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Résultats de recherche pour 'QUE SAIS JE' (8200)

Nuits sans nuit et quelques jours sans jour
Gallimard
Qu'est donc le rêve ? Si quelques-uns, sans être dupes, puisent dans leurs rêves une mythologie et, sans être des savants, prennent soin de scrupuleusement les noter, c'est que le rêve - mirage qui scintille sur un fond de ténèbres - est essentiellement poésie.Tel est (s'il en faut) le mot clé de cette suite de récits, tantôt d'événements rêvés, tantôt d'événements réels, qui semblent au narrateur avoir projeté par instant sur sa terne silhouette un même éclairage de seconde vie.

Recueil de courts récits, tantôt d'événements rêvés, tantôt d'événements réels, dans le même éclairage d'une sorte de seconde vie.
7,80 €
L'Épingle du jeu
Gallimard
Tandis qu'en cet hiver 1944 la guerre s'enfonce dans l'horreur, quelques jeunes gens cherchent un sens à la vie. Ils croient le trouver dans cette liberté même qui leur est refusée et se réfugient dans une révolte permanente.Un homme pourrait les sauver, le Préfet des Études, personnage ambigu, matamore et despote, mais doué d'un pouvoir de séduction peu commun. Il leur parle d'héroïsme et de vertu...Un livre irrespectueux, un livre de colère et de passion.

Un livre irrespectueux, un livre de colère et de passion.
11,00 €
Au-dessus de l'abysse
Gallimard
Un auteur dramatique américain fait la traversée New York-Angleterre. Il raconte tous les détails du bateau, les personnages qu'il vit évoluer autour de lui, les potins du bord, et se trouve plus ou moins séduit par plusieurs jeunes femmes. Il est pourtant parti à la recherche de celle qu'il aime, en Europe... et il la rencontre un jour sur le pont des «premières» où il faisait une incursion interdite. Elle va se marier...Un roman où abondent les descriptions étonnantes de couleur, des personnages observés avec une ironie perçante. Ce roman, subtil et cocasse, permet d'entendre la voix originale d'un écrivain mal connu, disparu en 1973. Malcolm Lowry, sur qui il exerça une grande influence, partageait avec lui le même désir de dépassement et de liberté.

Un roman où abondent les descriptions, étonnantes de couleur, des personnages observés avec ironie.
11,50 €
Une vie
Gallimard
"Il erra par les rues de la ville, mécontent de lui-même et des autres. Comme il avait l'habitude de monologuer lorsqu'il était agité, il en vint à comprendre combien sa colère était ridicule. Il suffit, même dans le rêve le plus abstrait, qu'une parole précise soit prononcée pour qu'elle vous ramène à la réalité. Il en était arrivé à désirer Annetta, à l'aimer, à en être jaloux ; elle, au contraire, savait à peine quel pouvait être le son de sa voix. À qui devait-il s'en prendre ?" Ce roman retrace quelques années de la vie d'Alfonso Nitti, un jeune campagnard transplanté à Trieste, où il fait à la fois la découverte du monde du travail et celle de l'amour. Mais cette double initiation révèle une double faillite... Une vie, premier ouvrage d'Italo Svevo, présente une multiplicité d'intrigues autour d'un jeune homme dont les rêves se heurtent à la réalité brutale. Au long d'un récit à la fois critique et introspectif, le lecteur se retrouve au coeur des pensées sinueuses du personnage, de ses hésitations, de ses doutes ; dans une forme littéraire qui annonce le XXᵉ siècle.
13,00 €
Ballets sans musique, sans personne, sans rien
Gallimard
Quand Céline rencontre les dieux et revisite la mythologie, quand il met en scène son imaginaire, on assiste à un spectacle total où l'amour, la jalousie, les sons et les lumières se mêlent en une sarabande extravagante d'invention et de drôlerie. Et Céline n'est jamais loin de la scène. Ne serait-ce pas lui-même qui parle ainsi du dieu Mars : «En musique formidable, il rémoule, rémoule... Je vous roule tous dans la farine ! Voilà son invective finale.»

Céline, dans ces textes pleins de chants et de danses mais aussi de morts, prouve que son style peut s'adapter à tous les genres.
11,00 €
Le lit à colonnes
Gallimard
«Son visage cerné d'ombre et ses yeux, dont il distinguait la large place sous son front, avaient l'expression que l'on voit à certains portraits d'inconnues dans les châteaux : quelque chose de fatal et d'éperdu qui rend plus touchante la beauté de la jeunesse et fait haïr le temps."Qui est-elle ?" murmura-t-il. Comme il se posait cette question, une chauve-souris vint se coller à la vitre illuminée et sembla coiffer Marie-Dorée d'un présage de malheur.»
12,50 €
Si je t'oublie, Jérusalem
Gallimard
C'est le roman de Faulkner où la souffrance atteint peut-être sa plus grande intensité : l'histoire tragique des deux amants est l'une des plus douloureuses qu'il ait écrites, et la mort de Charlotte Rittenmeyer, «le personnage féminin le plus déchirant de Faulkner», devient un récit poignant...Le titre est tiré d'un psaume qui rappelle la captivité des Juifs à Babylone. Ce thème de la captivité, de la privation de liberté, littérale ou métaphorique, est central dans le roman.

Réédition, dans une traduction revue, des Palmiers sauvages (1952).
13,00 €
Oneïros ou la belle lurette
Gallimard
«Mon bouquin intitulé Oneïros raconte d'abord l'histoire d'un garçon qui cherche avec obstination - puérile si l'on veut : il a vingt ans - ce qu'il y a derrière les apparences. Puis il comprend une suite de mélanges - je ne sais trop comment appeler cela, ce ne sont pas exactement des poèmes en prose - composés plus tard par le narrateur lorsqu'il possède assez de recul et de lucidité pour faire le bilan de ses souvenirs, de ses rêves : virées en banlieue et dans les bals musette, contact avec l'insolite, figures des années de "la belle lurette", descriptives de songes, paysages qui s'emboîtent soudain dans l'irréel.[...] Je ne sais si tout ça tient debout : je sais simplement qu'il me fallait fixer certaines images sur les plaques sensibles de l'imagination. [...]»André Hardellet.Cet ouvrage est composé de vingt-trois textes, dont onze sont inédits.

Un recueil de vingt-trois textes de prose poétique, dont onze sont inédits.
7,00 €
Le Napoléon de Notting Hill
Gallimard
Auberon Quin, un original qui pousse l'humour jusqu'à l'absurde, se promène avec des amis à Westminster Gardens lorsque deux officiers s'approchent et leur annoncent que M. Quin a été proclamé roi d'Angleterre. Auberon s'en tient alors à sa résolution de ne plus rien prendre au sérieux. Jusqu'au jour où il rencontre plus fou que lui : Adam Wayne qui se présente à la Cour comme prévôt de Notting Hill et veut lutter, l'épée à la main, pour l'indépendance de Pump Street.À la lecture de ce roman paru en 1904, on rit souvent, on s'étonne parfois et, finalement, on s'aperçoit que toute la civilisation moderne a été remise en question.

