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Résultats de recherche pour 'M PLUS' (7221)

Oneïros ou la belle lurette
Gallimard
«Mon bouquin intitulé Oneïros raconte d'abord l'histoire d'un garçon qui cherche avec obstination - puérile si l'on veut : il a vingt ans - ce qu'il y a derrière les apparences. Puis il comprend une suite de mélanges - je ne sais trop comment appeler cela, ce ne sont pas exactement des poèmes en prose - composés plus tard par le narrateur lorsqu'il possède assez de recul et de lucidité pour faire le bilan de ses souvenirs, de ses rêves : virées en banlieue et dans les bals musette, contact avec l'insolite, figures des années de "la belle lurette", descriptives de songes, paysages qui s'emboîtent soudain dans l'irréel.[...] Je ne sais si tout ça tient debout : je sais simplement qu'il me fallait fixer certaines images sur les plaques sensibles de l'imagination. [...]»André Hardellet.Cet ouvrage est composé de vingt-trois textes, dont onze sont inédits.

Un recueil de vingt-trois textes de prose poétique, dont onze sont inédits.
7,00 €
Le Napoléon de Notting Hill
Gallimard
Auberon Quin, un original qui pousse l'humour jusqu'à l'absurde, se promène avec des amis à Westminster Gardens lorsque deux officiers s'approchent et leur annoncent que M. Quin a été proclamé roi d'Angleterre. Auberon s'en tient alors à sa résolution de ne plus rien prendre au sérieux. Jusqu'au jour où il rencontre plus fou que lui : Adam Wayne qui se présente à la Cour comme prévôt de Notting Hill et veut lutter, l'épée à la main, pour l'indépendance de Pump Street.À la lecture de ce roman paru en 1904, on rit souvent, on s'étonne parfois et, finalement, on s'aperçoit que toute la civilisation moderne a été remise en question.

Où l'on s'aperçoit que toute la civilisation a été remise en question. Première parution française en 1912.
10,50 €
Lois
Gallimard
«Messieurs, dit le pdg, la situation n'est pas bonne. Les affaires tournent en rond, des fuites partout. Le foncier enfoncé, l'immobilier traqué, le change est enfin ce que vous savez. Plus nous misons sur lui et plus il nous mange. Tant va le change à l'eau qu'à la fin c'est la fange. Montons les prix, desserrons l'étreinte. Les syndicats sont à nos trousses, raisonnables au sommet mais parfois, hélas, débordés. Débordé est le mot, mais j'espère que chacun de vous sait comment border son rebord. Les sanctions d'abord. La crise vient évidemment de l'étalon-or.»Philippe Sollers, 1972.

«nié face à face, niant la membrane, l'entrée : ce qui s'y trouve existe ailleurs, ce qui n'y est pas n'est nulle part : NÉ- [...]»
7,00 €
Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits
Gallimard
«Non ! Je ne puis affirmer qu'avec la fin de ce cahier, tout sera clos ; que c'en sera fait. Peut-être aurai-je le désir de rajouter encore quelque chose. De rajouter je ne sais quoi. De rajouter. Peut-être. Au dernier instant, de rajouter encore quelque chose... J'ai sommeil, il est vrai ; mais je n'ai pas envie de dormir. Il me semble que je pourrais être encore plus fatigué. Il est je ne sais quelle heure de la nuit ou du matin. Ai-je encore quelque chose à dire ? Encore à dire je ne sais quoi. Ma propre position dans le ciel, par rapport au soleil, ne doit pas me faire trouver l'aurore moins belle.»

Nouvelle édition revue et augmentée

«Je ne sais ce que ça donnera : j'ai résolu d'écrire au hasard. Entreprise difficile : la plume (c'est un stylo) reste en retard sur la pensée.»
8,50 €
Le bouquet
Gallimard
«Le bouquet n'est pas un roman, mais l'histoire du mitrailleur Adrien Gaydamour qui n'avait pas de mitrailleuse, un soldat de quarante, depuis son incorporation au "... ième Débineurs" jusqu'à sa levée d'écrou. Il s'agirait donc plutôt d'une tranche de mauvaise vie qu'il n'a pas été le seul à avaler. Avant, Gaydamour a suçoté une existence des plus quelconques : l'école, la caserne, le chômage, l'autobus quotidien, le bureau, en compagnie d'autres Gaydamour. Mais voilà qu'on l'invite à entrer dans un conflit mondial. Puis il est fait prisonnier : le bouquet.Adrien a pu s'échapper. Mais, il reste là-bas une chiourme innombrable. D'autres parleront après lui. C'est une histoire répandue par le monde à des millions d'exemplaires. Des variations sur le froid, la faim, l'ennui et la mort. Des histoires toutes simples qui ne s'inventent pas. J'ai fait ce livre en 1942, dans un village de montagne pendant un printemps, un été. Fait après l'avoir souffert. Et aujourd'hui que nous sommes enfin libres, ce récit peut venir au grand jour. Je n'y ai rien changé.»Henri Calet, octobre 1944.

Fait prisonnier en juin 1940, Henri Calet s'évada après sept mois de captivité ; de ses souvenirs, il tira Le bouquet qui ne parut qu'en 1945.
9,00 €
À cor et à cri
Gallimard
Crier. Parler. Chanter. Tels sont les trois thèmes qui guident ici Michel Leiris.«Obscénité du cri qui, déchirant le voile du silence, semble mettre à nu toute l'horreur.Paroles : fondement des échanges humains ou clapotis sans lequel il n'y aurait qu'eau morte ?Quand cela chante à notre oreille ou sur nos lèvres, c'est que - fût-ce en les heures les plus noires - un vent fait frémir notre mâture.»De l'inventaire des cris, en deçà de la parole, Leiris s'élève jusqu'au chant. Du cri qui troue le calme plat à la parole qui tresse un lien, puis à l'ivresse du chant, il fait suivre au lecteur l'itinéraire capricieux d'une chasse à la poésie, qui est aussi une lutte contre les déprédations de l'âge ainsi qu'une quête de justification.

La parole, le cri et le chant.
7,80 €
La Tempête et l'écho
Gallimard
«N'approfondissez pas trop l'Afrique. N'essayez pas de la comprendre. N'essayez pas de la pénétrer. Ne vous laissez pas attirer par ce gouffre. Plus on s'y enfonce, plus elle est venimeuse.»Tel est le conseil que reçoit le héros, à peine arrivé en Afrique, mais il n'a cure de cet avis désabusé.Parti à la recherche d'un ami disparu, il se joint à une caravane en route pour Nagala, montagne au centre du Congo. Les voyageurs sont à la poursuite de quelque chose qui dépasse infiniment le but avoué de leur voyage : ils attendent de l'Afrique une révélation sur la vie, et sur eux-mêmes.
