie battante, m’enrhumer, et mourir. J’ai surjoué tout ça, avec un zest de romantisme béat, assez content de ma condition, fier de n’être rien et de vouloir beaucoup. J’ai tapé à des portes. Des gens ont été méchants. J’ai insisté. D’autres ont été gentils.

Paris est une galerie de leurs portraits, mâtinée d’épisodes de galériens. J’ai beaucoup arpenté, beaucoup marché, beaucoup espéré, énormément souffert mais je dois dire que jamais je ne me suis ennuyé. Des instants de tragédie ? Il y en eut ; des scènes de comédie : plus encore. Vous allez me suivre ici en train de réussir et de rater, en train de séduire et d’échouer, en train de m’introduire dans cocktails et de m’y faire éjecter, en train de gagner un peu d’argent et d’en perdre beaucoup, en train de me faire quelques amis et de me fâcher avec eux, en train de rire souvent et de pleurer parfois. En train, surtout, d’oublier en moi le provincial, ce qui est toujours une erreur et mène droit au ridicule. Un Rastignac de plus parmi les pots d’échappements. Des débuts dans la vie ? Non : un commencement dans la carrière. Sauf que je n’ai jamais fait carrière dans quoi que ce soit. Voilà en tout cas, chers amis, comment tout a commencé. »

Y.M
20,50 €
Opéra des oiseaux
Grasset
À New York, Laïal tente de se détacher des siens. Au Portugal, Perla apprend à mourir, et sa fille Wanda à devenir mère. À Venise, le Cardinal Luigi de Condotti parle aux abeilles. Le jeune Kola, en Afrique, découvre ce qu’il en est de l’amour qui unit Mado, sa mère, à Youli. Dans l’hôpital de Sakhalin en Russie où un Indien se prend pour le patron de la CIA, Jozef ne fera peut-être jamais le deuil de sa femme… Voici quelques-unes des voix qui peuplent ce roman hors du commun : elles communiquent furtivement par élans charnels, émotionnels ou spirituels. Est-ce par hasard que toutes partagent la lecture des livres de Yazuki, cet écrivain japonais qui cherche son point final et dont tout le monde quête l’opus mythique, Opéra des oiseaux ?

Ainsi se déploie le grand roman de Laurence Nobécourt, tel une partition, de pays en cultures différentes, de langages en paysages inattendus, parfois ressemblants. Les destins s’entrelacent, à l’insu souvent des protagonistes : chacun poursuivant l’équilibre de sa vie, et déséquilibrant peut-être celle d’une autre. Chaque personnage est comme un passage vers un monde, une famille, une psyché ou un trouble. Parfois c’est un enfant, parfois une femme très âgée, parfois un homme dont la voix semble changer, traverser le temps et l’amour.

Entrer dans ce livre magnifique, en 365 jours vastes comme le monde et le temps, c’est accepter de ne plus maîtriser tout à fait le cours des choses, et de s’abandonner à l’énergie déconcertante de la littérature.
24,00 €
Un chien à ma table
Grasset
Prix Femina 2022.

Un soir, une jeune chienne, traînant une sale histoire avec sa chaîne brisée, surgit à la porte d’un vieux couple  : Sophie, romancière, qui aime la nature et les marches en forêt et son compagnon Grieg, déjà sorti du monde, dormant le jour et lisant la nuit, survivant grâce à la littérature.

D’où vient cette bête blessée  ? Qu’a-t-elle vécu  ? Est-on à sa poursuite  ?

Son irruption va transformer la vieillesse du monde, celle d’un couple, celle d’une femme, en ode à la vie, nous montrant qu’un autre chemin est possible.

Un chien à ma table relie le féminin révolté et la nature saccagée  : si notre époque inquiétante semble menacer notre avenir et celui des livres, les poètes des temps de détresse sauvent ce qu’il nous reste d’humanité.
20,90 €
Débarquer
Grasset
Andrew, vétéran américain du 6 juin 1944, trouve la force de revenir en Normandie à la fin de ses jours pour revoir la terre qui l’a si profondément marqué. Une guide des plages du débarquement doit l’accueillir, Magali, âgée d’une trentaine d’années.

Dans sa profession, accompagner un vétéran d’Omaha Beach, c’est le Saint-Graal. Mais ce matin, lorsqu’on lui annonce l’arrivée d’Andrew, Magali se sent dépassée. Il y a neuf mois, son mari a disparu et depuis l’enquête piétine, personne ne sait s’il est mort ou vivant. Seule avec ses deux enfants, elle est morte d’inquiétude. La visite de ce vieil Américain, alors qu’elle musèle sa douleur avec des médicaments depuis des semaines, c’est trop.