Où l'on s'aperçoit que toute la civilisation a été remise en question. Première parution française en 1912.
10,50 €
Effi Briest
Gallimard
Effi Briest, jeune femme adultère, brisée par une société d'hommes, est la victime d'un monde soumis aux lois des conventions morales. Dans la Prusse dévergondée par l'argent, le destin de cette femme n'est que résignation et mélancolie.Dernier roman de l'écrivain allemand Theodor Fontane, Effi Briest est l'un des chefs-d'œuvre de l'école réaliste allemande.

Dernier roman de Theodor Fontane (1819-1898), Effi Briest est l'un des chefs-d'œuvre de l'école réaliste allemande.
12,00 €
Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits
Gallimard
«Non ! Je ne puis affirmer qu'avec la fin de ce cahier, tout sera clos ; que c'en sera fait. Peut-être aurai-je le désir de rajouter encore quelque chose. De rajouter je ne sais quoi. De rajouter. Peut-être. Au dernier instant, de rajouter encore quelque chose... J'ai sommeil, il est vrai ; mais je n'ai pas envie de dormir. Il me semble que je pourrais être encore plus fatigué. Il est je ne sais quelle heure de la nuit ou du matin. Ai-je encore quelque chose à dire ? Encore à dire je ne sais quoi. Ma propre position dans le ciel, par rapport au soleil, ne doit pas me faire trouver l'aurore moins belle.»

Nouvelle édition revue et augmentée

«Je ne sais ce que ça donnera : j'ai résolu d'écrire au hasard. Entreprise difficile : la plume (c'est un stylo) reste en retard sur la pensée.»
8,50 €
Les Irresponsables
Gallimard
"Le roman décrit des situations et des types allemands de la période préhitlérienne. Les personnages choisis pour les représenter sont dépourvus de convictions politiques. Dans la mesure où ils en ont, ils flottent dans le vague et le nébuleux. Aucun d'eux n'est directement “responsable” de la catastrophe hitlérienne. C'est pourquoi le livre s'appelle Les irresponsables. C'est, malgré tout, dans cet état d'âme que le nazisme a puisé sa vraie force." C'est par ces mots que Hermann Broch définissait le projet de ce grand roman, le dernier qu'il a publié. Critique virulente d'une petite bourgeoisie allemande indifférente à l'éthique et incapable d'assumer ses choix face à la montée des périls, Les irresponsables se distingue par son atmosphère onirique, qui évoque de façon extrêmement précise et vivante la période précédant l'arrivée de Hitler au pouvoir. Roman d'une société en crise minée par l'individualisme, le livre interroge de façon très actuelle notre responsabilité dans les tragédies collectives et les failles de la condition humaine.
13,00 €
Le bouquet
Gallimard
«Le bouquet n'est pas un roman, mais l'histoire du mitrailleur Adrien Gaydamour qui n'avait pas de mitrailleuse, un soldat de quarante, depuis son incorporation au "... ième Débineurs" jusqu'à sa levée d'écrou. Il s'agirait donc plutôt d'une tranche de mauvaise vie qu'il n'a pas été le seul à avaler. Avant, Gaydamour a suçoté une existence des plus quelconques : l'école, la caserne, le chômage, l'autobus quotidien, le bureau, en compagnie d'autres Gaydamour. Mais voilà qu'on l'invite à entrer dans un conflit mondial. Puis il est fait prisonnier : le bouquet.Adrien a pu s'échapper. Mais, il reste là-bas une chiourme innombrable. D'autres parleront après lui. C'est une histoire répandue par le monde à des millions d'exemplaires. Des variations sur le froid, la faim, l'ennui et la mort. Des histoires toutes simples qui ne s'inventent pas. J'ai fait ce livre en 1942, dans un village de montagne pendant un printemps, un été. Fait après l'avoir souffert. Et aujourd'hui que nous sommes enfin libres, ce récit peut venir au grand jour. Je n'y ai rien changé.»Henri Calet, octobre 1944.

Fait prisonnier en juin 1940, Henri Calet s'évada après sept mois de captivité ; de ses souvenirs, il tira Le bouquet qui ne parut qu'en 1945.
9,00 €
La Chasse à l'amour
Gallimard
«Après avoir terminé La folie en tête, Violette Leduc a poursuivi son autobiographie ; elle l'a arrêtée en 1964, à la veille de la publication de La Bâtarde. Elle a soigneusement mis au net sur de grandes feuilles quadrillées ses brouillons couverts de ratures et elle s'apprêtait à revoir avec moi son manuscrit quand la mort l'a saisie.Elle avait l'intention de donner une suite à ce livre ; et ses lecteurs auraient aimé savoir comment elle avait accueilli le succès, la célébrité. Elle en a parlé, très bien, dans quelques interviews, mais brièvement et nous restons sur notre faim. Ces pages sont les dernières qu'elle ait écrites.»Simone de Beauvoir.

Les dernières pages écrites par Violette Leduc, ultime volet d'une autobiographie inachevée.
13,00 €
Le Bâtisseur de ruines
Gallimard
Un ingénieur, Martin, a commis un meurtre et est en fuite. Il marche sans but, dans une plaine à peu près désertique, et sans cesse sa marche est interrompue par des rencontres : arbre, oiseau, ruisseau... Rencontres grâce auxquelles il commence à comprendre non pas qui il est, mais ce que fut sa vie jusque-là et ce qu'elle pourrait être, à comprendre notamment que son crime fut une libération pour lui. Sa fuite le conduit à une fazenda dirigée par une femme, Victoria. Il devient garçon de ferme, cède aux avances d'une jeune veuve, Ermelinda, et continue de réapprendre le monde.