10,70 €
L'attente l'oubli
Gallimard
«Depuis quand avait-il commencé d'attendre ? Depuis qu'il s'était rendu libre pour l'attente en perdant le désir des choses particulières et jusqu'au désir de la fin des choses. L'attente commence quand il n'y a plus rien à attendre, ni même la fin de l'attente. L'attente ignore et détruit ce qu'elle attend. L'attente n'attend rien.»
8,00 €
Les chasseurs I et II
Gallimard
«Vous raconterai-je la jeunesse des roseaux et des mares ? Vous dirai-je les déambulations nocturnes des statues qui changent de socle au clair de lune ?Nous explorions les balcons et les toits où l'on pénètre dans des flaques de musique inexprimable. De haut et de loin, nous apercevions le Guet, si ridiculement pesant qu'il devait renoncer à l'espoir de nous atteindre jamais. Le vin puissant de la tristesse nous faisait chanter. Nous mettions les filles à mal en exigeant l'Olympe dans leurs yeux, dans leurs reins. Puis, redescendus sur le pavé, nous nous battions au poignard contre les assassins de l'aube, les peaux-rouges surgis de coupe-gorge atroces.Mais le plus souvent, nous nous contentions de regarder n'importe quoi - des promesses par exemple. C'est un art subtil où nous étions passés maîtres.»André Hardellet.
8,50 €
Ostinato
Gallimard
«Ce ne sont ici que figures de hasard, manières de traces, fuyantes lignes de vie, faux reflets et signes douteux que la langue en quête d'un foyer a inscrits comme par fraude et du dehors sans en faire la preuve ni en creuser le fond, taillant dans le corps obscurci de la mémoire la part la plus élémentaire - couleurs, odeurs, rumeurs -, tout ce qui respire à ciel ouvert dans la vérité d'une fable et redoute les profondeurs.»
10,00 €
Le fidèle Berger
Gallimard
Le brigadier Berger, du train des équipages, matricule 2404, est pris dans la tourmente de 1940. Fait prisonnier, astreint à de terribles marches forcées, il devient fou. Passé et présent s'entrechoquent en lui et il n'y comprend plus rien. Mais pour cet homme loyal et fidèle, la pire folie n'est-elle pas celle du monde réel, l'armée vaincue, dispersée, la France occupée ? Sa folie à lui n'est que fidélité au passé.
10,00 €
Puissances de Paris
Gallimard
On sait l'importance de la ville et, en premier lieu, de Paris dans l'œuvre poétique et romanesque de Jules Romains, depuis La vie unanime jusqu'aux Hommes de bonne volonté.Paru pour la première fois en 1911, ce recueil de «radioscopies» unanimistes tentait de fixer l'âme d'une grande métropole, d'en saisir les lois physiques, mentales, d'ausculter ses rythmes et ses pulsations, comme d'un être aux multiples visages, à la fois changeants, insaisissables et mystérieux.Les «puissances de Paris», c'étaient les forces, les pouvoirs qui émanaient de ses rues, de ses squares, de ses places, de ses passages et de ses rassemblements plus ou moins éphémères que Jules Romains, inlassable arpenteur de «sa» ville, prétendait détecter pour nous en restituer la singulière poésie, conçue comme une traversée des apparences.
7,00 €
Méandres
Gallimard
Fidèle à son goût pour la flânerie, Léon-Paul Fargue explore dans Méandres des territoires intérieurs. Il livre bien plus que des chroniques : un véritable bilan, à la croisée de la mémoire et du présent. Immobilisé par la maladie, il écrit de la frontière fragile entre la vie vécue et la vie rêvée. Les scènes de la Libération se mêlent aux souvenirs des années 1920 : fêtes, rues, visages, instants fugaces. Le temps se replie, bifurque, avance en zigzaguant. Observateur d'une finesse rare, Fargue capte les détails, les contradictions, l'âme même de Paris : ville à la fois intime et universelle, toujours en mouvement. Entre poésie et réflexion, Méandres devient une traversée du temps et de soi, dérive sensible au coeur de la mémoire.
10,00 €
Les Mémoires d'un veuf
Gallimard
Les mémoires d'un veuf, le titre choisi dit assez l'intention autobiographique. Verlaine n'a pas attendu le remariage de Mathilde, qui eut lieu le 30 octobre 1886, dans le temps même, précisément, où paraissait l'ouvrage, pour se considérer, par un pathétique paradoxe qui n'en traduit pas moins une étrange fidélité, à soi, à l'autre, comme «veuf». «C'est moi le quitté», disait déjà la lettre du 4 octobre 1872 à Victor Hugo. Parti, en effet, mais non détaché. Détaché, il ne le sera jamais. Et il lui a suffi, pour se sentir rejeté, abandonné, «veuf», de n'être pas aussitôt pardonné et repris ; il a suffi, même, que sa supplication ne fût pas entendue. Le veuf, lui aussi, l'inconsolable, c'est cela qu'il se croit, qu'il se sent ou qu'il se veut. Un des beaux poèmes d'Amour : Un veuf parle, est daté de 1878. La litanie ne finira plus. Mais, veuf, ce n'est pas de Mathilde seulement qu'il l'est : c'est de tout ce qu'il a connu et aimé, et dont pas davantage, jusqu'à la fin, il l'est de Lucien Viotti, l'ami ou l'amant de sa jeunesse, il l'est de soi-même peut-être et de sa propre vie.Jacques Borel.
