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Le Voyage d'Urien
Gallimard
Voyage imaginaire, quête improbable... Urien et ses compagnons errent de la mer des Sargasses à la mer glaciale. "Ils ignorent leur destinée et ne gouvernent pas leur navire, mais un désir de volonté les leurre et leur fait prendre pour résolue la route que suivra leur nef hasardeuse." Profondément marquée par le symbolisme, Le voyage d'Urien est une oeuvre riche et ambiguë dans laquelle se mêlent poésie, émotion et ironie.
8,00 €
La Photo du colonel
Gallimard
«Il se leva, mit son chapeau de feutre orné d'un crêpe noir, son pardessus gris-fer, prit sa lourde serviette bourrée qu'il laissa tomber avant d'avoir fait un pas. Celle-ci s'ouvrit dans sa chute. Nous nous précipitâmes, en même temps. D'une des poches de la serviette, des photos s'étaient échappées, représentant un colonel en grand uniforme, moustachu, un colonel quelconque, une bonne tête plutôt attendrissante. Nous mîmes la serviette sur la table, pour y fouiller plus à l'aise : nous en sortîmes encore des centaines de photos avec le même modèle."Qu'est-ce que cela veut dire ? demandai-je, c'est la photo, la fameuse photo du colonel ! Vous l'aviez là, vous ne m'en aviez jamais parlé !"»Les récits de ce recueil constituèrent le point de départ de quelques-unes des plus célèbres pièces de Ionesco (Rhinocéros, Victime du devoir). Comme dans son théâtre, leur réalisme précis rejoint tout naturellement le fantastique, l'imaginaire.

Tout comme dans le théâtre de leur auteur, le réalisme précis de ces nouvelles rejoint naturellement le fantastique et l'imaginaire.
9,00 €
Le Club des métiers bizarres
Gallimard
«La nature de cette société [...] peut facilement se résumer en quelques mots : c'est un club excentrique et bohème ; la seule condition exigée pour en faire partie consiste en ceci, que le candidat doit avoir inventé la profession qui le fait vivre, et que cette profession doit être entièrement nouvelle. La définition exacte de cette exigence tient en deux règles principales : 1° Il ne faut pas que ce soit une simple application ou variante d'un métier déjà existant. Ainsi, par exemple, le club n'accepterait pas comme membre un agent d'assurances simplement parce que, au lieu d'assurer le mobilier des gens contre l'incendie, il assurerait, mettons, leur culotte contre les morsures d'un chien enragé. [...]2° Cette profession doit être une véritable source de revenus commerciaux, le gagne-pain de son inventeur. Ainsi, le club n'admettrait pas comme membre un individu simplement parce qu'il lui plairait de passer ses journées à ramasser des boîtes à sardines vides, à moins qu'il ne réussisse par ce moyen à gagner un argent fou.»

Fantastique, bizarre, brillamment original, audacieux et paradoxal sont les adjectifs invariablement appliqués aux œuvres de Chesterton...
10,00 €
Le Destin de A. D.
Gallimard
Officier de la Reichswehr, amoureux d'une jeune communiste, A. D. essaie d'intervenir en faveur de son beau-père qui risque d'être arrêté. Lorsqu'il apprend que la police a retrouvé son nom dans une circulaire destinée aux membres du Parti communiste, il déserte, affolé, avant de se constituer prisonnier. Il est condamné à quatorze ans de réclusion.Transféré en 1933 dans un camp de concentration comme communiste, puis à Buchenwald, il est à nouveau condamné par les Américains à la fin de la guerre avant d'être, enfin, réhabilité. Il aura passé vingt-sept ans en prison.Le destin incroyable d'un homme, témoin impuissant et victime d'une époque tragique.

Le destin incroyable d'un homme, témoin impuissant et victime d'une époque tragique.
12,10 €
La Cave
Gallimard
"Aller dans le sens opposé." À seize ans, Thomas Bernhard prend une décision inconcevable aux yeux de tous : quitter le lycée pour travailler comme commis dans une épicerie sordide, au coeur d'un quartier ouvrier de Salzbourg. C'est dans cette cave humide, parmi les exclus, les vieillards, les alcooliques et les mendiants, qu'il affirme son rejet du monde bourgeois et de ses hypocrisies. Avec son style inimitable, fait de martèlement, d'obsession et d'ironie rageuse, Bernhard transforme ce geste de rébellion en acte fondateur. La cave est moins un récit d'apprentissage qu'un manifeste contre la norme, un refus de se soumettre aux attentes sociales, familiales ou scolaires, un éloge de la marge. Deuxième volume de son cycle autobiographique, ce texte d'une intensité implacable montre un jeune homme qui choisit de descendre pour mieux voir - et mieux penser. Bernhard y polit déjà cette langue furieuse qui fera de lui l'un des écrivains les plus singuliers du XXᵉ siècle.
8,50 €
Les muses parlent
Gallimard
En 1955, en pleine guerre froide, une troupe de chanteurs noirs va de Berlin à Leningrad pour y jouer le fameux opéra de George Gershwin, Porgy and Bess.Truman Capote suit la tournée comme correspondant du New Yorker et tient une chronique précise et pleine de malice des aventures - et mésaventures - de la troupe dans la Russie soviétique : voyage en train spécial, accueil par les officiels russes qui ignoraient que les chanteurs étaient noirs, description des grands magasins, balades en bus jusqu'au soir de la générale...Malgré une impartialité affichée, Truman Capote excelle à rendre les situations, les personnages et les dialogues dans un style vivant et poétique et nous offre un grand moment de littérature.

Correspondant du New Yorker, Truman Capote a suivi, en pleine guerre froide, la tournée d'une troupe de chanteurs noirs américains en Russie...
10,00 €
Le Naufrage
Gallimard
«Quand Ramesh reprit ses sens, il se trouva étendu sur les bords d'une île de sable. Il eut quelque peine d'abord à se rendre compte de ce qui lui était arrivé, puis, comme dans un rêve fiévreux, le souvenir de la catastrophe lui revint, et il se leva vivement. Sa première pensée fut pour son père et ses amis. Il regarda autour de lui, mais il ne vit pas trace humaine. Il erra le long des rives, cherchant en vain. Cette île d'une blancheur de neige s'étendait comme un enfant nouveau-né dans les bras de sa nourrice, doucement posée entre deux embranchements de la grande rivière Padma, affluent du Gange. Ramesh passa de l'autre côté de l'île, et soudain distingua quelque chose de rouge. Pressant le pas il vit alors, évanouie à terre, une jeune femme vêtue d'écarlate, comme une nouvelle mariée.»