Martin, un meurtrier en fuite, commence à comprendre que son crime fut une libération pour lui...
13,00 €
Les chasseurs I et II
Gallimard
«Vous raconterai-je la jeunesse des roseaux et des mares ? Vous dirai-je les déambulations nocturnes des statues qui changent de socle au clair de lune ?Nous explorions les balcons et les toits où l'on pénètre dans des flaques de musique inexprimable. De haut et de loin, nous apercevions le Guet, si ridiculement pesant qu'il devait renoncer à l'espoir de nous atteindre jamais. Le vin puissant de la tristesse nous faisait chanter. Nous mettions les filles à mal en exigeant l'Olympe dans leurs yeux, dans leurs reins. Puis, redescendus sur le pavé, nous nous battions au poignard contre les assassins de l'aube, les peaux-rouges surgis de coupe-gorge atroces.Mais le plus souvent, nous nous contentions de regarder n'importe quoi - des promesses par exemple. C'est un art subtil où nous étions passés maîtres.»André Hardellet.
8,50 €
Abahn Sabana David
Gallimard
«- Sur son corps, dit Sabana, sur son bras, il y a quelque chose d'écrit.Elle se détache du juif, prend son bras, relève la manche de sa veste et regarde.- C'est l'endroit de mon numéro.- Écrit là d'où tu viens, dit Abahn - il ajoute - dans la capitale du monde.Sabana regarde le bras.- C'est en écriture bleue.- Quoi ? demande David.- Je ne comprends pas, je ne lis pas, dit Sabana.- C'est le mot : NON, dit Abahn.- Ils ont écrit quand ? demande David.- Au cours de la vie, dit Abahn.- C'est le même mot pour le juif et pour ceux qui veulent le tuer, dit Sabana.- Le même, dit Abahn : le mot juif, le mot contre le juif.»Marguerite Duras.
8,00 €
Les Causes célèbres
Gallimard
«Le lecteur s'interrogera sur le genre auquel relier ces Causes célèbres. En 1945, Jean Paulhan classait ce qu'il en publiait parmi les "Contes". Je dirais même : "faits divers". De tels faits divers sont quotidiens, privés ; ils n'ont rien des Causes célèbres dont s'occupent les tribunaux. C'est sans doute que nous ne sommes pas assez sensibles à leurs résonances morales. En tout cas, il ne s'agit pas d'"Entretiens sur des faits divers". Chacune de ces "Causes" est aussi "chose" poétique».Yvon Belaval.
6,50 €
Les quatre petites filles
Gallimard
«En 1865, le terrier d'un lapin permettait à la blonde Alice, petite fille anglaise, de se rendre en un pays où les merveilles succédaient aux merveilles. En 1947-1948, c'est un jardin potager qui est le lieu d'enchantement, choisi par Picasso, où quatre petites filles, moins élégamment peignées que leur sœur de l'époque victorienne, s'ébattent et, à travers leurs jeux empreints de fraîcheur, de sauvagerie et souvent de malice, évoquent la vie, l'amour, la mort : tout ce monde de magie et d'angoisse à quoi s'ouvre l'adolescence.Chansons, dictons, litanies, formulettes, coqs-à-l'âne, calembours s'égrènent tout le long de cette pièce de théâtre où l'auteur semble avoir usé d'un langage en vacances : insoucieuses des règles logiques et des syntaxes, les images y déploient leurs fleurs japonaises et, telle une mère Gigogne, la poésie ne cesse d'y proliférer comme si, en un mouvement qui n'aura pas de fin, elle s'enfantait elle-même.»Michel Leiris.
8,50 €
Puissances de Paris
Gallimard
On sait l'importance de la ville et, en premier lieu, de Paris dans l'œuvre poétique et romanesque de Jules Romains, depuis La vie unanime jusqu'aux Hommes de bonne volonté.Paru pour la première fois en 1911, ce recueil de «radioscopies» unanimistes tentait de fixer l'âme d'une grande métropole, d'en saisir les lois physiques, mentales, d'ausculter ses rythmes et ses pulsations, comme d'un être aux multiples visages, à la fois changeants, insaisissables et mystérieux.Les «puissances de Paris», c'étaient les forces, les pouvoirs qui émanaient de ses rues, de ses squares, de ses places, de ses passages et de ses rassemblements plus ou moins éphémères que Jules Romains, inlassable arpenteur de «sa» ville, prétendait détecter pour nous en restituer la singulière poésie, conçue comme une traversée des apparences.
7,00 €
Le Lion devenu vieux
Gallimard
1679 : le Cardinal de Retz vient de mourir.Un jeune abbé, son secrétaire et confident, écrit une longue lettre à un homme en qui il a confiance, pour lui faire part de ses doutes et de ses soupçons quant à cette mort - qui est peut-être un assassinat - et le sort réservé aux Mémoires que certains auraient grand intérêt à faire disparaître...
7,00 €
L'Homme-Jasmin
Gallimard
«Je promenai encore un regard autour de moi pour voir s'il me restait quelque chose à faire. Mais à présent l'ordre seul semblait gouverner dans la pièce. Tous les yeux tristes et étrangers qui couvraient les murs de cette chambre se fermèrent lentement de sommeil. Une dernière fois je regardai par la fenêtre là-bas où, un jour, j'avais vu par le trou de la serrure de cette pièce les yeux de mon ennemi. Tout l'horizon à gauche, au fond, où l'aigle blanc avait disparu, ne semblait empli que d'un seul sourire comme aveuglé de bonheur. Un sourire que j'avais vu une fois, me promenant en rêve et comme suspendue, par un jour de soleil qui ne finissait jamais.J'étais consolée et je quittai la maison à l'aube.»
12,00 €
Les Mémoires d'un veuf
Gallimard
Les mémoires d'un veuf, le titre choisi dit assez l'intention autobiographique. Verlaine n'a pas attendu le remariage de Mathilde, qui eut lieu le 30 octobre 1886, dans le temps même, précisément, où paraissait l'ouvrage, pour se considérer, par un pathétique paradoxe qui n'en traduit pas moins une étrange fidélité, à soi, à l'autre, comme «veuf». «C'est moi le quitté», disait déjà la lettre du 4 octobre 1872 à Victor Hugo. Parti, en effet, mais non détaché. Détaché, il ne le sera jamais. Et il lui a suffi, pour se sentir rejeté, abandonné, «veuf», de n'être pas aussitôt pardonné et repris ; il a suffi, même, que sa supplication ne fût pas entendue. Le veuf, lui aussi, l'inconsolable, c'est cela qu'il se croit, qu'il se sent ou qu'il se veut. Un des beaux poèmes d'Amour : Un veuf parle, est daté de 1878. La litanie ne finira plus. Mais, veuf, ce n'est pas de Mathilde seulement qu'il l'est : c'est de tout ce qu'il a connu et aimé, et dont pas davantage, jusqu'à la fin, il l'est de Lucien Viotti, l'ami ou l'amant de sa jeunesse, il l'est de soi-même peut-être et de sa propre vie.Jacques Borel.
7,50 €
L'Iguane
Gallimard
«Je hais, lit-on dans ce texte, l'imaginaire qui n'a pas son équivalence dans la vie réelle.» Aussi, ce livre est-il avant tout une méditation construite sur l'expérience de toute une vie.Les fables qui le composent ont pour thème la Mort, la Peur, la Justice, l'Amour, la Souffrance et le Mal.Le «fantastique» - mot ici approximatif -, quand il se rencontre, n'est que le moyen d'aborder d'une façon aussi neuve et directe que possible les problèmes de chacun de nous.Le style de L'Iguane est simple et solide comme un minéral. On pense à un Livre luciférien qui répondrait aux Livres des Sages, des Rois ou des Prophètes.
7,80 €
Les Bestiaires
Gallimard
Dès sa première adolescence, Montherlant s'est enthousiasmé pour les courses de taureaux, découvertes au cours de vacances en Espagne. Il a lui-même pratiqué l'art tauromachique et a reçu, en 1925, un assez grave coup de corne. Les Bestiaires - où l'on retrouve le héros du Songe, Alban de Bricoule, rajeuni de quelques années - est l'œuvre que l'écrivain a tirée de son expérience des taureaux et de sa connaissance de l'Espagne. Dans les corridas, Montherlant ne voit pas seulement une épreuve tragique où l'homme affronte la mort, mais une cérémonie religieuse, un sacrifice sanglant hérité de l'ancienne religion de Mithra.