7,50 €
La Ville anonyme
Gallimard
En 1925, André Beucler faisait avec éclat son entrée en littérature. En mai, paraissait chez Gallimard son premier roman : La ville anonyme. En juillet, la NRF accueillait en son sommaire, entre Rilke, Proust, Gide et G. B. Shaw, sa première nouvelle : Un nouvel amour. En août, les Cahiers du mois de Maurice Darantière publiait un conte fantastique : Entrée du désordre. En octobre, la collection d'avant-garde Cinario offrait aux cinéphiles un synopsis inédit : Un suicide.Quatre œuvres immédiatement remarquées. Dès le mois de juin, Paul Morand salue le nouveau venu : «Il y a des années que je n'ai pas adhéré à un auteur avec autant de contentement.» En août, Max Jacob lui écrit : «Vous êtes un homme nouveau : c'est le plus grand éloge qu'on puisse faire à un artiste.» Albert Thibaudet et Edmond Jaloux enregistrent la révélation d'un grand auteur. Un «magicien romanesque» ajoute Hélène Vacaresco. «Comme je voudrais vivre dans votre ville anonyme ! au moins la moitié de ma vie !... » confie Joseph Delteil. Et Kessel : «Ton talent me rendrait un peu envieux si je t'aimais moins.»1925, c'est aussi pour Beucler l'année où se nouent des amitiés définitives : Léon-Paul Fargue, Max Jacob, Jean Cocteau, Paul Morand, Joseph Kessel, Emmanuel Bove. Puis ce sera le grand succès populaire de Gueule d'amour, que Jean Gabin incarnera au cinéma.
9,15 €
L'Œil clair
Gallimard
«- Ces jours-ci, je sens un roman.-Délivrez-vous !- Le travail du roman n'est-il pas agréable ? On reste chez soi. On s'enferme une dizaine de mois, pas plus, puisque les prix sont annuels, et il faut être prêt ! On écrit tranquillement le livre, et, quand le diable y serait, on finit bien par décrocher un de ces prix, avec n'importe quel roman.- De quelle espèce sera le vôtre ?- Ce n'est pas les genres qui manquent ! J'ai le choix entre du Balzac, du Daudet, du Zola, du Goncourt, du Mirbeau, et même du Bourget. Le Bourget a l'air plus compliqué, à cause des accessoires, mais je connais des recéleurs qui vendent jusqu'à des idées générales pour un morceau de pain.»
7,50 €
On vient chercher Monsieur Jean
Gallimard
C'est dans le Paris des tramways et des fiacres que Jean Tardieu vécut son enfance. La rue Chaptal (son domicile), la rue Ballu où l'on venait, en fin d'après-midi, «chercher Monsieur Jean» chez sa marraine, bien d'autres lieux sont, pour lui, peuplés de souvenirs.Plus tard, ce seront les misères, les travaux et les jours, le hasard des rencontres (notamment au «Club d'essai» de la radio, les amitiés fidèles, les seules qui comptent.Une modestie exemplaire, une générosité de cœur et d'esprit, une présence aux autres et au monde qui n'exclut pas la rêverie caractérisent ce grand poète dont le propos, où le sérieux se cache sous l'humour, est de se «demander sans fin comment on peut écrire quelque chose qui ait un sens».
9,00 €
La Tête vide
Gallimard
«D'un côté, on voit un mari cocu, bafoué, grugé qui, sachant qu'il avait épousé une femme indigne et très inférieure à son milieu, essayait malgré tout de maintenir debout son ménage, en reportant son affection sur ses enfants.De l'autre, un mari toujours cocu, sans doute, mais qui ne l'a pas volé ; un mari jaloux, grippe-sou, tyrannique, brutal, sans aucune moralité, cynique (et dans le sens le plus péjoratif qui soit) ; bref, un mari impossible et pour lequel on ne peut avoir que mépris.Entre ces deux portraits, si dissemblables, où est donc le véritable Barcenas ?»
8,50 €
Théâtre/Roman
Gallimard
«Qu'on entende bien que, lorsque je dis le théâtre, le théâtre est le nom que je donne au lieu intérieur en moi où je situe mes songes et mes mensonges.»Tout le roman est un jeu de masques, de miroirs, qui s'accomplit secrètement dans ce théâtre de mots et donne, selon l'expression d'Aragon, une leçon de ténèbres.Ainsi Aragon ouvre ce théâtre intérieur que l'homme est à lui-même et dans lequel il remet ses rêves en scènes. Longtemps après le livre refermé la lecture en soi se poursuit. La quête de cette œuvre si libre et si grave fait lever les images et les mondes les plus enfouis, donnant de l'existence une représentation crépusculaire à laquelle on ne peut s'arracher.Théâtre/Roman est un livre essentiel qui veut éclairer de l'intérieur la totalité de l'œuvre d'Aragon.
15,00 €
La Lettre dans un taxi
Gallimard
«J'ai beaucoup d'amitié pour vous et j'en aurai plus encore si vous êtes franche.- Vous me le jurez ? - Je vous le jure», répondit-il, et Gilberte parla. Elle lui raconta que la lettre que Cécilie avait perdue dans un taxi contenait non seulement les propos très compromettants qu'il avait tenus sur M. Doublard-Despaumes, ses mœurs et sa vénalité, mais aussi, une comédie satirique dont lui, Gustave, était le héros.
8,50 €
Mots sans mémoire
Gallimard
Ce recueil, publié en 1969, rassemble des textes écrits entre 1925 et 1961, parmi lesquels figure le célèbre Glossaire, j'y serre mes gloses. Ce livre révèle la nature du travail poétique de Michel Leiris, attaché à définir le langage comme révélation de soi-même et des autres : «Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations naturelles... En disséquant les mots que nous aimons, nous découvrons leurs vertus les plus cachées et leurs ramifications secrètes qui se propagent à travers tout le langage.»
9,00 €
Le Nègre
Gallimard
«Il est celui qui ne pense à rien parce qu'il n'a rien à penser. Il est celui qui aime le sommeil une fois pour toutes et qui aime mordre la nuit et l'écraser. Il est aussi celui qui marche seul dans l'ombre et le silence.Il avance. Ses pas frappent la terre. Il n'y a plus pour lui que le froid et le chaud, la pluie et le vent. Rien d'autre. La terre tourne. Il avance dans l'air fluide, dans la lumière rose du matin et du soir. Rien d'autre. Qui l'étonne ?Il est né dans un pays où les fleuves ont des milliers de kilomètres, où l'eau roule des cailloux gros comme des têtes, où les orages durent plusieurs semaines, où les lacs qui ont la forme des yeux sont féroces comme les mers, où les nuages sont plus lourds encore que la chaleur, où le feu se propage à la vitesse d'une locomotive.»