Les vétérans se déplacent toujours en famille, souvent accompagnés d’une association, toujours accueillis comme des demi-dieux, presque des stars du rock. Pourtant à la gare de Bayeux, Andrew est seul. Magali n’en revient pas. Ce vieillard qui peine à marcher a fait le voyage depuis le Connecticut sans l’aide de personne. Qui est-il  ? Que cache cette détermination solitaire  ?

Construit comme un singulier jeu de miroir, sur une journée associant rythme implacable et temps suspendu de la vie intérieure, Débarquer est un roman de désapprentissage. Magali et Andrew ont déjà parcouru un rude chemin de vie, et les voilà confrontés à un passé qui ne passe pas. Comme les échos d’une guerre destructrice marquent à jamais les territoires et les êtres, Hugo Boris livre un roman fort et magnétique, une traversée vers l’aube qui ne se laisse pas oublier.
19,00 €
Romance
Grasset
Après la naissance de son fils Simon, Jeanne comprend peu à peu que son mari s’éloigne, ne l’aime plus tout à fait. Ils décident ensemble d’une vie amicale. La géographie de ce pacte est à la lisière de la comédie  : un seul palier, deux appartements, une vie amoureuse libre, faste pour Pierre, que la narratrice surveille et jalouse. Une façon d’être ensemble, longtemps, jusqu’à ce que Simon grandisse. Comme il s’apprête à quitter la maison, la narratrice voit son monde chamboulé.

Jeanne parvient à s’arracher à cette promiscuité toxique en louant un appartement meublé dans une vieille bâtisse au charme mystérieux, située dans un quartier étrangement familier, où l’accueille une petite fille, Romance.

C’est là que vont lui revenir les souvenirs de sa propre enfance cassée  : la mort brusque, soudaine et insupportable de son père, la terrible maladie qui la cloue à l’hôpital à l’âge de 10 ans avec une armée d’enfants menacés mais surtout la passion dévorante et chimérique qu’elle projette sur le médecin qui la soigne. La voici incarcérée durant plus de sept ans dans un amour obsessionnel et inavouable pour un homme quatre fois plus âgé qu’elle, le poids du secret alourdissant son corps de toutes les larmes qu’elle ne verse pas…

A l’âge où les sentiments se mêlent, dans la pureté et parfois la confusion, Romance se blesse, aime, découvre. Où donc sont passés Pierre et leur fils  ? Et cette maison ancienne, faut-il vraiment y vivre, ou simplement la traverser  ? Entre Marcel Aymé et Henry James, Anne Goscinny, dont les mots parfois crépitent, nous font rire, hésiter, ou pleurer, nous livre ici son roman le plus accompli.
17,50 €
Petite nécropole littéraire
Grasset
Une centaine de chroniques instructives et surprenantes, écrites dans la langue savoureuse qu'on connaît à l'auteur, constituent un volume où le plaisir de lecture est constant. Il s'agit de chroniques parues de 2010 à 2021, dans Lire, devenue Lire-Magazine littéraire. Chacune d'entre elles évoque un ouvrage de la collection de l'auteur, choisi pour l'étrangeté de son sujet et souvent la biographie singulière de son auteur, les deux allant volontiers ensemble. Un livre très oberléen, comme on peut s'y attendre, d'une bibliophilie souriante, d'une érudition à la fois précise et bon enfant. Les ouvrages recensés sont des curiosités au sens large, sans être des curiosa, sauf exceptions. Ainsi, au fil des chroniques, de thème en thème, on passe de la recension d'un essai paru en 1800 sur Les combustions humaines  produites par un long abus des liqueurs spiritueuses, phénomène sur lequel sont revenus en leur temps Dickens et Zola, à un roman de Ducos du Hauron, Les noces de Poutamouphis, publié par  Poulet-Malassis en 1861 et racontant le mariage à Paris d'une momie égyptienne. Ailleurs, il est question d'orbilianisme, c'est à dire de la "médecine spirituelle" administrée jadis chez les jésuites par des fouetteurs spécialisés. L'ouvrage, anonyme, est de 1763 à Genève. Ailleurs encore, on croise un précurseur de Goethe, auteur des Aventures du docteur Faust et sa descente aux Enfers, Frédéric Maximilien von Klinger, qui fut aussi le dramaturge de Sturm und Drang …qui donna son titre au mouvement romantique allemand.
24,00 €
L'idée de l'amour
Grasset
Journaliste hippique et écrivain raté, Philippe Waxman signe des livres de commande sous le pseudonyme de Ribot, pur-sang légendaire des années 50,  invaincu en course. Son éditeur lui confie une mission délicate  :  obtenir un texte de François Rongières, sommité littéraire et amateur de chevaux, auquel  Waxman a voué un culte dans sa jeunesse. Rongières a débuté dans la mouvance du Nouveau roman avant de remporter le prix Goncourt et de manquer le Nobel. Figure d’un autre temps, misanthrope et taiseux, il vit désormais retiré à la campagne, protégé par sa jeune épouse, Elisabeth.