11,50 €
Villa Oasis ou Les faux bourgeois
Gallimard
«Un soir, il arriva tôt, en s'écriant : - Ah ! ma grosse, embrasse-moi, j'ai trouvé quelque chose de magnifique. Je me suis décidé à suivre Langlois dans un patelin où il y a l'eau, la forêt, le train. Langlois m'a présenté un ami qui veut vendre la maison de ses parents : Villa Oasis.Toute la soirée, ils discutèrent. Irma demandait des précisions mais Julien avait jeté un coup d'œil rapide. La maison était confortable, bien située sur un coteau, et il se rappelait surtout un vaste jardin et devant la maison un grand bassin.- Un bassin ! se récria Irma. Plein d'eau ?- Dame ! qu'est-ce que tu crois ? Villa Oasis. Tu sais, une oasis, dans le bled, un coin avec des arbres et de la flotte.»Une belle et forte peinture des petits-bourgeois des années trente : les faubourgs, les guinguettes, les «nouveaux riches», leurs espoirs et leur déchéance.Un récit plein de vivacité et de sensibilité.
8,00 €
La Ville anonyme
Gallimard
En 1925, André Beucler faisait avec éclat son entrée en littérature. En mai, paraissait chez Gallimard son premier roman : La ville anonyme. En juillet, la NRF accueillait en son sommaire, entre Rilke, Proust, Gide et G. B. Shaw, sa première nouvelle : Un nouvel amour. En août, les Cahiers du mois de Maurice Darantière publiait un conte fantastique : Entrée du désordre. En octobre, la collection d'avant-garde Cinario offrait aux cinéphiles un synopsis inédit : Un suicide.Quatre œuvres immédiatement remarquées. Dès le mois de juin, Paul Morand salue le nouveau venu : «Il y a des années que je n'ai pas adhéré à un auteur avec autant de contentement.» En août, Max Jacob lui écrit : «Vous êtes un homme nouveau : c'est le plus grand éloge qu'on puisse faire à un artiste.» Albert Thibaudet et Edmond Jaloux enregistrent la révélation d'un grand auteur. Un «magicien romanesque» ajoute Hélène Vacaresco. «Comme je voudrais vivre dans votre ville anonyme ! au moins la moitié de ma vie !... » confie Joseph Delteil. Et Kessel : «Ton talent me rendrait un peu envieux si je t'aimais moins.»1925, c'est aussi pour Beucler l'année où se nouent des amitiés définitives : Léon-Paul Fargue, Max Jacob, Jean Cocteau, Paul Morand, Joseph Kessel, Emmanuel Bove. Puis ce sera le grand succès populaire de Gueule d'amour, que Jean Gabin incarnera au cinéma.
9,15 €
L'Œil clair
Gallimard
«- Ces jours-ci, je sens un roman.-Délivrez-vous !- Le travail du roman n'est-il pas agréable ? On reste chez soi. On s'enferme une dizaine de mois, pas plus, puisque les prix sont annuels, et il faut être prêt ! On écrit tranquillement le livre, et, quand le diable y serait, on finit bien par décrocher un de ces prix, avec n'importe quel roman.- De quelle espèce sera le vôtre ?- Ce n'est pas les genres qui manquent ! J'ai le choix entre du Balzac, du Daudet, du Zola, du Goncourt, du Mirbeau, et même du Bourget. Le Bourget a l'air plus compliqué, à cause des accessoires, mais je connais des recéleurs qui vendent jusqu'à des idées générales pour un morceau de pain.»
7,50 €
On vient chercher Monsieur Jean
Gallimard
C'est dans le Paris des tramways et des fiacres que Jean Tardieu vécut son enfance. La rue Chaptal (son domicile), la rue Ballu où l'on venait, en fin d'après-midi, «chercher Monsieur Jean» chez sa marraine, bien d'autres lieux sont, pour lui, peuplés de souvenirs.Plus tard, ce seront les misères, les travaux et les jours, le hasard des rencontres (notamment au «Club d'essai» de la radio, les amitiés fidèles, les seules qui comptent.Une modestie exemplaire, une générosité de cœur et d'esprit, une présence aux autres et au monde qui n'exclut pas la rêverie caractérisent ce grand poète dont le propos, où le sérieux se cache sous l'humour, est de se «demander sans fin comment on peut écrire quelque chose qui ait un sens».
9,00 €
Tais-toi
Gallimard
«- Oh, ce ne fut pas grand-chose... une scène entre la mère et le fils, comme il y en a eu tellement ! Celle-ci, peut-être... Un soir, il devait être six heures, il y eut des cris à l'étage de Madame... J'entendais hurler : "Tais-toi... Tais-toi... demande pardon !" J'ai eu peur, tant elle criait fort ; je suis montée et j'ai entrouvert la porte. Madame tenait à la main la cravache noire de Monsieur, celle aux trois bagues d'or, celle de Saumur, et elle avait une figure si effrayante que j'ai cru qu'elle allait assommer le petit. Devant elle le petit, ramassé comme un petit lion ; et derrière, M. le sous-préfet, qui n'avait pas l'air à son aise.- Et c'est depuis ce drame que Frédéric a changé ?- Le silence, c'était devenu sa façon à lui d'être méchant.»
8,00 €
Théâtre/Roman
Gallimard
«Qu'on entende bien que, lorsque je dis le théâtre, le théâtre est le nom que je donne au lieu intérieur en moi où je situe mes songes et mes mensonges.»Tout le roman est un jeu de masques, de miroirs, qui s'accomplit secrètement dans ce théâtre de mots et donne, selon l'expression d'Aragon, une leçon de ténèbres.Ainsi Aragon ouvre ce théâtre intérieur que l'homme est à lui-même et dans lequel il remet ses rêves en scènes. Longtemps après le livre refermé la lecture en soi se poursuit. La quête de cette œuvre si libre et si grave fait lever les images et les mondes les plus enfouis, donnant de l'existence une représentation crépusculaire à laquelle on ne peut s'arracher.Théâtre/Roman est un livre essentiel qui veut éclairer de l'intérieur la totalité de l'œuvre d'Aragon.
15,00 €
Somme athéologique. Somme athéologique, II : Le Coupable / L'Alleluiah
Gallimard
Le Coupable est le récit d'une expérience «mystique» paradoxale, formé à partir des pages d'un journal rédigé de 1939 à l'été de 1943. Cette expérience, en dépit des apparences troublées par les événements, n'appartient pas à une religion définie. Paradoxale, elle ne s'oppose nullement à l'érotisme : elle se joue néanmoins dans l'extase ; immorale, elle n'a d'autre possibilité que la chance. C'est une sorte de jeu sans refuge, égarement, angoisse au départ, essentiellement violence rentrée.Au Coupable est joint L'Alleluiah, invitation brûlante à l'érotisme de l'amant à l'amante.
11,00 €
La Lettre dans un taxi
Gallimard
«J'ai beaucoup d'amitié pour vous et j'en aurai plus encore si vous êtes franche.- Vous me le jurez ? - Je vous le jure», répondit-il, et Gilberte parla. Elle lui raconta que la lettre que Cécilie avait perdue dans un taxi contenait non seulement les propos très compromettants qu'il avait tenus sur M. Doublard-Despaumes, ses mœurs et sa vénalité, mais aussi, une comédie satirique dont lui, Gustave, était le héros.
8,50 €
Mes galeries et mes peintres
Gallimard
Ces entretiens sont un document de premier ordre sur la vie artistique de la première moitié du siècle, sur la naissance du cubisme, sur les collectionneurs, les règles du jeu ou la condition des peintres. Que de détails à propos de Léger, de Picasso et du caractère «fanatiquement autobiographique» de son œuvre, de Juan Gris...Kahnweiler a commencé par Derain et Braque, qui eut sa première exposition personnelle en novembre 1908 chez lui, avec un catalogue préfacé par Apollinaire, et a continué avec Picasso, Laurens, Léger, Juan Gris, Masson.C'est une grande et belle histoire.