Nouvelle édition
7,45 €
Les Dernières nuits de Paris
Gallimard
«Elle n'aimait que la nuit qu'elle semblait épouser chaque soir, et son allure même ne devenait réelle que lorsqu'elle s'éloignait de la lumière pour pénétrer dans l'obscurité. Elle était la nuit même et sa beauté était nocturne. De même que l'on répète avec une parfaite inconscience : clair comme le jour, on ne pouvait s'empêcher d'estimer Georgette belle comme la nuit. Je songe à ses yeux, à ses dents, à ses mains, à cette pâleur qui la couvrait tout entière. Et je n'oublie pas cette fraîcheur qui l'accompagnait.Il me semble que Georgette devenait plus désirable lorsque la nuit s'avançait, que chaque heure la dépouillait d'un vêtement et rendait sa nudité plus apparente.Tout cela, ce sont des souvenirs qui s'égarent et s'allument, tout cela, ce sont des désirs de la nuit, mais Georgette avait compris que, pour être belle et désirée, il fallait qu'elle s'identifiât à la nuit, au mystère quotidien.»

Nouvelle édition
10,00 €
Porte dévergondée
Gallimard
«Point de programme arrêté, mais des aventures, qui sont plutôt des mésaventures, des histoires sorties des vacances du cœur, prennent forme plus ou moins précisément, sans que l'on sache bien si elles sont projetées, parfois comme à rebours, sur un écran tendu dans la fumée, ou si elles sont récitées, par des acteurs moins professionnels que dilettantes, sur une scène improvisée entre deux lampes à pied dressées devant un rideau vague, ou si elles sont racontées par des personnes que l'on écoute avec un peu d'irritation et que l'on se refuse à croire. Le propre de ces aventures ou de ces histoires est de choquer le spectateur ou l'auditeur.»
6,70 €
Les Arbres musiciens
Gallimard
«Les pins se balancent haut dans le ciel. Ils sifflent à perdre haleine et jettent leur mélodie sombre dans le grand jour qui rayonne sur la forêt. Gonaïbo et Harmonise, la main dans la main, s'en vont parmi les arbres, empoignés par la vaste voix des conifères. Ils courent et s'emplissent au passage les mains de fraises des bois et de mûres juteuses. Ivres, ils s'enfoncent au plus épais de la forêt. Soudain ils s'arrêtent écrasés par la merveille qui s'offre à leurs yeux. Devant eux s'étend une véritable muraille d'orchidées sauvages, une tapisserie aux cent couleurs. Il y en a de toutes teintes, de toutes formes, les unes plus précieuses que les autres, unies, tigrées, avec des volutes d'étamines, des pétales ourlés, spatulés, frisés, des yeux bridés et souriants, des bouches rouges et bées, des dents ivoirines.»
12,50 €
Les Aventures de Télémaque
Gallimard
Ce petit ouvrage, paru en 1922 dans la collection «Une Œuvre, un Portrait» est d'un extrême intérêt pour l'histoire de la littérature française au moment où le mouvement Dada n'a pas encore fait place au surréalisme. Ce texte, qui se révèle d'un impeccable styliste, amorce déjà, malgré le «collage» des manifestes dadaïstes de l'auteur, la rupture devenue nécessaire avec Dada. Les aventures de Télémaque apparaît comme l'œuvre présurréaliste la plus importante.
8,00 €
Les jardins et les fleuves
Gallimard
Comme Molière, dont il découvre la biographie, Jeandé aime sa fille. Nous ne suivons pas la naissance d'une passion, nous rêvons autour d'une incertitude. Au cours d'un voyage en Arabie Saoudite, il épouse Armène - et vit avec elle sans la toucher. Nous ne saurons la violence de cette passion qu'au jour où la jeune femme se laisse enlever par un milliardaire d'Amérique du Sud. Au plus profond de sa détresse le vieil acteur, amoureux de sa jeune fille lointaine, se prend pour Molière, pour Chaplin, souffre d'une souffrance obscure, inextricable. Un soir Armène revient vers son père...Curieux livre et, comme tous ceux d'Audiberti, envoûtant : de Paris en Arabie, d'Alger à la Lozère, ce livre touffu, parfois échevelé, nous assiège comme les récits de Melville - à coups d'hallucinations vraies.
13,95 €
Monsieur Godeau intime
Gallimard
«Aucune des femmes qui l'avaient tenu dans leurs bras ne lui avait donné plus douce et plus violente, plus entière jouissance de soi-même que celle-ci agenouillée toujours à la même distance, ou assise à deux pas de lui sur sa chaise légère de roseau. M. Godeau qui avait toujours eu peur de perdre son temps auprès de Véronique, parce qu'il ne soupçonnait pas le plaisir qu'elle lui donnerait avant le soir, finissait toujours par reconnaître qu'elle lui avait donné à la fin un plaisir aigu, vif, rare et qu'il n'y avait qu'avec elle que le temps ne fût pas perdu, puisqu'elle en faisait une sorte d'éternité.»
11,00 €
La Comédie de Charleroi
Gallimard
«Je me rappelle deux ans plus tard, en face de moi, ce grand diable d'officier allemand debout dans la tourmente, à Verdun, Fritz von X..., qui était debout, et appelait, et m'appelait. Et je ne lui répondais pas, je le canardais de loin.Dans cette guerre, on s'appelait, on ne se répondait pas. J'ai senti cela, au bout d'un siècle de course. On a senti cela. Je ne faisais plus que gesticulailler, criailler.Je n'avançais plus guère. Je trébuchais, je tombais.Ils trébuchaient, ils tombaient.Je sentais cela. Je sentais l'Homme mourir en moi.»
10,00 €
Amours
Gallimard
«Mes souvenirs, en effet, s'arrêtent là, de ce grand jour où je fis avec Jeanne, et pour la première fois, l'amour pour de bon. Ce n'est même pas la peine que je me fatigue à chercher. Je revois ce corps d'un rose pâle, ces seins pleins et durs, ce visage brillant d'ardeur, d'autres beautés encore plus intéressantes...»
8,15 €
Terres étrangères
Gallimard
«Vous vous rappelez ces années inquiètes - c'était l'époque de Dada - où tant de jeunes écrivains se trouvaient partagés entre le défi, le jeu et la détresse. Cette époque, nous étions assez lucides pour la juger, assez faibles pour en souffrir. Un jour, je pris la fuite ; je regagnai le village où chaque année me ramenaient les vacances, qui étaient mon vrai décor, et plus qu'un décor. Là, dans un grenier, la fenêtre ouverte sur la vallée où s'achevait la fenaison, j'écrivis Terres étrangères. Cela naquit et se développa comme un chant, sans calcul ni grande ambition. Ce que je pouvais y mettre, je m'en rendais mal compte ; je le vois mieux aujourd'hui. J'y mettais ce qu'un jeune écrivain, s'il est sincère, confie à sa première œuvre : son trouble, ses appels, sa fable intime - cette fable tout ensemble exaspérée et chaste. (...) Le garçon de vingt-trois ans qui écrivait ce récit n'est point pour moi un étranger.»Marcel Arland (1923).