Défi relevé par le journaliste, auquel ce retour dans le passé n’est pas pour déplaire. Encore moins lorsqu’il découvre que la femme de Rongières n’est autre que son amour de jeunesse, Elisabeth Vuibert, rencontrée sur les bancs de la Sorbonne. Mais la propriété des Rongières abrite aussi Tiffany, jeune lady solitaire et sauvage, éprise de chevaux, et singulièrement de sa jument Litote...

Les victoires du pur-sang Ribot sont l'opposé des défaites de Waxman, jamais en prise sur la réalité, spectateur de l'existence des autres. Réussira-t-il, enfin, à entrer dans le coeur de la vie ? Ou bien devra-t-il se contenter, toujours, de l'idée de l'amour ? “L'idée du chemin finit par remplacer le chemin. Et l'idée de l'amour remplace l'amour”.

Avec délicatesse et mordant, Mark Greene livre ici un grand roman sur l'amertume (celle de Waxman mais aussi celle de Rongières, ressassant son échec au Nobel) et la nécessité d'agir, de prendre les devants, avant qu'il ne soit trop tard.
19,00 €
Chef
Grasset
Les Promesses, trois étoiles au Guide et une clientèle venue de Singapour, Dubaï ou San Francisco. Un succès retentissant confirmé par le sacre du patron, Paul Renoir, 62 ans, tout juste élu « meilleur chef du monde » par ses pairs. Jusqu’à ce lundi matin, où l’on découvre son corps et le fusil de chasse avec lequel il a mis fin à ses jours. Stupeur. Le monde de la gastronomie est en deuil. Pourquoi ce cuisinier exceptionnel a-t-il choisi d’en finir ?

Juste avant sa mort, une équipe de Netflix était venue tourner un portrait de Renoir. Souvenirs de famille, origine de sa vocation, étapes de son ascension : son récit cache peut-être le secret de son suicide. A moins qu’il ne faille le chercher dans la bataille qui fait rage autour de son héritage. Entre sa veuve, Natalia, le sous-chef Christophe, son fils Mathias et Albinoni, le concurrent sans scrupule, les tensions s’exacerbent. Confrontés au décès soudain de l’ogre, prétendants au trône, conspirations et joute des egos vont se révéler.

*Chef*, c’est aussi l’histoire de la cuisine française depuis la Seconde Guerre mondiale. Paul a tout appris de sa grand-mère, une amie d’Eugénie Brazier, l’emblématique « mère lyonnaise ». Les femmes ont inventé la gastronomie, avant que les hommes ne se l’approprient et ne la rendent célèbre. Aux côtés des Bocuse, Loiseau ou Ducasse, Paul Renoir accompagne la naissance de la Nouvelle Cuisine dans les années 1970, prémisses à la starisation actuelle des chefs.

Premier grand roman consacré à la cuisine française, *Chef* peint l’exigence d’un monde macho, violent, où la drogue, l’alcool et le sexe sont souvent les seuls moyens de tenir. En contrepoint, il donne à voir la complicité des brigades et la conscience d’exercer un métier d’artisan et de passion. Un livre de chair et de sang et le portrait d’hommes simples, acharnés à réinventer la magie, la beauté, l’excellence.
22,00 €
Tournevis
Grasset
D’un côté, un jeune homme, seul, raconte sa vie et son ultime tentative pour s’en tirer. Enfant placé de foyer en foyer, désormais orphelin, majeur et libre, il veut partir. Avec ses maigres économies, il s’inscrit dans une auto-école pour passer son permis et trouve une voiture abandonnée où vivre provisoirement.

De l’autre côté, trois individus, une femme, deux hommes, attendent dans une maison du Sud de la France. Ils ne se connaissent pas, travaillent pour une organisation, sont chargés de trouver un homme pour l’accueillir, prendre soin de lui, et enfin le livrer. Mais à qui et pourquoi  ?