Nouvelle édition augmentée de deux entretiens inédits en 1998
9,50 €
Les Dernières nuits de Paris
Gallimard
«Elle n'aimait que la nuit qu'elle semblait épouser chaque soir, et son allure même ne devenait réelle que lorsqu'elle s'éloignait de la lumière pour pénétrer dans l'obscurité. Elle était la nuit même et sa beauté était nocturne. De même que l'on répète avec une parfaite inconscience : clair comme le jour, on ne pouvait s'empêcher d'estimer Georgette belle comme la nuit. Je songe à ses yeux, à ses dents, à ses mains, à cette pâleur qui la couvrait tout entière. Et je n'oublie pas cette fraîcheur qui l'accompagnait.Il me semble que Georgette devenait plus désirable lorsque la nuit s'avançait, que chaque heure la dépouillait d'un vêtement et rendait sa nudité plus apparente.Tout cela, ce sont des souvenirs qui s'égarent et s'allument, tout cela, ce sont des désirs de la nuit, mais Georgette avait compris que, pour être belle et désirée, il fallait qu'elle s'identifiât à la nuit, au mystère quotidien.»

Nouvelle édition
10,00 €
Porte dévergondée
Gallimard
«Point de programme arrêté, mais des aventures, qui sont plutôt des mésaventures, des histoires sorties des vacances du cœur, prennent forme plus ou moins précisément, sans que l'on sache bien si elles sont projetées, parfois comme à rebours, sur un écran tendu dans la fumée, ou si elles sont récitées, par des acteurs moins professionnels que dilettantes, sur une scène improvisée entre deux lampes à pied dressées devant un rideau vague, ou si elles sont racontées par des personnes que l'on écoute avec un peu d'irritation et que l'on se refuse à croire. Le propre de ces aventures ou de ces histoires est de choquer le spectateur ou l'auditeur.»
6,70 €
Les Arbres musiciens
Gallimard
«Les pins se balancent haut dans le ciel. Ils sifflent à perdre haleine et jettent leur mélodie sombre dans le grand jour qui rayonne sur la forêt. Gonaïbo et Harmonise, la main dans la main, s'en vont parmi les arbres, empoignés par la vaste voix des conifères. Ils courent et s'emplissent au passage les mains de fraises des bois et de mûres juteuses. Ivres, ils s'enfoncent au plus épais de la forêt. Soudain ils s'arrêtent écrasés par la merveille qui s'offre à leurs yeux. Devant eux s'étend une véritable muraille d'orchidées sauvages, une tapisserie aux cent couleurs. Il y en a de toutes teintes, de toutes formes, les unes plus précieuses que les autres, unies, tigrées, avec des volutes d'étamines, des pétales ourlés, spatulés, frisés, des yeux bridés et souriants, des bouches rouges et bées, des dents ivoirines.»
12,50 €
Les jardins et les fleuves
Gallimard
Comme Molière, dont il découvre la biographie, Jeandé aime sa fille. Nous ne suivons pas la naissance d'une passion, nous rêvons autour d'une incertitude. Au cours d'un voyage en Arabie Saoudite, il épouse Armène - et vit avec elle sans la toucher. Nous ne saurons la violence de cette passion qu'au jour où la jeune femme se laisse enlever par un milliardaire d'Amérique du Sud. Au plus profond de sa détresse le vieil acteur, amoureux de sa jeune fille lointaine, se prend pour Molière, pour Chaplin, souffre d'une souffrance obscure, inextricable. Un soir Armène revient vers son père...Curieux livre et, comme tous ceux d'Audiberti, envoûtant : de Paris en Arabie, d'Alger à la Lozère, ce livre touffu, parfois échevelé, nous assiège comme les récits de Melville - à coups d'hallucinations vraies.
13,95 €
Le Petit ami
Gallimard
«J'ignore si le lecteur s'amusera beaucoup des souvenirs d'enfance que je vais raconter. Il y a bien cinq ans que je me demande si je dois les écrire, moi, et je viens seulement de m'y décider ! Qui sait aussi si cet enfant que j'ai été et que je revois en ce moment avec une netteté qui touche au prodige ne me reprochera pas, quand j'aurai achevé, d'avoir été, à son sujet, si loin dans ce livre. Pauvre chéri ! comme disent si tendrement mes amies, quand je leur en parle. Enfin, ça fera peut-être quelques bonnes pages.»
9,50 €
Lettres à quelques-uns
Gallimard
Voici, réunies dans ce volume, quelques-unes des lettres essentielles de Paul Valéry. La première est datée de 1889, la dernière de 1943. C'est dire que le lecteur trouvera ici le reflet d'une vie entière, dans sa diversité et son éclectisme : les aspirations du jeune écrivain en pleine période symboliste, avec des lettres à son ami Pierre Louÿs ; l'intérêt qu'il manifeste à toutes les formes d'art ; correspondance avec Huysmans ou Valery Larbaud, avec Claude Debussy et le peintre Maurice Denis.Dans ce livre apparaissent aux côtés de Paul Valéry bien d'autres personnalités dont les activités ont illustré toutes les tendances de la vie intellectuelle française.
10,00 €
Les Épées
Gallimard
«... tous les soirs, cette banquette grise où je me retrouve moi-même, la traversée de Paris, les agents en pèlerine, les phares qui glissent mais ne coupent pas. Je monterai au troisième étage. Elle m'ouvrira dans un peignoir rouge et des mules de cuir rouge. Nous entrerons dans le salon. Je prendrai son visage entre mes mains et je l'embrasserai sur les joues. Visage obstinément retiré - la sagesse d'un monde moins avide, une conscience embarrassée d'ailes, une vision mystérieuse faite d'épées rentrées au fourreau et qui brillent à l'intérieur de l'ombre. Elle se laissera tomber devant la cheminée, je m'allongerai à côté d'elle.»
9,50 €
L'Amour en visites
Gallimard
«"Madame, j'oubliais de vous avouer que..."Elle rit, muettement ; ses prunelles bleu d'acier le guettent, en dessous. Il a envie de crier, de rugir, il est hypnotisé par ce regard de volonté féroce. Il y va, traîné comme par une poigne ; il tombe à genoux, il se cache le visage, il pleurerait s'il n'avait pas la terreur d'être à jamais ridicule. Sa pauvre face toute convulsée s'enfouit dans le mouchoir, le petit mouchoir, blanc et nu comme la chair."... Que je vous aime !" balbutie-t-il, lâchant ce mensonge pour expier la sauvagerie de son attaque. Et il sent les bras de la duchesse qui se lient nerveusement autour de ses épaules, deux souples tentacules de pieuvre, pendant qu'elle murmure, les lèvres sur son oreille, puis sur sa bouche, afin de la clore : "L'impertinence, mon cher, ce n'est pas de le prouver, c'est d'oser le dire !"»