«Personne ne doutait que Ramesh réussirait à son examen de droit. La Déesse du Savoir, qui veille sur nos Universités, avait toujours, de ses lotus d'or, répandu une pluie de pétales sur lui...»
11,50 €
La Mer couleur de vin
Gallimard
Ce recueil groupe des récits écrits entre 1959 et 1972. Presque tous ont pour cadre la Sicile et sa «mer couleur de vin». Avec l'ironie et la rigueur qui lui sont propres, Sciascia regarde autour de lui la misère du peuple, les ravages de la mafia alliée à l'Église et aux nantis. Mais c'est à travers un réjouissant humour que s'opère la dénonciation.

Édition revue et corrigée par Mario Fusco en 2002
10,00 €
Vercoquin et le plancton
Gallimard
«Le Major avait une façon assez personnelle de danser, un peu déroutante au premier abord, mais à laquelle on s'accoutumait assez vite. De temps à autre, s'arrêtant sur le pied droit, il levait la jambe gauche de façon que le fémur fasse avec le corps, tenu vertical, un angle à 90°. Le tibia restait parallèle au corps, puis s'en écartait légèrement dans un mouvement spasmodique, le pied demeurant parfaitement horizontal pendant ce temps. Le tibia, redevenu vertical, le Major abaissait son fémur, puis continuait comme si de rien n'était.» Les surprises-parties en 1945 racontées par Boris Vian.

Les surprises-parties en 1945, racontées par Boris Vian.
9,50 €
Manuscrit trouvé à Saragosse
Gallimard
«Officier dans l'armée française, je me trouvai au siège de Saragosse. Quelques jours après la prise de la ville, m'étant avancé vers un lieu un peu écarté, j'aperçus une petite maisonnette [...]. Je frappai à la porte, mais je vis qu'elle n'était pas fermée. Je la poussai et j'entrai. [...] j'aperçus par terre, dans un coin, plusieurs cahiers de papier écrits. Je jetai les yeux sur ce qu'ils contenaient. C'était un manuscrit espagnol ; je ne connaissais que fort peu cette langue, mais, cependant, j'en savais assez pour comprendre que ce livre pouvait être amusant : on y parlait de brigands, de revenants, de cabalistes, et rien n'était plus propre à me distraire des fatigues de la campagne que la lecture d'un roman bizarre. Persuadé que ce livre ne reviendrait plus à son légitime propriétaire, je n'hésitait point à m'en emparer.»

Un véritable chef-d'œuvre de la littérature française comme de la littérature fantastique mondiale.
11,20 €
De l'Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts
Gallimard
«Le Roman noir anglais avait déjà plus d'un demi-siècle quand De Quincey s'avisa d'y ajouter l'Essai noir. Il imagina de considérer le meurtre sous un angle esthétique, inventant une société d'amateurs qui appréciaient la qualité esthétique des assassinats commis depuis Caïn jusqu'à Burke et Hare, qui attiraient les vagabonds chez eux pour les étouffer sous des oreillers et les vendre comme sujets anatomiques ; et jusqu'à Williams qui, tout dernièrement, avait terrifié Londres en anéantissant deux familles entières. Cette récapitulation meurtrière s'effectuait selon des variations drolatiques, sur un mode ironique et léger.»Pierre Leyris.

«Les gens commencent à voir qu'il entre dans la composition d'un beau meurtre quelque chose de plus que deux imbéciles - l'un assassinant, l'autre assassiné...»
10,00 €
Les Oncles de Sicile
Gallimard
"Après avoir déjeuné - nous mangions presque tous du pain avec des sardines salées et de l'oignon cru - nous reprîmes le travail. Mon oncle nous recommanda une fois encore : "tenez vos lampes très bas", une minute plus tard, il vint du fond de la galerie un rugissement de feu ; le feu vint vers nous en hurlant comme l'eau que j'avais vue au cinéma se ruer par les vannes ouvertes ; mais cela, je le pense maintenant, et je ne suis pas sûr que cela ait été exactement comme ça, je voyais le feu qui m'arrivait dessus et je ne comprenais rien, mon oncle criait "le grisou !" et m'entraînait, et je courais déjà comme dans un rêve. " Dans chacune de ces nouvelles de Leonardo Sciascia, le petit monde sicilien se trouve transformé par un tournant de l'Histoire : la victoire de Garibaldi bouleverse la vie d'un hobereau monarchiste ; pendant la guerre d'Espagne, un paysan engagé du coîté des franquistes découvre qu'il se bat contre ses frères ; à la Libération, les Américains débarquent avec leurs bienfaits, mais aussi leurs incompréhensions ; à la mort de Staline, un cordonnier ne se remet pas des révélations du XXᵉ Congrès.
12,00 €
Nuits sans nuit et quelques jours sans jour
Gallimard
Qu'est donc le rêve ? Si quelques-uns, sans être dupes, puisent dans leurs rêves une mythologie et, sans être des savants, prennent soin de scrupuleusement les noter, c'est que le rêve - mirage qui scintille sur un fond de ténèbres - est essentiellement poésie.Tel est (s'il en faut) le mot clé de cette suite de récits, tantôt d'événements rêvés, tantôt d'événements réels, qui semblent au narrateur avoir projeté par instant sur sa terne silhouette un même éclairage de seconde vie.

Recueil de courts récits, tantôt d'événements rêvés, tantôt d'événements réels, dans le même éclairage d'une sorte de seconde vie.
7,80 €
Béatrice Cenci
Gallimard
En 1595, François Cenci, noble Romain, débauché, criblé de dettes et torturé de jalousie, emmène et séquestre dans les monts Albains sa seconde femme Lucrèce et sa fille Béatrice. Celle-ci se morfond dans sa solitude et finit par céder au bel Olimpio Calvetti, l'intendant du château. Les deux amants assassinent François Cenci...Du palais Cenci à la prison de Tordinona, toute l'Italie de la Renaissance est reconstituée avec un pittoresque coloré. Après Shelley et Stendhal, Frederic Prokosch raconte cette célèbre et dramatique affaire judiciaire en une œuvre éblouissante.