Les deux récits se déroulent en alternance. D’un paragraphe à l’autre, on suit le jeune homme (qui parle à la première personne) et les trois inconnus (observés par un narrateur omniscient). Fatalement, comme dans une tragédie grecque, leurs destins finissent par se croiser et les deux narrations par se réunir pour signer la fin du roman, brutale et sèche, comme un coup de tournevis dans la tête.
16,00 €
Meta Carpenter
Grasset
Meta Carpenter est  *camgirl*. Assouvir les fantasmes d’hommes cachés derrière leurs écrans, c’est sa façon d’exister. Et si le plus souvent ses clients la dégoutent, c’est autant par la médiocrité de leurs requêtes sexuelles que pour leur misogynie idiote. Heureusement, les mercredis, elle officie avec Hafsia Dinur. Les deux jeunes femmes filment leurs ébats amoureux avec l’aide d’un drone domestique. A l’heure de la pornographie planétaire, leurs vidéos deviennent culte jusqu’au cauchemar.

Un seul homme trouve grâce aux yeux de Meta. Sous le pseudonyme de Corsaire-Satan, il observe la jeune fille et échange avec elle images et récits enragés sur la violence faite aux femmes. Une étrange relation amoureuse se noue, à laquelle se joint bientôt Hafsia. Tous trois ont en commun de savoir que le monde n’a jamais voulu d’eux, comme il n’a jamais voulu des femmes libres. Leurs conversations engagent Corsaire-Satan à dépeindre son enfance  : il évoque ses deux mères, la biologique, fantôme obsédant, et l’adoptive, femme-bouclier avec laquelle il a partagé joies et complicité. Mais il se souvient aussi de son père d’accueil, haineux envers l’enfant parce qu’il n’avait pas la bonne couleur de peau, et d’un voisinage empreint de violence sociale et de racisme ordinaire…

A travers le portrait de ses mères, Corsaire-Satan se fait porteur d’un chant sacré d’amour aux femmes. Sa confession d’un lyrisme à l’os ravive le feu d’une lutte intérieure qu’il partage avec Meta et Hafsia, et tous trois vont alors prendre la route à la recherche d’une possible délivrance. Et avant que n’éclose un nouveau monde, c’est une enfant qui va naître. L’hommage aux mortes va se faire hymne à la vie.

Dans une langue ciselée, nerveuse et foisonnante, John Jefferson Selve explore avec ce trio magnifique une utopie amoureuse parfaite, il sonde aussi notre époque, et l’urgence à ne plus vivre sous le regard technique de l’autre. Seule solution pour s’extraire de l’aveuglement et voir à nouveau.

"J'aime ce livre radical, incandescent, d'un lyrisme inouï" Yannick Haenel.
17,50 €
Tous les mots qu'on ne s'est pas dits
Grasset
Octobre 2005, aux premiers jours des émeutes en banlieue. Pour les soixante-dix ans de Fatima, ses enfants lui offrent un tour en péniche. En point de mire, la Tour Eiffel. La matriarche ne l’a jamais vue et pourtant, elle en rêve depuis toujours. Si loin, si proche… Comme la France qu’elle a découverte à la fin de la guerre d’Algérie et qu’elle a appris à aimer. Le programme de la journée semblait millimétré mais rien ne va se passer comme prévu…

Fatima et son mari Mohand ont quitté l’Algérie en 1962, leurs dix enfants sont devenus français. En embarquant vers Marseille chargé de leur seul espoir, le jeune couple partait vers l’inconnu.  Certains de leurs rêves ont viré à la désillusion, d’autres ont dépassé leurs plus folles espérances.

Voici la grande saga familiale de l’immigration algérienne : la participation des tirailleurs à la Première Guerre mondiale, la guerre d’indépendance, le massacre du 17 octobre 1961, le mythe du retour au pays, l’élection de François Mitterrand, la montée du Front National… Il y est aussi question du bandeau de Brigitte Bardot, de la fierté ouvrière, de la mort de Jean Gabin, ou encore de la destruction des tours HLM des Minguettes…

Entre réalité et fiction, Mabrouck Rachedi nous livre une fresque sociale, politique, mais également très personnelle. Il dresse le portrait d’une famille aux visages multiples, dont les failles et les blessures n’ont empêché ni les rêves ni les accomplissements.
18,50 €
Blanc résine
Grasset
Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs

Elle s’appelle Daã. Née dans un couvent niché au cœur de la forêt boréale et construit par des femmes, elle grandit libre, loin du monde des hommes, parmi vingt-quatre religieuses. Elles règnent sur Cusoke, pays de roches et de glace où les codes sociaux sont réinventés. Enfant sauvage, Daã parle la langue d’Ina Maka, la Terre-Mère, dont elle apprend les cycles, les ordres et les lois.