6,05 €
Les Lois de l'hospitalité
Gallimard
«Au sortir d'une période où je fus ramené trois fois de suite au même thème dont résultèrent trois variations, le phénomène de la pensée me revient, tel qu'il s'était produit, avec ses hausses, ses chutes et ses absences, lorsqu'un jour, ayant cherché à relater quelques circonstances de ma vie, il m'arriva d'être bientôt réduit à un signe.La persistance d'un nom qui en forme le prétexte rend compte à elle seule d'un fond de pensée monotone. [...]Fasciné par le nom de Roberte en tant que signe, alors que j'étais dans le jardin sans plus rien voir de l'ensoleillée verdure autour de moi, n'ayant d'autre vision que la pénombre insituable où se jouait la lueur de sa main dégantée - je me décide à décrire ce qui doit se passer dans cette pénombre, ici illusoire. Je réfère au nom de Roberte ce que je vois et que je ne verrais point à défaut de ce nom.»Avant de donner lieu à une méditation, le signe unique est pour Pierre Klossowski une révélation expérimentale.Ce prénom, sans lequel il ne pourrait ni voir ni écrire, présente une absolue qui s'appelle la pensée.Maurice Blanchot commente ainsi Les lois de l'hospitalité : «Les pages les plus dramatiques qu'une écriture abstraite puisse nous donner à lire aujourd'hui.»
12,50 €
Les Mendiants
Gallimard
«Il a cessé de chantonner, il a cessé d'osciller et s'est retourné vers moi en souriant. Les mêmes cris plaintifs, mais plus sourds : en petites bandes au vol heurté, aux ailes largement étalées et aux becs pointus, des oiseaux montèrent en une lente ascension et brillèrent très noirs sur la rive escarpée et décrivirent de grands cercles au-dessus de nous et se maintinrent sur une ligne horizontale constituée par le sommet de la crête herbeuse ; la colonie vibrante s'éleva encore d'un léger bond et se perdit sur l'étoffe sombre des nuages poussés par le vent. Il s'est renversé en riant, sa main mouillée devant sa bouche. J'ai dit : Guillaume, et je me suis tu ; j'ai compris que je n'avais qu'à le regarder et que c'était entre lui et moi qu'existait un lien invisible et secret. Tous deux seuls avec l'eau, la vigilance, l'animation et la panique des bêtes. Je n'ai fait que le regarder sans parler ni même me pencher vers lui qui rejetait ses cheveux en fixant la rive où dans la demi-obscurité, à travers les roseaux et les broussailles compactes, s'est élevé le cri désolé et plaintif des oies. Je n'ai fait que le regarder.»

Édition définitive
12,50 €
Les Contes de la Véranda
Gallimard
Ces contes si châtiés furent écrits, contre toute apparence, dans l'anxiété et la fièvre. Gravement atteint déjà par le départ au loin de Nathaniel Hawthorne, l'irremplaçable confident d'hier, Melville assiste maintenant au naufrage de Pierre ou Les ambiguités sur les récifs de la morale puritaine. Devra-t-il, pour faire vivre les siens, étouffer sa pensée et renier son langage ? Endiguer le flot torrentiel qui a porté Moby Dick, puis Pierre en zone interdite ? Sa pensée restera intacte. Mais une conversion s'opère chez lui pendant la genèse des Contes. Jean-Jacques Mayoux l'a formulé on ne peut mieux : «Il semble que son langage ait intégré le silence et qu'il lui donne une puissance toute nouvelle.» Voué à la retenue du discours en même temps qu'à l'effacement personnel, il ne se veut plus l'huissier des ambiguïtés qui tissent le monde. Si Bartleby est «un homme au rebut» (tout comme l'auteur de Pierre), est-ce la faute du scribe - plus indéchiffrable qu'Hamlet - ou celle de Wall Street ? Àbord du navire esclavagiste, qui furent et qui sont les pires persécuteurs ? Les 2Contes de la Véranda$, souvent plus proches du mythe que de l'allégorie, sont par là même inépuisables. P.L.

Édition refondue de l'ouvrage paru en 1951 sous le titre Benito Cereno et autres Contes de la Véranda
13,00 €
Le Parjure
Gallimard
"Il s'agit d'un fragment de la vie d'un homme [...] qui n'est pas sans ressembler à l'Ulrich de Musil, d'abord parce qu'il a, comme celui-ci, un père chargé d'années, d'honneurs, de sciences, un professeur qui a réussi sa carrière et qui reproche, au contraire, à son fils, de n'être qu'un "petit romantique" et de "n'avoir pas trouvé sa voie" : encore l'"homme sans qualités" opposé à l'"homme à qualités", c'est-à-dire à ce malheureux héros moderne qui ne peut suivre la voie tracée par son père parce que celle-ci est devenue purement formelle, vide, et qu'aucune autre voie ne semble se présenter à lui. Ulrich, ici, s'appelle Stéphane Chalier ; il est professeur de littérature ; il a décidé, un beau jour, d'aller en Amérique écrire une thèse sur Hölderlin. [...] S'agit-il donc d'une variation sur le thème de Robinson, ou de la révolte contre la Société organisée, ou sur la déchéance de l'individu à la Beckett ? Il y a bien quelque chose de tout cela, mais l'essentiel est ailleurs, et se dérobe. Comment le faire sentir ? L'essentiel est peut-être une lumière à la fois mystérieuse et certaine projetée sur les choses les plus réelles et les plus quotidiennes (villages, feux de bois, montagnes, animaux, corps et pensées), sur la détresse, sur l'égarement, sur l'angoisse, sur l'horreur même ; une lumière qui les transfigure sans les arracher au monde, qui les rend inoubliables." Philippe Jaccottet.