Une éblouissante reconstitution de la Renaissance italienne, avec, en contrepoints, la densité d'un drame et la violence des passions...
13,20 €
La belle vie
Gallimard
C'était hier. Des Américains débarquaient en Europe. Ils s'appelaient Hemingway, Dos Passos, Fitzgerald et quelques autres. Ce fut le coup de foudre. Paris et la Côte d'Azur, le jazz et les bistrots, les lacs italiens et les fêtes de Barcelone, les promenades et l'écriture : c'était le bon temps, c'était la belle vie.De l'affaire Sacco et Vanzetti à la guerre d'Espagne, de la révolution littéraire que fut le roman américain aux premiers hôtels de Juan-les-Pins, les années 20 sont revisitées grâce aux souvenirs d'un des plus grands écrivains contemporains.

Les années 20 revisitées grâce aux souvenirs d'un des plus grands écrivains contemporains.
11,50 €
Le Fils et autres nouvelles
Gallimard
Ce recueil réunit trois nouvelles : Le pélican, écrite en 1898, Les lettres en 1930, et Le fils en 1933.Toutes les trois traitent de la maternité, thème cher à Edith Wharton, trop tôt privée d'un père adulé, meurtrie par une relation difficile avec une mère égoïste et frivole, et victime d'un mariage désastreux et stérile qui la conduira au divorce.L'auteur impose une fois de plus, par son art incomparable de soulever les voiles du mystère, une atmosphère de «suspense» psychologique au charme envoûtant.

Trois nouvelles admirables au charme envoûtant, qui traitent de la maternité, thème cher à l'auteur.
10,50 €
La Vie secrète de Salvador Dali
Gallimard
«Suis-je un génie ?»Pour Salvador Dali la réponse est oui. Pour lui, cela ne fait pas le moindre doute depuis l'enfance.Ce livre est un monument élevé par Salvador Dali à sa propre gloire. Si toute modestie en est absente, en revanche sa sincérité est brûlante. Dali s'y dépouille de ses secrets avec une impudence insolente.Une autobiographie passionnante et outrancière à l'image du peintre.

«Regarde ! Salvador Dali vient de naître. Le vent a cessé de souffler et le ciel est pur.» Une autobiographie passionnante et outrancière à l'image du peintre.
14,00 €
L'Épingle du jeu
Gallimard
Tandis qu'en cet hiver 1944 la guerre s'enfonce dans l'horreur, quelques jeunes gens cherchent un sens à la vie. Ils croient le trouver dans cette liberté même qui leur est refusée et se réfugient dans une révolte permanente.Un homme pourrait les sauver, le Préfet des Études, personnage ambigu, matamore et despote, mais doué d'un pouvoir de séduction peu commun. Il leur parle d'héroïsme et de vertu...Un livre irrespectueux, un livre de colère et de passion.

Un livre irrespectueux, un livre de colère et de passion.
11,00 €
Au-dessus de l'abysse
Gallimard
Un auteur dramatique américain fait la traversée New York-Angleterre. Il raconte tous les détails du bateau, les personnages qu'il vit évoluer autour de lui, les potins du bord, et se trouve plus ou moins séduit par plusieurs jeunes femmes. Il est pourtant parti à la recherche de celle qu'il aime, en Europe... et il la rencontre un jour sur le pont des «premières» où il faisait une incursion interdite. Elle va se marier...Un roman où abondent les descriptions étonnantes de couleur, des personnages observés avec une ironie perçante. Ce roman, subtil et cocasse, permet d'entendre la voix originale d'un écrivain mal connu, disparu en 1973. Malcolm Lowry, sur qui il exerça une grande influence, partageait avec lui le même désir de dépassement et de liberté.

Un roman où abondent les descriptions, étonnantes de couleur, des personnages observés avec ironie.
11,50 €
Une vie
Gallimard
"Il erra par les rues de la ville, mécontent de lui-même et des autres. Comme il avait l'habitude de monologuer lorsqu'il était agité, il en vint à comprendre combien sa colère était ridicule. Il suffit, même dans le rêve le plus abstrait, qu'une parole précise soit prononcée pour qu'elle vous ramène à la réalité. Il en était arrivé à désirer Annetta, à l'aimer, à en être jaloux ; elle, au contraire, savait à peine quel pouvait être le son de sa voix. À qui devait-il s'en prendre ?" Ce roman retrace quelques années de la vie d'Alfonso Nitti, un jeune campagnard transplanté à Trieste, où il fait à la fois la découverte du monde du travail et celle de l'amour. Mais cette double initiation révèle une double faillite... Une vie, premier ouvrage d'Italo Svevo, présente une multiplicité d'intrigues autour d'un jeune homme dont les rêves se heurtent à la réalité brutale. Au long d'un récit à la fois critique et introspectif, le lecteur se retrouve au coeur des pensées sinueuses du personnage, de ses hésitations, de ses doutes ; dans une forme littéraire qui annonce le XXᵉ siècle.
13,00 €
Ballets sans musique, sans personne, sans rien
Gallimard
Quand Céline rencontre les dieux et revisite la mythologie, quand il met en scène son imaginaire, on assiste à un spectacle total où l'amour, la jalousie, les sons et les lumières se mêlent en une sarabande extravagante d'invention et de drôlerie. Et Céline n'est jamais loin de la scène. Ne serait-ce pas lui-même qui parle ainsi du dieu Mars : «En musique formidable, il rémoule, rémoule... Je vous roule tous dans la farine ! Voilà son invective finale.»

Céline, dans ces textes pleins de chants et de danses mais aussi de morts, prouve que son style peut s'adapter à tous les genres.
11,00 €
H
Gallimard
«Les raisons pour lesquelles ce livre ne peut pas comporter de présentation seraient sans doute aussi longues à exposer que ce livre lui-même. Il faut donc éprouver son rythme : dictions, timbres, accents, ponctuation latente, tourbillon, flot, appel. Au-delà de l'automatisme un calcul joue, veille, critique, partant à la fois de tous les points de l'histoire. Ce calcul se dit par masses dans l'unité discontinue de ses coupes. Il module, frappe, chuchote, apostrophe, marque, efface, compte, signale l'absence mouvante mais cependant adressée, dialoguée, de toute langue de fond.Voilà, détendez-vous, c'est clair. Restez sur le sens, c'est simple. Ils sont deux, ici, dans la nuit. Tempo.»Philippe Sollers, 1973.