Lui se prénomme Laure. Enfant albinos rejeté par les autres, fils d’ouvrier de la mine Khole Co, il voudrait se fondre parmi les visages noirs des mineurs. Mais après la mort de sa mère, son père lui rêve un destin meilleur que le sien, loin des galeries et de la misère assassine. Envoyé à la ville, il deviendra médecin malgré lui.

Tout oppose cette femme-forêt et ce garçon-translucide, deux marginaux qui aspirent, l’un à se faire accepter, l’autre à s’émanciper. Mais un jour leurs destins se croisent et l’amour les lie. Blanc Résine raconte leur histoire. Avec Laure, Daã ira vivre en ville, fera trois enfants. Mais jamais elle n'acceptera de se plier aux lois des hommes. Et cela a un prix.

Tout à la fois conte réaliste, drame romantique et fable féministe, Blanc Résine nous transporte dans un univers rude et troublant, au cœur de la nature, pour fouiller nos plus extrêmes sentiments  : l’amour, le désir, la colère. Audrée Wilhelmy y déploie son lyrisme sauvage et son imaginaire avec une maturité et une maîtrise rares. Elle signe ainsi un livre inclassable, spectaculaire.
22,00 €
Et même l'enfer c'est pas grand-chose
Grasset
La sonnerie du collège retentit. Lucie, 13 ans, arrache d’un coup de dents un bout de l’oreille d’Enzo, un camarade de classe qui a posté sur Facebook un répugnant montage d’elle. Le sang coule. Et la sentence tombe  : elle est exclue de l’école. Ça ne suffit pas pour le père d’Enzo qui se présente au HLM de Lucie et de sa mère célibataire Juliette. Il leur réclame 1 000 euros, sinon il portera plainte pour agression.

Lucie veut régler sa dette. Le temps d’un été fiévreux, elle erre dans sa banlieue et cherche les moyens d’y parvenir. Autour d’elle, personne ne semble pouvoir l’aider : ni sa mère qui ne rêve que de chanteurs de variété et de jeux télévisés, ni son frère parti faire ses études à Paris, ni son petit copain Jordy qui ne pense qu’au sexe. Et encore moins Esther, la SDF fumeuse de crack, ou Dzaz, l’inquiétant vendeur de kebabs… Lucie ne peut compter que sur elle-même.

Bruno Lus nous offre un roman poétique et brutal, où violence physique et sociale se télescopent, sur l’horizon bouché de ceux qui ne sont pas nés où il faudrait. Porté par une oralité cinglante et une bande-son pop, ce texte résolument moderne met en scène des jeunes adolescents livrés à eux-mêmes dans un monde qui ne cherche plus à les comprendre. À un âge où l’existence numérique prend le pas sur la vie réelle, dans un milieu où la drogue apparaît comme la seule échappatoire, Lucie cherche la lumière.
19,00 €
La grande aventure
Grasset
«  Le fil c’est peut-être une histoire très simple  : tragi-comédie en cinq actes et deux personnages. L’un régulièrement menace de partir. L’autre se contente d’écrire des poèmes, dans l’espoir absurde de l’en empêcher.  »

Dans ce roman-poème, Victor Pouchet déroule en vers une histoire d’amour et d’amitié à la fois bouleversante et légère. Celle d’un homme et d’une femme qui se rencontrent, se quittent et se retrouvent. Et des  petites et grandes aventures  que la vie leur offre – réservoir de joies et batailles inédites.  Avec humour, grâce et musique, Victor Pouchet nous emporte dans un livre plein de trésors et de simplicité.  Une grande aventure.
14,50 €
Passage de l'Union
Grasset
L’ouvrage met principalement en scène trois personnages dont les vies vont être amenées à se croiser  : le narrateur, un écrivain, un criminel.

Étudiant durant les années 1980, le narrateur vit dans un studio, que lui a acheté son père, situé passage de l’Union dans le VIIe arrondissement de Paris. Un soir, il se sent observé par quelqu’un dont on comprendra qu’il s’agit de Patrick Modiano. Il le croise à plusieurs reprises, lui parle et commence à lire ses livres. Sans se l’expliquer, il se reconnaît dans son imaginaire romanesque. Néanmoins les années passent, le narrateur devient avocat et les deux hommes se perdent de vue.