8,00 €
Voyages de l'autre côté
Gallimard
Watasenia qui forme l'ouverture de ce roman-voyage est une exploration géologique et moléculaire de l'Eau où mers et pluies, chutes et fleuves, torrents et rivières se font et se défont dans un cycle d'éternel retour. Une fois traversée, l'Eau nous fait découvrir alors une des plus singulières figures de femme jamais conçue par un écrivain : Naja Naja, rassemblant sur elle les tissus intemporels du Mythe, est une éblouissante Lilith moderne capable d'atteindre l'autre côté de toutes les parois, concrètes ou non. On la suit, cette fille qui est tour à tour flamme, flèche, fumée, vent. Elle est dure et douce à ceux qui, l'ayant entrevue une seule fois, ne peuvent que se soumettre à son itinéraire fou «à travers les pays où l'on ne parle pas».Alligator Barks, Louise, Sursum Corda, Gin-Fizz, Yamaha, Léon, ses compagnons, sont ancrés dans le monde occidental d'aujourd'hui avec ses réseaux routiers, ses villes, ses paysages : ils pressentent que Naja Naja, comme le fruit d'un rêve vécu, les mène en silence et minutieusement vers la liberté.
11,00 €
Journal d'un génie
Gallimard
Ce livre nous dévoile un Dali quotidien. Pour Dali, son propre génie ne fait pas de doute. Il ne le répète pas pour s'en convaincre, mais pour convaincre ses contemporains. Dans le Journal d'un génie Dali se contemple, mais va en même temps plus loin et, au-delà de son image, retrouve les ambitions métaphysiques de la peinture. Au-delà de cette publicité dont il s'inonde, Dali nous révèle aussi son caractère : celui d'un peintre qui pousse la conscience de son art jusqu'à la minutie exaspérante qui le conduit au bord de la folie.
11,00 €
Le déluge
Gallimard
Le 25 janvier à 15 h 30, François Besson, le narrateur, est frappé par une vision qui prend valeur de symbole : au moment où s'élance vers le ciel le hurlement de la sirène, une jeune fille apparaît sur un vélomoteur. Elle disparaît entre les maisons en même temps que cesse le bruit. Cet instant provoque chez le narrateur un basculement intérieur. «Depuis ce jour, tout a pourri. Je, François Besson, vois la mort partout.»Depuis ce jour François Besson vit les treize journées essentielles de sa vie.Le premier jour il écoute la confidence d'une amie, Anna, enregistrée sur bande magnétique. Il écoute ce qu'elle espérait, ce qui la passionnait, sa lassitude et ses raisons d'en finir.Le treizième jour, après avoir renoncé à l'argent, à l'amour, au travail et au bonheur, après avoir offert, en guise de sacrifice expiatoire, ses deux yeux à la brûlure du soleil, Besson fait passer l'envers de la bande. Anna raconte qu'elle a menti, que ses raisons de se suicider sont difficiles à dire mais qu'elle va mourir ; elle a absorbé le gardénal et il entendra ses dernières paroles. On assiste à la mort d'Anna. Elle dit : «C'est comme s'il y avait le déluge.»Le livre se termine sur l'abandon de François Besson. Le 22 mars 1963, il cède : la barrière de sa volonté n'est plus. Il a voulu le déchaînement, et ce déchaînement s'accomplit.
11,00 €
Le Flâneur des deux rives / Contemporains pittoresques
Gallimard
«Les hommes ne se séparent de rien sans regret, et même les lieux, les choses et les gens qui les rendirent les plus malheureux, ils ne les abandonnent point sans douleur.C'est ainsi qu'en 1912, je ne vous quittai pas sans amertume, lointain Auteuil, quartier charmant de mes grandes tristesses. Je n'y devais revenir qu'en l'an 1916 pour être trépané à la Villa Molière.»Le flâneur des deux rives a paru en 1918, l'année de la mort de Guillaume Apollinaire. Le texte qui annonce le surréalisme a exercé une influence profonde.Contemporains pittoresques, recueil d'articles dispersés et introuvables, est un ouvrage posthume.
9,00 €
Olga ma vache - Les Campements - Confessions d'un fumeur de tabac français
Gallimard
Roland Dubillard, de son inimitable démarche d'humoriste lugubre, de funambule métaphysique, explore, dans ce livre, le domaine de la nouvelle.Olga ma vache est l'histoire de la violente passion qu'un ruminant inspire à son propriétaire. Cet étrange amour plonge cet homme dans les situations les plus invraisemblables qui sont vécues avec une intensité et une fantaisie désespérées.Un long monologue poétique, Les Campements, célèbre l'instable, les harmonies passagères, la destruction permanente, l'absurde.Enfin Confessions d'un fumeur de tabac français, journal de la dérision d'une désintoxication ratée, sert de prétexte à parler avec légèreté de l'écriture, de l'amour qui se consume, de l'inconsistance de la vie qui passe.Dans ces nouvelles, comme dans son œuvre théâtrale, on entend la voix de Dubillard, une voix comique, au sens le plus fort.
9,00 €
Feux
Gallimard
Feux est une suite de nouvelles, de proses lyriques, presque de poèmes, inspirés par une certaine notion de l'amour. Alternant avec des notes sur la passion amoureuse, on y trouve les histoires de Phèdre, d'Achille, de Patrocle, d'Antigone, de Léna, de Marie-Madeleine, de Phédon, de Clytemnestre, de Sappho.«Dans Feux, où je croyais ne faire que glorifier un amour très concret, ou peut-être exorciser celui-ci, écrit l'auteur, l'idôlatrie de l'être aimé s'associe très visiblement à des passions plus abstraites, mais non moins intenses, qui prévalent parfois sur l'obsession sentimentale et charnelle : dans Antigone ou Le choix, le choix d'Antigone est la justice ; dans Phédon ou Le vertige, le vertige est celui de la connaissance ; dans Marie-Madeleine ou Le salut, le salut est Dieu. Il n'y a pas là sublimation, comme le veut une formule décidément malheureuse et insultante pour la chair elle-même, mais perception obscure que l'amour pour une personne donnée, si poignant, n'est souvent qu'un bel accident passager, moins réel en un sens que des prédispositions et les choix qui l'antidatent et qui lui survivront.»
10,00 €
Le Château de Cène / Le Château de Hors /L' Outrage aux mots /La Pornographie
Gallimard
«Être inacceptable... Il ne s'agissait pas de faire scandale ni violence, mais de céder à l'emportement d'une révolte qui, en soulevant l'imagination, combattait la censure intérieure et la réserve timide. L'écriture fut en touts cas un moment de jubilation et de liberté intenses, car être inacceptable conduit simplement à ne pas accepter les oppressions de l'ordre moral et de sa propre soumission. Ce livre, poursuivi pour outrage aux mœurs, est-il devenu inoffensif ? Ou bien la censure s'est-elle faite plus subtile en privant de sens - donc de plaisir - aussi bien les excès imaginaires que les valeurs raisonnables ?»Bernard Noël.