«qui dit salut la machine avec ses pattes rentrées son côté tortue cata socle ses touches figées accents toniques [...]»
8,00 €
Le lit à colonnes
Gallimard
«Son visage cerné d'ombre et ses yeux, dont il distinguait la large place sous son front, avaient l'expression que l'on voit à certains portraits d'inconnues dans les châteaux : quelque chose de fatal et d'éperdu qui rend plus touchante la beauté de la jeunesse et fait haïr le temps."Qui est-elle ?" murmura-t-il. Comme il se posait cette question, une chauve-souris vint se coller à la vitre illuminée et sembla coiffer Marie-Dorée d'un présage de malheur.»
12,50 €
L'Inconnu sur la terre
Gallimard
«Ceci n'est pas tout à fait un essai, pas tout à fait une tentative pour comprendre quelques mystères, ou pour forger quelques mythes. Ceci est une histoire, écrite sur plusieurs cahiers d'écolier italiens, en même temps que, selon un autre mode, et sur des feuilles de papier machine 21 x 27, s'écrivaient les phrases de Mondo et autres histoires.C'est une longue histoire, qui pourrait être celle d'un oiseau, celle d'un poisson et celle d'un arbre, car elle parle beaucoup du ciel, de la mer et de la terre où avancent les racines. À la fin de cette histoire, rien n'a changé, ou presque. Mais c'est comme une très longue journée, qui serait passée, depuis la première heure de l'aube jusqu'à la nuit.Ceci est peut-être aussi, tout simplement, l'histoire d'un petit garçon inconnu qui se promène au hasard sur la terre, pas loin de la mer, un peu perdu dans les nuages - et qui aime la lumière extrême du jour.»J.M.G. Le Clézio.
13,00 €
Si je t'oublie, Jérusalem
Gallimard
C'est le roman de Faulkner où la souffrance atteint peut-être sa plus grande intensité : l'histoire tragique des deux amants est l'une des plus douloureuses qu'il ait écrites, et la mort de Charlotte Rittenmeyer, «le personnage féminin le plus déchirant de Faulkner», devient un récit poignant...Le titre est tiré d'un psaume qui rappelle la captivité des Juifs à Babylone. Ce thème de la captivité, de la privation de liberté, littérale ou métaphorique, est central dans le roman.

Réédition, dans une traduction revue, des Palmiers sauvages (1952).
13,00 €
Oneïros ou la belle lurette
Gallimard
«Mon bouquin intitulé Oneïros raconte d'abord l'histoire d'un garçon qui cherche avec obstination - puérile si l'on veut : il a vingt ans - ce qu'il y a derrière les apparences. Puis il comprend une suite de mélanges - je ne sais trop comment appeler cela, ce ne sont pas exactement des poèmes en prose - composés plus tard par le narrateur lorsqu'il possède assez de recul et de lucidité pour faire le bilan de ses souvenirs, de ses rêves : virées en banlieue et dans les bals musette, contact avec l'insolite, figures des années de "la belle lurette", descriptives de songes, paysages qui s'emboîtent soudain dans l'irréel.[...] Je ne sais si tout ça tient debout : je sais simplement qu'il me fallait fixer certaines images sur les plaques sensibles de l'imagination. [...]»André Hardellet.Cet ouvrage est composé de vingt-trois textes, dont onze sont inédits.

Un recueil de vingt-trois textes de prose poétique, dont onze sont inédits.
7,00 €
Sous la lame
Gallimard
«Il s'agit ici, bien entendu, de la lame du couteau, qui par le simple fait de sa nudité introduit l'érotisme dans le récit en même temps qu'elle y annonce l'apparition du sang et de la mort.La lame, par synonymie, est encore la vague marine des graveurs de l'ancien Nippon, sœur du mascaret et de la marée, spirale où l'homme tournoie "dans le déroulement infini" avant d'être jeté aux pieds de la femme. Mais tout homme qui va joindre une femme pour la première fois n'est-il pas une sorte de kamikaze ? Et la lame du poignard, instrument de blessure, ne se peut-elle concevoir aussi comme un trait d'union entre le déchirant et le déchiré, c'est-à-dire comme une flèche d'amour ?»André Pieyre de Mandiargues.

Recueil de nouvelles paru initialement en 1976.
7,00 €
Le Napoléon de Notting Hill
Gallimard
Auberon Quin, un original qui pousse l'humour jusqu'à l'absurde, se promène avec des amis à Westminster Gardens lorsque deux officiers s'approchent et leur annoncent que M. Quin a été proclamé roi d'Angleterre. Auberon s'en tient alors à sa résolution de ne plus rien prendre au sérieux. Jusqu'au jour où il rencontre plus fou que lui : Adam Wayne qui se présente à la Cour comme prévôt de Notting Hill et veut lutter, l'épée à la main, pour l'indépendance de Pump Street.À la lecture de ce roman paru en 1904, on rit souvent, on s'étonne parfois et, finalement, on s'aperçoit que toute la civilisation moderne a été remise en question.

Où l'on s'aperçoit que toute la civilisation a été remise en question. Première parution française en 1912.
10,50 €
Effi Briest
Gallimard
Effi Briest, jeune femme adultère, brisée par une société d'hommes, est la victime d'un monde soumis aux lois des conventions morales. Dans la Prusse dévergondée par l'argent, le destin de cette femme n'est que résignation et mélancolie.Dernier roman de l'écrivain allemand Theodor Fontane, Effi Briest est l'un des chefs-d'œuvre de l'école réaliste allemande.

Dernier roman de Theodor Fontane (1819-1898), Effi Briest est l'un des chefs-d'œuvre de l'école réaliste allemande.
12,00 €
Lois
Gallimard
«Messieurs, dit le pdg, la situation n'est pas bonne. Les affaires tournent en rond, des fuites partout. Le foncier enfoncé, l'immobilier traqué, le change est enfin ce que vous savez. Plus nous misons sur lui et plus il nous mange. Tant va le change à l'eau qu'à la fin c'est la fange. Montons les prix, desserrons l'étreinte. Les syndicats sont à nos trousses, raisonnables au sommet mais parfois, hélas, débordés. Débordé est le mot, mais j'espère que chacun de vous sait comment border son rebord. Les sanctions d'abord. La crise vient évidemment de l'étalon-or.»Philippe Sollers, 1972.