Au cours d’un procès d’assises, le narrateur défend un homme dont le crime s’explique par un lointain passé  : une sœur ayant disparu durant la seconde guerre mondiale dans les mêmes circonstances que la Dora Bruder de Modiano. Il se trouve que l’écrivain assiste au procès et accepte d’aider le narrateur à retrouver la trace de cette mystérieuse sœur…

Cette quête commune amène les deux hommes à basculer dans le Paris les années 40. Ils sont reçus par des individus douteux dans un appartement situé près du studio du passage de l’Union, dont l’écrivain apprend au narrateur qu’il fut, durant la guerre, le siège des sombres trafics d’un ferrailleur de sinistre mémoire, le fameux «  Monsieur Joseph  »…

Ce roman met en abîme la dette que nous contractons à l’égard d’un passé trouble et tu. Il constitue aussi un hommage à la littérature.  Les écrivains ne sont-ils pas des passeurs dont les œuvres nous permettent de répondre aux questions les plus intimes, et parfois les plus douloureuses, que nous nous posons  ?
14,90 €
Ma vie d'écrivain
Grasset
En 1983, Patrick Roegiers s’établit à Paris pour devenir écrivain. Personne ne l’attend.

Installé dans la maison de Saint-Maur, d’où sortent tous ses livres, il conte avec humour ses premiers pas dans l’édition. Le bonheur en famille se conjugue avec des coups de théâtre, des incidents tragi-comiques ou carrément burlesques, qui émaillent l’existence de celui qui construit son œuvre au fil de la plume, sans quasiment sortir de son bureau, alors que le monde tourne autour de lui.

Voyages et vacances au bord de la mer, rencontres inattendues, portraits émouvants d’artistes, auteurs, acteurs, chanteurs, éditeurs ou cinéastes admirés.

Portée par une écriture enthousiaste, une éblouissante déclaration d’amour à la France.

Cet hymne à la création crépite comme un feu d’artifice apollinien.
19,00 €
De mon plein gré
Grasset
Elle a passé la nuit avec un homme et est venue se présenter à la police. Alors ce dimanche matin, au deuxième étage du commissariat, une enquête est en cours. L’haleine encore vive de trop de rhum coca, elle est interrogée par le Major, bourru et bienveillant, puis par Jeanne, aux avant-bras tatoués, et enfin par Carole qui vapote et humilie son collègue sans discontinuer.

Elle est expertisée psychologiquement, ses empreintes sont relevées, un avocat prépare déjà sa défense, ses amis lui tournent le dos, alors elle ne sait plus exactement. S’est-elle livrée à la police elle-même après avoir commis l’irréparable, cette nuit-là  ?

Inspiré de l’histoire de l’auteure, De mon plein gré est bref, haletant, vibrant au rythme d’une ritournelle de questions qui semblent autant d’accusations. Mathilde Forget dessine l’ambiguïté des mots, des situations et du regard social sur les agressions sexuelles à travers un objet littéraire étonnant, d’une grâce presque ludique. Il se lit comme une enquête et dévoile peu à peu la violence inouïe du drame et de la suspicion qui plane très souvent sur sa victime.
15,00 €
Mémoires de porc-épic
Points
Pour tuer ceux qui se dressent sur son chemin, Kibandi fait appel à son double animal : un porc-épic. La petite bête, philosophe, malicieuse, armée de ses redoutables piquants, exécute les souhaits macabres de son maître. Le couple meurtrier sillonne l’Afrique jusqu’au jour où Kibandi rencontre bien plus redoutable que lui…

Alain Mabanckou est essayiste, poète et romancier. L’ensemble de son œuvre a été couronné par l’Académie française (Grand Prix de littérature Henri-Gal 2012). En 2015, il a été professeur de création artistique au Collège de France. Il enseigne actuellement la littérature à l’université de Californie-Los Angeles (UCLA). Il est notamment l’auteur de Verre Cassé, Lumières de Pointe-Noire et Petit Piment.

« Hommage à la parole qui délivre de la peur de la mort, écrit d'un souffle, sans un seul point, ces Mémoires de porc-épic sont un véritable enchantement. »

Télérama

Prix Renaudot 2006
8,70 €
Laura Antonelli n'existe plus
Grasset
A la suite du coup de fil énigmatique d’un producteur, le narrateur embarque pour Rome investi d’une obscure mission  : retrouver Laura Antonelli, l’actrice oubliée dont Visconti disait qu’elle fut «  la plus belle femme du monde  ». Il erre dans une Rome caniculaire, traversant les décors mythiques qu’on connaît, à la rencontre des témoins de sa vie tragique. Il épluche les vieux tabloïds et les interviews pour tenter de raconter, sans la trahir, cette femme insaisissable.