Avertissement de Michel Arrivé
8,00 €
La Comédie de Charleroi
Gallimard
«Je me rappelle deux ans plus tard, en face de moi, ce grand diable d'officier allemand debout dans la tourmente, à Verdun, Fritz von X..., qui était debout, et appelait, et m'appelait. Et je ne lui répondais pas, je le canardais de loin.Dans cette guerre, on s'appelait, on ne se répondait pas. J'ai senti cela, au bout d'un siècle de course. On a senti cela. Je ne faisais plus que gesticulailler, criailler.Je n'avançais plus guère. Je trébuchais, je tombais.Ils trébuchaient, ils tombaient.Je sentais cela. Je sentais l'Homme mourir en moi.»
10,00 €
Déjeuners de soleil
Gallimard
Le ton des textes de Fargue est à la fois intemporel et délicieusement désuet. Comment ne pas sourire devant ses réflexions sur les automobiles qui crachotent, sur la naissance du métro à laquelle il assista, sur les cadeaux de Noël des enfants où il n'est question que de trains électriques et de jeux de patience ? En ces années de guerre (ces textes ont paru en 1942), il s'attache au difficile quotidien des Parisiens, aux bouleversements que connaît la capitale. Mais l'écrivain évoque aussi des thèmes intemporels comme le bavardage, le printemps, la neige... Et dans ces pages le chroniqueur rejoint souvent le poète.
9,50 €
Amours
Gallimard
«Mes souvenirs, en effet, s'arrêtent là, de ce grand jour où je fis avec Jeanne, et pour la première fois, l'amour pour de bon. Ce n'est même pas la peine que je me fatigue à chercher. Je revois ce corps d'un rose pâle, ces seins pleins et durs, ce visage brillant d'ardeur, d'autres beautés encore plus intéressantes...»
8,15 €
Terres étrangères
Gallimard
«Vous vous rappelez ces années inquiètes - c'était l'époque de Dada - où tant de jeunes écrivains se trouvaient partagés entre le défi, le jeu et la détresse. Cette époque, nous étions assez lucides pour la juger, assez faibles pour en souffrir. Un jour, je pris la fuite ; je regagnai le village où chaque année me ramenaient les vacances, qui étaient mon vrai décor, et plus qu'un décor. Là, dans un grenier, la fenêtre ouverte sur la vallée où s'achevait la fenaison, j'écrivis Terres étrangères. Cela naquit et se développa comme un chant, sans calcul ni grande ambition. Ce que je pouvais y mettre, je m'en rendais mal compte ; je le vois mieux aujourd'hui. J'y mettais ce qu'un jeune écrivain, s'il est sincère, confie à sa première œuvre : son trouble, ses appels, sa fable intime - cette fable tout ensemble exaspérée et chaste. (...) Le garçon de vingt-trois ans qui écrivait ce récit n'est point pour moi un étranger.»Marcel Arland (1923).
6,05 €
Les terrasses de l'île d'Elbe
Gallimard
Toute sa vie, parallèlement à son œuvre, Jean Giono a écrit pour les journaux. On retrouve dans ses chroniques son style, son humour, sa malice, son imagination et tout son talent de romancier. Qu'il se moque en comparant les avantages du briquet et de la boîte d'allumettes, qu'il dise son mot sur l'urbanisme d'aujourd'hui, qu'il parle des arbres qu'il a plantés, ces faits divers font partie de son univers savoureux. Parfois, en trois pages, le chroniqueur nous offre un vrai petit roman intitulé tout simplement Une histoire.
9,50 €
Au-delà de l'absence
Gallimard
Voici la suite de La mort de la bien-aimée. Marc Bernard, marié à Else depuis trente et un ans, l'avait vue tomber malade et puis mourir. Chacun d'eux savait que la mort ne laissait à leur couple, extraordinairement uni, qu'un mince délai durant lequel l'auteur devait se consacrer à l'apprentissage de la séparation sans recours et de la solitude.«Depuis la mort d'Else je n'ai pas touché une femme.» Ainsi commence le présent livre au cours duquel Marc Bernard, mutilé par le départ de celle qu'il aimait, essaie de continuer à vivre seul, à Cala d'Or, dans l'île de Majorque. Il y entretient avec la disparue un merveilleux rapport de passion. Il retrouve Else partout et toujours, brassant leur passé de bonheur, leur entente, les silences qui les rapprochaient dans la vie et que la mort a pu transfigurer.
7,50 €
Langage Tangage ou Ce que les mots me disent
Gallimard
Des jeux de mots en forme de définitions de dictionnaire (un mot suivi de ce que suggèrent, par-delà son sens admis, les éléments sonores ou parfois visuels dont il se compose et qui le relient à d'autres mots), voilà ce à quoi Michel Leiris n'a pas cessé de procéder depuis l'époque de jeunesse où, surréaliste, il publiait son Glossaire...C'est un supplément à celui-ci qu'il propose aujourd'hui, augmenté d'un essai dans lequel il s'explique sur ce qui pourrait être pris pour une manie, mais n'est que la pratique d'un genre particulier de poésie : échauffourée - chaude affaire de chats fous et de rats effarrouchés.écho, ô hoquet !éléphant - elfe enflé.élixir, luxe exquis !
9,50 €
Les Lois de l'hospitalité
Gallimard
«Au sortir d'une période où je fus ramené trois fois de suite au même thème dont résultèrent trois variations, le phénomène de la pensée me revient, tel qu'il s'était produit, avec ses hausses, ses chutes et ses absences, lorsqu'un jour, ayant cherché à relater quelques circonstances de ma vie, il m'arriva d'être bientôt réduit à un signe.La persistance d'un nom qui en forme le prétexte rend compte à elle seule d'un fond de pensée monotone. [...]Fasciné par le nom de Roberte en tant que signe, alors que j'étais dans le jardin sans plus rien voir de l'ensoleillée verdure autour de moi, n'ayant d'autre vision que la pénombre insituable où se jouait la lueur de sa main dégantée - je me décide à décrire ce qui doit se passer dans cette pénombre, ici illusoire. Je réfère au nom de Roberte ce que je vois et que je ne verrais point à défaut de ce nom.»Avant de donner lieu à une méditation, le signe unique est pour Pierre Klossowski une révélation expérimentale.Ce prénom, sans lequel il ne pourrait ni voir ni écrire, présente une absolue qui s'appelle la pensée.Maurice Blanchot commente ainsi Les lois de l'hospitalité : «Les pages les plus dramatiques qu'une écriture abstraite puisse nous donner à lire aujourd'hui.»
12,50 €
Les Mendiants
Gallimard
«Il a cessé de chantonner, il a cessé d'osciller et s'est retourné vers moi en souriant. Les mêmes cris plaintifs, mais plus sourds : en petites bandes au vol heurté, aux ailes largement étalées et aux becs pointus, des oiseaux montèrent en une lente ascension et brillèrent très noirs sur la rive escarpée et décrivirent de grands cercles au-dessus de nous et se maintinrent sur une ligne horizontale constituée par le sommet de la crête herbeuse ; la colonie vibrante s'éleva encore d'un léger bond et se perdit sur l'étoffe sombre des nuages poussés par le vent. Il s'est renversé en riant, sa main mouillée devant sa bouche. J'ai dit : Guillaume, et je me suis tu ; j'ai compris que je n'avais qu'à le regarder et que c'était entre lui et moi qu'existait un lien invisible et secret. Tous deux seuls avec l'eau, la vigilance, l'animation et la panique des bêtes. Je n'ai fait que le regarder sans parler ni même me pencher vers lui qui rejetait ses cheveux en fixant la rive où dans la demi-obscurité, à travers les roseaux et les broussailles compactes, s'est élevé le cri désolé et plaintif des oies. Je n'ai fait que le regarder.»