«nié face à face, niant la membrane, l'entrée : ce qui s'y trouve existe ailleurs, ce qui n'y est pas n'est nulle part : NÉ- [...]»
7,00 €
Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits
Gallimard
«Non ! Je ne puis affirmer qu'avec la fin de ce cahier, tout sera clos ; que c'en sera fait. Peut-être aurai-je le désir de rajouter encore quelque chose. De rajouter je ne sais quoi. De rajouter. Peut-être. Au dernier instant, de rajouter encore quelque chose... J'ai sommeil, il est vrai ; mais je n'ai pas envie de dormir. Il me semble que je pourrais être encore plus fatigué. Il est je ne sais quelle heure de la nuit ou du matin. Ai-je encore quelque chose à dire ? Encore à dire je ne sais quoi. Ma propre position dans le ciel, par rapport au soleil, ne doit pas me faire trouver l'aurore moins belle.»

Nouvelle édition revue et augmentée

«Je ne sais ce que ça donnera : j'ai résolu d'écrire au hasard. Entreprise difficile : la plume (c'est un stylo) reste en retard sur la pensée.»
8,50 €
Les Irresponsables
Gallimard
"Le roman décrit des situations et des types allemands de la période préhitlérienne. Les personnages choisis pour les représenter sont dépourvus de convictions politiques. Dans la mesure où ils en ont, ils flottent dans le vague et le nébuleux. Aucun d'eux n'est directement “responsable” de la catastrophe hitlérienne. C'est pourquoi le livre s'appelle Les irresponsables. C'est, malgré tout, dans cet état d'âme que le nazisme a puisé sa vraie force." C'est par ces mots que Hermann Broch définissait le projet de ce grand roman, le dernier qu'il a publié. Critique virulente d'une petite bourgeoisie allemande indifférente à l'éthique et incapable d'assumer ses choix face à la montée des périls, Les irresponsables se distingue par son atmosphère onirique, qui évoque de façon extrêmement précise et vivante la période précédant l'arrivée de Hitler au pouvoir. Roman d'une société en crise minée par l'individualisme, le livre interroge de façon très actuelle notre responsabilité dans les tragédies collectives et les failles de la condition humaine.
13,00 €
Le bouquet
Gallimard
«Le bouquet n'est pas un roman, mais l'histoire du mitrailleur Adrien Gaydamour qui n'avait pas de mitrailleuse, un soldat de quarante, depuis son incorporation au "... ième Débineurs" jusqu'à sa levée d'écrou. Il s'agirait donc plutôt d'une tranche de mauvaise vie qu'il n'a pas été le seul à avaler. Avant, Gaydamour a suçoté une existence des plus quelconques : l'école, la caserne, le chômage, l'autobus quotidien, le bureau, en compagnie d'autres Gaydamour. Mais voilà qu'on l'invite à entrer dans un conflit mondial. Puis il est fait prisonnier : le bouquet.Adrien a pu s'échapper. Mais, il reste là-bas une chiourme innombrable. D'autres parleront après lui. C'est une histoire répandue par le monde à des millions d'exemplaires. Des variations sur le froid, la faim, l'ennui et la mort. Des histoires toutes simples qui ne s'inventent pas. J'ai fait ce livre en 1942, dans un village de montagne pendant un printemps, un été. Fait après l'avoir souffert. Et aujourd'hui que nous sommes enfin libres, ce récit peut venir au grand jour. Je n'y ai rien changé.»Henri Calet, octobre 1944.

Fait prisonnier en juin 1940, Henri Calet s'évada après sept mois de captivité ; de ses souvenirs, il tira Le bouquet qui ne parut qu'en 1945.
9,00 €
Nombres
Gallimard
«Le roman imprimé ici renvoie au milieu mythique en train de vous irriguer, de se glisser en vous, hors de vous, partout, depuis toujours, pour demain. Il tente de dégager une profondeur mouvante, celle d'après les livres, celle d'une pensée ébranlant dans ses fondations le vieux monde expressionniste dont s'annonce, pour qui veut risquer sa lecture, la fin.»Phlippe Sollers, 1968.

«Le roman imprimé ici renvoie au milieu mythique en train de vous irriguer...»
7,00 €
La Chasse à l'amour
Gallimard
«Après avoir terminé La folie en tête, Violette Leduc a poursuivi son autobiographie ; elle l'a arrêtée en 1964, à la veille de la publication de La Bâtarde. Elle a soigneusement mis au net sur de grandes feuilles quadrillées ses brouillons couverts de ratures et elle s'apprêtait à revoir avec moi son manuscrit quand la mort l'a saisie.Elle avait l'intention de donner une suite à ce livre ; et ses lecteurs auraient aimé savoir comment elle avait accueilli le succès, la célébrité. Elle en a parlé, très bien, dans quelques interviews, mais brièvement et nous restons sur notre faim. Ces pages sont les dernières qu'elle ait écrites.»Simone de Beauvoir.

Les dernières pages écrites par Violette Leduc, ultime volet d'une autobiographie inachevée.
13,00 €
Le Bâtisseur de ruines
Gallimard
Un ingénieur, Martin, a commis un meurtre et est en fuite. Il marche sans but, dans une plaine à peu près désertique, et sans cesse sa marche est interrompue par des rencontres : arbre, oiseau, ruisseau... Rencontres grâce auxquelles il commence à comprendre non pas qui il est, mais ce que fut sa vie jusque-là et ce qu'elle pourrait être, à comprendre notamment que son crime fut une libération pour lui. Sa fuite le conduit à une fazenda dirigée par une femme, Victoria. Il devient garçon de ferme, cède aux avances d'une jeune veuve, Ermelinda, et continue de réapprendre le monde.

Martin, un meurtrier en fuite, commence à comprendre que son crime fut une libération pour lui...
13,00 €
À cor et à cri
Gallimard
Crier. Parler. Chanter. Tels sont les trois thèmes qui guident ici Michel Leiris.«Obscénité du cri qui, déchirant le voile du silence, semble mettre à nu toute l'horreur.Paroles : fondement des échanges humains ou clapotis sans lequel il n'y aurait qu'eau morte ?Quand cela chante à notre oreille ou sur nos lèvres, c'est que - fût-ce en les heures les plus noires - un vent fait frémir notre mâture.»De l'inventaire des cris, en deçà de la parole, Leiris s'élève jusqu'au chant. Du cri qui troue le calme plat à la parole qui tresse un lien, puis à l'ivresse du chant, il fait suivre au lecteur l'itinéraire capricieux d'une chasse à la poésie, qui est aussi une lutte contre les déprédations de l'âge ainsi qu'une quête de justification.