Splendide et sensuelle, Laura Antonelli est tout d’abord le sex-symbol populaire de l’Italie catholique des années 1960. Avec la sortie en salle de L’Innocent, elle devient une de ces beautés solaires de l’âge d’or du cinéma italien. Dès lors, elle tourne  avec les plus grands et découvre un succès poudré de cocaïne, de soirées hollywoodiennes, d’amours compliquées et de journaux à scandales, jusqu’au jour où la police trouve dans sa villa de Cerveteri 36 grammes de drogue. S’ensuit une série de démêlés judiciaires qui l’éloigne peu à peu des paillettes de Cinecittà. Ainsi commence pour elle une lente descente aux enfers.

A la demande d’un producteur, elle se soumet à une opération de chirurgie esthétique qui la défigure. La star vit désormais recluse dans une chambre misérable et déclare aux rares curieux qui parviennent à retrouver sa trace  : «  Laura Antonelli n’existe plus  ».

Qu’est-ce que la gloire sinon, comme le disait Pasolini, l’autre face de la persécution  ? De Sunset Boulevard à la Dolce Vita romaine, Philippe Brunel livre ici un roman plein de grâce et d’ombre, dans la lignée de Patrick Modiano, sur l’histoire légendaire de la femme la plus belle du monde devenue un monstre.
18,00 €
La vie rêvée du joueur d'échecs
Grasset
«  Bien que lecteur et joueur de balles assidu dès mon plus jeune âge, j’ai fini par découvrir que le jeu d’échecs surpassait tous les autres en raison du pouvoir qu’il a de nous plonger au plus profond du rêve. Dans ce livre, je raconte comment, dans ma jeunesse, après avoir échappé de justesse au danger de l’enfermement mental qu’il peut aussi induire, j’ai fini par apprendre à m’en servir comme d’un moyen très sûr de traverser les périodes difficiles de l’existence, ce qui m’a été d’un secours providentiel.

Outre ce pouvoir d’évasion, j’essaie de montrer dans ce livre en quoi la compétition échiquéenne constitue tout à la fois une excellente école de circonspection dans nos jugements, une pierre de touche de l’exactitude de nos raisonnements, et une précieuse ouverture sur la connaissance de soi-même.

Chemin faisant, j’en profite pour brosser les portraits de divers joueurs passionnés dont les éventuelles prouesses intellectuelles – du moins dans le cas des meilleurs - s’allient à des manies hautement excentriques, offrant ainsi un spectacle baroque où l’aspect comique le dispute au pathétique.