Édition définitive
12,50 €
Les Contes de la Véranda
Gallimard
Ces contes si châtiés furent écrits, contre toute apparence, dans l'anxiété et la fièvre. Gravement atteint déjà par le départ au loin de Nathaniel Hawthorne, l'irremplaçable confident d'hier, Melville assiste maintenant au naufrage de Pierre ou Les ambiguités sur les récifs de la morale puritaine. Devra-t-il, pour faire vivre les siens, étouffer sa pensée et renier son langage ? Endiguer le flot torrentiel qui a porté Moby Dick, puis Pierre en zone interdite ? Sa pensée restera intacte. Mais une conversion s'opère chez lui pendant la genèse des Contes. Jean-Jacques Mayoux l'a formulé on ne peut mieux : «Il semble que son langage ait intégré le silence et qu'il lui donne une puissance toute nouvelle.» Voué à la retenue du discours en même temps qu'à l'effacement personnel, il ne se veut plus l'huissier des ambiguïtés qui tissent le monde. Si Bartleby est «un homme au rebut» (tout comme l'auteur de Pierre), est-ce la faute du scribe - plus indéchiffrable qu'Hamlet - ou celle de Wall Street ? Àbord du navire esclavagiste, qui furent et qui sont les pires persécuteurs ? Les 2Contes de la Véranda$, souvent plus proches du mythe que de l'allégorie, sont par là même inépuisables. P.L.