La parole, le cri et le chant.
7,80 €
La Tempête et l'écho
Gallimard
«N'approfondissez pas trop l'Afrique. N'essayez pas de la comprendre. N'essayez pas de la pénétrer. Ne vous laissez pas attirer par ce gouffre. Plus on s'y enfonce, plus elle est venimeuse.»Tel est le conseil que reçoit le héros, à peine arrivé en Afrique, mais il n'a cure de cet avis désabusé.Parti à la recherche d'un ami disparu, il se joint à une caravane en route pour Nagala, montagne au centre du Congo. Les voyageurs sont à la poursuite de quelque chose qui dépasse infiniment le but avoué de leur voyage : ils attendent de l'Afrique une révélation sur la vie, et sur eux-mêmes.
10,70 €
L'attente l'oubli
Gallimard
«Depuis quand avait-il commencé d'attendre ? Depuis qu'il s'était rendu libre pour l'attente en perdant le désir des choses particulières et jusqu'au désir de la fin des choses. L'attente commence quand il n'y a plus rien à attendre, ni même la fin de l'attente. L'attente ignore et détruit ce qu'elle attend. L'attente n'attend rien.»
8,00 €
Les chasseurs I et II
Gallimard
«Vous raconterai-je la jeunesse des roseaux et des mares ? Vous dirai-je les déambulations nocturnes des statues qui changent de socle au clair de lune ?Nous explorions les balcons et les toits où l'on pénètre dans des flaques de musique inexprimable. De haut et de loin, nous apercevions le Guet, si ridiculement pesant qu'il devait renoncer à l'espoir de nous atteindre jamais. Le vin puissant de la tristesse nous faisait chanter. Nous mettions les filles à mal en exigeant l'Olympe dans leurs yeux, dans leurs reins. Puis, redescendus sur le pavé, nous nous battions au poignard contre les assassins de l'aube, les peaux-rouges surgis de coupe-gorge atroces.Mais le plus souvent, nous nous contentions de regarder n'importe quoi - des promesses par exemple. C'est un art subtil où nous étions passés maîtres.»André Hardellet.
8,50 €
Abahn Sabana David
Gallimard
«- Sur son corps, dit Sabana, sur son bras, il y a quelque chose d'écrit.Elle se détache du juif, prend son bras, relève la manche de sa veste et regarde.- C'est l'endroit de mon numéro.- Écrit là d'où tu viens, dit Abahn - il ajoute - dans la capitale du monde.Sabana regarde le bras.- C'est en écriture bleue.- Quoi ? demande David.- Je ne comprends pas, je ne lis pas, dit Sabana.- C'est le mot : NON, dit Abahn.- Ils ont écrit quand ? demande David.- Au cours de la vie, dit Abahn.- C'est le même mot pour le juif et pour ceux qui veulent le tuer, dit Sabana.- Le même, dit Abahn : le mot juif, le mot contre le juif.»Marguerite Duras.
8,00 €
Les Causes célèbres
Gallimard
«Le lecteur s'interrogera sur le genre auquel relier ces Causes célèbres. En 1945, Jean Paulhan classait ce qu'il en publiait parmi les "Contes". Je dirais même : "faits divers". De tels faits divers sont quotidiens, privés ; ils n'ont rien des Causes célèbres dont s'occupent les tribunaux. C'est sans doute que nous ne sommes pas assez sensibles à leurs résonances morales. En tout cas, il ne s'agit pas d'"Entretiens sur des faits divers". Chacune de ces "Causes" est aussi "chose" poétique».Yvon Belaval.
6,50 €
Les quatre petites filles
Gallimard
«En 1865, le terrier d'un lapin permettait à la blonde Alice, petite fille anglaise, de se rendre en un pays où les merveilles succédaient aux merveilles. En 1947-1948, c'est un jardin potager qui est le lieu d'enchantement, choisi par Picasso, où quatre petites filles, moins élégamment peignées que leur sœur de l'époque victorienne, s'ébattent et, à travers leurs jeux empreints de fraîcheur, de sauvagerie et souvent de malice, évoquent la vie, l'amour, la mort : tout ce monde de magie et d'angoisse à quoi s'ouvre l'adolescence.Chansons, dictons, litanies, formulettes, coqs-à-l'âne, calembours s'égrènent tout le long de cette pièce de théâtre où l'auteur semble avoir usé d'un langage en vacances : insoucieuses des règles logiques et des syntaxes, les images y déploient leurs fleurs japonaises et, telle une mère Gigogne, la poésie ne cesse d'y proliférer comme si, en un mouvement qui n'aura pas de fin, elle s'enfantait elle-même.»Michel Leiris.
8,50 €
Ostinato
Gallimard
«Ce ne sont ici que figures de hasard, manières de traces, fuyantes lignes de vie, faux reflets et signes douteux que la langue en quête d'un foyer a inscrits comme par fraude et du dehors sans en faire la preuve ni en creuser le fond, taillant dans le corps obscurci de la mémoire la part la plus élémentaire - couleurs, odeurs, rumeurs -, tout ce qui respire à ciel ouvert dans la vérité d'une fable et redoute les profondeurs.»
10,00 €
La petite gare
Gallimard
«Vassia ! cria-t-elle, en regardant d'un œil absent les voyageurs qui se détournèrent. Vassia ! embrasse-moi...- Ben quoi...» fit-il tout bas. Il se rejeta en arrière d'un air excédé, puis se pencha sur la petite. Il se redressa bien vite, à croire qu'il avait achevé un pénible travail et bondit sur le marchepied. La jeune fille poussa un léger cri, mordit sa lèvre tremblante, se couvrit le visage de ses mains et les laissa retomber aussitôt.
10,50 €
Le fidèle Berger
Gallimard
Le brigadier Berger, du train des équipages, matricule 2404, est pris dans la tourmente de 1940. Fait prisonnier, astreint à de terribles marches forcées, il devient fou. Passé et présent s'entrechoquent en lui et il n'y comprend plus rien. Mais pour cet homme loyal et fidèle, la pire folie n'est-elle pas celle du monde réel, l'armée vaincue, dispersée, la France occupée ? Sa folie à lui n'est que fidélité au passé.
10,00 €
Puissances de Paris
Gallimard
On sait l'importance de la ville et, en premier lieu, de Paris dans l'œuvre poétique et romanesque de Jules Romains, depuis La vie unanime jusqu'aux Hommes de bonne volonté.Paru pour la première fois en 1911, ce recueil de «radioscopies» unanimistes tentait de fixer l'âme d'une grande métropole, d'en saisir les lois physiques, mentales, d'ausculter ses rythmes et ses pulsations, comme d'un être aux multiples visages, à la fois changeants, insaisissables et mystérieux.Les «puissances de Paris», c'étaient les forces, les pouvoirs qui émanaient de ses rues, de ses squares, de ses places, de ses passages et de ses rassemblements plus ou moins éphémères que Jules Romains, inlassable arpenteur de «sa» ville, prétendait détecter pour nous en restituer la singulière poésie, conçue comme une traversée des apparences.
7,00 €
Absalon ! Absalon !
Gallimard
«Absalon, Absalon ! est tout d'abord l'histoire de Thomas Sutpen et de sa descendance - l'histoire de son dessein : créer une plantation et y établir une dynastie pérenne, en sorte que ne puisse se reproduire la scène où s'origine ce dessein, lorsque le petit garçon qu'il était fut empêché par un esclave noir de franchir la porte d'entrée de la maison du planteur où son père l'avait envoyé porter un message. Cette porte-miroir lui renvoie, précisément parce qu'elle est barrée, l'image de son impuissance et de sa précarité de pauvre Blanc dans une société où pouvoir, prestige et loisir appartiennent à la classe des planteurs.»François Pitavy.