Enfin, j’essaie de mener une réflexion sur la fonction sociale du jeu, dont il me semble qu’elle pourrait nous montrer la voie d’une convivialité nettement plus enviable et chaleureuse que celle qui nous est proposée par l’esprit résolument utilitariste et planificateur qui a commencé de désenchanter le monde d’aujourd’hui.  »
19,00 €
Les lois de l'économie
Grasset
Ce livre est l’histoire d’une erreur. La petite erreur d’un trader, par ailleurs dévoué à sa banque d’affaire, honnête, fiable et performant. Une petite erreur de technique financière, mais surtout de jugement, comme il s’en commet tous les jours dans la finance, et plus encore dans nos vies. Ce livre raconte la banalité, l’universalité même, de cette erreur, et la tragique disproportion de ses effets. Qu’il s’agisse du trader ou de son épouse, du psychanalyste de celle-ci ou du metteur en scène qui aimerait coucher avec elle, tous soupèsent, calculent, anticipent ; et tous se trompent. Il en va de même de Keynes lorsqu’il spécule sur le cours du blé dans les années 1930. Il en va aussi de son amie Virginie Woolf lorsqu’elle raisonne contre sa folie. Il n’y a qu’un terme possible à la spéculation, c’est la mort. Woolf n’a pas commis d’erreur en comptant les cailloux qu’il lui fallait mettre dans ses poches pour couler au fond d’une rivière. Notre trader n’en commettra plus. Ce roman raconte une histoire vraie. L’histoire vraie d’une faillite. Une histoire morale, car l’économie a ses lois, que les lois ignorent. Voici un conte moral : un conte d’automne, qui voit tomber les hommes et les feuilles, les banques et les principes, les têtes, l’argent : mais pas la littérature.
17,90 €
La meute
Grasset
Y aurait-il donc une « Affaire Polanski » comme il y eut une « Affaire Dreyfus »? Beaucoup dont Yann Moix, le croient. Tandis que d’autres, plus nombreux, semble-t-il, s’indignent d’une telle comparaison… D’où ce livre qui, a n’en pas douter, fera débat. La thèse ? D’un côté, on le sait, ceux qui disent à juste titre que tout crime ou délit mérite son jugement et sa sanction. Qu’il n’y a pas une loi pour les « élites » et une loi pour les « obscurs ». Dont acte- puisque telle est la règle démocratique. Face à ceux-là, Moix fait simplement observer que « l’Affaire Polanski » serait enterrée depuis longtemps si Polanski avait été un « Monsieur tout- le- monde ». Au nom de la règle démocratique, on en arriverait donc à trouver naturel qu’il y ait des lois (d’exception) pour un homme célèbre, et un droit à l’oubli pour les autres... C’est contre ce fait que Moix s’emporte et s’indigne. Au passage, bien sûr, il entre dans les détails de « l’Affaire » : le retrait de plainte de la victime ; l’arrangement financier ; le rôle de la mère de la victime ; l’attitude pour le moins étrange du gouvernement suisse ; le fait que Polanski, en trente ans, n’ait jamais « récidivé » ; le rôle des juges (élus) aux Etats-Unis. Du coup, il en vient à décrire notre époque, où l’idéologie égalitariste instille une haine particulière du talent, de la singularité. Selon Moix, « la meute » veut immoler (tout en les adorant) ses idoles. Il faut qu’elles soient punies. Freud n’avait pas démontré autre chose dans Totem et Tabou.
17,30 €
Avec Tolstoï
Grasset
Universellement célèbre, Tolstoï reste en même temps assez méconnu, dans la mesure où l’on a réduit son œuvre à quelques personnages « romantiques » : Natacha, le prince André, Anna Karénine, et ses innombrables thèmes à la seule passion amoureuse. Dominique Fernandez a relu ses livres, d’un œil neuf, sans idée préconçue, et découvert un écrivain de combat, un des premiers qui aient dénoncé les horreurs de la guerre (et en particulier de la guerre de Tchétchénie, déjà injuste et cruelle en 1850), critiqué le système judiciaire, carcéral, les scandales de l’injustice sociale, les abus du pouvoir étatique, les impostures de l’Eglise, etc. En face de son contemporain Dostoïevski, porté au paroxysme et à l’outrance, il garde toujours un ton juste et mesuré. Son style porte l’empreinte d’une perfection intemporelle. Avec Dominique Fernandez, on parcourt librement le monde de Tolstoï, on y apprécie cette justesse de ton, ce calme, cette mesure à la fiévreuse frénésie de son rival. Ce livre s’efforce de tracer quelques avenues dans une œuvre immense. A côté des trois chefs-d’œuvre, Guerre et paix, Anna Karénine, Résurrection, des dizaines de nouvelles et d’essais explorent tous les aspects de l’aventure humaine. Tolstoï plaçant cette aventure sous le double signe de la sexualité et de la mort, celui qui est sans doute le plus grand romancier de tous les temps apparaît plus que jamais notre contemporain.
21,25 €
Auteur academy
Grasset
« Dans ce siècle, la télévision était plus puissante que le plus puissant des ministères ». Sélectionné pour participer à une émission de téléréalité qui doit permettre aux spectateurs de suivre étape par étape la fabrication d’une carrière d’écrivain, le narrateur, Pierre, s’installe pour un an sur une île grecque – ou plutôt, il est enfermé dans un monastère vieux de deux mille ans, en compagnie de douze autres candidats à la gloire, et concurrents ipso facto. Dans cette Villa Médicis version « Loft Story », les apprentis écrivains sont filmés 24h sur 24… Le soir, sur les plateaux de « praïme », ils s’entretiennent avec l’auteur controversé Michel Hache, écoutent sa narcissique consoeur Christine Hang faire la lecture de son dernier livre, et prennent, la journée, des cours de « marquetine littéraire » auprès de l’Académicien au teint halé Jeandeau, ou des leçons d’interviou avec le célèbre animateur à la retraite, Bernard Paix. Amitiés de circonstance, amour et jalousies, ambition et mesquineries, cette « île de la création » est un « Koh Lanta » pour aspirants au Goncourt. Avec une ironie lucide et un cynisme plein d’humour, l’auteur ridiculise les travers d’une société du divertissement, où l’on croit qu’il est possible de fabriquer des écrivains. Il croque avec justesse une galerie de fantoches, et fait rire le lecteur aux dépens de ses personnages, le producteur et son assistante, les candidats médiocres et les auteurs médiatiques, dont la seule compétence est de dispenser à leurs cadets des cours de parisianisme…
25,90 €