Édition refondue de l'ouvrage paru en 1951 sous le titre Benito Cereno et autres Contes de la Véranda
13,00 €
La Pie voleuse
Gallimard
Dans un village méditerranéen (apparemment catalan), une femme recueille une pie blessée et s'amuse d'abord de ses innocents méfaits : c'est le bonheur et c'est l'été. Mais les caprices de l'oiseau ont bientôt des conséquences dramatiques, et la jeune femme, chez qui la pie ramène régulièrement son butin, devient le centre d'une vaste intrigue à laquelle participent presque tous les habitants du village. Au moment où la situation devient dangereuse, la jeune femme imagine, pour restituer sans se compromettre les objets volés, un habile stratagème. Profitant une nuit de l'absence du boulanger parti à la poursuite d'une jeune fille, elle s'introduit dans la boulangerie et cache les objets dans la pâte : elle compte sur la fête du lendemain. Ce jour-là, en effet, le village entier se rend dans la montagne où s'ouvre une sorte de kermesse. Entre les danses, on retrouve, en mordant dans le pain, les objets perdus...
7,80 €
Le Parjure
Gallimard
"Il s'agit d'un fragment de la vie d'un homme [...] qui n'est pas sans ressembler à l'Ulrich de Musil, d'abord parce qu'il a, comme celui-ci, un père chargé d'années, d'honneurs, de sciences, un professeur qui a réussi sa carrière et qui reproche, au contraire, à son fils, de n'être qu'un "petit romantique" et de "n'avoir pas trouvé sa voie" : encore l'"homme sans qualités" opposé à l'"homme à qualités", c'est-à-dire à ce malheureux héros moderne qui ne peut suivre la voie tracée par son père parce que celle-ci est devenue purement formelle, vide, et qu'aucune autre voie ne semble se présenter à lui. Ulrich, ici, s'appelle Stéphane Chalier ; il est professeur de littérature ; il a décidé, un beau jour, d'aller en Amérique écrire une thèse sur Hölderlin. [...] S'agit-il donc d'une variation sur le thème de Robinson, ou de la révolte contre la Société organisée, ou sur la déchéance de l'individu à la Beckett ? Il y a bien quelque chose de tout cela, mais l'essentiel est ailleurs, et se dérobe. Comment le faire sentir ? L'essentiel est peut-être une lumière à la fois mystérieuse et certaine projetée sur les choses les plus réelles et les plus quotidiennes (villages, feux de bois, montagnes, animaux, corps et pensées), sur la détresse, sur l'égarement, sur l'angoisse, sur l'horreur même ; une lumière qui les transfigure sans les arracher au monde, qui les rend inoubliables." Philippe Jaccottet.
8,00 €
Lourdes, lentes...
Gallimard
«Lourdes, et lentes. Prenant bien leur temps pour reluire et faire reluire. Nourrices, mères, sœurs. Pleines de lait, de sécrétions, d'organes mous. Les autres, les maigres, les rapides, retournez à vos enfers étroits.Germaine était lourde, lente.Je vais employer des mots sales. Il le faut. Il faut que je vous tire de votre sommeil et de votre hypocrisie, que je vous explique comment ça se passe.Gueulez au charron, ameutez les pouvoirs publics tant que vous voudrez, mais accordez-moi ceci ; je reste encore bien en deçà de vos divertissements cachés, de vos ballets oniriques.»André Hardellet.
8,50 €
Les Écarts amoureux
Gallimard
"Seule la torture morale convient aux délicats... Il faut faire saigner, mais sans effusion de sang", déclarait Néron, qui s'y connaissait. Paul Morand l'a d'ailleurs choisi pour héros de la première de ces trois nouvelles, placées sous le signe du bizarre, quand ce n'est pas de la monstruosité. C'est le duel subtil entre l'empereur histrion et son vieux maître fatigué, Sénèque, stoïcien pas très stoïque, qui a fasciné Paul Morand. Un mot, une intonation, un silence, et Sénèque sait que c'en est fait de sa vie. Mais si sa jeune épouse Paulina veut l'accompagner dans la mort, Néron le prend pour une nouvelle offense, et fait refermer les veines de la femme trop fidèle. "Je la condamne à vivre !" s'écrie-t-il. Les Compagnons de la Femme, tel fut le nom que prirent les saint-simoniens qui partirent, à la suite du Père Enfantin, à la découverte de l'Orient, symbole de la Mère. Ayant tout quitté, y compris leurs épouses, au nom de l'amour, ils ont voulu percer le canal de Suez trente ans avant de Lesseps. Dans leur folie généreuse, ils croyaient régénérer l'humanité.... Le château aventureux est l'histoire d'une malédiction qui se répète dans une famille italienne à travers les siècles. Deux fois, il naît une naine. Et l'on fait tout pour la préserver du contact des gens de taille normale. Mais les deux fois, l'amour vient brouiller les plans les mieux faits, et apporter une tragédie, qui, pour être naine, n'en est pas moins une tragédie.
8,50 €
L'eau vive. L'eau vive, I : Rondeur des jours
Gallimard
"La civilisation a voulu nous persuader que nous allons vers quelque chose, un but lointain. Nous avons oublié que notre seul but, c'est vivre et que vivre nous le faisons chaque jour et tous les jours et qu'à toutes les heures de la journée nous atteignons notre but véritable si nous vivons. Tous les gens civilisés se représentent le jour comme commençant à l'aube ou un peu après, ou longtemps après, enfin à une heure fixée par le début de leur travail ; qu'il s'allonge à travers leur travail, pendant ce qu'ils appellent "toute la journée" ; puis qu'il finit quand ils ferment les paupières. Ce sont ceux-là qui disent : les jours sont longs. Non, les jours sont ronds." Pour beaucoup, le jour trace une ligne droite, pareil à un trajet à parcourir. Jean Giono, lui, nous invite à y trouver de doux et éternels ronds, miroirs de l'infini. Ainsi, et avec lui, nous goûtons chaque instant : les lueurs d'une aube provençale, le lent ballet des moutons menés par un berger, l'émotion du fruit cueilli. Grands textes de l'attachement viscéral d'un homme à sa terre, ces Jours sont faits de tendresse et de révolte, de poésie et de drôlerie.
10,50 €
Un si funeste désir
Gallimard
Ce recueil comprend des digressions sur des esprits aussi divers et apparemment opposés que le sont Barbey d'Aurevilly, Gide, Georges Bataille, Brice Parain et Maurice Blanchot : c'est à dessein que ce recueil d'essais débute par un commentaire sur Le Gai Savoir et se termine par une étude sur la «parodie» chez Nietzsche. Un thème fondamental parcourt ces digressions : l'aller et venir, les hauts et les bas de l'existence à travers le langage.«Se peut-il qu'il y ait chez ces malheureuses un si funeste désir de lumière ?» s'écrie Énée aux Enfers à la vue des âmes purifiées qui se pressent au bord du Léthé, pour y boire l'oubli de leur purification afin de remonter à la lumière terrestre dans un nouveau corps corruptible, vers de nouvelles souillures. On aperçoit combien ce mot de Virgile s'applique à ces esprits qui n'ont de cesse de se corrompre par de nouvelles œuvres, poursuivant une nouvelle signification, fût-ce celle du non-sens même.
9,50 €
L'Homme couvert de femmes
Gallimard
Un jeune homme, Gille, est invité à la campagne par une veuve assez libre, Finette. Il veut se lier avec elle, mais d'abord il joue avec ses amies ; ensuite il sent de la répugnance pour son entourage et les maximes qu'elle affecte. Il s'éloigne, mais il revient bientôt, après une débauche à Paris. Alors, comme elle lui fait des avances et qu'il songe à y répondre, il se montre médiocre et galant.Cette déconvenue l'engage dans des confidences égarées. Mais rien ne décourage Finette qui devient amoureuse. L'arrivée de Jacqueline, qu'il a aimée autrefois, apporte à Gille de nouvelles raisons de se détourner de son hôtesse. Pourtant il devient son amant et le prestige d'un amour ancien est bientôt détruit.Mais Finette ne parvient pas à prendre place dans le cœur de Gille. Rebelle dès le début à tout ce qui lui paraît stérile au fond d'une telle liaison, ce débauché s'enfonce dans une méditation sur l'amour où se joignent la raison et la mystique, qui à la fin l'entraînent, vers le mariage peut-être, loin de cette maison où l'opprimait un des trop nombreux exemples de la misère sexuelle de ce temps.
9,50 €
Le déluge
Gallimard
Le 25 janvier à 15 h 30, François Besson, le narrateur, est frappé par une vision qui prend valeur de symbole : au moment où s'élance vers le ciel le hurlement de la sirène, une jeune fille apparaît sur un vélomoteur. Elle disparaît entre les maisons en même temps que cesse le bruit. Cet instant provoque chez le narrateur un basculement intérieur. «Depuis ce jour, tout a pourri. Je, François Besson, vois la mort partout.»Depuis ce jour François Besson vit les treize journées essentielles de sa vie.Le premier jour il écoute la confidence d'une amie, Anna, enregistrée sur bande magnétique. Il écoute ce qu'elle espérait, ce qui la passionnait, sa lassitude et ses raisons d'en finir.Le treizième jour, après avoir renoncé à l'argent, à l'amour, au travail et au bonheur, après avoir offert, en guise de sacrifice expiatoire, ses deux yeux à la brûlure du soleil, Besson fait passer l'envers de la bande. Anna raconte qu'elle a menti, que ses raisons de se suicider sont difficiles à dire mais qu'elle va mourir ; elle a absorbé le gardénal et il entendra ses dernières paroles. On assiste à la mort d'Anna. Elle dit : «C'est comme s'il y avait le déluge.»Le livre se termine sur l'abandon de François Besson. Le 22 mars 1963, il cède : la barrière de sa volonté n'est plus. Il a voulu le déchaînement, et ce déchaînement s'accomplit.
11,00 €