Avec la collaboration de Ch.-P. Vorce. Nouvelle édition en 2000
14,00 €
Le Lion devenu vieux
Gallimard
1679 : le Cardinal de Retz vient de mourir.Un jeune abbé, son secrétaire et confident, écrit une longue lettre à un homme en qui il a confiance, pour lui faire part de ses doutes et de ses soupçons quant à cette mort - qui est peut-être un assassinat - et le sort réservé aux Mémoires que certains auraient grand intérêt à faire disparaître...
7,00 €
L'Homme-Jasmin
Gallimard
«Je promenai encore un regard autour de moi pour voir s'il me restait quelque chose à faire. Mais à présent l'ordre seul semblait gouverner dans la pièce. Tous les yeux tristes et étrangers qui couvraient les murs de cette chambre se fermèrent lentement de sommeil. Une dernière fois je regardai par la fenêtre là-bas où, un jour, j'avais vu par le trou de la serrure de cette pièce les yeux de mon ennemi. Tout l'horizon à gauche, au fond, où l'aigle blanc avait disparu, ne semblait empli que d'un seul sourire comme aveuglé de bonheur. Un sourire que j'avais vu une fois, me promenant en rêve et comme suspendue, par un jour de soleil qui ne finissait jamais.J'étais consolée et je quittai la maison à l'aube.»
12,00 €
Méandres
Gallimard
Fidèle à son goût pour la flânerie, Léon-Paul Fargue explore dans Méandres des territoires intérieurs. Il livre bien plus que des chroniques : un véritable bilan, à la croisée de la mémoire et du présent. Immobilisé par la maladie, il écrit de la frontière fragile entre la vie vécue et la vie rêvée. Les scènes de la Libération se mêlent aux souvenirs des années 1920 : fêtes, rues, visages, instants fugaces. Le temps se replie, bifurque, avance en zigzaguant. Observateur d'une finesse rare, Fargue capte les détails, les contradictions, l'âme même de Paris : ville à la fois intime et universelle, toujours en mouvement. Entre poésie et réflexion, Méandres devient une traversée du temps et de soi, dérive sensible au coeur de la mémoire.
10,00 €
Les Mémoires d'un veuf
Gallimard
Les mémoires d'un veuf, le titre choisi dit assez l'intention autobiographique. Verlaine n'a pas attendu le remariage de Mathilde, qui eut lieu le 30 octobre 1886, dans le temps même, précisément, où paraissait l'ouvrage, pour se considérer, par un pathétique paradoxe qui n'en traduit pas moins une étrange fidélité, à soi, à l'autre, comme «veuf». «C'est moi le quitté», disait déjà la lettre du 4 octobre 1872 à Victor Hugo. Parti, en effet, mais non détaché. Détaché, il ne le sera jamais. Et il lui a suffi, pour se sentir rejeté, abandonné, «veuf», de n'être pas aussitôt pardonné et repris ; il a suffi, même, que sa supplication ne fût pas entendue. Le veuf, lui aussi, l'inconsolable, c'est cela qu'il se croit, qu'il se sent ou qu'il se veut. Un des beaux poèmes d'Amour : Un veuf parle, est daté de 1878. La litanie ne finira plus. Mais, veuf, ce n'est pas de Mathilde seulement qu'il l'est : c'est de tout ce qu'il a connu et aimé, et dont pas davantage, jusqu'à la fin, il l'est de Lucien Viotti, l'ami ou l'amant de sa jeunesse, il l'est de soi-même peut-être et de sa propre vie.Jacques Borel.
7,50 €
L'Iguane
Gallimard
«Je hais, lit-on dans ce texte, l'imaginaire qui n'a pas son équivalence dans la vie réelle.» Aussi, ce livre est-il avant tout une méditation construite sur l'expérience de toute une vie.Les fables qui le composent ont pour thème la Mort, la Peur, la Justice, l'Amour, la Souffrance et le Mal.Le «fantastique» - mot ici approximatif -, quand il se rencontre, n'est que le moyen d'aborder d'une façon aussi neuve et directe que possible les problèmes de chacun de nous.Le style de L'Iguane est simple et solide comme un minéral. On pense à un Livre luciférien qui répondrait aux Livres des Sages, des Rois ou des Prophètes.
7,80 €
Les Bestiaires
Gallimard
Dès sa première adolescence, Montherlant s'est enthousiasmé pour les courses de taureaux, découvertes au cours de vacances en Espagne. Il a lui-même pratiqué l'art tauromachique et a reçu, en 1925, un assez grave coup de corne. Les Bestiaires - où l'on retrouve le héros du Songe, Alban de Bricoule, rajeuni de quelques années - est l'œuvre que l'écrivain a tirée de son expérience des taureaux et de sa connaissance de l'Espagne. Dans les corridas, Montherlant ne voit pas seulement une épreuve tragique où l'homme affronte la mort, mais une cérémonie religieuse, un sacrifice sanglant hérité de l'ancienne religion de Mithra.
11,50 €
Refuges
Gallimard