9,70 €
Pastiches et mélanges
Gallimard
«Il n'y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. Tout ce qui, semblait-il, les remplissait pour les autres, et que nous écartions comme un obstacle vulgaire à un plaisir divin : le jeu pour lequel un ami venait nous chercher au passage le plus intéressant, l'abeille ou le rayon de soleil gênants qui nous forçaient à lever les yeux de la page ou à changer de place, les provisions de goûter qu'on nous avait fait emporter et que nous laissions à côté de nous sur le banc, sans y toucher, tandis que, au-dessus de notre tête, le soleil diminuait de force dans le ciel bleu, le dîner pour lequel il avait fallu rentrer et pendant lequel nous ne pensions qu'à monter finir, tout de suite après, le chapitre interrompu, tout cela, dont la lecture aurait dû nous empêcher de percevoir autre chose que l'importunité, elle en gravait au contraire en nous un souvenir tellement doux (tellement plus précieux à notre jugement actuel que ce que nous lisions alors avec amour) que, s'il nous arrive encore aujourd'hui de feuilleter ces livres d'autrefois, ce n'est plus que comme les seuls calendriers que nous ayons gardés des jours enfuis, et avec l'espoir de voir reflétés sur leurs pages les demeures et les étangs qui n'existent plus.»
11,00 €
Le Savon
Gallimard
Un savon glisse entre les doigts, mousse, jubile, écume, s'efface - et Francis Ponge en fait un poème. Dans ce texte insolite et brillant, l'auteur s'empare d'un objet banal pour mener une expérience littéraire déroutante : dire la chose, la cerner, la raconter jusqu'à sa disparition complète. Le savon n'est ni un poème au sens classique, ni un essai, ni tout à fait un récit. C'est une exploration ludique du langage lui-même, de sa capacité à caresser les contours du réel, à échouer magnifiquement à le saisir, puis à recommencer. À travers jeux de mots, détours rhétoriques, glissements de sens, Ponge transforme l'objet le plus humble en matière à penser.
10,00 €
La règle du jeu. La règle du jeu, IV : Frêle bruit
Gallimard
Avec Frêle bruit, Michel Leiris clôt La Règle du jeu. Dans ce dernier tome, construit presque musicalement, se mêlent à des souvenirs proches ou lointains et à des idées soit anciennes, soit venues chemin faisant, des tentatives plus ou moins expresses d'arriver à des moments de transparence. Aspiration au merveilleux, volonté d'engagement social, désir d'universalisme, telles sont les couleurs qui semblent dominer dans le jeu de l'écrivain.
12,50 €
Le Vin est tiré...
Gallimard
«Le présent livre essaie, sans que l'auteur croie y être clairement parvenu, de prouver que la question sociale est responsable de la diffusion chaque jour plus grande des drogues, que les intoxiqués méritent d'être rendus à la vie réelle, que les lois de répression actuelles sont absurdes, injustes, néfastes et qu'il importe, avec la collaboration du corps médical, de réformer un code barbare. [...] Dans vingt ans la drogue se sera répandue dans tous les milieux, peut-être même dans les campagnes, et il sera trop tard pour remporter la victoire sur elle.» Robert Desnos.
11,00 €
Le Piège
Gallimard
«Bridet se laissa tomber sur le tabouret. Au moment où on l'avait poussé dans la cellule, il avait crié, esquissé un mouvement de recul, si grande était son excitation. Et maintenant, quelques minutes plus tard, il était là, subitement retranché du monde, sans savoir ni pourquoi ni pour combien de temps. Il pensait à l'histoire des tracts. On avait voulu certainement aggraver son cas. Mais qui ? Puisqu'il suffisait d'un ordre de ministre pour arrêter les gens, pourquoi cette comédie ? Il avait peut-être pris de trop haut ces inspecteurs. Ils s'étaient vengés. Yolande aussi avait été maladroite. Quel besoin avait-elle eu de parler à des gens qui, du point de vue patriotique, ne devaient pas avoir la conscience bien tranquille, des qualités du général Stulpnagel ?»
10,50 €
Beloukia
Gallimard
«Depuis qu'il connaissait Beloukia, il ne s'était pas détourné tout à fait de la politique bien qu'on ne le vît plus jamais pérorer dans les cours du Palais. Même son jeu, pour être devenu moins apparent, y avait pris de l'acuité. Il était entré dans les conseils d'Abdul. Et il s'était trouvé dans des engagements bien plus définitifs qu'il n'aurait pu supporter quelques années auparavant. Or, ces engagements n'allaient pas dans le sens des intérêts de Mansour et de Beloukia.».
7,80 €
Le théâtre de L'Amante anglaise
Gallimard
«Amélie Rabilloux a avoué dès qu'elle a été arrêtée.Je les ai appelés les Lannes. Elle, Claire, Claire Lannes. Lui, Pierre, Pierre Lannes. J'ai changé aussi la victime du crime ; elle est devenue Marie-Thérèse Bousquet, la cousine germaine de Pierre Lannes, celle qui tient la maison des Lannes à Viorne. Je crois que la peine d'Amélie Rabilloux a été considérablement écourtée. Au bout de cinq ans, en effet, on l'a revue à Savigny-sur-Orge. Elle était revenue dans sa maison, rue de la Paix.Quelquefois on l'a encore revue. Elle attendait l'autobus en bas de sa rue.Toujours elle était seule.Un jour on ne l'a plus vue.» M. D.

Première édition
8,00 €
Le Parricide imaginaire
Gallimard
Longtemps après le meurtre, Juste commença de se parler à lui-même : «Ai-je voulu tuer ? Qui ai-je tué ? Qui ai-je voulu tuer ? » se demandait-il et il se répondait : «Peut-être n'ai-je voulu que disperser un cauchemar, en faisant du bruit ? [...] C'est le visage le plus aimé de moi, le seul visage de ma mère que j'ai cru atteindre. Je ne pouvais plus voir ma mère Agnès, contrefaite ainsi par le mal et par le malheur, sans la tuer ou mourir, et comme je savais que je lui aurais fait plus de mal en me tuant qu'en la tuant, en ne me tuant pas et en la tuant [...], n'était-ce qu'à elle que je songeais ?».