Léon-Paul Fargue est de ceux qui préfèrent errer plutôt que s'enfermer. Refusant les écoles et les cercles, il choisit les cafés de Montmartre et de Montparnasse, où se croisent, au début du XXᵉ siècle, artistes, poètes et rêveurs. Dans Refuges, Fargue nous entraîne dans un Paris disparu : celui des chambres d'étudiants, des guinguettes, des nuits sans fin et des amitiés fulgurantes. Un monde populaire, vivant, misérable parfois et profondément humain. "Piéton de Paris", comme il se surnommait lui-même, l'auteur marche, observe, s'imprègne. Il dessine une ville intime, fragile, menacée par les transformations modernes qui effacent peu à peu ses anciens repères. Entre poésie et nostalgie, Refuges est une invitation à découvrir Paris autrement : comme un territoire secret, fait de lieux cachés... et de souvenirs prêts à disparaître.
10,00 €
Villa Oasis ou Les faux bourgeois
Gallimard
«Un soir, il arriva tôt, en s'écriant : - Ah ! ma grosse, embrasse-moi, j'ai trouvé quelque chose de magnifique. Je me suis décidé à suivre Langlois dans un patelin où il y a l'eau, la forêt, le train. Langlois m'a présenté un ami qui veut vendre la maison de ses parents : Villa Oasis.Toute la soirée, ils discutèrent. Irma demandait des précisions mais Julien avait jeté un coup d'œil rapide. La maison était confortable, bien située sur un coteau, et il se rappelait surtout un vaste jardin et devant la maison un grand bassin.- Un bassin ! se récria Irma. Plein d'eau ?- Dame ! qu'est-ce que tu crois ? Villa Oasis. Tu sais, une oasis, dans le bled, un coin avec des arbres et de la flotte.»Une belle et forte peinture des petits-bourgeois des années trente : les faubourgs, les guinguettes, les «nouveaux riches», leurs espoirs et leur déchéance.Un récit plein de vivacité et de sensibilité.
8,00 €
La Ville anonyme
Gallimard
En 1925, André Beucler faisait avec éclat son entrée en littérature. En mai, paraissait chez Gallimard son premier roman : La ville anonyme. En juillet, la NRF accueillait en son sommaire, entre Rilke, Proust, Gide et G. B. Shaw, sa première nouvelle : Un nouvel amour. En août, les Cahiers du mois de Maurice Darantière publiait un conte fantastique : Entrée du désordre. En octobre, la collection d'avant-garde Cinario offrait aux cinéphiles un synopsis inédit : Un suicide.Quatre œuvres immédiatement remarquées. Dès le mois de juin, Paul Morand salue le nouveau venu : «Il y a des années que je n'ai pas adhéré à un auteur avec autant de contentement.» En août, Max Jacob lui écrit : «Vous êtes un homme nouveau : c'est le plus grand éloge qu'on puisse faire à un artiste.» Albert Thibaudet et Edmond Jaloux enregistrent la révélation d'un grand auteur. Un «magicien romanesque» ajoute Hélène Vacaresco. «Comme je voudrais vivre dans votre ville anonyme ! au moins la moitié de ma vie !... » confie Joseph Delteil. Et Kessel : «Ton talent me rendrait un peu envieux si je t'aimais moins.»1925, c'est aussi pour Beucler l'année où se nouent des amitiés définitives : Léon-Paul Fargue, Max Jacob, Jean Cocteau, Paul Morand, Joseph Kessel, Emmanuel Bove. Puis ce sera le grand succès populaire de Gueule d'amour, que Jean Gabin incarnera au cinéma.
9,15 €
L'Œil clair
Gallimard
«- Ces jours-ci, je sens un roman.-Délivrez-vous !- Le travail du roman n'est-il pas agréable ? On reste chez soi. On s'enferme une dizaine de mois, pas plus, puisque les prix sont annuels, et il faut être prêt ! On écrit tranquillement le livre, et, quand le diable y serait, on finit bien par décrocher un de ces prix, avec n'importe quel roman.- De quelle espèce sera le vôtre ?- Ce n'est pas les genres qui manquent ! J'ai le choix entre du Balzac, du Daudet, du Zola, du Goncourt, du Mirbeau, et même du Bourget. Le Bourget a l'air plus compliqué, à cause des accessoires, mais je connais des recéleurs qui vendent jusqu'à des idées générales pour un morceau de pain.»
7,50 €
On vient chercher Monsieur Jean
Gallimard
C'est dans le Paris des tramways et des fiacres que Jean Tardieu vécut son enfance. La rue Chaptal (son domicile), la rue Ballu où l'on venait, en fin d'après-midi, «chercher Monsieur Jean» chez sa marraine, bien d'autres lieux sont, pour lui, peuplés de souvenirs.Plus tard, ce seront les misères, les travaux et les jours, le hasard des rencontres (notamment au «Club d'essai» de la radio, les amitiés fidèles, les seules qui comptent.Une modestie exemplaire, une générosité de cœur et d'esprit, une présence aux autres et au monde qui n'exclut pas la rêverie caractérisent ce grand poète dont le propos, où le sérieux se cache sous l'humour, est de se «demander sans fin comment on peut écrire quelque chose qui ait un sens».
9,00 €
La Tête vide
Gallimard
«D'un côté, on voit un mari cocu, bafoué, grugé qui, sachant qu'il avait épousé une femme indigne et très inférieure à son milieu, essayait malgré tout de maintenir debout son ménage, en reportant son affection sur ses enfants.De l'autre, un mari toujours cocu, sans doute, mais qui ne l'a pas volé ; un mari jaloux, grippe-sou, tyrannique, brutal, sans aucune moralité, cynique (et dans le sens le plus péjoratif qui soit) ; bref, un mari impossible et pour lequel on ne peut avoir que mépris.Entre ces deux portraits, si dissemblables, où est donc le véritable Barcenas ?»
8,50 €