7,80 €
La règle du jeu. La règle du jeu, I : Biffures
Gallimard
«Confrontation de souvenirs empruntés à diverses périodes de ma vie mais plutôt à l'enfance (par goût de la cosmogonie autant que par penchant sentimental), ce tome est le premier d'un ouvrage centré sur des faits de langage et au moyen duquel je me propose de définir ce qui pour moi est la "règle du jeu", plus pompeusement : mon art poétique et le code de mon savoir-vivre que j'aimerais découvrir fondus en un unique système, ne voyant guère dans l'usage littéraire de la parole qu'un moyen d'affûter la conscience pour être plus - et mieux - vivant. Juin 1948.».
12,50 €
La règle du jeu. La règle du jeu, II : Fourbis
Gallimard
Apprivoiser la mort, agir authentiquement, rompre le cercle du moi, tels sont les thèmes majeurs de Fourbis.Paris et ses environs, divers points du sud de la France, l'Afrique, les Antilles, tels sont les lieux où s'agite le meneur de ce jeu. Par échappées, on le voit à son retour des îles s'émouvoir du malaise de notre civilisation occidentale, puis s'unir à ceux qui s'efforcent d'instaurer un ordre plus équitable, mais en définitive n'en pas rabattre d'une exigence à laquelle ne pourrait satisfaire un pragmatisme ennemi de tout abandon à la gratuité de ce qui est pure séduction.
11,00 €
Je m'appelle Anna Livia
Gallimard
Le retentissement de certains mots en nous longtemps après, quand justement on ne les entend plus, on les entend autrement, on les entend mieux. Histoire simple et pourtant indicible d'un amour interdit qui brille d'un éclat sombre : l'amour fou d'Anna Livia et de son père. Passion hors du temps, de nulle part, aride comme le désert évoqué si souvent par le père, là où Anna Livia, dépouillée de tout, viendra abolir jusqu'à sa mémoire.
7,50 €
Un mariage en province
Gallimard
«Un jeune homme riche et beau comme Onorato ne pouvait être intimidé par personne. Il voulait dire qu'elles ne lui plaisaient pas ; qu'il aimait les jeunes filles simples et modestes. Et personne ne l'était plus que moi.Depuis que je savais que c'était cela qu'il aimait, j'oubliais tous mes vieux griefs contre les habitudes patriarcales de notre maison ; j'avais l'impression d'avoir choisi moi-même ce genre de vie, de l'aimer.»
7,00 €
Mémoire de la ville
Gallimard
«La ville où le moindre passant est un centaure, toute ombre une sirène et le plus banal amour celui de la hautaine licorne n'est pas facile à trouver sur la carte. Elle date pour chacun de nous de la naissance du monde. Ses pierres connaissent la défaite, mais ses hommes non. Ils ont la fraîcheur de l'herbe.» D. B.
8,00 €
Auto-da-fé
Gallimard
"Le professeur Peter Kien, un homme long et maigre, savant sinologue [...], avait l'habitude de jeter un coup d'oeil aux devantures de toutes les librairies devant lesquelles il passait. Il trouvait presque plaisant de constater que la mauvaise graine et l'ivraie gagnaient chaque jour du terrain. Lui-même possédait la plus importante bibliothèque privée de cette grande ville. Et il en emportait toujours une parcelle sur lui. La passion qu'il éprouvait pour elle, la seule qu'il se permît dans sa vie sévère et studieuse, le contraignait à des mesures de prudence.". Un vieux savant sinologue, Peter Kien, vit retranché dans le silence de sa maison. Son unique compagnie est une immense bibliothèque composée de 25000 livres, dont il maîtrise chaque page, chaque ligne et chaque mot. Emmuré dans sa science et ses souvenirs, il vit ainsi, satisfait, loin de la réalité. Cet équilibre bascule cependant lorsqu'il se marie : le début d'une descente aux enfers, où se croisent des personnages plus incroyables les uns que les autres. Publié à l'aube du nazisme, ce premier roman sert de terrible parabole au combat entre individu et masse, esprit et existence. Tous les personnages qui s'y côtoient vivent reclus dans de folles chimères, dans leurs ritournelles intimes, qui les empêchent de se rencontrer. Elias Canetti manie dans ces pages un humour tragique évoquant le génie de Kafka.
16,50 €
Beau Masque
Gallimard
«Au printemps 195., au retour d'une longue croisière qui m'avait mené, au delà de Java et Bali, dans les archipels qui unissent les extrémités méridionales de l'Asie au continent australien, je m'étais installé, pour écrire le récit de mon voyage, dans un village de montagne, entre Savoie et Jura. La Grange-aux-Vents. Je me crus davantage à l'écart du monde et des batailles qui s'y livrent, que dans les îlots de l'océan Indien, d'où je revenais. Rien ne pouvait me faire pressentir le drame qui était en train de se nouer dans une vallée toute proche, qui devait éclater six mois plus tard, dont les échos allaient retentir dans le monde entier et à la Grange-aux-Vents, et qui fait l'objet de ce récit.».
11,00 €
Don Tarquinio
Gallimard
Ce récit est la chronique d'une seule journée de 1495 : «le jour de chance» de Tarquinio, alors jeune, exilé et banni de Rome depuis que sa famille a été frappée de la plus haute peine ecclésiastique qui fût alors, l'Interdit majeur. Tarquinio rencontre le cardinal de Ferrare, doté, comme lui, des «deux genres de beauté» - physique et morale. Celui-ci l'emmène au palais d'Este, sur lequel Rome n'exerce aucune juridiction, et cherche un moyen de lui obtenir la grâce d'Alexandre VI Borgia, le pape...
7,50 €
Descends, Moïse
Gallimard
«Il avait seize ans. Pendant six ans, il avait écouté parler les hommes. Depuis six ans, il avait entendu la fine fleur de tout ce qu'ils disaient [...] de la brousse, des grands bois, plus vastes et plus anciens qu'aucun titre enregistré [...].Ce qu'ils disaient des hommes, ni blancs, ni noirs, ni rouges, mais des hommes, des chasseurs [...] et des chiens, de l'ours et du cerf [...] le plus beau de tout ce qu'on entendait, les voix que l'évocation du passé, le souvenir, le souci d'exactitude rendaient contenues, graves, circonspectes...Puis il eut vingt et un ans.»
12,00 €
Walden ou la vie dans les bois
Gallimard
En plein XIXe siècle, dans le pays qui est en passe de devenir le plus industrialisé du monde, Thoreau tourne le dos à la civilisation et s'installe dans les bois, dans une cabane construite par ses soins au bord d'un l'étang...
10,50 €